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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 17 février 2025 26 minContradictoireMixteInstitutions & électionsSolidarités & familleSécuritéEnvironnement & énergie

Marine Tondelier : "À l'heure de la montée des périls, on doit être responsables"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 30 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Cette fois, l'alliance de gauche est-elle définitivement achevée aux oubliettes ?

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Quelle place pour l'écologie à gauche et dans le débat public en général ?

  • 0:45FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous actez ce matin, Marine Tondelier, la fin du nouveau Front populaire ?

  • 1:47RelanceRéponse directe

    Mais vous n'avez pas le sentiment d'une rupture définitive, cette fois-ci, quand Jean-Luc Mélenchon parle d'une alliance toxique avec le PS ?

  • 2:10RelanceRéponse directe

    De qui parlez-vous ?

  • 2:11RelanceRéponse directe

    Olivier Faure ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 11:40Invité politiqueChiffre
    « La banquise Arctique pourrait disparaître d'ici 2035. »
  • 11:43Invité politiqueChiffre
    « La pollution tue 9 millions de personnes dans le monde par an. »
  • 11:52Invité politiqueChiffre
    « 50% des habitants en France boivent une eau potable qui est contaminée par un polluant éternel. »
  • 11:54Invité politiqueChiffre
    « 0,5% du poids de notre cerveau à chacun des humains est aujourd'hui formé de plastique. »
  • 12:11Invité politiqueChiffre
    « En 40 ans, on a perdu 60% des oiseaux des champs en France. »
  • 12:14Invité politiqueChiffre
    « En 30 ans, 80% des insectes en Europe. »
  • 12:16Invité politiqueChiffre
    « En 20 ans, 90% des hirondelles ont disparu dans le ciel d'Île-de-France. »
  • 18:41Invité politiqueChiffre
    « On a 4000 foyers qui ont plus de 100 millions d'euros. »
  • 18:46Invité politiqueChiffre
    « Ces foyers, en moyenne, ils ne payent que 2% d'impôt sur leur revenu. »
  • 18:50Invité politiqueFait
    « Parce que ce sont des professionnels de l'optimisation fiscale. »
  • 18:58Invité politiqueChiffre
    « Ça veut dire que c'est 0,2% de leur patrimoine. »
  • 19:10Invité politiqueChiffre
    « C'est un rendement de 15 à 25 milliards d'euros par an qui est attendu. »
  • 19:43Invité politiqueChiffre
    « Les 50% les plus pauvres, ils épuisent ce quota annuel en 3 ans. »
  • 19:49Invité politiqueChiffre
    « Les 1% les plus riches en 10 jours, c'est-à-dire que le 10 janvier, ils avaient déjà fini. »
  • 19:52Invité politiqueChiffre
    « Bernard Arnault, vous savez à quelle heure le 1er janvier il avait fini ? À 2h15, le 1er janvier, Bernard Arnault avait épuisé son quota annuel de carbone. »
  • 23:20Invité politiqueChiffre
    « Il y a 1000 homicides par an dans notre pays. »
  • 24:51Invité politiqueChiffre
    « Toutes les trois minutes dans ce pays, un enfant est victime d'inceste, de viol ou d'agression. »

Temps de parole

  • Marine Tondelier70 %
  • Présentateur24 %
  • Auditeur4 %

6,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Cette fois, l'alliance de gauche est-elle définitivement achetée aux oubliettes ? L'une des têtes d'affiches de ce nouveau Front populaire est avec nous ce matin, la secrétaire nationale du parti Les Écologistes, Marine Tondelier. Bonjour.

0:12
Marine Tondelier

Bonjour et merci de votre invitation.

0:13
Présentateur

Vous êtes également conseillère régionale de la région Hauts-de-France. Et dans tout cela, quelle place pour l'écologie à gauche et dans le débat public en général ? On en parlera aussi. Quel avenir également pour François Bayrou et son gouvernement ? Vous pouvez, auditeurs de France Inter, poser vos questions, évidemment, dialoguer avec Marine Tondelier, comme d'habitude, au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Les socialistes ne sont plus nos alliés. Ça, c'est ce que dit Jean-Luc Mélenchon dans un entretien hier à la tribune dimanche. Est-ce que vous actez ce matin, Marine Tondelier, la fin du nouveau Front populaire ?

0:49
Marine Tondelier

Non, et sûrement pas. Parce que cet été, nous avons fait une promesse à nos électeurs, une promesse au peuple de gauche et aux écologistes, une promesse à celles et ceux dont nous voulons changer la vie, même ceux qui ne votent pas pour nous et même ceux qui ne votent pas du tout. Et les écologistes, voyez-vous, comptent bien la tenir. Alors, vous nous avez cité des phrases grandiloquentes, ce n'est pas la première fois que je les entends, c'est à peu près tous les jours, ces derniers temps. Et donc, moi, j'appelle nos partenaires à la raison. Parce qu'on ne peut pas être dans une gauche nombriliste, où la gauche parle à la gauche, où la gauche s'invective, entre gens de gauche.

Quand on voit ce qui nous attend en 2027, quand on voit ce qui se passe au niveau mondial, je dis une chose très simple, si la France bascule en 2027, c'est l'Europe qui vacille. Et dans l'amicale fasciste qui est en train de se mettre en place au niveau mondial, celles et ceux qui prendront ce risque en assumeront toutes les conséquences. Et je peux vous dire que les écologistes comptent bien être pénibles autant qu'il le faut pour qu'on trouve une issue à ça.

1:47
Présentateur

Mais vous n'avez pas le sentiment d'une rupture définitive, cette fois-ci, quand Jean-Luc Mélenchon parle d'une alliance toxique avec le PS ?

1:54
Marine Tondelier

Vous voulez que je vous liste les ruptures définitives auxquelles j'ai assisté depuis que je fais de la politique ? Et donc, non, en politique, il n'y a pas de rupture définitive. Et heureusement, j'alerte celles et ceux qui font des divisions à gauche et des oucasses une rente en politique. C'est dangereux et on n'a pas le temps.

2:09
Présentateur

De qui parlez-vous ?

2:10
Marine Tondelier

Pas que de Jean-Luc Mélenchon.

2:11
Présentateur

Qui ? Olivier Faure ?

2:14
Marine Tondelier

Non, pas spécifiquement Olivier Faure. Non, mais on a quand même un sujet à gauche de nombrilisme et de personnes qui veulent être le roi du cimetière. À l'heure de la montée des périls, comme rarement on les a connus ces dernières décennies, on doit être responsable, on doit être à la hauteur. Et je le dis à vos écouteurs, à vos auditeurs qui se désespèrent. Et franchement, moi, je suis à peu près dans le même état nerveux que quand je me suis mise à pleurer à votre antenne le 1er juillet matin. C'est juste que le 1er juillet matin, quand j'ai entendu Bruno Le Maire, j'ai eu un choc en me disant « mais qu'est-ce qu'il fait ?

» Là, la difficulté c'est qu'on s'habitue parce que c'est entre chaque jour et un peu tout le temps. Donc ça explique pourquoi je ne suis pas en train de pleurer physiquement à votre antenne. Mais franchement, ça en donne nos vies. C'est triste, c'est triste. On ne peut pas miser tout sur le fait d'être roi du cimetière à gauche. La gauche ne doit pas être un cimetière. C'est le dernier bien commun, c'est le dernier salut possible pour tous les gens qu'on est censé défendre.

3:05
Présentateur

Mais alors si vous dites que cette alliance qui a été formée dans le contexte que vous rappeliez, qui vous avait fait pleurer à l'époque, qui était celui de la dissolution et des législatives anticipées pour éviter l'arrivée au pouvoir du Rassemblement National, si cette alliance doit encore exister aujourd'hui, quel sens a-t-elle véritablement pour justement nos auditeurs et les électeurs qui sont les vôtres ?

3:26
Marine Tondelier

Écoutez, moi je dis juste une chose très simple, c'est que cet été, nous avons été à la hauteur. On n'a peut-être pas tout fait bien, ni avant, ni pendant, ni après. Mais à ce moment précis, nous avons empêché Jordan Bardella d'accéder à Matignon. Et juste ça, juste pour ça, je pense qu'il faut qu'on soit très lucide et très fier de ce que nous avons fait.

3:48
Présentateur

Elle a fonctionné à ce moment-là, c'était son objectif.

3:51
Marine Tondelier

Aujourd'hui, quel est son sens ? Je vous rappelle qu'on a des élections qui vont arriver où le même risque va se reproduire. Peut-être même encore plus fortement et encore plus dangereusement.

4:00
Présentateur

Et pour lesquels, Jean-Luc Mélenchon dit, il y aura, pour la présidentielle, il y aura un candidat insoumis, évidemment. Donc pas de candidature commune, pas de candidature unique, comme vous l'appelez.

4:09
Marine Tondelier

Je dis à tout le monde et au nom des écologistes, attention. Si vous pensez qu'on a le luxe de la division, les écologistes ne sont pas d'accord avec vous. Si vous avez envie de construire, de construire la victoire en 2027, ou à toutes les élections qui arrivent, les écologistes seront à vos côtés. Et pour celles et ceux qui nous écoutent et qui désespèrent en disant « Où je vais pour construire l'union ? » Il y a un site qui s'appelle lesécologistes.fr. Vous serez bien accueillis. Et vous verrez, on est déterminés. On ne perd pas l'espoir, on garde le moral, parce qu'en fait, on n'a pas le choix d'y arriver. C'est aussi simple que ça.

On se bat pour des personnes, je l'avais dit à votre antenne le 1er juillet, des personnes racisées, des binationaux, des femmes, des personnes LGBT, des jeunes, des associatifs, des gens qui se battent pour les droits humains, qui sont terrifiés à l'idée que les stranoides arrivent au pouvoir. Si on préfère des querelles d'égo, qui ne sont pas que des querelles d'égo, il y a aussi des divergences de lignes politiques. Il y a des divergences de lignes.

4:57
Présentateur

Et justement, certains, y compris en interne dans votre parti, les écologistes, disent de continuer à prôner l'union, c'est bien pratique pour éviter d'avoir à trancher une ligne entre les insoumis et les socialistes, finalement, d'avoir à choisir entre ces deux partenaires.

5:12
Marine Tondelier

À ma connaissance dans mon mouvement, tout le monde est très fier de ce que nous avons fait cet été et demande à ce que nous maintenions ce rôle-là. Pas juste un rôle de trait d'union. Moi, je ne suis pas de la ponctuation. Nous, nous sommes un moteur de l'union. Nous voulons gagner et nous allons tout faire pour que nous puissions gagner. Mais est-ce qu'un jour, il faudra choisir entre insoumis et socialistes ? Ils veulent choisir entre les insoumis et les socialistes. Vous me donnez les noms, j'en discutera avec eux. Et on a un congrès justement qui arrive, on en discutera. Mais très sincèrement, tout le monde sait bien que la machine à division est une machine à défaite électorale.

Je n'y pas les différences qu'il y a entre nous. Les insoumis, les communistes, les socialistes, les écologistes, ce sont quatre partis différents qui ont le même objectif quand ils sont ensemble et qui peuvent avoir des stratégies différentes. J'ai des désaccords parfois, j'ai des interrogations, j'ai des doutes.

5:57
Présentateur

Par exemple, sur la non-censure des socialistes. Est-ce que vous leur reprochez ? Évidemment, je l'ai dit. Jean-Luc Mélenchon qui dit « ils soutiennent de fait François Bayrou et Emmanuel Macron », ce que vous dites aussi ?

6:09
Marine Tondelier

J'ai fait part de mes incompréhensions, de mes doutes. Mais est-ce que ça veut dire que parce qu'une fois on n'a pas été d'accord, on ne se parle plus jamais de notre vie ? Moi, je veux vous dire aussi que les mots ont tant sens. Quand Jean-Luc Mélenchon dit « je sors de cette relation toxique aux socialistes », moi je suis désolée, la toxicité dans la vie politique française, je ne la situe pas au niveau du Parti socialiste. J'ai des débats parfois avec eux. Parfois on n'est pas d'accord, parfois on se le dit, et parfois c'est cash. Mais la toxicité aujourd'hui, c'est la xénophobie, c'est l'extrême droite, c'est l'injustice sociale, c'est ça qu'on doit combattre.

Et tant qu'on mettra plus d'énergie à se combattre entre nous qu'à combattre ceux qui sont en face à droite et à l'extrême droite, alors oui, j'aurai un problème avec ma partenaire. C'est le seul problème sur lequel je veux bien m'énerver. Et par ailleurs, je le dis, il y a un moment où on va mettre en place une taxe sur les gens de gauche qui disent du mal d'autres gens de gauche, c'est pas possible, on va rembourser le déficit de l'État à ce rythme-là. J'invite vraiment chacun à la grande vigilance.

Ce n'est pas un spectacle, ce n'est pas un jeu, c'est la vie de françaises et de françaises qui sont derrière, au niveau national et puis aux municipales qui arrivent en 2026, dans chaque ville.

7:08
Présentateur

Justement, puisque...

7:09
Marine Tondelier

Vous disiez, dès le début de l'entretien,

7:14
Présentateur

combien de fois a-t-on dit que cette alliance était définitivement enterrée à force ? Qu'est-ce qui l'a fait tenir encore une fois, concrètement ?

7:23
Marine Tondelier

Les gens qui se battent. Et je peux vous dire que la nuit du 9 juin dernier, si vous aviez posé la question la veille à Jean-Luc Mélenchon, aux socialistes, est-ce que vous allez travailler ensemble demain ? Ils auraient dit sûrement pas. Et puis cette nuit-là, qu'est-ce qu'on a décidé de faire ? De ne pas prendre en compte leur non-envie de travailler ensemble et de leur annoncer, respectivement, les yeux dans les yeux, avec un grand sourire, que nous, on travaillera avec les deux. Point. Et ça a marché.

Donc je ne vous dis pas que ça marchera tout le temps, je vois à quel péril nous faisons face, mais comptez sur la détermination des écologistes et si vous voulez vous battre pour l'Union, en attendant, c'est là que ça se passe.

7:53
Présentateur

Une question au sujet du nouveau front populaire de cette alliance de gauche dont on parle, Marine Tondulier, question pour vous de Marc, au Standard de France Inter. Bonjour Marc. Oui, bonjour. Et on vous écoute.

8:05
Auditeur

Bonjour, merci de prendre mon appel. J'ai une question pour Marine Tondulier. J'ai voté vert tout le temps, tout le temps. J'ai fini par voter à l'FI à certaines élections, mais je fais partie aujourd'hui des gens qui pensent que Mélenchon est un vrai repoussoir. Voilà. Un vrai, vrai repoussoir. Pour moi, il y a vraiment une cassure. Et pour beaucoup autour de moi, je le vois, en discutant avec mes amis. Et donc je vais savoir comment elle compte faire avec ça. J'entends qu'on n'a pas le luxe de se payer la division, mais malgré tout, voilà. Quid de Mélenchon ? Merci Marc. Marine Tondelier.

8:35
Marine Tondelier

Mais c'est des questions qui sont normales et qui sont légitimes. Je remercie Marc d'ailleurs d'avoir voté écologiste pendant des années. Peut-être même va-t-il recommencer. Mais il pointe un vrai sujet. Et je dis attention à mes camarades insoumis, dont je pense qu'ils se voient électoralement très forts, parce qu'ils ont eu des résultats forts. Mais ce sont les électeurs qui avaient voté pour Yannick Jadot en 2019, qui ont voté pour Jean-Luc en 2022, qui ont voté pour Raphaël Glucksmann en 2024. Ce sont les électeurs qui cherchent l'unité.

Et si la France insoumise s'écarte de cette unité en disant qu'ils sont tellement forts, qu'ils peuvent s'abstraire de travailler avec tous les autres de gauche, je pense qu'ils ont tort. Et maintenant, si vous voulez bien, je veux bien qu'on parle d'écologie, parce que la terre brûle, que la biodiversité s'effondre, et que je pense qu'on a assez parlé de Jean-Luc Mélenchon pour la matinée.

9:17
Présentateur

Est-ce que quand vous appelez, dernière question sur ce sujet, à la mise en place, c'était il y a huit jours dans votre France ?

9:23
Marine Tondelier

Je vais taxer les journalistes sur les questions sur Jean-Luc Mélenchon.

9:25
Présentateur

C'est un projet qui est structurant, que vous appelez de vos voeux, c'est la convocation d'une assemblée constituante. Vous appelez le président de la République à convoquer un référendum pour demander aux Français s'ils veulent passer à une sixième République. C'est le projet de Jean-Luc Mélenchon depuis sa première candidature en 2012 à l'élection présidentielle.

9:45
Marine Tondelier

Jean-Luc Mélenchon l'a porté dans ses campagnes présidentielles en disant « Si je gagne, je le ferai ». Nous, on demande à Emmanuel Macron, puisqu'il a décidé de consulter les Français, de le faire, là, maintenant, sans attendre l'élection présidentielle. Et puis, vous voyez, vous avez une petite obsession pour Jean-Luc Mélenchon quand même, parce qu'en 1981, déjà les écologistes portaient la demande d'une sixième République, à l'époque même où Jean-Luc Mélenchon adhérait au Parti Socialiste. Donc vous voyez, la vie politique, elle est longue, elle va vite. Nous, on est stable et on a le mérite de la constance et de la cohérence.

10:13
Présentateur

Dans tout cela, donc, Marine Tourdelier…

10:15
Marine Tondelier

Donc vous pouvez remercier maintenant Jean-Luc Mélenchon d'avoir porté une proposition écologiste pendant ces années.

10:19
Présentateur

On peut le tourner comme ça, si on veut, effectivement.

10:21
Marine Tondelier

Et maintenant, je veux bien vous parler de la planète qui brûle.

10:23
Présentateur

L'écologie quasi absente, justement, du débat public. Comment vous expliquez qu'on soit passé en quelques années, démarche pour le climat partout dans le monde, de Greta Thunberg, personnalité de l'année pour le magazine Time, de l'époque où votre parti faisait 13,5% aux européennes, et aujourd'hui, à ce recul auquel on assiste aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde ? Comment vous expliquez cela ?

10:45
Marine Tondelier

Je pense que si Trump a fait de l'écologie sa principale ennemi, si l'extrême droite essaye de faire la même chose en Europe, c'est que l'international xénophobe a très bien compris, oui, que l'écologie, c'était le projet politique qui s'opposait en tout point au leur. Et donc, je pense que ce danger-là, ils le voient bien, et qu'ils nous ont mis une cible dans le dos. On voit bien qu'il y a une bouc-émissérisation de l'écologie, et ça, moi, je la vois bien. Alors après, je le dis à celles et ceux qui nous écoutent, j'entends certains qui disent « on s'en fout ». Bon, ils ont le droit.

11:16
Présentateur

5% des Français mettent l'écologie en première position de leur préoccupation.

11:21
Marine Tondelier

Oui, et puis il y a aussi un Français sur trois qui fait preuve de climato-scepticisme, et vous me direz, il y a aussi un Français sur dix qui dit maintenant dans les sondages que la terre est plate. Donc on voit bien aussi l'influence des réseaux sociaux, de ce pouvoir qu'achètent certains milliardaires et de ce qu'ils en font dans la fabrique de l'opinion. Moi, je vais vous citer cinq faits auxquels je veux que tout le monde médite. Le premier, c'est que la banquise Arctique pourrait disparaître d'ici 2035. Le deuxième, c'est que la pollution tue 9 millions de personnes dans le monde par an.

Le troisième, c'est que 50% des habitants en France boivent une eau potable qui est contaminée par un polluant éternel. Que 0,5% du poids de notre cerveau à chacun des humains est aujourd'hui formé de plastique. Parce que cette pollution des microplastiques se loge jusqu'au fin fond de notre cerveau. Et que la France fait partie des dix pays qui comptent le plus grand nombre d'espèces menacées. En 40 ans, on a perdu 60% des oiseaux des champs en France. En 30 ans, 80% des insectes en Europe. Et en 20 ans, 90% des hirondelles ont disparu dans le ciel d'Île-de-France. Une fois que je vous ai dit ça, effectivement, certains ont le droit de s'en foutre.

Certains ont le droit de faire des petites querelles pour qu'on parle de faux débats, de polémiques. Moi, c'est là-dessus que j'ai envie de me concentrer. Et les écologistes continueront de se battre quand ils vont marrer pour qu'on parle de ça. Parce que c'est ça qui va nous tuer.

12:35
Présentateur

Est-ce que c'est uniquement à cause des fausses informations, si certains s'en foutent, comme vous dites ? Des réseaux sociaux manipulés par l'extrême droite ? Ou est-ce que c'est aussi à cause d'une offre d'écologie politique aujourd'hui qui ne correspond plus à certains des électeurs qui pourraient se tourner vers vous ? Est-ce que ça vous interpelle ?

12:53
Marine Tondelier

Vous avez raison, j'ai l'habitude, c'est toujours de la faute des écologistes à la fin. Mais vous savez, les neurosciences décrivent très précisément ce phénomène. Ça s'appelle le syndrome de l'autruche. Des neuroscientifiques ont démontré que le cerveau humain, et ce n'est pas qu'à cause des microplastiques, n'était pas apte, quelque part, pour la plupart d'entre nous, à encaisser ce risque. Parce qu'il est trop énorme, qu'il est trop immédiat, que les coupables, c'est tout le monde, et c'est un petit peu nous aussi.

Qu'on a l'impression d'avoir pas pris, que même si on arrête de conduire, de consommer, et même de respirer, que la planète sera encore toujours en danger, et l'humanité tout entière. Et donc il y a un truc qui plonge certains dans l'éco-anxiété, qui en met d'autres dans le déni, d'autres dans la culpabilité. Tout ça est extrêmement compliqué, on le sait. Mais enfin, ce n'est pas parce que c'est compliqué qu'il ne faut pas s'en occuper. Et donc, encore une fois, moi je pense qu'on a toutes et tous un ou une écologiste qui sommeille au plus profond d'entre nous. Même les chasseurs, les agriculteurs, qu'est-ce qu'ils disent comme slogan ? On est les premiers écologistes de France.

Bon, c'est bien que tout le monde l'ait un petit peu. Je pense que chacun en fond de soi sait qu'il y a un problème. Quand on regarde nos enfants dans les yeux, on ne peut pas leur dire que tout va bien, on le sait. Et donc, je n'en veux pas à celles et ceux qui n'ont pas la force de se battre, qui ne savent pas comment faire, mais enfin, nous au moins, on essaye. Et j'ai une citation que j'aime beaucoup qui est imprimée sur mon bureau, celles et ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient. Et si vous voulez essayer, lesécologistes.fr.

14:12
Présentateur

Vous parlez d'essayer, le découragement ne vous guette pas. Quand vous voyez Donald Trump, on en parlait, défaire une à une toutes les réglementations environnementales, dire qu'il faut forer, forer, forer pour trouver du gaz et du pétrole, même faire du rétablissement des pailles en plastique, une mesure phare. Le découragement ne vous guette pas. Et comment faire pour qu'il ne gagne pas encore plus d'électeurs qu'aujourd'hui ?

14:35
Marine Tondelier

Je ne sais pas pour qui vous m'avez prise, mais vous avez affaire ce matin à une écologiste. Et donc, je vais vous expliquer de quel bois nous sommes faits, que ça nous inquiète fortement. La réponse est évidente, oui, que ça nous désespère. Bien au contraire. Il n'y a jamais eu besoin ni d'écologie, ni des écologistes. Parce que la vérité, on nous dit parfois, l'écologie, c'est partout, tout le monde a compris. Ce n'est pas vrai. Il n'y a pas d'écologie sans écologistes. Et donc, maintenant, je pense qu'on arrive dans un moment où tout le monde en a bien conscience. Et que ce sur quoi on doit compter, c'est l'engagement. Et je sais que c'est dur. Je suis bien placée pour le savoir.

Mais vous avez dans ce pays des millions de Français qui se battent déjà. Certains en adhérant au parti des écologistes, d'autres dans des associations. Il y a des centaines de milliers de personnes dans de grosses associations environnementales qui se battent et qui ont des combats courageux. Et puis, il y en a qui sont dans leur composteur de quartier. Il y en a qui font des amaps. Il y a des entrepreneurs aussi qui se battent. Et nous, ce qu'on veut, c'est fédérer ce peuple de l'écologie. Mais on a besoin d'être beaucoup plus soudés et coordonnés. Parce qu'en face, ne vous inquiétez pas, l'amicale fasciste, ils le sont.

Le pouvoir, les milliardaires, on achète l'opinion, on achète les médias, on achète les réseaux sociaux. Cette machine s'est mise en branle. Elle va être mortifère. Et la seule chose sur laquelle on doit compter, c'est un sursaut.

15:46
Présentateur

Est-ce que vous parlez suffisamment d'écologie ? Parmi les reproches qu'on vous fait à votre parti, les écologistes, c'est de parler trop de sociétal. C'est un reproche que vous font vos opposants assez régulièrement.

15:58
Marine Tondelier

Alors, excusez-moi, vous êtes bien placé pour savoir que je réponds à vos questions. Et que je suis la première quand je ne vois pas de questions dans l'écologie, dans une matinale qu'on me propose. C'est-à-dire, je viens, si je peux parler d'écologie. Et quand vous me posez des questions sur Jean-Luc Mélenchon, à dire, je réponds, mais après je veux parler d'écologie. Je passe mon temps à me battre pour ça. Je ne pense pas être le problème dans le sujet que vous pointez.

16:16
Présentateur

Par exemple, vous avez ce qu'on appelle dans le jargon de l'Assemblée une niche parlementaire jeudi. C'est-à-dire une journée dédiée à vos propositions de loi, les propositions de loi du groupe écologiste. Je crois que trois propositions de loi sur sept portent sur l'écologie à proprement parler.

16:34
Marine Tondelier

Je pense que vous faites une confusion entre l'écologie et l'environnement. Donc je vais vous expliquer avec un grand sourire. L'environnement, c'est tous les sujets dont je viens de vous parler tout à l'heure, sur le climat, la biodiversité qui s'effondre. Mais l'écologie politique, ce n'est pas juste s'occuper de l'environnement. L'écologie politique, c'est un projet de société qui est juste. Donc il y a un mot d'ordre, c'est protéger les Françaises et les Français, puisque nous parlons là de l'Assemblée en France. Mais notre projet, évidemment, est mondial. Alors dans cette niche, oui, il y a des projets très environnementaux.

L'interdition des pifas, des polyfluores alkylés, qui sont aujourd'hui dans l'eau du robinet que vous buvez, quel que soit l'endroit en France. On a fait adopter ce texte à l'Assemblée, au Sénat. Il y a eu des petites différences entre les deux versions. Donc là, on va faire une adoption, ce qu'on appelle conforme. Et ce texte, il s'appliquera.

17:16
Présentateur

C'est-à-dire que ces pifas, donc ces polluants éternelles, seront interdits dans les vêtements, les cosmétiques, les chaussures, pas dans les ustensiles de cuisine.

17:25
Marine Tondelier

Malheureusement, pas encore, mais je vais vous dire, tout ça est une marche en avant. Et ce qu'on va cranter là est formidable. Et je remercie Nicolas Thiry qui a mené un combat très courageux. On va aussi protéger les captages d'eau. Parce qu'aujourd'hui, vous savez, l'eau du robinet, c'est 100 à 300 fois moins cher que l'eau de, que vous achetez en bouteille. Mais même l'eau du robinet aujourd'hui est polluée. Et les tarifs de l'eau, s'ils augmentent aujourd'hui, c'est parce que ça coûte cher de dépolluer. Ça coûte 5 fois à 10 fois plus cher de dépolluer que de ne pas polluer à la base. Donc on va faire ça, c'est aussi très environnementaliste.

On va ensuite faire la sécurité sociale de l'alimentation. Comme pour la santé, on veut qu'il y ait un droit dans ce pays à manger sain et de qualité. Ce qui protège évidemment les consommateurs. Je rappelle qu'il y a 37% des Français qui ne mangent pas à leur faim dans ce pays. Mais ça protège évidemment les producteurs. On veut que les agriculteurs aient de revenus justes et soient invités à protéger l'environnement. Ça, c'est des sujets environnementaux.

18:17
Présentateur

Mais les trois autres, ils ont un lien. Justement, le texte phare. Celui sur les polluants éternelles a de bonnes chances, vous l'avez dit, d'être adopté. Celui-là aussi qui propose de taxer les ultra-riches, 2% du patrimoine des ultra-riches. Alors qui sont-ils ? Combien ? Et combien ça rapporterait ?

18:36
Marine Tondelier

Vous ne voyez pas le lien entre ça et l'écologie ? Je vais vous expliquer. Donc, nous sommes en France. On a 4000 foyers qui ont plus de 100 millions d'euros. Et ces foyers, en moyenne, ils ne payent que 2% d'impôt sur leur revenu. Parce que ce sont des professionnels de l'optimisation fiscale. Et quand ils payent 2% d'impôt de leur revenu, ça veut dire que c'est 0,2% de leur patrimoine. On a quand même un petit sujet.

18:59
Présentateur

Donc là, vous proposez d'imposer un taxe planché, un impôt planché minimum.

19:03
Marine Tondelier

Donc, soit ils les payent déjà, c'est tant mieux pour eux. Soit ils ne les payent pas encore. Et on va les amener à se plancher de 2%. C'est un rendement de 15 à 25 milliards d'euros par an qui est attendu. Qui, oui, permettra de financer la transition écologique. C'est bon pour le climat. C'est bon aussi pour le pouvoir d'achat. Nous, les mesures qu'on finance, c'est vous aider à changer de voiture. C'est vous aider à isoler votre logement. C'est mettre en place une tarification de l'eau. Enfin, tout ça, c'est bien pour vous. Mais si vous ne voyez pas le rapport, je vais aussi vous expliquer que les milliardaires sont celles et ceux qui polluent le plus la planète.

Si on prend une empreinte carbone mondiale à laquelle a le droit chaque habitant de l'humanité, les 50% les plus pauvres, ils épuisent ce quota annuel en 3 ans. Les 1% les plus riches en 10 jours, c'est-à-dire que le 10 janvier, ils avaient déjà fini. Et Bernard Arnault, vous savez à quelle heure le 1er janvier il avait fini ? À 2h15, le 1er janvier, Bernard Arnault avait épuisé son quota annuel de carbone. Donc oui, les plus riches sont les principaux responsables de la pollution par leur activité et par leur consommation. Et nous, on trinque. Alors je trouverais ça logique, et les écologistes le pensent tous, qu'ils financent la transition écologique. C'est la justice.

Et puis on a d'autres textes pour faire en sorte que les femmes de ménage, je dis femmes parce que c'est 80% des femmes, et l'interdiction de travailler la nuit, il faut les protéger de ça. Alors c'est sûr, quand on travaille la nuit, on est invisibilisés. Les gens arrivent, leur bureau est propre, c'est par l'opération du Saint-Esprit. Non, c'est des hommes et des femmes qui se lèvent très tôt, qui voient moins leurs enfants, qui prennent les transports tout seuls, tôt le matin, dans le froid, que personne ne remercie jamais, et qui sont en danger pour ça. Et donc nous, on souhaite qu'ils travaillent maintenant le jour, et ça ne dérangera normalement personne.

Les syndicats et les fédérations de la profession le soutiennent. Et puis on veut aussi interdire les licenciements boursés, c'est un texte de Benjamin Lucas. Et aussi faire en sorte que les demandeurs d'asile puissent accéder au marché du travail. Aujourd'hui, vous déposez une demande à l'OFPRA pendant 6 mois, vous n'avez pas le droit de travailler en France.

20:56
Présentateur

Voilà, ça c'était pour la niche parlementaire. Et votre proposition de loi qui seront examinée jeudi à l'Assemblée nationale.

21:03
Marine Tondelier

Bravo les députés écolos, bon courage.

21:06
Présentateur

Une question pour vous, Marine Tondelier de Claudia Ostandard. Bonjour Claudia.

21:12
Auditeur

Bonjour. Bonjour Claudia. Bonjour. Alors, bon, je suis militante écologique, je dois te le dire tout de suite. La félicitation. Voilà. Alors, d'après un récent sondage, 55% des Français sont exaspérés par les insévités. Donc, moi je me dis qu'il y a peut-être une partie de l'électorat qui se retourne vers un parti soi-disant de l'ordre, un petit peu aux dépens de la gauche.

21:48
Présentateur

Vous parlez du Rassemblement national ?

21:51
Auditeur

Oui, oui. Et puis, les gens qui ne votent pas peut-être, un peu exaspérés aussi par tout ça. Donc, je dis, comment ça se fait que, bon, la police municipale, on ne la voit pas beaucoup. En tout cas, à Paris, on ne la voit pas. Donc, voilà, je voudrais savoir ce qu'en pense Marine. Et puis, je pense qu'évidemment, il faut aussi accueillir les réfugiés avec, comme ce qui se passait en Allemagne, c'est-à-dire les inciter à prendre compte des valeurs européennes.

22:24
Présentateur

Merci, Claudia. Marine Tondelier, est-ce que sur ce discours, disons, d'autorité, la gauche doit être plus offensive, plus présente ?

22:36
Marine Tondelier

Mais les écologistes n'ont pas de leçon de morale à recevoir sur la sécurité, parce que nous l'avons toujours placée au cœur de notre projet. Nous avons une vision de la sécurité globale. Oui, chaque personne a le droit à la sécurité dans sa vie quotidienne, mais aussi quand il boit, quand il mange, quand il respire, on doit protéger les Français. Et madame a raison de pointer aussi des contradictions de la droite, parce que moi, je les entends toute la journée, par exemple, dire autorité, autorité, respect de l'autorité.

Mais c'est sauf quand c'est l'OFB, quand c'est l'Office français de la biodiversité, qui sont aussi, voilà, c'est à montée, qui sont armés, qui mènent une mission de protection.

23:08
Présentateur

Et on a entendu la parole de certains de ces agents dans le Zoom de France Inter ce matin.

23:11
Marine Tondelier

Là, ils peuvent se faire jeter en pâture, c'est des fonctionnaires quand même, le Premier ministre, les jeter en pâture. On parle des sécurités, mais vous voyez, il y a 1000 homicides par an dans notre pays. Il y a 78% d'ailleurs d'augmentation des tentatives d'homicide entre 2016 et 2023. Ça, c'est la responsabilité de l'État. Nous, on fait ce qu'on peut dans les villes écolo, mais ce n'est pas à nous de faire ça tout seul. Par contre, ce qu'on vous dit, c'est que vous avez plus de chances encore de mourir d'un cancer parce que vous mangez mal, que vous buvez une eau de mauvaise qualité, parce que vous avez la qualité de l'air qui n'est pas bonne dans votre ville.

Et donc, nous, on veut se battre contre toutes les insécurités. Et les insécurités environnementales, aujourd'hui, vous touchent, même si on en parle peu. Ça ne fait pas la une de Sinous, ça ne fait pas la une des journaux, mais vous touche bien plus. Donc, nous, on veut une sécurité globale. Et au niveau national, comme dans les villes écologistes, on est mobilisés là-dessus. Merci à toutes et ceux qui nous aident à le faire.

23:59
Présentateur

Un mot, Marine Tondelier, de François Bayrou, qui répète qu'il n'était pas au courant des accusations de violences sexuelles au collège-lycée Notre-Dame de Bétarame, près de Pau. Il a rencontré ce week-end l'association des victimes. Est-ce que vous pensez, vous aussi, comme certains de vos collègues insoumis notamment, que le Premier ministre ment ?

24:19
Marine Tondelier

Je ne pense pas qu'il ment, j'en ai la preuve. Donc, il a dit à l'Assemblée nationale, en réponse à Arnaud Bonnet, député écologiste, qui lui posait la question, « Je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit, de violence ou à forcerie de violence sexuelle, point jamais. »

24:34
Présentateur

Doit-il démissionner s'il ment ?

24:35
Marine Tondelier

Il est prouvé qu'il a menti.

24:37
Présentateur

Doit-il démissionner ?

24:38
Marine Tondelier

C'est un problème. Il doit déjà l'admettre. Deuxièmement, s'excuser. Et troisièmement, je veux qu'on puisse se dire, dans ce pays, que ce n'est pas juste l'affaire Bétarame et François Bayrou. On a un sujet avec le fait que toutes les trois minutes dans ce pays, un enfant est victime d'inceste, de viol ou d'agression. Pendant cette émission, c'est huit enfants qui ont été victimes de ce genre de choses, dans un silence assourdissant des médias et de la classe politique. Et donc, si au moins l'affaire Bétarame permet de mettre le sujet sur le tapis, ce sera ça de gagné.

Mais je vais vous dire, quand un Premier ministre semble prendre avec autant de légèreté ce sujet, ce n'est pas de bonne augure. Donc je veux que cette affaire, non seulement serve à faire la vérité sur ce qui s'est passé à Bétarame, toutes ces victimes auxquelles je pense fortement, mais aussi puissent aider toutes celles et ceux qui nous écoutent peut-être ce matin, en se disant « moi, mon cas n'a pas été pris en compte, on pense à vous, on est avec vous, on vous croit, et un jour, on arrivera à faire recul les sujets parce qu'on aura réussi à le mettre à l'agenda politique, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. »

25:29
Présentateur

Un tout dernier mot en cinq secondes, Marine Tordelier, vous voterez mercredi la motion de censure déposée par les socialistes.

25:36
Marine Tondelier

Alors je ne suis pas parlementaire, mais les écologistes, les députés écologistes la voteront, comme ils ont voté les cinq précédentes, et on nous s'aimait que les socialistes les votent aussi, parce que là, il y a un petit côté pistolet à eau, il y a des motions EFI pas votées par le PS, il y a des motions VPS où ils disent « on la dépose, si on est sûr que le RN ne la vote pas, sinon les gens de chez nous ne veulent pas la déposer parce qu'elle peut passer. » Bon, une motion de censure, ça sert à censurer, sinon je ne vois pas trop l'intérêt. Et voilà, on a quand même du travail globalement, n'est-ce pas ?

26:03
Présentateur

Très certainement. Merci Marine Tordelier. Merci à vous, secrétaire nationale du parti Les Écologistes.