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interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 7 mai 2024 10 min

Les 48 propositions de Renaissance pour que l’Europe ne meurt pas - Valérie Hayer est l’invitée du 07 mai 2024

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Bonjour et bienvenue dans Les 4V, Valérie Ayet.

0:12
Locuteur

Bonjour Thomas Soto.

0:13
Présentateur

Vous avez rendu hommage à Bernard Pivot hier dans un tweet. Celui qui, avez-vous écrit, transmis l'amour des mots de la littérature et des dictées à tant de Français. Alors comme les Français ne vous connaissent pas encore très bien, on va poursuivre l'hommage à Bernard Pivot grâce à quelques-unes des questions du questionnaire de Proust qu'il avait revisité. Quel est votre mot préféré ?

0:32
Locuteur 2

Quel est mon mot préféré ? La détermination.

0:34
Présentateur

Détermination, celui que vous détestez.

0:37
Locuteur 2

À l'acheter.

0:38
Présentateur

À l'acheter. Le son, le bruit que vous aimez ?

0:43
Locuteur 2

La mer.

0:43
Présentateur

Ah la mer. Pourtant vous êtes mayonnaise.

0:45
Locuteur 2

Pourtant je suis mayonnaise en effet.

0:47
Présentateur

Et votre juron, gros mot ou blasphème favori ?

0:50
Locuteur 2

Ah là là là là là ! Vous me posez une colle ?

0:55
Présentateur

Oh non quand même, qu'est-ce que vous dites, le gros mot que vous utilisez le plus ?

0:59
Locuteur 2

Quel gros mot j'utilise le plus ? Bonnard !

1:04
Présentateur

Ça c'est Marie. Non ? Alors ? Je dirais putain. Putain. Est-ce que c'est celui que vous avez prononcé hier soir en prenant connaissance du dernier sondage publié par le Figaro et qui montre que Jordan Bardella fait deux fois votre score ? 32% d'intention de vote pour lui, 16% pour votre liste.

1:18
Locuteur 2

Moi je ne peux pas me résoudre avoir une extrême droite aujourd'hui dans les sondages. Il ne s'agit que de sondages si hauts. Ils ne sont que des intentions de vote. Ils sont si hauts effectivement dans les intentions de vote. Et je suis déterminée pour faire mentir ces sondages parce que nous avons un bilan au Parlement européen, nous avons agi pendant cinq ans. Et Jordan Bardella non seulement n'a pas exercé son mandat, mais en plus le bilan du Rassemblement national qui a été doublement vainqueur des dernières élections présidentielles, des dernières élections, excusez-moi, européennes, effectivement des dernières élections européennes n'est pas à la hauteur.

Et il y a un monde entre ce qu'ils promettent aux Français et la réalité de leur vote.

1:59
Présentateur

Mais il y a quand même deux fois plus. Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ? Est-ce que vous avez un sentiment que les Français vous font payer le bilan des sept ans d'Emmanuel Macron qui se trompent d'élection ? Comment expliquer un écart ? Il y avait un point d'écart je crois en 2019 au final entre la liste de Nathalie Loiseau et celle de Jordan Bardella. Là on est à 16,32. Alors ce ne sont encore que des sondages.

2:15
Locuteur 2

Moi ce que je vois c'est que le Rassemblement national promet monts et merveilles. Avec eux il n'y aura plus de problème de sécurité, il n'y aura plus de problème d'immigration, il n'y aura plus de problème de pouvoir d'achat. On l'a vu d'ailleurs par exemple sur les questions migratoires. Les extrêmes, les populistes promettent monts et merveilles. On l'a vu en Italie avec Giorgia Meloni qui a d'abord dit avec moi plus de problème migratoire, qui a finalement appelé l'Union européenne à la rescousse. On l'a vu avec le Brexit, les Brexiteurs qui avaient dit que tous les problèmes économiques seraient réglés, qu'il n'y aura plus de sujet migratoire.

Et on sait aujourd'hui la situation catastrophique du Royaume-Uni. Donc le Rassemblement national aujourd'hui promet monts et merveilles. Moi ce que je vois c'est qu'au Parlement européen, ils n'ont pas soutenu le plan de relance qui a permis de sauver des millions d'emplois et les entreprises en France. Ils n'ont pas soutenu le salaire minimum européen qui permet de lutter contre le dumping social. Ils n'ont pas soutenu la taxe carbone aux frontières qui permet aussi de protéger nos entreprises. C'est ça la réalité du bilan du Rassemblement national.

3:14
Présentateur

Alors vous avez dévoilé hier 48 propositions pour que l'Europe ne meure pas. Un petit livret et un slogan « Nous avons besoin d'Europe ». Cette campagne, elle paraît loin au français, donc on va essayer d'être très concret. Vous voulez la protéger l'Europe avec du protectionnisme assumé. Ça peut concerner ce qu'évoquait Axelle de Tarlet et le slip français par exemple, qui est victime du dumping chinois. Pourquoi maintenant ? Pourquoi vous vous réveillez maintenant ? Pourquoi c'est maintenant que vous voulez imposer un bouclier commercial européen ? Ça fait des années qu'on connaît ces problèmes-là.

3:39
Locuteur 2

Alors on ne se réveille pas maintenant. On est arrivés, nous, en responsabilité en 2019 au Parlement européen. On a fait bouger les lignes. Évidemment, ça n'est pas suffisant, mais on est arrivés au Parlement européen et dans une Europe qui était ouverte à tous les vents. On le sait, la crise sanitaire. On a mis en place des outils sur la question commerciale. Il y a quelques années, le port du Piret en Grèce a été acheté par les Chinois. C'était une énorme erreur stratégique. On a mis en place un mécanisme de filtrage des investissements pour permettre à l'Europe et aux États de s'assurer que sur les investissements stratégiques, des puissances étrangères ne les achètent pas.

Pendant longtemps, trop longtemps, nos marchés publics étaient ouverts aux entreprises chinoises sans condition, mais le marché public chinois n'était pas ouvert à nos entreprises. On a imposé et on commence à imposer la réciprocité. Donc il y a eu des progrès là-dessus déjà ? Bien sûr, maintenant, c'est le temps de la mise en œuvre. On a, parce qu'on respecte le droit international et les règles, on a mis en place des outils. Maintenant, il faut les mettre en œuvre. Et puis, s'agissant par exemple des voitures électriques, on sait que les Chinois sursubventionnent les voitures électriques qui viennent inonder ensuite nos marchés.

On l'a vu avec les panneaux photovoltaïques, malheureusement, il y a quelques années. Il y a encore une entreprise systogique qui a fermé à Carthofu. Donc, il faut changer de braquet aujourd'hui. Et on a commencé, la Commission européenne, à la demande de la France, a lancé une enquête sur les subventions chinoises. Et une fois que l'enquête sera terminée, on verra. Moi, j'ai une forte probabilité qu'on a la confirmation que ces produits-là sont sursubventionnés et c'est la concurrence déloyale. Dans ce cas-là, on prendra des mesures tarifaires pour répondre à cette agression.

5:10
Présentateur

Vous souhaitez, toujours dans votre programme pour la maîtrise des frontières extérieures, que Frontex fasse de 10 000 à 30 000 agents. Il y a une question à laquelle vous avez refusé de répondre. Y a-t-il trop d'immigration en France, Valérie Ayer ?

5:21
Locuteur 2

Alors, cette question m'a été posée par l'extrême droite.

5:23
Présentateur

Par Jordan Bardet en débat.

5:24
Locuteur 2

Mais des Français se la posent aussi. Alors, je pense qu'il y a un contournement du droit d'asile. Il y a trop de contournement du droit d'asile aujourd'hui. Il y a une immigration irrégulière à laquelle il fallait répondre et qu'il faut réguler. C'est le sens du pacte asile-immigration que nous avons voté au Parlement européen. C'est la réalité de la situation aujourd'hui. Ensuite, que les Français perçoivent dans certains endroits les difficultés liées à l'immigration et l'immigration irrégulière en particulier, c'est une réalité des difficultés du quotidien. La réponse, c'est comment on régule, comment on s'assure qu'il n'y ait pas de contournement du droit d'asile.

Comment on s'assure qu'on régule l'immigration et qu'il n'y ait plus de flux d'immigration irrégulière. La réponse, c'est le pacte asile-immigration que nous avons négocié au Parlement européen et que j'ai voté. Je suis la seule tête de liste à l'avoir votée. Aucune des autres têtes de liste ne l'a soutenue. Les autres sont les partisans du statu quo. Moi, j'apporte des réponses concrètes.

6:16
Présentateur

Cette campagne se déroule dans un climat assez tendu. Manon Aubry, la tête de liste LFI, vous accuse, vous et d'autres, d'avoir des compléments de revenus en plus de votre rémunération de députée européenne, avec le soupçon que ces rémunérations proviennent de lobbies. Elle en a même fait une campagne sur les réseaux sociaux et sur Twitter. Est-ce que c'est vrai, déjà ?

6:31
Locuteur 2

Je vais vous dire, je suis consternée. Je suis consternée, puisque effectivement, je suis là. Donc, je gagnerai entre 12 000 et 60 000 euros. Et je serai payée par des lobbies.

6:40
Présentateur

En plus de vos indemnités, c'est l'accusation.

6:42
Locuteur 2

Et donc, je constate qu'il y a un certain nombre de candidats dans cette élection qui ont un certain problème avec la vérité. Non seulement, je ne suis évidemment pas payée par des lobbies. Et je ne sais même pas à quoi ces revenus font référence. Les seuls revenus que j'ai perçus par ailleurs, c'était mes revenus d'indemnité d'élus local, parce que j'ai été conseillère départemental. Donc, je ne sais même pas si c'est ce à quoi Manon Aubry fait référence.

7:04
Présentateur

Vous allez l'attaquer ou pas ?

7:05
Locuteur 2

Ce que je lui demande, c'est de retirer son tweet, évidemment. Et puis, si elle ne le retire pas, évidemment, je porterai plainte pour diffamation.

7:13
Présentateur

On ne connaît pas encore l'intégralité de votre liste. Il y a 81 candidats ou candidates. Je la dépose tout à l'heure. Tout à l'heure. Justement, vous allez pouvoir me répondre. Est-ce qu'Elisabeth Borne sera sur cette liste, l'ancienne première ministre ?

7:22
Locuteur 2

Elisabeth Borne sera sur cette liste, je vous le confirme.

7:25
Présentateur

En quelle position ?

7:26
Locuteur 2

Elle poussera la liste.

7:28
Présentateur

Donc, 81e.

7:29
Locuteur 2

Exactement.

7:29
Présentateur

81e pour...

7:30
Locuteur 2

Elle nous fait cet honneur.

7:31
Présentateur

L'ancienne première ministre. Fera-t-il possible de ne tirer aucune conséquence nationale du scrutin du 9 juin ? C'est compliqué de dire que l'Europe est au cœur de tout et de ne pas en tenir compte, quand même, non ?

7:39
Locuteur 2

Moi, ce que je dis aux Français, c'est qu'on est dans un scrutin qui est important. Et ce que je dis à mes adversaires, il ne s'agit pas de refaire le match de 2022 ou de préparer celui de 2027. Le scrutin, il est trop important. Les défis qui sont devant nous sont trop importants. La lutte contre le changement climatique, le fait de nous protéger...

7:56
Présentateur

C'est d'accord, mais ma question, ce n'est pas tout à fait cela, c'est est-ce que l'élection du 9 juin devra avoir des conséquences le 10 en France, quel que soit le résultat ?

8:02
Locuteur 2

Écoutez, moi, je fais le match le 9 juin et je suis confiante pour la majorité présidentielle.

8:06
Présentateur

Il y a les grands principes et puis il y a les résolutions votées au Parlement européen. Pardon, les résolutions votées et la réalité de l'autre. Vous dénoncez sans ambiguïté le génocide des Ouïghours, on vous a entendu là-dessus. Et pendant ce temps, le président chinois, Xi Jinping, est reçu comme un roi à Paris ces jours-ci. Est-ce que ça vous pose un problème ?

8:22
Locuteur 2

Alors, le président de la République est dans son rôle en tant que chef de l'État. Il faut parler à Xi Jinping. Bien évidemment, la Chine joue un rôle majeur dans le jeu mondial. Il faut pouvoir lui parler parce que...

8:40
Présentateur

Avec autant de fastes ?

8:42
Locuteur 2

Il faut pouvoir lui parler parce que la Chine joue un rôle dans le règlement du conflit en Ukraine. Parce qu'on a des défis qui sont communs, notamment la lutte contre le changement climatique et les défis économiques.

8:55
Présentateur

Donc lui parler oui, mais avec autant de fastes ?

8:56
Locuteur 2

La question, c'est surtout comment... Alors, quel cadre de discussion ? C'est le cadre qui a lieu pendant les deux jours. Ce qui n'empêche pas, bien évidemment, et je dirais même assurément, d'avoir aussi un dialogue direct et franc sur l'ensemble des sujets.

9:09
Présentateur

On a commencé avec Bernard Pivot, on va finir avec lui. Dernière question. Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous, après votre mort, l'entendre vous dire ? C'était la dernière question de son questionnaire.

9:19
Locuteur 2

La vie est belle.

9:21
Présentateur

Voilà, merci beaucoup à vous Valérie et à vous de la 4V. Bonne journée.

9:24
Locuteur 2

Merci à vous, bonne journée.

9:25
Présentateur

C'était les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.

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