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interviewBFM TV (sur YouTube)· 26 septembre 2024

"Ce gouvernement n'est pas de droite, c'est un alibi": l'interview en intégralité d'Éric Ciotti

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Eric Ciotti. Merci d'être dans ce studio ce matin pour répondre à mes questions.

On va évidemment revenir sur le drame, le drame de Philippines, la question des défaillances de l'État. Vous êtes président et fondateur du groupe Union des droites pour la République à l'Assemblée nationale, député des Alpes-Maritimes. Vous avez récemment démissionné de la présidence des Républicains.

Vous réalisez que vous pourriez être ministre là quand même ? Pour faire quoi ? Est-ce que l'objectif c'est d'être ministre pour flatter un égo ou d'être ministre pour redresser le pays ?

Est-ce qu'objectivement ceux qui sont dans ce gouvernement qui en quelques jours a démontré quand même ses contradictions, et ses contradictions elles sont structurelles, c'est un gouvernement macroniste avec un peu de LR, pour faire quoi ? La réalité c'est est-ce qu'on peut demain rétablir avec ce gouvernement l'ordre dans la rue, l'ordre dans les comptes ? Je ne crois pas, donc je n'ai aucun regret pour répondre à votre question.

Je comprends bien que vous vous consoliez, mais j'imagine quand même qu'à un moment...

Ce n'est pas une consolation, je ne donne aucun avenir à ce gouvernement, qui est un gouvernement qui dès le départ est parti sur de mauvaises bases. Moi je souhaite que le pays réussisse, mais nous voyons bien que ce gouvernement, ce n'est uniquement celui de M. Macron, ce n'est pas le gouvernement de Michel Barnier.

C'est celui de M. Macron ou c'est celui de Marine Le Pen ? Les ministres, ce n'est ni celui de Marine Le Pen, ni celui de Michel Barnier, c'est celui d'Emmanuel Macron, c'est lui qui a choisi, jusqu'au directeur de cabinet du Premier ministre, c'est lui qui a choisi les ministres.

Regardez tout le pôle économique et social, il n'y a que des macronistes. À Bercy, sur les sujets qui ont trait aux impôts, aux pouvoirs d'achat, ce ne sont que des macronistes. On voit la passation de pouvoir entre M.

Armand, qui a bien commencé, on l'a vu avec ses déclarations outrancières, qui salue le bilan de M. Le Maire, qui dit « je prends un bilan extraordinaire ». Comment voulez-vous avec ces options que l'on redresse l'État budgétaire, l'État économique du pays, qui est en quasi-faillite ?

Plus de dettes, plus de déficits, plus d'impôts. Et on a un ministre qui dit « ce qu'a fait M. Macron, ce qu'a fait M.

Le Maire est formidable ». Éric Ciotti, quand même, quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. C'est-à-dire que là, vous ne voyez que l'aspect dans la main d'Emmanuel Macron, mais il y a aussi dans la main de Marine Le Pen.

Vous parliez à l'instant des premières déclarations du tout nouveau ministre de l'Économie, qui effectivement a commencé par dire qu'il allait parler avec tout le monde, sauf le RN. La réalité, c'est que Marine Le Pen a tapé du poing sur la table, que Michel Barnier a appelé Marine Le Pen pour faire amende honorable, et qu'il a recadré le ministre. Et le dernier acte, ça a été que le ministre lui-même a dit « je me suis trompé, j'écouterai le RN ».

Qui dirige dans ces cas-là ? Qui tire les ficelles ? C'est la logique.

C'est la logique qu'on respecte 11 millions de Français qui ont voté pour notre coalition. Celle de l'Union des droites que je dirige, celle du Rassemblement national, c'est la logique qu'il y ait ce respect, qu'il n'y ait pas ce mépris. Vous savez, ces élections… C'est bien ce que je suis en train de dire.

Et effectivement, il est d'accord. L'Union des droites, elle est faite, là. Ces élections législatives, ça a été un gigantesque hold-up démocratique.

On sait, certains se sont mis d'accord en appelant, certains de ma famille politique ont appelé à voter LFI, comme M. Bertrand. C'est une abomination quand même.

Il y a des candidats LFI, insoumis, ceux de M. Mélenchon, qui se sont retirés pour les Républicains. Donc cette coalition des contraires, comment pouvez-vous imaginer qu'elles redressent le pays ?

Nous, nous avons fait une coalition cohérente autour de valeurs d'autorité, d'identité, de liberté, autour de la volonté de redonner du pouvoir d'achat aux Français. Il y a une cohérence. Ce sont les autres qui ne sont pas cohérents.

Parce que comment voulez-vous qu'on gouverne la coalition ? Est-ce que vous ne vous dites pas, au fond, il tient les mêmes discours que nous ? Bien sûr qu'il tient les mêmes discours.

Il a toujours refusé de s'associer avec le RN, contrairement à vous. Mais sur le fond, je pense qu'il a eu des interrogations, mais c'est à lui de le dire. Ça veut dire quoi il a eu des interrogations ?

Vous en avez parlé avec lui ? C'est à lui de le dire. Mais en tout cas, d'autres ont eu des interrogations.

Ce que je veux dire, c'est qu'avec Bruno Retailleau, quel je souhaite de réussir, bien entendu, pour le bien du pays, nous avons porté les mêmes textes. Ce n'est pas il y a dix ans, c'est l'année dernière, en début d'année, sur la loi immigration. Mais comment voulez-vous que Bruno Retailleau mette en place ces textes, alors qu'il va trouver dans le même gouvernement que lui, l'opposition notamment de M.

Migaud ? Ça a commencé dès les premières heures. M.

Macron a installé, c'est quelque part un peu pathologique chez lui, le en même temps, un ministre de droite à l'intérieur, un ministre de gauche, socialiste, à la justice. Tout ça va conduire à quoi ? À l'immobilisme et à l'impuissance.

Or, on sait bien, et malheureusement, le drame, la tragédie de l'assassinat de Philippines le démontre, qu'aujourd'hui, les principales failles, en tout cas les principales voies d'amélioration pour restaurer l'ordre, la justice dans notre pays, sont dans le domaine judiciaire, sont dans la réponse pénale. Ce que vous voulez dire, c'est que Bruno Retailleau aura beau avoir des volontés communes avec les autres, il ne pourra pas avancer tant que Lidia Migaud sera le ministre de la Justice. Je lui dis chiche, voilà, qu'il défende les mêmes textes que nous avons défendus ensemble.

La réforme constitutionnelle sur l'immigration, pour mettre en place des quotas migratoires, pour que les prestations sociales ne soient pas versées dès les premiers jours, pour que l'hébergement d'urgence qui coûte aujourd'hui 2 milliards d'euros à notre pays, qui est embolisé par les trois quarts d'étrangers en situation irrégulière, soit supprimé. Vous parlez des points qui ont été rejetés par le Conseil constitutionnel dans la loi immigration. Et on peut faire une réforme constitutionnelle.

On peut faire une réforme constitutionnelle. Nos groupes la voteront, ceux du Rassemblement national, ceux de l'UDR. Si M.

Retailleau veut porter cette réforme, nous, nous la voterons. Il y a des blocages. On va y revenir.

Comme moi, il les a constatés. Eh bien, allons-y, levons-les. Nous, nous les voterons, c'est ce que vous dites.

Bien sûr, si toutes les mesures qui vont dans le bon sens, nous les voterons. Je prends ces exemples. On a porté ensemble la fin des subventions aux associations de migrants.

Vous savez, ça coûte 1 milliard d'euros. Je vais évoquer l'hébergement d'urgence. L'hébergement d'urgence à Nile-de-France, chaque nuit, 50 000 lits.

Vous allez les mettre où ? Il faut les expulser. Donc vous préférez les laisser dehors ?

Il faut les expulser. Il y a plusieurs centaines de milliers d'OQTF inexécutés dans notre pays. On va y revenir parce qu'évidemment, le drame de Philippines, il traverse tout cela.

Mais je reviens quand même sur un mot que vous avez prononcé. Vous avez dit avec une petite pointe d'ironie, il y a réfléchi. Est-ce que vous pouvez quand même nous en dire plus ?

Vous ne pouvez pas ouvrir cette porte sans rien dire. Est-ce que ça veut dire qu'au moment où il y a eu des hésitations, où vous-même vous avez fait le choix finalement de vous associer avec l'ERN, vous en aviez parlé avec Bruno Rotaillot et qu'il a failli venir avec vous ? Je n'en ai pas parlé avec lui.

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je dis qu'il y a eu cette hésitation chez beaucoup de mes amis, ou quelquefois de mes anciens amis, compte tenu de ce qu'ils ont dit après. Moi, je prenais aujourd'hui la droite pourrait gouverner le pays.

Bruno Rotaillot n'a pas envisagé de venir avec vous ? Non, absolument pas. Jamais ?

C'est pour ça que je ne me satisfais pas de cette situation, parce qu'il pourrait y avoir un ministre de droite comme garde des Sceaux, de la justice, et un ministre de l'Intérieur de droite qui travaille ensemble. On a l'impression que ce gouvernement n'est pas de droite. Il est de droite quand même ce gouvernement.

Mais non, il n'est pas de droite. C'est un alibi. Ce sont des otages.

Ce gouvernement, il est macroniste. Il est fait, voulu, manipulé par M. Macron.

Du début à la fin. Et mes amis, et je les avais prévenus, je les avais prévenus, ils sont allés tête baissée dans ce piège tendu par M. Macron.

Il ne pourra, malheureusement, je le redoute, je le redoute parce que...

Pas tenir. Il ne pourra rien apporter de bon au pays. Mais tenir tout de même.

Vous ne voterez pas la censure. Vous n'aurez pas jusqu'à voter la censure. Je ne m'interdis rien.

Nous ne la voterons pas mardi prochain. Nous ne voterons pas la censure des insoumis. Nous ne voulons pas le chaos pour le pays.

Nous voulons le meilleur. Moi, je souhaite que la France redresse. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que potentiellement, dans quelques mois, vous pourriez la voter ? Notre pays va mal. Je la voterai s'il y a des mesures qui mettent en péril notre nation et qui portent atteinte aux libertés des Français, je pense en particulier, aux hausses d'impôts.

S'il y a des hausses d'impôts qui frappent les ménages, les classes moyennes et qui globalement frappent les entreprises, parce qu'avoir comme paresse intellectuelle de dire on va régler la situation budgétaire. Vous avez vu les chiffres annoncés hier. Ils sont terrifiants.

D'ailleurs, il faut qu'on ait la vérité des chiffres. Moi, je réclame un audit de nos finances publiques. Nous l'avions demandé.

Michel Barnier lui-même l'a demandé. Il a demandé à avoir plus d'informations. Oui, mais enfin, il faut un audit indépendant qui ouvre les placards où les cadavres sont dissimulés par l'équipe Macron.

La Cour des comptes commence à l'envisager, notamment la succession sur les entreprises, les plus grosses entreprises. Là aussi, ça serait une folie. On a un impôt sur la mort qui est sans doute le plus élevé au monde.

Le plus élevé au monde. Les familles, après avoir travaillé toute une vie, toute une vie, avoir payé la TVA, l'impôt sur le revenu...

L'INSEE dit que 90% des successions sont sans droits de succession. C'est faux. On voit bien qu'il y a des familles moyennes qui sont notamment dans certaines régions.

Dans certaines régions, le prix de l'immobilier est très élevé. Je pense à la mienne, qui se voit privée du patrimoine de toute une vie par l'État qui vient prélever cet impôt sur la mort. Moi, je souhaitais même qu'on le supprime.

Il faut en tout cas le baisser. Emmanuel Macron l'avait promis lors de sa campagne de 2022. Promesse non tenue, toucher au pacte d'Utreil serait aussi une folie.

Le pacte d'Utreil, c'est quoi ? C'est permettre qu'on ne ferme pas une entreprise quand le chef d'entreprise décède, que ses héritiers puissent reprendre l'entreprise. Mais aujourd'hui, le pacte d'Utreil, il n'est pas plafonné.

On fermerait des milliers d'entreprises. Ça aurait des conséquences très lourdes en matière d'emploi. Mais ce qu'évoque la Cour des comptes, ce n'est pas de supprimer le pacte d'Utreil pour tout, c'est-à-dire pour les PME, les TPE, mais pour les plus grosses entreprises.

Personnellement, j'y suis opposé, que ce soit les petites ou les grandes. L'idée, et pour moi, je le redis, c'est une paresse intellectuelle. On est le pays au monde où les dépenses, les prélèvements, les dépenses publiques sont les plus élevées.

Au monde, 58% et les prélèvements obligatoires, donc les impôts, les taxes, les cotisations sociales, sont les plus élevées au monde. Chaque année, nous gagnons la coupe du monde des impôts. Et la seule idée, au lieu de s'attaquer aux dépenses, j'ai évoqué des pistes tout à l'heure, l'hébergement d'urgence, l'immigration, les fraudes de toute nature.

Ils ont quand même dit, le ministre du Budget hier a dit, ce sera notre priorité, ce sera de baisser les dépenses. La fonction publique. En quelques années, on a 13% d'augmentation de la population, 44% par exemple, d'augmentation de la fonction publique territoriale.

Je ne m'attaque pas aux collectivités, mais je dis, il y a une structure notamment qui a explosé, ce sont les intercommunalités. Je vois moi dans ma vie. Qui se sont rajoutées, alors que d'autres n'ont pas été supprimées.

Je vois dans ma vie. Il y a, je crois dans la métropole, plus de 10 000 agents. Il n'y en a eu aucun de moins dans les communes, et notamment à Nice.

Donc c'est beaucoup ce qui s'est rajouté aux autres. Tout ça conduit à quoi ? À une augmentation de 25% de la taxe foncière à Nice.

Donc ces dépenses, à un moment, il faut les arrêter de tous les niveaux, au niveau de l'État, au niveau de certaines collectivités, et notamment des intercommunalités. Et dans ce temps-là, Eric Chuty, il y a pourtant des grands dysfonctionnements, notamment dans la transmission des informations, dans les demandes faites de différents services. On le voit avec ce terrible drame de Philippines.

Le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, qui déclare hier, c'est à nous, responsables publics, de refuser la fatalité et de faire évoluer notre arsenal juridique pour protéger les Français. S'il faut changer les règles, alors changeons-les. Eric Chuty, à vos yeux, qu'est-ce qui a dysfonctionné ?

D'abord, il faut peut-être changer les règles. Sûrement, et Bruno Retailleau a raison. Mais dans cette affaire, si la loi avait été appliquée, si les juges avaient pris les bonnes décisions, ce drame aurait été évité.

À quelle décision vous pensez ? Je pense à la décision du juge de la liberté et de la détention, qui est une décision d'opportunité, qui malheureusement était tragiquement erronée, puisque la remise en liberté, la veille, que le Maroc envoie le laissé-passer consulaire est une faute. Sauf que...

Est une faute. Sauf que, Eric Chuty, il n'avait pas le choix, juridiquement parlant. Non, non, non, c'est faux.

C'est faux. J'ai le...

Allez-y. Il avait totalement le choix. C'est faux.

C'est l'appréciation souveraine du juge. Il aurait pu très bien motiver sa décision par le dernier critère de la loi qui prévoit l'attente des mesures pour l'expulsion. Sauf que...

On attendait un laissé-passer consulaire. Il était en cours d'arriver. Donc, la décision est heureusement...

Je vais être très précise là-dessus. Heureusement qu'il y a des JLD qui prolongent jusqu'à 90 jours. Je vais être très précise là-dessus, Eric Chuty.

Donc là, il y a pour moi...

Parce que pour prolonger...

Il y a pour moi une faute et beaucoup de juristes...

Vous estimez que la faute, elle impute au juge...

C'est l'appréciation du magistrat. Il devra en rendre compte ? Je pense aujourd'hui que toutes les professions devraient avoir ce rendez-vous de responsabilité.

Les policiers, dès qu'ils commettent une erreur, ont ce rendez-vous de responsabilité. Pourquoi il n'y aurait aujourd'hui que cette corporation qui est totalement irresponsable ? Eric Chuty, on va être très précis.

En effet, un juge des libertés et de la détention a validé la sortie du centre de rétention du meurtrier présumé de Philippines. C'était le 3 septembre. Il y a trois critères selon lesquels un juge des libertés et de la détention peut prolonger pour la quatrième fois en l'occurrence le séjour dans ce centre de rétention.

Un, si l'étranger a fait obstruction à l'exécution d'office de la décision d'éloignement. Ça n'était pas le cas en l'occurrence. Deux, s'il a présenté une demande de protection contre l'éloignement ou une demande d'asile.

Ça n'était pas le cas en l'occurrence. Et trois, si la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison d'un défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat, le fameux laisser-passer. Ce critère aurait pu totalement...

Je ne suis pas d'accord avec vous. Pour une autre erreur. C'est vous dire combien il y avait une erreur.

Vous n'êtes pas magistrate, vous n'êtes pas juriste. Non mais en termes juridiques...

Heureusement, beaucoup de magistrats utilisent ce critère pour aller jusqu'aux 90 jours de rétention. Sauf qu'en l'occurrence, Éric Ciotti, une autre erreur, donc ce n'est pas pour dire que tout s'est bien passé, il y a une vraie erreur qui a été faite, mais l'erreur a été faite en amont. Vous le savez, on a perdu plus d'un mois parce qu'on s'est trompé de service pour appeler le Maroc et leur demander le laisser-passer.

Sur la demande du laisser-passer consulaire...

C'est ce mois perdu qui entraîne également à cela. Le juge, il ne fait qu'appliquer les règles-là. Non, il ne fait pas qu'appliquer.

Il a une liberté d'appréciation. Ça s'appelle l'individualisation de la décision judiciaire. Ce n'est pas automatique.

La préfecture n'a d'ailleurs pas fait appel de cette décision du juge des libertés des enfants. Mais il y a un principe constitutionnel, c'est l'individualisation. Moi, je conteste cette décision, mais au-delà, qu'est-ce que dit cette affaire ?

Cette personne est rentrée sur le territoire national. Elle commet un crime en 2019. Quelques jours après son arrivée.

Elle est condamnée en 2021 à 7 ans de prison. 2019 plus 7 ans, ça fait 2026. Pour moi, si la peine a un sens, cette personne aurait dû être toujours en prison.

Premier point. Il est libéré deux ans avant par automaticité de remise de peine. Je conteste, je l'ai toujours fait, et vous pouvez regarder mes amendements à l'Assemblée.

Depuis 2009, je conteste cette automaticité. Moi, quand on est condamné à un an de prison, on doit faire un an de prison. À 10 ans, on doit faire 10 ans de prison.

Autrement, nos concitoyens et les victimes ne comprennent plus rien. Deuxièmement, cette personne aurait pu purger sa peine au Maroc. Là aussi, il faut qu'on négocie avec les pays.

Il y a 25% des détenus qui occupent nos places de prison qui sont saturées et qui empêchent une bonne réponse pénale. Il faut qu'on négocie avec les pays. Ils nous envoient des étrangers.

Lorsqu'ils commettent un crime et un délit, on leur renvoie. C'est la prison et l'avion. Et à tout le moins, dès le jour de sortie, ça a été fait d'ailleurs, il faut que cette personne soit placée en centre de rétention et qu'elle y reste jusqu'à ce qu'elle soit expulsée.

En fonction de ce ne soit pas un nombre de jours, mais que ce soit en fonction du jour où le laissé-passer jusqu'à ce qu'un laissé-passer arrive. Il y a des pays, c'est plusieurs années. En Allemagne, aujourd'hui, c'est 6 mois.

Ça nécessitera, sans doute, une réforme constitutionnelle. L'Europe permet jusqu'à 18 mois. Pourquoi le JLD doit intervenir 4 fois pour renouveler en 90 jours 4 fois ?

Mais on perd du temps. Il y a des erreurs de procédure. Il y a des avocats qui exploitent tout ça. qui font libérer les taux de remise en liberté depuis les centres de rétention sont énormes aujourd'hui.

C'est presque 50%. Selon certaines villes, sortons certains cras, en fonction de la personnalité du JLD. Tout ça n'est pas normal.

Mais au-delà, il faut qu'on reprenne le cours de notre destin. Les Français, très majoritairement, qu'est-ce qu'ils nous disent ? Ils ne veulent plus de l'immigration.

Et qu'est-ce que...

La politique, pour moi, c'est du bon sens. Quand on est étranger, en situation régulière ou irrégulière, a fortiori, qu'on vient dans un pays, qu'on y commet un délit ou un crime comme un viol, mais on doit en être expulsé par tous les moyens. Même quand on est en situation régulière ?

Bien sûr. Bien sûr, parce qu'être en situation régulière...

C'est-à-dire que vous êtes en sursis, vous êtes régularisé, sauf si ? Oui. Si vous allez à l'étranger, vous, si vous allez en Algérie ou au Maroc ou en Tunisie que vous commettez un crime, vous croyez que vous allez y rester ?

Non. L'ordre est mieux défendu dans ces pays que chez nous. Que chez nous, d'ailleurs, j'ai vu cet été au Maroc que les autorités marocaines qui sont très soucieuses de l'ordre, et elles ont raison, je leur rends hommage.

D'ailleurs, elles ont bien joué le jeu dans cette affaire. Elles ont envoyé le laisser-passer consulaire. Et je les en remercie.

Les autorités marocaines se sont inquiétées de jeunes issus de l'immigration venant de France qui ont mis le bazar dans leur rue cet été avec des rodéos. Ça veut dire que nous, on a laissé faire qu'il y a trop de laxisme, qu'on n'écoute pas les Français. Donc la justice est laxiste pour vous, contrairement à ce qu'a affirmé Médidie Migaud.

C'est notre système qui est laxiste. Il faut remettre de l'autorité à tous les niveaux. Il faut écouter les Français.

Il faut du bon sens. Combien on a eu Lola ? On a aujourd'hui Philippines.

Quel prénom demain ? Vous savez, on a des centaines de milliers d'OQTF qui ne sont pas exécutés. On a des centres de rétention.

Il n'y a que 1 800 places pour 700 à 800 000 clandestins dans notre pays. C'est tout notre système qui est laxiste, dites-vous. Éric Ciotti, merci d'être venu à ce micro.

Président et fondateur du groupe Union des droites pour la République à l'Assemblée nationale et député des Alpes-Maritimes. Et du parti. 8h53 sur AMCBFM TV.

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