La Royal Family : une passion française ?
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Bonjour à tout le monde et welcome dans ce débat de midi consacré à la famille royale britannique. Pas une semaine sans qu'on ne voit la trombine des personnages qui la composent dans les journaux. Tiens ce matin encore celle du prince Harry qui annonce un livre pour l'an prochain où il racontera son histoire haut et bas compris, dit-il. Je parle de personnages parce que s'ils n'étaient pas réels, ils pourraient être chacun les héros d'une saga et les créateurs de la série The Crown sur Netflix ne s'y sont pas trompés. Des amours passionnés, des trahisons, des drames, des mariages de rêves, des palais, des cachotteries et des potins. Le tout sur fond d'histoire avec un grand H.
Il y a tous les ingrédients avec la tête d'affiche, tête couronnée le 2 juin 1953. La reine Elisabeth II, devenue avec sa malice et ses tenues colorées, une icône cool et pop encore à 95 ans. Mais qu'adviendra-t-il de cette famille au sourire parfait sur le balcon de Buckingham une fois que la reine ne sera plus ? Quel avenir pour la monarchie britannique dont les codes, les protocoles et le conservatisme sont aussi critiqués et bousculés ? Et d'où vient cette fascination qui semble traverser les époques ? Passion royale family, c'est le programme jusqu'à 13h.
Camille Crenier Le débat de midi Sur France Inter Lady Diana Un véritable conte de fête pour cette jeune fille qui était, paraît-il, amoureuse du prince Charles depuis l'âge de 11 ans. Et nous avons entendu les médias qui étaient complètement fascinés par tout ce qu'on a fait. Et Anna's Horribilis Édition spéciale après la disparition tragique la nuit dernière, disparition accidentelle de la princesse Lady Diana, 36 ans donc, qui est morte à Paris dans un accident de voiture. Dans une robe de tulle et de dentelle, Catherine Elisabeth Middleton s'avance au bras de son père vers l'hôtel de l'abbaye de Westminster. C'est assez incroyable.
Je veux dire, j'ai les deux meilleurs gars du monde, donc je suis vraiment heureuse. Le cercueil du prince Philippe entre dans la chapelle Saint-Georges de Windsor, portée par les royales marines.
God Save the Queen, en punk ou en classique, pour ouvrir cette émission et un résumé des 68 dernières années. Résumé non exhaustif, bien sûr, sinon il y en aurait pour des heures. Et je pense que mes invités ne diront pas le contraire. Bonjour Jérôme Caron.
Bonjour.
Grand reporter et spécialiste de la famille royale au magazine Point de vue, qui a fait combien de couvertures avec la famille depuis son existence, depuis le couronnement de l'arène en tout cas ?
Je serais incapable de vous dire, ça fait 75 ans que Point de vue existe. Il s'est plutôt orienté vers la monarchie au début des années 70, après avoir été un équivalent de Paris Match. Bref, ce que je peux vous dire en revanche, c'est que depuis un grand nombre d'années et plus que j'y suis, on est à une moyenne de une à deux couvertures, une couverture par mois minimum en tout cas.
Bonjour Philippe Chassaigne.
Bonjour.
Vous êtes en direct de Bordeaux, professeur d'histoire contemporaine et particulièrement l'histoire du Royaume-Uni à l'université Bordeaux-Montaigne. Donc à peu près incollable vous aussi sur cette sacrée famille dans tous les sens du terme ?
Incollable je ne sais pas, mais enfin bon, à force d'en parler, de travailler dessus, je pense que je connais quelques éléments en effet.
On va vérifier ça dans un instant. Linda Match, bonjour. Bonjour. Vous êtes styliste et vous avez créé le blog dans le boudoir de Kate, donc vous avez une vraie passion, on peut le dire. Oui, exactement. Moi j'ai créé le site référent français dans le boudoir de Kate Middleton qui est dédié à l'actualité de la Duchesse de Cambridge. Je mets aussi l'accent sur l'analyse de sa garde-robe parce que ses tenues fascinent les femmes de la planète. Donc je donne quelques conseils. Mais vous parlez de la famille en général aussi ? Exactement, oui, je suis l'actualité royale, j'y suis bien obligée. Kate couvre de très nombreux engagements, elle est suivie, elle est déjà reine.
Et enfin live, attention, on va voir si ça sera d'accord, on en parlera aussi. Live from London, Alexander Seale, bonjour.
Hello, bonjour. Oui, cette famille royale me passionne beaucoup.
Oui, alors vous, vous êtes journaliste correspondant pour plusieurs médias français à Londres. Les médias français qui traitent l'actualité de la famille royale autant que les anglais ou quand même un petit peu moins ou peut-être plus, je ne sais pas.
Peut-être autant que les anglais. A mon avis, autant que les anglais. Peut-être on a vu ça avec le mariage royal en 2018. Et après, on a vu ça avec le décès du prince Philippe et l'inauguration de la statue de Diana récemment.
Et on va essayer de comprendre d'ailleurs pourquoi les français sont eux aussi autant passionnés par cette monarchie britannique. Jérôme Caron, d'abord je le disais, comme dans toutes les bonnes histoires, il y a de bons personnages. Est-ce qu'on peut donc déjà présenter rapidement la galerie un petit peu de ceux qui composent cet univers ?
Donc à la tête, comme vous le disiez, vous avez la reine Elisabeth II qui a 95 ans, qui a eu 4 enfants, parmi lesquels Charles qui est son héritier direct, le fils aîné, qui lui-même a eu 2 enfants, William et Harry avec la princesse Diana. Et donc on va rester sur la ligne directe parce que ce sera plus simple. Donc ça c'est l'ordre de succession de la monarchie britannique. Tous ces personnages jouent un rôle de premier plan au sein de l'institution. Ils sont les garants et les représentants de cette institution qui existe depuis 1200 ans maintenant.
Philippe Chassaigne, est-ce que la famille royale britannique a toujours été aussi connue ? Avant la reine Elisabeth II, c'était comment ?
Si vous voulez dire au public français, oui. Depuis le règne de Victoria, chaque fois qu'un souverain britannique s'est rendu en France, ça a suscité un énorme intérêt de la part de la population de notre pays. Je vous prendrai l'exemple du... Alors c'est pas le premier, c'est le deuxième voyage de Victoria à Paris en 1855. Où elle fait l'objet d'un accueil populaire extrêmement favorable, en positif. Il y a un épisode, c'est qu'elle se rend aux Invalides devant le tombeau de Napoléon avec son fils, le futur Édouard VII, le prince de Galles, et qui s'agenouille devant. Devenu roi, prince de Galles, Édouard VII se rend à Paris en 1903.
Et là encore, l'accueil au départ est frais, on est quand même dans une période très anglophobe. Et il s'est retourné l'opinion en sa faveur. Et l'année suivante, ce qu'on appelle l'entente cordiale, est signée entre les gouvernements français et britanniques. En 1938, le roi Georges VI et la reine Elisabeth, donc les parents d'Elisabeth II, se rendent à Paris pour resserrer l'entente diplomatique et militante entre les deux pays alors que les dangers s'accumulent. Et à nouveau, très grand accueil. Et puis la reine, on s'est rendu en France en 1957, 1972 et 92, 2014, si je me souviens bien.
2014, c'est la dernière fois.
Voilà, chacune de ses visites, ça ce sont des visites officielles, il y en a eu d'autres privées. Et chacune de ses visites a suscité un très fort en train. En 1992, elle est venue ici à Bordeaux et donc pendant deux jours, ça a été aussi un grand succès populaire.
Linda Mach, à vous vient d'où votre passion Royal Family et Kate en particulier, mais la famille en général ? Alors la famille royale, moi j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour la reine Elisabeth. C'est un personnage qui est connu dans le monde entier. Je me demande bien comment le monde réagira le jour de sa disparition, puisqu'elle est, tout le monde la connaît, tout le monde a grandi avec elle. Bon, moi j'admire sa garde-robe, j'admire sa rectitude, son sens du devoir. Elle a promis de servir son pays. Et il est vrai que, me revient en mémoire, une fameuse phrase de Lord Beaverbrook, qui avait lui, en son temps, prophétisé la disparition de la monarchie.
Il avait dit, je crois, la monarchie britannique disparaîtra dans un baillement d'ennuis. Et force est de constater qu'elle s'est renouvelée, qu'elle s'ancrée à la société moderne, que c'est l'ère aujourd'hui, l'âge du bonheur, avec les mariages, les naissances, les joies, les peines, puisque le prince Philippe est décédé récemment. Mais donc, ce qu'on disait tout à l'heure, le côté un petit peu série réel, en fait, de personnages avec différents, comme vous dites, des joies, des peines, ça, ça vous intéresse aussi ? Ça m'intéresse, parce que c'est un Dallas royal. On a un super casting chez les Windsor.
La femme trompée, le mari infidèle, les pièces rapportées, l'introduction des roturières, la duchesse de Cambridge et de Sussex. La famille royale a su se moderniser. Si vous voulez, son devoir, c'est de durer. Donc, pour durer, il faut se moderniser. Et elle a ouvert ses rangs, justement, à des personnes qui n'étaient pas issues de la noblesse. Alexander Seale, les Anglais dont vous faites partie, qu'est-ce qu'ils pensent des étrangers et donc particulièrement des Français qui s'intéressent autant à leur monarchie, à votre monarchie ?
Les Anglais, ils estiment qu'ils ne parlent pas beaucoup, mais il faut regarder vraiment la télévision française ou la presse française pour voir ce que disent la presse française à propos de la monarchie et c'est ce que je fais avec mon métier. Et ils font un point positif avec cela. Et je suis tout à fait heureux. Et par exemple...
Pardon, il n'y a pas un côté bizarre ? Excusez-moi, il n'y a pas un côté bizarre ? Vous ne vous dites pas qu'est-ce qu'ils ont à s'intéresser autant à nous ? Vous, vous ne vous intéressez pas forcément à ce qui se passe de notre côté ?
Non, pas du tout, parce que la reine, elle est parfaitement francophone. Elle a connu pratiquement tous les présidents de la République. Donc, je crois... Non, la reine, en fait, c'est un personnage qui appelle. Elle n'a pas de position, elle n'a pas de parti pris dans le paysage politique britannique. Donc, je crois que c'est ce que les Français aiment bien chez la reine d'Angleterre. Quand elle a fait des discours sur le Covid récemment, elle a apaisé la nation. Et c'est ce que les Français aiment bien, en fait.
C'est ça, vous pensez, Jérôme Caron ? Il y a aussi ce dont parlait Linda Mache, tous les ingrédients qui font un Dallas, comme elle le disait.
Il y a plusieurs phénomènes qui peuvent expliquer la fascination des Français pour la monarchie britannique. D'abord, il y a un phénomène d'identification réelle. C'est une famille, mais c'est une famille au grand jour. C'est une famille dont les difficultés, comme dans toutes les familles, les pièces rapportées, comme le disait Linda, sont exacerbées par le cadre doré. Donc, vous avez un décor extraordinaire avec une vie ordinaire, mais qui ne peut pas être ordinaire parce que le décor est extraordinaire. C'est presque schizophrénique, quelque part.
Et beaucoup de membres de la famille royale ont du mal, ou tout au moins, parfois, préfèrent se retirer, ou tout au moins, se décaler de cette espèce de grand système extrêmement écrasant. Ensuite, la France a toujours eu des monarques, a toujours eu une fascination pour leurs monarques, et nous n'en avons plus, ou tout au moins, nous n'en avons plus de totalement déclarés. Sans porter aucun jugement sur le bon ou le mauvais côté de cette chose-là, il nous reste les châteaux, mais ils sont inhabités. Ce sont des patriments.
Est-ce que c'est la monarchie en elle-même, ou est-ce que c'est le fait que ce soit cette famille comme ça ? Est-ce que ce serait une famille très riche, mais qu'il n'y aurait pas de roi de reine ? Ce ne serait pas une monarchie ? Est-ce que ça ne pourrait pas être la même chose, presque ?
Non, parce qu'il y a un côté sacré, il y a un côté éternel. On les suit depuis, on peut en parler. Vous pouvez parler de la reine d'Angleterre avec votre grand-mère, elle sait qui c'est. Vous pouvez parler de Meghan Markle avec votre petite cousine, elle sait aussi qui c'est. Ça englobe un spectre extrêmement large de générations. Toutes les générations. Et ça perdure. Vous pouvez, comme le disait Philippe Chassagne, on peut suivre exactement d'où viennent-ils. C'est très rare d'avoir une généalogie qu'on peut s'approprier, même si ce n'est pas la nôtre.
Philippe Chassagne, justement, la revue des deux mondes, qui est un mensuel, consacre son numéro de juillet à la monarchie britannique et titre « Le sacré qui nous manque ». Et donc vous parliez à l'instant Jérôme Caron. Est-ce que vous, Philippe Chassagne, vous pensez qu'il y a cette dimension sacrée qui nous est renvoyée et peut-être qu'on compense par une monarchie détruite chez nous aujourd'hui ?
La dimension sacrée, elle est très importante en effet, parce qu'il ne faut pas oublier que lorsqu'il y avait des rois en France, le roi de France était avec le roi d'Angleterre le seul à être sacré dans toute la chrétienté, c'est-à-dire de recevoir l'onction. Et les autres souverains étaient couronnés, mais le roi d'Angleterre et le roi de France étaient sacrés. Bon, à Reims, le roi de France, c'est donc la vie de Westminster pour le roi ou la reine d'Angleterre.
En 1953, lors du couronnement de la reine Elisabeth II, le moment de l'onction, justement, est le seul moment que les téléspectateurs, puisque, tout le monde le sait, le couronnement a été retransmis en direct à la télévision, l'onction est le seul moment que les téléspectateurs n'ont pas pu voir. Et un dédor a été placé entre les caméras et la reine Elonction a eu lieu à l'abri du regard des caméras. Et les Français, bon, ben oui, se souviennent quand même que, consciemment, inconsciemment, au moins ils l'ont repris dans les livres d'histoire, à l'école primaire, au secondaire, que nos souverains étaient sacrés. Et donc, cette image du sacré, vous le disiez, nous est renvoyée.
Et je pense que ça contribue à expliquer l'intérêt des Français pour cette institution, pour la monarchie britannique et pour la famille qu'il incarne.
Est-ce qu'il n'y a pas aussi une histoire de miroir, Linda Mache, sur aussi le fait qu'ils ont des problèmes, ils ont des scandales, ils ont des choses qui ne vont pas, et quelque part, on se dit, comme disait Jérôme Caron, il y a un côté réel-irréel, c'est-à-dire qu'il nous ressemble tout en étant totalement à l'opposé de ce qu'on peut être dans notre vie à nous. Oui, comme je le disais précédemment, c'est une parfaite surface de projection pour tout à chacun.
Mais outre la dimension de sacré, cette idée aussi de la famille, il y a aussi, enfin, moi, je vais donner un peu mon sentiment, pourquoi j'aime cette famille, pourquoi je suis passionnée par l'actualité de la famille royale d'Angleterre, c'est aussi parce qu'elle est dépositaire d'un art de vivre, d'un art de vivre à l'anglaise, la cérémonie du thé, les scones, enfin, les délits sucrés. Mais justement, pardon, c'est un apparat qu'en France, les dorures aussi, les carrosses, etc., c'est un truc qu'on n'aime pas du tout, en tout cas, quand ça se passe en France.
Écoutez, la reine a été la première surprise lors de sa dernière visite, elle a été accueillie par le président François Hollande, elle a été ovationnée le jour de l'inauguration d'un square qui porte son nom, et elle était vraiment très étonnée parce qu'elle a vu les Français l'acclamer, et elle a eu ces mots, elle a dit au président Hollande, « Mais écoutez, je ne comprends pas ce qu'ont les Français, il m'acclame, mais vous avez coupé la tête à vos monarques, mais pourquoi m'acclame-t-il ? » Jérôme Caron.
Il l'acclame parce qu'il y a vraiment une fascination, et en effet, il y a un soft power, il y a une espèce de Marc Windsor, il y a une volonté d'exporter, en fait, l'Angleterre à travers la famille royale.
Mais pardon, mais si, excusez-moi, je vous coupe, mais si notre chef d'État, évidemment, on n'a pas de monarchie, mais si notre chef d'État se mettait à avoir un peu des protocoles, comme à la famille royale, ça ne passerait pas du tout dans la société française ?
Non, parce qu'on vote pour lui, et parce qu'il a du pouvoir exécutif, direct, législatif.
C'est le fait qu'elle n'ait pas de pouvoir qui change tout ?
Quelque part, ça la rend intouchable, puisqu'elle ne prend jamais partie de manière officielle. Après, de manière subtile, il y a beaucoup de fois où elle a fait passer un avis, où on a compris que des choses lui plaisaient ou ne lui plaisaient pas, notamment, c'est opposé à Margaret Thatcher plusieurs fois. Mais le président français, la Vème République, est considérée par certains comme une forme de monarchie constitutionnelle. Le président est tout puissant, il nomme, j'ai décidé de dissoudre l'Assemblée nationale, comme le rappelait Jacques Chirac. Donc, ce pouvoir-là peut être tout de suite interprété négativement ou positivement, selon le camp dans lequel vous vous souhaitez.
Alors que la princesse Elisabeth II, comme le disait Alexander Seel, au moment de la pandémie, elle réunit tout le monde. Elle n'a jamais autant parlé lors de la crise du Covid-19 qu'elle ne l'a fait, lors de son règne, pratiquement. Elle a parlé trois fois, c'est énorme. C'est des prises de parole publiques qui sont extrêmement rares. Et elle réunit tout le monde. C'est son fardeau, quelque part, parce qu'elle ne peut pas exprimer ses opinions. Et en même temps, c'est ce qui fait qu'elle dure, et c'est ce qui fait qu'on lui pardonne, ou tout au moins que tout le monde les suit.
Allez, on parle de la famille royale britannique aujourd'hui, dans le débat de midi, réalisé par Valérie Ayestara et préparé par Adrien Nazelli, avec Sophie Perroigué, très fan de la famille royale. Et puis Antoine Gomez est à la technique.
Tiens ! Quand winter comes, c'était Sir Paul McCartney,
un oubli par la reine, en 1996. Et si je vous parle de la reine d'Angleterre, c'est parce qu'on parle de la famille royale d'Angleterre aujourd'hui, dans le débat de midi. Tiens, d'ailleurs, Philippe Chassaigne, en quoi la reine Elisabeth II se détache aussi, quand même, de Victoria, selon vous ? Est-ce que, peut-être, tout a commencé au moment de son couronnement, déjà, quand elle a accepté, contre l'avis, je crois, de Churchill, que ce soit diffusé à la télévision, c'était déjà un signe de dire, « Attention, moi, je vais faire avancer les choses et je vais être différente ? »
Enfin, c'est un tout petit peu plus complexe, parce qu'en fait, lorsque l'idée de transmettre le couronnement texte à la télévision était avancé, la reine était contre, parce qu'elle pensait qu'elle ne supporterait pas la pression que ça allait impliquer. Et, en fait, c'est son mari, le Duc d'Edimbourg, qui, lui, toujours partisan des nouveautés, de secouer un peu le cocotier, comme on dirait familièrement, a insisté pour que le couronnement soit retransmis en direct à la télévision. Donc, voilà, effectivement, c'était une innovation, enfin, un élément tout à fait neuf.
Évidemment, ce n'était pas possible pour ces protestants, puisque la télévision, même pour Georges de Cisse, la télévision n'existait pas.
La reine, quoi qu'il en soit, est un personnage très particulier, Philippe Chassaigne.
Oui, elle a été soulignée à plusieurs reprises, le fait qu'elle n'exprime pas publiquement ses opinions politiques, et c'est vrai, à la défense de Victoria, qu'elle ne se gênait pas pour les faire connaître. Mais c'est justement la raison pour laquelle la monarchie a pu survivre aussi longtemps, enfin, en Grande-Bretagne, alors que dans d'autres pays, les monarchies ont été balayées. C'est parce que, depuis le XIXe siècle, le souverain britannique est au-dessus des partis. Et cela, Elisabeth II l'a appris de son père, Georges VI, et elle l'a merveilleusement appliquée depuis qu'elle est montée sur le trône en 1952. En revanche, la reine doit être à... Elle doit incarner l'unité de la nation.
Elle doit incarner, quels que soient ses propres sentiments, les joies et les peines de la nation. Et on l'a vu très nettement en 1997. Lorsqu'au départ, la reine et la famille royale restent à Balmoral, etc., ne réagissent pas. Là, les britanniques ne sont pas contents.
À la mort de Diana, évidemment.
Voilà, à la mort de Diana. Et lorsque la famille royale revient au palais de Buckingham, et lorsque la reine et le prince Philippe sortent devant les grilles du palais de Buckingham pour examiner, regarder les centaines et les milliers de bouquets de fleurs déposés, à ce moment-là, il y a un renversement de l'image de la monarchie dans l'opinion et c'est le retour de la Côte d'Amour.
Parce que quoi ? C'était une erreur ? Jérôme Caron, ça a été évidemment mal vu qu'il n'y ait pas de réaction ?
Bien évidemment, ça a été très mal vu. Personne n'aurait pu imaginer... En tant que professionnel, nous, on sentait que ça montait. C'est-à-dire qu'il y a eu l'été précédent, il y a eu énormément de photos qui ont été publiées, Diana en maillot de bain léopard, sur le yot de Dodi Al-Fayed, on sentait que si on était vraiment sur le coup, ça montait, ça montait. En revanche, personne n'aurait pu imaginer que ça se termine comme ça, d'une part.
Et d'autre part, personne n'aurait pu imaginer la ferveur, l'espèce d'appropriation de cette douleur par le monde entier, où tout le monde, absolument partout, pleurait, écrivait des petits mots, en effet, qui étaient laissés devant le palais de Buckingham. Les journaux britanniques, à cette époque-là, faisaient 30 pages tous les jours, précédant la cérémonie, avaient 30 pages sur cette actualité-là. C'était énorme. Et donc, ça a surpris tout le monde, et ça a montré l'impact énorme qu'a toujours la famille royale.
Et on va écouter, justement, la princesse Diana, c'était en 1993, donc 4 ans avant sa mort. Elle expliquait qu'elle ne s'attendait pas à attirer autant l'attention.
Traduction, quand j'ai commencé ma vie publique il y a 12 ans,
j'ai compris que les médias s'intéresseraient peut-être à ce que j'allais faire, mais je n'avais pas conscience de combien cette attention deviendrait écrasante. Notre-Alexander Seale, cette attention, elle était particulière de la part des médias britanniques ou de la part des médias du monde entier ? Et peut-être même les Britanniques qui essayaient de la préserver ? Non, parce que les tabloïds ont eu un rôle énorme.
Oui, effectivement, les tabloïds ont un rôle essentiel, un rôle énorme, et j'irais même un peu plus loin en destructeur, parce que le prince Harry, j'imagine que vous allez revenir plus tard, il a dit dans une interview, dans la chaîne de celles ITV News, il y a deux ans, je crois, il a dit qu'on entendait un clic d'un paparazzi, que ça lui faisait penser à son enfant, et c'est pour ça qu'il voulait quitter la famille royale, parce qu'il ne voulait pas que la même chose que la princesse Diana a vécue se produisait au sein de sa propre famille, et donc c'est pour ça qu'il a voulu préserver sa vie privée.
Et Kate Madison, par exemple, la duchesse de Cambridge, Cambridge, au début, elle a reçu beaucoup de critiques, et aussi la duchesse de Grenouille, Camilla, elle a reçu beaucoup de critiques aussi de la part de paparazzi, et donc les paparazzi ont un rôle destructeur, et donc c'est pour ça que la reine d'Angleterre, ou la famille royale, ils ont ce proverbe, « never complain, never explain », il ne faut jamais se plaindre, il ne faut jamais expliquer, en fait.
Il ne faut jamais se justifier. Jérôme Caron, d'ailleurs, pourquoi la reine n'est jamais pas paradisée ? Parce qu'elle est trop entourée, elle est inaccessible, elle ne sort jamais, de toute façon.
De toute façon, elle est extrêmement inaccessible, et extrêmement protégée, entourée, et je pense que les limites peuvent être franchies jusqu'à un certain point. Vous vous attaquez à une icône vivante, vous vous attaquez à un monument historique, on ne va pas paparazzier la reine, et puis il y aurait peu de choses à paparazzier, quelque part, en dehors du fait qu'elle fasse...
On la voit quand même, de temps en temps, récemment, on la voit à cheval, on la voit au volant de sa voiture...
À 95 ans, elle continue régulièrement à monter à cheval, ce qui fascine tout le monde, mais c'est le seul paparazziat possible. Il existe une photo extrêmement rare où on la voit courir lors d'une championnade d'attelage, tout simplement, parce qu'elle était en retard pour voir son mari participer.
Mais c'est paparazziat, donc c'est photos, si on peut les appeler comme ça, parce qu'il y a des photos officielles et des photos vraiment volées. Vous vous en servez dans des magazines comme Point de vue et dans les magazines en général ?
Ça dépend du type de magazine. Nous, à Point de vue, on ne fait pas... Je le répète régulièrement à tous les gens que je rencontre,
parce que les images sont parfois brouillées.
On peut éventuellement expliquer qu'il y a eu des photos volées, mais on ne les publiera jamais. Ce n'est pas notre culture, ce n'est pas notre ligne éditoriale. On ne fonctionne pas comme ça. Notre idée, c'est de raconter des histoires, d'essayer parfois d'angler les histoires de manière historique.
Donc vous n'utilisez jamais de photos dites volées ?
Jamais.
Jamais. Et vous dites quoi comme photos ? Alors les photos officielles fournies par la famille royale ?
On utilise des photos officielles. On utilise... La législation française est extrêmement rigoureuse sur le droit à l'image. C'est l'une des plus violentes qui existent en Europe. Donc de toute façon, si vous publiez des photos sans autorisation, vous avez une grande chance de vous faire attaquer.
On l'a vu pour un certain magazine qui a publié des photos de Kate Middleton un été, c'est un nus sur un bateau.
Mais on ne se serait jamais permis et je ne crois même pas qu'on ait parlé de cette information.
L'indamage, d'ailleurs, c'est un petit peu le paradoxe de tout ça. C'est-à-dire que vous, comme plein d'autres gens, vont aller regarder ces images. Ils vont vouloir voir un petit peu, mais quelque part, vous vous alimentez, ce qui est destructeur, comme le disait Alexander Seale. Alors moi aussi, j'ai une ligne éditoriale, je ne publie jamais de photos volées. Oui, mais en tant que passionnée, si vous voyez les photos, vous allez les regarder. Je regarde, mais je m'arrête là parce que je trouve que Kate et William nous donnent assez à voir comme cela. Et je ne veux pas tomber dans ce voyeurisme, toutes ces photos qui circulent sur les réseaux sociaux. Non, parce que ça marche.
Je veux dire, quand Diana est en une de Paris Match quelques mois avant sa mort, effectivement, dans son maillot Léopard, au bout de son yacht, Oui, c'est des photos qui ont fait le tour du monde. Oui, ça fait des ventes. D'ailleurs, Jérôme ne me contredira pas. Si Point de vue met un des membres de la famille royale en couverture, Point de vue va vendre énormément de magazines. Si on met la famille de Monaco, je pense que Jérôme ne me dira pas le contraire. On vendra moins de... Non, non, ça se vaut.
Ça se vend,
mais Monaco et Angleterre, c'est...
C'est assez proche. Après, ça dépend de l'impact du sujet que vous mettez en couverture. Si c'est juste une soirée sans enjeu, juste une mondanité où on les voit sortir, donc ça va être intéressant. Non, mais si derrière, comme ce sera le cas prochainement, dans Point de vue, il y aura une soirée avec une histoire qui s'accroche, là, vous faites plus de ventes. Mais ça, les deux se valent. Après, il y a des personnages qui fonctionnent très bien et des personnages qui fonctionnent moins bien. La reine d'Angleterre fonctionne très bien. William fonctionne très bien.
Georges, ça commence à fonctionner
ou pas le futur roi
qui aura 8 ans dans 2 jours ?
Qui aura 8 ans dans 2 jours. Personne n'y croit puisqu'on a tous attendu sa naissance pendant très longtemps. Oui, ça se met en place doucement. Après, Georges a été extrêmement protégé par ses parents. C'est là aussi, pour revenir sur ce que disait Alexander Seale et le côté destructeur des paparazzi, lorsque William et Harry marchent derrière le cercueil de leur mère au mois de septembre 1997 devant le monde entier, ils deviennent les orphelins du monde entier. Donc, il y a une attente qui s'est décuplée à ce moment-là d'informations sur eux, de savoir ce qu'ils voulaient.
La famille royale a passé un gentleman agreement avec le Royal Rota qui constituait une association de journalistes qui suivait la famille royale britannique en disant « Vous ne publierez pas d'informations tant que leur scolarité ne sera pas finie », ce qui a été fait. Et puis, ensuite, plus tard, il y a eu des dérapages.
Alors, Alexander Seale justement nous parlait du prince Harry et de ce qu'il peut dire sur les paparazzi en particulier. Écoutez cette interview il y a quelques années, c'était sur la BBC et il parlait des photographes la nuit de la mort de sa mère.
Le plus dur à accepter
c'est le fait que ceux qui l'ont chassée dans le tunnel
sont les mêmes
qui la prenaient en photo
alors qu'elle était
en train de mourir à l'arrière de la voiture. Et ces gens qui ont causé l'accident,
au lieu de l'aider,
ils continuent à prendre des photos
et ces photographes
sont ensuite retournés dans leur rédaction. Philippe Chassaigne, le rôle des tabloïds encore une fois, est-ce qu'il est Harry le critique évidemment mais Harry se sert aussi alors pas des tabloïds mais de la presse. Je disais tout à l'heure il va même publier un livre dans un an. Est-ce que la meilleure façon finalement de ne pas être embêté par les médias c'est de s'en éloigner de quelque façon que ce soit ?
Avant de répondre à votre question, je voudrais juste revenir sur les photographies de Diana en maillot de bain Léopard qui ont été évoqués à plusieurs reprises. Ce qu'il faut bien voir c'est que ces photographies c'est elle qui les a laissées prendre. Ce ne sont pas des photos volées. Elle était sur le yacht de Dodi Fayyad et il y avait une armada de journalistes elle est allée les voir elle leur parlait leur expliquait ce qu'elle serait sur le ponton arrière qu'elle prendrait la meilleure pose etc. Donc c'était un peu
des fausses photos volées en fait. C'était arrangé. Ce n'était pas des photos volées du tout.
A l'époque il n'y avait pas un seul téléobjectif qui permettait de prendre des photos aussi nettes à 500 mètres ou à 1 kilomètre. Les paparazzi étaient à quelques dizaines de mètres du yacht. C'était fait uniquement pour attirer l'attention et mobiliser les médias. Mais donc ce que vous dites
confirme c'est-à-dire qu'il y a aussi une...
Il faut s'en servir oui.
Pourquoi ?
Diana était très bonne à utiliser les médias donc chaque fois qu'elle se plaignait de l'attention des médias il ne faut pas oublier que c'est elle qui n'hésitait pas à appeler les rédactions pour dire la princesse Diana sera tel jour à tel endroit. à telle heure pour faire ceci ou cela.
Et Harry par exemple alors Philippe Chassaigne ?
Justement je pense qu'Harry a bien compris qu'essayer d'utiliser les médias ce que je ne peux pas faire unilatéralement donc vous utilisez les médias mais ils vous utilisent aussi vous savez des médias ils se servent de vous.
Bon on l'a vu avec l'interview d'Oprah Winfrey qui a suscité un énorme intérêt puis après on s'est rendu compte que des éléments qui étaient présentés étaient inventés que tout était surjoué que Meghan Markle a montré pour une fois c'était une excellente actrice elle a regardé l'émission l'interview de la princesse Diana en 1995 Panorama et elle l'a appliqué à la situation depuis un début 2021 voilà et finalement après les conséquences à moyen terme de cette interview ont été finalement assez mauvaises pour Harry et Meghan donc penser qu'on peut se servir des médias unilatéralement c'est faux et peut-être qu'effectivement la seule solution c'est d'essayer de prendre de la distance et dans ces cas-là ne pas entrer dans ce jeu qui est un jeu très compliqué très risqué encore une fois
Alexander Seale les tabloïds en particulier aujourd'hui en Angleterre je pense au Sun en particulier d'ailleurs qui avait fait plusieurs unes avec Harry notamment une le montrant déguisé en Asie est-ce qu'ils se sont calmés aujourd'hui ou est-ce qu'ils continuent
ils continuent et on a vu cela après l'interview d'Oprah Winfrey il y avait un débat et ce débat a divisé la population ici au Royaume-Uni et c'était un peu comme le Brexit on peut dire parce qu'il y avait des personnes qui étaient pour Meghan et Harry il y avait des personnes qui ont dit que qui ont dit que Meghan et Harry n'auraient pas dû faire cette interview donc ce débat-là les tabloïds et la population étaient très très très dividées
et Jérôme Caron est-ce que le rôle de j'en parlais tout à l'heure en introduction de la série Netflix The Crown sur la famille royale est-ce que ça joue ça fait un peu d'eau dans le moulin en fait ça vient un petit peu raviver
la famille royale et on s'y intéresse lors des naissances lors des mariages ou lors des morts dramatiques comme c'est le cas de la princesse Diana ce qui est étonnant avec The Crown c'est qu'en effet il y a eu une espèce d'élargissement de la population intéressée ou qui s'est intéressée de manière un peu plus approfondie à la monarchie britannique ce qui n'était pas le cas avant c'était quelque chose entre spécialistes il y avait les fans et puis il y avait les gens qui regardaient ça de loin seulement pour les grands événements et puis The Crown a ouvert complètement les vannes et ça continue c'est ça qui est impressionnant c'est que dans n'importe quel dîner lorsque vous travaillez là-dedans on vous pose des questions sur Mégane on vous pose des questions sur Ari que ce soit en effet comme je le disais votre grand-mère votre mère votre petite cousine tout le monde s'intéresse ou a un avis parce qu'il y a cette idée de projection
tout le monde s'intéresse ou a un avis justement j'allais dire il y a quand même des gens je pense même s'ils ils ne peuvent pas empêcher d'en entendre parler ils en sont complètement indifférents ou alors même on les déteste j'ai un message sur l'application France Inter d'Aurélien qui nous écrit nous français adorons détester la famille royale sans en comprendre l'attachement des anglais
mais c'est tout le paradoxe des relations entre la France et la Grande-Bretagne ce sont nos meilleurs ennemis ou nos meilleurs amis selon l'humeur selon le match de rugby selon tout un tas de trucs c'est une relation d'admiration et de haine on adore les anglais sur ce qu'ils sont sur ce qu'ils montrent et de notre côté ils nous adorent aussi et en même temps dès qu'on peut trouver des points de divergence on les appuie et on les accentue il y a une vraie fascination pour la famille royale en France ce qui est assez étonnant les documentaires ont plutôt de bonnes audiences sur les chaînes d'information c'est en effet cette projection cette idée de retrouver des problématiques familiales propres et de pouvoir les poser ou les encadrer ou tout au moins les faire incarner par les différents personnages notamment dans Netflix
alors on a pas mal de messages d'auditeurs qui eux n'aiment pas du tout la famille royale et saufus qu'un petit peu
ils ont tout à fait le droit
en disant comment ça c'est vous n'avez pas de contradicteur et bien si les auditeurs sachez que ça ne se trouve pas si facilement les contradicteurs sinon il y en aurait un sur ce plateau en tout cas les contradicteurs légitimes on va le dire comme ça sur le mail Yves nous écrit par pitié arrêtez de dire les français sont passionnés par la famille royale la vérité c'est juste parce que des français des français sont passionnés merci et Gilles nous écrit sur l'application France Inter peut-on vraiment dire que les français s'intéressent plus à la monarchie britannique qu'aux autres monarchies européennes Linda Mach hors Monaco est-ce que vous il y a une autre monarchie je ne sais pas en Suède qui vous intéresse alors moi écoutez c'est la famille royale qui me fascine d'Angleterre la famille d'Angleterre pourquoi parce que il y a cette idée du faste des carrosses les tiards enfin tout tout l'apparat les cours scandinaves sont beaucoup plus minimalistes pour en revenir à ce message qu'a laissé un auditeur il est vrai que ce ne sont pas l'ensemble des français que la monarchie fascine moi je peux comment dire vous donner enfin faire un petit sondage déjà auprès de ma communauté les femmes adorent oui mais votre communauté vient vous voir donc d'entrée elle est évidemment intéressée elle vient me voir mais les femmes sont fascinées par la duchesse de Cambridge et j'ai une couverture internationale qui est importante c'est surtout la famille royale d'Angleterre les autres cours ont beaucoup moins je trouve suscitent beaucoup moins d'intérêt et on va parler de certaines critiques parce que même si Kate Middleton vous l'adorez il y a certaines personnes qui pointent un certain conservatisme ou des valeurs pas tout à fait en adéquation avec notre époque d'ailleurs je vous cite un message de Patrick qui nous écrit débat je n'entends que glorification de la reine personne pour critiquer ce système monarchique cela n'égase personne que personne puisse s'hériter d'un pays et de ses habitants et bien vous savez quoi Patrick on en parle dans un instant
je ne suis qu'une imbécile allongée sur le dos je me refais le film le début était beau puis je t'imagine
ton piano
une mélodie
expire dans un écho
j'ai tout gâché
je sais
je sais j'ai tout gâché je ne peux pas oublier ton cul sur ton pouce
et la peau de ton dos le reste je te le laisse mais je retiens mon laisse
les souvenirs émus de ton corps nu j'ai assez mon souvenir qui palpite ton corps qui va bientôt mourir reste mon pauvre coeur qui a tout inventé étais-tu ici m'as-tu au moins et au gâché je sais je sais j'ai tout gâché ça ne peut pas oublier t'es perdue ton dos me retiens mon laisse figée à jamais dans un miroir sans t'intir à merveille et puis ton bonheur me le rend tiens mon laisse je l'ai dans la tête
pour au moins une semaine Clara Luciani avec le reste et Valentin Chedebois encore merci pour la programmation musicale
France Inter Camille Cronier
et ça fait du bien un petit peu de Clara Luciani dans les oreilles pour parler aujourd'hui de la famille royale d'Angleterre avec mes quatre invités Jérôme Caron grand reporter au magazine Point de vue spécialiste de la famille royale Philippe Chassaigne professeur d'histoire contemporaine et particulièrement du Royaume-Uni l'histoire contemporaine du Royaume-Uni à l'université Bordeaux-Montagne nous sommes aussi avec Alexander Sill anglais en direct de Londres journaliste correspondant pour plusieurs médias français et avec vous Linda Mache à mes côtés dans ce studio styliste et vous avez créé le blog dans le boudoir de Kate Middleton où donc on peut retrouver toutes les tenues de la princesse Kate Middleton on ne retrouve pas que les tenues on retrouve aussi des synthèses de ses principaux engagements ainsi que des sujets périphériques qui plaisent à mes lectrices et on aborde on garde cette thématique de la famille royale cette ligne rouge et on parle aussi de cuisine de spécialité britannique etc.
et donc on disait avec ce message de Patrick sur le mail de France Inter je n'entends que glorification de la reine personne pour critiquer ce système monarchique et bien si nous allons le critiquer
on peut toujours critiquer Jérôme Caron bien évidemment que c'est critiquable c'est la monarchie britannique à quoi elle sert ça coûte de l'argent il ne sert à rien ils passent leur temps à se dorer la pilule c'est des critiques qu'on entend très rapidement
majorité de français d'ailleurs qui disent dans un sondage par exemple de 2015 qu'elle est très sympathique mais qu'elle est inutile alors Alexander Seel est-ce que vous pouvez nous rappeler rapidement le rôle aujourd'hui le rôle concret de la famille royale d'Angleterre la famille royale britannique
le rôle concret de la famille royale c'est de de vendre le Royaume-Uni par exemple si un chef d'état vient pour une visite d'état par exemple c'est de l'accueillir et quelle bonne quelle bonne chose de vendre ce pays et par exemple le prince William par exemple il peut par exemple inaugurer un stage de football par exemple ou la reine d'Angleterre peut inaugurer une association donc c'est
symbolique c'est
le Royaume-Uni c'est alors
Jérôme Caron
c'est pas uniquement d'image oui il y a cette part d'image il y a cette part de soft power de Mark Windsor de Mark Grande-Bretagne qui les incarne absolument bien extrêmement bien mais il y a aussi une part diplomatique récemment William depuis le Brexit passe son temps à faire des voyages officiels dans différents pays d'Europe histoire de resserrer un peu les liens histoire de montrer qu'on n'est pas totalement de l'autre côté de la Manche et qu'il reste le tunnel la reine Elisabeth via le Commonwealth a beaucoup adouci ou arrangé certaines relations diplomatiques entre certains chefs d'Etat elle a un espèce de soft power aussi au niveau politique extrêmement léger et c'est surtout ça rapporte de l'argent ça rapporte énormément d'argent à qui ça rapporte
de l'argent ?
à la Grande-Bretagne de manière générale la monarchie britannique coûte un livre et demi par an et par britannique
alors on a justement pardon des messages par rapport à ça on a un mail pour nous dire que la reine d'Angleterre ne sert à rien et la famille royale possède des fortunes non méritées et coûte de l'argent au peuple est-ce que c'est une légende de dire que ça coûte de l'argent au peuple anglais
britannique ? une livre et demi ça fait 1,20€ par an c'est pas non plus extrêmement excessif à payer par an pour le moindre mariage c'est 2 milliards de téléspectateurs William et Harry pardon Harry et Meghan il y avait 2 milliards de téléspectateurs comme il y avait 2 milliards de téléspectateurs pour William et Kate il y a eu 600 000 touristes qui ont débarqué à Londres à l'occasion du mariage de William et Kate
donc ça fait vivre l'économie
ça fait vivre l'économie vous pouvez pas aller à Londres sans passer devant Buckingham Palace tout au moins tout le monde a le droit de le faire et de ne pas s'intéresser du tout à ça je l'entends bien mais il y a de toute façon une réalité économique derrière qui existe
Philippe Chassène je vous donne la parole mais juste avant je vous lis un autre message de Franck, auditeur qui nous écrit au pilori tous ces nantis de la société qui ont spolié les gens du peuple pendant des siècles et encore aujourd'hui la noblesse possède la grande majorité de la richesse anglaise qu'est-ce que vous pouvez répondre vous ?
ce sont des arguments qui sont tellement entendus qu'ils répondent et c'est assez facile alors bon tout d'abord j'ai d'aller à l'essentiel bien sûr que tous les français ne sont pas fans de la famille royale britannique mais quand on voit les ventes de journaux les scores ou d'images des émissions on peut dire que beaucoup de français sont intéressés pour la famille britannique pour ce qui est du fait que la noblesse britannique possède la majorité de la propriété foncière bah oui c'est comme ça parce qu'il n'y a pas eu de révolution française en Grande-Bretagne en France il y a eu de révolution française et donc les nobles ont été dépossédés en Angleterre non bon ils n'ont pas fait de révolution depuis 1640 il n'y a pas eu de transfert de propriété foncière depuis le 16ème siècle on n'y peut rien c'est comme ça pour ce qui est de la monarchie qui aurait spolié les anglais et les britanniques depuis des siècles qui est absolument faux dans la mesure où depuis le 17ème siècle il y a la liste civile qui est la somme qui est votée chaque année par le parlement pour que le souverain accomplisse ses fonctions officielles c'est justement pour éviter que le souverain ne lève des impôts de façon arbitraire ce qui est effectivement le cas au Moyen-Âge et jusqu'au 16ème siècle encore que la liste civile a été mise en place elle a changé de nom mais elle existe encore aujourd'hui donc voilà non on ne se polie pas le pauvre britannique
et au-delà des arguments sur la fortune supposée de la famille royale britannique la fortune est réelle
ça c'est incontestable mais c'est la fortune privée et la reine n'est pas la personne la plus riche du Royaume-Uni la plus riche du Royaume-Uni c'est un mania de l'acier et un oligarque russe donc voilà
mais ce que je voulais dire c'est qu'il y a d'autres critiques notamment sur les protocoles et les valeurs aujourd'hui qui sont véhiculées par cette famille royale britannique Linda Mach tout à l'heure vous me parliez des tenues de Kate Middleton aujourd'hui dans la société on parle beaucoup de féminisme on parle beaucoup de racisme on va d'ailleurs écouter tiens Meghan Markle qui a dit qu'elle avait été victime de racisme et son fils leur fils avec Harry Archie également et elle parlait aussi notamment des pressions que les codes liés à cette famille royale font cette pression c'était donc dans leur interview à Oprah Winfrey il me semble c'était l'an dernier c'est ça Jérôme Caron l'interview
non non c'était au printemps
ah c'était au printemps dernier vous voyez je crois que c'était déjà l'année dernière on écoute en tout cas
j'avais vraiment honte
de devoir le dire à l'époque et honte de devoir l'admettre à Harry en particulier je savais qu'il était très triste mais je savais que si je ne disais rien
je me ferais du mal je ne voulais tout simplement
plus vivre Jérôme Caron toute cette pression encore une fois elle est réelle aujourd'hui est-ce qu'elle est encore cohérente avec l'époque à laquelle on est aujourd'hui ?
elle est cohérente avec la fonction avec l'époque vous avez d'autres activités si on parle des gendarmes on peut penser aux personnes hospitaliers qui vivent sous pression qui vivent une pression extrêmement forte et violente là c'est une pression monarchique institutionnelle qui certes pour tout un tas de personnes c'est tout à fait respectable n'a pas d'intérêt ou n'a pas lieu d'être mais c'est une réalité après comment gérer cette pression ?
il y a eu un décalage peut-être culturel ou tout au moins de différence d'appréciation entre ce que Mégane a peut-être surestimé ses forces ou a sous-estimé ce qu'on allait lui demander il y a eu une vraie difficulté par rapport à Mégane et Harry ensuite Mégane a des combats qui sont très nobles pour le féminisme pour l'éducation des enfants contre le racisme contre le racisme la cause animale qui sont très actuelles et il se trouve qu'ils sont en même temps très ciblés et on en revient avec cette histoire de Reine d'Angleterre qui est au-dessus des parties c'est-à-dire qu'à partir du moment où ils sont très ciblés vous pouvez catégoriser une partie de la population et la famille monarchique britannique ne peut pas se permettre de catégoriser une partie de la population elle doit être la famille de tous les Anglais le prince William fait beaucoup de choses par exemple pour la santé mentale comme son frère
oui mais pardon je continue sur ce que je disais tout à l'heure est-ce qu'il n'y a pas quand même un côté très rétrograde de la famille royale britannique aujourd'hui Linda Mache est-ce que voilà le fait on est marié un homme, une femme mariée pas de divorce alors le divorce de Charles il a fallu des années oui mais ça avance mais je veux dire quand même par rapport à l'époque à laquelle on est aujourd'hui ça paraît totalement décalé non ? vous ne vous trouvez pas ?
non moi ça ne me dérange pas parce que comment dire c'est une famille c'est l'aventure humaine on se marie on divorce mais c'est surtout moi ce qui me fascine c'est comment dire c'est cette dimension c'est une la reine je vais plutôt axer ma discussion sur la reine c'est une personne rassurante voilà c'est une personne rassurante le Royaume-Uni nous n'avons pas de souverain mais au Royaume-Uni il y a ce socle si vous voulez ces valeurs et cet ancrage parallèlement dans la modernité Philippe Chassaigne sur les bousculements des derniers mois des dernières années est-ce que ça ça veut dire que les choses vont continuer à avancer et que peut-être quand la reine ne sera plus là que ce soit Charles, William ou plus tard Georges roi d'Angleterre déjà ce sera un homme est-ce que les choses vont changer et continuer d'évoluer et je ne sais pas si je dois le dire comme ça mais se moderniser encore plus en tout cas être plus en adéquation avec l'époque à laquelle on vit
mais je ne suis pas certain que les britanniques attendent que la famille royale soit en adéquation avec l'époque dans laquelle elle vit ah bon lorsqu'on demande aux britanniques ce qu'ils pensent de la reine ils disent très souvent que c'est a beacon un point de repère donc en fait c'est justement c'est cette stabilité qui les conforte mais le concern
pardon mais même en Angleterre Philippe Chassaigne il y a eu on a vu récemment des étudiants décrocher le portrait de la reine je crois que c'était à l'université d'Oxford il y a quand même des voix y compris en Angleterre qui sont en train de vouloir un peu agiter cette monarchie
ah oui mais ça il y en a toujours eu c'est bien normal de toute façon la monarchie outre-manche est soutenue par enfin en tant qu'institution est soutenue par 80% de la population mais il y a 20% qui ne sont pas monarchistes qui sont républicains et c'est tout à fait leur droit bon alors après pour ce qui est des évolutions des évolutions il y en a quand même parce que bon alors là c'est vrai que c'est la deuxième fois qu'un Windsor épouse fréquente et ensuite épouse une américaine Edouard VIII avait abdiqué pour épouser Molly Simpson et là et là Harry il y a eu le Mexit
ils ont quand même voilà il y a eu le Mexit le fameux Mexit
ils sont partis parce que effectivement comme l'a dit Jérôme Caron manifestement Meghan Markle n'a pas bien compris ce que c'était qu'être une princesse d'or importante dans la famille royale ou ça ne correspondait pas à son désir d'être tout simplement et qui est tout à fait légitime elle considère peut-être que c'est simplement une ligne de puissance sur son CV
mais donc ce que vous dites aussi bien vous Philippe Chassène que Jérôme Caron et même vous Linda Mache c'est qu'il y a un conservatisme quelque part assumé et validé par le peuple
nécessaire il y a un conservatisme nécessaire pour faire perdurer l'institution le grand boulot de ces gens là au quotidien c'est de faire perdurer quelque chose qu'en effet une grande partie de la population ou une partie de la population selon les pays trouve désuète ou inutile ou dont le faste ne sert à rien
donc en fait pardon ce que vous dites c'est que la famille royale britannique ne durera que par son conservatisme
elle ne durera que par son respect de son identité et de cette obligation qui est faite de se donner corps et âme avec les problématiques que ça implique et qu'on peut supporter ou pas Meghan Markle ne les a pas supportés les parties pour cette institution et donc malgré tout sur les 4 enfants de la reine Elisabeth II il y en a 3 qui ont divorcé donc c'était quelque chose qui était totalement inimaginable dans les années 60-50 ça fait très loin certes mais c'est une évolution elle a pris son premier avion elle avait 20 ans elle a aujourd'hui une page Facebook un compte Twitter et peut-être un compte TikTok les choses évoluent
Alexander Seel quand la reine va mourir qu'est-ce qui va se passer en Angleterre ?
ça va être un grand bouleversement ici en Angleterre il va falloir changer l'hymne national ici l'hymne national sera God Save the King si le roi sera Charles ou William il va falloir aussi changer le portrait du souverain sur les sur les sur les sur les sur les sur les liés de de banques ici et aussi et aussi il y aura aussi il y aura une période de deuil national
et ça justement justement Jérôme Caron ça sera mondial ce sera un deuil mondial
ce sera beaucoup plus que national la reine Elisabeth II est la personne la plus connue dans le monde à l'heure actuelle qu'on l'aime qu'on la déteste qu'on la trouve utile ou inutile elle est la plus connue vous allez n'importe où dans le monde vous dites l'Angleterre et les gens vous répondent Elisabeth II les chinois connaissent d'abord Elisabeth II et ensuite Big Ben
Allez avant de se quitter comme tous les jours le mini débat aujourd'hui sur Twitter on vous posait cette question Kate et William ou Harry et Mégane qu'est-ce que vous répondez
Jérôme Caron ? Moi je suis pour que l'institution perdure donc je suis Kate et William
Moi je suis aussi Kate et William Philippe Chassaigne
Moi aussi
Pardon ?
Je dis moi aussi
Kate et William et enfin Alexander Seel Kate et William ou Mégane et Harry ? Kate et William Eh bien c'est Mégane et Harry sur Twitter qui gagnent aujourd'hui avec presque 62% des votes et 38% pour Kate et William Je vous remercie tous les quatre d'avoir participé à ce débat Linda Maj donc Alexander Seel de Londres Philippe Chassaigne et Jérôme Caron Je vous souhaite une bonne après-midi et je vous dis les amis à demain on parlera de la PMA pour toutes