"La droite doit devenir le grand parti du travail", affirme Guillaume Peltier
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Bonjour Guillaume Pelletier. Bonjour. Les Républicains, votre parti, n'ont plus de chef depuis deux jours. Est-ce que vous y pensez le matin, vous ou rasant ?
L'heure n'est évidemment pas aux déclarations de candidature personnelle. L'heure est au sang-froid, à l'esprit d'équipe et à l'humilité. Nous n'avons pas subi une défaite, nous avons subi une déroute. Il n'y aurait rien de pire que dans la précipitation, les égaux, les ambitions, aussi légitimes soient-elles, s'expriment depuis dimanche soir. Mon rôle en tant que premier vice-président des Républicains, c'est de rencontrer l'ensemble des sensibilités, des personnalités, parce que le mot-clé qui doit nous guider dans les heures et les jours qui viennent, c'est l'esprit de réconciliation.
Réconcilier les générations, réconcilier les sensibilités, rappeler qu'on a besoin de tout le monde, réconcilier les territoires, et ensuite, choisir un chef. Mais avant de choisir un chef, il y a une question immense qui se pose à nous, avec humilité, et que les Français se posent. A quoi sert la droite ? Quelle est l'utilité de la droite ? Moi, je considère que la droite est utile. Que la droite est utile si nous avons l'audace et l'esprit de responsabilité de choisir 4 ou 5 idées concrètes, nouvelles, sans rien renier de ce que nous sommes. Je suis de droite et fier de l'être. Mais en nous adaptant au monde et à ce qu'attendent nos compatriotes.
Vous avez dit que vous n'aviez pas subi une défaite, mais une déroute. Ça veut dire qu'aujourd'hui, à vos yeux, la droite, elle est en danger de mort, elle est en voie de disparition ?
Bien sûr, la droite peut mourir. Les Républicains peuvent mourir. Je ne le souhaite pas, et je ne le pense pas. Parce que nous avons la chance d'avoir, non seulement un enracinement territorial exceptionnel, à travers nos élus locaux, nos maires, nos présidents de région, nos députés, nos sénateurs. Je pense particulièrement aux députés de la nouvelle génération, plus de 100 députés qui ont été élus malgré les vagues contraires. Il va falloir reconstruire et rebâtir à partir de ces territoires.
Mais qu'est-ce qui a à ce point rétréci la droite ces dernières années ou ces derniers mois ? Vous parlez de réconciliation. C'est-à-dire que la droite, elle est fâchée aussi dans son cœur et qu'il faut donc la réconcilier ?
Bien sûr. Il faut d'abord nous réconcilier avec nous-mêmes. La droite n'a pas su, depuis 12 ans précisément, inventer, construire un discours pour se rendre à nouveau attractif et redevenir majoritaire. Notre vocation n'est en rien de devenir une force d'appoint de quiconque, mais de redevenir dans l'esprit du général de Gaulle et de la Ve République un pôle d'attraction à vocation majoritaire. Aujourd'hui, c'est le vieux monde, la droite, à vous écouter. Les Français nous l'ont dit. Il faudrait être sourds et aveugles pour ne pas le voir ou l'entendre.
Pour vendre résultats des Européennes, Guillaume Pelletier, ces critiques-là, on ne les a pas entendues. À droite, il a suffi que la liste Bellamy fasse 8,5% pour que ce soit le cataclysme. À 11%, on continuait comme si de rien n'était. Oui, c'était un danger.
Vous ne pouvez pas m'enlever, Marc Fauvel, y compris à cette antenne, depuis plusieurs années. J'essaye, humblement, mais avec cette conviction profonde que je porte depuis très longtemps, de la nécessité de reconstruire une droite sociale et populaire qui brise des tabous. Nicolas Sarkozy fut le dernier à briser des tabous. Il brisa, par exemple, le tabou du rapport de la droite et de la France aux questions migratoires. Et la droite, de manière assez unanime depuis, on l'a vu même à l'occasion de la primaire, avait trouvé une unité sur le sujet. Nous n'avons pas brisé un tabou essentiel. C'est le tabou du travail. La droite doit devenir le grand parti du travail.
Du travail qui récompense, du travail qui libère, du travail qui émancipe, du travail qui fédère, qui intègre. C'est la valeur travail qui est la valeur cardinale.
Concrètement, ça veut dire quoi, remettre le travail au cœur de la société ? Les heures sub défiscalisées, Emmanuel Macron a repris votre idée, a repris l'idée de Nicolas Sarkozy. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire au moins deux choses.
Ça veut dire que nous devons être en capacité, dans les mois qui viennent, de proposer, sur la question du travail, une hausse générale des salaires, non pas payée par l'État, non pas payée par les entreprises, bien entendu, puisque ça doit être corrélé avec une baisse drastique des cotisations patronales et salariales. J'y reviendrai dans les prochaines semaines, bien entendu.
Une hausse de 20% du SMIC, comme vous le proposiez il y a six mois ? Des salaires. 20% du SMIC, vous le proposiez il y a six mois ?
Oui, j'avais évoqué la question du SMIC et des salaires. On avait retenu la partie SMIC. Ce que j'entends, moi je propose, on ne va pas augmenter qu'une partie des salaires. Mais 20% ? Si on augmente les salaires, c'est tous les salaires. Je ne rentre pas dans les... Je présenterai... Non mais c'est déjà important. Une hausse des salaires de 20%, deuxième point. Non, une hausse générale des salaires, on verra de combien, mais qui ne pèse ni sur les entreprises ni sur l'État, mais sur un bing-bang fiscal et social dans notre pays. Deuxième enjeu, c'est de dire que les salaires sont trop bas en France.
Et parce qu'ils sont trop bas, nous avons un énorme problème pour nos PME, nos artisans, nos commerçants pour embaucher. Dans ma circonscription de Loire-et-Cher, j'ai par exemple le zoo au parc de Beauval qui cherche plusieurs dizaines encore de salariés. Pourquoi on n'arrive pas à embaucher ? Parce qu'il n'y a plus d'écart entre les revenus de l'assistance et les revenus du travail. La droite doit devenir le parti qui valorise concrètement, vous avez vu, c'est très concret, cette valeur essentielle, la valeur du travail. Le grand parti du travail. La droite qui augmente les salaires, est-ce que ça ne s'appelle pas la gauche ? Non, pas du tout.
Il y a une grande différence entre la droite et la gauche. La gauche considère, moi je viens d'un milieu modeste, en un mot, que les gens modestes doivent rester des gens modestes et être accompagnés par la puissance publique à dose de subvention publique. Moi je crois au contraire, et c'est pour cela que je suis de droite. Je crois au mérite, je crois à l'effort, je crois à la récompense de celui qui fait l'effort d'aller travailler. Je crois à la récompense de celui qui cherche vraiment un travail. Je crois à la récompense de celui, comme les retraités, qui a travaillé.
La valeur du travail, c'est notre différence d'ailleurs majeure avec la gauche. Oui, mais en revanche, vous parlez exactement comme Emmanuel Macron. Le travail doit effectivement être récompensé, il faut l'effort, il faut le valoriser. C'est exactement la politique que conduit aujourd'hui, en tout cas que prétend conduire le gouvernement. C'est ce qu'il a annoncé pendant sa campagne, il fait exactement le contraire.
Il augmente la dette, il augmente les dépenses publiques, les salaires.
Quand il augmente la prime d'activité plutôt que de toucher au niveau général du SMIC, c'est précisément pour ne pas alourdir, dit-il, les charges ou les entreprises. Comme vous partagez, vous l'avez développé à l'instant, la même préoccupation.
Justement, Renaud Deli, c'est toute l'illusion du macronisme. Bien sûr qu'Emmanuel Macron a pu dire des choses intéressantes. Je vais même vous dire, c'est d'ailleurs ce que je plaide pour l'opposition demain, c'est que nous ne soyons pas simplement un parti d'opposition, mais un parti de proposition. Il nous est arrivé à de nombreuses reprises de voter dans l'hémicycle des lois proposées par le président de la République et son gouvernement. Mais le code génétique du macronisme, et d'ailleurs les Français le savent et le disent, c'est le président des riches, c'est le président de Paris, c'est le président d'un libéralisme incontrôlé.
Je ne suis pas anti-libéral, je considère que la liberté est une valeur centrale. Mais je considère que la liberté doit être encadrée et contrôlée par des règles et des principes et qu'au fond, la droite de demain, je le dis et je le répète, c'est l'enjeu que je propose à mes collègues parlementaires et à tous les ténors de notre parti, c'est que nous redevenions le grand parti du travail.
Guillaume Pelletier, vous restez avec nous, on s'interrompt quelques instants. 8h41, c'est le rappel de l'actualité, avec David Doba sur France Info. Le site impots.gouv.fr, victime de son succès. Trop de personnes se sont connectées en même temps hier, laissant penser à une attaque informatique. Résultat, un énorme bug et le gouvernement accorde du coup 48 heures de plus pour déclarer ses impôts en ligne. Mesure qui ne concerne que les contribuables habitants dans les départements allant du numéro 50 au numéro 976. Une magistrature au bord de la rupture. Résultat d'une enquête dévoilée ce matin par nos confrères de France Inter.
Journée interminable, stress et fatigue semblent être leur quotidien. Pour 58% des magistrats, la charge de travail a même un impact sur leur santé. Gérard Larcher réunit à Paris aujourd'hui plusieurs cadres de la droite et du centre. Un absent autour de la table, Xavier Bertrand. Les deux hommes se retrouveront normalement demain. Et puis le conseil d'administration de Renault se réunit pour sa part cet après-midi pour répondre à la proposition de fusion formulée par Fiat-Chrysler. Les discussions se sont poursuivies tard, hier soir, pour tenter de satisfaire les demandes de garantie de l'État français.
Les négociations exclusives pourraient s'ouvrir pour former le numéro 3 mondial de l'industrie automobile. Toujours avec le premier vice-président des Républicains, Guillaume Pelletier. Est-ce que Laurent Wauquiez, pour vous, a sa place dans la reconstruction de la droite qui débute aujourd'hui ?
Mais tout le monde. Commencer une reconstruction, commencer à avoir envie de rebâtir en excluant tel ou tel ou en disant que tel ou tel n'a pas sa place, c'est une folie. Laurent Wauquiez a pris une décision sage qui l'honore, qui est une décision difficile. Il a démontré qu'il était un chef qui prend ses responsabilités. Il a annoncé qu'il se consacrerait à sa région Auvergne-Rhône-Alpes. Bien sûr que ce qu'il incarne, et d'ailleurs son combat initial sur les classes moyennes, est un combat que nous portons. Donc bien sûr que chacun a une place clé et essentielle pour rebâtir.
Pour vous, la droite, aujourd'hui, elle doit aller d'où à où ? Quel visage vous mettez le plus à droite et quel visage vous mettez le plus à gauche ? On dit que la Macronie, en ce moment, ça va de Cohn-Bendit à Raffarin. Vous, les Républicains, quel est le visage le plus à droite et jusqu'où elle doit aller empiéter sur le camp d'en face ?
Il faut tout mettre sur la table. Je ne vais pas répondre comme ça, de manière gourmande, pour me faire plaisir à votre question. Valérie Pécresse, d'ailleurs, l'a dit avec des mots intéressants au bureau politique. Nous devons, non seulement, rassembler toutes celles et ceux qui ne croient ni en Emmanuel Macron, ni en Mme Le Pen, entre M. Macron et Mme Le Pen, d'une part, mais surtout, arrêtons de nous positionner par rapport à M. Macron et par rapport à Mme Le Pen. C'est ce qui tue la droite depuis des années et des années. Nous nous sommes positionnés pendant cinq ans par rapport à M. Hollande et nous continuons à nous positionner par rapport à M. Macron ou par rapport à Mme Le Pen. M.
Macron et Mme Le Pen sont des acteurs de la vie politique et ils entendent manifestement le rester. Moi, ce qui m'intéresse, qu'est-ce que nous avons, nous, à proposer pour nous-mêmes ?
Je vais vous donner un seul nom, Guillaume Pelletier. Après, on arrêtera ça. Éric Zemmour, c'est votre droite ou pas ? Mais je ne fais pas de la politique, c'est un éditorialiste. Oui, qui a rencontré fréquemment Laurent Wauquiez.
Oui, qui m'attaque régulièrement. Alors, un autre nom, Patrick Buisson. C'est votre droite ou pas ? Avec qui vous avez travaillé pendant des années ? Il y a très longtemps, il était avec Nicolas Sarkozy. Non, mais ne confondons pas tout. Je veux bien...
Est-ce que Patrick Buisson n'a pas eu une influence trop importante sur le cours de la droite ces dernières années, effectivement, auprès de vous, auprès de Nicolas Sarkozy, auprès de Laurent Wauquiez aussi ? Et est-ce qu'il n'explique pas, Patrick Buisson, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, une partie de l'État dans lequel est la droite aujourd'hui ?
Je vais vous décevoir. Je ne fais pas partie de ceux qui commentent, depuis le microcosme parisien, les obsessions de tel ou tel. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de construire une droite nouvelle, qui ne cède rien sur l'ordre, l'autorité de l'État, les valeurs de la République, et qui intègre, par exemple, sur ce sujet-là, une valeur trop souvent oubliée par notre famille politique, une valeur centrale, abandonnée d'ailleurs, et par M. Macron et par Mme Le Pen, c'est la valeur de la laïcité.
Pour moi, la meilleure réponse au communautarisme islamique, à l'islam politique, dont parle le président de la République, qui nous menace, la meilleure réponse est la laïcité, c'est-à-dire, c'est de dire, une laïcité bienveillante à l'égard de religion, bien sûr.
Donc, la mise en avant des références chrétiennes de l'Union Européenne pendant la campagne européenne de François-Guy Bellamy, c'était une mauvaise idée. Mais en quoi c'est incompatible ? C'est quoi la France, sur ce sujet-là ? Ce n'est pas une référence très laïque, de vouloir inscrire dans les textes européens les références chrétiennes de l'Union Européenne.
Je vais être très précis sur ce en quoi je crois, sur cette idée, puisque vous me posez une question. Je suis, je ne m'en suis jamais caché, j'en suis fier, français catholique. J'ai des convictions religieuses, mais je suis français avant tout. Et de la même manière que je suis un français catholique, je souhaite qu'on s'adresse aux français musulmans, aux français juifs, aux français qui n'ont pas de religion, qui ne croient en rien. Premièrement. Deuxièmement, je dis et je répète, et j'en suis fier, que la France a 2000 ans d'histoire et de culture judéo-chrétienne. C'est une évidence. Ceux qui le nient sont les gens qui ne comprennent rien à ce que nous sommes.
Mais, mais, mais, ça ne suffit pas. Et la meilleure réponse aujourd'hui à ce qui nous menace, une France divisée, fragmentée, communautarisée, où chacun, mais vous le voyez bien, se replie sur soi dans des communautarismes ethniques ou religieux, la plus belle des réponses, c'est ce que la France incarne, c'est la laïcité. C'est-à-dire de dire, tout simplement, dans le respect, la bienveillance et l'autorité, qu'il n'y a aucune loi religieuse qui ne peut l'emporter sur une loi politique. Ça, la droite doit... Elle a été ambiguë, vous avez raison, sur ce sujet. Elle a parfois tourné le dos à cette valeur. Nous devons redevenir le grand parti du travail, je l'ai dit.
Nous devons aussi redevenir le grand parti de la laïcité.
Guillaume Pelletier, Gérard Larcher, le président du Sénat réuni aujourd'hui, plusieurs des ténors de la droite et du centre pour tenter de recoller les morceaux. Est-ce que vous soutenez sa démarche ? Bien sûr.
Ce qu'a entrepris Gérard Larcher est une entreprise d'urgence, de digue à l'extérieur de notre famille politique, tout en associant notre famille politique, dans une double perspective légitime, les élections municipales du printemps 2020 et les élections sénatoriales qui suivront. A ce titre, il s'appuie en particulier sur les présidents de groupe et, il a raison, les présidents de région. Mais il le dit lui-même, ça n'est pas suffisant.
Et il faudra, et c'est tout ce qui est en train de se dérouler depuis le départ de Laurent Wauquiez, associer à la démarche de Gérard Larcher, une refondation, il dit même une révolution complète des Républicains qui doivent rester le corps et le cœur central de cette révolution.
Est-ce que vous souhaitez que se mette en place une direction collégiale à la tête des Républicains ?
J'ai entendu Jean Léonetti, il y a quelques minutes, qui, vous le savez, le président par intérim, qui a mis de côté cette idée en disant « il n'a pas tort que la collégialité conduit parfois à la confusion ». Mais de façon provisoire, pour apaiser, rassembler pendant quelques mois. Je vais être très simple, si c'est aider, accompagner, et je le ferai en tant que premier vice-président, Jean Léonetti, pour préparer les conditions dans le respect des statuts de l'organisation d'une nouvelle élection, oui, tous les talents et toutes les bonnes volontés seront les bienvenus.
Si à l'inverse, c'est une collégialité de très long terme pour empêcher la droite de se poser les bonnes questions, la question des idées, premièrement, avec 4 ou 5 idées, fortes, j'y reviendrai, le travail, la laïcité, la défense des territoires et des provinces, la défense de l'écologie...
Si c'est une collégialité autour de Gérard Larcher, c'est non.
Mais ce n'est pas ce que souhaite Gérard Larcher. Gérard Larcher, il dit « je prends mon rôle de président du Sénat, d'incarnation de contre-pouvoir à Emmanuel Macron, et j'organise, et je fédère, et je rassemble toutes celles et ceux qui ne se retrouvent ni dans Emmanuel Macron, ni dans Mme Le Pen ». Il a tout à fait raison, mais il aura besoin, et il l'a dit, je crois aussi sur cette antenne, il aura besoin d'un parti nouveau, de la droite française, d'orientation d'ailleurs plutôt sociale et populaire,
telle que nous le proposons. Quand souhaitez-vous que les militants des Républicains votent pour élire leur nouveau chef ? Les statuts disent « c'est pas de chance, ça tombe en plein mois de juillet ».
Exactement, le 50 à 65 jours entre le 20 juillet et le 15 août... Pendant le Tour de France, ce n'est pas l'idéal. Voilà, ce n'est absolument pas idéal et pas du tout raisonnable. Et là, il y a un consensus depuis 24 heures qui se dégage dans toutes les consultations que j'ai pu engager pour qu'on reporte à la rentrée. C'est-à-dire quelques mois selon avant les municipales. Entre le 15 septembre et le 15 octobre, probablement. Il y a deux tendances, une tendance majoritaire pour que ça ait lieu à l'automne, 15 septembre, 15 octobre, d'autres plus minoritaires qui proposent au lendemain des élections municipales.
Mais je crois qu'il y a urgence, dans le calme, la sérénité et les sujets de réconciliation, à tout reconstruire et rebâtir. On a besoin d'idées nouvelles, on a besoin d'un corpus idéologique nouveau,
on a besoin d'une ligne claire et on a besoin d'un chef et d'une équipe nouvelle. On poursuit cet entretien. Dans un instant, Guillaume Pelletier, 9h10, David Doba, pour le résumé de l'actualité. A l'initiative de quatre syndicats de la SNCF, les cheminots appelaient à manifester aujourd'hui. Ils protestent contre la réforme ferroviaire. Le cortège se lancera à 13h de la place d'Italie pour rejoindre Montparnasse. Très peu de perturbations à prévoir. Un délai supplémentaire bienvenu. Devant l'afflux de connexions, le gouvernement accorde 48 heures supplémentaires pour déclarer les impôts sur Internet.
Initialement, les contribuables habitants dans les départements allant du numéro 50 au numéro 976 avaient jusqu'à ce soir minuit pour le faire. Opération de police à Lille. Ce matin, 200 policiers ont effectué l'évacuation d'un immeuble dans lequel se trouvaient 200 migrants à bâtiments qu'ils occupaient. Depuis un peu plus d'un an maintenant, la préfecture met en avant une urgence sanitaire. Donald Trump poursuit pour sa part sa visite d'État en Grande-Bretagne. À ses côtés aujourd'hui, Theresa May. Hier, sur Twitter, il avait affirmé qu'un accord commercial était possible une fois que le Royaume-Uni sera débarrassé de ses chaînes. Et puis iTunes, c'est terminé.
Apple veut privilégier désormais le streaming. Rassurez-vous si vous êtes utilisateur, vous pouvez toujours synchroniser vos appareils mobiles via des applications qui seront plus fluides comme Apple Music, Apple Podcast et Apple TV. Toujours avec le premier vice-président des Républicains, Guillaume Pelletier et Renaud Delis.
Guillaume Pelletier, est-ce qu'il faut que le futur président des Républicains s'engage à ne pas être candidat à la présidentielle de 2022 ?
Alors, on peut exclure certains, on peut faire signer des contrats à d'autres. Moi, j'avoue que ce n'est pas ma façon de voir les choses. Faire croire aux gens qu'un président de parti doit renoncer à ses ambitions présidentielles quand on sait que l'ambition est légitime en politique me semble un peu farfelue. Moi, je suis ouvert à tout, il n'y a aucun tabou. Ce que je souhaite, avant toute querelle d'égo, toute partie contractuelle telle que vous l'évoquez, c'est qu'on refonde la droite sur des idées nouvelles.
Qu'avons-nous à dire aux Français ? Est-ce que vous souhaitez que pour désigner son candidat en 2022, la droite conserve le système des primaires ?
Ah, il faudra, c'est certain, un outil le plus transparent, le plus large et le plus démocratique possible. Il n'y aurait rien de pire que de désigner en catimini notre représentant à l'élection présidentielle. Donc on garde les primaires qui ont conduit au résultat qu'on sait en 2017. Je ne dis pas que ça s'appellera primaire. J'espère que nous aurons suffisamment d'imagination pour trouver autre chose. On ne peut pas dire que ce fut fameux pour les deux partis principaux de gouvernement à l'époque. Mais la question n'est pas là. Je suis désolé encore d'être têtu, voire tenace. L'enjeu pour la droite, c'est la bataille des idées. Cessons d'être dans une opposition systématique.
Cessons de nous positionner par rapport à M. Macron et Mme Le Pen. Qu'avons-nous à proposer aux Français ? Moi, je propose quatre axes, je vous l'ai dit. Le grand parti du travail, le grand parti de la laïcité, le grand parti des provinces face à un microcosme parisien et à une haute administration qui dirige tout. Et le parti de l'écologie, non pas punitive comme certains ayatollahs. Vous pensez à qui ? On ne peut pas dire que les responsables de l'écologie politique, Europe Écologie, les Verts, aient fait preuve ces 30 dernières années d'une ouverture d'esprit, d'une compréhension profonde des attentes des citoyens. Mais ils ont peut-être fait avancer un peu les choses quand même.
Nous voulons... Je ne crois pas. Je pense que celui... Si on parle d'avance... Ils ont fait quand même 5 points de plus que vous aux Européennes. Oui. Le score qu'ils faisaient il y a 25 ans et entre-temps, ils ont disparu. Donc vous savez, la politique, il faut être très modeste. Par contre, Jacques Chirac à Johannesburg, Nicolas Sarkozy avec le Grenelle, ont, et c'est la droite, concrètement fait avancer la cause de l'environnement. Mais nous, je vais très loin moi sur les questions de l'environnement. Je souhaite qu'on soit beaucoup plus audacieux. D'abord qu'on protège nos compatriotes de toutes les taxes et punitions liées à l'écologie.
Mais par contre, qu'on soit intraitable à l'égard des États et des multinationales qui polluent. Pourquoi la droite ne proposera-t-elle pas, par exemple, la création d'un tribunal climatique international pour juger... Ce n'est pas une idée de Benoît Hamon, ça ? Mais c'est une idée de plusieurs personnalités de droite et de gauche, surtout de la société civile, qui disent qu'on est en train de mentir au peuple en leur faisant croire qu'ils sont les responsables de la crise climatique. Nous avons tous une responsabilité en termes d'éducation. Mais ce ne sont pas les citoyens français, ce ne sont pas les ouvriers, les fonctionnaires, les entrepreneurs qui polluent.
Ce sont des multinationales et des États qui ne respectent jamais les accords de Kyoto de Paris qu'ils signent. Il faut donc être en capacité au niveau mondial, européen et mondial, de les juger, de les sanctionner.
Guillaume Pelletier, je voudrais qu'on revienne sur une décision qui a peut-être contribué à déboussoler une partie de votre électorat. C'est l'opposition à la privatisation d'aéroports de Paris. On a vu des députés de votre camp signer avec des insoumis un texte opposant à cette privatisation. Est-ce que vous le referiez aujourd'hui ? Mais bien sûr. La droite, ce n'est plus le parti des privatisations dans ce pays.
Mais la droite doit être, quand elle gagne, et moi je veux une droite qui gagne, c'est la droite du pragmatisme, de l'intérêt général. Donc pourquoi pas nationaliser dans certains cas ? Au-dessus du parti ! Mais le général de Gaulle, Georges Pompidou, Nicolas Sarkozy, c'était des présidents très libéraux ou très étatistes ? Ça dépendait des fois. Ça dépendait des fois. Exactement. Ça dépendait d'une chose, de l'intérêt supérieur de la nation.
Donc ça ne vous gêne pas. Elle a par exemple privatisé les autoroutes, la droite. Il n'y a pas si longtemps.
C'est ce que Jacques Chirac et Dominique de Villepin. Elle a eu tort. On en voit les conséquences aujourd'hui. 20% d'augmentation des prix du péage ces dix dernières années. 3 milliards de dividendes distribués aux actionnaires chaque année. C'est raisonnable ? Non, c'est déraisonnable. La droite doit devenir, outre les quatre axes que j'ai évoqués, le parti non seulement de l'unité nationale face à M.
Macron qui est un diviseur national et Mme Le Pen dont on sait qu'elle est un diviseur national, et doit devenir le grand parti de la justice face à toutes les inégalités, face aux rentes, face aux oligarchies, face à tous ces gens qui se croient propriétaires d'une nation d'où nous ne sommes que les héritiers et que nous aurons à transmettre à nos enfants. Renaud Delis.
General Electric a par exemple annoncé la future suppression de 1000 postes sur son site de Belleforme. Le ministre de l'Économie annonce qu'il va créer un comité de suivi pour s'assurer que ce n'est pas un plan d'iquidation. Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce que l'État peut aller plus loin ? Pourquoi pas une nationalisation temporaire par exemple ?
Déjà j'ai eu à affronter moi un cas similaire dans ma circonscription à Romorantin avec un groupe américain qui faisait des milliards d'euros de bénéfices au niveau mondial et qui s'est permis pour des raisons de profit immédiat d'aller délocaliser en République tchèque près d'une centaine de familles sur le carreau. Moi je souhaite que l'État annonce dans les meilleurs délais déjà que toute grande entreprise qui a reçu des subventions publiques et qui ferme ou qui délocalise doit rembourser l'argent des contribuables aux Français. Ce serait déjà un signal majeur au niveau national, européen et mondial donné par la France.
La France est du côté des entreprises, la France est du côté de celles et ceux qui prennent des risques, la France est du côté de la récompense du travail, mais la France ne tolère pas qu'une minorité agissante multiplie les profits sur le dos des travailleurs et des PME et des artisans dans notre pays. Ça c'est un message de justice sociale et fiscale que la droite aussi doit porter.
On vous écoute depuis 20 minutes, Guillaume Pelleté, déployer ce qui ressemble tout de même au programme d'un futur candidat. Je sais bien qu'il n'est pas question des personnes. Aujourd'hui on a du mal à se dire, après vous avoir entendu, que vous ne serez pas en lice.
Je vais tout faire pour, avec tous les talents possibles, dans un esprit de réconciliation qui est le mot-clé, pour faire émerger le meilleur ou la meilleure et travailler à ses côtés. Et si le meilleur c'est vous, ce sera vous. L'urgence n'est pas là, je le répète, on en a marre que 24, 48 heures, 72 heures, après une déflagration, tout le monde s'engouffre en disant, c'est moi le meilleur. Il ne faut pas être le premier à sortir aujourd'hui. Non mais, personne n'est le meilleur. Personne n'est incontournable. Il faut être humble. Il faut avoir du sang-froid. Mais il faut porter une vision.
Et j'essaye, à ma place, avec humilité, avec la réflexion qui est la mienne depuis plusieurs années, avec le travail que j'ai entrepris avec mes collègues parlementaires, de tracer une vision. Cette droite, si elle arrive à défendre les valeurs du travail, de la laïcité, de l'écologie et des provinces, ma conviction, c'est qu'elle sera capable, demain, d'incarner une alternative à Emmanuel Macron et à Mme Le Pen. Et ce sera le mot de la fin ce matin. Merci beaucoup Guillaume Pelletier. Merci à vous. Merci à vous.
Le premier vice-président des Républicains a été l'invité de France Info.
Guillaume Peltier