Après les "émeutes" : retour sur un immense mensonge médiatique
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« Les banlieues sont-elles gorgées d'argent public ? Spoiler, non. »
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« Il y a une économie parallèle en banlieue, il faut dire ce qu'il y a. »
- 2:27PrésentateurFait
« Et je le cite, je ne crois absolument pas qu'un nouveau plan banlieue soit la solution. »
- 4:10PrésentateurChiffre
« Il indiquait à cette époque que dans ces quartiers, je cite « les communes disposent de 30% de capacités financières en moins alors que leurs besoins sont de 30% supérieurs aux autres communes du pays ». »
- 11:01PrésentateurChiffre
« En 2022, les cinq plus grandes compagnies pétrolières ont engrangé 140 milliards d'euros de profits. »
- 14:07PrésentateurChiffre
« Ce sont 120 000 habitants, majoritairement arméniens, qui sont de nouveau coupés de leur principal axe d'approvisionnement. »
Temps de parole
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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Le Média. Nous sommes le lundi 17 juillet 2023 et l'actualité meurt doucement au soleil comme une ardente traversée du désert qui irait jusqu'à la mi-août comme chaque année. Néanmoins, Le Média est là, même en vacances, avec vous. Car en réalité, l'info ne s'arrête jamais, alors nous non plus. Dans ce nouveau et quasi quotidien Flash Info, comme d'habitude, on traitera de plusieurs sujets qui font l'actualité aujourd'hui, sélectionnés par la rédaction du Média. Mais avant cela, c'est l'instant édito où je vais vous parler d'un fantasme encore un qui réunit la droite, l'extrême droite et les macronistes.
Les banlieues sont-elles gorgées d'argent public ? Spoiler, non. Dans les banlieues, le calme est revenu. À coups de matraques et de peines de prison ferme dès la première connerie, pour reprendre la petite phrase choc des lesbêtes bornes. Mais dans le fond, rien n'a changé puisque, surprise, rien n'est politiquement fait pour que la situation des personnes vivant dans les banlieues populaires s'améliore significativement. Je voudrais dire qu'ils sont gorgés, je dis bien gorgés, d'allocations sociales et de privilèges de toutes sortes. Soyez reconnaissant, je ne vous ai pas imposé la séquence entière.
Pour ce sympathique délinquant multirécidiviste en caravate bleue, les quartiers dits populaires seraient gorgés d'argent public. Mieux, leurs habitants crouleraient sous les privilèges de toutes sortes. Logement HLM, allocations, aides diverses et variées, écoles à gogo, proximité directe, avec les centres urbains débordants d'opportunités professionnelles. Et pour couronner le tout, le privilège, dit-il, judiciaire, car la justice serait, je le cite encore, plus que laxiste avec eux. À écouter l'homme qui proposait la création d'un ministère de la réimmigration, pour ne pas dire déportation, vivre en HLM dans le 9-3 serait la panacée.
Un paradis sur terre dont les habitants et habitants n'auraient aucune raison de se plaindre. Évidemment, M. Zemmour n'en est pas à sa première connerie de dite. Mais lui, n'ayant pas commis le crime ultime qu'est le vol d'une canette de soda, n'est toujours pas derrière les barreaux. Mieux, c'est le plus respectable, quoique Geoffroy Roux-de-Bézieux, qui deux jours avant de quitter son poste de président du MEDEF, déclarait sur France Inter.
Il y a une économie parallèle en banlieue, il faut dire ce qu'il y a.
Le premier employeur de Seine-Saint-Denis, c'est probablement le trafic de drogue. De son côté, Bruno Le Maire, le ministre de l'économie, ne disait pas autre chose. Et je le cite, je ne crois absolument pas qu'un nouveau plan banlieue soit la solution. Beaucoup a été fait pour ces quartiers en termes d'emploi, d'attractivité, de soutien social. Fin de citation. Dans le viseur de ses cols blancs, la Seine-Saint-Denis, le 9-3, département communément décrit comme le plus pauvre de France. En réalité, il est devancé par l'Ariège et la Creuse, où la moyenne des revenus déclarés par Foyer est un poil plus faible, mais surtout par les cinq départements d'outre-mer.
Oui, il y a ici comme un arrière-goût du passé colonial bleu-blanc-rouge, mais ça, c'est une autre histoire. Quoique, une fois encore. Comme la plupart des banlieues urbaines, le 93 concentre en Ile-de-France les populations d'origines étrangères ou perçues comme telles. C'est le résultat de l'absence d'une véritable politique française de mixité sociale qui crée ces ghettos. D'un côté, des ghettos de pauvres, de l'autre, des ghettos de riches. Aller y faire un tour, par exemple, dans les quartiers ouest de Paris, c'est frappant. Ce sont d'abord les riches blancs qui ont fait sécession avec le reste du pays et qui ont fait ce choix, le choix du communautarisme.
Si la fracture sociale de notre pays est aujourd'hui si forte, elle prend d'abord sa source dans les politiques d'urbanisme de l'après-guerre.
Ça, c'est une banlieue française. Et ça, c'est une banlieue de l'ancien bloc soviétique. La ressemblance entre les deux architectures est frappante. Normal, ce sont les deux seuls pays au monde à avoir construit autant d'immeubles de ce genre après la Seconde Guerre mondiale. Chez nos voisins européens, on a plutôt privilégié les sites et jardins, les petits immeubles ou les maisons individuelles.
Mais alors, quid des milliards d'argent public déversé sur les banlieues françaises et plus particulièrement en Seine-Saint-Denis ? C'est un fantasme des droites, un mensonge que le rapport de l'ancien ministre Jean-Louis Bourleau démontait en 2018. Il indiquait à cette époque que dans ces quartiers, je cite « les communes disposent de 30% de capacités financières en moins alors que leurs besoins sont de 30% supérieurs aux autres communes du pays ». Une des raisons principales de cette pauparisation réside dans le fait simple que la Seine-Saint-Denis dispose de moins de propriétaires, donc moins de taxes foncières et moins d'impôts locaux.
Un exemple qui suffit pour illustrer l'absurdité des politiques en termes d'urbanisme et de mixité sociale en France. Condamnant des territoires entiers à la pauvreté systémique et concentrant dans d'autres minoritaires la majorité des richesses. Les fameux milliards d'aides et d'investissements publics ne sont donc qu'une maigre tentative de rééquilibrage qui ressemble bien plus à un pansement sur une jambe de bois.
Et c'est sans aller dans le détail, quand l'État concentre son action dans l'autorisation de grands projets inutiles pour les populations locales, j'entends, comme les chantiers pour les Jeux Olympiques 2024, 259 heures de cours ont été perdues dans un seul collège de Seine-Saint-Denis, faute d'enseignants, entretenant alors l'exclusion scolaire dans des banlieues populaires pourtant classés réseau d'éducation prioritaire. La vérité, c'est que sur la pleine Seine-Saint-Denis, par exemple, que l'État veut transformer en nouveau quartier d'affaires, il n'y a pas la volonté politique pour que les habitants du département puissent y travailler.
Le chantier d'un site des Jeux Olympiques a brûlé à Aubervilliers, mais ces JO ne vont pas profiter aux habitants du département, déplore un conseiller municipal LFI dans les colonnes du média Basta. En effet, l'État s'illustre ici discriminant dans ses investissements et ses décisions politiques qui livrent les quartiers et communes populaires à l'embourgeoisement sauvage. Malgré cela, pour continuer à prendre le 93 comme exemple, ce département a beau être l'un des plus pauvres de France, il est surtout l'un des plus travailleurs.
Il concentre la part la plus élevée de ce que l'INSEE appelle les travailleurs clés, employés de commerce, aides à domicile, caissiers et caissières, livreurs, etc., mais aussi personnels hospitaliers, ouvriers de la logistique, de la maintenance ou encore personnels de l'éducation. En bref, les métiers essentiels que la période Covid avait mis en lumière. Le 93 est donc l'un des départements où l'on cotise le plus, mais où l'on a le moins de services publics.
Et tout cela, la classe bourgeoise, retranchée dans ses beaux quartiers, et surtout aux manettes du pouvoir en France, en a parfaitement conscience, parlant de viviers de travailleurs ou de viviers de talents pour faire plus corporate, pour qualifier nos banlieues populaires. Le 93 est en voisin direct du 75, c'est-à-dire Paris, où le taux de chômage est à peine au-dessus de 5% quand ils frôlent les 10% de l'autre côté du périph. Une situation, vous l'aurez compris, parfaitement voulue et entretenue qui entraîne une concurrence des pauvretés qui profite, elle, aux classes supérieures et aux grands patronats, tout en faisant le lit de l'extrême droite.
En somme, et sans surprise, Éric Zemmour n'est qu'un gros facho qui a tout faux. Poursuivons avec l'actualité du jour. Les prix maximum des billets de train SNCF avec la carte avantage vont augmenter de 10 euros à partir du 29 août prochain. La carte avantage SNCF, c'est une carte à 49 euros l'année qui promet des réductions sur les voyages. Elle permet de bénéficier de plafonds de prix sur les TGV inouï et les intercités. 39 euros pour les trajets de moins d'1h30, 59 euros entre 1h30 et 3h et 79 euros au-delà de 3h. Et ce sont ces plafonds qui vont donc passer à 49, 69 et 89 euros. Un aller-retour à 1h30 de chez vous pourra tout simplement vous coûter 100 euros.
Selon l'INSEE, les prix des billets ont augmenté de 8,2% en juin sur un an contre 8,4% en mai. Pire, depuis juillet 2021, l'Institut statistique enregistre des hausses mensuelles au-delà de 6%. La SNCF conteste une telle flambée, pointant le fait que l'INSEE, je cite, ne prend pas en compte les prix payés par les consommateurs, en n'intégrant pas notamment les réductions accordées après l'application de la carte avantage, lit-on dans le Parisien. Comment expliquer alors de telles hausses en ces temps de transition écologique nécessaire et urgente ?
D'abord, l'inflation, mais aussi la hausse des prix des payages, qui connaissent une hausse de 7,2%, représente à eux deux 40% du prix des billets. Ces fameux payages sont des droits de passage que la SNCF doit payer à SNCF Réseau, qui gère l'infrastructure. Des prix qui dépendent d'une part de la concurrence, mais surtout d'une situation, vous le comprenez, rocambolesque, qui découle du saucissonnage de la SNCF par le gouvernement pour la préparer à la concurrence.
De son côté, la branche SNCF Réseau affirme que ces recettes, les recettes des payages, sont leurs ressources essentielles pour l'entretien, la rénovation et les investissements, etc., des coûts qui peuvent exploser avec le changement climatique et qui sont nécessaires pour la transition. Des recettes dont SNCF Réseau pourrait se passer si l'État décidait d'investir davantage dans son service public des transports ou du moins ce qu'il en reste. Les problèmes de prix à la SNCF et les difficultés d'accès aux trains ne vont pas aller pour arranger l'autre problème dont on va parler maintenant. En effet, une vague de chaleur record a touché l'Europe et plusieurs endroits du globe ce week-end.
En Europe, c'est l'anticyclone Cerberus qui est en partie à l'origine de ces températures infernales. Le nom était donc bien trouvé, Cerberus étant le gardien de la porte des enfers dans la mythologie grecque. Plus de 40 degrés un peu partout sur le pourtour méditerranéen. À Rome, en Sardaigne, en Sicile, la Grèce ou encore à Chypre, on devrait également atteindre les 40 degrés dans le sud de la France. Et cette même température devrait encore grimper cette semaine dans la vallée de la Mort, dans l'ouest des Etats-Unis. Et à Pékin, en Chine, les températures ont aussi dépassé les 50 degrés.
L'ONU avait déjà annoncé que la semaine du 3 au 9 juillet dernier a été la semaine la plus chaude jamais mesurée au niveau mondial. L'institution internationale a aussi alerté sur les effets du changement climatique mais aussi du phénomène maritime El Nino. On rappelle que ces chaleurs avaient déjà fait plus de 60 000 morts en Europe l'an dernier, en 2022, selon une étude de l'INSTREM. Et la situation n'est pas prête de s'arranger, ni à moyen ni à long terme, si l'on en croit à ce papier du monde. En effet, les grosses entreprises du secteur pétrolier sont discrètement en train de revenir sur leurs engagements en faveur de la transition écologique.
Si l'entreprise Shell, par exemple, avait promis la neutralité carbone d'ici 2050, on sait maintenant, depuis mi-juin, que son PDG, Wael Sawan, n'a plus du tout l'intention de tenir cet objectif. Plus près de chez nous, c'est le géant français Total Energy qui consacre encore aujourd'hui plus de 60% de ses investissements dans le pétrole et le gaz, dont des nouveaux projets mortifères comme IEACOP en Ouganda. En 2022, les cinq plus grandes compagnies pétrolières ont engrangé 140 milliards d'euros de profits. Et pour revenir à Total Energy, son patron, Patrick Pouyanné, qui, cerise sur le gâteau, a été décoré de la Légion d'honneur par le président Macron à l'occasion du 14 juillet dernier.
Ce même Macron, pourtant sacré champion de la terre de l'écologie, en 2018 par l'ONU à New York. Hier et aujourd'hui sont deux dates anniversaires tragiques et importantes. Il y a 81 ans, la France, sous le régime de Vichy, se déshonorait. Près de 13 000 juifs, dits apatrides, venus d'Allemagne, de Pologne et d'Autriche, étaient arrêtés parce que juifs, puis parqués dans le stade du Vélodrome d'hiver, à Paris, pour être ensuite envoyés dans des camps de détermination. C'est ce qu'on appelle la rafle du Veldiv. Cette année, le fracas de l'actualité est venu en quelque sorte perturber le recueillement des commémorations.
Quelques semaines après l'affaire Naël et les révoltes qui ont suivi, de nombreux commentateurs ont insisté sur la responsabilité de l'institution policière française dans cet événement horrible qu'est la rafle du Veldiv. C'est dans le sillage de ces commémorations que l'on a assisté à une passe d'armes entre Jonathan Arfi, le président du conseil européen des institutions juives de France, le CRIF, et Jean-Luc Mélenchon. Et pour cause, Arfi a violemment attaqué la France insoumise lors de son discours de commémoration de la tragédie d'il y a 81 ans.
Disons-le aussi, simplement. Face à l'extrême droite, les porte-voix de la France insoumise font bien plus partie du problème que de la solution. En choisissant le clientélisme plutôt que l'universalisme, en s'égarant dans la complaisance avec l'islamisme, avec Poutine ou les partisans des appels aux émeutes, ils sèment une confusion idéologique, meilleur allié de l'extrême droite. Au fond, en se nommant insoumis, ils prétendent incarner une forme de résistance. Mais de quelle résistance parle-t-on lorsque les insoumis sont incapables de s'affranchir des ordres de leur chef quand ils se compromett loin du pacte républicain ?
De quelle résistance parle-t-on lorsqu'on est prêt à sacrifier la République sur l'autel du communautarisme ? Bien entendu, Jean-Luc Mélenchon a réagi vigoureusement. Le président du CRIF utilise la cérémonie à la mémoire des victimes de la rafle des Juifs par la police française pour me prendre à partie. Abject. L'extrême droite n'a plus de limite. Extrême droite ?
Jean-Luc Mélenchon utilise ce terme car il estime, il considère que le CRIF est aujourd'hui un porte-parole du gouvernement israélien qui est constitué d'une coalition de droite et d'extrême droite. C'est l'exécutif le plus à droite qui ait jamais connu l'État d'Israël. Pendant cette passe d'armes, des militants de l'extrême droite française ont également choisi cette période commémorative pour s'illustrer avec la profanation d'un monument de la résistance appelé l'Hermitage dans le nord de la Bretagne. Voici ce qui semble être l'illustration du véritable danger pour le pacte républicain.
Et on termine avec l'image du jour qui nous vient du Haut-Karabakh, ce territoire disputé entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Dans le plus grand magasin de la capitale, du Haut-Karabakh, pas un bruit, pas un client, des étagères vides de tout produit, notamment alimentaire. Pour cause, depuis mardi dernier, aucun moyen de circuler dans la région. Ce sont 120 000 habitants, majoritairement arméniens, qui sont de nouveau coupés de leur principal axe d'approvisionnement qui reliait l'enclave à l'Arménie, le corridor de la Chine.
En effet, depuis maintenant 218 jours, l'enclave du Haut-Karabakh fait face à de fréquentes pénuries depuis que les Azerbaïdjanais ont décidé de limiter tout type d'allées et venues dans le corridor. Seulement, depuis mardi 11 juillet, celui-ci a été entièrement fermé. Rien ne sort, rien n'entre, pas d'accès aux soins ni à la nourriture.
Le gouvernement azerbaïdjanais essaie tant bien que mal de justifier cette atroce manœuvre en impliquant de la soi-disant contrebande de la Croix-Rouge arménienne qui livrerait des denrées de première nécessité ou encore de stratagèmes, pour les citer, des séparatistes arméniens qui produiraient des, je cite, « interférences radioélectriques dirigées contre les systèmes de navigation GPS de compagnies aériennes locales et étrangères ». Alors, pendant que ce samedi à Bruxelles, les deux dirigeants arméniens et Azeri se sont retrouvés pour chercher en vain une manière de résoudre cette crise, quelques 6 000 manifestants se sont rassemblés pour demander la réouverture de cet axe vital.
Pour rappel, la bataille qui s'est soldée en 2020 par la victoire de l'Azerbaïdjan a permis à ce dernier de récupérer une partie du Haut-Karabakh et d'étendre un peu plus son territoire sous validation internationale de nombreux pays, dont la France. Le principal souci que pose cette enclave à l'asservissement total de cette région est qu'elle est représentée par une grande majorité ethnique arménienne où de nombreux séparatistes continuent de défendre ce territoire contre l'armée azerbaïdjanaise. Et voilà, c'est la fin de ce bulletin d'infos quasi quotidien qui entre dans notre programmation d'été.
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