"Le programme d'Attal ne peut pas renverser la table" - Benjamin Morel
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Midih 14h Sud Radio, la France dans tous ses États, le fait du jour. La candidature à la présidentielle de l'ancien premier ministre Gabriel Atal a-t-elle des chances d'aboutir ? Est-ce le candidat de trop ?
Samedi, Gabriel Atal a présenté les quatre chantiers capitaux de son programme école, salaire, frontière et intelligence artificielle. La campagne commence tôt. On fait le point avec le politologue Benjamin Morel.
Bonjour. Oui, bonjour. Bonjour Benjamin Morel.
Merci d'être en direct sur Sud Radio aujourd'hui pour parler la candidature de Gabriel Atal. Bon, c'était un peu attendu. Il a choisi la ville de le mur de Baraz à la frontière du Cantal et de l'Avyon dans l'OBRAC pour lancer sa candidature.
On se souvient qu'il avait fait grand effet quand il avait fait une conférence de presse euh dans Tardageron, je crois, devant une mode de paille. Il trouve que la ruralité finalement la campagne, ça doit être pour lui la France profonde parce qu'il est très parisien est un symbole assez fort pour lancer une une [raclement de gorge] candidature à la présidentielle. Euh Benjamin Morel, il fait ça parce qu'il faut dans cet enjeu où il y a beaucoup de candidats et et il y aura qu'un gagnant, il est dans la position du Prums, je veux être le premier où ils se sont obligés de prendre position par rapport Édouard Philippe le plus tôt possible pour pouvoir avoir une légitimité.
Quel est le calcul qui explique qu'il soit lui là le premier à avoir déclaré dès aujourd'hui, dès le mois de mai, sa candidature à la présidence de la République ? Le calcul en effet, c'est que bah il s'agit de poser très en amont une candidature pour lui donner le temps de prendre hein. Considérant que bah aujourd'hui d'un point de vue sondagier, il est un petit peu en retard notamment par rapport à Édouard Philippe qui dans cet espace politique est son principal concurrent.
Donc on peut considérer que c'est très tôt hein. Souvenez-vous Emmanuel Macron en pour les élections de 2017, il ne se déclare qu'en décembre 2016 à la même période les primaires de la droite et de la gauche tu avait pas encore eu lieu. Donc on a une campagne qui est une campagne extrêmement marathon, hein.
C'est-à-dire que c'est très très loin en fait l'élection encore quoi qu'on en pense. Et donc là, il s'agit de s'imposer et ça démontre quelque chose qui en fait la fin des grands partis qui filtrait ces candidatures. Là bah il faut partir tôt pour espérer s'imposer pour espérer un retrait de ses concurrents.
À défaut d'avoir une instance de filtre cette instance de filtre Nagar est parti. Pourtant vous savez bien Benjamin Morel que le calendrier a une histoire. Il faut pas partir trop tôt, faut pas partir trop tard.
Dans l'histoire de France et dans les récentes candidatures à la présidentielle, on a vu que certains étaient partis trop tôt, d'autres trop tard et que c'était peut-être à l'origine de le de leur échec. Là, le calendrier, il est fixé par quoi ? Il faut prendre la place, il faut prendre la place du candidat officiel de la Macronie.
Il sait très bien qu'Edouard Philippe ira. Ça veut dire que il va y avoir un duel entre les deux hommes et que ce sont les sondages qui les départageront car on suppose Benjamin Morel qu'ils ne se maintiendront pas les deux euh sachant que ça serait un échec garanti pour le pour le clan de la Macronie. Bah ça il faut voir hein pour l'instant ce qu'ils disent c'est que et bien dans la dernière ligne droite s'il y a un risque d'opposition Renne contre la FI au second tour he le si a toute son importance à ce moment-là l'un des deux devra se retirer.
Faut bien comprendre que le problème d'une campagne marathon, c'est que ça coûte de l'argent c'est-à-dire que là on a plusieurs grands meetings qui vont être tenus. Il y en a déjà certains par Gabriel Atal. Tout ça coûte de l'argent.
Si vous ne vous présentez pas, il y a aucun remboursement public. Et donc quand vous partez très très tôt, vous engagez des frais et ces frais, ils peuvent être en pure perte. Et donc plus on avance proche de l'chéance, plus vous dépensez, plus le coût du retrait devient extrêmement important.
Donc avec une campagne qui commence au mois de mai, se retirer en février pour des candidats qui auront déjà à ce moment-là beaucoup dépensé risque d'être compliqué. Donc il y a un risque de maintien jusqu'au bout, notamment si à ce moment-là la pression d'électorat n'est pas si forte. Sachant que bah on l'a vu la dernière fois quand des rien n'est fait au mois de février.
Au mois de février, vous pouvez encore avoir des candidats qui s'envolent, d'autres qui s'effondrent et donc dans ce cadre là, on peut avoir un suspense jusqu'au bout, y compris dans cet espace central. Évidemment. Alors cela dit, pour les comptes de campagne, en terme de trésorerie, Gabriel Latal, secrétaire général de Renaissance, a beaucoup plus de moyens qu'Edouard Philippe avec son parti Horizon et on sait que si l'un des deux ne fait pas 5 %, ils ne sont pas remboursés.
Donc il y a quand même un enjeu financier énorme dans cette candidature. [grognement] Oui, tout à fait. Mais si vous ne vous présentez pas jusqu'au bout, en fait, si vous déposez vos 500 signatures, hein, si jamais certains de vos auditeurs envisagent la campagne, si vous déposez vos 500 signatures, vous êtes certain d'être remboursé d'un minima 800000 €.
Si vous faites euh 5 %, vous êtes remboursé potentiellement à 50 % du plafond, c'est-à-dire environ à 8 millions d'euros. Et donc à partir de là, ben le fait de ne pas présenter sa candidature signifie que vous n'avez que zéro remboursement. Et donc plus vous avancez, plus en fait le coût du retrait devient important parce que plus vous avez dépensé en pure perte sans aucun espoir de remboursement public.
Vous pensez Benjamin Morel que pour l'instant le camp de la Macronie va se résumer à ces deux candidats ou il n'est pas écarté qu'un troisème Laron vienne jouer le disant ben je vais mettre tout le monde d'accord, j'y vais aussi ou pour l'instant on va rester sur Gabriel Nathal Édouard Philippe ou tel que vous connaissez le personnal le personnel politique, il pourrait y avoir une une ambition une comme ça une initiative inattendue. Il peut y avoir des ambitions et des initiatives, hein, mais vous allez me croire obsédé par l'argent. Mais euh si jamais vous voulez faire une campagne, c'est à minimum c'est minimum 8 millions d'euros à peu près.
Et ça faut que 8 millions pour faire une campagne entre 5 et 10, on est d'accord. Voilà. Et donc euh il faut que des banques vous prêtent.
Si jamais vous faites un score euh inférieur à à peu près 7 % en temps habituel à l'automne, aucune banque ne va vous prêter l'argent pour faire campagne équipe plus. Bah les deux gros véhicules que sont Renaissance et Horizon qui peuvent éventuellement avoir un peu de fond propre aujourd'hui sont pris par des candidats qui a priori ont envie d'y aller he Gabriel Atal Édouard Philippe. Alors, il y a une caisse du côté du modèem éventuellement, mais dans cet espace central, on va dire que les sources financières pour y aller sont très réduites.
Et donc, c'est pour ça que la possibilité d'une candidature autre venant de cet espace là aujourd'hui apparaît relativement limité et qui plus est la base électorale. Il y a pas de réserve dans l'abstention. Donc, par définition, ce serait un jeu perdant perdant parce que ça ne draînerait probablement pas de nouveaux électeurs dans cet espace central.
D'ailleurs Benjamin Morel qui avait payé les deux gamelles de Annie d'Alg et de et de Valérie PC et 245 et 240. [grognement] La Did Dalgo et de Valérie Pecrè c'est qu'elle s'appuyait quand même sur des parties qui ont un peu d'argent. Alors Valrest, il a fallu mettre un peu de de de temps un petit rajout mais il faut bien comprendre que aujourd'hui si on regarde par exemple ce qui se passe au centre gauche si on décale un peu de notre regard en fait quel est le but de la bataille picrocoline pour une primaire ou pas de primaire et cetera c'est une chose c'est récupérer en fait la caisse du PS le PS est le seul parti qui peut financer à peu près une campagne dans l'espace social-démocrate.
Et donc il y a pas de Hollande 2027, il y a pas de Clémentin 2027, il y a même pas de François Ruffon 2027 sans soutien du PS parce qu'en fait il y a pas de caisse de guerre qui permettrait de porter cette ces candidatures. C'est pour ça que tous les candidats dont on entend parler aujourd'hui, ben avant d'y aller, il va y avoir d'abord le filtre des juges he que ce soit du côté du Rassemblement national ou potentiellement du côté d'autres candidats va ensuite avoir à l'automne le filtre des banques et puis bah il y aura le filtre des sens en signature. Ça fait que donc vous entendez les candidats n'iront peut-être pas en effet jusqu'au bout.
Benjamin Moret, nous aurons le temps de vous recevoir ici dans d'autres émission pour pour discerter sur ce ce sujet. Vous avez vous avez fait là un tour d'horizon assez assez précis du paysage qui nous attend. Revenons sur le fond.
Le programme de Gabriel Tal euh il casse trois pattes ou deux pattes à un canard car je suppose que lui c'est de dire mon programme ne sera pas celui d'Edouard Philippe. Quand on le regarde, on voit [grognement] pas bien en présage de rien. Je ne trouve rien de vraiment on renverse pas la table, vous êtes d'accord. même s'il a des termes assez précis, il y a un peu de il y a un peu de fougue, mais enfin voilà, les réformes qu'il proposent sont celles que lequelles tout le monde s'attend et que tout le monde propose.
Oui. Et c'est un programme si vous voulez qui peut pas renverser la table pour une raison simple, c'est que il s'appuie sur une base électorale qui n'a pas envie de renverser la table. Au bout du compte, la base électorale la plus conservatrice en terme notamment de politique économique, ça reste le l'espace central parce que c'est l'espace qui n'a pas vraiment intérêt à une révolution.
Donc à partir de là, il faut être révolutionnaire dans la communication, donc disons qu'on va casser la baraque en effet et en même temps être relativement conservateur dans les perspectives que euh on met en place. Il y a un élément d'inflexion importante tout de même avec Édouard Philippe, c'est les sujets sociétaux. Euh et d'ailleurs, on a une communication aujourd'hui, une petite lutte sur la question de la GPA entre les différentes tendances de la majorité.
Il s'agit de montrer que l'athalisme serait un entre guillemets progressisme sociétal là où Édouard Philippe s'encend plutôt historiquement à droite et sur une logique qui est une logique plus traditionnelle. Mais bon, c'est pas non plus un effet levier électoral important si vous voulez. Ce qui est le témoignage d'une faiblesse en réalité.
C'est-à-dire que pour Gabriel Atal, il y a un vrai problème de définition d'électorat. Tout à l'heure, vous vous moquiez gentiment parce que je vous connais un petit peu Perico de son rapport au territoire. Bah en effet, c'est-à-dire que les électeurs du périurbain et du rural qui votent Ren vont jamais aller voter Gabriel Atal parce qu'il est monté sur une botte de paille.
Donc là, on a une forme d'au d'échec, c'est-à-dire que en allant chercher des électeurs qu'il ne peut pas vraiment aller chercher, en surjouant des codes qu'il n'a pas, il montre que là-dessus l'espace politique qui est le sien est quand même assez réduit, assez peu extensible et qu'à partir de là, ben il essaie de donner des signaux en terme de communication dont on ne voit pas réellement la tradition la traduction électorale possible. Alors justement quand on est au centre, il faut ratisser l'arge. C'est bien connu, c'est un candidat de rassemblement.
Comment ratisser l'arche quand on a deux extrêmes qui sont le RN et la France insoumise ? Donc une partie de Français qui sont en crispation, en colère, comment séduire une partie de cet électorat dont on a forcément un peu besoin ? Ce sont deux analyses deux visions de la France totalement irréconciliables.
On peut ratisser l'arg aujourd'hui quand on est à la situation de Gabriel Natal ? Bah on peut tenter de ratisser l'âge au de ratisser large au deuxème tour. C'està-dire que si vous trouvez face au règne, vous allez chercher l'électorat de gauche et cetera et viceversa.
Mais en revanche, au premier tour, c'est compliqué parce qu'il faut bien comprendre que l'électorat centriste, il est très limité démographiquement. Pour l'instant, on est au premier tour. Il Ouais, exactement.
Il est plutôt vieillissant. On parle de 20 à 25 % de l'électorat. Qu'est-ce qui fait Macron en 2017 ?
Ce qui fait Macron en 2017, c'est une primaire à gauche avec un candidat polarisé qui est Benoît Amont. Une primaire à droite avec un avec un candidat très polarisé et avec des boulés au pied qui est François Fillon et le retrait de François Baïou. Il y a l'électorat centriste, 20 à 25 % de l'électorat qui est orphelin et il y a une personne qui peut capitaliser dessus.
Il s'appelle Emmanuel Macron. Là, cet espace, il s'est plutôt réduit démographiquement depuis 10 ans et ils sont sur la base sociologique de cet électorat, mais à peu près quatre. Raphaël Luxman, Gabriel Atal, [gémissement] Édouard Philippe et Bruno Retaillot.
C'est pas les mêmes lignes mais c'est la même base électorale visée. Et donc une fois que vous avez dit ça, bah il devient très très compliqué pour un candidat d'exister et d'envisager faire un bon score face à un espace en restricissement et en plus euh et bien avec surabondance de candidats. Benjamin Morel, vous savez que le thème de cette radio c'est le parlon vrai.
Je connais votre sagacité, votre expérience. Je vais pas vous demander un pronostic, ça serait trop bête. Je vais vous poser une question simple à laquelle vous allez répondre avec votre, j'allais dire votre précision et vos convictions.
Est-ce que le résultat de mai 2027 peut-être différent de ce qu'on escomte aujourd'hui ? Est-ce qu'il peut y avoir dans la mesure où il y a un flou un peu général, est-ce qu'on peut avoir quelque chose qui soit totalement différent des scénarios aujourd'hui envisagés ? Oui, il peut y avoir beaucoup d'accidents électoraux hein aujourd'hui.
En plus, on a des candidats qui sont des candidats relativement faibles. Il y aura le choix entre Marine ou Jordan Bardella ou Marine Le Pen Jordan. Déjà ça va être une donne importante semble.
Voilà. Exactement. Ça change complètement la chose parce que vous avez des fragilités de candidatures qui sont très différentes l'un par rapport à l'autre.
Ensuite euh il y a la question de est-ce qu'on aura euh à nouveau un phénomène Mélenchon comme on a eu les dernières fois, c'est-à-dire une capacité de la candidature Mélenchon de passer de 10 à 20 % en quelques mois. Ça, on a vu deux fois. Ou un phénomène Macron comme en 2017, c'est-à-dire un peu l'inconnu qui sort et qui qui ramasse la mise.
Alors, ça c'est une possibilité à ceci près que comme on disait tout à l'heure, ce qui fait Macron, c'est pas seulement le talent de Macron, c'est un espace électoral qui s'ouvre. Là, ce qu'on peut constater quand même, c'est que dans l'espace central, il y a plétor de proposition et que donc l'espace politique pour une nouvelle candidature est pas tout à fait évidente pour l'instant, mais il peut se passer encore beaucoup de choses entre encore une fois qui sera sur la ligne de départ bien malin, celui qui peut le dire aujourd'hui et de l'autre côté les accidents de campagne entre les affaires judiciaires et les candidatures qui s'effondrent. Beaucoup de choses encore se passer donc je ne prendrai pas de pronostic.
Espérons Benjamin Morel et je pense que vous partagez cette opinion que nous aurons une vraie campagne politique avec les vrais enjeux d'avenir de la France et pas des enjeux entre le diable ou le ou le choléra et la guerre la guerre d'Ukraine qui pollue tout hein, qu'on ait un vrai débat au sein de du peuple français pour savoir ce que quelle France on rêve et on a envie. Exactement. On a besoin de faire des choix de faire des choix.
Merci Benjamin Morel d'avoir été en direct avec nous et je ne doute pas que j'aurai certainement besoin d'avoir vos avis sur l'avenir de la politique française.
Gabriel Attal