Philippe Brun, député PS, est l'invité politique de la matinale de franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Philippe Brin. Alors merci de venir. Vous auriez dû tout à l'heure aller à l'assemblée mais le premier ministre a suspendu les débats.
Il réfléchit sans doute avec le président de la République à comment mettre fin au débat budgétaire. Alors soit les ordonnances soit le 493. Alors on a quelques pistes mais on va y revenir.
Vous avez réagi vertement hier soir en disant si ce sont les ordonnances. Alors je le rappelle ça contourne complètement le parlement. C'est un texte qui est euh adopté sans sans vote.
Euh vous avez dit euh si c'est le cas, les socialistes censurent et demandent la destution du président de la République. C'est pourquoi ? Pour faire peur au gouvernement pour aller vers une autre piste.
Alors je me suis exprimé à titre personnel. J'aimerais rappeler aux téléspectateurs ce que ça veut dire les ordonnances. Ça veut dire que pour la première fois depuis la Révolution française, le Parlement ne vote plus le budget.
S'il y avait un 493, là il y a un vote au son de censure. C'està-dire que pour la première fois depuis que la République a été proclamée, les députés qui sont les représentants du peuple qui sont là pour consentir à l'impôt pour s'assurer du bon emploi des deniers publics ne pourrai plus le faire. Ce serait donc extrêmement grave.
Ce serait, je l'ai dit, un 18 brumire, c'estàdire une sorte de coup d'état rampant. Et cela je ne peux pas l'accepter. Donc j'ai dit à titre personnel qu'en tant que député si jamais cela arrivait, je prendrai mes responsabilités et je voterai une motion de censure et la destitution du président de la République car je crois que c'est un usage d'ailleurs qui est illégal.
L'article 47 de la Constitution dit si on peut recourir aux ordonnances si le parlement ne s'est pas prononcé. Or le parlement s'est prononcé, le Sénat a voté pour le budget, l'assemblé nationale a voté contre. Donc le parlement s'est prononcé et je crois que cette procédure, les ordonnances, elle ne peut pas être utilisée.
Pour autant, on apprenait la semaine dernière en début de semaine que l'ordonnance les ordonnances prévues seraient ont été adressées au Conseil d'État sans doute pour un avis. Ça veut dire que c'est quand même enclenché. Vous pensez que il y a une autre option sur la sur la table.
On nous dit ce matin clairement on a quelques sources dont une de mes conseurs journalistes au service politique de France Télévision qui nous dit que la séance reprendrait mardi avec le 49 aligné 3. Est-ce que vous pouvez confirmer ou pas cette information ? Est-ce que vous l'aviez ?
Non, nous n'avons pas du tout cette information. En vérité, nous n'avons pas d'information de la part du gouvernement. Je dis très simplement, c'est que la seule solution possible entre les deux, c'est un 493 négocié comme nous l'avions fait l'année dernière avec François Baou.
Le budget d'ailleurs qui s'exécute toujours grâce à la loi spéciale, c'est un budget qui avait été négocié. Ce qui compte maintenant, c'est moins que la procédure, c'est le compromis et ce qu'il y a dans le fond de ce budget. Et au moment où je vous parle, les discussions n'ont pas about et nous avons Mais vous ouvrez la porte, vous avez pris vous-même l'exemple de François Beou, vous ouvrez la porte à un pacte, appelons-le comme on veut, de non censure des députés socialistes.
Bah, c'est au gouvernement de le construire avec un nombre suffisant de de de forces politiques. Je crois qu'il doit aussi consulter les écologistes, communistes, tous ceux qui éid parlons du fond parce que là, on parle de la de la forme pour les faire adopter. simple, je vais être très clair avec vous.
N demand quatre choses. Un, le pouvoir d'achat. On a un vrai problème de consommation dans notre pays.
Les salaires demeurent trop bas. On demande une augmentation importante de la prime d'activité entre 1 et de quasiment de SMIC. Donc la prime d' 1,3 SMIC et aussi entre 1,3 et 2 SMIC.
Donc on demande une augmentation de cette prime d'activité. On demande également des moyens supplémentaires dans l'éducation nationale et notamment l'annulation des suppressions de postes d'enseignant. On demande des crédits supplémentaires pour l'écologie et notamment l'investissement dans la rénovation énergétique des logements, dans les ponts, les route, les transports ferroviaires, les réseaux d'eau.
Et puis euh on demande également un de mesures sur le logement. Il y a un compromis qui a été trouvé entre tous les groupes politiques à l'Assemblée nationale sur le logement. On demande que ces mesuresl figurent dans le texte final. et les efforts d'amander au au patrimoine, aux grandes fortunes, au plus aisé.
Vous vous dites pour l'instant comme on a été recalé pendant les débats, on met plus ça dans la je dirais dans la corbeille de la mariée si on parlait comme ça. Non, pour financer tout cela, il faut évidemment davantage de justice fiscale. Voilà.
Donc d'abord d'abord donc un certain nombre de dépenses supplémentaires pour soutenir les Français qui travaillent dur. La prime d'activité, je rappelle, c'est pour les gens qui vont bosser plutôt que de rester chez eux. Il faut donc les aider.
Et dans la période, on voit tous les prix augmentent, tout augmente. Il faut absolument les et puis les nouvelles recettes, vous les recettes. Alors nous nous demandons une augmentation de la surtaxe sur les très très grandes entreprises, vous savez celle qui était proposée par le gouvernement à hauteur de 8 milliards.
Nous demandons également qu'on fasse un rabot sur toutes les niches fiscales qui aujourd'hui grèvent considérablement les recettes publiques comme le pacte du trail quand même extraordinaire. Vous pouvez transmettre à vos enfants votre holding en exonérant de 75 % de droits de succession. Vous mettez votre ya dessus, vos bijoux, vos œuvres d'art et il y a pas de droit de succession.
On demande que euh on mette fin euh à ces niches exubérante. Et puis euh il y a aussi une discussion sur la CVAE. Vous savez, c'est une taxe d'impôt de production que le gouvernement voulait baisser pour les très très grandes entreprises.
Nous pensons qu'il faut annuler euh cette baisse. D'autres sujets sont en discussion. Je rappelle que la commission des finances avait adopté le rétablissement de l'ISF.
L'amendement étant déposé, il peut être retenu dans le 493 et je crois que ce serait un bon signal envoyé. 5 milliards d'euros de recettes supplémentaire qui permettent d'équilibrer le budget. Je rappelle qu'il faut qu'on tienne nos objectifs de déficit.
Les socialistes sont favorables à ce que le déficit soit ramené à moins de 5 %. Pour en finir avec ce cette question sur le budget, vous nous dites ce matin que si ces conditions-là ou certaines sont remplies, vous êtes prêt, même à la mort d'une campagne électorale et municipale à être le parti qui pourrait entre guillemets venir au secours du gouvernement en ne censurant pas. C'est pas le secours du gouvernement, c'est le secours de la France.
L'intérêt de la France, c'est qu'il y a un compromis sur le budget, mais rien ne serait pire qu'un compromis vide, qu'un compromis qui mette à contribution des classes populaires et les classes moyennes, qu'un compromis qui voit le pouvoir d'achat des plus précaires de ce pays baisser. Donc euh le compromis, oui, s'il est ambitieux, s'il permet de défendre les gens qui bossent, s'il permet de défendre les services publics, s' permet de défendre la santé, euh l'emploi euh et l'éducation nationale. S'il y a pas ce compromis-là, alors sans regret, nous censurerons.
Absolument sans regret. Mais si ce compromis est possible et c'est peut obtenir des victoires pour les gens, alors là aussi, il faudra faire prévaloir l'intérêt national devant toute autre considération. Alors, on verra si effectivement la la source qu'on avait ce matin se vérifie et si mardi vous reprenez les débats avec euh un 49 aligné 3.
Deux questions euh international, on le sait, il y a un grand froid euh diplomatique sans mauvais jeu de mots entre les États-Unis et l'Europe à propos du Groenland. Euh votre réaction à l'envoi d'une quinzaine de chasseurs alpins français pour une mission de reconnaissance au Groenland. Vous pensez que c'est un moyen pour l'Europe et la France de dire à Donald Trump, vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez ?
Oui, cet exercice est utile mais je crois que maintenant il faut aller plus loin. On a un membre de l'OTAN qui viole directement euh euh l'article 5 c'était inimaginable il y a encore quelques jours 5 du traité de l'Atlantique nord. Donc c'est une violation extrêmement profonde de ce qu'est euh l'OTAN.
Moi je le dis ici, il faut qu'on commence à réfléchir très sérieusement à exclure les États-Unis de l'OTAN. C'est pas à nous de quitter l'OTAN, mais c'est aux États-Unis de le quitter. Et je rappelle d'ailleurs que sur la la le budget de l'OTAN, c'est lour de conséquences de le budget.
Alors le budget de l'OTAN aujourd'hui, je rappelle le budget propre de l'OTAN, je parle pas budget globaux global de toutes les armées qui en font partie du budget propre de l'OTAN, l'États-Unis n'y contribue qu'à 15 %. La France a 10 %, le Royaume-Uni a 10 %. Vous voyez bien que c'est un acteur qui n'est pas si important que cela aujourd'hui dans le financement des activités propres de l'OTAN.
La politique n'est pas financière. Écoutez, il faut que les États-Unis aujourd'hui disent euh ce qu'ils souhaitent faire. Si c'est le régime de la terreur internationale, si c'est le régime de la force, c'est leur mise en cause de tout ce croyons.
Le règlement pacifique des conflits, le droit international, le multilatéralisme, nous ne pouvons pas l'accepter. CL raison pour laquelle nous nous avons sommes alliés avec les États-Unis depuis la fin de la seconde guerre mondiale, c'est parce que nous partageons ce nombre de valeurs supérieures de respect des droits de l'homme, de respect de la démocratie, de respect aussi du règlement pacifique des conflits par le droit international, de respect de la souveraineté des États et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Si nous remettons en cause ces principes, alors il n'y a plus d'alliance possible, il n'y a plus de raison de continuer à être asservi à cette Amérique impérialiste qui remet en cause tout ce en quoi nous croyons.
Alors toujours en parlant des États-Unis, apparemment Donald Trump tergiverse pour une intervention qu'il avait pourtant promise en Iran. Comment faire entendre la parole de la France alors que le le bilan est impossible à faire, que de des milliers de manifestants sont tués par le régime des Molas ? Que doit faire la France pour se faire entendre et doit-elle intervenir ?
Je parle dans les dans les mots dans ce conflit en Iran. Alors, il y a une déclaration il y a 2 jours aujourd'hui, il y a de jours avec les ministres du G7 qui proposent des sanctions supplémentaires, en tout cas qui menace de sanctions supplémentaires. Je crois que compte du bilan que nous avons aujourd'hui, il est temps d'activer ces sanctions supplémentaires sur le régime.
Après les interventions militaires, je n'y suis pas favorable. Je suis pas favorable non plus à ce que des pays viennent imposer des changements de régime. C'est au peuple eux-même de se battre.
Nous pouvons les aider, nous pouvons les armer. Nous pouvons leur soutenir leur fournir un soutien logistique. Nous pouvons mettre en place des sanctions.
Et puis il y a quelques lignes rouges he s'il y avait l'emploi de d'armes chimiques, d'armes bactériologiques par exemple, il faudra avoir aucune hésitation et détruire ces stocks d'armes. Mais pour le reste évidemment pas d'envoi de troupe au sol et pour l'instant évidemment pas d'intervention. militaire mais un soutien absolu aujourd'hui aux manifestants en Iran.
Alors très rapidement, puisqu'on parle de de défense, on parle de dépense de défense, vous êtes favorable à ce que le président de la République a annoncé hier, c'est-à-dire un effort supplémentaire autour de 36 milliards d'euros pour compléter la loi de progression militaire à l'horizon de 2030. C'est nécessaire ? Oui, il faut le faire.
Aujourd'hui, on le voit bien, il y a des menaces qui sont très importantes. Un monde de plus en plus dangereux, le retour des impérialismes de puissance, la fin de du droit international, l'inutilité complète de l'OTAN, de l'ONU. Euh et face à cela, il faut que la France qui est la plus grande armée de l'Union européenne se fasse entendre.
Elle a un rôle stabilisateur dans le monde entier et il faut donc que nous mettions finalement à niveau notre outil de défense. Merci Philippe Braille. esté comme on dit il faudra d'abord un compromis au service des classes populaires et des classes moyennes.
Ben vous allez y travailler ce weekend.
Philippe Brun