Conférence sur les véhicules autonomes - Introduction par Clément Beaune
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Chapitres
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Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:00Clément BeauneChiffre
« 5 % c'est le temps d'usage effectif d'une voiture en moyenne. »
- 9:00Clément BeauneChiffre
« 1,6, ça tombe même à 1 si on pense au trajet domicile travail, c'est le niveau d'occupation moyen d'un véhicule. »
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Madame la ministre, chère Anne-Marie Drac, mesdames et messieurs, cher Thomas Matagne, je suis très heureux de vous accueillir ce matin ici à venue de Séure au commissariat, la stratégie et au plan pour évoquer un sujet dont vous êtes, je reconnais un certain nombre de visages dans la salle souvent des expertes ou des experts, des engagés je dirais, mais qui trouvent encore une place à mon sens et c'est le but de ce débat, trop faible, trop timide dans notre débat public national et sans doute européen.
Nous avons, je crois, ici au plan la mission historique d'essayer d'éclairer des grandes questions de société qui touchent à beaucoup de politiques publiques ou de secteur de notre vie, de notre société, de notre économie. C'est ce que nous avons fait encore récemment avec une question comme la dénatalité, la démographie. Et nous avons aussi, je crois, le rôle modestement mais concrètement d'éclairer un certain nombre de débats de nouvelles frontières. D'une certaine façon, le véhicule autonome en fait partie.
Alors, j'hésite à le dire ainsi devant justement des gens, des secteurs que je connais ou reconnais qui se sentent engagés dans cette réflexion, cette transition, cette action déjà de grands groupes, des start-ups, des innovateurs en tous les compartiments d'ailleurs du secteur des mobilités.
Euh mais on doit constater que c'est encore une question, celle de la mobilité, celle de l'autonomie qui dans nos politiques publiques, dans nos débats, on aura quelques débats électoraux dans quelques mois, sont encore parfois négligés ou écartés ou vu comme des anecdotes ou des lubis, je crois, et vous en êtes certainement convaincu, vous nous éclairerez sur ce point, que nous devons dépasser ce stade. Et nous avons souvent en France en Europe une difficulté collective à débattre longuement de technologies lorsqu'elles sont encore expérimentales puis à considérer leur déploiement comme inéluctable voire aisé lorsqu'elles deviennent une réalité.
Et entre les deux, il existe un moment stratégique celui où des choix peuvent et doivent être faits. Je crois que nous sommes dans cette phase précisément. Alors, je vais laisser dans quelques instants le remerciant à nouveau la parole à Thomas Matagne, président et fondateur d'Écov qui a contribué à nos réflexion collective et je le remercie par une collection du plan, cette note de contribur extérieur que nous avons publié de temps à autre et qui éclaire un des angles originaux, je crois, de ce débat. Je voulais simplement donc partager trois convictions ou trois observations sur cette question du véhicule autonome.
D'abord, et vous le savez mais nous devons, je crois collectivement y insister tout simplement, le véhicule autonome n'est plus une perspective théorique ou un chapitre de science-fiction. C'est une réalité et c'est malheureusement une réalité plutôt ailleurs qu'ici. C'est une réalité certes encore modeste mais avec une croissance massive dans les rues de certaines villes américaines et sans doute même certainement chinoises si nous le voyons moins dans nos reportages de presse. C'est aussi une réalité concrète.
Un des chiffres frappants qui est cité dans la contribution de Thomas Matan et je crois sans doute ça a encore beaucoup augmenté qu'à la fin de l'année 2025 il y avait rien qu'aux États-Unis dans les quelques villes où ces véhicules autonomes sous la forme de robot taxi comme on les appelle pas très joliment sont déployés c'est 500000 courses par semaine. Donc c'est au-delà d'une anecdote ou d'une lubie. Nous avons aussi, je crois dans cette réalité du déploiement besoin de constater ou de repenser certaines de nos approches.
Il est intéressant et sans doute pour de bonnes raisons de constater qu'en Europe, quand on se pose la question de l'autonomie, un tiers de voiture, ça serait sans doute vrai dans d'autres domaines, on se pose la question de la sécurité ou de l'insécurité routière que cela pourrait générer. Comment gérer, faire face, faire des choix face à des risques d'accidents. On voit qu'aux États-Unis, ce débat est déjà dépassé. C'est la sécurité routière qui est un argument massif en faveur du déploiement de l'autonomie parce qu'on le sait de manière générale quand elle est fiable et cette technologie devient mature, cela permet de réduire l'accidentologie.
Nous avons donc un rapport à l'innovation de manière générale en France et en Europe qu'à cette occasion nous devons à nouveau réinterroger sans doute revoir. La deuxième observation simple, c'est que l'Europe, notre pays en particulier est en train peut se laisser distancer. Mais j'ajoute immédiatement que ce n'est pas une fatalité. et l'engagement que vous portez celui d'An Marie Drac qui coordonne depuis plusieurs années en pionnière si je peux dire ces sujets les réflexions et les actions, j'insiste aussi que vous développez dans chacun de vos secteurs ou segment du domaine des mobilités rassure sur notre capacité à penser et agir dans ce domaine.
Je pense aussi à des opérateurs de transport public, à des collectivités locales. Je remercie en particulier Île de France Mobilité d'être représenté ce matin car je sais que vous faites partie des autorités organisatrices qui s'impliquent beaucoup dans cette question et dans ce déploiement j'espère futur et rapide. Mais nous avons ce moment précis où la réalité du véhicule autonome est là chez les autres et pas encore là dans nos rues en France et souvent en Europe.
Et j'ajoute qu'il y a un risque qui doit aussi nous alerter de décrochage au sein même de l'Europe puisque l'année 2026, c'est aussi pour ça que cette contribution arrive au bon moment est une année, c'est sans doute une question de semaine où des déploiements vont se faire à une échelle large dans des grandes villes européennes à Londres. C'est attendu à Munich, c'est annoncé et dans d'autres villes comme au Luxembourg.
Il ne faudrait pas que nous européens ayons été en avance sur des réflexions, des actions notamment réglementaires, des technologies parfois et que dans cette phase de maturation et de déploiement concret, nous laissions comme dans d'autres vagues d'innovation, malheureusement les autres prendre le dessus alors que nous avons les compétences en matière de recherche, en matière de grands groupe, en matière, j'y reviendrai de transport public, en matière aussi d'écosystème d'innovation.
C'est donc maintenant, littéralement maintenant, c'est une question de mois et peut-être même de semaine que nous devons donner ce signal de l'engagement dans le déploiement concret de l'autonomie, j'en suis convaincu. Et puis la troisème observation simple et c'est sans doute la plus importante, peut-être la plus originale, même si je sais qu'il y a beaucoup qui sont aussi et engagés et convaincus dans cette salle et c'est je crois ce qu'apporte la contribution de Thomas Matagne. La vraie question n'est pas tant la technologie isolément, le véhicule lui-même, mais la façon dont on s'en sert et notre système de mobilité.
Et là-dessus, nous avons, c'est pour ça que il n'y a pas de fatalité au retard qui peut s'installer. Nous avons des atouts parce que nous avons, vous le savez, vous les représentez souvent, tous les atouts d'un grand système de transport collectif au sens le plus large du terme, de la voiture jusqu'au transport massifié. Nous savons en Europe et singulièrement en France là aussi les expertises, l'histoire, la compétence, la volonté aussi parce que nous sommes attachés au mode de transport, à l'ingénierie et au transport public pour penser ce système de mobilité, cette révolution technologique comme une révolution de notre façon de nous déplacer des zones rurales aux zones urbaines.
Car disons-le aussi, loin des clichés, le véhicule autonome n'est pas à mon sens. principalement une révolution pardon ce sera aussi urbaine. Ce sera sans doute une façon d'apporter des solutions de déplacement supplémentaire si les systèmes sont bien pensés pour des gens qui ont besoin de plus de mobilité notamment dans les zones rurales des personnes qui ne sont plus en situation de conduire soit parce qu'elles sont trop jeunes trop âgées en situation de handicap ou d'autres situations. Ces trois chiffres qu'on peut résumer, qui sont bien connus me semblent dire l'ampleur de la réflexion que nous devons mener, de la transformation que nous pouvons vivre si nous pensons bien.
85 %, on le sait, des déplacements se font encore aujourd'hui en véhicule, chaque jour en France et c'est à peu près la même réalité partout en Europe. 5 % c'est le temps d'usage effectif d'une voiture en moyenne. C'estàd la marge d'optimisation que nous avons dans le déploiement et l'usage des véhicules. Et puis 1,6, ça tombe même à 1 si on pense au trajet domicile travail, c'est le niveau d'occupation moyen d'un véhicule. Ce qui montre là aussi que nous pouvons améliorer, optimiser les choses.
C'est je crois cette réflexion que nous devons mener, cet apport important, original que la contribution de Thomas Matagne apporte au débat en essayant de penser système plutôt que véhicules individuels, en essayant de penser mobilité plus que technologie seule. Et c'est sans doute là qu'il existe la voie la plus proprement, singulièrement, efficacement européenne. Et donc nous devons essayer de porter notre regard et nos efforts rapidement, j'allais dire même urgemment sur cette question d'un système de mobilité au temps de la voiture autonome qui est le temps que nous vivons déjà.
Je conclurai simplement en insistant, il y a quelques propositions à la fin de cette note qui me paraissent importantes et concrètes. Je suis convaincu et ça vaudrait d'ailleurs dans d'autres domaines, d'autres segments des transports et au-delà. Nous devons passer à l'action au sens du déploiement concret.
C'est je crois cher Anne-Marie une des recommandations que vous avez faite dans les dernières actualisations de la stratégie nationale mais nous avons un bon moment pour le faire parce que d'autres métropoles ou d'autres pays vont s'y mettre cette année, je le disais y compris désormais sur le territoire européen parce que nous avons eu un renouvellement des élus dans les collectivités mairies métropole ou intercommunalité souvent et donc il y a du temps devant nous pour passer à l'action et sans doute j'en suis sûr sur une envie si on propose avec un accompagnement technique voire financier à certaines collectivités diverses, pas seulement les plus grandes, pas seulement les plus urbaines, de se lancer, nous pouvons le faire et c'est une fois qu'on voit, j'en suis sûr, ça réinterroge là aussi notre approche de l'innovation, des véhicules autonomes dans nos rues que les questions un peu théoriques, un peu abstraites sur les risques, sur l'organisation, sur le système de mobilité.
C'est aussi en voyant les véhicules dans nos rues que les questions ou l'envie de l'innovation publique et privée que tout cela se développera et se fera. Nous avons besoin tout simplement de voir pour agir et je pense que c'est probablement le domaine, le sujet sur lequel nous voulons consacrer nos efforts car nous essayerons d'y contribuer ici au commissariat la stratégie au plan dans les prochaines semaines et dans les prochains mois. Il y a urgence mais est encore temps et donc ne gâchons pas cette fenêtre dans laquelle le débat va nous éclairer et l'action doit nous guider. Je remercie encore Thomas Matan d'avoir contribué à cette réflexion.
Je remercie très sincèrement les participants à notre table ronde qui vont dans quelques instants après la présentation de Thomas échanger peut-être avec des points de vue différents. C'est l'intérêt. Je remercie en particulier Anne-Marie Hidrac qui pas besoin de la présenter a été glorieuse prédécesseur au ministère des transports mais est aujourd'hui délégué interministériel aux véhicules autonomes. Je remercie Benjamin Modé pour Betti qui fait partie de ces acteurs déjà engagés de l'autonomie et du véhicule autonome. Claude Renard qui rejoint notamment Anne-Marie Drag pour travailler sur ces questions.
Laurence de Brinka, j'ai cité Île-de-Fance mobilité qui j'avais eu l'occasion de travailler pour préparer efficacement les Jeux Olympiques et paralympiques. Je suis sûr qu'on peut être tout aussi efficace pour le déploiement du véhicule autonome. Je sais que votre présidente Valérie PCR et votre directeur général Laurent Pro sont très engagés sur cette question.
Et puis dans quelques instants, ça n'est pas un problème de métro en retard, je vous rassure, Xavier Piéchazic, le PDG de la RATP nous rejoindra accepté de même prendre le débat la volée dans son agenda de ce matin pour dire aussi ce qu'un grand opérateur de transport parmi d'autres qui sont représentés ici peut faire et comment il réfléchit au cette révolution de l'autonomie dans nos transports publics. Merci encore de votre intérêt pour ce sujet, de ce débat que je sais déjà passionnant et je vais laisser la parole à Thomas Matagne pour présenter les conclusions principales de cette contribution. Merci à toutes et tous. Bonne matinée de débat.
Clément Beaune