François Bayrou au cœur de la tempête - Reportage #cdanslair du 21.03.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Une politique autour de l'âge de la retraite va enterrer son idée de conclave avec les partenaires sociaux. - Il avait annoncé la couleur dès ses premiers pas. - F.Bayrou: Enfin, les ennuis commencent! - Près de 100 jours après sa nomination, F.Bayrou enchaîne effectivement les déconvenues.
Lui qui a tout misé sur une méthode: le dialogue, l'union par la concertation. Symbole de sa stratégie: le conclave sur les retraites. - F.Bayrou: Toutes les questions doivent pouvoir être posées.
Rien n'est fermé. Si, au cours de ce conclave, cette délégation trouve un accord d'équilibre et de meilleure justice, nous l'adopterons. - Dans un premier temps, ça marche.
Malgré des turbulences, F.Bayrou évite la censure sur le budget. Mais ce week-end, sortie de route.
Lui qui avait promis de laisser les partenaires sociaux négocier trahit sa promesse. - Beaucoup de gens veulent qu'on revienne aux 62 ans. Ca va être possible? - F.Bayrou: Non. - Dans la foulée, plusieurs organisations décident de quitter les concertations. - S.Binet: Le Premier ministre s'était engagé à ce que ces discussions soient sans totem ni tabous.
Il nous a dit ce week-end qu'il y avait un tabou, les 62 ans. Or, c'est la question centrale. - Le Premier ministre donne l'impression de préempter l'issue des discussions.
Le PS, qui n'avait pas voté la censure lors du budget, pourrait bien changer d'avis. - O.Faure: L'engagement pris devant les Français, dans l'Hémicycle, par écrit, n'a pas été tenu.
Il y a donc une logique à ce que le Premier ministre parte. Quand on ne respecte pas ses engagements, qui n'ont que quelques semaines, on ne mérite pas de rester Premier ministre. - F.Bayrou affaibli, ses ministres en profitent.
Chacun joue sa partition, au point de s'écharper en public, notamment sur la question du port du voile dans les compétitions sportives. La ministre des Sports dit "pourquoi pas", G.Darmanin s'offusque dans la presse. ...
Désaccords, menaces de démission...
Ce mardi, F.Bayrou convoque et recadre plusieurs ministres. Les échanges sont vifs.
L'opposition, elle, savoure. - L.Jacobelli: Chaque ministre a ses opinions, le président de la République joue sa partition tout seul, c'est très inquiétant. - A.Corbière: On savait que ce gouvernement était en crise, mais F.Bayrou le met en danger. - La cote de F.Bayrou est en baisse: 31 % d'opinions favorables, contre 40 % lors de sa prise de fonction. - A.de Tarlé: Quand, dimanche dernier, F.Bayrou dit non à un retour à 62 ans, c'est ce qu'il pense et il se dit que c'est le moment de le dire ou c'est une maladresse? - N.Mauret: Il a été clair quand il n'aurait pas fallu l'être.
Cela dit, ce n'est pas sa 1re "bêtise". Depuis qu'il est nommé, ça fera 100 jours ce dimanche, il les accumule, si je peux dire. La première, c'était prendre un Falcon de la République pour aller à Pau alors qu'il y a un drame absolu à Mayotte.
Après, il fait une déclaration de politique générale extrêmement décevante alors qu'on imaginait qu'il préparait son discours depuis 25 ans. Ensuite, il y a Bétharram, qui l'affaiblit énormément. On va dire que F.Bayrou est très fragilisé.
Effectivement, cette réflexion dimanche dernier sur France Inter, c'est la cerise sur le gâteau, si vous voulez. ça va être compliqué, ça va à l'encontre même de tout ce qu'il défend depuis des années. Ca fait des années que F.Bayrou dit qu'il croit en la démocratie sociale, qu'il veut mettre tout le monde autour de la table, qu'il veut que les gens se parlent et trouvent eux-mêmes la solution.
C'est le coeur de sa politique. Au détour d'une phrase, le fait qu'il dise que ce n'est pas possible, c'est donner des arguments à son opposition. C'est ça qui est grave et qui fragilise sa personne, mais aussi l'ensemble de son gouvernement. - A.de Tarlé: Comment les Français perçoivent-ils ces maladresses, cette attitude un peu brouillonne?
Jusqu'à présent, il retombait sur ses pattes? - G.Sliman: Pas tellement, pour toutes les raisons évoquées.
Bétharram, l'accumulation de bévues...
On a un Premier ministre, chose inédite, qui est moins populaire que son président depuis que Macron est président, depuis 2007. Ca doit faire relativement plaisir à E.Macron, mais il avait toujours eu un Premier ministre plus populaire que lui.
Dans notre baromètre politique à Odoxa fait tous les mois avec la presse régionale et Public Sénat, on verra ce que ça va donner. Il y a un mois de ça, déjà, les courbes se croisaient. E.Macron progressait, moins qu'il ne le pourrait, d'ailleurs, mais parce qu'il bénéficie du contexte international, avec un petit effet drapeau.
Il gagne 4 ou 5 points. Quant à Bayrou, c'est la dégringolade. Le dernier sondage que j'avais vu, pas celui évoqué dans votre sujet mais chez un de nos confrères, il y avait un écart de 7 points.
On avait un F.Bayrou à 20 %. Enfin, ça dépend des questions posées...
On avait un E.Macron à 27 %. On lui reproche tout ce qui a été dit par Nathalie: l'affaire Bétharram, les 1res bourdes en arrivant à Matignon, en faisant des choix plus qu'étonnants...
Prendre ce Falcon pour Pau et assister à un conseil municipal, au lieu d'être en première ligne sur les lieux d'un drame à Mayotte, en l'occurrence. On va lui reprocher de plus en plus d'avoir menti ou trahi sa parole sur la question du conclave sur les retraites. Vous ne pouvez pas, quelle que soit votre opinion sur l'âge de la retraite, demander aux partenaires sociaux de se réunir en disant "sans totem ni tabous"...
Je comprends S.Binet dans cet extrait...
Vous ne pouvez pas, en cours de route, leur dire qu'il y a juste un truc, c'est que le sujet majeur pour eux, celui qui a fait descendre des millions de Français dans la rue et le motif de cette réunion, c'est-à-dire l'âge légal de départ, on n'y touchera pas, quelles que soient les solutions trouvées. Pour toutes ces raisons, il est aujourd'hui en grande fragilité. - A.de Tarlé: Vous l'avez dit, E.Macron reprend du tonus dans les sondages.
Il faut dire qu'en chef des armées, il a retrouvé tout son rôle. Il était mardi dernier sur la base aérienne de Luxeuil-Saint-Sauveur. Au milieu des soldats de l'armée de l'air, il a annoncé qu'il allait renforcer la dissuasion nucléaire. - E.Macron: L'armée française est à coup sûr la plus efficace du continent.
La mieux dotée, la plus complète, la mieux entraînée. Mais nous allons poursuivre cet effort. - A.de Tarlé: Il y a un mois, certains sondages appelaient à la démission d'E.Macron.
Là, il apparaît en leader du monde libre, en caricaturant un peu? - P.Allémonière: Chaque fois qu'il y a une crise, il bénéficie de ce qu'on appelle "l'effet drapeau".
La nation se regroupe autour de son président. Là, c'était visuel, avec tous les militaires. En plus, E.Macron aime bien se retrouver parmi les militaires.
Il adore parler avec son entourage militaire à l'Elysée. La parole militaire, pour lui, fait sens. - A.de Tarlé: Et les Français lui donnent le point? - P.Allémonière: Oui.
Il en parle sincèrement. Petite parenthèse par rapport au Premier ministre, E.Macron l'a pressé de faire un budget de la défense.
Pour l'instant, le Premier ministre est un peu perdu dans ses calculs.
François Bayrou