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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 24 septembre 2025 24 min

Budget 2026 : pour le LR David Lisnard, il est "impensable" de participer à un gouvernement qui acterait une taxe sur les plus riches

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Locuteur

France Info

0:02
Présentateur

Bonjour David Lissnard.

0:05
David Lisnard

Bonjour.

0:05
Présentateur

On a appris la mort hier de Claudia Cardinal, immense actrice franco-italienne à 87 ans. On écoute sa voix.

0:13
David Lisnard

Moi, le plus beau compliment, je l'ai eu dans la panthère rose de David Niven. Il m'a dit, Claudia, avec les spaghettis, tu es la meilleure invention des Italiens.

0:23
Présentateur

Vous qui êtes le maire d'une ville qui accueille le plus grand festival de cinéma au monde. On se rappelle d'ailleurs cette affiche officielle en 2017, une affiche sur fond rouge où elle danse sur les toits de Rome. Que retenez-vous de Claudia Cardinal, David Lissnard ?

0:37
Invité

Effectivement, vous avez tout dit, une immense actrice qui a traversé plusieurs générations de cinéma. Et bien sûr, célèbre pour le guépard de Visconti qui a vu La Palme d'Or en 1963. Et puis, il y a d'autres films peut-être moins connus, moi, que j'aime beaucoup. Je pense à Cartouche avec Belmondo. C'est vraiment la vitalité, l'expression d'une beauté masculine et féminine. Son talent n'avait d'égal que sa beauté. Oui, oui, alors j'espère qu'on a encore le droit de le dire. Par exemple, il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone. Elle est quand même très genrée et elle a suscité beaucoup d'intérêts d'adolescents dont j'étais.

1:14
Présentateur

Revenons à la politique, David Lissnard. Les alers seront-ils encore au gouvernement dans quelques jours ? Sont-ils prêts à faire des compromis pour amadouer les socialistes ? Lesquels ? Mais d'abord, justement, sur le sujet de la justice fiscale. Écoutez ce professeur d'art plastique à la retraite à Melun, au micro d'Agathe Mayoué.

1:32
Auditeur

On a en France un système oligarchique. Niel, Arnaud et compagnie. C'est là qu'est l'argent. Ces gens-là ne payent pas d'impôts. Très peu. Moi, je paye des impôts. Je voudrais payer le même taux que Bernard Arnaud.

1:44
Présentateur

Vous entendez ce français ? Les Français réclament une taxe de plus riches.

1:47
Invité

Je devrais continuer à enseigner les arts plastiques, mais moins l'économie et la finance.

1:51
Présentateur

Et pourquoi pas ? Vous entendez ces Français qui réclament cette taxation sur les plus riches, alors que les plus riches, les patrons sont vent debout. Le Medef annonce même un meeting face au spectre d'un alourdissement de la fiscalité. Est-ce que les riches se rebifent, David Lissnard ?

2:05
Invité

Moi, je ne raisonne pas comme ça. Je dis qu'est-ce qui est bon pour le pays ou pas ? C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a le pays qui a le record du monde des impôts et des charges. C'est objectif. Vous êtes d'accord avec moi. Les prélèvements obligatoires sont les plus élevés de l'OCDE, impôts et charges. On a le pays qui est le plus redistributif de l'OCDE. C'est-à-dire que quand vous prenez le premier décile, par exemple, vous gagnez quatre fois plus que le premier décile. À la fois, vous ne gagnez que 30% et pas 300% de plus. Et je vois des pauvres dans la rue, des gens qui dorment dans leur bagnole. J'en vois tous les jours dans ma commune.

Donc on a un pays qui est le plus redistributif, qui prélève le plus et qui a la politique sociale la plus élevée. 900 milliards par an de politique sociale. C'est 33% du PIB. Où on enferme les gens dans la pauvreté et on crée de moins en moins de richesses. Donc la question à se poser, c'est comment on peut créer plus de richesses, comment on peut recréer du revenu et surtout, surtout, ne pas taxer, non pas les riches, c'est une formule moralisatrice, enfantine, infantilisante. Mais ne pas taxer l'innovation, l'investissement et donc être compétitif.

3:03
Auditeur

Je suis allé dans la manifestation jeudi dernier. Et je vais revenir sur LVMH. On va vous exprimer, je vous insiste sur ce point qui est primordial. Dans la manifestation du 18 septembre jeudi dernier, toutes les forces de gauche, que ce soit les syndicats, les partis ou les gens, disent la même chose. Il y a ce slogan « Taxer les riches ». Et derrière, il y a l'idée aussi de justice fiscale et que les milliardaires trouvent toujours des solutions pour partir à l'estranger dans des holdings, dans des logiques d'optimisation fiscale. Est-ce que le fait de taxer les riches n'est pas devenu aujourd'hui un impératif politique ?

3:27
Invité

Alors moi, ça c'est une espèce de doxa qui nous tomberait dessus. Moi ça ne m'intéresse pas. Aujourd'hui, l'impératif de la France, c'est de redresser ses comptes, de lutter contre l'injustice sociale qui fait qu'on enferme les gens dans des trappes à pauvreté dans le pays le plus redistributif au monde. Parce qu'autrement, si je suis votre raisonnement, l'Union soviétique existera encore, la Corée du Nord serait plus riche que la Corée du Sud, ce n'est pas le cas. C'est un juste milieu, non ? LVMH. Je dis ça, moi je ne suis pas le défenseur. Je rencontre des salariés d'LVMH, il n'y a pas longtemps que j'étais dans le Loiré.

Je n'ai pas rencontré un salarié, y compris des représentants syndicaux, qui n'étaient pas fiers de travailler dans cette boîte et qui me disaient, et qui contestaient le beau niveau de salaire qu'ils avaient. Juste, LVMH fait 8% de son chiffre d'affaires en France. Donc 8% du chiffre d'affaires mondial de LVMH est en France. LVMH paie 40% de son impôt sur la société mondiale en France. 8% du chiffre d'affaires, 40%. Donc ce qui compte, ce n'est pas de faire des postures morales, ce n'est pas de trahir les gens, en leur faisant croire qu'il y a toujours un trésor caché. Qu'il y ait un débat sur la bonne répartition de l'impôt, c'est très légitime.

Mais d'abord, le problème de la France aujourd'hui, c'est de recréer des flux, c'est de recréer de la richesse, c'est de faire en sorte que lorsqu'on travaille et qu'on mérite, on soit récompensé.

4:37
Présentateur

David Lissard, on vous entend, mais ce débat, il a lieu même au sein des sympathisants LR, où 89% des sympathisants LR sont pour une taxe Zuckman, donc cet impôt planché de 2% sur le patrimoine de plus de 100 millions d'euros. Ça veut dire que vos sympathisants, ils se trompent en fait ?

4:52
Invité

Mais moi, ça veut dire que je suis dans les 11% qui sont absolument convaincus que le problème de la France, ce n'est pas de manquer d'impôts, c'est qu'il y a trop d'impôts. C'est que trop d'impôts tue l'impôt, c'est démontré. Enfin, tout le monde dans l'histoire économique, tout le monde dans la géographie, et qu'au bout d'un moment, trop d'impôts tue le contribuable. Et que la taxe Zuckman, qui quand même fiscaliserait des revenus qui n'existent pas, c'est-à-dire fiscaliserait avec une confusion énorme entre la valorisation théorique d'une entreprise et la réalité de ce qu'elle génère.

C'est-à-dire des entreprises, je pense, Doctolib par exemple, on a cité Mistral, où il y a des valorisations. Donc en fait, c'est une taxe sur l'avenir. C'est une taxe sur la prise de risque. Et c'est une ligne rouge pour vous, ou pas cette taxe ? Si vous voulez, ce qui compte pour moi, c'est de redresser le pays. C'est de redonner une espérance, y compris sociale. Et donc pour cela, il faut à nouveau qu'on soit un pays créateur de richesses. Ce qui est extraordinaire, c'est que depuis deux semaines, on a eu un détournement d'opinion qui flatte l'opinion. Il y a un côté très populiste, comme on dit souvent maintenant, très démagogue, qui consiste à...

On ne nous parle plus du fait qu'on paye plus d'impôts et de fiscalité qu'ailleurs, qu'il y a plus de dépenses publiques. On a le record du monde de la dépense publique et que pourtant, on a de moins en moins de services publics parce qu'il y a un gaspillage énorme d'argent public. Donc il y a eu un détournement d'opinion sur ce qui singularise la France. Ce qui singularise la France, ce n'est pas un manque de fiscalité, y compris sur le patrimoine. On est le pays qui taxe le plus en tant que le patrimoine.

6:14
Auditeur

Dans le décryptage éco de Fanny Guinochet lundi, il parlait de l'exécutif qui pense à une espèce d'ISF revisité. En gros, l'idée, c'est d'empêcher ce qu'on appelle la suroptimisation fiscale en obligeant les plus riches à payer au moins 20% d'impôts. Je vous vois sourire. Ça veut dire que ça, vous ne pourriez pas toper ? Non, mais parce qu'on peut

6:34
Invité

parler pendant des heures de cela. La réalité, c'est qu'on était au septième rang de création de richesses par habitant il y a 30 ans, qu'on est au vingt-septième rang et qu'avant de distribuer et c'est légitime ce débat, il faut produire. Et que le problème de la France, c'est que non seulement on a des déficits commerciaux et que dans tout ce que j'entends, il n'y a pas une proposition qui consisterait à rendre le pays plus riche. Et donc, il faut que le pays soit plus riche. Vous pouvez nous dire ce que vous proposez,

7:00
Présentateur

mais il y a une réalité politique. On entend vos arguments. Vous savez bien que Sébastien Lecornu va devoir toper avec les socialistes, non ?

7:05
Invité

C'est pourquoi je pense qu'on est au bout d'un système. Je l'avais dit d'ailleurs dans une de vos interviews il y a un peu plus d'un an. Je pense qu'on est au bout du système. Donc Sébastien Lecornu est quelqu'un, je le répète parce que je le pense très intelligent et très habile.

7:19
Auditeur

Vous le connaissez un peu personnellement ?

7:20
Invité

Oui, je le connais un peu. C'est quand la dernière fois que vous avez parlé tous les deux ? Pardon ? C'est quand la dernière fois que vous avez parlé tous les deux ? Il y a longtemps. Je pourrais vous cacher. Mais la prochaine fois, à prochain jour, puisqu'on doit se voir dans le cadre des discussions avec l'Association des maires de France.

7:32
Présentateur

Et donc Sébastien Lecornu, vous savez qu'il va devoir discuter avec les socialistes. s'il ne se prend pas au gouvernement ?

7:41
Invité

Pardon ? S'il y a encore une fois une couche de fiscalité. C'est-à-dire que si on ajoute des causes à nos problèmes, pour ma part, c'est impensable. C'est aussi simple que ça.

7:50
Présentateur

Impensable de participer au gouvernement ?

7:51
Invité

Impensable d'être les co-responsables d'une politique qui va enfoncer le pays dans l'échec social et économique.

7:58
Présentateur

Vous avez quand même six ministres LR au gouvernement en ce moment. Vous connaissez beaucoup de ministres LR qui ne veulent plus être ministre ?

8:03
Invité

Je ne raisonne pas comme ça. Pardon, mais pour ma part, je ne suis pas ministre. Je ne l'ai pas souhaité. Vous avez refusé de l'aide, je crois. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, si on laisse le monopole de l'alternative aux extrêmes, ça va être un carnage. C'est-à-dire qu'on va amplifier les problèmes. Et je pense aujourd'hui que ce qu'on appelle la droite classique, la droite républicaine, mettez le terme que vous voulez, représente une alternative puissante. Oui, parce que je crois que notre pays, aujourd'hui, est en dégradation accélérée. Je vois bien l'effondrement éducatif, qui est pour moi le plus grave des problèmes, le sursaut éducatif, l'obsession éducative devrait nous occuper.

On voit bien l'appauvrissement du pays. On voit bien les problèmes de sécurité, les problèmes de population migratoire. On voit bien les problèmes de logement, on voit bien les problèmes de santé. Donc, on doit porter un projet alternatif. Pour ma part, moi, je ne me positionne pas sur le spectre plus ou moins de social-étatisme. Je propose une rupture avec mon parti Nouvelle Énergie. Pour en finir, je pense que l'État-providence est mort. C'est fini. Un autre sujet qui fracture profondément

9:05
Auditeur

la société française, c'est le sujet des retraites, qui fracture d'ailleurs votre parti. La gauche et les syndicats réclament la suspension de la fameuse réforme des retraites. Est-ce que ça, vous pourriez l'accepter ? Si vous voulez continuer à planter le pays

9:17
Invité

et à ce qu'on paye des intérêts de la dette en tant que contribuable, qu'on soit modeste ou riche, aujourd'hui, dans nos impôts, cette année, on paye plus des seuls intérêts de la dette de l'État que le budget de la défense. Plus que l'éducation nationale en fin d'année. Cinq fois plus que le budget de la justice. Donc, si vous voulez ajouter quelques dizaines de milliards de dettes, vous suspendez cette réforme.

9:38
Présentateur

Ça ne manque pas de sel, David Lissnard, quand on se rappelle que les députés LR s'étaient fracturés sur le sujet en 2023. 19 députés LR avaient même voté la censure contre Elisabeth Borne pour protester contre l'adoption par 49.3 de la réforme des retraites. Mais aujourd'hui, vous nous dites que si on veut planter le pays, il faut la suspendre.

9:53
Invité

Oui, mais j'ai toujours dit, je le disais il y a deux ou trois ans. Mais moi, j'allais bien au-delà puisque je proposais bien seul à l'époque ce que le principe de réalité devrait nous amener à proposer, c'est-à-dire la retraite par capitalisation pour tous. Permettre à chacun, y compris les plus modestes, d'avoir accès à ce que vous estimez appartenir simplement aux riches aujourd'hui mais qu'on retrouve dans la fonction publique puisqu'il y a une retraite par capitalisation obligatoire dans la fonction publique. Je propose pour tous les Français parce que l'État-providence qui était le mode de développement très positif de l'après-deuxième guerre mondiale est terminé.

Ça reposait sur une démographie importante.

10:27
Auditeur

François Bayrou, excusez-moi, François Bayrou s'est fracassé. C'est dommage parce qu'on allait au cœur du sujet. Il faut qu'on avance, pardon. François Bayrou s'est fracassé sur ses 44 milliards d'euros d'économie. Le PS propose 22 milliards. Combien de milliards ? Vous proposez quel est le montant de l'effort nécessaire selon vous ?

10:40
Invité

François Bayrou proposait surtout 15 milliards d'impôts en plus. Et ensuite, les 30 milliards dits d'économie étaient une moindre hausse de la dépense publique. Aujourd'hui, si vous voulez gagner plus et notamment les travailleurs modestes, il faut revoir à plat tout le système social. Système social qui est cuit puisqu'il reposait sur une démographie importante. C'est-à-dire de plus en plus de cotisants par rapport aux bénéficiaires. Aujourd'hui, on vit plus vieux et on ne fait plus d'enfants et on ne fait plus de gains de productivité et on importe une immigration qui est très souvent une immigration très pauvre et qui n'a pas de travail mais de peuplement.

Donc, on est dans une impasse et c'est pourquoi, avec Nouvelle Énergie, on a proposé un plan comme ça a pu fonctionner en Allemagne il y a 20 ans, en Nouvelle-Zélande il y a quelques années, l'Argentine dans un autre mode de fonctionnement de réduction des dépenses sur un quinquennat de 200 milliards qui permettrait de nous encore le pays qui a le record de la dépense mondiale. Alors, ça doit choquer de le dire ici. C'est-à-dire que si vous avez 8 points de PIB de dépense en moins, vous êtes toujours le pays qui a le record du monde de la dépense publique. Et ça, ce sont des éléments objectifs. On n'est pas dans la moraline, on n'est pas dans le ressenti, on est dans la réalité.

Et c'est ce qui permettrait de relancer la machine économique, de ne plus résonner en stock où on essaie de faire des petites parts de gâteau pour donner une petite part de miettes à tout le monde, mais de recréer des flux économiques et donc de recréer des rentrées fiscales et de régénérer, de réarmer l'appareil public avant la distribution, il faut de la production.

12:12
Présentateur

David Lissnard, dans un instant, garde au Chikungunya, dans le Sud-Est, on parlera aussi du pouvoir et de la liberté des maires avec vous, le président de l'Association des maires de France. Mais tout de suite, il est 8h46 et c'est l'info en une minute avec Jeanne Mézière.

12:27
Locuteur non identifié

Cette publication est un grand tournant en déclaration du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Après les propos de Donald Trump sur son réseau social troussillère, le président américain affirme que l'Ukraine a les moyens de regagner son territoire dans sa forme originelle face à la Russie. Une personne est morte de la légionnellose à Albertville en Savoie où cinq personnes sont en réanimation. En tout 17 cas, de la maladie pulmonaire sont recensées. Une vingtaine d'autres suspectés dans le département, c'est le plus gros foyer jamais enregistré. Des investigations sont en cours pour trouver l'origine de la contamination.

Les préfets d'Île-de-France assignent en justice aujourd'hui au sujet de l'attribution des logements sociaux. Trois associations dont la Fondation pour le logement leur reprochent de ne pas respecter l'obligation d'attribuer des logements aux 25% des demandeurs les plus pauvres en dehors des quartiers prioritaires. Et puis, elle incarnait une liberté, un regard, un talent. Emmanuel Macron rend hommage ce matin sur X à Claudia Cardinal. L'actrice italienne est morte hier à 87 ans. Elle avait choisi Paris comme patrie. Nous la porterons toujours dans notre cœur, écrit le Président. France Info

13:33
Auditeur

Le 8.30 France Info Agathe Lambret Paul Larouturou

13:39
Présentateur

Avec David Lissnard, maire des Républicains de Cannes, président de l'Association des maires de France, l'alerte Chikungunya en PACA avec des cas qui flambent du côté d'Antibes, Paul.

13:50
Auditeur

Alerte moustique-tigre, 142 cas de Chikungunya dans votre département, 312 dans votre région PACA. On ne va pas vous diffuser le son parce qu'il est absolument strident, mais ce matin, à 10h, la préfecture des Alpes-Maritimes va diffuser un message d'alerte à tous les habitants d'Antibes qui est, on le sait, juste à côté de Cannes. Est-ce qu'il faut s'inquiéter, monsieur le maire ?

14:07
Invité

Il faut prendre acte du développement de cette maladie qui a des symptômes graves, évidents. et je vois que dans ma commune, on n'a pas recensé de cas encore, ce qui me surprend d'ailleurs parce qu'on est vraiment à côté proximité immédiate d'Antibes, mais j'ai un suivi sanitaire quotidien comme sécuritaire d'ailleurs. Et on fait à Cannes entre 6 et 7 campagnes de démoustication par an. Mais alors, c'est beaucoup plus contraignant qu'avant pour des raisons évidentes écologiques. On ne peut plus faire les traitements qu'on faisait avant.

Ce sont des traitements larvaires et puis chaque année, j'envoie une lettre à tous les habitants pour effectivement éviter les eaux stagnantes qui est la principale cause de prolifération du moustique, donc de prolifération de la maladie.

14:51
Présentateur

David Lissnard, le réchauffement climatique est l'un des vecteurs de cette maladie. Justement, dans la perspective des municipales, en mars, ici, donc Ex-France Bleu, nos radios locales, a lancé une grande consultation citoyenne. Chaque mois, un sujet et en septembre, c'est celui du climat. Avec cet enseignement, trois Français sur dix se disent prêts à déménager à cause des risques climatiques dans leurs communes, particulièrement dans le sud-est. Vous, le maire de Cannes, est-ce qu'on vous en parle ? Est-ce que vous constatez cette inquiétude ?

15:23
Invité

Oui, puis moi-même, je l'exprime puisque la première chose que j'ai faite quand j'ai été élu maire en 2014, c'est de créer une délégation aux risques majeurs qui n'existait pas. Et quand j'ai été élu président de l'Association des maires de France en novembre 2021, une des premières décisions a été de créer un groupe de travail délégué aux risques majeurs co-présidé par Éric Ménassi et par Sébastien Leroy. Parce que je suis dans une commune qui est exposée à tous les risques majeurs sauf le risque volcanique et avalanche, mais cru et clair. Mais la mer peut monter. Oui, il y a le niveau de la mer. Bien qu'on ne soit pas...

On est moins exposé que d'autres secteurs de la Méditerranée ou de l'Atlantique. J'étais hier matin avec les élus du littoral à Bonifat où on a travaillé sur ces problématiques. Donc, la gestion des risques fait partie de, je pense, de la noblesse de la politique. C'est-à-dire que... Les habitants vous disent on va déménager de Cannes, M. le maire, parce qu'on a peur ? Alors, objectivement, je n'ai personne qui m'a dit qu'il y a déménager de Cannes pour les risques majeurs, mais on a des zones qui ont été bâties au XIXe siècle, au XXe siècle, qui ont été les deux siècles où il y a eu beaucoup de bétonisation.

D'ailleurs, c'était l'État qui délivrait les permis de construire, je le rappelle à chaque fois. contrairement... Je suis très contre-intuitif, vous voyez, sur cette antenne, mais... Et donc, des quartiers qui sont des cuvettes. Donc, on aménage. Il y a un gros... D'énormes investissements qui vont être nécessaires. Vous parliez du trait de cote. Rien que le retrait du trait de cote, le CEREMA, a estimé... Qu'est-ce que c'est le CEREMA ? Le CEREMA, c'est un organisme public d'ingénierie. Et donc, vous avez raison. Et donc, les investissements nécessaires pour déplacer un petit peu des habitants ou faire des digues, c'est au moins 100 milliards d'ici 2100.

16:59
Présentateur

Et en même temps, 8 Français sur 10, juste que leur maire n'est pas assez investie sur ce sujet.

17:04
Invité

On n'est jamais investi sur tout. Enfin, si on pose la question comme ça, c'est évident. Mais je vous assurez que... Je ne peux pas plaider dans le vide, parce que c'est incantatoire. Mais non, ce sont des sujets qu'on travaille tous les jours. Il n'y a pas une journée où on ne travaille pas sur ces sujets.

17:17
Présentateur

En parlant d'élus locaux, le Premier ministre a promis, juste après sa nomination, un grand acte de décentralisation. Vous dites que vous vous en réjouissez raisonnablement. C'est-à-dire quoi ? Vous avez du mal à y croire ?

17:30
Invité

Je ne sais pas. C'est que j'ai de l'expérience. Et qu'on voit bien que depuis une quinzaine d'années, droite, gauche, centre, en même temps confondus, il y a eu une recentralisation financière, juridique. Ça, je pourrais vous en parler longuement. On a de plus en plus d'obligations comme maire, comme élus locaux et de moins en moins de pouvoir. juridique et financier. Ce qui fait d'ailleurs, ce qui alimente la crise de la démocratie à mon sens. Et qui de temps en temps nous promet un grand acte de décentralisation. C'est la formule qu'avait utilisée Emmanuel Macron. Et que dans la réalité, c'est comme quand on nous dit on va vous simplifier. A chaque fois, c'est plus compliqué.

18:03
Présentateur

Mais très concrètement, vous demandez quoi David Lissner ? Vous voulez un pouvoir d'adaptation législative, être libre de décider dans le domaine de la santé. Est-ce que vous pouvez nous donner un exemple très concret où vous vous êtes senti empêché par l'excès de normes par la centralisation ?

18:16
Invité

Je peux vous donner dix mille exemples très concrets. Un seul, c'est un super déjeuner. Non mais par exemple, on parlait tout à l'heure de risque majeur. Avec le maire de Mandelieu, on porte depuis des années et des années un projet de bassin de protection d'eau qui est validé par tout le monde. Je n'ai pas un contentieux, je n'ai pas une association y compris écologiste qui est contre. Ça fait des dizaines d'années que la procédure nous demande des études quatre saisons supplémentaires, qu'on dit attention à la tortue Hermann passe dans le secteur. Mais des exemples comme ça, il y en a des dizaines où on a entravé.

Donc, avec l'Association des maires de France, on propose, on l'avait proposé au candidat à la présidence de la République en 2022, un acte, déjà de commencer de façon très simple, qu'on transfère le pouvoir réglementaire aux collectivités. Parce que ça créerait de l'émulation entre les collectivités, ça éviterait de fracturer le pays, ces notions très technocratiques de différenciation, de dérogation. Nous, on ne veut pas un droit à la dérogation et aller supplier l'État de nous faire quelque chose d'anormal. On veut un pouvoir de décision, parce que ça s'appelle la démocratie. Je vais être très court.

L'État, lorsqu'il est confronté aux règles qu'il impose aux autres, c'est-à-dire qu'il impose aux Français, aux chefs d'entreprise, aux collectivités, à chaque fois s'en exonère. L'État a été deux fois maître d'ouvrage, c'est-à-dire qu'il a été deux fois commanditaire d'action avec des échéances. Notre-Dame de Paris, lorsqu'il fallait restaurer Notre-Dame de Paris et réparer, et Jeux Olympiques de Paris. À chaque fois, lorsque l'État a vu les règles qu'il imposait aux autres, il s'en exonéré. Il y a eu une loi spéciale Notre-Dame de Paris, une loi spéciale aux Jeux Olympiques où l'État s'est exempté des règles d'urbanisme, de commande publique et environnementale qu'il demande aux autres.

Et ça a très bien marché. Donc, on demande que ces dispositions qui ont été dérogatoires pour l'État deviennent le droit commun. Donc, vous appelez à un grand acte

19:58
Auditeur

de décentralisation du président de la République et vous appelez également à la, ce qui est très rare pour un homme de droite, à la démission programmée d'Emmanuel Macron. Alors, je n'ai pas appelé

20:08
Invité

parce que, non, non, mais les mots sont... Vous avez parlé

20:10
Auditeur

de démission programmée différée pour les cellules

20:12
Invité

de la campagne. D'ailleurs, c'était à Agathe Lambré que j'avais exprimé il y a plus d'un an. J'avais dit, je pense qu'on va être dans une situation bloquée. Et on l'est ou pas ? Et on l'est. Donc, vous appelez à la démission ou pas ? Soit aujourd'hui, vous faites des tractations politiciennes sur des postures politiciennes qui vont amplifier les problèmes du pays, notamment par une augmentation de la fiscalité et on ne va pas au bout de ce que l'on doit faire dans tous les domaines, il me semble qu'on est bloqués, que l'époque nécessite des vraies confrontations de projets.

Moi, j'aime la démocratie, un projet de gauche autour de la notion d'égalité, un projet de droite autour de la notion de liberté. Je trouve que ça nous manque aujourd'hui. Et donc, ce que j'ai dit, c'est que le président de la République pouvait, de façon souveraine, ça ne dépend que de lui, c'est pour ça que ce n'est pas un appel à la destitution, etc., dire, je constate que le pays est bloqué, j'en suis en grande partie responsable par mes décisions ineptes, dont la dissolution de l'été 2024 qui était absurde, c'est une évidence aujourd'hui.

Si je démissionne tout de suite, il n'y a que 30 jours pour faire campagne, donc ça ne servira à rien, mais je vous annonce que je démissionne dans quelques mois, ce qui permet à l'offre politique de s'organiser et de choisir des incarnations, des projets, de les comparer et de retrouver de l'ordre institutionnel. On n'est pas dans une crise institutionnelle. Il est légitime pour vous,

21:31
Présentateur

Emmanuel Macron, rapidement ?

21:32
Invité

Il est légitime en droit. Moi, je ne suis pas un factieux, mais politiquement, on voit bien qu'il est désavoué régulièrement. Ce fut le cas aux législatives, ce fut le cas aux européennes et qu'il s'est mis lui-même dans la seringue.

21:43
Présentateur

David Lissnard, comme tous les jours, c'est le moment de la question qui a retrouvé sur les réseaux sociaux de France Info. Aujourd'hui, la question qui secoue la République, on connaîtra demain le jugement dans l'affaire du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Il risque 7 ans d'emprisonnement. Est-ce que vous imaginez une seconde un ancien président de la République dormir en prison ?

22:06
Invité

Vu les réquisitions, oui, il faut l'imaginer. C'est malheureusement sordide pour le pays. Nicolas Sarkozy avait une formule que j'avais trouvée très bonne. Il avait dit je ne suis pas au-dessus des lois. Il est justiciable et tout cela le prouve. Mais je ne suis pas non plus en-dessous des lois. Il y a un procès qui s'ouvre. on a vu les réquisitions on a vu l'instruction j'essaie de ne pas me laisser aller gagner à la facilité mais on voit bien qu'y compris dans l'actualité récente le parquet national financier s'empare plus vite de certaines suspicions que d'autres mais voilà je ne veux pas préjuger de ce qui va être dit je ne voudrais pas porter tort ni aux institutions ni à la défense.

22:48
Présentateur

C'est toujours une figure tutélaire de la droite Nicolas Sarkozy ?

22:51
Invité

C'est une figure nationale. Il était président de la République c'est quelqu'un qui je vois bien que les gens l'aiment ou l'aiment pas il dégage quelque chose vous le savez bien Mais tutélaire pour la droite ? Non tutélaire non moi j'ai toujours été contre la tutelle vous savez je suis pour la liberté Tant qu'on est dans

23:06
Auditeur

la famille Sarkozy je vais toujours m'émanciper de tout depuis que je suis petit Je sors la carte Louis Sarkozy un de ses fils qui tente un parachutage non loin de vous à Menton qu'est-ce que vous pensez de lui politiquement ?

23:15
Invité

Vous me demandez moi je ne suis pas commentateur Vous êtes maire de Cannes et Menton c'est pas loin Non mais j'ai rencontré Louis Sarkozy à deux ou trois reprises il est atypique il a réussi à se faire un prénom c'est-à-dire qu'on ne voit plus que comme l'un des fils de l'ancien président de la République et il a un parcours atypique il a une grande culture historique voilà il est jeune il se confronte au suffrage universel moi je ne pourrais jamais reprocher à quelqu'un d'aller aux élections puisque j'y suis allé moi-même et il est enfin je ne sais pas si vous l'avez déjà rencontré vous-même puisqu'on est là on discute entre nous on badine mais c'est quelqu'un d'atypique d'intéressant et d'intelligent et de structuré et qui me paraît être quelqu'un d'assez libre aussi c'est comme ça je l'ai ressenti je l'ai trouvé très intéressant et je lui souhaite les meilleurs vents dans ses aventures et qu'il apporte quelque chose voilà très bien merci beaucoup

24:02
Présentateur

d'avoir répondu aux questions de France Info

24:04
Invité

un entretien retrouvé comme tous les matins sur Youtube

Budget 2026 : pour le LR David Lisnard, il est "impensable" de participer à un gouvernement qui acterait une taxe sur les plus riches — David Lisnard · Pourquijevote