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Audition parlementaireRoger Chudeau· 30 janvier 2026 58 minContradictoireFond programmatiqueNumériqueEurope & internationalÉducation & rechercheCulture, médias & sport

MISSION D’INFO SUR L’IA : AUDITION DE AUDREY HERBLIN-STOOP (MISTRAL AI) #ai #mistralai

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Comment l'IA transforme-t-elle l'éducation et la culture ? Quels sont les risques de dépendance aux technologies américaines ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les objectifs des partenariats avec les universités françaises ? Quels sont les bénéfices et risques de l'IA dans l'éducation ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Les algorithmes sont majoritairement anglo-saxons. Quid de la francophonie et des valeurs européennes ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous du partage de la valeur et du droit d'auteur avec les ayants droit culturels ?

  • 15:00OuverteRéponse partielle

    Comment sélectionnez-vous les données d'entraînement des modèles ?

  • 20:00RelanceRéponse directe

    Comment appréciez-vous la mise en œuvre du règlement IA sur le droit d'auteur ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bien, nous poursuivons les travaux de notre mission d'information création, diffusion et acquisition des connaissances. comment l'intelligence artificielle transforme notre éducation et notre culture avec l'audition aujourd'hui de madame Audrey Herblin Stop, directrice des affaires publiques euh de Mistral euh IA, je veux dire, enfin bon, je je dira ça ira plus vite. Euh et de monsieur Cyriac Dubois chargé de l'affaire publique de de la même entreprise.

Nous vous remercions madame monsieur d'avoir accepté notre invitation. Euh ne soyez pas surpris, nous ne sommes pas très nombreux dans la salle, mais l'ensemble de nos débats est retransmis directement par la sur le site de l'Assemblée nationale et les gens qui n'auront pas pu nous rejoindre pourront suivre les débats en direct ou en replay. Notre mission d'information cherche à identifier et à anticiper les bouleversements du monde de la culture et de l'éducation induit par l'éruption de l'IA euh générative dans nos vies.

Il y a également un dangereux de souveraineté, c'est-à-dire la dépendance de l'Europe aux technologies américaines qui va de paire qui peut aller de pair avec une forme de colonisation de nos imaginaires notamment et c'est une question qui a aussi très à l'identité et aux valeurs européennes. Arthur Mench, le fondateur de Mistral a d'ailleurs défendu la souveraineté numérique européenne au forum économique mondial de Davos récemment. Peut-être pourrez-vous nous en dire quelques mots.

En bien ou en mal, LIA transforme euh et a fait son LIA Générative a fait son entrée dans le monde scolaire et universitaire. Beaucoup de professeurs sont déconcertés, parfois méfiants, face à des outils qui risquent de les concurrencer, pensent-t-il, dans ce qui était alors leur monopole, la transmission du savoir. Mistrral a lancé un partenariat avec plusieurs unités universités françaises.

Quels en sont les objectifs et les premières réalisations et quels sont les bénéfices et les risques associés à l'utilisation de lien en matière éducative dans le scolaire et dans l'universitaire, y compris leur recherche. J'ajouterai une chose, c'est la question de la langue française aussi, hein. Euh les les algorithmes sont tous enfin à 90 % d'origine anglo-saxonne.

Il véhicule forcément les valeurs euh de de la civilisation anglo-saxonne, euh quid de la francophonie et des valeurs que véhicule notre propre langue nationale. en bien ou en mal donc les les choses avancent. Et euh je voudrais vous demander également ce que vous pensez de euh la question du partage de la valeur et du droit d'auteur.

Les représentants des auteurs s'estiment laisés par l'utilisation de leurs œuvres à la fin d'entraînement des systèmes d'IA sans qu'on puisse exactement identifier les sources de ces entraînements. Les procédures judiciaires sont d'ailleurs en cours et forcé de constater que le règlement européen sur l'IA n'a pas apporté de réponse claires aux question que se pose le monde de la culture. Une concertation entre les ayants droits culturels et les fournisseurs d'IA s'est tenu récemment.

Quels enseignements avez-vous tiré ? Que mettez-vous en œuvre pour respecter le droit d'auteur qui est un principe cardinal du droit et de l'histoire de France. Je vais vous passer la parole.

Euh nous allons travailler de la manière suivante. Vous avez 10 minutes madame monsieur pour un propeliminaire à peu près 10 minutes hein. Et ensuite évidemment madame le rapporteur vous posera les les questions qu'elle a préparé et que vous avez probablement reçu déjà au préalable.

Très bien. Je vous passe la parole. Merci monsieur le président, madame la rapporteur, mesdames messieurs.

Merci beaucoup de votre invitation à participer aux travaux de cette mission. Mistral, vous l'avez dit, incarne une ambition européenne, celle d'une intelligence artificielle indépendante, ouverte et au service de la diversité culturelle et linguistique. Fondé en 2023, donc c'est quand même encore très récent.

Euh notre entreprise s'est rapidement imposée comme une alternative crédible aux géants américains et chinois, ne les oublions pas, euh dans euh l'intelligence artificiel en développant des modèles d'intelligence artificielle générative, open source, performant et conçus surtout pour redonner du contrôle à nos partenaires. Nos partenaires étant principalement des entreprises, des institutions, les services publics euh et les développeurs, donc les les chercheurs et les développeurs informatiques. Notre approche, elle repose sur quatre piliers stratégiques.

Le premier, c'est l'indépendance européenne. Les transformations qui sont permises par l'IA, vous l'avez mentionné, ne se limitent pas à des questions technologiques. Cette technologie est transformatrice, elle est révolutionnaire et elle va redéfinir les équilibres économiques, les équilibres sociétaux, les équilibres culturels.

Il nous semble indispensable aujourd'hui de pouvoir disposer d'une alternative européenne dans cette technologie. Aujourd'hui, il y a une très forte domination américaine et chinoise en la matière et il nous semble indispensable d'avoir à minima une matière européenne. On aimerait qu'il y en ait plus.

L'open source, c'est la deuxième caractéristique de Mistral. Nos modèles sont conçus pour être portable, ouvert et accessible. Le premier but de l'open source, c'est d'abord de démocratiser l'accès à la technologie, de permettre à tout à chacun de s'en saisir, de permettre au développeurs de construire des applications sur cette technologie.

Ça permet aussi euh de ne pas enfermer les partenaires dans une technologie. Ça veut dire que ils peuvent continuer à utiliser la technologie même euh si l'entreprise euh euh venait à changer de stratégie ou ou euh venait à disparaître. Et ça c'est un point très important pour donner le contrôle à ses partenaires.

Euh et puis ça permet aussi de créer de la transparence et de permettre au régulateur, au chercheur de regarder comment ça marche. Euh sur l'open source, un point important, le le l'open source euh a été en danger de manière très importante aux États-Unis. Euh il y a de moins en moins d'acteurs qui prôent l'open source dans tête de sa technologie.

Donc, il nous semble essentiel que l'Europe poussée par la France puisse continuer à promouvoir le modèle open source en IR. La diversité linguistique et culturelle est fondamentale chez Mistral. Notre modèle, le premier modèle qui a été déployé par Mistral, le 7B en septembre 2023, a été le premier modèle à être entraîné nativement sur d'autres langues que l'anglais américain.

Euh le 7B a été entraîné sur du français, sur de l'allemand, sur de l'italien et sur de l'espagnol. Euh et c'est fondamental, c'est une nécessité d'abord pour créer la confiance avec les utilisateurs euh pour créer de l'adoption mais aussi euh pour la survie de notre diversité et de notre patrine euh cette diversité, elle n'est pas un luxe, c'est une nécessité pour éviter une uniformisation des savoirs et des expressions. Et on pourrait y revenir plus tard.

Et enfin, un point très important dans la manière dont on approche les choses, nous sommes avant tout une entreprise qui fait du B2B, c'est-à-dire qui vend ses solutions à des entreprises et au services publics. Et nous avons effectivement une solution qui s'appelle le chat qui est un démonstrateur qui permet de montrer à tout le monde le pouvoir de cette technologie. Mais avant tout euh nous servons les entreprises et euh les services publics.

Aujourd'hui, nous avons déployé plus de 25 modèles de toute taille. Euh notamment des très petits modèles qui sont capables d'être déployés sur des appareils et d'opérer sans connexion internet. Euh ce qui est un vrai avantage quand on pense à des solutions embarquées.

On a un partenariat excellentiste notamment dans l'automobile mais aussi dans la défense. Euh et on a tout un tas euh de modèles, des modèles de col, des modèles de mathématiques euh et puis des modèles spécialités en langue. Euh Mistral Saba par exemple qui est le meilleur modèle en arabe euh qui existe.

En plus des modèles, on a des outils d'orchestration et de déploiement. Et on a également lancé récemment Mistral Compute qui est donc un service d'infrastructure de puissance de calcul. euh spécialisé dans l'IA, décarboné et euh qui est destiné à notre entraînement de nos modèles dans un premier temps et ensuite à des services commerciaux auprès des entreprises qui en auront besoin.

Euh cette infrastructure, elle est située pour l'instant à Bruyère le Châtel dans les sonnes. On a plusieurs autres sites qui sont en cours de finalisation et on compte déployer d'autres types d'infrastructures en Europe. est essentiel.

Ce sont des investissements significatifs, mais quand on parle d'indépendance, il est aussi essentiel pour nous d'organiser notre intention sur l'ensemble de la chaîne de valeur. Je voudrais vous livrer quelques réflexions initiales sur la manière dont l'intelligence artificielle transforme notre éducation et notre culture et puis après peut-être démarrer l'échange. La la première réflexion, c'est le fait que l'IA effectivement, on le sait tous, représente une chance d'accès facilité à la connaissance à condition qu'on s'engage à ne pas creuser les écarts entre les apprenants.

Euh on le sait, il y a déjà des écarts importants dans l'accès au numérique et ces écarts peuvent se creuser davantage avec l'intelligence artificielle et la langue est fondamentale dans cette question de réduire les écarts. Il est donc essentiel pour préserver la diversité linguistique de ces modèles d'IA de pouvoir faire en sorte que les modèles intègre toutes les langues et tous les contextes. Sinon, on risque de marginaliser des points entiers de notre patrimoine.

Donc la première chose qui est centrale, c'est effectivement que ces modèles puissent voir le maximum de choses diverses et variées dans le maximum de langue pour être capable ensuite de produire des contenus dans la langue et pas juste la langue mais aussi dans le contexte. Ensuite, Lien interroge la nature même de l'apprentissage. Moi, j'ai assisté à un échange entre mon CEO d'Arthur Mench et des journalistes.

Le journaliste demande à Arthur Mench, j'ai un enfant qui doit avoir une dizaine d'années. Est-ce que je peux lui mettre ce lien entre les mains pour faire ses devoirs ? La réponse d'Arthur Mench qui est un chercheur a été très claire.

La réponse est non. Le cerveau a besoin d'apprendre et de se muscler. Donc Lia est un outil et Lia doit rester un outil.

Il ne doit pas se subsidier au regard critique sur ces productions. Les modèles sont probabilistes, ils ne sont pas factuels. Il faut rappeler en permanence comment fonctionne l'IA.

L'IA prédit le mot suivant. Point. Ils sont de plus en plus avancés, ils sont de plus en plus évolués, ils arrivent à avoir des analyses de plus en plus fines.

Pour autant, cela reste des modèle mathématique probabiliste. Et donc, il est important de pouvoir enseigner ce regard de pouvoir continuer à faire vivre les deux, l'apprentissage quel on l'a connu et euh l'apprentissage de ces outils euh pour aider à la factualité. On a des partenariats comme celui avec la FP ou avec Associé de presse qui permettent de remettre de la factualité mais ça ça doit se faire avec des partenaires légitime comme la FP et AP.

Et enfin LIA est un formidable outil au service de la production d'offres culturelles. Vous avez je crois auditionné le collectif Obvius qui avec la s bonne nouvelle utilise nos modèles pour créer cette formidable nouvelle pièce inspirée de Molière. Mais soyons très clair, LIA ne remplace pas l'essence même de la production artistique.

Lia ne produit pas d'émotion, il y a pas d'intention, il y a pas de singularité. Le rôle est d'augmenter, d'inspirer, de faciliter mais pas de se substituer à la sensibilité de l'artiste. Elle pose donc de nouveaux défis de transformation du monde du travail, notamment pour certaines professionistiques, on le sait.

Euh je pense notamment aux doubleurs, je pense aux illustrateurs qui avec cette nouvelle technologie voient des transformations notamment de leur métier alimentaire et je mets pas de terme péjoratif derrière. Euh les transformations sont déjà à l'œuvre, donc il va falloir collectivement réfléchir à comment on les adresse et notamment par la formation. Mais cette révolution technologique appelle aussi à la vigilance de ne pas voir une standardisation des productions de contenu euh ou une marginalisation des cultures dites minoritaires.

Euh et donc je reviens à l'importance de former ces modèles sur des corpus les plus variés possibles pour permettre ce point. Vous m'avez interrogé sur les universités, notre partenariat avec les universités. Nous avons effectivement un partenariat avec une trentaine aujourd'hui d'université qui s'avait démarré avec l'université de Rennes qui a été extrêmement pionnaire dans ce domaine.

Ce partenariat, il vise évidemment à mettre nos produits à disposition du corps enseignant et des étudiants, mais ça va au-delà et c'est ce qui nous a intéressé dans ce partenariat, c'est qu'en fait ce partenariat euh il est basé autour de ce qu'on appelle une infrastructure de ragu. Donc concrètement, on crée un contexte sur une base de données qui appartient à l'université pour permettre en fait à chaque fois qu'il y a une demande qu'elle soit nourri par un contexte spécifique et donc était vraiment quelque chose spécialement préparé et fait pour les établissements d'assignement supérieur. Ensuite, ce partenariat, il s'inscrivait autour d'une charte de référence pour encadrer les usages.

Et ça a été aussi un point très important dans la réflexion, comment nous on pouvait aider le corps enseignant et et l'ad académique de pour bâtir cette charge de référence. Et puis enfin, il y avait un un élément du partenariat, c'est un cadre méthodologique d'évaluation de l'efficacité des I dans les apprentissages. Euh donc c'est aussi on met notre technologie à disposition des enseignants et des étudiants et puis on va mesurer, on va regarder quels sont les bons outils pour mesurer, si ça marche, si ça marche pas, quels sont les biais qui peuvent intervenir.

Et c'est l'ensemble de ces facteurs qui étaient intéressant pour nous, c'était de se dire c'est pas juste une mise à disposition de nos solutions, c'est un vrai partenariat qui nous permet de faire avancer l'utilisation de de l'IA dans l'enseignement. Le deuxième point, c'était sur les langues, je l'ai évoqué dans dans mon propos. le rapport à aux langues, il est fondamental parce que les langues, ce ne sont pas que des mots, c'est de la culture.

Et il est essentiel que les modèles qui donc produisent du contenu et ces contenus vont très vite devenir la majorité des contenus qui sont disponibles sur internet euh puisse refléter l'ensemble euh des diversités. Il y a des enjeux de pouvoir, il y a des enjeux géopolitiques qui sont extrêmement importants sur ce sujet. Euh et donc il est essentiel qu'on puisse pas juste les langues mais la diversité des axets linguistiques.

Euh on échange euh on a des partenariats euh avec le le Québec. Euh le français québécois n'est pas le français euh qu'on parle ici. Euh il y a énormément de de subtilité dans les dans les enjeux de langue.

Et donc il est fondamental pour nous qu'on puisse enrichir nos modèles du maximum de langues et et de contenu possible. Ce qui m'amène très vite à à aller à la question de l'accès au contenu et de l'accès aux données. Euh on le sait, je vais surprendre personne, nous avons en Europe un cadre qui est un cadre qui est le moins permissif sur la question de l'accès au contenu d'entraînement des modèles.

Nous vivons nous Mistral une situation de compétition extrêmement intense avec des concurrents qui sont tous américains et chinois et j'insiste sur le fait qu'effectivement il n'y a plus d'autres entreprises qui fassent des modèles frontières en Europe. Et ces acteurs évoluent dans des contextes de régulation qui sont beaucoup plus permissifs. Le cadre américain était déjà persissif et le président des États-Unis a eu des propos assez forts sur le fait qu'il devait être extrêmement permissif pour l'entraînement des modèles.

Et le cadre chinois ne connaît pas le droit d'auteur. Donc et il ne faut pas être naïf sur le fait que les Chinois entraînent sur tous les contenus bien au-delà des frontières chinoises. Partant de là, effectivement, il y a un enjeu à à pouvoir trouver un mécanisme qui permette à la fois évidemment de respecter les intérêts des endroits et leur permettre de continuer à produire de la création culturelle et en même temps à nous permettre de pouvoir développer des solutions indépendantes européennes.

C'est ça pour nous qui se joue, c'est comment on arrive à trouver un équilibre qui nous permet de continuer à avoir des modèles qui soient compétitif, qui soi représentatif du maximum d'une diversité culturelle dans un cadre qui est plus contraint. La la concertation à laquelle on a participé à l'ensemble des séances a pour moi été à minima un vrai opportunité d'échanger de connaître les enjeux des ayants droits. C'est poursuivi de nombreuses discussions bilatérales et et rien qu'à ce titre, cette concertation a été extrêmement positive.

En tout cas pour moi, euh évidemment euh il y a des points évidents de désaccord puisque nos intérêts immédiats peuvent diverger. Pour autant, je suis assez convaincu que nos intérêts de long terme convergent puisque nous avons tous intérêt à voir les cultures européennes et française subsister dans la lire de lien. Je m'arrête là pour mon proposif et je vous remercie.

Euh très bien. Merci madame. Vous pouvez éteindre votre micro s'il vous plaît.

Voilà, je passe la parole à madame le rapporteur. Merci monsieur le président. Euh merci euh beaucoup d'être avec nous et merci pour vos propos euh introductifs euh qu'on déjà répondu à à beaucoup de nos interrogations.

J'aimerais euh revenir sur euh l'utilisation et la sélection des données d'entraînement. Euh on a euh et vous l'avez rappelé euh internet comme étant un champ sur lequel euh nous pouvons aller chercher des données, des contenus. Parfois ce sont des œuvres, mais j'aimerais que vous puissiez éclairer le travail.

Quelle est la sélection que l'on peut faire quand on euh scrute ou euh scroll ou euh différents contenus ? Est-ce qu'on garde tout ? Est-ce que vous pouvez nous expliquer et revenir sur la façon dont on a à explorer et peut-être à sélectionner les contenus que l'on va vraiment utiliser pour pour l'entraînement des modèles ?

Oui. Alors, il plusieurs points pour répondre à cette question. D'abord euh je voudrais insister sur vous comprendrez que je ne pourrais pas répondre en détail à cette question euh parce qu'évidemment quand on est d'une entreprise comme Mistral euh avec des moyens financiers qui sont très importants mais qui sont significativement moindres que nos concurrents, si l'on a réussi très rapidement à placer des modèles dans le top des meilleurs modèles au monde avec donc moins de puissance de calcul, c'est que on a une manière d'organiser la donnée euh qui nous permettent de construire des modèles.

Et donc c'est vraiment notre recette magique, c'est notre secret et donc je ne pourrais évidemment pas donner trop de détails. Euh pour autant euh je pense que il y a il y a plusieurs choses qui qu'il faut avoir en tête quand on pense à à la constitution du du ce qu'on appelle le dataset, donc de du des données. D'abord, c'est la volumétrie.

C'est-à-dire que effectivement les modèles, ils compressent la connaissance et donc ils ont besoin d'avoir accès à toute la connaissance et ils ont besoin d'avoir accès à des corpus qui sont à la fois des corpus extrêmement sérieux extrêmement donc des des livres d'école par exemple serait quelque chose qui serait très idéal. Euh et en même temps euh ils ont besoin d'avoir accès à du vocabulaire de tous les jours euh parce que quand il va y avoir une question qui est posée euh par euh les gens et ben c'est une question qui va être formulée euh dans un vocabulaire de tous les jours. Donc il va devoir le comprendre.

Euh ce qu'il faut avoir en tête aussi euh c'est que euh la manière dont fonctionne euh les modèles euh les modèles ils vont c'est un peu comme si vous rentrez dans une bibliothèque, vous lisez une dizaine de livres, euh vous ne connaissez pas mot à mot ce qui s'est dit dans le livre et euh 3 semaines plus tard dans lors d'une discussion, vous allez vous rappeler d'un concept. Est-ce que vous allez être capable de l'attribuer à un livre ? Parfois oui, parfois non, en fonction de du nombre de fois où vous l'avez vu.

Euh ça fonctionne un peu de cette manière-là. Euh c'est-à-dire que ça ne mémorise pas euh l'ensemble des choses, sauf à les avoir vu de manière très très très fréquente. Euh et ça ça n'a pas grand intérêt de les voir de manière très très fréquente.

Donc nos équipes, elles vont essayer de sélectionner le maximum de données euh dans des langues très variées. Et donc ça c'est un point qui est très important pour nous, c'est effectivement de se dire comment on va s'assurer qu'il y ait des pourcentages de langues suffisamment représentatifs. Tout type de langage.

Et puis après, quand on va vouloir faire des modèles plus spécialisés en mathématiques, évidemment on va surpondérer les mathématiques. Quand on va vouloir avoir un modèle qui sera meilleur dans un certain domaine, on va le surpondérer. Et puis aussi derrière, on va trier au sens où on va éviter la déduplication.

La déduplication, ce serait se dire vous avez des choses qui reviennent tout le temps sur internet, qui sont présentes en surabondance. Si le modèle il les voit trop, ça va déformer euh son rapport aux choses. Et donc cela en fait c'est effectivement des masques he qui permettent euh de retirer des choses qui auraient été euh présentes à à de nombreuses reprises.

Euh et donc ça ça permet effectivement de de nettoyer une partie du du dataset. Il y a plein d'autres choses sur lesquelles on va nettoyer le dataset. Je pense notamment euh au contenu d'exploitation sexuelle des enfants.

Euh ça c'est un point qui est évidemment extrêmement fondamental grâce à des algorithme. Et puis on va pouvoir aussi par ce processus euh mettre en œuvre l'Optout lorsque on a effectivement une qualification fine euh des contenus qui ont été qui ont fait l'opt et on sait tous aujourd'hui que il y a beaucoup de difficultés techniques à à le mettre en avant. Euh je ne sais pas si j'ai répondu à l'entièreté de votre question madame le rapporteur.

Oui, on a compris que vous ne pouviez pas non plus donner la recette totale de ce que des pour votre entreprise au risque de livrer aux concurrents vos atouts. Euh mais pour autant, vous êtes vous vous êtes intervenu en citant Loptout. Donc effectivement, on a euh beaucoup et on a eu l'occasion au sein de la Commission des affaires européennes d'interroger euh ce qui peut être compatible ou incompatible entre d'un côté la directive droit d'auteur qui autorisait par son article 4 le droit de fouiller les données et les textes et puis de l'autre côté le règlement sur l'intelligence artificielle première réglementation en la faveur et qui invitait et et exigeait qu'on puisse respecter le droit d'auteur.

Aujourd'hui, le l'exercice du droit de retrait n'est pas satisfaisant puisque d'un côté difficile pour les ayants droit de pouvoir l'exprimer et pas facile non plus pour ceux qui développent les modèles d'IA d'en prendre connaissance. Alors bien sûr, on est sur les premiers mois d'application de ce que le règlement d'IA peut avoir. Mais parallèlement, vous avez aussi une émotion et légitime des acteurs de la culture qui disent "On a pillé tous nos contenus, on les a utilisé, nous n'avons pas été soumis à une demande d'autorisation ou un droit à rémunération." Et donc vous avez euh d'un côté euh des essais de négociation.

Alors vous avez d'ailleurs conclu des accords avec la FP ou LAAP pour pouvoir disposer des des contenus qui sont ceux des contenus d'information. Euh mais de l'autre côté, vous avez pu aussi avoir euh le dépôt d'une proposition de loi des sénateurs euh qui euh en droit français euh veulent inverser le la charge de la preuve en assumant une présomption d'utilisation euh par euh les euh fournisseurs de modèle d'IA des euh contenus soumis aux droits d'auteur. Alors, qu'est-ce que cela pose comme question pour vous ?

Comment appréciez-vous la mise en œuvre du règlement sur la question du respect du droit d'auteur ? Quelle est votre interprétation de l'article 4 de la directive de 2019 sur le droit d'auteur à l'air numérique ? Et que pensez-vous de la proposition de loi des des sénateurs sur la présomption d'utilisation ?

Qu'est-ce que ça pose pour vous en terme de contrainte de développement, peut-être d'incertitude aussi de développement et comment ça a une conséquence sur la place de ce modèle à l'ambition européenne qui émissera la par rapport à ces concurrents. Euh sur la mise en œuvre du RIA, euh il y a plusieurs points. On a été extrêmement mistral, on a été très actif dans les discussions sur le code de pratique.

Ce sont des discussions qui ont été très longue, très complexe. Je dirais qu'il y a il y a une malheureusement le verre était dans le fruit de la rédaction du texte. C'est-à-dire qu'on a un texte qui enfin résumé suffisamment détaillé qui par essence était compliqué à à appliquer et qui ne satisfait ni les ayants droits ni les développeurs d'IA.

Et effectivement on envoie aujourd'hui très concrètement la difficulté à le mettre en œuvre maintenant qu'on est passé dans cette phase de conformité. C'est c'est effectivement un texte qui est compliqué à mettre en œuvre, qui est compliqué à mettre en œuvre et notamment sur comment on fait en sorte d'avoir à la fois ce cette capacité à à innover et voilà à respecter le droit d'auteur, à fournir des éléments tout en respectant le secret des affaires. on se trouve dans une situation qui est effectivement très complexe et qui est donc insatisfaisante pour tout le monde et c'est regrettable sur la question de l'OPT, un un mécanisme technique qui permettrait d'arriver à à apporter de la sécurité juridique à tout le monde serait un monde idéal mais pour autant euh fé diminuerait la part de contenu européen dans dans les données d'entraînement.

Donc Mistral a toujours dit que Mistral était assez ouvert à discuter des accords de licence pour des contenus qui viendraient améliorer la la qualité des modèles. Il y a des discussions qui sont entamées, c'est des discussions qui sont évidemment complexes parce que c'est une un champ nouveau que la question du prix est pas tout à fait encore clair et définie parce que on a besoin aussi de connaître les catalogues des ayants droit parce que il faut que tout le monde s'organise, ça prend un peu de temps. Moi, j'ai j'ai confiance dans le fait qu'on arrivera à monter des choses et à conclure des accords parce que c'est dans l'intérêt de tous que ces contenus soient représentés dans le cadre des IA. euh sur la question euh de l'article 4.

Euh pour autant, juste un petit point sur sur l'effectivité euh de l'Optat. Euh il faut pas négliger ce que cependant le fait que euh sur internet, on retrouve en permanence des répliques de contenus qui sont des contenus protégés. C'est-à-dire que euh si euh un ayant droit euh a mis un optout sur euh son site, le crawer, il va être bloqué et il ne pourra pas prendre le site.

Pour autant euh si des gens ont repris euh ces contenus, les ont repostés sur leur blog à eux, et ben en fait ces contenus, ils seront priés. Et j'ai un exemple qui est intéressant quand vous tapez dans un moteur de recherche bien connu Harry Potter chapitre 1 en 2è occurrence de réponse donc en deuxème occurrence de réponse vous trouvez le site d'une académie que je ne mentionnerai pas parce que évidemment il ne faut pas les blâmer avec un un une professeur des écoles qui écrit "Pour les étourdis qui n'auraient pas leur livre Harry Potter à l'école des sorciers, voici une version PDF forcé forment les numéros de page blab blabla, je ne vous cacherai pas que c'est entre guillemets légèrement une infraction au droits d'auteur. Donc je ne laisserai pas ce document en ligne longtemps.

C'était en 2020. Et vous avez donc le PDF, c'est je pense très on parle du Covid évidemment les enseignants ont fait ce qu'ils ont pu mais donc ça veut ça vous montre bien que ces contenus qui sont protégés, ils sont partout et ils sont partout sans outil technique pour les bloquer. Et donc c'est là où il y a une vraie difficulté qui est que on parle de milliards de milliards de mots.

Comment on retrouve ces contenus sans qu'ils soient identifiés mot à mot dans les corpus ? extrêmement complexe sur l'application de l'article 4 de la directive de 2019 euh chez Mistral, nous pensons très clairement que l'exception TDM est un système qui est un système qui nous permet nous d'entraîner. que il nous semble indispensable de le préserver euh et que le système de l' TAT qui évidemment n'est pas un système idéal et euh qui euh connaît beaucoup de difficultés de mise en œuvre pratique permet de répondre cependant aux demandes des ayants droits.

Donc il nous semble un système qui n'est pas si mal. En revanche, encore une fois, nous appelons à le regarder à l'ône du contexte international et à l'ône de l'écart qui se creuse avec nos concurrents américains et Chinois sur ces questions et qui nous mène nous dans une difficulté extrêmement complexe d'un point de vue international. Euh enfin sur la proposition de loi sénatoriale euh qui vise euh à mettre en œuvre la présemption d'usage, euh nous on a eu euh des propos assez critiques à l'égard de cette proposition de loi.

On on en comprend évidemment euh l'intention. Euh en revanche, euh on alerte sur plusieurs points. La première, c'est que nous avons en Europe un acteur qui produit de l'intelligence artificielle générative, qui est un acteur français.

On pense qu'il est essentiel pour l'avenir de l'Europe d'avoir et de produire cette technologie. D'abord donc on on regrette quand même que cette proposition [rires] vienne taper le seul acteur qui essaie de créer cette technologie en Europe. Et ensuite la la plus grosse difficulté pour nous de cette présomption d'usage, c'est qu'elle crée une preuve impossible.

C'est-à-dire que on sera dans une situation qui va encourager le contentieux. Cette prop de loi, c'est une primo contentieux. En quand vous êtes une start-up ou une scaleup maintenant comme Mistral, vous avez des besoins de financement.

Si nous avons des contentieux, il faut le dire très clairement, nous aurons du mal à relever des fonds. Euh et donc ça c'est un point qui est extrêmement complexe, c'est-à-dire qu'on va se retrouver dans des contentieux avec une charge de la preuve qui sera impossible et en plus on va être bloqué dans notre capacité à lever des fonds et d'expansion. Euh on entend et et on a des discussions avec de nombreux ayants droits.

Donc on sait qu'il faut trouver un mécanisme qui soit sans doute meilleur que le mécanisme actuel. Pour autant, cette proposition euh de présomption d'usage nous semble extrêmement dangereuse, en tout cas pour l'avenir de notre entreprise. Merci beaucoup.

Vous avez passé des accords donc avec la FP ou la PI et aujourd'hui ce n'est pas le cas pour d'autres corpus où est-ce que vous pouvez nous faire part d'accord qui concerne non pas uniquement de l'information fraîche mais également d'autres types de contenu. Je pense notamment à ce qui peut être dans le projet commun numérique. Est-ce que vous pourriez nous dire ce qu'il en est ?

Alors effectivement dans le cadre du projet commun numérique, nous avions un un projet qui a été retenu par France 2030. Projet qui consiste à entraîner des modèles sur la base de contenu de la BNF et de l'INA, donc contenu libre de droit, j'insiste sur son point. Donc le projet est en cours.

Il y a eu un un phase assez longue sur la partie effectivement sélection sélection de la donnée et donc l'entraînement de ce modèle va pouvoir commencer. Le but étant effectivement de produire des modèles open source qui seront des modèles qui seront extrêmement forts en langue française. Sur sur la question des licences, on est en discussion avec plusieurs acteurs.

Je pense qu' qu'il faut distinguer deux sujets. Le sujet de la licence qui permet euh de créer de la factualité, en tout cas de faire des choses qui sont des choses qui interviennent après l'entraînement des modèles. C'est le cas sur nos partenariats avec l'AFP et avec AP et c'est un modèle qui est je pense plus intéressante quand on réfléchit au partage de la valeur et et à la question de la rémunération des endroits parce que c'est un modèle où on arrive à faire de l'attribution quand on est dans le cadre de l'entraînement donc en en phase à mon c'est ext c'est impossible d'attribuer quel contenu a été appelé pour pouvoir pouvoir former une réponse.

Et donc c'est là aussi où on a tous ces questions un peu difficiles à résoudre sur comment on détermine la valeur. Alors que quand vous êtes après l'entraînement vous avez la capacité en fait de mesurer à quel moment et sur quel type de réponse euh le modèle va aller chercher euh dans ce qu'on appelle le rag. Euh et donc c'est aussi beaucoup plus simple en terme euh de calcul de la valeur euh et de rémunération des aillants droits.

Donc il y a beaucoup de choses à aller regarder du côté effectivement de du post-entraînement euh sur ce sujet. Et puis l'autre point que j'ai pas mentionné euh c'est aussi que dans la manière dont on travaille avec nos partenaires, on on a euh cette offre aussi de craining. Donc on va dans nos différents partenariats commerciaux avoir la possibilité d'entraîner des modèles pour nos clients avec du de l'IP de la propriété intellectuelle partagée copartagée et donc ça c'est assez intéressant, on l'a fait avec le gouvernement de Singapour.

C'est quelque chose qui est très intéressant quand on travaille avec les gouvernements parce que le préalable à mettre en en place des systèmes d'intelligence artificielle à destination du service public ou des citoyens même euh c'est d'abord que les modèles soient très forts dans la langue de ces citoyens. Et donc l'étape préalable c'est effectivement de se dire comment on fait un co-entraînement pour avoir des modèles qui soient très bons et puis ensuite qui vont pouvoir soutenir tous les développements d'application. Donc, on le fait avec les gouvernements et on le fait aussi avec euh certains cas d'usage industriel.

Euh notamment euh on a un partenariat commercial avec ASML euh qui est sur des cas d'usage très complexe. Euh et donc là, il y avait un besoin effectivement de de développer des modèles qui soient très très forts dans leur technicité euh et on le fait évidemment sur des infrastructures extrêmement protégées pour garantir la sécurité des données. Vous venez de parler de la langue, vous aviez euh auparavant euh rappelé qu'il était important que les différentes langues soient euh là, sinon, c'est un risque de marginalisation de pont entier de la culture.

Est-ce que vous avez des acteurs qui sont venus vous voir parce que ils craignent justement euh de n'être pas assez présent sur ce qui peut être visité sur sur internet ? Est-ce que vous avez des acteurs, que ça soit des pays ou des représentants de différentes langues qui sont venus vous voir pour justement être sûr d'être présent demain euh sur les agents conversationnels par exemple ? Euh c'est effectivement une préoccupation de certains États euh qui se trouvent dans des situations de conflit euh euh lié à avec un un imp qui est lié à effectivement la question linguistique.

Euh c'est d'un sujet euh avec euh les Ukrainiens. Euh nous avons des discussions qui ne sont pas aboutis mais nous avons des discussions avec les Ukrainiens. Euh c'est un sujet pour Taiïwan.

Donc c'est un sujet aujourd'hui géopolitique majeur et il y a de plus en plus d'organisations qui commencent à se préoccuper de cette question là et donc à essayer de construire des corpus de données pour permettre effectivement à ce que ces langues qui ont un impact géopolitique majeur puissent survivre dans le cadre de l'IA. Il y a il y a un rapport de l'UNESCO qui est très intéressant sur euh la proportion des langues dans le cadre d'Internet. Euh je je vais vous donner un chiffre qui ne sera sans doute pas exact, qu'on pourra aller le fact checker après.

Euh mais il me semble qu'on est euh autour de 70 % d'anglais américains euh présents sur internet et que quand vous le le français doit être autour de 7 % peut-être moins. Donc il faut bien se rendre compte de cette surdomination linguistique qui aujourd'hui va s'ajouter à une domination capitalistique, à une domination politique. Le plan américain de développement de l'IA s'appelait plan pour la domination américaine en IA. et et donc il y a il y a un enjeu extrêmement fort à créer une alternative qui permettra effectivement d'apporter cette diversité linguistique et puis d'avoir une autonomie stratégique dans ce domaine qui encore une fois a un impact sur l'ensemble des ps de notre société.

Merci beaucoup. Je propose de qu'on reste dans les langues mais qu'on bascule un petit peu en disant aujourd'hui on a des outils d'intelligence artificielle générative qui permettent de sous-titrer directement, de pouvoir traduire euh et on se dit bah à quoi bon apprendre des langues. Euh en contrepoint, on pourrait dire dans quel dans quelle mesure les outils d'IA nous aident à apprendre des langues, à mieux les maîtriser, mieux les partager.

Il y a une une espèce de paradoxe et j'aimerais bien vous entendre sur le sur le sujet. Il y a encore une fois, c'est comme toutes les formes d'outils. Euh d'abord nous on est convaincu que ça doit rester des outils au service des gens euh ce qui est pas la doctrine la plus répandue dans les dans les développeurs d'IA.

Euh mais c'est un point important. Euh c'est un outil qui doit aider à l'apprentissage et donc effectivement euh il y a euh tout un tas d'applications qui peut être construite sur l'IA. Il faut faut avoir en tête que quand on parle d'IA, on l'assistant conversationnel, c'est un tout petit bout euh de ce que peut-être l'usage de l'IA.

Il y a dans les applications, il y a il y a des fonctionnalités extraordinaires, des applications qui peuvent se construire pour aider à l'apprentissage pour les enfants. Il y a il y a a il y a vraiment encore une fois, il ne faut pas du tout réduire l'IA à l'assistant conversationnel. Donc les outils qui peuvent permettre d'aider à l'apprentissage des lampes notamment dans la capacité à réagir à un dialogue, à faire converser.

Une des plus à mon avis et c'est un avis personnel mais un des plus grands problèmes de l'apprentissage des langues, c'est le manque de pratique orale. Pour ma part, j'ai appris l'allemand pendant en avant, je suis incapable de converser en allemand. Donc c'est comment on fait en sorte de développer cette pratique orale.

Euh grâce à l'IA, vous allez pouvoir avoir cette capacité euh à converser dans la langue, à avoir l'intelligence artificielle qui va vous rectifier, qui va vous corriger. Euh donc ça, ce sont des des choses qui sont extrêmement positives euh et donc il faut à la fois se dire comment on l'encourage et en même temps comment on y met un regard critique. Et ça, je pense que c'est un point très important sur cette technologie.

Comment on regarde l'outil en s'assurant que l'outil fournisse la bonne réponse et le bon élément et comment on ne prend pas la réponse comme un fait. Euh parce qu'encore une fois, je trouve qu'on n'explique pas encore assez euh la manière dont ça fonctionne et encore une fois, c'est une réponse probabiliste euh donc qui est de plus en plus avancée. Mais pour autant, il faut qu'on ait euh un meilleur euh regard sur cette technologie et qu'on soit capable peut-être par des des plans d'éducation large d'expliquer comment ça fonctionne et de se dire bah voilà ce qu'on peut en attendre et voilà aussi ce qu'on peut ne pas en attendre.

Moi, j'utilise tous les jours dans mon travail. Ça me permet d'aller plus vite. Ça me parlait effectivement de m'assurer que j'ai écrit quelque chose rapidement qui a pas de faute d'orthographe.

Et puis parfois euh il y a euh et j'utilise ministral euh parfois me fait des réponses qui sont pas les bonnes et donc il faut être capable d'avoir ce regard euh critique par rapport à ces outils. L'autre point qui est très important, [rires] juste un point très important, quand on parle des assistants conversationnel, il faut qu'on ait aussi en tête le fait que ces assistants conversationnels sont en train de devenir le point d'entrée dans la formation. Euh aujourd'hui, vous avez un oligopole d'acteurs américains dans le monde des assistants conversationnels.

Euh ces assistants conversationnels, ils sont organisés pour créer de l'empathie avec les gens qui les utilisent. Donc vous voyez bien aussi à quel point ces questions-là peuvent créer euh des vulnérabilités voir des dangers en terme d'influence des gens à la fois commercial et aussi potentiellement politique ou de relais d'idée. Donc il faut absolument à mon sens qu'on puisse se mobiliser rapidement pour améliorer l'éducation à l'usage de ces technologies. former les citoyens comme il y a eu à l'époque des réseaux sociaux de grandes campagnes euh qui étaient des campagnes d'explication de comment ça fonctionne.

Euh il faut qu'on puisse euh expliquer mieux cette technologie qui est complexe et comment on l'utilise de la bonne manière et puis comment on a un regard un peu plus critique par moment sur la manière dont ça fonctionne. Merci. Sur l'éducation.

Vous avez pris l'exemple des des campagnes qui informment sur l'utilisation des réseaux sociaux. Il y a une campagne en Finlande dès 2018 qui a permis euh enfin qui dont l'objectif était de former 1 % de la population aux enjeux de l'IA. Ça a été dépassé.

Les modules Elements of AI ont été traduits mais à disposition des 26 autres pays européens. Que pensez-vous de cette démarche d'acculturation à grande échelle ? Comment jugez-vous aujourd'hui la maturité, l'éveil de la population française par rapport aux enjeux et de la compréhension de l'IA et de l'utilisation de l'IA ?

Et puis comme vous avez bien pointé aussi le rôle de l'utilisation de l'IA, parfois pour inonder de fausses informations, le le l'ensemble de ce qui nous permet normalement d'acc d'accès à l'information. Je voudrais vous donner l'occasion de pouvoir nous dire dans quelle mesure l'IA n'est pas seulement une cause mais peut-être une solution pour repérer les fausses informations et lutter pour voilà meilleure information. On connaît les enjeux démocratiques à faire.

Alors, je vais avoir un peu de mal à parler de la question de l'utilisation, en tout cas de la diffusion dans la population parce qu'encore une fois, comme notre activité est plutôt une activité B2B, euh l'usage du chat nous donne pas un regard suffisamment exhaustif sur les les choses. Néanmoins, les différents rapports montent quand même que l'Europe est globalement en retard sur une partie des usages, en tout cas dans le cadre des entreprises. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas dans le cadre des des citoyens.

Euh donc effectivement, est-ce qu'il faut former ? Oui, il faut former. Et quand on parle de formation, il faut former évidemment les populations à utiliser l'IA, mais il faut aussi qu'on ne perde pas un de nos atouts premiers en matière d'IA qui est la formation des talents de l'IA.

Et il faut rappeler que la France particulièrement est forme parmi les meilleurs chercheurs et ingénieurs en IA du monde que beaucoup d'entre eux travaillent aux États-Unis. Donc il y a une première question, c'est comment on les fait revenir ? Euh et la deuxième question, c'est comment on s'assure de continuer à former euh ces ces talents euh d'excellence en matière d'IA.

Et je mettrai je fer une toute petite parenthèse sur la formation des filles euh et l'accès des jeunes femmes au aux filières scientifiques d'excellence qui devrait être une priorité en matière de formation. Je referme la parenthèse. Et donc effectivement sur l'accès de la population, c'est assez difficile pour moi d'en juger.

En revanche, sur la la question effectivement de l'utilisation des outils d'IA euh pour contrer en tout cas détecter euh les fausses nouvelles euh et même au-delà tous les usages d'amélioration de la modération sur les réseaux sociaux par exemple. Là, il y a un potentiel qui est euh absolument euh fort euh parce qu'effectivement ces outils nous permettent euh de détecter euh des patterns euh et donc de retrouver très vite euh et très facilement euh des types de contenu, d'analyser euh des typologies de langage de manière très fine et donc effectivement de détecter. Ça permet aussi d'organiser du fact checking et quand on réfléchit et quand on discute avec la FP mais on a aussi d'autres partenaires médias, évidemment la question de l'utilisation de l'UA pour améliorer le facting pour accéder aux archives des journalistes, c'est aussi un point extrêmement intéressant de se dire comment très vite en fait je vais pouvoir retrouver dans mes archives, ressourcer mes articles précédents et organiser les choses. comment effectivement l'outil peut faciliter le travail du journaliste et encore une fois sans le remplacer de toute façon c'est un outil qui ne fait pas de factualité.

Ça c'est aussi des usages intéressants qui vont pouvoir non seulement détecter les fausses nouvelles mais aussi aider les journalistes à aller plus vite dans leur travail de vérification des faits. Un petit rebond sur la question éducative. Donc vous êtes parfaitement au clair sur enfin sur le fait que l'IA est un outil et et ne ne saurait se substituer notamment à l'enseignant ni à l'enseignement.

Vous rappelez que les réponses sont les mathématiques, c'est probabiliste, hein. C'est pas c'est pas la vérité vraie, si je puis dire. Enfin, en tout cas, ça pas ce statut.

Euh et vous insistez aussi sur le fait que que Lia n'a pas d'intention, hein, puisqu'il n'a pas de sentiment. Je veux dire, il donne il peut sembler en avoir mais il n'en a pas puisqu'il n'est pas humain. Donc tout ça sont des principes qui sont assez assez fondamentaux en matière d'utilisation de l'IA dans le domaine éducatif.

Alors, je voulais vous poser des questions précises sur les relations de ministrales avec les institutions éducatives françaises. Avez-vous avec le ministère de l'éducation nationale des relations euh à la fois, comment dirais-je, commercial peut-être, en tout cas technique euh encadrez-vous ou lancez-vous des expérimentations locales euh ou des applications ? Aidez-vous, c'est peut-être pas votre métier, mais enfin bon, aidez-vous à des des entreprises à créer des applications pédagogiques ou administrative, hein, parce que il y aurait probablement bien des progrès à faire grâce à l'IA en matière d'administration générale.

Enfin, où en sommes-nous de cela s'il vous plaît ? Alors, euh, on a de nombreux partenariats avec les pouvoirs publics français. Euh on a des discussions avec le ministère de l'éducation nationale qui ne sont pas encore des discussions qui ont donné lieu à la mise en œuvre de nos solutions.

Euh il y a il y a un point euh pour nous dans ces discussions qui est qu'effectivement on souhaite côté mistral en tout cas que effectivement notre technologie puisse être mise à disposition des élèves et des enseignants. Il nous semble extrêmement important euh surtout de servir les enseignants parce qu'aujourd'hui les élèves ils l'utilisent l'IA. c'est comment on fait en sorte que les enseignants aient accès aux mêmes outils.

Euh et pour nous, il y a aussi un sujet euh quand on pense à cette question qui est le sujet euh de l'âge. Nous, on souhaiterait que nos dispositions soient mises à disposition des étudiants au lycée, des élèves au lycée pour aussi euh avoir rapport à l'âge digitale, l'âge numérique et faire en sorte que ces pratiques soient bien encadrées et évidemment en parallèle que ce soit accompagné d'un travail avec le CLÉMI ou une autre institution pour doter les élèves des clés d'utilisation. Donc tout ça est en cours de discussion. euh avec le ministère de l'éducation nationale.

Euh nos solutions sont sans doute déjà utilisées euh comme on fait des modèles open source euh tout le monde peut prendre nos modèles et créer des applications dessus euh sauf qu'on ne le sait pas mais nos solutions sont en tout cas je l'espère déjà utilisées dans certains un certain nombre de classes et par un certain nombre d'enseignants. Il y a des applications très intéressantes de l'IA dans l'enseignement, notamment sur la personnalisation des exercices euh qui permettent effectivement aux professeurs euh bah de passer plus de temps avec les élèves et et moins à essayer de personnaliser les exercices. Et donc on et on a un certain nombre de partenariats euh avec les pouvoirs publics.

On a annoncé récemment un grand partenariat coradre avec la miande, donc dans le cadre du ministère de la défense, on travaille avec France travail, on travaille avec les douanes, on travaille avec la DG FIP. Donc on a beaucoup de partenariat avec les pouvoirs publics français. Peut-être une dernière question et je vais revenir un petit peu en arrière sur la question des droits d'auteur et de l'insatisfaction de plusieurs parties prenantes sur ce qui est aujourd'hui la mise en application du RIA.

On a dans les travaux de la Commission des affaires européennes parlé de la mise en place d'un tir de confiance qui pourrait être et bien à l'interface entre d'un côté les développeurs d'IA qui confirait et déclaraient non pas un résumé suffisamment détaillé des contenus qu'il a utilisé mais l'ensemble soumis à un secret pour respecter le secret des affaires mais en transparence donc pas de publicité mais en transparence et de l'autre côté être à la disposition des ayants droits pour récolter leur leur leur droits de retrait ou au contraire pourquoi pas aussi les déclarations de je suis j'autorise tous ces contenus à être à être travaillé et servir à l'entraînement. Qu'est-ce que ça pose comme défi juridique, technologique, économique ? Qu'est-ce que ça apporte aussi en terme d'opportunité ?

Est-ce que ça aiderait à pouvoir voir quelle est la valeur et la valeur concertée du point de vue des ayant droit mais aussi de ceux qui l'utilisent pour avoir le cadre d'une base pour pouvoir passer des licences, des négociations plus éclairées. Je vous remercie de souver parce que c'est effectivement une solution que ministral avait suggéré au moment des débats. Effectivement, le fait de pouvoir recourir à un/ers au sein de l'Afice ou ou d'un autre d'une autre entité nous semblait être un moyen de de réunir un petit peu les deux mondes et surtout de traiter notre problème principal qui est le problème du fait que le résumé est censé être public.

Euh il nous a été opposé euh que le texte euh prévoit expressément le fait que ce résumé doit être public. euh aux considérances en 7. Euh et donc c'est pour ça que ça a été euh rejeté.

Euh ce serait une solution qui nous semblerait effectivement euh une solution utile. Euh il me semble que ça nécessite aujourd'hui la réouverture du REA qui ne me semble pas être à l'agenda de la Commission européenne. Donc je je on le regrette évidemment.

On le regrette évidemment. Est-ce que la mise en place d'un tiers de confiance puisque effectivement le RA demande un résumé suffisamment détaillé public mais n'interdit pas forcément la création d'une terre de confiance qui aurait la garde du du secret ? Est-ce que pour vous faut vraiment réouvrir le règlement ou ça peut être via un autre ?

Il y a il y a deux points là-dessus. Le premier, c'est que la duplication des charges administratives de conformité et est quelque chose d'un peu complexe à gérer pour une entreprise comme la nôtre. Donc s'il faut enfin pour moi c'est du où s'il faut que je fasse un résumé et en plus que je mette à disposition mon ça commence à devenir une charge administrative un peu complexe.

L'autre point, c'est la question de l'hébergement des données parce que c'est on parle de volumes qui sont extrêmement importants. Où sont hébergés chez données qui payent cet hébergement ? Comment on cherche dans ces données ?

Comment on trouve dans ces données ? Je pense qu'il ne faut pas sous-estimer la complexité liée à la volumétrie et et donc effectivement les modalités pratiques. Je c'est c'est c'était notre suggestion.

Donc on on pense que effectivement ce tirers de confiance peut constituer une solution ou en tout cas une manière de réunir les problématiques de chacun. En revanche, si on devait aller dans cette voie, les les modalités concrètes et pratiques d'un tel système devrait donner lieu à à un examen approfondi parce qu'encore une fois, on parle de volumétrie extrêmement importante. Très bien.

Nous arrivons au terme de nos échanges et nous sommes très honorés d'avoir pu rencontrer, je vous le dis sincèrement et madame Calvin est sûrement d'accord avec moi, d'avoir pu rencontrer un champion français et européen de l'intelligence artificielle générative parce qu'au fond, au fur et à mesure que nous avançons dans nos dans nos auditions, dans nos réflexions, nous voyons bien que le fil rouge de tout cela, c'est la question de la souveraineté numérique. C'est un enjeu, vous l'avez dit vous-même, géopolitique, stratégique, existentiel presque pour pour nous, pour l'Europe. Et manifestement, Mistrral est très engagé dans ce dans ce domaine-là.

Vous défendez l'exception culturelle française, mais vous défendez bien au-delà de cela l'exception culturelle européenne et même extraeuropéenne puisque par exemple espagnol et est davantage parlé finalement en Amérique qu'en Espagne, enfin dire en terme de locuteur et et donc pour l'arabe aussi par exemple. Bon, toutes les langues qui ne sont pas anglo-saxonnes les mettez en avant et je pense que vous faites œuvre utile. Et vous nous avez également bien bien informé sur les l'étendue de vos savoirs et de vos et de de vos ambitions en tout cas. de tout cela, nous vous remercions très sincèrement.

Merci beaucoup.