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interviewLe Média (sur YouTube)· 26 mai 2025 20 min

CE QUI SE CACHE DERRIÈRE "CHOOSE-FRANCE", LE SOMMET DE MACRON À VERSAILLES

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La France a toujours été attractive. Elle a toujours fait partie des nations les plus attractives au monde. Alors là, le seul chemin que l'on a, c'est de faire des chèqus de la com, on a l'impression de faire des grands événements pour que les entreprises viennent.

Quand un étranger rachète une usine française, la restructure, c'est-à-dire licenci euh des gens, c'est considéré comme un investissement direct étranger, mais c'est une perte de souveraineté pour la France sur plein de de ps de l'industrie où nous étions, mais les numéro 1 vraiment Alcatel, numéro 1 de la fibre optique dans les années 90 quand même. Et ben aujourd'hui, nous sommes dépendants de l'étranger. La première des choses qu'il faut faire c'est stopper ça.

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'instant Porsché. Avec tous les discours qu'on entend autour de nous, notre meilleure arme c'est de les connaître et de les comprendre. Le média a tout changé ou presque.

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Bonjour Thomas. Salut. Alors avec toi aujourd'hui au programme La France sur le toit du monde.

He l'Élysée se félicite de nouveaux investissements étrangers. Qu'est-ce que ça cache ? On va regarder tout ça.

C'est [Musique] parti. France terre de créativité. C'est le thème du sommet choose France qui a débuté lundi 19 mai. 37 milliards d'euros d'investissement étrangers en France dont 20 milliards entièrement nouveaux se félicite l'Élysée.

C'est ce qui a été promis. Ce sommet a réuni à Versailles plus de 200 patrons étrangers. Le chinois BYD, le Suédois IKEA, des Américains Blackstone et Gold Sax. 40 % des invités sont européens et les Américains restent quand même la première nationalité représentée, 19 %.

Malgré la guerre commerciale lancée par Trump dont on a beaucoup parlé ici. Dans l'ancien palais royal, Emmanuel Macron vente l'attractivité de la France pour attirer les investissements étrangers. Le nombre élevé d'annonces confirme la confiance envers l'économie française de la part des investisseurs étrangers malgré le contexte international troublé avance l'Élysée.

Parmi les projets nouveaux, la tribune dresse cette carte. Je les cite. L'américain prologiste a annoncé un investissement de 6,4 milliards d'euros pour la construction de centres de données et d'entrepôt.

MSC Croisière a également confirmé la commande de deux navires au chantier de Saint-Ana pour 3,5 milliards d'euros. Certains projets n'ont pas encore été précisés. L'Irlandais Accenture a annoncé sa volonté de créer 250 emplois et former 100000 personnes à l'IA, mais le montant de sa contribution et la zone géographique concerné n'ont pas été précisé.

Les 17 milliards ajoutés aux 20 nouveaux milliards concernent aussi l'IA. Thomas, est-ce que tu partages toutes ces tout cet enthousiasme là notamment de la part d'Emmanuel Macron et de l'Élysée ? Je pense que qu'Emmanuel Macron est en fin de mandat et il essaie de de sauver tout ce qu'il peut sauver. le le but pour lui est de laisser quand même une empreinte de de son passage.

Euh pendant très longtemps, moi j'étais persuadé que c'était de laisser des beaux chiffres. Là, les chiffres étant étant ce qu'ils sont et ils ne sont pas aussi beaux que ça. Je pense qu'il faut faut qu'il laisse l'image d'un d'un président entreprenant qui a réussi à à à rendre la France plus attractive qu'elle ne l'était.

Euh mais là encore, bon, c'est un peu plus compliqué que ça. Donc je pense que que l'objectif de Macron, c'est c'est de laisser une trace. le fin de mandat va être difficile.

L'impact qu'il a sur les politiques intérieures est quasiment nul aujourd'hui. Donc il essaie que l'on garde une bonne image de de lui à l'issue de de de ses 10 ans. Mais mais c'est de plus en plus compliqué.

Donc là c'est normal qui qui montre une forme d'enthousiasme mais c'est un peu plus compliqué que ça. H bah d'un côté on entend ces 20 milliards. De l'autre on voit la multiplication des plans de licenciement même pour des géants soutenus par l'État financièrement comme Arcellor Mital.

On en a parlé ici. Est-ce que ce sommet c'est pas un peu l'arbre qui cache la forêt ? Voilà, c'est ça.

Il faut il faut voir en fait, bon, il y a les investissements direct étrangers, c'est une bonne chose. Après, il faut regarder si les entreprises françaises, elles elles investissent sur le territoire français. Si des entreprises françaises ne sont pas plutôt tentées par les par les États-Unis et on en voit bien, Total a dit qu'il allait s'investir aux États-Unis, euh ça a été le cas aussi de Saint-Gomin, ça a été le cas de certains laboratoires pharmaceutiques et et j'en passe et des meilleurs.

Donc, il y a aussi beaucoup d'entreprises qui sont françaises qui préfèrent aller investir aux États-Unis. Et puis après, il faut voir aussi le nombre de sites qui ferment par rapport à ceux qui qui se créent. Donc, il faut pas regarder euh que le verre à moitié plein en disant "Regardez, il est plein, on a fait plein de choses.

Il faut regarder aussi l'autre côté euh tout ce qui tout ce qui va pas." Et quand on fait la balance, c'est un peu plus compliqué que ça parce que peut-être qu'il y a des milliards qui vont c'est pas sûr hein, d'ailleurs que tous les milliards se transforment. Là, c'est que des annonces, faut qu'ensuite ça se transforme réellement.

Après, il faut voir combien d'emploi ça crée aussi. C'est important. et sur le long terme, mais c'est possible que que voilà les les destructions ne compensent pas totalement les investissements.

Donc il faut faire faut faire très attention. La situation en fait industrielle de la France est une situation qui s'est certes un petit peu amélioré pas uniquement dû encore une fois à la politique d'Emmanuel Macron, on l'a dit la dernière fois, mais aux effets de rattrapage aussi de notre économie qui retrouvait son niveau de richesse d'avant-chise très tardivement. Mais là, on voit qu'il y a depuis 2024 quand même un espèce de tournant.

Il y a un tournant qui est dû à plusieurs choses. Qui est dû à l'instabilité politique qui a été générée par la dissolution, qui est dû à tous les débats qu'il y a autour de la question budgétaire et de la taxation. En fait, les entreprises, elles ont besoin quand même de visibilité sur le long terme.

Or là, on sait que depuis 2024, bah toutes les cartes se rabattent parce qu'il y a plus vraiment de gouvernement. Il faut trouver de l'argent pour les déficits et cetera. Et donc là, face à cette incertitude, elles investissent moins.

Et quand elles investissent moins, ça veut dire quoi concrètement ? Bah ça veut dire si j'investis moins bah je licencie une partie des emplois pour préserver les profits qui vont en grande partie aux actionnaires. Donc la situation est aujourd'hui très instable et une grosse partie de cette situation instable est d très clairement à la décision politique de de dissolution de Macron et et au fait que son ministre de l'économie Bruno Lemire ses services ont fait des erreurs sur les calculs des déficits ce qui minent la confiance.

Oui, parce que l'INC montre que après un rebond en sortie de crise sanitaire, l'investissement des entreprises non financières a reculé de 1,6 % en 2024. Comme quoi, quand on compare les chiffres, c'est parce que 20 milliards, ça peut paraître beaucoup mais en fait sur la totalité ça représente en fait peu. Et puis il y a cette question aussi qu'il faut, tu t'as parlé de l'investissement français, c'est une vraie question.

Est-ce qu'il faut miser à tout prix comme ça sur les investissements étrangers ? parce que on a l'impression qu'Emmanuel Macron, il veut un peu repeindre l'image de la France, même si derrière c'est pas très joli. On l'a vu avec Choose for Science où on veut attirer les beaux chercheurs connus étrangers, enfin surtout américains.

Là, on le voit avec les investissements direct étrangers surtout sans condition. On l'a vu en France, des entreprises qui arrivent de n'importe quel pays, qui prennent le savoir-faire, le carnet de commande et qui après délocalisent et laissent plein de salariés. Oui, tout à fait.

Alors là la première chose déjà sur la remarque que tu as fait sur le chiffre qui est énorme, le chiffre de de 20 milliards, la France a toujours été attractive. Elle a toujours fait partie des nations les plus attractives au monde parce que nous sommes un pays riche, parce que nous sommes au cœur de l'Europe, parce que la situation géographique géographique est bonne, parce que nous avons des bonnes infrastructures, une bonne éducation, elle a toujours fait partie des pays les plus attractifs. Je veux dire, même si parfois sa politique pourrait pas pouvait paraître contre les riches comme c'était le cas au tout au tout début de Hollande, globalement, il y a toujours les investissements qui sont qui sont venus en France.

Donc les 20 milliards, c'est pas comme si on était nous à 20 milliards et que les autres étaient à zéro. Tous les pays attirent des milliards dans la zone euro. Il y a eu des fois où ça a été un peu plus au début de Macron effectivement et puis là on voit que ça ça bascule.

Donc tout en tout de tout temps la France a attiré des investissements direct étrangers à hauteur de sommes qui se qui se chiffrent à plusieurs milliards. Ça ça il faut le dire. La la deuxième chose sur ta question c'est effectivement est-ce qu'on peut avoir une stratégie uniquement sur l'investissement direct étranger ? une stratégie uniquement sur l'investissement direct étranger, on le voit bien, elle nous mène aussi à un renoncement d'un certain nombre de choses importantes.

Par exemple, Macron, pour lui, pour attirer les investissements direct étranger, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut baisser les impôts, réformer le droit du travail pour que les entreprises arrivent qu'elles payent moins d'impôts et qu'elles aient plus de facilité à organiser la main d'œuvre comme elles le veulent. Mais après, vous avez des réponses face à ça.

Vous avez Trump quand il est arrivé au pouvoir qui a encore plus baissé puis Biden qui a fait des subventions massives pour attirer les gens et nous on doit encore répondre. Donc, il y a une concurrence fiscale qui amène à des baisses de fiscalité, à des baisses de réglementation sur le travail, à des flexibilisations du marché du travail, à des subventions massive qui coûtent cher à l'État. Et au final, est-ce que c'est bien d'aller dans ce sens-là ?

Je je ne crois pas. Donc poursuivre comme ça c'est cette cette politique, cette contre-révolution fiscale pour attirer des investissements étrangers, je suis pas sûr que ce soit positif. Et après derrière investissement étranger, il y a plusieurs choses.

Il y a le fait d'ouvrir une usine, ce qui peut être pas mal. Pourquoi pas ? Après, il faut bien veiller au fait que cette usine qui ouvre ne concurrence pas une entreprise française dont l'État est actionnaire.

Comme ça peut-être le cas si vous ouvrez une usine Tesla ou si vous ouvrez une usine, je sais pas moi, de euh de de un distributeur de de voitures électriques chinoises ou porter atteinte à à des constructeurs nationaux qui qui sont en partie dont l'État est en partie actionnaire, ce qui est une stratégie industrielle contreproductive. Donc, il faut veiller à ça, c'est-à-dire qu'il y a des choses qui doivent venir que nous ne fabriquons pas, nous sommes d'accord là-dessus et d'autres choses qui doivent s'inscrire dans le cadre d'une politique industrielle. Et et la deuxième chose, c'est quand un étranger rachète une usine française, la restructure, c'estàdire licenci, c'est considéré comme un investissement direct étranger, mais c'est une perte de souveraineté pour la France.

Et quand il y a aussi un étranger qui qui prend des parts dans une entreprise, euh il prend une partie de de l'entreprise, c'est considéré comme un investissement direct étranger, mais ça fragilise encore une fois la souveraineté de la France. Donc il faut faire attention dans tout ce qu'on met dans l'investissement direct étranger. Et à mon sens, ça ne peut pas être l'unique politique industrielle.

La politique industrielle, ça peut pas être baisser la fiscalité, faire des zones franches dans certains endroits pour que les entreprises s'installent, baisser le coût du travail pour que les entreprises s'installent. Ça ne peut pas être que ça. La finalité doit servir quand même les besoins et et et une vision un peu stratégique concernant certains biens qu'on estime de de sur lesquels nous devons être souverain tel le médicament.

Mais il doit y avoir d'abord un chemin à suivre. Or là, le seul chemin que l'on a, c'est de faire des chèqus euh de la com, on a l'impression de faire des grands événement pour que les entreprises viennent. Mais après, peu importe dans quoi elles investissent, le but c'est de récupérer de l'argent.

Or, c'est un peu plus compliqué que ça. Mais c'est surtout que c'est sans condition parce que elles peuvent et on l'a vu, au bout de 2 3 ans dire bah en fait, je repars. Bien sûr.

Ouais, bien sûr. Avec les subventions, avec le carnet de commande, mais en laissant les salariés sur le carreau. Ouais.

Oui. Elles peuvent Oui, tout à fait. Après, elles peuvent choisir de de de casser une partie de la production pour l'installer ailleurs en Europe jugant qu'elle est trop chère en France.

Bien sûr, c'est possible. À partir du moment où le déboucher parce qu'en fait une entreprise quand elle vient, qu'est-ce qu'elle veut ? Elle veut trouver un déboucher.

Elle veut trouver des gens qui puissent acheter sa sa marchandise. Quand vous venez en France, vous avez le déboucher français, mais vous avez aussi le déboucher européen. Surtout quand vous avez des pays qui sont assez limites comme la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie et d'autres.

Donc euh vous avez le déboucher européen, sauf que dans l'Europe, il y a la concurrence fiscale. Donc vous pouvez avoir le déboucher européen où vous voulez en vous en vous installant dans la zone finalement où euh il y a le moins de fiscalité. Alors on peut pas tout le temps le faire parce que il y a aussi des des raisons d'espace.

Par exemple, la France a une densité où elle peut atterrir des elle peut accueillir des grosses usines et cetera qui pourraient pas être par exemple au Pays-Bas, mais quand elle s'installe en France, elle profite de la France, du Pays-Bas et cetera. Mais après, il y a une partie de cette usine, je sais pas moi, qui serait des des la partie, on va dire service qui peut être délocalisé dans un pays voisin et coûter moins cher. Donc et quand il y a un investissement, oui, normalement, il faut, moi je je l'ai toujours dit, y compris pour les pays pauvres et surtout pour la France qui est un pays riche, il faut toujours imposer des conditions.

Toujours bien sûr. Est-ce que la France est réellement attractive aujourd'hui ? Est-ce qu'il faut absolument être attractif ?

Est-ce que c'est notre priorité ? Non, la priorité c'est pas ça. Elle est elle est attractive, elle sera toujours attractive.

Nous sommes un pays riche, nous sommes un pays où il y a des investissements majeurs dans la recherche. Nous sommes un pays où des bonnes infrastructures. Nous sommes un pays qui est qui est bien situé au niveau géographique.

Donc nous serons toujours euh attractifs. Après, c'est attractif pourquoi ? Voilà, c'est ça la vraie question.

Euh moi, je l'ai dit toujours quand quand j'ai quand j'ai travaillé pour des pays en développement, je leur ai dit euh on leur conseille souvent d'être les pays les plus attractifs et notamment de créer des zones franches, c'estàd des zones défiscalisées pour que les entreprises s'installent. Mais moi, je leur ai dit la première des choses, c'est attractif. Pourquoi ?

Donc si vous avez besoin de quelque chose, bien sûr, faut l'apporter. Mais à terme, le mieux est toujours de le produire. Et là, c'est pareil, il y a des choses où on sera obligé d'avoir des importations sur tout un tas de choses, hein, notamment sur la question du digital.

Mais il y a d'autres choses où il faut qu'on ait des filières qui soient françaises. Et si on a des filières qui sont françaises, il va falloir se poser la question aussi de la compétition mondiale. C'està-dire est-ce qu'on a besoin d'être si on veut une filière française, il faut aussi la protéger parce que les coûts seront plus élevés, les normes environnementales seront plus élevées, les normes sociales seront plus élevées, ce qui est un progrès et une bonne chose.

Donc il faudra la protéger de la concurrence. Donc il faudra pas des investissements qui soient contre-productifs. Voilà.

Tu dis il faut une filière française puis à plein des égards, on l'a eu des fois et ça a été détruit et démantelé justement par la politique libérale et tout à fait. tout bah on avait des grands champions. Bah si on fait la liste les Technippes, les Alstom euh on peut faire vraiment toute la liste d'un d'un tas de grandes entreprises qui ont été Alcatel, qui ont été démantelé en entité homogène.

On a supprimé les entités les plus faibles pour délocaliser ou tout simplement supprimer parce que ça coûtait cher et qu'on trouvait que le gain était pas suffisamment par rapport au coût et on a vendu aussi des parties. Ce qui fait que aujourd'hui sur plein de de ports de l'industrie où nous étions mais les numéro 1 vraiment Alcatel numéro 1 de la fibre optique dans les années 90 quand même et ben aujourd'hui nous sommes dépendants de l'étranger et ça ça devrait être une leçon mais on a l'impression que cette leçon personne ne l'a tiré. Justement c'est transition avec le ce que j'ai envie de te parler après parce que la question de l'investissement et des entreprises est également centrale au sein de l'Union européenne, on le sait et on fait que parler de compétitivité face aux compétitivités coût hein bien sûr j'entends face aux Chinois et aux Américains.

Toujours cette question de eux se développe et nous on est entre les deux. Le monde rapporte que la Commission européenne a proposé mercredi 21 mai d'alléger certaines obligations réglementaires pour 38000 entreprises de taille intermédiaire comptant entre 250 et 750 salariés poursuivant un virage pro business visant à rétablir la compétitivité de l'Europe face aux concurrents internationaux. Ces groupes bénéficieront de certains avantages et exemptions jusqu'à présent réservé aux entreprises plus petites, celle de moins de 250 salariés dans différents domaines comme la protection des données personnelles ou le reporting financier.

L'exécutif européen s'est engagé à réduire de 25 % les coûts administratifs des entreprises d'ici à 2029. Donc c'est des mesures de simplification ce qu'on entend beaucoup qui feront économiser 400 millions d'euros par an pour les entreprises. C'est ce que promet la commission et soit cela doit être encore négocié évidemment avec le Parlement européen et les Étatsmembres.

Mais Thomas, est-ce que moi j'ai mon impression personnelle c'est que à l'Union européenne là on panique face aux stratégies américaines et chinoises alors que tout ça était extrêmement prévisible depuis déjà plusieurs années et que les économistes pas que hétérodoxes ont prévenu sur ce qui allait se passer. Bon, déjà, il est vrai que que la le la Commission européenne est une technructure avec des bureaucrates qui produisent des choses parfois dont on se demande quelle est l'utilité et et on voit bien que sur certains points, ils avancent comme ça la commission sur les traités de libre échange et cetera où là ils avancent tout seul de même. Donc je dis pas que la la la commission fait un travail qui est parfait, loin de là, bien au contraire même, je dirais.

Euh elle a toujours été pour moi euh elle a elle a toujours mis en avant des mécanismes de marché, des mécanismes libéraux qui se sont vu après et qu'imprégner qui se sont vu après dans des politiques nationales. Même si je suis persuadé et nous l'avons souvent dit ici que Macron n'a pas besoin de l'Europe pour être libéral. Je veux dire même si on é un pays en dehors de l'Europe, il serait libéral.

Donc donc voilà. Mais ceci étant dit, la stratégie est toujours la même. C'est une c'est une stratégie qui baisse les coûts pour être plus compétitif.

Quand on voit les coûts, je veux dire, et qu'on va dans le dur, de quoi on va parler ? On va parler des normes sociales qui qui représentent un coût, hein. D'accord ?

On en parle beaucoup en France avec la différence entre le salaire brut et net, avec les cotisations qu'il faudrait retirer et les remplacer notamment par la TV sociale. On en a parlé la dernière fois et c'est les normes environnementales qui seraient un coût supplémentaire. Or, il faut vraiment être clair et on devrait être clair depuis le début.

Nous n'avons rien à gagner à compresser constamment les coûts parce que nous n'arriverons jamais à être aussi compétitifs qu'un chinois. Ça c'est très clair et net. Et donc nous allons nous retrouver au milieu finalement dans une position intermédiaire qui n'est pas avantageuse.

C'està-dire que nous voulons être plus compétitifs mais nous n'y arrivons pas et en même temps ben nous perdons sur les les réglementations environnementales et sur le social. Euh là où il faut que l'Europe soit aux avant-postes, c'est dans la compétitivité produit en faisant des produits de de de niveau de nivellement élevé au niveau social et aussi environnemental. Donc moi je pense que aujourd'hui face aux États-Unis qui baissent les impôts, qui subventionnent et qui ont une stratégie on va dire où ils imposent une forme de puissance euh assez brutale et la Chine qui baisse les coûts, qui subventionne donc qui fait tout euh et qui a des normes euh sociales et environnementales qui n'ont absolument rien à voir avec les nôtres, l'Europe doit défendre son modèle.

La première des choses, c'est que nous n'avons pas à être plus compétitif que nos voisins. Nous n'exportons pas les mêmes biens que la Chine. Il faut plutôt se recentrer sur notre marché intérieur.

Ou parce qu'on dirait qu'on veut les copier mais en moins bien. Ouais, on veut les copier en moins bien. Mais surtout en plus l'angle mort de cette décision là, c'est que on oublie de dire que dans l'Europe, il y a une compétition énorme, que le CICE était fait par exemple pour être aussi compétitif que les Allemands.

Donc il y a une il y a une compétition vraiment il y a un nivellement déjà par le bas qui est fait à l'intérieur de l'Europe. La première des choses qu'il faut faire, c'est stopper ça. Moi, je pense même qu'il faut rehausser.

L'Europe n'a jamais eu besoin autant d'investissement publics dans le dans les infrastructures vieillissantes qu'ils ont, mais également dans l'avenir, hein. On peut voir les innovations sur l'IA et cetera. C'est tout ça, tout ça peut on peut est discutable mais il y a des innovations à faire en tous les cas dans la transition écologique, ça c'est sûr.

Donc nous avons besoin de rentrée fiscale pour ces deux raisons, infrastructure sociale et et écologie. Donc ça, il va falloir augmenter un moins les impôts. Donc cette question, elle doit se poser à l'intérieur de l'Europe.

L'Europe restera toujours attractive parce qu'elle a 500 millions de consommateurs qui peuvent acheter tous les biens. Donc nous pouvons niveler un peu la fiscalité vers le haut et pas faire ce que l'on fait depuis des années, c'est de la niveler vers le bas avec des des passagers clandestins, des outsiders comme le Luxembourg, l'Irlande, Malte, la Belgique, probablement, j'en oublie quelques-uns. Voilà, donc on peut pas on peut pas on peut pas faire ça.

Donc déjà, réglons ce problème en Europe et après arrêtons de vouloir être plus compétitif que que la Chine et les États-Unis. Jouons vraiment la carte de notre modèle social plus élevé, de notre modèle environnemental plus élevé parce que c'est ça l'avenir. Ça va être ça l'avenir.

Trump là, la politique qui mène, il va se la prendre en pleine tête comme un boomerang et on le voit déjà, il y a eu des reculades. Mais je pense que les plus pauvres vont devenir plus pauvres. la question euh climatique, il va prendre un retard de dingue parce qu'il va se concentrer sur les énergies fossiles.

Euh la Chine a pris un certain nombre d'avances dans des conditions de production qui ne sont absolument pas enviables en en Europe et des conditions environnementales même si les émissions commencent un petit peu à stagner qui qui restent quand même un petit peu difficile. Donc nous nous devons prener notre modèle en nivelant le le le niveau de la de la production vers le haut et en se concentrant sur la compétitivité produit. on aura des produits certes plus chers mais qui seront euh produits dans des dans des meilleures euh dans des meilleures euh conditions que dans le reste du monde.

Donc la vraie question, c'est comment les gens les plus pauvres vont acheter ces produits-là ? Donc vient la question du pouvoir d'achat qui doit être aussi traité. S'ils ont le pouvoir d'achat, ils iront naturellement vers ça.

Et là la boucle est bouclée. Nous avons des débouchés pour la demande à l'intérieur de l'Europe sans se soucier des autres. Merci Thomas et merci à vous chez vous d'avoir suivi cet épisode de l'instant Porsché.

Et j'attire une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique. Le média a tout changé ou presque.

On a débarqué avec quatre nouveaux rendez-vous quotidiens dont trois directs contre matinal journal des luttes à 13h et nos rendez-vous du soir. Vous le savez le média ne vit que par votre soutien. C'est le prix d'une information libre et indépendante.

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