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interviewLe Figaro (sur YouTube)· 29 janvier 2018 25 min

«La présomption de culpabilité mine le moral des flics»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

pour vous [Musique] à quoi ressemble visage des 149 mille flic de france quelle est la réalité du travail au quotidien de sûr que ceux qui assurent la protection des français une enquête révèle l'image d'une police épuisé et sursollicités au sein de laquelle la souffrance humaine déglingue les hommes et les femmes en sourdine l'auteur de cette enquête est notre invité aujourd'hui on est très heureux de l'accueillir en plateau bonjour jean marie godard merci d'avoir accepté notre invitation vous êtes journaliste depuis plus de 25 ans actuellement collaborateur au magazine society vous êtes spécialisé dans la couverture des mouvements sociaux des émeutes et des manifestations en particulier les mouvements lycéens et étudiants depuis le début des années 1990 pendant un an vous vous êtes plongés dans le code du quotidien des flics de france et de cette immersion vous avez fait paraître chez fayard cette enquête choc parole de flic vous êtes d'envié vous un visage aussi abîmé si je puis dire des flics français à ce point non quand même pas en même temps abîmé certes épuisé sur sollicité avec des gens qui cherchent un nouveau cap alors à leur métier à leur mission mais en même temps c'est mon nez dans un domaine où ils sont confrontés en permanence à la violence à la main ou parfois ce qui est le pire de l'humanité donc il ya de quoi être fatigué aussi après il ya toutes les questions matérielles derrière mais juste pour dire à la base qu il ya une des choses dont je me suis vraiment rendu compte c'est que c'est un métier éminemment complexe et difficile pourquoi vous avez décidé de faire cette enquête quel a été votre volonté de départ au début moi je couvrais beaucoup j'ai pendant plus de 20 ans couvert énormément de manifestations en étant plus en voyant plus souvent la police du côté manifestants que de l'autre côté en suivant des mouvements très très à gauche des occupations de locaux ça et puis un jour je me suis demandé à chaque fois on est cette vision massive de la police avec des gens derrière des boucliers tout ça et on a un peu tendance à oublier qu'il ya des gens derrière il ya des hommes des femmes et vie de famille et vie de famille des enfants et je me suis dit mais j'ai eu envie d'aller les voir et de faire la connaissance avec c'est avec ces gens de leur demander comment vous allez comment est ce que vous faisiez votre métier pourquoi vous avez décidé un jour de devenir policier on sait les policiers méfiant en général vis-à-vis des journalistes d'ailleurs vous consacré tout un chapitre à cette défiance vis-à-vis de la presse comment vous êtes parvenus à les convaincre comment vous ont-ils donné leur confiance à vous alors j'avais quelques contact d'une eau de personnes comme ça que j'avais rencontrés par ailleurs sur d'autres reportages dont j'avais déjà acquis la confiance ça va être pris un peu de temps mais après c'est une question à partir du moment où vous en connaissez un ou deux en fait c'est un monde assez on se connaît un peu tous la police est donc de fil en aiguille c'est comme aussi boudé roulier pelote vous avez accès aux autres et les gens oui mais tu es sûr oui tu peux y aller lui ça il ya bien et où j'ai toujours me rappelle avoir tourné avec une brigade anti criminalité c'est un policier j'avais rencontré là bas une première fois et puis la deuxième fois quand je suis allé le revoir il m'a demandé un soir mais tu fais quoi ce soir il m'a emmené ils m'ont emmené en patrouille comme ça m'est complètement à l'improviste et il avait fait il a les deux collègues qui étaient avec lui il m'a expliqué que ça avait pris très très longtemps il y en avait un qui vise m étais sûr qu il va pas nous crama et là ils sont très très méfiant pourquoi parce qu'eux aussi ils ont extrêmement peur de l'image que les médias que les journalistes de manière rien le patient de 2 et en plus ils ont il ya une espèce de silence dans la police imposé d'en haut ou en dehors du cadre syndical ou officialisons absolument pas le droit de parler et ils ont très peur de se prendre une sanction hiérarchique s'ils disent quelque chose sans autorisation mais justement à propos de silence et les hommes et les femmes que vous avez interrogé vous ont confié que qu'on ne leur donne pas assez la parole qui ne sont pas assez écoutés telle est la raison de ce silence profondément je pense qu'il ya une communication institutionnelle et que même les je me rappelle quand je suis allé aux courbes acquis l'établissement de soins qui prend en charge eux qui prend les qui prend en charge des policiers qu'ils sont complètement au bout du rouleau même le personnel qui d'encadrement du courbât me disais c'est vrai qu'on a une image il y a une image institutionnelle dans la police où il faut pas montrer que la une image de robocop tout le monde est fort personne ne craque tout va bien phu être assailli le montrer voilà c'est ça il a des gens qui disent on va mal ou en a marre de ça ou voilà ça ça fait ça correspond pas à ce tableau la donc qu'il faut pas le faux pas le montrer faut pas le dire ou s'il est seul contre le dire c'est les syndicats qui je rentre dans un cadre bien précis mais faut pas montrer que l'on peut être humain est faible et que on peut en avoir ras-le-bol qu'on peut être fatigué c'est un truc est tout simplement ce sens et même après avoir été soigné dans sept centres de soins c'est toujours difficile le retour parce qu'on est le retour est compliqué parce que justement tout genre et à cause de cette image qui est très ancrée et avec notamment effectivement betty qui était une officier de police judiciaire qui était en séjour là bas qui avaient eu une dépression nerveuse assez grave qui comme quand moi je suis arrivé à l'été dans sa dernière semaine en forme remise physiquement ça allait très bien et tout mais elle était extrêmement stressé par la sortie pourquoi parce qu'elle me disait mais parce que par rapport à certains collègues n'ont pas tous mais quand tu es passé là tu es un cas social pas là tu es devenu le maillon faible et policiers que vous avez rencontrées vous ont exprimé leur ras-le-bol sur leurs conditions de travail on découvre que dans certains commissariats n'y a pas de lumière dans les toilettes pas papier toilette non plus que ce sont les policiers qui achètent leur propre torche backelite leurs propres menottes parfois leurs étuis à me note aussi que parfois compte tenu de la vétusté des locaux c'est eux mêmes qui achètent la peinture pour repeindre leurs bureaux dans quelle mesure ces défaillances matérielles sidérante reflètent-elles ce qui se passe sur l'ensemble du territoire est que ces frais comment est-ce que c'est une partie des commissariats où la majorité d'entre eux c'est une partie des commissariats c'est pas partout comme ça mais dans les endroits où c'est le cas c'est assez impressionnant enfin il mais pas seulement c'est pas cessé on peut parler de ces des grandes grandes agglomérations et les grandes zones urbaines et bâtiments de quatre cinq étages où vous arrivez dans la salle de repos vous avez l'impression que dans un squat quoi c'est à dire que la salle ron la salle de repos c'est les policiers eux mêmes qui la lame est bleu quoiqu'il l'équipe et donc on a l'impression que quand ils sont en congé ils font les encombrants pour aller chercher du mobilier alors vous avez des chaises qui correspondent à des chaises d'école d'autres qui viennent de bureau ou une table qui doivent avoir 40 ans et des trous dans des trous dans les murs et qui sont couverts par des des posters des affiches enfin voilà quoi pascal à côté ça vous pouvez avoir des commissariats flambant neufs high tech mais en plus le problème est pas forcé enfin il ya ce problème là mais il n'ya pas que ce problème là ça n'a pas que tu évidemment sur la scène énorme impact sur leur moral sa vocation de travailler évidemment puis sur l'image qu'ils sont très social aussi l'image qu'ils donnent moi quand je monte dans une voiture de police secours sur le siège passager avant et que l'officier de police judiciaire qui avec moi me dit fais gaffe à pas de prendre les pieds dans les fils de la radio qui pendent ils me disent mais quand on va alors quand on part en intervention quand on parle d'intervention avec un phare cassé et qu'on arrête quelqu'un parce que il a un clignotant qui marche pas on quelle crédibilité ainsi revoilà au delà de ces failles matérielles conséquentes et absolument hallucinante qui minent le quotidien des policiers votre enquête elle révèle surtout les stigmates psychologiques dont souffrent bon nombre d'entre eux quasiment tout ce que vous avez intégré qu'est ce qui affecte profondément la santé des flics de france qu'est-ce qui a fait que la santé des phillies de france est assez complexe c'est je pense qu'ils savent qu'ils sont dans un métier dur d'y rentrer se sont ils savent qu'ils vont être confrontés à des choses qui peuvent être confrontés à des choses très dur même si dans leurs folles la formation reste comme très théorique et le terrain il le découvre pendant qu'ils font des stages mais c'est surtout quatre dans cette dans cette ce terrain extrêmement dur ce qui les mine énormément c'est le sentiment de ne pas être reconnu et la hauteur de ce qu'ils font et l'impression aussi que effectivement la hiérarchie enfin au dessus puis on monte n'est pas à l'écouté ne prend pas la mesure de la mission qu'ils accomplissent sur le terrain ils sont prêts à vivre des choses extrêmement difficile mais ils veulent pas être des cibles pas seulement quand ils sont en mission dans la rue mais ils veulent pas être des cibles dès qu'il ya le moindre problème ce sentiment permanent d'être alors ça ça remonte énormément de la part des policiers c'est la présomption de culpabilité systématique et ça c'est ils sont sur un terrain difficile et cette crainte en permanence qu'il ya un truc qui peut leur tomber dessus le fait de la moindre intervention est filmée de parler à tout le monde et fait des photos le comment va être interprété tel geste s'il y en a il y en a que j'ai rencontrés ils sont obsédés par ça ils veulent plus faire de voie publique parce qu'ils ont peur de se faire piéger sur une intervention et ça c'est extrêmement mignon c'est presque plus mignon que des choses traumatisante qui peuvent voir c'est à dire que d'avoir cette espèce de d'être obsédé par ça et d'être obligé de faire tout le temps attention à mais on sait qu'on n'est pas en train de filmer ils se sentent en plus en danger c'est pour ça qu'il y en a qui sur les opérations de maintien de l'ordre j'en parle dans le livre de plus en plus ils ont tous le cache cou remonter jusqu'aux yeux contact identifié parce qu'ils peuvent être analysés conners au sort aux larmes amis qui peuvent être exactement et menacé à toi gilles ont peur de retrouver leur image sur les réseaux sociaux de leur visage une phrase du livre tout là vous parlez de la formation entre la formation théorique et skill vive sur le terrain les flics sont les premiers à voir ce que personne d'autre ne voudrait voir ils sont bien formés non flics en france ils sont non je pense qu'ils sont pas je pense qu'ils sont pas formés aujourd'hui comme ils devraient l'être en fait il y à une formation théorique qui est bonne après effectivement quand ils arrivent sur le terrain tout ce qui est moi je leur ai posé souvent la question est-ce que vous avez des déformations sur le rapport à la mort en si vous avez trouvé dès les premières courbes sont victimes et tous n'ont pas dit non mais non non ils disent non et en même temps par exemple il ya un lien il ya un crs de 54 on l'a dans le livre qui a de la bouteille qui me dit ouais mais en même temps c'est un peu comme c'est un peu comme l'hôpital quoi c'est dire que si tu as peur du sang et de la mort et des blessés tu vas pas faire infirmières médecins quoi ils sont un peu passés entre ces deux choses et puis et puis sur le plan de la formation c'est justement ils disent aussi par rapport à la hiérarchie ça c'est des aussi des vieux de la vieille qui le disent dans le livre parce qu'il ya vraiment des gens de tous âges dans ce bouquin les plus anciens notamment un ancien commissaire qui dit avant je formais pour être pour être commissaire de police ont formé des chefs de troupe oui des gens qui étaient proches de genre d'homme qui avait sur le terrain avec nous tout ça aujourd'hui on forme des gestionnaires et ça ça colle pas du tout le terrain avec les les policiers quand ils sont dans la rue peut on parler des policiers abîmé par par leur métier qui était donc soigné dans ce centre le cours bas à côté de tours des policiers fracassé ces termes que vous utilisez dans votre ouvrage sa directrice au moment de votre enquête à l'époque frédéric yonnet s'est confié à vous elle a dirigé 60 pendant six ans qu'est ce qu'elle vous a confié l de concret en matière de souffrance policière est ce qu'elle a vu une évolution avec le temps elle dit à un moment donné il craque de plus en plus jeunes par exemple oui la moyenne d'âge 40 ans et il craque de plus en plus jeunes elles disent que mais justement est ce qu'il n'ya pas un problème alors il ya plusieurs problèmes il ya alors elle s'interroge est ce qu'il ya une prise de conscience qu'on va mal et qu'il faut le dire ce qui n'est pas du tout dans la culture de la police plus il faut tenir à tout prix et puis elles disent qu'il n'ya pas aussi un problème de recrutement c'est à dire que vouloir aider son venir en aide à son voisin c'est c'est super c'est très bien mais c'est pas suffisant parce que c'est un métier est éminemment complexe où on va être confronté à des choses très très difficile où on est on peut passer on peut passer dans rentrant à la police le métier d'un policier journée c'est il peut se retrouver sur des trucs extrêmement rébarbatif et tout petit à faire des pv des trucs est passé avec un drame familial terrible dans la dans l'heure suivante un sens sans le savoir du tout donc il ya une gymnastique psychologie sco angers nantes et elle dit il ya une vraie question enfin c'est il faut vraiment se poser profondément la question de pourquoi je rentre maryse alors vous dites que nouvelle génération de policier est arrivé depuis le début des années 2000 qui sont ces nouveaux policiers en quoi sont-ils différentes de leurs prédécesseurs qu'est-ce qu'ils vont possiblement arriver à faire changer et ce qui vaut ce qu'ils vont possiblement arriver à faire changer je ne sais pas en tout cas là la différence générationnelle elle est très très visibles sur le terrain tous ces jeunes policiers arrivent d'ailleurs ça c'est une nouveau un fossé de plus qui peut y avoir avec le ministère de l'intérieur en fin de leur hiérarchie l'institution en elle-même et toute cette nouvelle génération c'est à dire que c'est des gens qui à l'image de tous les jeunes de la société d'aujourd'hui et de tous les gens aujourd'hui qu'ils ont 20 ans 30 ans 25 ans 30 ans ils sont tous connectés les flics qui sont des gens comme vous et moi sauf que ils ont fait un nom d'école de police voire plus quand ils deviennent officiers de tous mais ils sont tous ils ont ils sont tous sur facebook sur twitter ils ont un niveau d'étude aujourd'hui c'est rien plus élevé donc ils veulent comprendre les ordres que leur demande ils n'ont pas forcément envie de s'inscrire dans le cadre syndical classique en fait on n'a le portrait dans la police de d'une jeunesse qui l'a même que la jeunesse de n'importe quel autre secteur de la société aujourd'hui sauf que son flic mais ils ont exactement voilà ils sont sur les sur leur iphone sur twitter sur facebook alors la plupart du temps tous sous pseudo nerfs il ya toujours ce truc surtout faut pas qu'on le reconnaisse mais voilà ils veulent sortir du cadre institutionnel classique qu'il y avait jusqu'à présent et d'ailleurs quand vous regardez là une manifestation des policiers en colère d'octobre 2007 2016 c'est toute cette nouvelle génération qui étaient dans la rue voici qui manifestent et majoritaire dans les ménages aux rites hermance et des hommes et des femmes policiers jeunes la désorganisation des services que vous mettez en avant le manque d'effectif l'insalubrité des locaux les catastrophes psychologiques qui affectent les policiers comment on en est arrivé là ce qu'on est à des lieues des soins dans votre ouvrage je pense qu'il ya un flottement permanent que d'ailleurs je dénonce et qui supporte plus entre les alternances politiques un nouveau gouvernement qui arrive qui défait ce que le précédent à faire le l'espèce de 2 de course permanente résultats aux résultats en l'empilement des lois des circulaires qui pleuvent dans tous les sens en fait il ya une perte de sens au filet au fur et à mesure de ces années qui passent on a une perte de sens complet de la mission de police c'est à dire qu'on a l'impression que dans le monde politique français nationale on est incapable d'avoir un débat clair sur dans une société démocratique comme la nôtre quelle police et quelle sécurité on veut mener qui pourrait faire consensus un fait mais avec une vision avec quelque chose c'est ce qu'il manque aujourd'hui un cap je crois que certains dans un cap les aggies interlocuteur vous avez rencontré demande un cap revenir au coeur de leur métier exactement un cap revenir au coeur de l'ordre c'était le plus important j'étais à l'état de matériel finalement de ce qu'ils utilisent et il ya les deux justement c'est pour ça que je disais qu'il n'y a pas que l'état matériel et ça ne suffira pas de transformer tous les commissariats en bâtiment high tech qu'il faut aussi donner un sens aux missions qu'on demande à nos forces de l'ordre aujourd'hui il ya par exemple la politique du chiffre qui a été appliquée pendant que la sarkozie partir de 2007 we came to see les non sens et d'ailleurs quel que soit le niveau hiérarchique vous avez autant des commissaires que des débrayages et chef des gardiens de la paix d'officiers de police judiciaire qui raconte des trucs invraisemblables c'est à dire que l'idée était qu'à la base qu'il fallait montrer que la police pas forcément mettre du bleu partout mais que donner des chiffres parlons à la population pour montrer que la police travaille donc vous avez réclamé qu'un sport sans de garde à vue de plus sur un mois mais peu importe ce qu'on va mettre dedans ville va suivre juste falloir montrer quelque 15% de garde à vue de plus il ya dans ce bouquin il ya on officiellement judiciairement sud justement qu'il raconte à un moment on se retrouve avec on a dix appels des clients réguliers ce qui nous a dit on voit souvent que les mêmes personnes toujours chez nous il ya des gens qu'on va pas forcément placé en garde à vue parce que l'on sait où il habite on va pouvoir les rois convoqué deux jours après pour les entendre et tout est dit je me rappelle d'un mois particulier où le commissaire dit nono moment surtout pas on a des consignes il nous faut de la garde à vue donc on remplit on remplit toutes les remplit toutes les cellules de garde à vue avec tout et n'importe quoi et une fois qu'elles sont pleines on appelle les commissariats des vidéos à l'entente pour savoir s'il reste de la place et ont fait des transports comme ça de tout ce qu'on interpelle des transports en car police secours pour aller les mettre dans l'état où il ya de la place voilà donc vous avez des commissariats plein et le commissariat en question voilà transmet à la préfecture et au ministère de l'intérieur que villa 15% de dire n'avions plus voilà mais ils disent ils appellent ça c'est de là bas tony t on privilégie la quantité est absolument pas la qualité quand on parle du coeur de métier c'est ça c'est ce policier qui dit le jeune que je vois arriver moi il va me il me fait 30 vendeurs de clap à la sauvette dans le moi parce qu'ils en interpellant un par jour parce qu'il sait exactement où les trouver moi je préférerais qu'ils se focalisent sur le l'arracheur de colliers ou de sacs à main de mamie ou voilà l'agression physique le vrai boulot ce qui va ce qui va impacter la vie la vie des gens réellement jean marie godard on est regardés en ce moment par un certain nombre d'internautes qui ont beaucoup de questions à vous poser c'est tout de suite vos questions [Musique] farouk s'interroge le résultat de cette enquête et il en contradiction avec votre idée première sur la police en contradiction oui c'est vrai que moi je viens plutôt de la gauche on va dire d'une certaine gauche militante j'étais dans les manifs puisque forcément c'était les gens que je côtoyais oui j'ai pu avoir des a priori sur la police il ya tout le côté d'ailleurs que j'entends encore autour de moi sur wii mais les flics c'est tous des fachos ils votent tous pour le fn ils font du contrôle au faciès qu'en fait c'est beaucoup plus compliqué que ça et que on a beaucoup plus qu'on ne le pense une police qui est à l'image de la société met vraiment à propos de bavures policières solo demande que pensez-vous de l'augmentation des bavures policières est ce qui a réellement d'ailleurs une augmentation je ne sais pas s'il ya une augmentation des bavures policières ça j'en sais rien j'ai pas léger pas les chiffres d'ailleurs à ce propos je pense qu'aujourd'hui on dispose plus rapidement de chiffres que 10 ans ou 20 ans donc je sais pas vraiment si une hausse ou pas ce qu'on peut parler d'un certain nombre de bavures policières dans l'ouvragé en mettant en avant en particulier par exemple il maintient de l'ordre voilà j'en tire les débats et des bavures policières c'était un problème d'encadrement c'est-à-dire que les personnes qui ont été accusés de bavure policière et qui ont commis des bavures policières n'étaient pas du tout les bonnes personnes au bon endroit à ce moment-là après il ya ce qu'on entend par bavure et bavures mais là le chapitre là parce que moi j'ai pas le livre n'est pas un livre sur telle ou telle affaire interpellations ont trouvé ça bien un chapitre sur ce qu'on appelle le maintien et le rétablissement de l'ordre dont on reparle des manifestations là qui dégénère il jeudi effectivement dans ce chapitre que alors effectivement quand il ya un geste condamnable il doit être condamné mais que le problème c'est que bien souvent on ne s'interroge pas plus haut pour savoir comment on est arrivé à ce que ce geste soit un an et demi et que effectivement quand on fait une opération maintien ou de rétablissement de l'ordre ça doit être confiée à des professionnels qui sont vraiment bien formés qui ont des ordres précis et le sang-froid et après effectivement quand vous organisez quand vous organisez vous donner une mission à quelqu'un et que vous l'organiser mal vous installez les conditions de travail délétères ou un truc qui avec des trous partout qu'il va falloir bouche et vous ouvrir un boulevard à des problèmes et des catastrophes et des gens les opérations de maintien de l'ordre par exemple dans la rue sur paris sur certaines grosses manifs ou au travail vous vous retrouvez avec un mélange de plein de services différents gendarmes mobiles crs compagnie d'intervention même débat qui est tous avec des gens qui en plus sont pas forcément sur une même fréquence radio ou ont pas forcément les mêmes les mêmes directives ni la même formation d'ailleurs ceux qui vont la formation minimale on l'aimait pour boucher des trous on les met devant une vitrine à prendre des bouteilles en dix ans sur tout bougeait pas et ça c'est les crs qui vont s'occuper tiers des interpellations si on a besoin en attendant que vous avez une troupe de dix quinze personnes qui se prend des bouteilles des cailloux pendant 10 minutes 15 minutes et qui n'a pas la formation ni des crs et des gendarmes mobiles en matière d'anti émeutes et vous allez peut-être avoir des gens là dedans la nation dérapé parce que yvon passez moi l'expression pété un câble au bout d'un moment voilà le truc c'est de ça veut pas dire que ça excuse bien entendu que non mais ça veut dire que si au niveau des autorités ou vous installer un système comme ça qui avait des failles partout vous risquez forcément d'avoir des problèmes et ce serait peut-être la question qu'on devra se poser en amont avant de le faire anthony n'a s'interroge ne pensez vous pas qu'il faudrait un meilleur suivi psychologique tout au long de la carrière des policiers ici si si tout à fait là mais même faire entrer la culture psy plus dans la police dans la mesure où il est très compliqué pour des policiers aussi d'aller voir le psy quand ils vont mal parce que effectivement il s'auto désigner vis-à-vis des autres et même il sèche oui oui parce qu'après c'est les collègues ont peur de nous on va les désarmer ils pourront plus tourner sur la voie publique voilà mais par contre peut-être qu'il faudrait ouvrir un peu plus d espace à l'intérieur des commissariats dans les sûr quand vous avez une opération un peu difficile où un débrief une fois par mois au tout le monde puisse parler de choses qui ont été vécues de manière c'est très très important quoi de pouvoir vider son sac autrement que avec les copains au bar en descendant les bouteilles ivars interroge qu'attendent les citoyens de leur police comment donc attendre les citoyens de leurs produits les citoyens leur police je pense qu'ils sont extrêmement exigeants avec parfois des exigences contradictoires c'est à dire plus de liberté mais plus de sécurité en même temps et puis non je pense que je pense que sûr quand on parlait de recentrage sur les missions essentielles de la police sur le coeur de métier je pense que les citoyens attendent beaucoup de ça je pense qu'ils sont pas dupes de la communication officielle sur le côté un peu tout va bien je pense qu'ils ont compris ce que c'était que la politique du chiffre d'ailleurs qui a participé pour une partie à la détestation qu'une certaine partie de la population pouvait avoir de la police eux mêmes le disent les flics le disent quand ils disent on nous demande de de manière complètement arbitraire comme ça pour faire du chiffre de vider dans le mois deux carnets deux timbres amendes parce que c'était simple y'en a qui vont en parler évidemment que ça va exaspéré le citoyen lambda qui paye ses impôts et voilà est qui et c'est là que vous avez les réflexions mais qu'elle vous avez pas autre chose à faire bon ben voila je pense que je pense que si tu as de la population attend de sa police week-end se recentre sur son coeur de métier s'il veut pas dire qu'ils arrêteront de mettre des pv parce que quand vous faites des infractions routières c'est aussi leur rôle merci beaucoup jean marie godard pour cet entretien je rappelle le votre ouvrage parole de flic de flics qui est édité chez fayard merci encore [Musique]