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interviewÉric Zemmour (sur YouTube)· 16 février 2024 6 minAutoproduit

Les normes ruinent la France et les Français.

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour à tous. Le mois dernier, je vous ai promis de revenir vers vous chaque 16 du mois pour vous parler de notre économie, de votre argent et de la manière dont l'État le détruit. Pourquoi le 16 du mois ? A partir du 16 du mois, vous ne travaillez plus pour vous, pour votre famille, pour votre pouvoir d'achat, mais pour l'État. C'est difficile à croire, mais c'est bien le cas. L'État prélève 47% de la richesse que vous produisez, c'est-à-dire presque la moitié. Donc la moitié du temps que vous passez au travail sert à payer vos charges, vos taxes, vos impôts, la CSG, la TVA sur tout ce que vous consommez, vos impôts locaux, etc. Souvenez-vous bien de cette évidence.

Le pouvoir d'achat, ce n'est pas ce que l'État vous donne, c'est ce qu'il ne vous prend pas. Nous sommes le 16 du mois et aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler d'un gaspillage dont on parle souvent ces gens-ci, mais dont on ne prend pas la pleine mesure. Ce gaspillage immense, ce sont les normes. Il faut bien comprendre que les normes ne sont pas seulement des règles contraignantes qui font perdre du temps, elles vous font également perdre de l'argent. Elles représentent un coût de 100 milliards d'euros chaque année, selon la fondation IFRAP.

Elles ruinent la compétitivité de nos entreprises qui sont en concurrence avec des dizaines de pays qui n'ont pas le dixième de nos exigences normatives. Mais elles sont aussi des conséquences graves et tangibles sur chacun d'entre vous. 10 millions de Français ne mangent pas à leur faim, 4 millions de Français n'ont pas les moyens de bien se loger et tant d'autres ont vu le coût de la vie exploser. A qui la faute ? Contrairement à ce que l'on entend matin, midi et soir dans les médias, ce n'est pas la faute des grandes surfaces ou des propriétaires. C'est en grande partie de la faute de l'État.

Car c'est l'État qui, par ses normes, par ses impôts, crée la pénurie de logements que nous connaissons et fait monter artificiellement les prix des produits agricoles. Vous ne me croyez pas ? Prenons un exemple simple. Manger des produits bio coûte en moyenne le double. Pourquoi ? Car les normes sont plus contraignantes. Donc, elles font augmenter les coûts de production. Ces coûts de production plus élevés, c'est vous qui les payez à la caisse du supermarché. Prenons un autre exemple, le logement. Depuis la loi contre les passoires thermiques, nous faisons face à la plus grande crise du logement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Nous allons interdire aux propriétaires de louer plus de 6 millions de logements en France d'ici l'année prochaine. Que vont devenir les locataires de ces 6 millions de logements ? L'État, par idéologie, va créer une énorme pénurie de logements. Moins d'offres, plus de demandes, les prix des logements à louer vont donc exploser. C'est la loi de l'offre et de la demande que nos technocrates ne semblent pas intégrer. Les effets sont déjà là. En 5 ans, le nombre d'offres de logements à louer a chuté de 59%. Les propriétaires vendent massivement et investissent leur argent ailleurs.

Encore une fois, comme pour l'agriculture, l'État fait artificiellement monter les prix en édictant des règles inutiles et idéologiques. Chaque norme nous coûte de l'argent. Or, que s'est-il passé ces 40 dernières années ? La France et l'Union européenne ont empilé les normes année après année. Depuis 2002, la longueur des lois en France a plus que doublé, passant de 2400 à 6000 mots en moyenne. Les codes juridiques grossissent inconsidérément, les décrets s'amplifient et parfois se contredisent. Vous rendez-vous compte qu'aujourd'hui, un agriculteur passe en moyenne 9 heures par semaine à remplir des formulaires, au lieu de cultiver ses champs ou de nourrir ses bêtes.

Ou que les règles qui encadrent les négociations dans la distribution tenaient sur 10 pages il y a quelques années et font aujourd'hui une centaine de pages. La France est prise d'une folie normative gouvernée par des bureaucrates qui pensent avoir la science infuse depuis leur bureau dans les ministères parisiens. Nous l'avons vu de manière spectaculaire lors de la crise du Covid avec les attestations de sortie uniques au monde et avec des fonctionnaires qui savaient mieux que vous et moi quel commerce était essentiel pour nous et lesquels ne l'étaient pas. Quand il s'agit de créer des formulaires, nous sommes champions du monde.

Alors, les journalistes, les politiciens vous diront « mais vous êtes fous, vous voulez supprimer les normes ? » Mais les normes sont nécessaires, voyons. Heureusement, personne ne nous oblige à choisir entre la tyrannie et l'anarchie. À quoi doit servir une norme ? À protéger les consommateurs et les salariés. Donc, elle doit être équilibrée afin de permettre de produire à un prix abordable pour l'ensemble de la population et non uniquement pour les cadres urbains aisés. Tout le monde ne peut pas se payer du bio. Il est grand temps de lancer la réduction massive des normes. Les Français étouffent, les pénuries s'amplifient, les prix augmentent. Notre pays a besoin d'air.

Les Français ont besoin de liberté. Alors, comment procéder ? Par quel bout prendre ce gigantesque problème et comment couper dans la jungle des normes ? Toute l'année, nos parlementaires font la course à la rédaction de nouvelles lois, bien souvent uniquement pour faire parler les médias. Je propose que tous les ans, la moitié du temps parlementaire soit consacré à la simplification, à l'évaluation et à la suppression des normes néfastes et inutiles. Dans cette période, et sauf urgence nationale, le Parlement aurait interdiction de voter de nouvelles lois. Une telle règle offrirait enfin à notre pays une trêve, une respiration normative.

Jamais, dans toute l'histoire européenne, les peuples ne se sont autant révoltés contre la tyrannie des normes que depuis la révolte de nos agriculteurs. C'est un moment vraiment unique. L'occasion de libérer les Français, les agriculteurs d'abord, évidemment, mais aussi tous les autres avec eux. Cette occasion, nous allons la saisir ensemble, dès les prochaines élections européennes. Sous-titrage ST' 501