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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 29 juillet 2020 26 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSantéImmigration & asileJustice

Tourisme, chômage partiel, Gérald Darmanin... "Le 8h30 franceinfo" de Jean-Baptiste Lemoyne

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Est-ce que les Français sont partis en vacances ? Est-ce que vous avez des chiffres sur la fréquentation touristique de ce mois de juillet ?

  • 1:27RelanceRéponse partielle

    En même temps, c'était un peu risqué d'aller à l'étranger ou de maintenir des vacances, sachant l'incertitude sur l'évolution de l'épidémie.

  • 2:31OuverteRéponse directe

    Quand vous dites 70% des Français ont choisi l'hexagone pour partir en vacances, est-ce que néanmoins les Français sont partis en vacances, autant qu'en juillet 2019, ou moins, ou plus ?

  • 4:10OuverteRéponse directe

    Le tourisme, secteur majeur de l'économie française, ça concerne 2 millions d'emplois. Et du côté des voyagistes, Jean-François Rial, par exemple, patron de Voyageurs du Monde, évoque une perte d'activité de 80% tout de même sur cet été. Et il a une demande à vous faire.

  • 4:47FerméeRéponse directe

    La Toussaint, Noël, y aura-t-il une prolongation du dispositif de chômage partiel pour le secteur du tourisme ?

  • 6:06OuverteRéponse directe

    Combien sont concernés par le chômage partiel aujourd'hui ? Est-ce que vous avez un peu des chiffres de l'état du tourisme, de l'état de l'industrie du tourisme en France ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55Invité politiqueChiffre
    « 70% des Français qui partent en vacances font le choix de la France. »
  • 1:52Invité politiqueChiffre
    « En moyenne, sur le mois de juillet, dans l'hôtellerie de plein air, on est à plus 70% de réservations réalisées par rapport à l'année 2019. »
  • 4:52Invité politiquePromesse
    « Le chômage partiel, il se poursuit sur les mêmes modalités que depuis le début de la pandémie pour le secteur du tourisme, uniquement jusqu'au mois de septembre. Et il a été dit, nous allons le prolonger jusqu'au mois de décembre. »
  • 5:27Invité politiqueChiffre
    « On a mis 18 milliards d'euros sur la table en mesure de soutien, d'investissement. »
  • 6:35Invité politiqueChiffre
    « Sur le soutien au secteur, près de 9 milliards d'euros de prêts garantis par l'État ont été directement au secteur du tourisme, à l'hôtellerie, à la restauration. »
  • 19:32Invité politiqueChiffre
    « Nos compatriotes, ils sont plus de 3 millions partout dans le monde. »

Temps de parole

  • Jean-baptiste Lemoyne60 %
  • Présentateur15 %
  • Invité12 %
  • Invité 29 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Le 8.30 de France Info. Bienvenue avec Jean-Jérôme Bertolus et notre invité Jean-Baptiste Lemoyne. Bonjour. Bonjour. C'est bientôt les vacances pour vous. Ce sera après un conseil des ministres aujourd'hui. Les vacances qui ont commencé pour beaucoup de Français depuis début juillet sont-ils parties en vacances ? Est-ce que vous avez des chiffres sur la fréquentation touristique de ce mois de juillet ?

0:27
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, je vous corrige, ce n'est pas les vacances pour moi. Je viens d'être nommé à nouveau. Et donc, je serai à la tâche tout au long du mois d'août, naturellement, aux côtés des professionnels, aux côtés des vacanciers. Pour que cet été, qui est un été pas comme les autres, puisse se dérouler pour le mieux. Maintenant, sur votre question, très clairement, j'avais appelé à un été bleu-blanc-rouge. Est-ce que cet été, les Français redécouvrent la France, ses joyaux, ses territoires ? Et c'est vrai que, pour l'instant, les chiffres semblent confirmer cela. 70% des Français qui partent en vacances font le choix de la France.

Et c'est heureux parce qu'il y a, je crois, ce sentiment aussi, cette volonté de vouloir rester à proximité, de pouvoir aussi soutenir l'économie touristique nationale, qui a beaucoup souffert. Pendant plusieurs mois, l'activité a été totalement à l'arrêt. Et je trouve que ce patriotisme touristique est heureux et bienvenu.

1:23
Présentateur

En même temps, c'était un peu risqué d'aller à l'étranger ou de maintenir des vacances, sachant l'incertitude sur l'évolution de l'épidémie.

1:29
Jean-baptiste Lemoyne

Tout à fait. Alors l'incertitude, d'ailleurs, fait que les comportements évoluent. Il y a beaucoup de réservations en dernière minute. Un effet rattrapage très important. Je m'entretenais hier avec à la fois les présidents des fédérations d'hôtellerie et d'hôtellerie de plein air. Et ils m'ont fait part de ces éléments. Alors, un effet rattrapage massif parce que, par exemple, en moyenne, sur le mois de juillet, dans l'hôtellerie de plein air, on est à plus 70% de réservations réalisées par rapport à l'année 2019 parce que les gens n'avaient pas pu réserver auparavant. Donc, voilà. Ce que je veux dire, c'est que derrière tout ça, il peut y avoir aussi une grande volatilité.

Dès lors que certains phénomènes apparaissent, ça peut aussi repartir dans l'autre sens. Et c'est pourquoi j'insiste sur l'importance également qu'on est tous en tête, que le virus, il faut vivre avec. Et donc, ça veut dire qu'il faut continuer les gestes barrières, continuer...

2:22
Invité

On va y venir, bien sûr, parce qu'effectivement, l'épidémie, on va dire, est au cœur, malheureusement, de ces vacances. On va y revenir. Mais d'un petit mot, quand même. Quand vous dites 70% des Français ont choisi l'hexagone pour partir en vacances, est-ce que néanmoins, vous avez parlé des réservations, est-ce que néanmoins les Français sont partis en vacances, on va dire, de la même manière, autant qu'en juillet 2019, ou moins, ou plus ?

2:50
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, on voit des évolutions de comportement, vous avez raison. Par exemple, on voit certains territoires de l'intérieur, si je puis dire, qui ont regagné des couleurs, ont plus de fréquentation qu'en temps ordinaire. Par exemple, là aussi, vous savez, les campings sont un mode privilégié d'hébergement pour de nombreux Français. Eh bien, ce que l'on constate, c'est que des départements comme l'Aveyron, la Lozère, les Vosges, une région comme les Hauts-de-France, eh bien, connaissent des bons taux de fréquentation, alors que d'ordinaire, ce sont d'autres territoires, peut-être, qui bénéficient plus traditionnellement d'affluence.

Donc, on voit bien que, je crois que les Français sont partis peut-être plus à proximité par rapport à leur lieu de résidence. En tous les cas, au mois de juillet, au mois d'août, ce que l'on constate dans les réservations, c'est que les départs se feront de façon un peu plus lointaine. On rentre vraiment dans cette sorte de parenthèse.

3:44
Invité

Lointaine en France ou lointaine hors de France ?

3:45
Jean-baptiste Lemoyne

Non, non, lointaine en France. Une sorte de parenthèse un peu traditionnelle. Et puis surtout, je crois que les Français ont bien besoin, après le choc traumatique qu'on a vécu pendant plusieurs semaines et plusieurs mois, eh bien, de se retrouver en famille, entre amis, pour pouvoir, je dirais, refaire le stock d'énergie. Et puis, ça a été des moments, comment dire, très durs pour la nation.

4:05
Présentateur

Le tourisme, secteur majeur de l'économie française, ça concerne 2 millions d'emplois, Jean-Baptiste Lemoyne. Et du côté des voyagistes, Jean-François Rial, par exemple, patron de Voyageurs du Monde, évoque une perte d'activité de 80% tout de même sur cet été. Et il a une demande à vous faire.

4:25
Invité

On a une demande éventuelle à faire, c'est de prolonger le système du chômage partiel spécifiquement pour nous, parce que, contrairement à la plupart des activités, si ça continue comme ça, on n'aura pas du tout de reprise.

4:39
Présentateur

Inquiétude qui concerne notamment les prochains mois au-delà de cet été, avec des réservations très faibles, évidemment, pour les prochaines vacances, la Toussaint, Noël, y aura-t-il une prolongation du dispositif de chômage partiel pour le secteur du tourisme ?

4:52
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, oui, la réponse est oui, définitivement. Le chômage partiel, il se poursuit sur les mêmes modalités que depuis le début de la pandémie pour le secteur du tourisme, uniquement jusqu'au mois de septembre. Et il a été dit, nous allons le prolonger jusqu'au mois de décembre. On verra peut-être les modalités selon l'état du secteur. Mais ce qui est clair, c'est que les professionnels du tourisme, ils ont besoin d'un soutien dans la durée, parce que pour certains, ça va être parfois peut-être quasi une année blanche. Et il va falloir tenir jusqu'au début de la saison prochaine, ça veut dire au mois de mars 2021.

Vous savez, on a mis 18 milliards d'euros sur la table en mesure de soutien, d'investissement. C'était lors du comité interministral pour le tourisme du 14 mai. Et donc, en tous les cas, ce que je veux dire à Jean-François Réal et à tout le monde du tourisme, on continuera d'être à leur côté. Je sais, c'est la volonté du président de la République, de Jean Castex, de Jean-Yves Le Drian.

5:47
Présentateur

Quand vous dites dispositif à régler, c'est sur la part de l'employeur, par exemple, ou de l'État dans la prise en charge des salaires ?

5:54
Jean-baptiste Lemoyne

Encore une fois, on regardera ça en septembre. Mais ce qui est sûr, c'est que sur le principe, oui, nous continuerons déjà jusqu'au mois de décembre.

6:02
Invité

Vous parlez effectivement, Nicolas Teilhardi, 2 millions d'emplois directs dans le tourisme. Combien sont concernés par le chômage partiel aujourd'hui ? Est-ce que vous avez un petit peu des chiffres de l'état du tourisme, de l'état de l'industrie du tourisme en France ? Vous les réunissez cet après-midi ?

6:16
Jean-baptiste Lemoyne

Tout à fait. Cet après-midi, je réunis le comité de filière tourisme. C'est une instance très importante que je réunis de façon hebdomadaire. Chaque semaine, une véritable instance de pilotage de la crise. Ça permet d'avoir tous les retours terrain. Et puis, nous-mêmes également, de co-construire avec les acteurs les réponses dont ils ont besoin. Et pour vous donner un chiffre, par exemple, sur le soutien au secteur, près de 9 milliards d'euros de prêts garantis par l'État ont été directement au secteur du tourisme, à l'hôtellerie, à la restauration. 9 milliards d'euros. Ça leur permet de faire face, dans l'immédiat, à toutes les tensions de trésorerie.

Et puis, on va continuer ce soutien de différentes façons, bien sûr.

6:56
Présentateur

Avec l'ombre du coronavirus qui continue de planer sur ces vacances, à la fois sur les plages, dans les aéroports aussi. On verra ça dans un instant. Jean-Baptiste Lemoyne. Le Fil Info, à 8h40. C'est avec Lauriane Delanois.

7:09
Invité

La colère de la famille Chouvia après une phrase du ministre de l'Intérieur hier à l'Assemblée. « Quand j'entends le mot « violence policière », je m'étouffe », déclare Gérald Darmanin. J'étouffe les mots prononcés par Cédric Chouvia lors de son interpellation à Paris. En janvier dernier, il était mort. Quelques jours après, sa sœur demande des excuses au ministre. 1500 à 2000 migrants dans des cars vers des gymnases d'Île-de-France. Évacuation ce matin d'un campement à Aubervilliers, près de Paris. Ils passeront des tests de dépistage du coronavirus.

Face à l'épidémie, nous devons prendre plus de précautions individuellement et collectivement, demande du ministère de la Santé, alors que 14 nouveaux foyers d'épidémie viennent d'être repérés en France. Gisèle Halimi était une lionne, selon la comédienne Françoise Fabian. Tout en elle, montrer sa passion de la justice et de la liberté, souligne pour sa part l'une des victimes de viol défendue par l'avocate féministe dans les années 70. Hommage ce matin sur France Info au lendemain de la mort de cette figure de la lutte des droits des femmes. Pour les droits des femmes.

8:15
Présentateur

Le 8.30, France Info, Nicolas Teilhard, Jean-Jérôme Bertolus. Et notre invité, le secrétaire d'État au tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, le maire des Sables d'Olonne, va fermer ses plages trois heures par jour à partir de samedi. Plages fermées entre 21h le soir et 7h du matin du côté de Quiberon, également dans le Morbihan, où le préfet Patrice Faure, préfet du Morbihan, estime que les jeunes ne jouent pas le jeu.

8:41
Invité

Je note une irresponsabilité de la jeunesse qui est en vacances ou qui réside ici avec des soirées festives dans des nombres très conséquents, ignorant le danger. Comme je l'ai dit il y a déjà une semaine maintenant, la saison estivale 2020 ne doit ressembler à rien à la saison estivale 2019.

9:00
Jean-baptiste Lemoyne

C'est la faute des jeunes, Jean-Baptiste Lemoyne ? Je crois que c'est un appel à la prudence, à la vigilance de chacun. Encore une fois, le virus, il est là, il circule, il n'y a pas encore de vaccins, il n'y a pas encore de traitements et ça veut dire qu'il faut continuer à pratiquer les gestes barrières de la distanciation sociale, le port du masque dans les endroits où c'est obligatoire.

9:19
Invité

Mais pour aller un petit peu plus loin, on le voit là, les maires prennent aujourd'hui non pas seulement des appels à ce que les jeunes effectivement se protègent et protègent les gens qui les entourent, ils prennent des mesures concrètes comme la fermeture des bars, des couvre-feux, la fermeture des plages, on vient de le dire à l'instant. Est-ce que vous, par exemple, secrétaire d'État aux touristes, vous pourriez envisager la fermeture des bars dans toutes les stations, on va dire, touristiques du littoral ? Vous savez,

9:47
Jean-baptiste Lemoyne

il ne faut pas apporter une réponse générale à des situations très localisées. Je crois que cette crise, ce qu'elle a montré depuis le début, c'est qu'il fallait avoir des appréciations différenciées. Regardez, ça nous paraît très lointain maintenant, mais lorsque nous avons commencé le processus du déconfinement, il y avait une carte de France avec des départements verts, des départements oranges et donc, on le voit, les choses n'étaient pas pareilles de la même façon partout. Et la clé, la clé du succès dans la lutte contre le coronavirus et pour le bon déroulement de cet été, ça réside toujours, on l'a dit, dans le couple maire, préfet et ARS.

Et ce qui est important, c'est que ces trois acteurs clés soient en contact permanent et puissent décider ensemble des mesures à prendre. C'est le cas. On vous sent pris entre la chèvre et le chou, Jean-Baptiste Lemoyne,

10:30
Présentateur

entre précautions sanitaires et poursuite d'une activité qui a énormément souffert depuis des semaines et qui est capitale à ce moment de l'année. C'est le cas ? C'est très simple.

10:39
Jean-baptiste Lemoyne

Il faut trouver le chemin de crête. Bien sûr, il est important de pouvoir prendre ses vacances, souffler, encore une fois, s'oxygéner après ces moments qu'on a vécu. Et en même temps, voilà, il faut rester prudent et tout simplement adapter nos comportements à la situation parce que, vous savez, il n'y aurait rien de pire, il n'y aurait rien de pire, Jean-Jean Bertolus, et bien que, effectivement, un certain nombre de clusters conduisent après à des annulations massives parce que c'est ça après ce qui se passe lorsqu'on les découvre, le comportement du consommateur, vous savez, il est très volatile,

11:14
Invité

il s'adapte. Justement, Jean-Baptiste Lemoyne, vous appelez les jeunes, les jeunes français à la responsabilité. Tout le monde. Mais est-ce que vous appelez aussi les industriels du tourisme à la responsabilité ? On a vu, par exemple, un spectacle du Puy-du-Fou, 12 000 personnes assistées à ce spectacle. On voit des boîtes de nuit rouvrir sous prétexte de bar de nuit. Est-ce que vous appelez aussi vos troupes les professionnels du tourisme à plus de responsabilité ?

11:43
Jean-baptiste Lemoyne

Moi, ce que je veux dire, les professionnels du tourisme, je les côtoie au quotidien, je peux vous dire, ils sont très professionnels, c'est le cas de le dire. Ce sont des gens qui sont habitués à réguler les flux, qui prennent toutes les précautions, ont élaboré des protocoles sanitaires, les respectent, et pour prendre différents cas que vous évoquiez. Vous savez, le Puy-du-Fou, eh bien, bon, ils ont toujours ce côté un peu pionnier des fricheurs, mais ils ont dit qu'ils allaient revenir au respect de cette jauge des 5 000 personnes.

Et nous avons pris un décret aussi, eh bien, hier, qui permettra à partir du 15 août, justement, au préfet d'examiner des dérogations éventuelles en fonction de l'état sanitaire, des départements, pour ces grands rassemblements.

12:26
Invité

Pour aller au-delà des 5 000.

12:27
Jean-baptiste Lemoyne

Voilà. Mais donc, ça, ça se fera à partir du 15 août avec un examen des préfets. Et vous évoquiez les discothèques. C'est un monde, le monde de la nuit, des acteurs de la nuit qui a beaucoup souffert parce qu'eux, ils n'ont jamais rouvert depuis le début du confinement. Jamais. Et ça veut dire que les entreprises sont à l'arrêt. Et moi, je veux saluer d'ailleurs leur courage. Et puis également, mon collègue Alain Griset qui a poursuivi le travail que j'avais engagé avec ces acteurs-là. Et nous avons apporté des aides à hauteur de 45 000 euros pour 3 mois pour faire face aux échéances. Parce que pendant ce temps-là, les loyers, ils courent, les factures, elles courent, etc.

Et donc, c'est la contrepartie du maintien de la fermeture pendant encore quelques temps.

13:08
Présentateur

Qui dit tourisme, dit aussi frontière. Jean-Baptiste Lemoyne, vendredi dernier, Jean Castex était à Roissile déconseillé aux Français de se rendre en Catalogne.

13:18
Invité

S'agissant de la situation en Catalogne, qui, vous le savez, montre également des indices sanitaires dégradés. Nous recommandons vivement aux citoyens français et d'éviter de se rendre tant que la situation sanitaire ne s'améliore pas dans ces territoires.

13:39
Présentateur

Est-ce qu'un voyage déconseillé pourrait devenir un voyage interdit ?

13:44
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, l'interdiction, ça voudrait dire la fermeture des frontières. Et vous le savez, nous avons travaillé justement au niveau européen pour ensemble, comment dire, lever les obstacles à la circulation. nous avons enfin retrouvé en gros depuis le 15 juin une liberté de circulation dans l'espace Schengen. Et c'est heureux parce que, souvenez-vous, au tout début, au mois de mars, chaque État a pris ses décisions dans son coin de façon illatérale. Mais ça ne repart pas.

14:10
Invité

Est-ce que les chaque État, on voit la Grande-Bretagne depuis effectivement l'intervention du Premier ministre vendredi. La Grande-Bretagne a imposé une quarantaine aux voyageurs qui viendraient d'Espagne. D'autres pays suivent la Grande-Bretagne. L'Allemagne déconseille fortement au-delà de la Catalogne d'autres voyages. Donc, nous, la France, est-ce qu'on n'est pas un petit peu en retard ?

14:31
Jean-baptiste Lemoyne

Attention, je fais bien la distinction entre des recommandations, des conseils, des conseils aux voyageurs et des mesures d'interdiction. Et la Grande-Bretagne, d'ailleurs, vous le savez, ne fait plus partie de cette Union européenne. Donc, elle prend des décisions naturellement totalement souveraines. Ce que je veux dire, c'est que toute décision liée aux frontières, eh bien, désormais, je crois qu'on a trouvé le chemin pour en parler entre Européens. C'est important d'avoir cette approche coordonnée. Faute de quoi, on le voit, on se met dans des situations très complexes. Donc, clairement, pas de fermeture de frontières à l'horizon.

Pour l'instant, dans les discussions européennes, nous ne sommes pas sur ce type de décision.

15:08
Présentateur

Et clairement, qu'est-ce que vous dites à des Français qui préparent les valises en ce moment et qui ont des projets de voyage, peut-être ce week-end, la semaine prochaine, en Espagne, par exemple ?

15:17
Jean-baptiste Lemoyne

Encore une fois, vous savez, la généralité de Catalogne, c'est une partie de l'Espagne, ce n'est pas toute l'Espagne. Et donc, je crois qu'il faut aussi regarder de façon très précise les situations. Et puis, j'invite les voyageurs aussi à se rendre sur le site Conseil aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères. C'est là où nous donnons beaucoup d'informations, justement, sur les zones qui sont recommandées, celles où il faut faire attention, etc.

15:40
Présentateur

J'insiste simplement sur un point. Au-delà du départ, c'est le retour. Est-ce que vous envisagez des procédures de quarantaine pour l'Espagne ou d'autres pays ? Encore une fois,

15:51
Jean-baptiste Lemoyne

on s'adaptera toujours en fonction de l'évolution de la situation. Ce que je veux dire, c'est que le sanitaire commande, mais gardons-nous aussi par anticipation d'évoquer des scénarios catastrophes parce que je sais que nos voisins européens sont également eux-mêmes très mobilisés pour endiguer toute reprise. Je crois que c'est la préoccupation de tout décideur public.

16:12
Invité

Très concrètement, il va y avoir des tests obligatoires quand on arrivera de 16 pays. 16 pays dit rouge, ces tests, ils seront en vigueur

16:20
Jean-baptiste Lemoyne

à partir de quand ? Alors, à partir du 1er août, il est demandé de pouvoir produire le test qui montre que vous êtes effectivement, vous ne portez pas

16:29
Invité

en dehors de ces 16 pays, les Français peuvent voyager où ils veulent, de la manière dont ils le veulent à l'étranger ? Alors non,

16:36
Jean-baptiste Lemoyne

pas où ils veulent et quand ils le veulent parce que nous avons nous-mêmes, Européens, rouvert à une vingtaine de pays les flux et sous condition aussi de réciprocité. Donc, vous voyez que la capacité de circulation dans le monde, elle est encore très entravée. Très entravée. Et c'est pourquoi on le dit, vous savez, aux Français aussi de redécouvrir la France parce qu'avec Jean-Yves Le Drian, on a géré au mois de mars et au mois d'avril le rapatriement de plus de 200 000 Français qui étaient coincés une fois que toutes les frontières s'étaient fermées une à une. Je peux vous dire que ceux qui étaient concernés, ils en gardent un souvenir un peu impérissable.

Donc, je crois que dans le contexte qu'on connaît d'incertitude, de volatilité, eh bien, il est prudent de rester à proximité. La proximité, c'est la France. On peut faire le tour du monde en faisant le tour de France, vous savez. Il y a tellement de variétés de paysages, de patrimoine qu'il y en a pour tous les goûts.

17:31
Présentateur

Le VRP du tourisme français, Jean-Baptiste Lemoyne, reste avec nous. La suite de la discussion après le fil info à 8h50. Lauriane Delanoé.

17:39
Invité

Un campement de migrants en cours d'évacuation près de Paris à Aubervilliers. Entre 1500 et 2000 personnes, des hommes seuls originaires d'Afrique pour la plupart qui vivaient dans des tentes et cabanes de fortune depuis plusieurs semaines. Ils sont conduits en bus vers des gymnases d'Île-de-France. C'est le plus lourd bilan quotidien depuis deux mois et demi aux Etats-Unis. Près de 1600 morts liées au Covid-19 ces dernières 24 heures. En France, une quinzaine de foyers nouveaux détectés hier. Il y en a chaque jour particulièrement dans des groupes de jeunes selon le ministère de la Santé.

Et à Hong Kong, les dirigeants renforcent les restrictions à partir d'aujourd'hui par crainte d'une vague de contamination. Les habitants doivent rester chez eux le plus possible. Port du masque obligatoire dans l'espace public et les rassemblements de plus de deux personnes sont interdits. Avis de tempête tropicale dans les Antilles, la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy en vigilance orange pour vents violents, fortes pluies et mers dangereuses. Les écoles, les centres aérés restent fermés aujourd'hui et demain à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. France Info et tout est plus clair.

18:49
Présentateur

Le 8.30 France Info, Nicolas Teilhard, Jean-Jérôme Bertolus. Avec Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat chargé du tourisme mais aussi des Français de l'étranger, monsieur le secrétaire d'Etat et en l'occurrence, certains souhaiteraient retrouver leur famille. Des comptables Jean-Baptiste Lemoyne sur les réseaux sociaux, on voit des messages apparaître avec des couples, parfois des familles qui sont séparées depuis des semaines à cause de la crise sanitaire. Qu'est-ce que vous pouvez leur dire aujourd'hui ?

19:16
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, s'agissant des Français établis de France, les choses sont très claires, un Français peut toujours revenir sur le sol national et donc, d'ailleurs, un certain nombre d'entre eux reviennent pour les vacances, etc. Et par ailleurs, je précise, pour nos compatriotes, ils sont plus de 3 millions partout dans le monde, on a mis en place, justement avec Jean-Yves Le Drian, un plan pour les aider, les accompagner, y compris avec des plans d'action sanitaire. On a 3 avions qui permettent de faire des évacuations sanitaires H24 7 jours sur 7.

On est là pour les accompagner, y compris de façon aussi parfois financière parce que certains perdent leurs emplois, l'enseignement français à l'étranger est très touché. Donc, voilà, il y a ce plan pour les Français établilleurs de France. Et donc, eux peuvent toujours revenir. Vous faites allusion, en revanche, à un autre sujet qui est celui de couple qui parfois peuvent comprendre une des deux personnes qui est française, qui réside en France, et puis une autre personne qui est d'une autre nationalité et une autre nationalité avec laquelle, justement, la liberté de circulation n'est pas rétablie.

Donc, c'est un sujet qui est épineux parce qu'il s'agit de personnes qui, justement, ne sont pas forcément mariées ou paxées parce que ça, c'est ce qui permettrait de faciliter le rapprochement. Et donc, c'est un travail qui est complexe, qu'on mène en interministériel parce qu'il n'y a pas que les affaires étrangères dans l'affaire, il y a également le ministère de l'Intérieur. Je comprends, encore une fois, quelque part, la détresse parce qu'être séparé pendant plusieurs mois de la personne que l'on aime, pardon, je crois que c'est très dur et c'est humainement très difficile à vivre.

Il n'y a pas de réponse qui soit immédiate et facile, mais j'entends en tous les cas le cri du cœur et on va y travailler naturellement avec les collègues au gouvernement.

21:08
Invité

Jean-Baptiste Lemoyne, presque une question de conclusion sur toutes ces vacances. Vous avez mis en place depuis le 25 mars dernier une procédure de remboursement pour que les Français inquiets ou qui voient leurs vacances gâchées par cette crise sanitaire puissent se faire rembourser. Est-ce qu'il faut tirer l'oreille d'Air France et de sa filiale Transavia pour que, effectivement, ces opérateurs remboursent et ne donnent pas, par exemple, des avoirs dont ne voudraient pas les voyageurs ?

21:35
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, ce qui est sûr, c'est que, justement, les compagnies aériennes au titre, justement, du droit communautaire doivent rembourser. Et elles jouent le jeu ou pas ? Alors, dans un premier temps, toutes les trésoreries ont été mises à mal. Effectivement, certaines ont été amenées à proposer des avoirs. Mais je peux vous dire que, désormais, les comportements évoluent dans le bon sens parce que, je veux dire, on a dit les choses très clairement aussi aux compagnies.

Et je pense qu'il va falloir travailler, d'ailleurs, à l'avenir, peut-être, un mécanisme de garantie similaire à celui des voyages à forfaits parce que les voyages à forfaits, eh bien, ils ont ce type de garantie et de remboursement. Mais là, c'est un travail aussi à faire au niveau européen. Et quelque part aussi, je crois qu'avec cette crise, on s'est rendu compte de l'importance de cet échelon européen. Pour la première fois, les ministres du Tourisme des 27 se sont réunis ensemble parce que, jusqu'à maintenant, tout le monde avait tendance peut-être à faire sa promotion dans son coin et à vendre son territoire. Mais là, on sait qu'on a des enjeux communs auxquels faire face.

22:33
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, il y a un de vos collègues qui ne fait pas du tourisme mais qui multiplie les déplacements. C'est Gérald Darmanin. Il était auditionné par la Commission des lois de l'Assemblée hier après-midi et il a répondu à une question sur les violences policières.

22:46
Invité

Quand j'entends le mot « violences policières », moi, personnellement, je m'étouffe. La police exerce une violence, certes, mais une violence légitime. C'est vieux comme Max Weber.

22:56
Présentateur

Que l'expression « j'étouffe » dans le contexte actuel vous paraît opportune ?

23:01
Jean-baptiste Lemoyne

Moi, ce que je pense, ce que je crois, c'est que Gérald Darmanin, il n'a jamais voulu blesser. Je pense que, vous savez, cette audition... Hier après-midi, vous parlez d'hier. Oui, oui, tout à fait. D'ailleurs, il a répondu aux questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à une salve de questions de certains membres de l'opposition très dures vis-à-vis des forces de l'ordre. On a vu les propos justement, également, du maire de Colombes. Donc c'est quoi ?

23:26
Invité

C'est une expression malheureuse pour vous ? Comment vous qualifiez cette expression ?

23:30
Jean-baptiste Lemoyne

Je n'ai pas la qualifiée. Ce que je dis, c'est que, je connais Gérald Darmanin, il n'a pas voulu blesser quiconque. Et encore une fois, il faut voir la façon dont est remis en cause par certains l'action des forces de l'ordre. Pardon, mais la sécurité, c'est la première des libertés. Les forces de l'ordre, elles ont besoin d'être soutenues. Et je crois que, hier encore, regardez les questions au gouvernement, leur action a été remise en cause. Le ministre de l'Intérieur a défendu l'action de ces forces de l'ordre. Lorsqu'il y a effectivement des problèmes avérés, il faut les regarder en face. Mais je crois qu'il faut réitérer aussi le soutien à ces forces de l'ordre qui permettent...

24:09
Invité

Il n'y a pas d'excuses donc à donner de la part de Gérard Darmanin, le ministre de l'Intérieur. Notamment, par exemple, à la famille Chouvia, on sait que le livreur, avant de décéder, a dit sept fois j'étouffe, j'étouffe, le ministre de l'Intérieur. Quand il entend le mot violence policière, il s'étouffe ?

24:25
Jean-baptiste Lemoyne

Encore une fois, je vois l'émotion que cela suscite. Je le redis, le ministre de l'Intérieur, je ne pense pas qu'il ait voulu blesser quiconque. Vous savez, quand on est au gouvernement et quand, justement, on assume ces hautes fonctions, on a à cœur d'agir pour tous, pour chacun, pour faire en sorte que le service public soit rendu de la meilleure façon possible. On n'est pas là pour dresser les Français les uns contre les autres. Au contraire, il y a ce souhait, d'ailleurs, que portait le président de la République, je dirais, de fédérer toutes les forces, de dépasser les clivages. Je le redis, je ne pense pas qu'il ait voulu blesser quiconque. Donc on doit choisir ces mots.

Chacun choisit ses mots, mais encore une fois, je crois que, enfin pardon, je veux bien qu'on regarde, qu'on fasse l'exégèse de tous les mots, de tous les propos. Je crois que c'est l'intention qu'il faut regarder. Il n'avait pas l'intention de blesser.

25:20
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État chargé du tourisme, des Français de l'étranger et de la francophonie aussi. D'ailleurs, vous nous confirmez ce matin le prolongement du dispositif de chômage partiel pour le secteur du tourisme jusqu'au mois de décembre. Merci d'avoir été l'invité du 830 de France Info avec Jean-Jérôme Bertolus.