Xavier Bertrand "ne laisse rien passer" face aux mensonges du Rassemblement national
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Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Le Parlement britannique vote donc pour la troisième fois aujourd'hui pour tenter d'enteriner l'accord de sortie de l'Union Européenne. Qu'est-ce que vous dites ce matin ? Il est temps que ça se termine enfin ?
Ah, il serait temps qu'ils nous disent sur quel pied danser. Parce que là, au bout d'un moment, je ne sais même pas, eux, s'ils savent de quel côté la pièce va tomber. Donc à eux de nous dire clairement ce qu'ils veulent et ensuite, ensuite, qu'on ne cherche pas à les punir non plus. Vous avez le sentiment qu'on a cherché à punir les britanniques ? Bien sûr. De quelle manière ? Bien sûr. En leur disant, bon, vous voulez partir, dans ces cas-là, il faut faire un gros chèque. Ça a été le fameux chèque britannique. Et puis, il y a un peu une peur des Européens de se dire, si on peut partir facilement, d'autres risquent de suivre l'exemple des Britanniques. Or, il ne faut pas oublier une chose.
Les Britanniques, c'est une grande nation européenne. Or, bien sûr, à leur façon, les Britanniques, un pied en dehors, un pied en dedans, mais ils ont toujours pensé à leurs intérêts. Mais demain, si on n'établit pas une nouvelle relation, gagnant-gagnant avec les Britanniques, on serait complètement stupide. Complètement stupide. Dans l'accord qu'il y aura ensuite entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, notre référence, ça ne peut pas être la relation avec la Turquie, ni avec la Norvège, ni avec le Canada. Je vous donne des exemples très concrets. Et ce que je demande à l'Europe aussi, c'est de faire preuve, vous savez, d'un truc qui s'appelle le pragmatisme. Je vous donne un exemple.
Le Royaume-Uni va sortir de l'Union européenne. Les Britanniques vont devenir des extra-communautaires. Les extra-communautaires, ça n'en fait pas des extra-terrestres. Ce qui veut dire que demain, si l'Union européenne leur impose des visas, c'est nous aussi qui allons être perdants. Si même on met juste un tampon sur leur passeport, ça va prendre un temps fou. On n'aura jamais les effectifs de la police d'air et les frontières. Et ça veut dire qu'on aura un vrai problème de fluidité, du trafic et des passagers.
Et vu de France et vu du continent, est-ce que ce serait vraiment une catastrophe, d'après vous, Xavier Bertrand, un Brexit sans accord ?
Oui. Un Brexit sans accord, tout de suite, sera compliqué. Parce que je pense qu'avec certains ministères, et dans les Hauts-de-France, parce qu'on est en première ligne, on est à 27 km. D'Ouvre-Calais, c'est 27 km. On a essayé au maximum de se préparer, et on ouvre dès cette semaine les nouveaux centres opérationnels pour les contrôles, avant même la date du 12 avril. Mais de leur côté, c'est le bazar. Parce que regardez, la classe politique, matin, midi et soir, elle est à se demander, alors on vote oui, on vote non, on vote sur tel amendement, ils ne savent plus où ils habitent.
Mais du coup, tout le business britannique, les entreprises britanniques, le transport britannique, eux, ils sont encore plus dans le brouillard. Ils n'ont aucune visibilité de la part des politiques.
Et les entreprises françaises, les transporteurs françaises, ceux de votre région, il y en a plusieurs milliers qui travaillent régulièrement avec le Royaume-Uni ? Oui, ce qui les embête aujourd'hui, c'est la grève du zèle des douaniers, chez nous.
La grève du zèle des douaniers, les douaniers sont en train de nous pratiquer des contrôles qui ne sont en rien nécessaires. Ils sont en train de faire un bras de fer avec le gouvernement. Et qui est-ce qui est pris en otage ? Les transporteurs et l'économie régionale. Parce qu'après le Brexit, ce qui se passe aujourd'hui avec les douaniers n'a pas lieu d'être. Absolument pas lieu d'être. On a prévu de nouvelles procédures pour qu'on n'ait pas ces contrôles. Mais ce qui est vrai, c'est que si demain, parce qu'ils ne sont pas préparés économiquement, c'est le bazar à Douvres, ça ne sera pas simple, effectivement, ni à Calais, ni à Dunkerque.
Donc j'espère, parce que c'est au Royaume-Uni maintenant de nous dire clairement, voilà ce qu'on veut faire, voilà. Et que l'Union Européenne, ensuite, si elle accorde un délai supplémentaire juste de quelques semaines, ça permettra aux Britanniques de mieux se mettre en ordre de marche.
Il n'est pas question de renégocier quoi que ce soit ? C'est trop tard.
Non, de toute façon, on n'a pas su se mettre d'accord entre les Britanniques pendant trois ans, ça ne changera plus. Mais en revanche, nous, qu'on ne cherche pas à les punir et qu'on ne cherche pas à imposer un juridisme et un formalisme, moi je demande du pragmatisme.
Non, c'est qui, Xavier Bertrand ? Vous avez le sentiment qu'Emmanuel Macron veut punir Theresa May pour ce qu'elle a fait, les Britanniques pour leur vote ? Je vais lui poser la question au Président de la République.
Vous allez le voir tout à l'heure. Je vais lui poser la question parce qu'on voit que le Président Donald Tusk dit qu'il faut être plutôt cool. On voit que la chancelière Merkel, pareil, je voudrais entendre de la bouche du Président, que lui aussi est d'accord pour dire que l'Angleterre, demain, s'intérêt à rester un vrai partenaire.
Vous avez l'impression qu'on joue un peu les bas de cop dans cette affaire ?
Je voudrais en être sûr, oui. Je voudrais être sûr que ce n'est pas le cas. Parce que, honnêtement, avec le Brexit, c'était leur choix, ils sont quand même tirés une balle dans le pied. Nous, ne nous tirons pas une balle dans le pied en les considérant maintenant comme des étrangers ou des adversaires. Ce n'est pas une île qui va partir à la dérive. Vous savez, la géographie, elle ne changera jamais. C'est toujours nos voisins. Et je ne parle pas de mon intérêt en tant que Président de la région des Hauts-de-France. Il y a aussi la Normandie qui est concernée, il y a la Bretagne, même la Nouvelle-Aquitaine.
Et puis, surtout, ce que je vais demander au Président, c'est qu'il s'engage lui-même avec Theresa May pour éviter une guerre de la pêche. Parce que, si demain, il n'y a pas d'accord, du jour au lendemain, nos pêcheurs risquent d'être empêchés par la Royal Navy d'aller pêcher dans les eaux britanniques. Et ça ne va pas bien se passer. Et là, le Président doit se mettre en première ligne pour donner les moyens à Didier Guillaume, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, qui, lui, est très conscient du problème, pour qu'on ait une discussion soit sympathique, soit un bras de fer. Il faut se préparer aux deux avec les Britanniques.
— Justement, donc, Emmanuel Macron, vous allez le voir tout à l'heure à l'Élysée, vous allez être reçu à l'Élysée, d'autres élus de la région Hauts-de-France aussi, d'ailleurs. — Oui, j'y vais, moi. — Ce matin, vous accordez... Tous n'y vont pas. Effectivement, ils ont tort, ceux qui n'y vont pas. Par exemple, Martine Aubry n'y va pas. — Écoutez, moi, je vais vous dire une chose. Le Président de la République nous donne la possibilité de nous exprimer.
Je passe pas à côté de l'occasion. Même si, même si, au final, est-ce que derrière, il y aura de la suite ? Et c'est une question que je pose, parce que je crois, aujourd'hui, qu'il y a une question fondamentale dans notre pays. Qui est-ce qui dirige le pays ? Qui est-ce qui décide dans notre pays ? — Mais c'est pas Emmanuel Macron. — Je pense qu'aujourd'hui, il y a un système de gouvernance politique, administratif et budgétaire qui décide à la place des politiques. Et qui fait que les vrais patrons, ce sont des gens que vous ne connaissez pas, qui, eux, ne sont jamais soumis aux élections, qui, au final, eux, ne sont pas à portée d'engueulade, ils sont pas à portée de baffe.
C'est un certain nombre de hauts fonctionnaires qui décident à la place.
— Ce n'est pas Emmanuel Macron qui dirige la France aujourd'hui.
— Je vous donne un exemple. Le projet de canal Seine-Nord Europe. C'est un projet à près de 5 milliards d'euros. Nicolas Sarkozy est venu pour poser la première pierre. François Hollande, 5 ans après, est venu pour dire « ça y est, c'est parti ». Emmanuel Macron, après avoir hésité, a dit « OK, on va le faire ». Depuis un an et demi, un an et demi, l'État ne fait rien. Une péniche, ça avance plus vite que l'État sur ce dossier-là. Et le président, il a donné son feu vert. Mais derrière, on a, nous, des réunions avec les technocrates qui disent « Ah ben, on voit, vous avez une lettre du Premier ministre qui vous dit ça. Ben non, nous, on n'est pas au courant. On se fout de nous.
» Et aujourd'hui, vous avez des élus qui sont à cran parce que la région, les départements, ils sont pas riches, les départements. Pourtant, ils ont mis de l'argent et on attend désespérément de savoir si l'État se fout de nous ou si l'État va tenir ça.
Donc ça ne sert à rien d'aller voter, si on vous écoute.
Mais c'est aussi ça qu'il faut casser. Pourquoi il y a des gens qui votent pour les extrêmes ? Pourquoi il y a des gens qui ne votent plus ? Parce qu'ils disent « Eh, on vote pour qui, là ? Pour des guignols qui décident ? Ou pour justement des gens qui ne servent à rien ? » C'est ça le problème. Donc moi, ce que je veux dire, c'est que la politique, ça a du sens si ceux qui sont élus décident parce que derrière le canal. Vous savez ce qui m'intéresse ? Il y a 25 à 30 000 emplois sur les 30 ans qui viennent. C'est une occasion inespérée, pas pour ma région seulement, pour le pays, pour l'Europe. Tiens, l'Europe. Merci l'Europe, elle. Elle met un milliard d'euros sur le projet.
Mais alors, discuter avec l'Europe, je sais qu'il y a plein qui n'aiment pas l'Europe ou qui critiquent l'Europe, tout ça. L'Europe, c'est beaucoup plus facile de discuter avec eux. Ils vous disent blanc, ils font blanc. Et tout de suite. Vous discutez avec la haute administration française, des gens qui sont très talentueux mais qui ne sont plus pilotés. Et je le dis bien souvent, il faut que la main du pouvoir, elle soit ferme et qu'elle s'assure que ce qui a été décidé soit appliqué.
On va revenir sur une proposition notamment que vous faites, Xavier Bertrand, c'est la suppression de l'ENA après ce portrait que vous venez de faire de la France. complètement bloquée et aux mains des technocrates. A sa tête, à sa tête. Mais on va s'interrompre, si vous le voulez bien, et on va reprendre dans un instant, 8h41. D'abord, l'actualité de ce vendredi matin, David Doba.
Il continue de clamer son innocence, mais les preuves sont accablantes pour Jean-Marc Rézard dans l'affaire de la disparition de Sophie Le Tannes, qui est à Strasbourg. Du sang de la jeune fille a été retrouvée sur le manche d'une scie entreposée dans la cave. L'étudiante n'a plus donné signe de vie depuis maintenant, le 7 septembre. Pour la troisième fois en 5 ans, le Conseil d'État se penche sur le cas Vincent Lambert, un cas examiné ce matin. Plongé dans un état végétatif depuis plus de 10 ans maintenant, sa famille se déchire sur l'arrêt des soins. Trois préfectures annoncent des interdictions de manifester samedi à l'occasion de nouveaux rassemblements de gilets jaunes.
C'est le cas d'Avignon, de Toulouse ou encore de Rouen. Objectif, éviter violences et pillages. Déjà rejeté deux fois, le traité britannique de retrait de l'UE négocie avec qui Bruxelles une nouvelle fois devant les députés. Plusieurs options sont sur la table. Celle d'une sortie avec accord, ce serait le 22 mai. Sans accord, le 12 avril ou bien encore éventuellement de nouvelles élections. Et puis ces tensions toujours très vives au Venezuela. Le pouvoir de Nicolas Maduro déclare inéligible. Pour 15 ans, l'opposant Juan Gueldo, il met en avant des déclarations de patrimoine non faites. Une sanction jugée purement et simplement ridicule par les Etats-Unis.
Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, est avec nous jusqu'à 9h. Vous prenez donc la suppression de l'ENA. Franchement, ça changerait quoi ? Il faudra bien les former quelque part, les fonctionnaires, non ?
Oui, mais dans ces cas-là, vous pouvez prendre des gens qui ont de la bouteille, qui ont de l'expérience. C'est-à-dire des fonctionnaires qui ont déjà fait leur preuve. Et puis vous pouvez aussi ouvrir à d'autres milieux, notamment le monde du privé, pour prendre des responsabilités administratives. Vous diriez la même chose si vous aviez fait l'ENA ? Oui, je pense. Mais je connais d'ailleurs un certain nombre d'énarques qui reconnaissent que ça a été très utile pour bâtir la France, pour bâtir un peu ce centre de pilotage politico-administratif. Mais qu'aujourd'hui, c'est une machine à être déconnectée. Ce ne sont pas les énarques qui sont en cause.
Moi, j'ai travaillé très bien avec des énarques qui étaient directeurs de cabinet, mais il y avait un pilotage politique et j'avais des gens très intelligents, mais qui ne décidaient pas à la place des politiques. Mais il y a aussi deux choses que je voudrais vous dire. Cette prise de pouvoir de l'administration de l'administratif, même chez moi dans ma région, c'est une grande région. Je dois aussi faire attention, quand j'ai un projet dans un pays qui est cloisonné, même dans des administrations qui sont cloisonnées, si je veux qu'un projet avance, je dois aussi veiller à ce qu'il y ait un chef de projet, à ce que les choses soient concrètes.
Ce ne sont pas les discours qui comptent, c'est la réalisation. Et donc, dans toutes les administrations, même régionales, je dois y veiller. Mais l'ENA, aujourd'hui, c'est une machine, c'est un moule à fabriquer des gens déconnectés. Je ne fais pas un discours, moi, anti-élite. Ce n'est pas un peu démagogique de dire ça, de cibler l'ENA précisément ? Un pays a besoin d'élite, de dirigeants, de chercheurs. Mais il ne faut pas que ces élites soient déconnectées. Vous préférez qu'elles soient formées par le privé ? En partie ? Ah bon ? Ou ?
On est mieux formé dans le privé que dans une école publique, quand il faut diriger le pays.
Non, je viens de vous dire deux choses. Vous pouvez avoir des gens qui viennent du privé, et vous pouvez avoir des gens qui viennent du public, mais aussi de la fonction publique territoriale. Je vois, par exemple, mon préfet. J'ai un certain nombre de préfets dans ma région. Ce sont des gens de terrain, conscients des réalités. Celui qui a préparé tout le plan Brexit, Michel Lalande, c'est un préfet. Il a fait l'ENA. Mais il l'a fait par une voie interne. C'est un gars qui est pragmatique. Dans les administrations centrales, j'aimerais qu'il soit aussi pragmatique que cela. Et puis j'ai un autre principe. Je pense qu'on ne décide bien que ce qu'on connaît de près.
Et ça, je vais vous dire, l'école du terrain, l'école du bon sens, ce n'est pas la marque de fabrique de l'ENA. Alors on va nous dire on va réformer.
Avec un peu moins d'ENA, on ne serait pas passé au 80 km.
On va bricoler. Oui, puis je vous l'ai dit aussi. Il faut aussi que ce soit les politiques qui assument leurs décisions et qui s'impliquent également dans nombre de détails. Le politique, en général, survole, regarde de loin. Il ne faut pas s'étonner que ça se passe mal.
Un énarque, un peu déconnecté de la réalité, qui manque d'expérience, qui n'a pas un passé, justement, un rapport au terrain, aux collectivités locales. Tout ça, c'est un peu le portrait robot d'Emmanuel Macron que vous faites.
Le problème du président de la République aujourd'hui, c'est de savoir si quand il dit blanc, c'est appliqué blanc derrière. C'est la question que je vais lui poser tout à l'heure. C'est ça le fond du sujet. Maintenant, je vous dis une chose. On fait une grande confusion. Le système de gouvernance politique, administrative, budgétaire français, il est à bout de souffle et il nous envoie dans le mur. Mais vous savez, c'est pareil de grandes entreprises. Quand dans une grande entreprise, ce sont les technos et les financiers qui prennent le pouvoir, vous allez dans le mur. En revanche, ce n'est pas le modèle français qui est à jeter.
Ce modèle français qui est un modèle dans lequel on peut à la fois s'en sortir, mais aussi rebondir, où on ne confond pas la solidarité avec la cistanat, ça, il ne faut pas le jeter. C'est ce qui fait la singularité française.
Parmi les décisions qui ont été prises d'en haut, en tout cas perçues comme telles par une frange des territoires, il y a l'imposition de la limitation de vitesse à 80 km heure dans les territoires. Est-ce qu'il faut revenir sur cette mesure ? On a vu, cette semaine, le gouvernement a chiffré à 600 millions d'euros la destruction des radars qui est liée en partie à cette colère. Il y a deux choses.
Tout le monde est content depuis des années et des années. Quand vous regardez, notamment la PQR, de voir... Presse quotidienne régionale. Pardon, excusez-moi, la presse quotidienne régionale, de voir qu'il y a moins de décès, de jeunes, suite à des accidents de la route. Et là, les statistiques sont mauvaises, les décès repartent à la hausse. Non, non, ça c'est un premier point. Donc qu'il y ait moins de morts sur les routes, si je peux me permettre. Merci Chirac. C'est lui qui a fait de ça une grande cause nationale. Ensuite, qu'est-ce que les gens ne supportent pas ? C'est que les décisions, elles soient prises d'en haut, par des gens qui ne connaissent pas la réalité.
On aurait juste demandé, tiens, à l'État, au préfet, de dire, dans un département, on les connaît, les points où il y a des accidents, où il y a des accidents graves. C'est là où il fallait, en amont, limiter la vitesse, mais de le faire partout, tout le temps. Les gens disent, voilà, les gens qui sont là-haut prennent des décisions pour nous. Ils ne connaissent rien aux réalités. Du pragmatisme, du bon sens. Et je vais jusqu'au bout. Un préfet sait le faire.
Là-haut, ils ne savent pas le faire. Alors, question simple, Xavier Bertrand. Est-ce qu'il faut réparer tous les radars qui ont été endommagés et continuer à en installer des nouveaux ? Il faut continuer, mais dans les endroits dangereux.
Les gens vous disent quoi, les radars ? C'est des pompes à fric. Mais les gens ont bien compris que quand c'est sur une portion toute droite, ils baissent, ils ont effectivement leurs coyotes, et puis ils redémarrent après. C'est une forme de raquette fiscale de l'État. De toute façon, les gens sont... Ils ne sont pas contre qu'on diminue la mortalité routière. Mais ils savent bien qu'en général, leur voiture, avec leur voiture, les Français sont des vaches à lait.
Le ministre des Comptes Publics, Gérald Darmanin, a fait une proposition ce matin dans le cadre du grand débat et du concours Lépine Fiscale qui a lieu depuis quelques mois. Je vous propose de l'écouter. C'est l'impôt que payent le plus les gens, la redevance télévisée, notamment les personnes âgées. Et tout le monde sait aujourd'hui qu'on regarde la télévision, et singulièrement la télévision publique, par autre moyen que simplement un écran de télévision. La question se pose de cette redevance télé, surtout qu'on ne saura plus comment l'adresser, puisqu'on supprime la taxe d'habitation. Voilà, Gérald Darmanin qui suggère donc de supprimer la redevance audiovisuelle, vous êtes favorable ?
Mais vous êtes surpris là ? Vous êtes surpris d'entendre Gérald Darmanin dire ça ? Pourquoi vous me demandez ça ? Attendez, à partir du moment où on va supprimer complètement la taxe d'habitation. La redevance télé, elle était payée avec la taxe d'habitation. Vous pensez qu'ils vont maintenir un service uniquement pour recouvrer la taxe d'habitation ? C'est évident. Donc la question qui se pose, moi c'est ce que j'essaye de faire avec le monde de la culture, avec le monde des médias, c'est d'essayer d'imaginer ce qu'il faudra pour qu'on garde, pardonnez-moi, la singularité de l'audiovisuelle publique.
Dans un monde où on voit autrement, si c'est que le privé, on n'aura plus cette spécificité du service public, parce que quand il dit ça, ils vont remplacer à l'europrès ? Oui ou non ? La création ensuite, est-ce qu'elle aura les moyens nécessaires ? Est-ce qu'ils sont capables de faire comme en Allemagne, où l'audiovisuel public a une garantie de recette pendant 5 ans, 5 ans, tout un mandat ? Si vous faites ça, bien évidemment, ça peut permettre de garantir le service public et de garantir la création, mais il faut faire attention à ce que ce ne soit pas, comme bien souvent, l'occasion de ratiboiser les ressources du service public de l'audiovisuel.
Mais c'est votre ami, Gérard Darmanin, dont vous pouvez le convaincre de ces préconisations ?
Je veux dire, moi, si je viens aussi dans des débats, c'est d'essayer d'apporter un certain nombre d'idées, de façon à ce que l'on apporte ces garanties. Moi, j'ai fait d'autres propositions, parce que ne l'oublions pas, on va parler certainement avec le Président de la République de décentralisation, d'institution, tout ça, c'est bien. Mais le cœur du problème, l'origine de la crise, la crise, elle est économique, sociale, elle est fiscale. Les gilets jaunes, le 17 novembre, ce sont des gens qui bossent et qui n'arrivent plus à s'en sortir. Ce sont des retraités qui n'arrivent plus à s'en sortir. Et vous pouvez faire tout ce que vous voulez.
S'ils n'ont pas plus pour que la fin du mois soit plus facile, ou tout simplement pour remplir leur frigo, ça ne repartira pas.
Et on va en parler, Xavier Bertrand, puisque vous avez écrit au Premier ministre il y a quelques jours pour lui suggérer une TVA0 sur 100 à 200 produits, des produits de tous les jours. Vous allez nous dire d'abord si vous a répondu, et puis pourquoi, selon vous, ce serait une bonne idée. 9h moins 10, David Doba, et on se retrouve juste après.
Les retours des enfants nés de parents djihadistes sont étudiés au cas par cas, en fonction notamment de la détresse humanitaire. Déclaration de Laurent Nunez hier soir sur France 2, selon le secrétaire de l'État auprès du ministre de l'Intérieur. Deux à 300 d'entre eux ont désormais échappé au radar français. Le prélèvement à la source est un succès, en tout cas pour 63% des Français. Enseignement d'un sondage, Odoxadensu Consulting pour France Info et Le Figaro. 81% estiment même que cette mesure s'est bien passée dans leur foyer. Plus de 600 emplois menacés. C'est l'heure du verdict pour les salariés du papetier Argo Wiggins.
Sauf grosse surprise, le tribunal de commerce de Nanterre doit prononcer la liquidation judiciaire du site de BCC dans la Sarthe. Les jurés de la cour d'assises de Haute-Garonne doivent pour leur part se prononcer sur la culpabilité de Laurent Dejean. Il est jugé pour le meurtre de Patricia Bouchon, une jeune femme disparue lors d'un jobbing. C'était en février 2011. Son corps avait été retrouvé un mois plus tard. L'avocat général a requis l'acquittement. Selon lui, les preuves font défaut dans cette affaire. Et puis cette nouvelle journée de mobilisation en Algérie, le sort de Bouteflika est désormais entre les mains du Conseil constitutionnel.
C'est la seule institution formellement habilitée à enclencher le processus permettant de le déclarer inapte.
Xavier Bertrand, vous avez lancé ici même, il y a quelques semaines, l'idée d'une TVA0 sur 100 à 200 produits de première nécessité. Les produits qui sont les plus achetés par les Français. Vous avez écrit au Premier ministre il y a une dizaine de jours. Quelle a été sa réponse ?
Pourquoi je lui écris ? Parce que je fais cette proposition sur 100 ou 200 produits pour améliorer le pouvoir d'achat. Alors on va me dire que ce n'est pas beaucoup. C'est vrai que sur un panier de consommateurs, ça peut être 20 euros par mois. Les gens ne disent pas beaucoup 20 euros par mois. Ceux qui disent ça ont du bol. C'est parce que ceux qui n'ont pas besoin de compter à 20 euros, ils ont plus de chances que beaucoup, beaucoup, beaucoup de Français. Dans la région, j'ai mis en place des aides pour les gens qui travaillent. 20 euros, 30 euros, j'ai des dizaines de milliers de personnes qui en bénéficient. Donc il ne faut pas traiter ça par le mépris.
Comme ils ont un peu tendance à le faire au gouvernement. Il vous a répondu le Premier ministre ? Pas encore. De toute façon, ils ont un problème avec le courrier. Il traite un peu ça. Quand vous leur écrivez, alors là, pour avoir une réponse, il ne faut pas être pressé. Ce n'est pas une façon de traiter un peu ça par le mépris de ne pas vous avoir répondu ? Je pense. Je pense que cette proposition, ils ne la prennent pas au sérieux. C'est une des propositions qui est ressortie dans le grand débat. Moi-même, je n'avais pas cette idée au départ. Mais c'est pour en avoir discuté lors de rencontres du grand débat où les gens m'ont dit, ça, c'est une mesure qui nous ferait bien.
Alors ils nous disent, oui, mais ça va profiter aux plus démunis comme aux plus riches. Ne t'inquiétez pas, les plus riches, ils consomment aussi beaucoup de produits qui ne sont pas à 5,5%.
Il vous a dit aussi, Edouard Philippe, par médias interposés, si c'est pour aller engraisser la grande distribution et rajouter des marges, ça ne sert à rien, ça ne se verra même pas sur les étiquettes.
Alors chiche, qu'est-ce que j'ai fait ? Quand il a dit ça, ça m'a un petit peu énervé. Et donc j'ai appelé M. Carrefour, M. Auchan, j'ai appelé aussi M. Leclerc, j'ai appelé toute la fédération de la distribution. J'aurais dit, écoutez, si on obtient cette mesure, est-ce que vous êtes prêts à vous engager ? Ils m'ont dit, on est prêts à le faire comme on l'avait fait avec Sarkozy quand il était ministre de l'économie. On est prêts à en prendre un engagement pluriannuel que si la TVA baisse, on n'augmentera pas les prix sur la liste de produits. C'est quoi au fait ces produits-là ? C'est notamment les produits alimentaires de première nécessité. C'est aussi les produits pour les bébés.
L'alimentation bébé, l'hygiène, les couches, ça coûte un fric fou tout ça. Les tampons et les serviettes pour les... Oui, tout ça, tout ça. Les produits dont vous avez besoin pour l'hygiène. Et donc il faut bien se rendre compte qu'on est dans un pays où il y a des gens qui vont très bien et où il y a des gens qui ont du mal à faire face à ces dépenses-là. Et donc derrière, moi cette liste-là, j'ai commencé à l'élaborer, mais ce n'est pas ma liste. Moi, si le gouvernement reprend, très bien, c'est comme la prime que j'avais proposée, ça sera la décision du gouvernement.
Et vous pensez qu'on peut leur faire confiance au patron de la grande distribution ? S'ils sont prêts à s'engager par écrit, oui.
Et puis je vais vous dire une chose, s'il y en a un ou deux qui le font, ils seront tous obligés de le faire. Et puis on peut faire des choses... Je n'ai pas eu l'idée de tout seul, mais c'est justement certains consommateurs, mais aussi des agriculteurs qui me l'ont dit. On pourrait très bien imaginer qu'on mette là-dedans des produits avec une faible empreinte carbone, c'est-à-dire des produits qui seront produits à quelques dizaines de kilomètres de là où ils seront consommés. C'est tout à fait d'équerre avec l'Europe, parce que quand on me dit, oui, mais l'Europe, elle ne voudra pas, je suis désolé.
Pierre Moscovici, commissaire européen, a déclaré ces dernières semaines que si la France allait dans cette direction, l'Europe ne s'y opposerait pas. Alors maintenant, le Premier ministre, je lui dis, voilà les choses comme elles se présentent, voilà ce que j'ai obtenu comme premier accord. Je suis disponible, si vous le souhaitez, pour continuer à faire avancer les haussiers, et si ça marche, ça sera l'idée du gouvernement.
Pour redonner du pouvoir d'achat, est-ce qu'il faut aussi, Xavier Bertrand, baisser l'imposition des contribuables des premières tranches ?
C'est ce que j'ai proposé également, en proposant notamment qu'on cible cela sur ceux qui sont jusqu'à 2-3 SMIC par mois. C'est ce que je fais dans la région. Les aides, notamment l'aide au transport à la garde d'enfants, je les cible sur ceux qui sont à 2 SMIC par mois. Dans la région des Hauts-de-France, c'est 71% des salariés qui sont à 2 SMIC par mois. On peut vraiment cibler les choses, parce que vous ne pouvez pas non plus dépenser, dépenser les finances publiques, bien évidemment.
Mais la mesure que je vous indiquais tout à l'heure, la mesure que je vous indiquais tout à l'heure sur les produits de première nécessité, sur cette TVA, si on fait une liste de 100 produits, ça peut aller jusqu'à 2 milliards d'euros. 2 milliards d'euros, je suis désolé, ce n'est pas ça qui va mettre en péril les finances, surtout qu'en plus, il faut absolument qu'il y ait une baisse des dépenses en face. C'est une évidence.
Xavier Bertrand, vous avez rendu il y a quelque temps déjà votre carte des Républicains. Vous savez pour qui vous allez voter le 26 mai aux Européennes ?
Non, parce que je ne me suis pas encore posé la question, je n'ai pas regardé encore les projets, je n'ai même pas regardé encore la composition de toutes les listes. Et je vais vous dire aussi une chose, c'est qu'en ce moment, dans la région, j'ai de gros dossiers économiques à Scoval, Arc, pour lequel on vient de trouver des solutions qui me mobilisent, et puis la sortie du grand débat me préoccupe énormément. Les Français ont joué le jeu, en venant dans le grand débat. Maintenant, ils ont joué le jeu, il faut que le président de la République joue le jeu, qu'il entende le message, parce que la sortie du grand débat peut permettre de faire repartir le pays de l'avant.
Mais si ce n'est pas le cas, je ne veux pas que mon pays connaisse des difficultés, moi vous l'avez dit, je ne suis plus dans les partis politiques, parce que je ne veux plus dépendre de consignes de partis. Je joue la carte de l'intérêt général. Quand je fais ces propositions, si demain ces idées sont prises, tout le monde oubliera que je les ai mises sur la table. Je m'en moque. L'important, c'est que ça permette d'aider les Français et de jouer la carte de l'intérêt général.
Vous avez souvent dit, Xavier Bertrand, que la campagne des régionales dans l'eau de France et l'affrontement avec Marine Le Pen, vous avez changé, avez changé votre regard sur la politique. Est-ce que ça veut dire que dans la perspective des échéances européennes, c'est important que l'extrême droite, que Marine Le Pen n'arrive pas en tête de ce scrutin ? Oui, mais qu'est-ce qu'il faut faire pour ça ?
Ce n'est pas de se servir du Front National comme d'un punching ball ou d'un épouvantail. C'est ce que fait Emmanuel Macron ? C'est de s'attaquer aux causes du Front National. Moi, dans ma région, j'essaye de combattre les causes de la misère, de la colère. Et je n'hésite pas, comme je l'ai fait hier, à ne rien laisser passer quand il y a les mensonges du Front National. Tiens, Mme Le Pen, l'autre jour, dans un débat, nous dit, j'ai le canal Seine Europe, ça va être 60% de travailleurs détachés. C'est faux ! C'est de la flûte ! C'est des mensonges ! J'ai donné la liste complète des gens qui ont été recrutés. Vous parlez de travailleurs détachés, il n'y en a pas de calère.
Est-ce qu'elle ment ? Est-ce qu'elle est mal informée ? Plus c'est gros, plus ça passe. Et je pense qu'il est très important pour nous aujourd'hui d'être le plus concret possible et que les politiques comprennent que ce qu'on attend d'eux, c'est une vision, c'est des résultats, des résultats et de l'exemplarité. C'est ce que je dis aujourd'hui dans le Figaro parce que j'essaye d'expliquer ce que je fais, ce que je veux faire sans donner la leçon à qui que ce soit. Mais ce que j'ai compris, c'est que franchement, on est rentré dans le cycle de la dernière chance et qu'il y a beaucoup de Français qui ne sont pas amoureux du Front National, mais ils en ont marre.
Et ils veulent tout simplement que les politiques se réveillent. Moi, d'une certaine façon, la claque que je me suis prise dans la figure au Régional, ça m'a réveillé. J'essaye de ne pas me rendormir. Merci à vous Xavier Bertrand.
Le rendez-vous à l'Elysée,
t'as quelle heure ?
Midi. Midi. Merci d'être venu ce matin sur le plateau de France Info.
Xavier Bertrand