Avec 41 démissions par mois, le mandat des maires est-il en grand danger ?
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Les vraies voix Sud Radio, le code projecteur des vraies voix. Le maire, c'est celui, comme aime bien le dire Gérard Larcher, qui est à portée de baffe. On a des maires qui, par rapport à ça, se sentent relativement délaissés.
Ils se sentent seuls. Ce sont les derniers fantassins de la République.
Si on démissionne en masse, c'est qu'il y a vraiment un problème. Et là, on a vraiment l'impression qu'on sert à rien, en fait. Pourquoi rester si on ne nous écoute pas ? Quand on veut exercer de façon la plus consciencieuse professionnelle ses mandats, et si on veut aussi assurer une vie de famille de qualité, évidemment qu'il y a des choix à faire et personne n'est capable de le faire aujourd'hui. Donc en l'occurrence, moi aujourd'hui, j'ai mis de côté ma vie professionnelle.
Un découragement qui risque de poser problème lors des prochaines élections municipales, ce sera en 2026. La démission des élus de plus suliens pourrait fort bien faire école. Et une moyenne de 41 maires rendent l'écharpe chaque mois en France, soit environ 2400 démissions depuis la dernière municipale, soit 57 000 sièges de conseillers municipaux sont aujourd'hui vacants. L'association des petites villes et des maires de France qui dit craindre un crash démocratique, un blackout territorial, faute de volontaires, lors des prochaines municipales, Philippe. Alors parlons vrai. Comment expliquer ce grand mouvement de démission des maires ?
Craignez-vous qu'on manque de candidats dans un an et demi ? Comment voulez-vous revaloriser leur statut, leur considération, leur rémunération ? Venez nous le dire au 0826 300 300 et à cette question. 41 démissions par mois, le mandat des maires est-il en grand danger ? Vous dites oui à 87%. Et David Lissnard, je vous l'avais dit, est avec nos présidents de l'association des maires de France et maires de Cannes. Merci d'avoir accepté notre invitation. Ici, la thématique de ce congrès des maires, le 106e, c'est les communes, trois petits points, heureusement.
Donc c'est le moment aujourd'hui où tout le monde se réunit, où on peut parler, où on peut échanger, et peut-être on peut peser sur le gouvernement.
Oui, bien sûr, c'est toujours un grand moment, et on bat tous nos records d'abord d'adhésion à l'association des maires de France. On représente 99% des communes aujourd'hui, c'est historique, des intercommunalités aussi, et un moment d'expression très très fort. Et les communes, heureusement, oui, les communes, heureusement pour les écoles, les communes, heureusement pour les crèches, les communes, heureusement pour entretenir les routes, pour déneiger les routes quand il faut, les communes, heureusement pour enlever les déchets, les communes, heureusement pour l'action sociale. Mais encore faut-il qu'il y ait des communes.
Et ce qui me frappe, moi, dans tous les débats qu'on a depuis des années, c'est qu'on alerte sur ce qui va arriver. C'est en train d'arriver le mur budgétaire, qui est dû à la centralisation excessive, le découragement civique, et que la France a pourtant en elle une potentialité de renouveau civique prodigieuse. On est vraiment... Vous savez, c'est comme dans le film de Woody Allen, Matchpoint, la balle de tennis, elle peut tomber d'un côté ou de l'autre. Du côté de l'effondrement, de la violence, du désengagement ou du côté du renouveau. Et ce que l'on essaie de dire, c'est que les solutions, elles sont dans la vie réelle. La commune, c'est la vie réelle.
C'est la stabilité, peut-être ?
Oui, c'est à la fois la permanence de la France, mais c'est aussi une France de l'innovation. Ce que l'on voit dans le salon ici, qui est peu dit dans le langage habituel, médiatique, c'est qu'en fait, mais vous, vous en faites souvent l'écho d'ailleurs, et je vous en remercie, mais c'est que beaucoup d'innovations environnementales, organisationnelles, la recherche de la performance locale, on a toujours les exemples des quelques collectivités qui peuvent être mal gérées, parce qu'il y en a, comme il y a des entreprises mal gérées.
Mais aujourd'hui, le modèle français, contrairement à tout ce que l'on croit, c'est un modèle qui correspond à une réalité historique, géographique et humaine, et qui est performant. La commune, les élus locaux, ce sont 498 000 Français, de toutes conditions, toutes origines, tous âges. 400 000 sont des bénévoles. Si demain, on n'a plus cette force civique fantastique, qui aurons-nous dans nos communes ? Qui aurons-nous sur le terrain ? Il y aura toujours le même espace à gérer, il y aura toujours les mêmes habitants à gérer. On nous signera quoi ? Des fonctionnaires, des hauts commissaires ?
Et puis ces gens-là, on ne les verra plus sur le terrain, et on amplifiera les fractures territoriales. Et c'est pourquoi j'avais dit, attention, à force de dénigrer l'engagement communal, l'engagement des collectivités, à force de nous empêcher de bosser par une bureaucratie délirante, je me retrouve beaucoup dans ce que disent beaucoup d'agriculteurs, mais j'ai connu ça aussi dans le commerce.
C'est ce que disent les policiers, c'est ce qu'ils disent...
Ce qu'on dit partout, dans les procédures, je peux vous citer des exemples, mais dingue, dingue. Si on continue comme cela, quelle France on va proposer ? Le XXIe siècle, c'est le siècle de l'agilité, c'est le siècle de la souplesse. Aux États-Unis, ils font un ministère de l'efficacité publique avec Elon Musk, qui va sur Mars, quoi. Je caricature à peine. Nous, en France, on a le haut commissariat au plan, quoi. Je veux dire, qu'est-ce que l'on veut ? Donc, la solution, elle est dans la force civique, elle est dans l'ordre spontané. Quand on n'a pas de retour, d'ailleurs, sur la commission, on ne sait pas trop ce que c'est. Il y a un retour budgétaire, puisque ça coûte de l'argent.
Non, mais c'est vrai que ce que dit David Lysnard, les Français nous le disent dans nos enquêtes, c'était notre débat précédent, le maire, c'est l'élu de confiance. David Lysnard part de stabilité, ça se voit même électoralement. On va bien sûr, en 2026, s'intéresser aux villes qui peuvent basculer dans un camp ou dans un autre. Mais l'histoire des élections municipales, c'est l'élection où on garde les sortants. Ce n'est pas l'élection où on sort les sortants. Je donne souvent cet exemple. Même en 2014, il y a une dizaine d'années, quand la gauche avait perdu énormément de villes. 170 villes de plus de 10 000 habitants. Ce chiffre impressionnant.
Ramener au nombre de villes de plus de 10 000 habitants, c'était 70% des maires qui avaient été reconduits. Pourquoi ? Parce que, ça a été dit, les maires, c'est l'oxygène de notre démocratie. Mais le souci, c'est qu'il y a désormais une telle étanchéité entre la sainte politique, la locale et la nationale, fin du cumul des mandats, et entre parenthèses, méfions-nous des sondages là-dessus. Sur le principe, les Français restent opposés à tout retour sur le cumul des mandats, mais dans la pratique, quand dans une ville dans laquelle l'IFOP travaille, je pose la question suivante, votre maire, M.
X, était par le passé député maire, était-ce une bonne chose pour la vie dans votre ville, pour son attractivité, pour la faire avancer les dossiers ? On a bien sûr trois quarts de oui. Donc effectivement, cette crise des vocations pour être conseiller municipal, dans cette petite ville française, c'est un vrai danger pour notre vitalité démocratique. Philippe Bilger. Bon cher David, moi je vais encourir vos foudres, hein, parce que... À vos risques, c'est terrible. Oui, absolument. Le maire de Cannes, le président de l'Association des maires de France, deux fonctions prestigieuses, et où vous réussissez, et puis il m'arrive de lire des choses, tout de même.
Notamment le dimanche, et j'ai lu deux pages très intéressantes dans la tribune dimanche. Juste une simple question, David. Est-ce que, véritablement, comme je l'ai cru, ça représente de votre part un pas de plus vers l'échéance présidentielle et vers l'affirmation de votre identité au sein des Républicains ?
On parlait de la réalité communale et de ce mandat de praticien que j'aime, parce que ce qu'il faut quand même dire, c'est que c'est le plus beau des mandats. Même s'il est difficile, même s'il y en a de plus en plus d'entre nous qui démissionnent, etc. C'est un mandat de praticien. On est habitant parmi les habitants. C'est plus une communion qu'une punition. J'utilise souvent cette expression, mais c'est une réalité. Ce que j'ai découvert, moi je viens du monde du petit commerce. Je suis passionné de choses publiques. J'aime mon pays. J'aime la France.
Et ce que je découvre dans mon expérience, j'ai eu des commerces jusqu'en 2016, mais je suis élu local depuis 2001 et je suis maire depuis 2014. C'est ce que je disais tout à l'heure. C'est-à-dire qu'on a un potentiel en France pour être l'un des pays les plus rayonnants au XXIe siècle. Contrairement à tout ce qu'on nous dit. Pourquoi ? Parce qu'on est un pays de créatifs. Et que la créativité à l'heure de l'IA, à l'heure du numérique, c'est vraiment l'avantage, j'allais dire compétitif, par rapport aux autres nations. Et j'en ai marre de voir ce gâchis de la France. Ce gâchis par le conformisme techno de gens qui sont sûrs d'avoir la science infuse et qui ne font pas confiance.
Et ce n'est pas pour contourner la question, Philippe, mais c'est que j'essaie de faire valoir mes idées, de dire que la source de création, c'est la liberté, que l'efficacité, c'est toujours la responsabilité individuelle, qu'il n'y a pas mieux qu'un agriculteur pour savoir comment on cultive la terre. Il n'y a pas mieux qu'un élu local pour savoir comment on arrive à créer une communauté locale harmonieuse. Il n'y a pas mieux qu'un commerçant pour ouvrir la boutique et savoir trouver les bons produits. Il n'y a peut-être pas mieux que vous pour animer un plateau. Oui, je vous le confirme. Quand on est... Vous, les journalistes en général, mais on est très bien ici.
Non, mais ce que je veux dire, c'est que... Et on a en France des technocrates qui... Mais c'est la faute des politiques qui leur ont laissé le pouvoir et qui essaient de réjanter toute organisation de la vie humaine. On ne peut plus curer un fossé aujourd'hui dans nos communes sans obtenir 7 ou 8 autorisations pour faire un bassin de protection aux inondations. Donc tout le monde trouve qu'il est formidable, qu'il va préserver l'écosystème, qu'il va être bien intégré. Il faut 14 ans de procédure en France aujourd'hui. Donc je mène ces idées et je me rends compte que ces idées, elles ont de l'éco. Et j'ai compris une chose que François Barouin, mon prédécesseur à l'AMF, m'avait dit.
Il m'avait dit, David, si tu veux que tes idées progressent, si tu veux attirer l'attention des journalistes, donc de venir avoir plus d'éco, il faut qu'on pense que tu peux être dans la compétition nationale. Donc si vous le pensez, tant mieux. Et je ferai tout pour que vous le pensiez de plus en plus. Donc évidemment, je prépare ardemment 2027.
Et vous y pensez donc pas qu'en vous rasant ?
Non, mais ce n'est pas non plus obsessionnel. Je ne suis pas désoeuvré. Donc heureusement, je pense à beaucoup d'autres choses beaucoup plus positives et beaucoup plus poétiques.
David Lissnard, on dit toujours que Sud Radio, c'est la radio du dernier kilomètre. C'est aussi les buralistes. Et il y a entre les maires et entre les buralistes un lien indéfectible, j'ai envie de dire. Un lien indéfectible dans la proximité, dans le lien social, dans l'animation du territoire. Je viens d'entendre, M. le Président, sur cette bureaucratie étouffante. Nous sommes un pays créatif. C'est certain, imaginatif, audacieux. Mais ces talents s'échappent de notre territoire à cause de tout ce qui pèse sur nos épaules, à cause d'une pression fiscale, à cause d'un manque d'agilité de nos administrations. Comment devenir aujourd'hui entrepreneur ?
Je suis à la tête d'un réseau de 23 000 entrepreneurs. M. le maire, vous le savez, commerçants d'utilité locale, de proximité. Nous avons ce socle commun d'aimer nos territoires, de vivre dans nos territoires. Mais qu'est-ce qu'il est dur aujourd'hui d'entreprendre, de regarder comment on peut être agile ? Parce que nous sommes sous les joues de l'administration, de réglementation, d'interdiction, sans en mesurer le moindre effet. Ce qui coupe, moi, ça fait ça va, ça fait 35 ans, plus de 35 ans que j'ai entrepris et que j'ai envie de défendre cette proximité, ces valeurs humaines, ce commerce si utile à 10 millions de Français par jour.
Mais il faut payer un prix fort au quotidien pour surmonter les serfas, les réglementations, l'administration, les contrôles, libérer les énergies, si je peux dire ainsi, M. le maire.
Bien sûr, et il faut donner de nouvelles énergies à la France, c'est le nom de mon parti politique.
Sur la décentralisation, David Lysnard, aujourd'hui, de donner plus de pouvoir finalement aux maires, c'est aussi peut-être un enjeu pour 2027 ?
Oui, malheureusement, depuis le temps qu'on propose une vraie loi de liberté locale, de décentralisation, de subsidiarité ascendante, c'est-à-dire de permettre la décision au plus près du citoyen, au plus près de l'habitant, c'est la solution pour moins dépenser, mieux dépenser et avoir des meilleurs services. La France a le record du monde de la dépense publique, on a de moins en moins de services de proximité et on paye plus d'impôts qu'ailleurs. Pourquoi ? Parce qu'on est le pays le plus centralisé et que ça ne fonctionne pas, ça n'a jamais fonctionné.
Ceci étant, l'équation politique est telle aujourd'hui que je crains que ça ne fonctionne plus, qu'on n'y arrive pas, en l'état actuel, d'avoir une grande loi de liberté locale. Vous comprenez, moi je ne défends pas une corporation, je ne défends pas les maires, moi je ne suis pas un syndicat. Nous, nous pensons que l'intérêt général, il passe par les énergies locales. Et vous disiez, on est le dernier kilomètre, moi je revendique le fait que nous sommes le premier kilomètre. Le premier kilomètre de quasiment toute l'activité.
Quand on voit bien les écoles, à part quelques exceptions, depuis que ce sont les communes qui ont la responsabilité des bâtiments des écoles, les écoles sont en bien meilleur état qu'avant. Parce qu'on rend des comptes aux habitants, on est un habitant parmi les habitants. Donc, la seule source de l'efficacité dans la durée, c'est vrai en entreprise, c'est vrai en collectivité, c'est la responsabilité individuelle. Mais pour qu'il y ait responsabilité individuelle, il faut qu'il y ait liberté d'action. Et puis d'un point de vue plus philosophique, la liberté c'est la dignité, mais c'est encore un autre sujet.
L'une de vie français chèque. Alors, le meilleur mandat, c'est vous, c'est les maires. Pourquoi ? Parce que vous êtes proche de nous, contrairement à d'autres qui s'en éloignent.
Mais on fait partie de nous. C'est-à-dire que, c'est pas qu'on est proche de nous, c'est qu'on est nous tous un maire.
Exactement.
Moi, le matin, j'amène mes enfants chez une ville de 74 000 habitants, qui est une belle ville, très prestigieuse, mais qui est une ville qui a un taux de pauvreté très élevé, 21%. C'est une ville historiquement d'immigration pauvre, on a beaucoup de logements sociaux, etc. Quand j'amène mes gosses à l'école, ou au lycée, maintenant, ou au collège, je suis un habitant parmi les habitants. Quand le matin, le dimanche, je vais faire mon footing, ou quand je vais acheter une baguette de pain, ou je vais au marché Fortville, je suis un habitant parmi les habitants. Donc, on vient... Les gens sont très gentils, sauf exception.
Il y a parfois de l'insévisme et de la violence, mais je l'ai aussi affronté. Mais on vient m'expliquer un problème, je note, je regarde, je rappelle le lendemain. On dit, non, ça, on ne peut pas le faire tout de suite parce que ça coûte de l'argent. Donc, ça crée de la responsabilité. C'est de la délibération locale. Regardez les pays qui, aujourd'hui, ont le plus progressé depuis 50 ans. Quand j'ai... Quand moi, j'ai... Mes parents, qui étaient artistes et petits commerçants, et sportifs, mon père était footballeur professionnel, il m'avait dansé ses étoiles et puis reconverti dans le petit commerce, ils ont vécu, un moment donné, dans le doux. Voilà. C'était il y a plus de 50, 56 ans.
Et à l'époque, ils allaient faire leur course, me disaient-ils, en Suisse, parce que c'était moins cher. Vous vous rendez compte, c'était frontalier. Maintenant, ça fait rigoler. Mais ça fait rigoler, c'est-à-dire que... Et des gens croient que c'est des paradis... Mais pas du tout. La Suisse a une industrie plus forte que la nôtre. Pourquoi ? Parce que c'est un État où, localement, on délibère. On peut décider de son destin. C'est la vraie démocratie. Il faut remplacer la bureaucratie par la démocratie. Il faut en finir avec le régime des technocrates. Voilà. Alors la formule, elle est un peu péremptoire, sauf que c'est vrai.
Parce que le technocrate, il sait moins bien gérer l'Amérique, le maire. Il sait moins bien gérer les champs que l'agriculteur. Il sait moins bien gérer votre bureau de débit de tabac que vous, quoi. C'est aussi simple que ça.
Allez, on fait une petite pause. On revient dans un instant et on finira l'émission avec vous. Ne bougez pas.
Sud Radio, c'est votre opinion qui compte. Merci à Sud Radio pour l'attention que vous portez au sport. C'est super. Continuez. Sud Radio, parlons vrai. Direct du Salon des Mers depuis le stand de la Confédération Nationale des Buralistes. Les vraies voix Sud Radio, 17h-19h. Philippe David, Cécile de Ménibus.
Et nous sommes très heureux d'être au Congrès des Mers. On leur donne la parole extrêmement régulièrement avec Sud Radio, la radio des territoires, Philippe David. Absolument. Et on est très content d'accueillir ce soir David Lissnard qui est avec nous, président des Mers de France et maire de Cannes. David Lissnard, se battre pour faire avancer cette France par ceux qui la font au quotidien, c'est une ambition qui doit aller loin et qui se construit au fur et à mesure jusqu'à 2027 pour poser finalement le premier parpaing.
Oui, je crois parce que moi, je suis père de famille. Je ne veux pas faire le jeu de mots. Je suis maire et père. Je suis père de famille. Et ce qui motive, c'est bien évidemment d'abord l'image de la France et l'état de la France. Il faut avoir une ambition collective. Mais c'est aussi, et d'ailleurs les deux sont liés, que mes enfants et j'espère futurs petits-enfants puissent avoir une ambition, un projet français. puissent se dire qu'ils voudront vivre et qu'ils pourront vivre dans un pays non seulement sûr, mais aussi prospère, mais aussi libre. Que mes filles pourront se balader dans n'importe quel quartier, habillées comme elles le souhaitent et garder la tête haute.
Que mon fils pourra avoir n'importe quel projet, comme mes filles, etc.
Sur la sécurité et la liberté.
Bien sûr, c'est fondamental. Donc là-dessus, moi je suis engagé, je n'ai pas peur de le dire. On ne peut pas échapper à l'action publique de toute façon. Donc il vaut mieux s'en emparer.
Il faut avoir du courage, David Wisnard aujourd'hui.
Oui, oui, bien sûr. Vous savez, il y en a qui, les générations précédentes, ils allaient à Verdun et ils sortaient des tranchées. Donc c'est un courage, mais enfin on vit une époque aussi quand même assez protégée. Mais il y a un tel enjeu géopolitique, d'ailleurs, puisque vous parlez de ça, qu'aujourd'hui, si on n'est pas capable de s'aguerrir, de bosser plus, si on n'est pas capable de retrouver de la performance dans les facteurs de production. Vous voyez, ça fait un peu techno, mais comment rendre le travail plus performant ? Comment rendre le capital plus performant ? Favoriser l'investissement ? On va se casser la gueule, c'est tout. Et on est en train de s'effondrer.
Comment on accepte d'être dernier au classement PISA, au classement éducatif ? La France doit être une superpuissance éducative. Alors là, il y a des urgences. Le gouvernement a des circonstances atténuantes. Il récupère une situation qui est abominable. Il est face à un mur budgétaire. Il est en apnée politique et budgétaire. Mais il est en train de se faire refourguer toutes les fausses recettes qui n'ont jamais fonctionné. C'est-à-dire que j'entends à longueur d'interviews de plateau, alors on veut 3 milliards d'économies, 5 milliards d'efforts, etc. Mais il n'y a pas une économie dans ce que l'on nous propose. Ce ne sont que des prélèvements supplémentaires.
Prélèvements de 2% sur nos recettes. Prélèvements sur l'FCTVA. Le rabot, raboter, ce n'est pas réformer. Prélever et imposer, ce n'est pas réformer non plus. Ce n'est pas économiser.
Ce n'est pas la même chose. David Lissard, le débat, c'est les démissions en masse. Pensez-vous qu'on va manquer de candidats aux prochaines municipales ?
J'ose espérer que non, mais c'est ce qui nous pend au nez. J'ose espérer que non, c'est pour ça que je dis toujours que ça reste le plus beau des mandats. Mais il faut bien qu'on prenne conscience qu'il y a beaucoup plus de démissions qu'avant. Parce qu'il y a quelques-uns qui disent « Ah, vous vous plaignez, mais vous ne démissionnez pas ». Maintenant, on démissionne. Donc, il faut faire très attention à ça. Juste, dernier point. Nous sommes dans une crise de la démocratie. Je crois qu'on a beaucoup parlé de crise de la représentation. Je pense qu'en fait, on est très peu dans une crise de la représentation. Quand il y a un gros enjeu, les gens votent, etc.
On est dans une crise de l'exécution. Si on redonne du pouvoir d'agir, on va redonner de la confiance civique. Les maires démissionnent avant tout parce que c'est de plus en plus compliqué de faire aboutir un projet à cause des injonctions contradictoires et de la surcharge de la bureaucratique.
Frédéric David, très court. Très court, promis. Non, mais je suis frappé par la qualité des constats que fait David Lyssa parce que c'est ce que nous disent les Français. Ce n'est pas une crise de la représentation. Effectivement, on a voté massivement aux élections légitatives. C'est une crise du résultat. Le politique ne peut plus changer la vie. Et quand il est maire, on lui met des pâtons. Et je voudrais que vous soyez frappé par la qualité des propositions. Ça va venir, ça va venir. Ça sera en fait un deuxième temps. Mais je suis frappé de voir à quel point le maire, la confiance du maire, c'est qu'il crée de la proximité identificatoire.
Quand vous racontez que vous êtes avec vos enfants au collège, le maire nous ressemble. Et vous créez aussi de la proximité admirative parce que le maire, il agit, il décide. Et donc, il réenchante la promesse du politique. Et on attend l'exécution au niveau de la France, mon cher David. J'ai bien compris, Philippe.
J'ai bien compris. Je suis lourd. Je suis trop lourd. Non, je vois ça comme au contraire un encouragement. Mais c'est... Qu'est-ce que vous attendez, la débitse d'un coup de vie ? Vous savez, c'est très compliqué tout ça.
Qu'est-ce que vous attendez là ? Demain, ce congrès prend fin. Les grands enjeux, c'est quoi ?
C'est qu'on nous dise, écoutez, on vous a écouté, vous avez raison. C'est les technos qui ont tort. C'est-à-dire que les prélèvements qu'on propose, en fait, ils vont avoir un effet récessif. Ils vont même planter encore plus les comptes publics. Qu'on nous dise, oui, vous avez raison, il faut suspendre le décret tertiaire. Parce que rien que les coûts du décret tertiaire qui obligent à des normes maximalisent certainement très utiles dans l'absolu. Vous savez, Pierre Desproches disait, je vais aller vivre en théorie parce qu'en théorie, tout va bien. Mais dans la réalité, ça marche un peu moins. C'est 4,6 milliards de surcoût par an pour les communes de France.
Moi, je veux bien qu'on me propose des économies. Mais dans ce cas-là, il faut qu'on revoie le périmètre de l'action publique et il faut qu'on baisse les charges qu'on nous impose. On ne peut pas en même temps nous imposer des charges supplémentaires. Il y a une loi qui vient de sortir, qui crée un service public de la petite enfance. Tout le monde trouve ça formidable. Mais ça oblige à faire 200 000 places de crèche en plus. Donc est-ce que je suis un mauvais maire quand je ne fais pas les places de crèche et que je ne recrute pas les personnels qui vont avec ?
Ou est-ce que je suis un mauvais maire quand je fais mes places de crèche et après, on va me dire que vous augmentez votre masse salariale ? Est-ce que je suis un mauvais maire quand je recrute des policiers municipaux parce que je ne veux plus de police nationale la nuit dans ma commune ? Ou est-ce que je suis un mauvais maire quand je ne recrute pas les policiers municipaux et je dis aux gens, tant pis, restez chez vous parce que ça devient insécure dans nos rues ? Voilà.
Merci beaucoup David Issnard d'avoir accepté notre invitation au président des maires de France. Et est-ce que vous me permettez un petit mot ? Avant la conclusion, ce congrès s'appelle, monsieur le président ou monsieur le maire, les communes, petit point, heureusement. N'oubliez pas, les commerçants, petit point, évidemment.
Merci beaucoup. Ce n'est pas à moi qu'il faut le dire.
Je sais, mais vous avez une bonne vision et nous avons besoin de la partager dans la création de richesses en propriété.
J'ai été petit commerçant de la famille à Limoges et à Cannes. Merci beaucoup.
Allez, dans un instant, on nous serait avec les buralistes jusqu'à 20h. Merci beaucoup David Issnard. Merci.
David Lisnard