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interview28 minutes - ARTE· 22 juin 2026 23 min

Le Liban est-il à un point de bascule de son histoire ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

L'armée [musique] israélienne a tout pilonné. Nabatier situé au sud Liban à quelques kilomètres de la frontière avec l'État hébreux est dévasté. À la faveur d'une acalmie hier, des habitants qui avaient fui les frappes sont rentrés chez eux.

Je suis juste venu inspecter les dégâts dans mon magasin. Avec un peu de chance, dans de ou tr jours, si le cesserit le feu continue, on pourra se remettre à tout reconstruire. Le nouveau cesser le feu entre Israël et le esbola proiranien annoncé vendredi peut-il tenir ?

Mett-til un terme aux bombardements israéliens qui ont fait plus de 4000 morts au Liban depuis le 2 mars dernier lorsque le vesbola a tiré des roquettes sur l'état hébreu pour venger la mort du guide suprême iranien en Suisse sous ce négocie en ce moment l'accord de paix entre iranien et américain Teran a fait du Liban une condition si la cessation de la guerre au Liban n'est pas obtenue cela aura un impact fondamental sur le protocole d'accord Sauf que Benjamin Netaniau ne compte pas plier aux exigences de l'administration Trump et des Mola. Nous avons remporté des victoires extraordinaires. Nous resterons dans la zone de sécurité du sud du Liban aussi longtemps que nécessaire afin de protéger les habitants du nord d'Israël.

Le premier ministre israélien se retrouve coincé entre la [musique] pression américaine et l'extrême droite israélienne qui multiplie les déclarations incendiaires après la mort vendredi de quatre soldats israéliens dans des affrontements avec le esbola. Tout le Liban doit brûler. Il faut faire parler le feu, ouvrir les portes de l'enfer.

Alors la population libanaise va-t-elle rester encore longtemps au tage du conflit qui oppose Israël et le Esbola ? Où sommes-nous un moment charnière du conflit ? Comme l'assure le mouvement chi proiranien qui réclame le retrait israélien du Liban Sud.

Les armes peuvent-elles se taire durablement au pays du cèdre ? Nos trois invités pour ce débat. Daniel Arbitre, bonsoir.

Vous êtes cinéaste franco-libanaise. Je précise que votre nouveau film Seul les rebelles sort en salle cette semaine. Ce mercredi, vous n'avez pas pu le tourner au Liban à Beyrout, mais par des procédés de transparence, vous avez reconstitué Beou pour ce film.

Et selon vous, le Liban concentre encore une fois les affrontements de grande puissance. Vous vous envoulez profondément à Westbola d'avoir entraîné le Liban dans cette situation pour régler des comptes qui sont après tout ceux de l'Iran. À côté de vous Karim Émile Bitard, bonsoir.

Professeur associé à l'université Saint-Joseph de Berou. Vous êtes spécialiste du proche Orient. Vous êtes enseignant à Science Po Paris.

Selon vous, les Libanais n'ont jamais connu un réel cessé le feu aujourd'hui. Tout porte à croire qu'Israël va Israël va chercher à péréniser cette occupation. Le risque, ajoutez-vous, c'est que des tensions internes éclatent et qu'une déstabilisation à long terme du pays donc s'installe.

à côté de vous Benjamin Petrovert. Bonsoir. Journaliste spécialiste des questions internationales.

Vous avez passé 10 ans au proche Orient, vous avez vécu à TI, vous avez collaboré avec plusieurs médias, notamment I24 News. Et selon vous, le Liban doit retrouver sa souveraineté, ne plus dépendre du Esbola qui sème le chaos au sud du pays. L'armée israélienne tente de rétablir le calme, ajoutez-vous, mais ce n'est pas son rôle.

À long terme, elle ne restera pas sur place. Et on démarre Paul avec le chiffre du jour. 1,4 million, c'est le nombre de personnes déplacées au Liban depuis le 2 mars dernier.

Chiffre du fond des Nations- Unies pour la population. Symbole bien sûr du désastre humanitaire à l'œuvre en ce moment dans ce pays qui est véritablement au carrefour des guerres et on va en reparler. Chiffre qui donne le vertige.

Plus de 20 % de la population déplacée rapportée à la France. Cela représenterait 14 millions de personnes. Daniel Arbitre, quel regard vous portez sur ce qui est une véritable tragédie aujourd'hui au Liban ?

Bah moi, je en fait je vous dire un peu juste mon point de vue de de simple citoyenne libanaise et puis de française j'habite en France et donc c'est peut-être plus facile pour moi de vous dire ça mais quand j'étais au Liban et j'avais 12 ans pendant la guerre la guerre civile qu'on appelle civile aussi euh je ne voulais pas mourir. Moi, je j'habitais dans le réduit chrétien et je ne voulais pas mourir ni pour Samir Jarja, ni pour ni pour Romini, ni pour voilà l'époque c'était lui et je ne vois pas pourquoi là il y a des enfants, il y a des adolescents, il y a des femmes, il y a des hommes qui n'ont pas choisi de mourir pour Alhaminii et qui sont entraînés dans cette guerre tué par Israël euh qui est qui qui qui est tue d'une de d'une manière très sauvage euh tout ce qui bouge. Donc euh vraiment oui, j'en veux beaucoup de nous avoir euh entraîné euh pour venger Haminei qui est un un lui-même un un vieux bigot qui a torturé sa sa population et vous allez au sud de Liban, il parle même pasant à dire.

Donc je vois pas, on partage même pas de frontière avec l'Iran. Pourquoi on est entraîné dans une guerre pour l'Iran ? Alors évidemment c'est de la résistance contre Israël mais la résistance c'est c'est le Esbola qui a lancé le 28 février, je crois que c'est ça, euh les bombes pour aller chatouiller la bête qui bombardait aussi qui bombardait mais bon départ.

Est-ce que le Liban a déjà connu une telle situation ? Je regardais les chiffres. l'ONU a lancé un appel humanitaire d'urgence à hauteur de 25 millions de de dollars la semaine dernière.

Ça paraît vertigineux. Absolument. Et ce qui est tragique, c'est qu'en effet, ce n'est pas la première fois.

Nous avons le sentiment d'un éternel recommencement. Ce qu'a dit Daniel reflète l'opinion de large franche de la population libanaise. La première invasion israélienne du Liban, c'était en 1978, donc avant la révolution iranienne, 4 ans avant la deuxème invasion qui va donner naissance au Hezbola qui avait déjà fait à l'époque plus d'un million de réfugiés, 18000 morts.

Donc on a le sentiment que c'est l'œuf et la poule que le même scénario se répète. En effet, après l'assassinat d'Aliéi, le Hezbola a décidé, sans consulter le gouvernement libanais, de lancer une salve de six requêtes contre Israël. Et Israël a saisi euh l'occasion pour occuper une vaste franche du territoire libanais et plusieurs ministres confirment qu'ils n'en ont aucunement l'intention de s'en retirer.

Ce que vous nous décrivez, c'est un engrenage. Benjamin Petrover, à qui la faute ? Est-ce faute du Esbola ?

Est-ce la faute du gouvernement israélien ? Bah le Esbola est d'abord premièrement et ça a été dit précédemment grandement responsable puisque c'est lui qui a entré le Liban dans cette guerre. Euh les Libanais aujourd'hui et vous avez rappelé des chin exactement la population libanaise est au tage aujourd'hui de cette guerre initiée par le Esbola à la demande de l'Iran.

Je vous rappelle que dès le lendemain du 7 octobre 2023, le 8 octobre, le esbola est déjà rentré dans cette guerre et à nouveau, il a décidé il a un petit peu plus d'un mois d'entrer dans cette guerre. Ce qu'il faut aussi préciser, c'est qu'on va fêter dans un mois un triste anniversaire, les 20 ans de la résolution 1701. La résolution qui réclam le désarmement du esbola et la fin de toute force armée dans le sud de Liban autre que l'armée régulière libanaise.

C'est au Libanais et au gouvernement libanais d'avoir son armée maître dans le sud Liban et aucune autre armée, encore moins le SB. Alors, on va on va revenir à ces questions, mais on va évoquer avec vous trois et avec Anna euh comment le Sbola tient encore tête à Israël alors qu'on le disait très affaibli. On rappelle que c'est à la fois un parti politique et une milice.

Oui, la milice chit a subi des pertes importantes en septembre octobre 2024. Il y a d'abord eu la spectaculaire attaque des beipers et des Tokiwoki qui a mis hors service près de 4000 personnes liées plus ou moins directement au esbola. Puis ensuite des raides ciblées qui ont permis de décapiter une très grande partie du commandement. son chef Hassan Nazrala et une grande partie des dirigeants militaires du mouvement.

Et pourtant, depuis 3 mois, les combattants du Esbola résistent. Entre le 1er et le 30 mai, le Esbola a revendiqué 575 opérations contre l'armée israélienne, des tirs de roquettes régulés vers le nord d'Israël, des embuscades, des lancées de drones FPV qui font des dégâts humains. Depuis début mars, 36 soldats israéliens ont été tués dont cinq le weekend dernier.

Il faut dire que cette milice version 2026 s'est totalement réorganisée. Des unités plus petites, plus flexibles façon guerria. Le commandement est assuré par des soldats qui sont peu connus des services de renseignement israélien et puis leur budget mensuel tournerait autour de 50 millions de dollars selon une étude révélée par Reuter.

Ce qui permet au Esbola non seulement de reconstituer son arsenal militaire mais aussi de recruter de nouveaux soldats essentiellement au sein de la population chiite. Les chiites qui représentent un/ers des musulmans au Liban et qui soutiennent encore majoritairement le esbola. toute classe sociale confondue.

Karim Émil Bitard, comment est-ce que le Esbola est véritablement perçu par le reste des Libanais précisément et est-ce qu'il a encore un poids politique aujourd'hui ? Il a perdu la quasi-totalité de ses alliés dans les autres communautés libanaises, notamment dans la communauté chrétienne et dans la communauté cinite. Il avait précédemment quelques parties qui lui étaient encore alliés.

Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Il était en train de perdre sa propre base électorale qui lui reprochait justement son aventurisme. Mais paradoxalement, il se retrouve aujourd'hui renfloué. par cette guerre parce qu'il y a un réflexe de ralliment autour de la communauté parce qu'il a été repris en main par les gardiens de la révolution.

C'est ce qui explique un peu ces succès militaires. Financés par l'Iran. Donc voilà.

Et puis également, mais lorsqu'on dit financé par l'Iran, lorsqu'on dit proxy, c'est en grande partie vraie. Euh mais dans ce cas, lorsque les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre contre l'Iran, en affichant côté israélien la volonté de faire tomber le régime, il était tout à fait prévisible que l'Iran allait mobiliser tous ses proxis pour euh répondre à cette menace. Donc on peut pas non plus dire que c'est cette salve de requête qui n'a pas fait de dégâts, qui est à l'origine parce que nous assistons aux même pratique en 6 Jordanie à Gaza.

Il y a une politique israélienne qui va bien au-delà du cas libanais qui est une politique expansionniste. H alors le cesser le feu au Liban est aussi le sujet principal de discussion en Suisse hier entre américain et iranien. Les deux parties sont entendus notamment sur la création euh d'une cellule de gestion des des conflits.

Je précise que Jid Evens, le vice-président américain et le président libanais Aoun se sont parlé au téléphone aujourd'hui. Benjamin Petrover, à quoi peut ressembler véritablement cette cellule de gestion des conflits ? Est-ce que surtout ça peut marcher ?

On se pose beaucoup de questions. D'autant qu'un qu'une forme similaire a été créée, vous vous souvenez, après la guerre à Gaza. Il devait y avoir une instance pour construire Gaza.

Et on a appris à quelques semaines dirigé avec Tider et Donald Trump à la tête, on a appris il y a quelques semaines qu'il n'avait même pas réuni pour créer cette instance. Donc moi, je reste toujours très circonspect lorsqu'il a ce genre d'annonce et je préfère plutôt regarder ce qui se passe sur le terrain. Parce que malheureusement sur le terrain aujourd'hui, c'est une guerre, une guerre qui se poursuit dont les Libanais sont les premières victimes et il est responsable, on parle du Esbola on parle de l'armée israélienne.

Il faut rappeler pourquoi l'armée israélienne fait ça. Depuis le 7 octobre, il y avait un changement de paradigme en Israël. Avant, il y avait des statu qui étaient plus ou moins préservés ici ou là.

Désormais, les Israéens ne laissent plus rien passer. Il faut rappeler qu'après le 7 octobre, il y a eu quelques 60000 Israéliens qui ont dû être évacués du nord du pays parce que le esbola tirait sans cesse des roquettes. Et c'est eux, c'est pas Bengevir, c'est pas Smotrich, c'est pas Nitano, c'est eux qui ont demandé au gouvernement israélien "Venez nous aider parce que nous aussi on veut rentrer chez nous." Donc la vraie question d'aujourd'hui c'est pourquoi la finule pendant 20 ans n'a rien fait, n'a rien su faire, on n'a rien pu faire pour faire terre le esbola et là on découvre jour après jour des tunnels des lance-roquettes qui font un moment mettre hors d'état de nuire et et Daniel Arbitre, ça suscite dans la population libanaise un sentiment de d'être abandonné ?

Oui, parce que à chaque fois qu'il y a C'est fou à quel point le Liban si petit un modèle quand même de cohabitation entre les religions et un pays multiconfessionnel, on appelait le Liban la Suisse du Moyen-Orient pour Oui. pour son pour son réseau bancaire mais aussi [rires] qui est qui est maintenant hors hors de marche hors qui est pas si si fonctionnel. Mais en fait, c'est aussi il y a beaucoup tout les chrétiens, les musulmans, les druses, les alaïes, les euh il y a il y a une communauté juive aussi qui euh tout le monde cohabite sur un si petit territoire.

C'est un exemple. Il n'y a pas d'autres pays aussi riches euh aussi généreux et et c'est un modèle pour le monde. Et c'est fou comment en fait c'est un modèle et c'est un exemple à quel point le monde le monde en général l'est l'Occident, l'Orient le monde n'arrive pas à cohabiter en fait et il se retrouve sur notre territoire.

Enfin, je dis une autre parce que je suis aussi libanaise mais je suis française mais notre territoire libanais, nous libanais à venir faire la guerre. C'est vous à quel point on se retrouve à chaque fois en plein milieu dans l'œil du cyclone alors que oui, les Libanais ne veulent pas la guerre. Les gens du sud veulent pas la guerre en fait.

C'est c'est pas les gens du Sud, les gens du nord, ils veulent pas mourir. Ils sont pas ils tiennent à leur vie comme vous et moi. Alors, tout cela se fait aussi dans un contexte de tension géopolitique et de et de pression mise sur le premier ministre israélien Benjamin Netaniau.

D'abord présenté comme un théâtre secondaire par Donald Trump, le Liban semble et on le comprend bien dans vos propos à tous les trois devenir l'un des nœuds prioritaires donc à à démêler entre États-Unis et Iran. Ces dernières heures, la pression s'accentue sur Israël avec ces mots écoutés de Jens, le vice-président américain. Donald Jump of world.

If government, I might not be attacking the only powerful ally that I have anywhere left in the entire world. Karim Bitard, c'est une mise en garde ni plus ni moins que F d' EVens. Est-ce que cela signifie la fin du soutien inconditionnel des États-Unis à Israël ?

Probablement pas. C'est vrai que ces propos sont inédites. C'est la première fois que quelqu'un rappelle aussi crument jusqu'à quel point Israël est dépendant des États-Unis depuis 49 300 milliards de dollars, 52 véos au Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Là, il a dit, "Ce sont les contribuables américains qui sont en train de payer vos guerres." L'opinion publique américaine a également évolué pour la première fois. 46 % sympathisent avec les Palestiniens contre seulement 41 avec les Palestiniens contre seulement 36 % avec les Israéliens.

Ça aurait été impensable il y a 20 ans. Donc il y a une nouvelle donne. Mais au niveau de la gouvernance, des relations, des échanges économiques, technologiques, des rapports entre la CA et le Mossad et même entre Trump et Netaniaahu, ça va rester solide.

C'est une relation euh qui va au-delà des quelques brouilles temporaires. Alors, je voudrais que vous puissiez lire aussi ces ces propos tenus paramark Benvir, le ministre du gouvernement Netaniaou. Pour chaque larme d'une mère israélienne, 1000 mères libanaises doivent pleurer que tout le Liban brûle propos en en fin de semaine dernière.

Benjamin Petrovert, est-ce qu'il y a une forme de fuite en avant ? Peut-être, oserais-je le mot, de radicalisation entre un premier ministre qui est coincé aussi avec son allié américain ? Mais ça c'est c'est le drame de la proportionnelle intégrale c'estàdire que le gouvernement israélien se retrouve le gouvernement israélien se retrouve il faut rappeler faire une fasse une coalition il est obligé de se mettre autour de lui des représentants de petits partiis et en échange je vais expliquer aux gens qui nous regardent ils ont une carotte ils ont un ministère ils ont un budget ils ont quelque chose et on se retrouve avec des provocateurs itamerberd qui ne sont pas les décideurs.

Il faut bien préciser le décideur sur l'échelon politique, c'est le premier ministre, c'est Benjamin Tano qui a dit en effet encore aujourd'hui qu'Israël restera dans la zone de sécurité aussi longtemps que nécessaire mais c'est pour des raisons sécuritaires. Et celui qui prend les décisions sur le plan militaire, c'est le chef d'état-major Bengvir et Smotrich. Ce sont des provocateurs et je ne vais absolument pas cautionner de tel propos.

C'est un impact sur l'opinion publique notamment avant. population israélienne est extrêmement divisée. Vous avez raison dans votre que Benjamin est un petit peu coincé parce que il ne peut pas les perdre sinon la coalition va tomber tout de suite et on sait déjà qu'il y aura des élections à la rentrée.

On se retrouvera peut-être ici pour les commenter ensemble. Mais de l'autre côté, la pression américaine est extrêmement importante. Cela ne va pas entacher pour autant euh le lien très fort entre Netania et Trump parce qu'ils ne sont pas d'accord sur la méthode.

Et en effet, Trump reproche à Italia euh des opérations extrêmement violentes au Liban et on a rappelé tout à l'heure le nombre de victimes. Mais sur le fond, tous sont d'accord pour aujourd'hui éliminer le Esbola qui est un frein à la paix. Il faut rappeler que le Liban et Israël ne sont pas des pays en guerre et au contraire des négociations ont lieu en ce moment à Washington.

Il faut peut-être aussi avoir une note positive euh pour des normalisations, peut-être un jour la paix entre les deux pays. Alors Naï Cassem, le chef du Esbola de la milice je précise, du du Esbola a déclaré la semaine dernière que le Liban était à un moment charnière. Daniel Arbit, est-ce que on est vraiment à ce moment charnière selon vous pour pour le pays ?

Je précise qu'il disait aussi qu'il fallait tirer profit de l'accord entre États-Unis et Iran pour expulser Israël du Liban. Est-ce queon est à ce moment charnière ? Alors moi, je suis d'accord avec lui qu'il faut expulser Israël du Liban, mais euh est-ce que les mots de Naï Kassem, c'est c'est [raclement de gorge] sont à apprendre à enfin tout ce que dit euh Naï Kassem n'est pas très important ?

Euh non, le Liban existera en que le Liban existe a existé avant Naï Kassem et existera après [raclement de gorge] et après Netaniaou aussi. Enfin, moi j'ai je crois que le Liban est un grand pays avec une grande culture et il ne sera pas brisé par ce qui se passe. C'est juste il faut pas que la population libanaise soit divisée en fait et je ne pense pas qu'on va aller vers une guerre civile.

Ça, je n'y crois absolument pas. Euh par contre la guerre des autres comme c'est le cas en ce moment euh oui enfin c'est c'est ça va durer le temps que ça est-ce que après il faut voir à quel point Israël est honnête dans sa volonté de ne pas diviser pour régner parce que c'est le jeu d'Israël depuis enfin qu'il existe c'est divisé en tout cas les pour pour ses voisins divisé pour régner voilà Karim Émil Bittin il est aussi question [raclement de gorge] de désarmer le esbola est-ce que ça c'est possible est-ce que est-ce que c'est ou alors il y a besoin d'une aide extérieure. L'armée libanaise à elle seule le pourra difficilement le faire.

Même l'armée israélienne a dit "Nous ne pouvons pas désarmer le Hezbolah sans occuper le Liban tout entier." Donc à partir du moment où l'armée israélienne elle-même reconnaît qu'elle ne peut pas le faire, l'armée libanaise dont le budget est 01 % celui de Tsahal n'est pas en mesure. Par contre cette nouvelle coalition qui est en train d'émerger, c'était l'une des conséquences de cette guerre.

Israël est aujourd'hui confronté non seulement à l'Iran, mais à une nouvelle coalition de pays sunnites. L'Arabie Saoudite, la Turquie, l'Égypte, le Pakistan, le prince héritier saoudien MBS rêvé d'une sorte d'OTAN arabo-islamique. Ça commence à prendre forme.

Ce qu'ils ont en commun ces pays, c'est d'être attachés à la stabilité, au statut quo. Ils ne veulent pas d'une fragmentation sur une base ethnique ou communautaire de la région. Donc si la France, est-ce que tout le monde est d'accord pour désarmer le Esbolain ?

La plupart de ces pays, oui, tout le monde réalise aujourd'hui que le Hezbollah euh ne peut pas continuer à se comporter euh de la sorte. Reste à savoir comment désarmer le Hezbollah sans donner le sentiment à toute la communauté chit qu'elle a été ostracisée. Il faut prendre en compte les sensibilités euh des uns et des autres car c'est un pays extrêmement fragile où il y a des angoisses existentielles.

Parle du Liban là. ou c'est ça. Il y a un véritable risque, il ne faut pas sous-estimer les risques de tension qui peuvent être aiguisés par des conféré chit, ça représente quelle proportion de la population libanaise ?

Elle représente environ 35 % de la communauté sur quoi voilà et 60 à 70 % de cette communauté reste fidèle au Hezbola. Beaucoup critiquent le Hzbolah sur ses politiques sociales économiques en matière de mœurs. Mais lorsqu'il s'agit de la résistance face à Israël, ils se serrent autour du Hezbola car ils ont été victimes d'une série de 6 se invasions.

On déracine des oliviers, on rase 67 villages. Donc même ceux qui idéologiquement sont hostiles se retrouvent contraints de revenir au Berkail. Benjamin Pérever, que peut faire la France ?

On se souvient de la présence très affirmée d'Emmanuel Macron après l'explosion du port de Beou en 2020. Il y retournait plusieurs fois. Il se pose en ami inconditionnel du Liban.

Est-ce que il y a quelque chose de tout pays peut jouer un rôle mais la France peut-être n'a pas encore compris le logiciel exact à adopter. C'est-à-dire que la France considère encore qu'il y a deux esbola. Un esbola politique, un esbola militaire, qu'on accepte l'un, qu'on accepte pas l'autre.

C'est ça toute la problématique. La vision française n'est pas la réalité de la région telle qu'elle est vécue par les pays qui sont présents sur place. Donc tout pays peut jouer un rôle et puis rappelons tout de même chose pour conclure.

Ce que vous dites, c'est que la France seule, ça ne marchera pas. Euh si elle impose ses positions très claires, pourquoi pas ? Puisque rappelle qu'il y en privilégié entre la France et le Liban.

Mais il faut que la lecture française corresponde à la réalité de la situation aujourd'hui sur le terrain, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas. Mais juste pour conclure, les espoirs ne sont pas vins. Vous savez que il y a plus d'un siècle une ligne de chemin de fer qui est relié Té Aviv à Beyrout.

Il reste toujours aujourd'hui si vous marchez dans le nord d'Israël des bouts du rail de cette ligne de chemin de fer et peut-être que dans pas si longtemps on fêtera bien la réoverdure de cette ligne et le lien entre la vive beroute qui sera rouvert. C'est un beau symbole mais vous y croyez Daniel Arbide et est-ce que tout ne commence pas aussi par le fait de remuscler sur le plan social l'économie libanaise, les écoles, les hôpitaux pour une forme d'autonomie ? Euh oui, il faut remuscler l'État libanais pour qu'il parvienne à aider la population du sud à à créer des écoles, des hôpitaux. euh population qui est oubliée sur qui a été oubliée pendant des décennies hein, c'est pas récent euh après la après 43 la date de l'indépendance du Liban, la population du sud était la plus pauvre du pays et donc ils ont pris une sorte de revanche avec le Esbola dans les années 80 et tout l'appui politique et et et économique qui vient d'Iran et et puis à un moment de Syrie.

Mais le truc c'est aujourd'hui, je crois à la à la la paix avec Israël. Oui, moi je crois que Israël doit exister évidemment comme beaucoup de Libanais. Je crois à la paix, j'espère mais je pense pas de mon vivant.

Mais je pense aussi que en Israël, il y a un sentiment de racisme anti-arabe qui soit antiilibanais, antipalestinien, qui a un racisme européen en fait occidental qui nourrit qui qui est qui débat là nous amenz vers un autre débat. Il y a un travail à faire aussi de l'autre côté. Vos voisins veulent intervenir malheureusement on a plus le temps.

Serait tout à fait possible si elle est basée sur le droit international sur le refus de l'exclusivisme religieux et du nationalisme ethnique. Très bien. Très bien.

Ce sera le mot de la fin. pour ce débat et pour ce soir.