Je viens avec Louisa, auxiliaire de vie à 910€ par mois, elle éblouit le plateau (Quelle époque)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous êtes contente d'être là parce que vous étiez un peu flippée avant de rentrer sur le plateau.
Tout à fait, c'est une grande première pour moi. Vous êtes venu avec vos deux stars. Bienvenue. C'est elle la star.
Parfois mon cœur est à droite, vous voyez.
Parfois. Combien vous gagnez par moi ?
Hors mes frais de mes remboursements kilométriques, parce que j'utilise ma voiture et je passe à la pompe à essence avec ma carte bleue, 910 euros.
Je trouve que c'est très bien d'avoir applaudi. Vous avez raison de dire qu'on a la chance d'avoir Louisa à nos côtés et d'avoir 500 000 Louisa dans le pays. Maintenant, pour moi, c'est un scandale. Et c'est un scandale profond. Maintenant, qu'est-ce qu'on fait pour que ça change ? Il y a eu 150 milliards d'euros de bénéfices qui ont été distribués le mois dernier. Est-ce qu'on prend 10 milliards d'euros pour les donner sur une loi à grand âge qui permettra que les soignants à domicile, mais aussi dans les EHPAD, ils soient payés correctement, ils aient du temps, ils aient moins de mal aux épaules, qu'on leur demande pas de courir. On n'est pas dans des problèmes techniques, M.
le Président de la République qui vient à Amiens et que je lui présente des Louisa de mon coin. Il me dit « Ah, vous êtes des saintes, c'est une vocation. » Mais si on présente ça sur le plan de la sainteté, on n'a pas à payer.
Marine Le Pen.
Est-ce que finalement, la justice est toujours aussi laxiste ?
La réponse dans quelques jours, son processus.
Le 7 octobre, j'ai réagi avec clarté quand il y a eu les massacres qui ont été commis dans les kibbutz israéliens. Et j'ai dit à ce moment-là que c'était des actes théoriques commis par le Hamas, qu'une vie valait une vie, que les larmes d'une mère israélienne valaient les larmes d'une mère palestinienne.
Pourquoi vous l'avez viré ?
Parce que je ne peux pas faire un film humaniste ici et ne pas l'être là-bas. Je veux simplement, depuis un an, on n'a jamais entendu Sarah Salmane avoir un mot d'empathie pour les enfants à Gaza.
Il y a une obsession des riches chez vous, comme le riche, depuis toujours, depuis avant même que vous soyez député, le riche, forcément, c'est le grand méchant loup, le diable, etc. Oui, c'est vous. Elle vous le dit aussi dans un...
Je vous mettais des mots dans ma bouche que je n'ai jamais prononcés. Qu'il y a une certaine décence dans la société. Qu'on soit tous, si on veut de la fraternité, il faut un relatif degré d'égalité, et qu'on soit tous sur le sol commun. Qu'on mette en œuvre, je vous l'ai dit, cet article de la Déclaration des droits de l'homme, les distinctions sociales ne peuvent reposer que sur l'utilité commune.
Jordan Bardella.
Qu'est-ce que ça fait d'être à 29 ans un apparatchik ? Finalement, d'avoir, si jeune, déjà coché toutes les cases du parfait politicien, et y compris l'emploi fictif.
On va lui poser la question, on dirait que c'est pour un ami.
Oui, on dirait que c'est pour un ami.
Au pays de glandus, d'assistés, de fainéas, c'est cette petite phrase signée Sarah Sandman, la juriste et chroniqueuse d'RMC de CNews, qui lui a donné l'idée de son nouveau film. François Ruffin lui a proposé de vivre la vie d'une aide-soignante, d'un livreur, d'un manutentionnaire. Pendant quelques jours, des métiers éreintants payaient à peine le SMIC. Ça donne un documentaire sensible, social et politique qui s'appelle Au Boulot, et qui est en salle depuis mercredi. François Ruffin, Sarah Sandman, mais aussi Louisa Areb, auxiliaire de vie, l'une des héroïnes de ce film, sont avec nous ce soir.
François Ruffin, ça fait 7 ans que vous êtes député, vous avez été réélu de justesse aux dernières législatives, mais vous n'avez jamais abandonné votre casquette de journaliste et de documentariste. On rappelle que vous avez sorti Merci Patron, il y a 8 ans. César du meilleur film documentaire, mais aussi Debout les femmes, vous avez reçu pour ce film-là. J'avais beaucoup aimé, ça a raconté la vie des auxiliaires de vie. Et là, au cinéma, depuis mercredi, ça s'appelle Au Boulot, que vous réalisez avec votre complice habituel, Gilles Perret, et vous êtes avec les deux protagonistes, deux des protagonistes, deux des héroïnes de ce film, Sarah Sandman.
Vous êtes chroniqueuse régulière sur CNews, vous êtes juriste également, et Louisa Areb, vous êtes auxiliaire de vie à Saint-Étienne. Et toutes les deux, vous rayonnez, c'est vrai, dans ce documentaire, vous n'êtes pas les seules. Je pense aussi à Nathalie, qui est bouleversante. Vraiment, ceux qui vont voir ce film-là, je voulais juste penser à elle, parce qu'elle est absolument bouleversante. Femme de chambre, qui a été au chômage, qui a retrouvé du travail, elle m'a bouleversée.
Votre idée, c'est d'amener une grande bourgeoise de droite libérale, c'est comme ça qu'il vous définit, c'est pas moi qui le dit, c'est lui qui le dit comme ça, vivre la vie pendant quelques heures, quelques jours, pardon. Non, vous avez d'une auxiliaire de vie, d'un livreur, d'un manutentionnaire, d'un ouvrier. Et l'idée, vous l'avez eue sur le plateau des grandes gueules de RMC, quand vous entendez, vous faites partie d'un débat ensemble, et vous entendez Sarah Salman dénoncer les feignasses, les assistés, qui ne veulent pas lever leurs fesses de leur canapé, bande-annonce.
Mes impôts n'ont pas à payer la médiocrité de ceux qui ne veulent rien foutre. Un rume, une angine, et on ne va pas bosser, mais c'est quoi ces gens qui foutent rien ? C'est quoi ces glandus, ces assistés, ces feignasses ?
Je viens ici pour une invitation amicale à madame Salman, que vous veniez vous installer pendant un mois, deux mois, avec le SMIC. Ce que je veux faire, c'est la réinsertion sociale des riches.
Ce n'est pas un gros croque-monsieur, c'est un croque-monsieur raffiné à la truffe, aucun rapport. 30 secondes, 30 secondes, accélère, accélère. Les talons, finalement, peut-être que ce n'est pas si approprié, c'est peut-être un peu inadapté.
Vous pouvez me faire servir par la grande bancho, vas-y.
1880 coups bas, non, ce n'est pas bien. Emballer des poissons toute la journée, je ne vois même pas comment on peut dire que c'est un métier passion. Passion, on n'a pas ça, on n'a rien, on n'a pas essayé.
Le fin où il a dû vous convaincre, vous draguer un peu pour que vous acceptiez. Vous draguer professionnellement ? Oui, alors, vous avez quand même une petite complicité, tous les deux. Quand on regarde le film, il y a un peu de dragouille, je trouve.
Ah non, non. Ça, vous voyez du cul partout, en fait. C'est ouf, ça. C'est bien dans le couloir où vous avez vu des lames. Moi, je n'ai rien vu. Moi, je n'ai rien vu de ça.
Ah non. Au début, j'étais chroniqueuse aux grandes gueules avec Alain Marshall, Olivier Truchot. François Ruffin me fait cette proposition et moi, je me dis, bon, encore un élu qui veut buzzer sur les réseaux sociaux, mais je ne me dis pas du tout que c'est sérieux. Donc, je rentre chez moi, vous m'écrivez un SMS auquel je ne réponds pas. Second SMS, je vous ai écrit un SMS, merci de me répondre. Et ensuite, vous m'envoyez ce DVD, c'est Debout les Femmes, à mon cabinet, que je regarde et je réponds. Merci beaucoup. J'ai beaucoup aimé le film, mais pour autant, je ne souhaite pas participer. Voilà, c'est le début. Donc, il a ramé. Oui, il a ramé.
J'avais beaucoup de personnes autour de moi qui me disaient, surtout, ne le fais pas. Et plus on me disait, ne le fais pas, plus j'avais envie de le faire. Mais quand les idées sont bonnes, oui. Parce que c'est François Ruffin.
Et alors ?
Le diable.
On m'a dit, ça pue l'embrouille. Vraiment, c'est, ne le fais pas. Et il y avait une embrouille ou pas ?
Non, non, non. Moi, on voyait Debout les Femmes parce qu'au cœur du film, il y avait le député macroniste Bruno Bonnel, qui au départ apparaît comme étant un entrepreneur arrogant, méprisant, et qui s'humanise au fil du film pour lui dire, voilà, moi, je ne viens pas pour humilier les gens dans mon film.
Ceci dit, votre co-réalisateur, Gilles Perret, il ne veut pas de Sarah Sandman. Vous avez galéré, il vous dit, ce sont les termes qu'il emploie, il vous dit, il est hors de question qu'on fasse un film avec cette bourgeoise méprisante, arrogante, qui achète un collier Lagerfeld à son chien. Pas Lagerfeld, c'était la gamelle. La gamelle ? C'est pas pareil.
C'est pas pareil. Non, c'était une gamelle Lagerfeld, il n'y a aucune précision.
Après, moi, je veux dire que le film, on l'avait quand même avant la rencontre avec Sarah Sandman, largement. On prévoyait un film qui était errance dans notre France, quelque chose comme ça, qui en fait revenait sur la déclaration du président de la République, en déclarant qu'il faudra se rappeler que notre pays tout entier repose aujourd'hui sur ces femmes et ces hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal, et que derrière, on n'a vu ni reconnaissance, ni rémunération, puisqu'au contraire, il y a eu l'inflation qui est venue grever les petits salaires et le choix de faire la retraite à 64 ans qui pèse sur les métiers physiques et populaires.
Et vous vouliez mettre en avant les invisibles, comme à chaque fois dans vos films, c'est le propos.
Il y a une très bonne idée, et la très bonne idée, c'est de passer par Sarah, parce que je ne veux pas lui mouiller la compresse, mais si elle n'est pas là, ça ne se passe pas pareil. C'est pas le même film. Moi, à la fois, je ne supporte pas ce qu'elle dit, et en même temps... Je ne supporte pas ce que vous dites non plus, et je prends sur moi. Elle me fait marrer, regarde.
Je t'ai dit qu'il y a une tension entre eux.
Mais la vraie question, ce que vous disiez en loge, elle me disait, mais à quel moment ils sont tombés amoureux ? C'est ça qui est vraiment, l'obsédé. Je disais, je veux savoir. Juste à un moment qui est au tout début, et qui est un moment de vérité formidable, et où elle ne peut pas s'en... Elle a une vie de luxe, elle a une belle vie, elle est à Paris, elle va dans les endroits luxueux, elle va déjeuner dans des restaurants d'hôtels, elle boit des verres dans des bars d'hôtels, elle a une vie parisienne qu'on peut connaître quand on a un peu de sous et qu'on vit dans un milieu comme le sien.
Et donc, ils se rencontrent au Plaza, ils sont à table tous les deux, elle se commande à déjeuner, elle commande un croque-monsieur, qui coûte un certain prix, on ne va pas le dire. 54 euros, une journée de boulot. Vous êtes obsédé par ce croque-monsieur. Oui, non, mais ce qui est très drôle, c'est que, bonjour madame, bonjour madame, tenez madame, voilà madame, merci beaucoup, elle est bien élevée, tac tac, le serveur s'en va et tout. Et lui, il dit, ouais, en fait, vous êtes complètement assisté. Elle dit, bah non, je ne suis pas assisté, quelqu'un qui vient, je lui dis merci, bonjour, il me sait, elle s'en va, oui, enfin, vous arrivez à la CAF, on ne vous reçoit pas comme ça.
Et là, elle éclate de rire, elle ne peut plus parler, et un peu à juste titre, parce que ça fait quand même un parallèle entre le Piazza Athénée et la CAF. Et donc, forcément, il y a un monde, je veux dire, et ça, c'est un peu ce qui ressort de ce film, et ça commence comme ça.
Oui, alors un peu poussé à outrance, mais c'est quand même un peu démago, votre vision du riche ou de la riche, pardon.
Moi, je n'ai pas de problème à faire une comédie, et donc à avoir quelqu'un qui... Elle démago et caricatural. Mais non, elle caricatural, d'abord, c'est elle caricatural, je n'ai pas choisi. C'est elle qui m'a choisi, parce que vous savez très bien que des... Si jamais ça avait été Bernard Arnault qui avait voulu partir avec moi, mais je serais parti avec lui, je lui avais déjà proposé, non, merci patron, il l'a refusé.
Étonnamment, il a refusé. À bizarre.
Donc, voilà, et je considère que dans notre pays, il y a deux invisibles. Il y a les invisibles d'en bas, mais il y a les invisibles d'en haut aussi. Au mieux, on a, en page intérieure, des échos ou de l'humanité, puisque finalement, c'est deux journaux marxistes qui nous restent dans le pays. Il y a, voilà, les 150 milliards de dividendes. Mais où ça va ? Ça ne se voit plus. Là, c'est juste par un oeilleton qu'elle nous offre à travers.
Mais celle que je voudrais entendre, c'est Louisa, qui est celle que je voudrais entendre et qui est bouleversante. Comment vous avez reçu la proposition de François Ruffin ? Comment ça s'est passé ? Il vous a dit, évidemment, vous ne saviez pas qu'il était Sarah Salmane, si ?
Si, si, si, je l'avais entendu à la radio, entre deux interventions.
Elle l'a quand même traité de fainéasse, en fait.
C'est hallucinant qu'on puisse traiter des gens qui travaillent durement, qui prennent un arrêt maladie parce qu'ils ont une angine ou autre chose, de les traiter de fainéasse. C'est inimaginable. Je ne comprends même pas que ça puisse venir à la tête.
Et donc, François Ruffin vous dit, demain, Sarah Salmane, viens faire ta vie, jouer ta vie. C'est ça qu'il vous dit ?
J'ai un petit peu hésité, j'avoue, un petit peu, pas très longtemps, mais un peu. Et puis, j'ai dit, allez, on y va. Et puis voilà, parce que je me disais que c'était l'occasion aussi de mettre en valeur les auxiliaires de vie, les 500 000 auxiliaires de vie de France. Vous dites que vous avez accepté pour vos collègues, pour les mettre en valeur.
Et cette femme n'est que bienveillance et générosité et ne parle que des autres. C'est-à-dire que cette femme vit pour les autres. Cette femme a un métier, une vie très dure pour les autres.
Combien vous gagnez ?
Il n'y a rien pour elle.
Combien vous gagnez par mois ?
Hors mes frais de mes remboursements kilométriques, parce que j'utilise ma voiture et je passe à la pourpaissance avec ma carte bleue,
910 euros. 910 euros. Et ce qui est fou, c'est que vous donnez énormément. Il y a notamment cette scène avec ce vieux monsieur que vous avez visité, que vous l'avez, à qui vous parlez. On voit aussi la solitude de ces personnes-là. Et quand François Ruffin vous demande si vous aimez votre métier, voilà ce que vous répondez.
Est-ce que tu es fière de ton métier ?
Ah ouais, mais alors où ? Tu vois, je dois encore avoir un édame. C'est le plus beau métier du monde. Je veux dire, on aide aux gens, on arrive, ils sont tristes, on repart, ils ont la banane. C'est la folie, quoi. Je m'en fous d'avoir à nettoyer des escrivains, je m'en fous, ça ne me gêne pas. Ça ne me gêne pas du tout. Leur bien-être, c'est ce qui m'apporte le plus facile. Ce n'est pas toujours évident. Non, ce n'est pas facile. Parce qu'on a cette fameuse charge émotionnelle aussi. Parce qu'il nous faut du temps, après une journée de travail, rentrer à la maison, essayer de se vider la tête, parce qu'on ne vit pas des choses faciles tous les jours.
Mais en fait, avec ce film, je me suis encore plus rendu compte de notre utilité. On a la tête dans l'idon, on fait ça tous les jours. On aime notre métier. Quelle chance, madame, vous avons d'être à vos côtés. Bien sûr. Merci.
On pleure avec vous quand vous dites ça, mais il y en a une autre qui pleure. C'est Sarah Sandman, qui après, sort de la chambre et on regarde.
Il n'y a pas quand même le chambre.
Bien sûr que si.
Ah non, ça, vous le coupez, ça, je ne veux pas.
Écoute, bien sûr que si. Est-ce que tu sens une injustice ?
Non, mais je veux pas, je veux pas me piquer comme je suis là.
Une des plus belles scènes du film. Et du coup, depuis ça, c'était quoi ? Il y a quelques mois, cette scène-là, tout ce qui s'est passé. Du coup, vous parlez encore de Fénia, c'est d'assister ?
Ah non, non, j'ai supprimé ces mots de mon vocabulaire. J'ai réalisé à quel point j'avais déconné et je me rendais pas compte. Mais Louisa, ça a été celle du film qui m'a le plus touchée. Vraiment.
Pourquoi ?
Parce que c'est une telle sincérité, un tel dévouement. En fait, vous sacrifiez votre vie pour celle des autres, finalement. Et je me dis, mais je suis complètement débile de dire des trucs comme ça. Mais pourquoi vous avez changé la vie ?
Au début du film, vous dites, et c'est une phrase qu'on entend souvent dans votre bouche ou dans celle d'autres personnes, vous dites à François Ruffin, qui vous dit, mais pourquoi tu les traites d'assister ? Vous dites, mais enfin, dans la vie, on se prend en main, on choisit sa vie.
C'est ça que vous pensiez ? Oui, je me disais, j'avais surtout cette phrase, c'était, bon, 1300 euros, c'est déjà bien, c'est bon, ils ont un travail, bon, ça va. Ça, je l'avais dit, maintenant, je le redirai plus parce que c'est 1300 euros. Vous, c'est un métier passion et c'est votre chance. On l'a vu aussi dans le film, l'usine de poisson, c'est, vous vous levez à 4h du matin, on commence à 5h, il fait très froid.
Alors, Louisa, est-ce qu'il y avait un plaisir pour vous, presque une revanche, à l'avoir récuré les chiottes ? Ah oui, quand même.
J'avoue, Léa, que l'image est fort.
J'avoue quelque chose, parce qu'en fait, le film, on l'a tourné, c'était une vraie intervention, mais comme mon employeur ne m'avait pas donné autorisation, je l'ai fait sans l'autorisation de mon employeur, donc on s'est arrangé, j'ai eu une collègue qui était passée avant et je l'avais appelée le matin en lui disant, « Non, mais alors surtout, tu ne touches rien, tu laisses la chaise peau pleine, tu laisses... »
Est-ce que vous avez une vie, à votre avis, dans le sol, un peu hors sol, dans le temps ?
J'ai quand même fait beaucoup de boulot étudiant et contrairement aux apparences, je n'ai pas été sous perfusion d'argent, loin de là. Je vous ai dit, là où François Ruffin a entièrement raison, il dit que si c'était que Sarah Salman, ça ne poserait pas de problème, c'est qu'il y a beaucoup de gens comme moi, vous reprenez le gouvernement, celui-là, le précédent et le suivant, ils sont encore plus déconnectés que moi, mais vous vous expliquez qu'ils sont connectés. Donc en fait, ce n'est pas que moi qui pense comme ça, on est beaucoup à penser ainsi et c'est souvent, malheureusement ou pas, ceux qui sont à la tête de prendre des décisions. Mais est-ce que ça...
On a rempli ça avec des tableaux acceptés, on vous le dit, si je me trompe.
Sarah, est-ce que ça a bouleversé...
Alors, on sent que vous êtes émue, mais est-ce que ça a bouleversé votre conception du politique au sens large ? Oui.
Est-ce que vous allez voter différemment ? Est-ce que vous allez vouloir payer plus d'impôts ? Est-ce que ça change quelque chose ?
On va déconner. Non, alors, elle ne va pas voter pour vous.
Est-ce que je pense que c'est le but du film de François Riffin ?
Est-ce que j'ai envie de payer plus d'impôts ?
Pas envie, mais oui, peut-être envie, oui. Accepté en tout cas.
Non, non.
Non plus.
Non, vous restez de droite et libéral, économique. Ultra libéral. Ultra libéral. Mais vous arrêtez de dire Fénia s'est assistée. C'est ça qui a changé. Ah oui, c'est sûr. Et quand le livreur Amazon m'appelle, je lui dis pas repasser dans 5 minutes. Maintenant, je descends.
Je vais pas refaire un deuxième film, mais bon.
Donc, vous avez raté. Oui, oui. Et vous, votre réinsertion sociale est riche, vous êtes complètement foiré aussi.
L'arrogance. Il en a été un peu dix minutes. La réinsertion sociale est réunie. Non, mais je prends les choses sérieuses. Excusez-moi, mais vous savez, je suis... J'ai quand même ma casquette de député et d'homme engagé, même au moins de là de ça. Alors, je trouve que c'est très bien d'avoir applaudi. Vous avez raison de dire qu'on a la chance d'avoir Louisa à nos côtés et d'avoir 500 000 Louisa dans le pays. Maintenant, pour moi, c'est un scandale. Et c'est un scandale profond. Pas que pour vous. Mais oui, mais... Pas que pour vous. Je ne dis pas. Mais maintenant, qu'est-ce qu'on fait pour que ça change ? Est-ce que... Oui, on prend 10 milliards en haut.
Il y a eu 150 milliards d'euros de bénéfices qui ont été distribués le mois dernier. Est-ce qu'on prend 10 milliards d'euros pour les donner sur une loi à grand âge qui permettra que les soignants à domicile, mais aussi dans les EHPAD, ils soient payés correctement ? Cette loi a été proposée ? Ils aient du temps, ils aient moins de mal aux épaules, qu'on ne leur demande pas de courir. La loi a été proposée ? Oui, oui, oui. Pour l'instant, enfin voilà. Elle est où ? Donc, je le redis. Enfin, moi, je suis là. Vous savez, c'est la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui dit que les distinctions sociales ne peuvent reposer que sur l'utilité commune.
L'utilité de Louisa, elle est là, tout le monde en est persuadé. Maintenant, il faut que ça change dans la société. Pardon, François, je vous ai entendu avec Léa et Laurent Roquet il y a 3 ans et vous m'aviez beaucoup ému et vous aviez ce discours. Il ne s'est rien passé. Mais non. Donc, quand vous parlez de loi, comment fait-on techniquement pour que cette putain de loi pour ces gens qui ont besoin d'argent passe et qu'on prenne... Non, mais on n'est pas dans des problèmes techniques, M. Chavann. Oui, mais vous parlez de ça. Non, on est dans du problème d'argent.
Quand on a le président de la République qui vient à Amiens et que je lui présente des Louisa de mon coin, d'accord, il me dit, ah, vous êtes des saintes, c'est une vocation. Mais si on présente ça sur le plan de la sainteté, on n'a pas à payer. Donc, moi, je dis, soit... Et ça a été proposé. Il faut 10 milliards d'euros pour une loi grand âge qui permette qu'on puisse rémunérer... Mais sinon, comment on va s'occuper de nos parents, de nos grands-parents, de nous-mêmes demain ?
Louisa, si vous aviez Emmanuel Macron, là, sur ce plateau, vous lui diriez quoi ? Vous lui demanderiez quoi ?
Je lui demanderais, la première chose, à un vrai statut. On n'a pas de statut. Voilà. L'aide à domicile, ça englobe mille métiers. Voilà. Nous, on est auxiliaires de vie. On a une fonction qui est bien définie, au même titre que nos collègues en EHPAD, au même titre que les aides-soignantes et les infirmières à domicile. Nos salaires sont financés par de l'argent public. Donc, il nous faut un statut.
Et vous lui demanderiez aussi de récurer les chiottes, un peu, quand même.
Oui, un petit peu, oui. Je pourrais le rappeler.
Il y a une obsession des riches chez vous, comme le riche, depuis toujours, depuis avant même que vous soyez député, le riche, forcément, c'est le grand méchant loup, le diable, etc. Elle vous le dit aussi dans un...
Vous mettez des mots dans ma bouche que je n'ai jamais prononcés. Il y a une certaine décence dans la société. Qu'on soit tous, si on veut de la fraternité, il faut un relatif degré d'égalité, et qu'on soit tous sur le sol commun. Qu'on mette en œuvre, je vous l'ai dit, cet article de la Déclaration des droits de l'homme, les distinctions sociales ne peuvent reposer que sur l'utilité commune. Qu'on n'ait pas une société qui soit tirée des deux côtés. Il y a 25 ans, à la naissance du Clashman Challenge, les 500 premières fortunes françaises pèsent 5% du PIB. C'est 20% à l'arrivée d'Emmanuel Macron. Pour voir, c'est 40% aujourd'hui.
Donc, moi, ce que je souhaite, c'est simplement, au contraire, que les riches appartiennent pleinement à la société, qu'ils n'aient pas de difficulté à payer des impôts, parce que ça valait pour nos hôpitaux, ça valait pour notre école, ça valait pour notre police, ça valait pour notre justice, et ça valait pour Louisa.
Alors, après, on va dire la vérité aux téléspectateurs, vous êtes un peu fâchés tous les deux.
Il n'y a pas de problème de dire ça.
Non, mais c'est-à-dire qu'il y a quelque chose, moi, téléspectatrice, j'ai un peu été étonnée.
Elle a disparu de la fin du film.
Elle disparaît, c'est quand même le personnage principal du film, le fil rouge du film, l'idée à l'origine, Sarah Salmane, et puis, tac, un quart d'heure avant la fin du film, elle disparaît. Pourquoi vous la faites, vous la cancelez ?
Vous savez que le 7 octobre, j'ai réagi avec clarté quand il y a eu les massacres qui ont été commis dans les kiboutts israéliens, et j'ai dit à ce moment-là que c'était des actes terroristes commis par le Hamas, qu'une vie valait une vie, que les larmes d'une mère israélienne valaient les larmes d'une mère palestinienne.
Pourquoi vous l'avez virée ?
Parce que je ne peux pas faire un film humaniste ici et ne pas l'être là-bas. Je veux simplement, depuis un an, on n'a jamais entendu Sarah Salmane avoir un mot d'empathie pour les enfants à Gaza. Est-ce qu'elle est capable, ce soir, d'avoir un mot d'empathie pour les enfants à Gaza, pour des hôpitaux détruits, des gens qui se font opérer sans anesthésie ?
Sarah Salmane, je ne sais pas si vous avez un mot pour les enfants palestiniens, mais comment vous avez vécu le fait d'avoir été virée du film à cause de votre soutien indéfectible à Israël ?
Je ne l'ai très mal vécu parce que je ne voyais pas le lien de causalité entre le film et le conflit israélo-palestinien. Moi, je ne le voyais pas.
Vous tourniez à ce moment-là pour que les gens comprennent.
Oui, oui, mais je ne voyais pas vraiment le rapport. Après, bon, c'est... Et donc, vous l'avez appelé, vous lui avez dit, tu dégages. On lui a expliqué.
Non, c'était en face. Je l'ai fait en face, face à face.
Mais vous l'avez demandé à tous les gens du film, ça ?
Pardon ? Vous avez posé la question à tous les gens du film. Non, mais excusez-moi, mais...
Moi, j'ai une position publique.
Tous les gens du film n'ont pas des propos tenus à la télévision de manière régulière sur un soutien à un Benyamin Netanyahou qui, pour moi, est devenu fou et qui tue et qui met...
Qui a commencé le 7 octobre ?
Mais le 7 octobre, moi, je me suis exprimé avec clarté. Je demande une position humaniste. D'accord ?
Mais vous avez quand même accepté ce soir de venir, à côté de François Ruffin, faire la promo.
Vous savez, moi, je ne suis pas sectaire. Ce n'est pas moi qui ai voulu disparaître du film. Moi, quand il y a des gens qui pensent différemment de moi, je confronte les idées. Je ne dis pas, non, vous partez. Mais ça, c'est... Après, je respecte sa position.
Est-ce que c'est la décision de dire, je ne peux pas continuer à te mettre en valeur après ce que tu dis sur Israël et ce que tu ne dis pas sur les Palestiniens ?
En tout cas, je l'accepte parce que je n'ai pas le choix. Après, est-ce que je la comprends ? Moi, je ne fais pas de politique et je n'ai pas envie d'en faire. Donc, ça me confère, je crois, une plus grande liberté. Et donc, vous n'êtes pas capable de dire les attentats du 7 octobre ont été terribles, etc. Et dans le même temps, ce qui se passe à Gaza est aussi terrible. Vous ne pouvez pas dire ça. Je peux dire que tout a commencé le 7 octobre et qu'Israël a été victime le 7 octobre. Ça, je peux vous le dire. Et que quand on est victime, on se défend. Et qu'Israël a le devoir de se défendre. Oui, je peux vous le dire.
Donc, vous n'êtes pas capable de dire... Vous n'êtes pas capable de dire... Que ce qui se passe, c'est un brame.
Concernant les civils palestiniens et Gazaouis, évidemment que je peux déplorer ce qui se passe.
Non, ce n'est pas « je peux ». C'est déplorable.
C'est déplorable. Ils n'y sont pour rien. Ce sont des civils. Mais est-ce que c'était le sujet du film ?
Je le redis. Je ne peux pas être humaniste ici et ne pas être là-bas. Et je ne vais pas faire un deuxième film avec Sarah à Gaza.
Les gens iront voir le film et verront qu'à un moment,
à 15 minutes de la fin, elle disparaît. Mais vous n'avez pas livré la fin, néanmoins. Ah non, je ne veux pas livrer la fin.
On ne va quand même pas spoiler la fin.
On peut dire que c'est festif.
C'est festif. Louisa achète une Ferrari et elle roule au Plaza Athénée.
Léa, est-ce que je peux poser juste une dernière question à Sarah et François ? Qu'est-ce qu'on fait pour les faire part à la pièce montée ? Parce que moi, je prends un peu d'avance pour le mois de juillet. Et voilà, je veux savoir. Qu'est-ce qu'on fait ?
Là, tu es un peu compromis.
Quel traiteur ? Quel traiteur ? Le nôtre ? Voilà, c'est pas. Vous pouvez être un problème directement, là.
François Ruffin, on est content de vous avoir ce soir parce qu'on était inquiets. Depuis la législative, on ne vous a pas vus. On était à deux doigts de lancer une alerte enlèvement. Où était passé François Ruffin ? Alors, il paraît que vous aviez besoin de respirer loin du foutoir de la politique. On a parlé d'un méchant coup de spleen. On a dit François Ruffin, il est cramé, il est lessivé psychologiquement, il n'a pas supporté son divorce avec Mélenchon. Comment ça va ?
Ça me fait beaucoup de divorce pour ce soir. Ça va très bien. Vous savez, ce n'est pas parce qu'on disparaît des médias parisiens qu'on ne continue plus à exister à l'égard des militants locaux, de la presse régionale, du terrain.
Vous avez déclaré dans le monde que 2027 est une carte qui est sur la table. Ça veut dire tout et rien.
Vous savez, c'est ce que je dis depuis des années. Oui, c'est une carte qui est sur la table. Évidemment, à gauche, c'est possible. Maintenant, vous savez, mon obsession le matin, c'est comment je défends les Louisa du pays. Et comment on fait pour que ça change ?
C'est une déclaration de combinature ?
Non, ce n'est pas une déclaration de combinature, mais je voudrais qu'on ait un président qui soit obsédé par cette question-là et qui se demande comment on fait pour que ceux qui tiennent le pays debout obtiennent pour de bon reconnaissance ces rémunérations. Ce serait épatant, en vrai.
Vous l'êtes. En fait, j'aurais pu être première dame.
Je vous invite. Photo call. Emmanuel Macron, quelles questions vous lui poseriez ?
Est-ce qu'il se rend compte le désordre ? Dans quel état il a mis notre pays depuis 7 ans ?
Bruno Retailleau.
Est-ce qu'il entend... Vous pouvez lui parler à lui. Est-ce que vous entendez, M. Retailleau, comme je l'entends dans les quartiers, les habitants qui demandent non pas une police qui passe, mais une police qui reste ?
Marine Le Pen.
Est-ce que, finalement, la justice est toujours aussi laxiste ?
Réponse dans quelques jours, son procès. Jordan Bardella.
Qu'est-ce que ça fait d'être à 29 ans un apparatchik ? Finalement, d'avoir, si jeune, déjà coché toutes les cases du parfait politicien, et y compris l'emploi fictif.
On va lui poser la question. On dirait que c'est vous.
Oui, on dirait que c'est pour un ami.
Parlons d'amis. Jean-Luc Mélenchon.
Quelle trace tu veux laisser dans l'histoire ? Et puis, quand est-ce qu'on se fait une bouffe ?
Ce n'est plus un boulet.
Vous savez, moi, je discute avec tout le monde. Mais il est évident que...
C'est vous qui avez dit que c'était un boulet. Pardon, on a l'image. On a l'image. Vous vous dites quand est-ce qu'on se fait une bouffe. Voilà ce que vous disiez il y a trois mois.
On a vécu trois semaines dures parce qu'on a un boulet. Je veux dire, vous regardez, vous l'avez entendu, quoi. C'est Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon comme obstacle au vote. Déjeuner avec un boulet, c'est relou. C'est le fameux boulet du dimanche minif. Pas mal. Le boulet du dimanche. Pas bien. Non, j'ai critiqué. Il me semble que je dis avec clarté et netteté ce que j'en pensais. Maintenant, je construis. Et je construis...
Mais vous construisez avec Jean-Luc Mélenchon ?
Non, je construis aujourd'hui avec Louisa. Oui, mais il y en a quelques-uns. C'est pas Mélenchon.
Ne faites pas de facilité.
Mais si, mais si. Qu'est-ce qu'on veut faire de notre pays ? Vous croyez que ça va recommencer juste par la course de petits chevaux en haut ?
Mais bien sûr que ça va commencer avec la course de petits chevaux. Et Jean-Luc Mélenchon, vous le savez très bien, vous le connaissez mieux que moi, qu'il est dans les starting blocks. Vous le soutiendrez s'il y va ?
Là, vraiment, on n'en est pas là. On n'en sera pas là.
Olivier Faure.
On n'en est pas là.
Marine Tondelier.
Quand est-ce qu'on va à Bollard ensemble ?
Une question à Sarah Salman.
Je lui reposerai encore. Est-ce que tu peux faire montre d'empathie à l'égard des enfants de Gaza ?
Une question à Louisa Areb.
Est-ce que tu es prête à devenir une ministre des Solidarités ?
Oui.
Est-ce que tu es utile à vivre et à rêver ? Julien Clerc. Oui, c'est Julien Clerc. C'est une chanson qu'on voulait mettre dans notre pays.
Oui, on n'a pas réussi.
Utile, pour moi, c'est le mot, l'utilité sociale. C'est un mot de notre film. Et malheureusement, le fils de celui qui a écrit la chanson n'a pas voulu nous donner les droits. Rodagy, là ? Oui, le fils d'Étienne Rodagy n'a pas voulu nous donner les droits. Il n'a pas de chanson sur le Chili.
Au boulot, le film s'appelle...
Notre femme invisible à nous. Oui, oui, oui. Ah, vous la connaissez ? Je regarde votre émission, oui. Vous la connaissez ?
Elle est là.
Merci d'être avec nous ce soir. Alors, par contre, sauf erreur de ma part, vous n'êtes tout invisible. On vous voit carrément là. Ah merde, vous me voyez là ?
Oui, là, on vous a vu le faire... Ah merde, on est quel jour ? On est samedi. Ah, c'est pour ça que je ne bosse pas le samedi. Oui, je suis à mi-temps, je bosse un jour sur deux. Du coup, je suis invisible 15 jours... Je n'ai rien dans le nez ? Non, ça va. Non, ça va. Vous me dites, il y a des gens qui ne vous disent pas. Tu vois, quand tu as un truc dans le nez, je n'ai rien.
Si.
Oh merde, c'est vrai ? Tu en rêves ?
Non.
Vous voulez que je vérifie pour vous, Léa ? Non, ça va. Non, elle ne veut pas. Vous n'avez rien, Léa. Voilà, je vous le dis. Vous décrochez à la base. Moi, je vous appelle ça un petit miquet. Vous êtes chic, mais je crois que vous êtes fan de Louisa Areb. Oui. Louisa, je vous ai découvert dans le film de François Ruffin, dans lequel vous êtes mise en lumière. Vous faites partie de ce qu'on appelle les invisibles. Ces personnes si essentielles à notre société et pourtant trop souvent ignorées. Et pour cette raison, je vous ai dédié quelques lignes. Tu es d'autant plus admirable quand tu es visible. À la lueur de cette galère, ta bonté est indicible.
De celle que tu ne revendiques pour tant guère, l'humilité autour du cou, mais tu peux être fière. À toi et à toutes les Louisa qu'on ne voit pas. Ici, celui qui travaille dans l'ombre s'appelle Dama. Il a briqué ce plateau pour nos yeux et nos céans, vidé les poubelles de nos loges loin des écrans. Cumuler deux boulots, car un seul ne suffit pas. Se lever très tôt, dans les regards affronter le froid. Gare à celui qui n'avait qu'à faire des études, sous le mépris d'une époque dénuée de mon suétude. Toi, tu fais sourire nos pépés et nos mémés. C'est ce qu'il y a de plus joli dans leurs yeux égarés.
Chercher à être utile, c'est se sortir de soi-même, quitte à s'abandonner pour anesthésier nos problèmes. Cette pénibilité qui assomme les épaules honteuses devrait te valoir une retraite révérencieuse. Certains trouveront ce discours bien trop démago. Les détracteurs adorent déplacer l'imbroglio. Je n'ai pas le dixième de ton courage sous le pied. Petite péteuse que je suis, on me maquille les trous de nez. Merci d'être là où la société joue le déni. C'est un honneur d'être face à toi, guerrière de la vie.
Ah oui, ça m'a plu, je suis prête à revenir. On vous réinvite avec grand plaisir.
Merci à vous, Louisa.
François Ruffin