"La ligne de Marine le Pen n’a pas changé son logiciel politique vis-à-vis des gilets jaunes"
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« Monsieur Pouyané se paye 10 millions d'euros par an, 1 million d'euros par mois. Cela doit cesser, ce n'est plus possible. »
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« les prix à la pompe sont à plus de 2,20 € 2,30 € en France aujourd'hui lorsqu'ils étaient à 1,7 en octobre 2018 »
- 2:53Chiffre
« un paquet de aide à à hauteur de 17 milliards d'euros sur le budget donc 2019 que l'État n'a plus aujourd'hui »
- 4:20Chiffre
« il y a aujourd'hui en France 10 millions de pauvres »
- 12:04Fait
« moins d'un français sur un ménage sur de paye l'impôt sur le revenu »
- 13:25Fait
« le niveau de taxe dans notre pays et notamment de taxe sur ceux qui travaillent n'a jamais été aussi élevé »
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A-ton vivre un automne social explosif ? La grogne montre un peu plus chaque jour hausse des prix du carburant, de l'énergie pouvoir d'achat en berne, les résultats économiques qui sont bien plus dévants qu'attendus. Alors certains appellent désormais à la mobilisation avec des affiches pour voir un retour des gilets jaunes. Notamment à la mi-octobre. Fabien Rousset, le candidat communiste à la présidentielle a emboîé le pas appelant à se mobiliser notamment sur les ronds-points comme à l'époque des gilets jaunes et dénonçant certains profits réalisés par des grands groupes notamment par Total énergie et son patron. Écoutez, monsieur Pouyané se paye 10 millions d'euros par an, 1 million d'euros par
mois. Cela doit cesser, ce n'est plus possible. Nous ne sommes pas des moutons. Nous allons arrêter de nous faire tondre. Je dirais même que la tonte doit changer de camp. Et c'est à eux que nous allons prendre l'argent, les bénéfices pour qu'ils retournent dans la poche de nos concitoyens. Pour en parler de cette grogne sociale et de ce possible ou non retour des gilets jaunes. Muriel Jens, bonjour. Journaliste politique ici à France Télévision. Mathog, bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes politéologue, secrétaire général du tank le millénaire et puis Mathieu Lama, bonjour, merci d'être avec nous. Vous êtes essayiste. On va aller voir ces
affiches appelant un retour des gilets jaunes. La date du 17 octobre qui est évoqué à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux. Mais il y avait déjà des appels lancés pour aujourd'hui, même si pour l'instant, vous allez le voir, il n'y a pas eu grand-chose, il n'y a pas eu grand monde. Regardez ce rassemblement, ça se passe à messure pour l'instant pour vous on n'est pas dans la configuration. qu'on a pu connaître en 2018 pour voir cette mobilisation prendre de l'ampleur. Oui, en effet. Alors, il y a deux points pour savoir pour essayer de voir si on peut arriver vers un phénomène de gilet jaune. La le premier point, ça serait un peu l'argument un peu facile qui consiste à dire que parce que le niveau de carburant est beaucoup plus important aujourd'hui, les prix à la pompe sont à
plus de 2,20 € 2,30 € en France aujourd'hui lorsqu'ils étaient à 1,7 en octobre 2018 avant les avant les gilets jaunes. considérer que parce que la crise du carburant est beaucoup plus importante à la pompe aujourd'hui en terme de ressenti par les Français, alors effectivement les Français pourraient se mobiliser sur ce sur cette thématique là de la même façon que les gilets jaunes ont ont eu lieu. Sachant qu'il y a un autre point quand même qui est à mentionner, c'est que l'État a moins de capacité, a moins de marge de manœuvre et moins résilient pour répondre à une colère sociale qu'il ne l'était en 2018-29. Il faut rappeler que après les gilets jaunes, on a eu les aides d'Emmanuel Macron, les donc la fameuse prime Macron et cetera. On a eu un paquet de aide à à hauteur de 17
milliards d'euros sur le budget donc 2019 que l'État n'a plus aujourd'hui pour pouvoir répondre à des des contestations sociales sur la base de de l'érosion du pouvoir d'achat. Donc effectivement la situation est potentiellement plus inflammable qu'elle ne l'était. En revanche, la différence avec 2018-29, c'est qu'on a une élection présidentielle et un scrutin sur lequel l'avenir du pays va se jouer et donc potentiellement la grogne sociale pourrait plutôt se traduire par un vote en tout cas une mobilisation électorale d'ici 2027 plutôt que en octobre 26 sur la base de mobilisation. Mathieu Lama, pour vous euh cette colère, elle pourrait s'exprimer par un retour des gilets jaunes où finalement il s'agit de quelques affiches, quelques appels, mais
c'est assez compliqué de reprendre un tel mouvement. En fait, on peut pas savoir parce que ça peut être comment dire une étincelle qui peut venir du carburant ou d'un autre sujet ou d'un symbole ou d'une prise de parole qui est jugée scandaleuse. On se rappelle par exemple à à la fin de l'été lors des universités du MEDF où un candidat Jean-Luc Mélenchon dit que il faut augmenter les salaires et là vous avez l'assistance donc de de patron de gens plutôt aisés qui se met à rire. Ça, par exemple, ça a été un un symbole absolument désastreux qui, je pense, a a mis en colère beaucoup de monde euh en France. En tout cas, si on regarde les faits, si on regarde la situation, elle est plus grave aujourd'hui qu'en 2018. Euh le prix du carburant est beaucoup plus
élevé, l'inflation est plus élevée, la pauvreté a augmenté. Euh il y a aujourd'hui en France 10 millions de pauvres, la crise du logement a augmenté. Euh euh le le il y a plus de SDF aujourd'hui que que il y a des étudiants aujourd'hui qui mangent pas à leur fin. Euh et puis euh vous avez cette situation catastrophique sociale d'un côté et puis de l'autre des milliardaires qui vont très bien et qu'on refuse de taxer. Donc euh évidemment euh euh pour beaucoup de gens, il y a l'idée que tout ça c'est le résultat de choix politique. Et quand on se dit que une situation inégalitaire comme ça euh une crise sociale comme la nôtre est le fruit de choix politique, c'est là que l'étincelle est possible. surtout quand on annonce encore des
rabots sur l'assurance chômage alors qu'elle a été rabotée rabotée et encore rabotée depuis des années que on va faire aussi des économies sur la la sécura, il y a il y a quand même beaucoup de de d'étincelles possibles dans dans cette situation sociale. Maintenant d'où ça va venir ça et est-ce que ça va devenir nul ne le sait. Muralgence, ça ne vient pas aussi peut-être parce que comme le disait Mathok, il y a cette fois-ci une élection présidentielle euh qui va arriver. Donc pour beaucoup, c'est un peu compliqué d'aller se retourner contre le gouvernement qui va être encore là pour euh quelques mois euh seulement et que ça va peut-être se traduire dans les urnes plutôt. On ne sait pas si ça va pas venir. Le 19 septembre, il y a une grande
mobilisation de la fonction publique. Tous les syndicats ont appelé à la mobilisation. Euh les pompiers se mobilisent, on a vu les buralistes. Donc il y a des personnes qui se mobilisent euh à ce stade. On sait pas ce que ça va devenir dans quelques mois. Euh comme vous dites, ça peut venir d'un d'une mesure, d'un propos lors du débat sur le budget, hein, qui va être extrêmement intense à quelques mois de de la présidentielle. Euh il y a des personnes qui sont plus en colère qu'il y a 8 ans, ça c'est certain. la colère, elle n'a pas diminué parce que de toute façon même en 2018, euh la séquence des gilets jaunes euh n'a pas répondu aux attentes. Euh ponctuellement, il y a eu une baisse des taxes sur les carburants, euh une augmentation de la prime d'activité,
mais euh le fond structurel n'était pas là. Ils ont pas été entendus les gilets jaunes sur le le référendum qu'il demandaient d'être entendu. Donc en fait, les problèmes sont toujours là, se sont même accentués, on l'a vu au niveau national et international. Euh les Français ont vécu le Covid, les Français ont vécu la guerre, vivent encore la guerre en Ukraine au Moyen-Orient avec toutes les conséquences. La dissolution, le pouvoir d'achat qui est en baisse depuis 2022, mis à part euh l'année 2024, mais le pouvoir d'achat qui qui diminue. Donc les Français sont encore plus en colère, me semble-t-il qu'il y a des années. Ça s'accentue comment ils vont formuler cette cette colère. On a déjà un indice avec les sondages qui mettent qui portent Marine Le Pen à 35 %
et c'est un chiffre qui ne baisse pas, qui ne change pas, quel que soit le débat politique. Donc ça c'est vraiment un révélateur. On en 2018 70 % des personnes me semble-t-il hein, c'est bien ce chiffre là qui soutenaient ou qui était gilet jaune voter euh Rassemblement national et ça n'a fait qu'augmenter. Donc après la question de savoir comment ça va se matérialiser, est-ce qu'on va attendre le vote ou est-ce que déjà il va y avoir des des manifestations d'immobilisation, ben il faut attendre pour le voir. Et cette question du pouvoir d'achat évidemment, elle va s'inviter tout au long de cette campagne présidentielle, elle va s'inviter notamment ce weekend du côté de la fête de l'humanité qui va qui a lieu en ce moment que ça va durer jusqu'à demain soir. Ça se passe en
région parisienne dans les au plâé. C'est là où vous vous trouvez Julien Cholin, bonjour. On imagine que cette grogne sociale, elle va être évoquée par deux candidats à la présidentielle qui vont s'exprimer coup sur coup. D'abord Jean-Luc Mélenchon, puis ensuite Fabien Rousell. Oui, Jean-Luc Mélenchon qui s'exprimera depuis le stand de la France insoumise tout à l'heure puisque cette année, il n'est pas le candidat du parti communiste. Il n'aura donc pas le droit à la grande scène de la fête de l'humanité. C'est donc sur le stand de la France insoumise qu'il va s'exprimer. Je pense que ces messieurs attendent d'ailleurs euh le début de du meeting de Jean-Luc Mélenchon pour aller s'y rendre. Alors sur le fond Jean-Luc Mélenchon, il va notamment évoquer, me
dit-on, les marges des distributeurs de carburant puisque ça va être l'un des thèmes à la fois côté Jean-Luc Mélenchon et côté Fabien Roussell, la crise de l'énergie, le prix de l'essence. Jean-Luc Mélenchon qui en revanche ne devrait pas proposer de baisser les taxes sur le carburant. Une mesure qu'on juge pas assez écologique côté de la France insoumise côté Fabien Roussell en revanche c'est clairement une demande qui a déjà été formulé hier matin sur France 2 qui devrait être à nouveau répétée sur la grande scène de la fête de l'humanité tout à l'heure la baisse des taxes sur le carburant financé sur une taxation exceptionnelle sur les bénéfices de l'entreprise totale. Donc voilà duel à distance petite scène mais grosse affluence attendue tout à l'heure
pour Jean-Luc Mélenchon. Fabien Rousell lui s'exprimera à 17h50 sur la grande scène pour le lancement de sa campagne présidentielle. Merci à vous Julien Cholin. Depuis le plit pâté Mathieu Lama pour vous la gauche elle a intérêt à pousser à cette grogne sociale à voir de plus en plus de de rassemblement dans la rue pour mettre de plus en plus la pression et tenter de rassembler. Bah il y a un enjeu quand même dans dans l'expression de cette colère, c'est où est-ce qu'elle va aller ? Et je suis assez d'accord avec ce qui vient d'être dit, c'est il y a deux options en fait. Soit cette colère, elle va vers une demande de justice sociale, une demande d'égalité, une demande de service public et d'une certaine manière aussi une demande de plus d'humanisme dans la
société. Mais elle peut aussi euh se retourner vers l'extrémisme, vers l'extrême droite avec donc une manipulation de la colère pour la diriger vers une partie de la population, vers les immigrés, vers les musulmans, euh euh vers bref des bouqu émissaires. Euh et comme on sait, euh c'est un peu le le sport favori de l'extrême droite et du rassemblement national de trouver des bouqu émissaires et de de d'orienter la colère populaire vers des bouqu émissaires. C'est vrai qu'on ne sait pas encore de quel côté la colère va aller, mais ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui dans le débat euh dans le début de cette campagne, moi je me réjouis quand même que il y ait des débats sur le pouvoir d'achat, sur les services publics, sur est-ce qu'il faut des milliardaires ou
pas. Moi par exemple, j'ai trouvé ce débat absolument passionnant sur le fait que dans une société juste, dans une société égalitaire, peut-être qu'on a pas forcément besoin de milliardaire parce que la richesse, elle est redistribué. Et donc le fait que aujourd'hui les débats se portent plutôt sur ces sujets-là que sur des sujets liés à l'immigration et cetera, c'est encourageant. Maintenant, on a bien vu que le Rassemblement national, qu'est-ce qu'ils ont fait dans cette rentrée ? Ils ont tout de suite placé le sujet du voile donc des des des femmes musulmanes sur sur dans le débat public pour essayer encore une fois de de d'orienter la colère vers un sujet qui en fait n'a rien à voir avec le le le problème de cette colère. Mais ça je encore une fois on ne sait pas encore où
est-ce que ça va aller et vous avez raison de rappeler que le RN est au plus haut dans les sondages et que pour l'instant le c'est c'est le RN qui recueille le fruit de cette colère. Mais on n'est qu'au début de cette campagne. Oui, pour vous Match, c'est c'est plus le Rassemblement national qui pourrait profiter de de cette véritable grogne sociale si elle s'exprime dans la rue plutôt que la gauche quand on voit pourtant à Fabien Rousell par exemple qui appelle véritablement à mettre en place ses rassemblements sur les ronds-points devant les préfectures type gilets jaunes. Donc comme il y a maintenant 6 ans. Bah en fait il y a deux manières de répondre à votre question. La première ça serait c'est de regarder dans le dans le détail ce qui s'est passé au moment des gilets
jaunes justement entre 2018 début 2019. Euh et effectivement, il y avait une une une un questionnement euh de la part des partis de gauche sur est-ce qu'il faut soutenir ou pas euh ce qui ce qui était à l'œuvre en à la fin de 2018. Est-ce qu'il fallait soutenir ou pas ? Et Jean-Luc Mélenchon avait mis du temps à soutenir les gilets jaunes, on s'en souvient. Mais à partir du moment où les les les la France insoumise et une partie du reste de la gauche avait commencé à s'exprimer en faveur des gilets jaunes, le niveau de mobilisation avait baissé dans dans la dans le chaque chaque weekend au niveau des ronds-points. Pourquoi ? Parce que la colère des gilets jaunes est une révolte fiscale qui elle se veut un peu apolitique, c'est-à-dire qu'elle considère aujourd'hui que la France est
effectivement pour le coup malade de ses inégalités. Vous en avez cité, on on pourrait en citer de très nombreuses. Le fait que euh moins d'un français sur un ménage sur de paye l'impôt sur le revenu. C'est une inégalité aujourd'hui que les Français subissent. Le fait que le pouvoir d'achat, vous l'avez dit, c'est à a profondément ralenti depuis 2017 et que les dépenses contraintes ont ell explosé et ce qui fait qu'aujourd'hui c'est très compliqué de joindre les debouts. Donc effectivement la thématique du pouvoir d'achat. En revanche, je pense pas que la la colère des gilets jaunes puisse être instrumentalisée ou captée par le Rau national sur la question migratoire puisque celle-ci ou identitaire n'est pas présente dans les revendications des gilets jaunes qui sont plutôt en en qui
ont plutôt des revendications qui visent à renverser un système qu'il juge injuste sur une école qui dysfonctionne, sur des services publics qui dysfonctionnent. Alors même que pour autant le niveau de taxe dans notre pays et notamment de taxe sur ceux qui travaillent n'a jamais été aussi élevé. C'est plutôt ça le moteur de euh la la la colère des gilets jaunes. Et à cela, est-ce que le est-ce que le relation national y répond ? Bah, une partie de la ligne de Jordan Bardella pouvait y répondre parce qu'il voulait un peu renverser la table sur la les questions de fiscalité. Une autre partie qui est celle de la ligne de Marine Le Pen n'a pas changé son logiciel politique vis-à-vis de la réponse apportée au gilet jaunet.