Audition de journalistes | Violences dans le secteur culturel - 21/11/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 18 %Attaque 20 %Défensif 22 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 23:12OuverteRéponse directe
Comment les témoignages que vous avez recueillis reflètent-ils l'état des violences sexistes et sexuelles dans le secteur culturel ?
- 29:33OuverteRéponse directe
Pensez-vous que les représentations des femmes dans l'industrie (téléréalité et cinéma) ont vraiment changé ?
- 30:47OuverteRéponse directe
Que pensez-vous de la situation en France par rapport aux États-Unis concernant les violences sexistes et la culture du viol ?
- 33:27OuverteRéponse directe
La téléréalité véhicule-t-elle encore aujourd'hui des stéréotypes sexistes ?
- 37:13OuverteRéponse partielle
Monsieur Amir Chahy avait-il une question à poser ?
- 37:13OuverteRéponse partielle
Merci, vous aviez demandé la parole.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:59InvitéFait
« Les violences sexuelles, c'était le lot quotidien. Quand on arrivait à la radio et qu'on était débutante, c'était quelque chose qui était accepté. »
- 11:11InvitéFait
« On a retrouvé des tas de reportages qui sont diffusés au journal de 20h, où on voit Gérard Depardieu distribuer des mains aux fesses, tenir ses propos graveleux. »
- 11:46InvitéFait
« Il peut vous dire un très beau poème et vous dire quelque chose d'ignoble derrière. Et il en rit. Et il fait rire le public. »
- 17:54InvitéChiffre
« Selon l'ARCOM, en 2021, l'ensemble de la téléréalité d'enfermement sur une période de 10 ans, c'est 17 113 heures d'images. »
- 20:01InvitéChiffre
« En 2016, le CSA reçoit 2000 signalements pour une séquence diffusée par les anges de la téléréalité. »
- 36:43InvitéFait
« j'ai eu beaucoup de mal à parler aux techniciens, aux caméramans »
- 36:48InvitéFait
« c'est un milieu même un peu consanguin où tout le monde se connait »
- 36:53InvitéFait
« il y a quand même une loi du silence qui persiste énormément dans ces boîtes de production »
- 37:01InvitéFait
« madame Alexia Laroche-Joubert produit une série sur sa propre télé-réalité »
- 40:11InvitéFait
« nous recueillons les témoignages des femmes qui viennent relater des affaires d'agression sexuelle ou de viol »
- 40:32InvitéFait
« le je te crois ce n'est pas journalistique »
- 41:04InvitéFait
« ce qui a changé c'est que les affaires MeToo sont un peu particulières »
- 41:30InvitéFait
« les personnes qui suivent les affaires MeToo sont relativement spécialisées »
- 41:47InvitéFait
« il y a un petit groupe qui s'occupe particulièrement des affaires MeToo sur les personnages connus »
- 42:41InvitéFait
« c'est plus facile que d'avoir tout d'un coup des témoignages de vendeuses d'un hypermarché »
- 1:07:32InvitéFait
« ça peut arriver par absence de preuves ou par doute sur la véracité parce qu'on réussit pas à avoir d'autres témoignages »
- 1:08:14InvitéFait
« il y a une façon d'écouter évidemment les victimes »
- 1:08:50InvitéFait
« je suis pigiste donc je suis dans un rapport économique différent de Madame Baquet »
- 1:09:36InvitéFait
« chez Mediapart je me suis retrouvée pour appuyer vraiment les témoignages à échanger avec des amis des victimes »
- 1:10:07InvitéFait
« cette boîte noire qui est proposée à la fin de l'article où vous avez certaines pièces qui prouvent la véracité de l'enquête »
- 1:10:26InvitéFait
« je sais que certains médias ne veulent pas d'enquête sur des violences sexuelles s'il n'y a pas eu plainte »
- 1:11:00InvitéFait
« j'ai 52 ans de Radio France je suis toujours intermittente »
- 1:13:46InvitéFait
« la peur du scandale est un très bon levier »
- 1:14:30InvitéFait
« la formation l'éducation alors le CNC le fait d'ailleurs »
- 1:16:37InvitéFait
« on m'avait dit de pas approcher tel rédacteur »
Temps de parole
- Invité25 %
- Invité 223 %
- Invité 322 %
- Présentateur13 %
- Intervenant11 %
- Locuteur non identifié4 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Donc, nous poursuivons nos travaux cet après-midi en recevant des journalistes qui ont contribué à faire avancer le débat sur le sujet des violences dans le secteur de la culture. Madame Laura Adler, vous êtes journaliste, historienne et philosophe. Vous avez officié à la télévision et à la radio, notamment sur le service public et à France Culture. Et vous avez été aussi membre du jury du CNC, sur lequel peut-être on échangera aussi un peu. Madame Constance Villanova, vous êtes journaliste indépendante et l'auteur de « Vivre pour les caméras », qui montre comment la télé-réalité a banalisé, voire valorisé les violences sexistes et sexuelles.
Madame Raphaëlle Baquet, vous êtes grand reporter au Monde et êtes la co-autrice d'une affaire très française, une enquête consacrée à l'affaire Depardieu. Comme vous le savez, notre commission d'enquête cherche à faire la lumière sur les violences commises contre les mineurs, les majeurs dans le secteur du cinéma. De l'audiovisuel, du spectacle vivant notamment. Nous sommes ravis de vous accueillir dans cette commission pour recueillir le fruit de vos réflexions et investigations, notamment en ce qui concerne les mécanismes à l'œuvre dans le secteur de la culture. Je rappelle que cette audition est ouverte à la presse, qu'elle est retransmise en direct sur le site de l'Assemblée nationale.
Avant de vous laisser la parole et d'entamer nos échanges pendant environ 1h30, je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958, relative au fonctionnement des assemblées parlementaires, impose aux personnes entendues par une commission d'enquête de prêter serment, de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je vous invite donc à lever la main droite, à allumer votre micro et à dire je le jure. Merci. Merci.
Alors une petite précision, c'est que les micros ici sont faits pour apaiser les débats, donc ils ne peuvent pas s'allumer ensemble, de sorte qu'une seule personne peut parler, ce qui perturbe beaucoup le monde audiovisuel et cinématographique que nous auditionnons. Je voudrais dire en préalable, avant de vous laisser la parole, que nous allons auditionner aussi Mediapart, qui a aussi évidemment été un des acteurs importants, mais que ce sera lors d'une autre audition.
Peut-être puis-je vous laisser la parole en préambule pour nous dire un peu comment vous avez travaillé sur ces sujets, ce que vous avez vu, ce que vous avez entendu, comment vous avez travaillé, les difficultés auxquelles vous avez été confrontés, et peut-être aussi, non pas les témoignages, mais en fait ce que disaient ces témoignages de l'état de l'audiovisuel et du cinéma en matière de violences sexistes et sexuelles.
Je peux parler en tant que très vieille dame, parce que j'ai commencé très jeune dans le service public, j'ai aujourd'hui 74 ans et j'ai commencé à l'âge de 18 ans, par hasard, à travailler dans le service public, à Radio France et dans une chaîne qui s'appelle France Culture. Ce que je peux dire en préambule, c'est que les violences sexuelles, c'était le lot quotidien. Quand on arrivait à la radio et qu'on était débutante, c'était quelque chose qui était accepté. Et je dois dire à ma grande honte, mais je vous dois la vérité, que c'était accepté aussi par nous les filles.
Alors qu'au même moment, je m'éveillais au féminisme, j'étais adhérente du mouvement de libération des femmes, j'allais aux réunions tout le temps, j'allais tous les dimanches militer. Mais ces deux appellations, ces deux manières de vivre, cohabitaient à l'intérieur de moi. Et je n'étais pas la seule. Et pourquoi ? J'ai essayé de réfléchir là-dessus. Maintenant que Radio France a fait beaucoup, beaucoup de progrès, même si les progrès ne sont pas encore terminés, c'est parce que la honte nous animait et qu'il était extrêmement difficile, voire quasi impossible pour moi et aussi pour certaines de mes amis IES, de dire qu'on subissait des agressions sexuelles très souvent.
Parce que, et ça c'est bien connu dans l'argumentation qu'on entend à loisir, c'est que quand on reçoit ou quand on subit une agression en raison de son sexe, c'est parce qu'on l'a bien voulu, c'est parce qu'on l'a peut-être même, on l'a cherché. Donc on essaye de s'habiller autrement, on essaye de parler autrement, on essaye de s'effacer complètement. Nous avions développé, j'emploie le « nous » parce que je n'étais pas toute seule à l'époque, nous avions développé des tas de stratégies pour pouvoir éviter, c'était d'ailleurs très difficile de les éviter, ces violences sexuelles.
Ces violences sexuelles sont allées jusqu'au point, en tout cas en ce qui me concerne, que l'émission dans laquelle j'étais d'abord collaboratrice, puis ensuite lectrice de fiche, parce que j'ai commencé au niveau le plus bas, et évidemment au niveau le plus bas, j'ai eu le plus d'agressions, et plus je montais dans les échelons, moins j'en avais, force est de le constater, puisque je suis rentrée comme sténodactylo et je suis arrivée au statut de directrice. Au statut de directrice, j'ai subi beaucoup de violences, mais pas des violences sexuelles.
Donc ça c'est intéressant de le souligner, mais j'ai quitté la radio à la suite d'un incident où mon producteur, qui était mon patron, après avoir suivi les différentes étapes et avoir eu intronisation suprême pour lui, c'est-à-dire l'accès au micro, il a tout essayé avec moi, et y compris de me déstabiliser en direct à la radio.
Et très violemment, puisque j'avais trois minutes pour ouvrir l'antenne, et en trois minutes j'ai la tendance, pourtant même dans cette durée si contractée, j'ai toujours peur de me répéter, donc je n'écrivais pas mes papiers, mais je faisais une sorte de synthèse sur un petit bout de papier, et voyant que je n'acceptais pas ses avances persistantes et de plus en plus violentes, il a décidé de m'attaquer sur le plan professionnel, et donc il a, avec son coude, fait glisser ce papier pour me faire perdre tous mes moyens.
Et à partir de ce moment-là, je suis partie de la radio, je n'ai rien dit à personne, je suis rentrée chez moi, j'ai pleuré toute la soirée, la journée du lendemain, et j'ai décidé de quitter Radio France. Vous voyez à quel point la honte était intégrée. Maintenant, ce n'est plus le cas. Il y a eu beaucoup de violence à l'intérieur de Radio France, et notamment dans la chaîne de France Inter, dans laquelle j'ai travaillé pendant très longtemps, et dans laquelle je travaille toujours encore en ce moment, même si je n'y suis plus de manière quotidienne.
Et force est de constater que la présidence de Radio France, il y a maintenant cinq ans, à la suite de scandales répétés de producteurs ou de personnes journalistes de la rédaction, qui exerçaient leur violence sexuelle envers des filles, généralement, qui venaient d'arriver à la maison de la radio, qui n'avaient pas beaucoup de diplômes, qui n'avaient pas beaucoup d'expérience, etc., mais qui parlaient. Donc, vive le mouvement féministe, parce qu'il nous a permis une solidarité et une possibilité d'expression. Maintenant, à tous les étages, vous avez une personne qui est qualifiée pour écouter les violences sexuelles dont sont l'objet les collaboratrices.
Ça ne suffit pas, parce que le silence continue, et personnellement, j'ai encore des confidences que je vais confier en tant que médiatrice aux personnes qui, pour le moment, sont en charge de responsabilité de la part de personnes qui ne peuvent pas s'exprimer. Mais je dirais que beaucoup, beaucoup de choses ont été faites, mais que la honte qui couvre les personnes qui sont l'objet de ces violences sexuelles, elle persiste encore à l'intérieur des jeunes générations avec qui j'ai la chance de pouvoir encore beaucoup, beaucoup échanger.
Je vous remercie. Madame Baquet ?
Alors, je ne vais pas parler de mon cas personnel, parce que, comme toutes les femmes, j'ai connu les violences sexuelles, mais moi, j'ai eu une vieille journaliste qui m'a accueillie quand j'ai débuté avec ce très bon conseil que j'ai appliqué consciencieusement, qui m'a dit, à chaque fois que tu te feras emmerdée par un type, ce n'était pas tellement dans le milieu de la presse écrite, mais c'était à l'extérieur, dans le milieu politique, beaucoup. Tu leur diras, ça ferait un excellent papier dans le journal. Ce que j'ai fait consciencieusement, et je peux vous dire que c'est comme une douche froide sur les ardeurs les plus violentes. Donc, voilà.
En revanche, je reviens à votre sujet, qui est le milieu du cinéma, sur lequel j'ai enquêté. J'ai enquêté sur ces sujets dans plein d'autres milieux, et évidemment, on le sait bien, les violences sexuelles, d'ailleurs, obéissent presque toujours au même principe, qui est le pouvoir sur quelqu'un qui n'en a pas. C'est quand même d'abord ça. Dans le milieu du cinéma, ce qui frappe, c'est justement un milieu incroyablement hiérarchisé, où les rapports de pouvoir sont très visibles. Il y a les stars, les réalisateurs, et puis en dessous, les gens qui sont précaires. Il y a un nombre très important de petites mains, qui sont souvent des intermittents du spectacle.
C'est vrai que ce sont souvent, d'abord des femmes, et souvent elles, qui sont des victimes. Parce que, justement, on ne s'attaque pas à Catherine Deneuve, mais on s'attaque à des femmes qui sont des maquilleuses, des habilleuses, ou des figurantes, ou des petits rôles, et qui, évidemment, peuvent être écartées du jour au lendemain. Ce qui m'a intéressée, dans le cas de Gérard Depardieu, c'est que, évidemment, on avait face à nous, d'abord l'acteur français le plus connu à l'étranger, un acteur extraordinairement admiré, un grand acteur. Et ça compte beaucoup.
C'est-à-dire qu'il était à la fois très puissant, je parle au passé, parce qu'aujourd'hui, sa carrière est derrière lui, mais il était à la fois très puissant, sur son nom pouvaient se monter, évidemment, des films, et très admiré. Je pense que l'admiration est un élément très important. Et on a un homme qui ne s'est jamais caché. Il y a... Parce que je voyais que dans vos questions, est-ce que les équipes étaient au courant ? Mais pas seulement les équipes, la France entière. On a retrouvé des tas de reportages qui sont diffusés au journal de 20h, où on voit Gérard Depardieu distribuer des mains aux fesses, tenir ses propos graveleux.
Et je ne parle pas des récentes images diffusées par complément d'enquête. Des images qui datent des années 80, au moment où il est au fait de sa gloire. Et il peut être les deux. C'est-à-dire qu'il peut jouer la mort de Cyrano et vous faire pleurer d'émotions. Et dans la minute où la caméra est éteinte, il peut effectivement mettre sa main dans la culotte de la maquilleuse. C'est ce qu'il a fait quasi systématiquement. Ce qui est intéressant, c'est qu'effectivement, pourquoi est-ce qu'il a pu le faire ? Et je pense que l'admiration qu'il suscitait est un des éléments très importants, en plus de son pouvoir.
S'il avait été un acteur médiocre, il aurait été viré des tournages, parce que son comportement était insupportable. Mais comme tout le monde trouvait qu'il était extraordinaire, ce qu'il était, eh bien, on fermait les yeux. Or, c'est vrai qu'il a rendu complice des équipes entières, parce qu'il s'est rarement caché. Et ça, ça m'a intéressée, évidemment, comme mécanisme, parce que c'est un homme qui, au contraire, a fait de la conjugaison entre la plus grande poésie et la plus ignoble obscenité, sa marque de Fawek. Il l'a fait tout le temps. Il peut vous dire un très beau poème et vous dire quelque chose d'ignoble derrière. Et il en rit. Et il fait rire le public.
Alors, le public, c'était généralement les équipes de tournage. Mais tout le monde riait, et donc tout le monde était complice. C'est ça qui nous a frappés avec Samuel Blumenfeld quand on a enquêté. C'est que, au fond, personne ne parlait parce que tout le monde avait été complice, bon an, mal an. Personne n'avait été vraiment choqué. Tout le monde considérait qu'il était rablaisien, qu'il était tellement drôle, que c'était ça, de par Dieu, que ça allait avec son talent. Donc, ça, évidemment, ce comportement-là, je ne crois pas qu'il puisse encore exister aujourd'hui. Et d'ailleurs, même, il y a encore dix ans, toutes les grandes stars ne se comportaient pas comme ça, tout de même.
Il y a une caractéristique très spécifique à Depardieu. Il y a aussi l'effet de l'alcool, qu'on ne peut pas négliger. Il est très souvent ivre sur les tournages. Donc, ce n'est pas une excuse. C'est même souvent un facteur aggravant, mais c'est un fait. En tout cas, il est très souvent ivre sur les tournages. Donc, c'est vrai que toute une partie du cinéma a accepté ça. Pas tout le monde. Parce qu'il suffit qu'il y ait un cinéaste un peu solide, qui tient ses équipes, pour que Gérard Depardieu ne se comporte pas comme ça. Donc, avec Claude Setein, il ne s'est jamais comporté comme ça. Avec Jean-Paul Rapneau, jamais comporté comme ça.
Donc, des metteurs en scène qui tiennent leur tournage, qui tiennent les équipes, qui installent aussi une forme de respect due à tout le monde, eh bien, ça s'impose, y compris à la star. Donc, ça, c'est intéressant. C'est-à-dire que vous pouvez avoir quelqu'un qui vraiment a un comportement inadmissible, et c'est le cas de Depardieu. Il peut aussi, lui-même, se plier à l'autorité de quelqu'un qui est le metteur en scène. Et pourtant, très souvent, il peut contester, ou en tout cas doubler cette autorité par ailleurs. C'est-à-dire, dire comment il faut positionner la caméra. Dire comment un tel ou un tel doit jouer.
Donc, il peut rivaliser sur la compétence du réalisateur, mais il se plie à son autorité, en tout cas quand celui-ci en a une. Donc, ça, je pense que c'est assez visible. Mais l'extraordinairement hiérarchie du milieu explique quand même beaucoup de comportements dans le milieu. Et on le voit bien, c'est un milieu aussi, je parle en général, bien sûr, tout le monde n'est pas comme ça, mais on le voit bien, qui tient des discours très, très progressistes aux tribunes des festivals, et puis qui, par ailleurs, a des comportements qui ne le sont pas du tout lors des tournages. Donc, il y a une contradiction évidente chez beaucoup de gens du cinéma.
Et c'est vrai qu'aujourd'hui, toutes les affaires qui sortent heurtent de plein fouet des comportements qui ne paraissaient pas choquants il y a encore moins d'une dizaine d'années.
Merci, madame Constance Villanova. Allez-y, je vous en prie pour la téléréalité.
Allez-y. Donc, moi, je suis journaliste indépendante et je travaille depuis 2021 sur le sujet de la téléréalité. Pourquoi ? Parce que déjà, j'ai grandi avec. J'ai été ado dans les années 2000. Et parce que je me suis rendue compte en tant que journaliste que la téléréalité avait été un angle mort médiatique pendant 20 ans. Donc, j'imagine que vous n'êtes pas tous férus des anges de la téléréalité. Donc, je vais vous faire un petit historique pour mieux comprendre tout ça. Donc, en 2001, le Loft débarque sur M6. C'est un raz-de-marée. Les audiences sont énormes. Et la presse s'emballe de libération au cahier du cinéma en passant par le Figaro. Et puis après, plus rien.
C'est-à-dire que pendant 20 ans, plus d'articles dans les médias institutionnels, disons. Les journalistes se sont complètement écartés de ce registre. Peut-être parce qu'il était trop populaire. En tout cas, en parallèle, le phénomène grossit. Donc, sur les chaînes de la TNT, vous allez avoir, à partir des années 2010, de plus en plus de téléréalité qui visent les ados. Les boîtes de prod appellent ça des programmes after school. Donc, ils sont assez transparents. Donc, des programmes diffusés à l'heure du goûter qu'on appelle des programmes de vie collective et qui sont diffusés sur les chaînes de la téléréalité. Donc, c'est ceux-là. Enfin, c'est ceux que je regardais personnellement.
Et donc, le concept, il est simple. On a des bandes de jeunes qui vivent en communauté, qui sont filmés pas 24 heures sur 24. L'idée en deçà, c'est de quand même de voir des couples se former, de voir des grosses disputes se faire. Et à partir de 2010, un phénomène se met en place. Il y a une professionnalisation des candidats. Être candidat devient un métier. Et on est face à une industrie énorme. C'est-à-dire que tous les jours, depuis 2010, à 17h30, de 17h30 à 19h, sur la TNT, vous avez un programme de téléréalité. Selon l'ARCOM, en 2021, l'ensemble de la téléréalité d'enfermement sur une période de 10 ans, c'est 17 113 heures d'images.
Donc, des images qui ont été complètement laissées à la presse à scandale, qui n'ont pas été analysées. Même dans le milieu universitaire, c'était très difficile de proposer une thèse ou un master sur ce registre-là. En 2017, donc en pleine vague MeToo, les candidats de téléréalité ne sont pas pris en compte. Pourtant, elles ont parlé auparavant, mais elles n'ont pas été écoutées. Elles ont parlé sur leurs réseaux sociaux. Elles ont parlé auprès de blogueurs. Mais les médias ne se sont pas emparés de leurs paroles. Pourtant, elles racontent des tournages très, très, très violents.
Des climats de tournage où règne une culture du viol et où des prédateurs sont remis à l'écran parce que ce sont des candidats dits emblématiques qui fédèrent le public. Par ailleurs, la majorité des candidates, parce que je me suis surtout intéressée aux candidates, viennent de milieux très populaires. Elles ont quasi toutes vécu des violences intrafamiliales et ou sexuelles. Elles sont castées à peu près à 18 ans. Elles ont arrêté les études très tôt. Et donc, on leur fait mirouater une vie de paillettes, de l'argent facile. Et on leur propose de prendre l'ascenseur social. Et je pense qu'on en reparlera pendant les questions.
Et comme je disais, oui, le dispositif même de ces émissions, les met en danger parce que pour exister dans ces programmes face à ces candidats masculins toujours plus âgés, d'ailleurs, parce que quand on est un homme en téléréalité, on peut faire carrière jusqu'à 40 ans. Quand on est une femme, ça s'arrête à 25 ans. Il faut se mettre en couple. Donc, les femmes se forcent à faire couple pendant ces émissions. Les hommes, eux, sont des donjons éternels qui ne peuvent pas réprimer leur pulsion. Et puis, en parallèle à tout ça, ces jeunes femmes, à force de passer à l'écran, de se voir à l'image, elles vont modifier leur corps. La chirurgie esthétique, elle est partout.
Et elle mène à des dérives incroyables qui ont été particulièrement décrites dans le Parisien. Donc, il y a une banalisation auprès du public de la chirurgie. Je vais juste vous dire quelques... Enfin, il y a eu quelques faits de violence qui sont assez révélateurs pour qu'on se fasse une petite idée. En 2016, le CSA reçoit 2000 signalements pour une séquence diffusée par les anges de la téléréalité. On y voit une jeune femme qui s'appelle Aurélie Preston et un candidat, Ricardo Pinto, qui jette son matelas par la fenêtre après avoir uriné dessus, enfin, du moins, après lui avoir menacé d'uriner dessus. Et elle lui dit « Je vais te faire vivre un enfer ».
En 2021, éclate l'affaire Ilan Castronovo. C'était un candidat emblématique. Il a 13 émissions au compteur. Il est accusé par trois candidates d'agression sexuelle. Une des agressions sexuelles aurait eu lieu sur un tournage. Elles avaient déjà évoqué l'affaire des années plus tôt. Ça n'avait pas été pris en compte par les boîtes de production. Au moment même où l'affaire éclate, Ilan Castronovo, il est à la télé. Il est dans une émission qui s'appelle « Les princes de l'amour », qui est une émission de dating. On lui présente, en fait, des jeunes femmes. Donc, au moment où l'affaire éclate, ce candidat est toujours sur W9.
Et en 2022, je suis contactée par deux jeunes femmes qui ont rencontré ce candidat en boîte de nuit alors qu'il était en représentation, donc en tant que candidat. Et tous deux mois, toutes les deux, je le dis dans une enquête pour Mediapart, qui m'ont raconté les viols qu'elles ont subis pendant cette soirée en boîte de nuit. Une instruction est toujours en cours au parquet de Blois. On peut citer aussi Koh-Lanta en 2018 avec le tournage de la saison 19 qui a été interrompu parce qu'il y a eu une agression sexuelle pendant le tournage. Il y a également beaucoup de candidats mis en cause dans des faits de violences conjugales.
En décembre 2023, l'un d'entre eux, Julien Baer, a été d'ailleurs condamné à ce sujet-là pour violences sur son ex-copine qui est elle-même candidate. Et en mars 2024, donc récemment, l'influenceur et ex-candidat Adrien Laurent a été visé pour une plainte pour viol, viol au pluriel. Les faits seraient survenus en Australie. Et pourtant, il a fallu attendre 2021 pour que la presse s'empare de la question de la télé-réalité mais pas pour des questions de violences sexuelles. En fait, on s'est intéressé à la télé-réalité parce que ces candidats devenus influenceurs arnaquaient leurs abonnés. Donc vous avez déjà en entendre parler.
C'est l'affaire dite des influx voleurs qui a été portée par le rappeur Booba et à grands coups de harcèlement d'ailleurs. Et cette affaire, elle a mobilisé les députés. Elle a découlé... Elle a donné naissance à une loi, la loi du 9 juin 2023. Il a fallu que des consommateurs se sentent lésés pour que la télé-réalité soit évoquée à l'Assemblée. En revanche, que des jeunes femmes vivent des violences sexuelles pendant des tournages, ça, ça n'a pas donné lieu à un sujet. Donc voilà, en fait, ça fait 20 ans qu'on reconduit à l'écran des candidats dangereux dans une course vraiment effrénée à la séquence, à l'image.
Les boîtes de production, elles mettent en danger des jeunes femmes en leur faisant miroiter des rêves de paillettes et elles reconduisent ces candidats dangereux. Et le tout s'est fait à l'abri de toute surveillance médiatique médiatique et parentale parce que c'est des programmes qui sont diffusés quand les parents généralement travaillent. Donc pendant 20 ans, voilà, des centaines de milliers d'ados ont été exposés à un discours misogyne et à des violences qui étaient filmées et séquencées, voire parfois diffusées au zapping sans problème. Et donc je pense qu'il faut vraiment plus surveiller ce registre-là. Voilà.
Merci beaucoup. C'est un bon cadrage à toutes les trois de notre problème et enfin du moins de ce qu'on essaye de dénouer dans cette commission. Je vais commencer par donner la parole à Erwann Balanon qui est rapporteur de la commission.
Merci, madame la présidente. Le témoignage que vous faites de la télé-réalité montre un peu le paradoxe de notre société parce qu'en prenant vos trois témoignages, on a quelque chose d'assez intéressant, c'est que madame Baquet, vous nous dites à l'époque de Depardieu, tout le monde savait, ça glissait sur tout le monde parce que c'était pas si grave. On voit qu'il y a une prise de conscience dans la société, on voit que ce qui était toléré ne l'est plus et pourtant, on voit ce que madame Laura Adler dénonce, la chosification du corps des femmes, l'addiction à la chosification du corps des femmes qui est exacerbée médiatisée dans ces programmes de télé-réalité.
Donc on a là comme une espèce de nœud gorgien de quelque chose qui nous semble assez insoluble et en même temps, on voit que les choses évoluent. Alors, moi, j'aimerais bien qu'on arrive à comprendre cette injonction contradictoire médiatique entre une tension sociétale et une tension positive qui n'accepte plus ce qui était acceptable et puis la continuation à des heures de grande écoute sur des publics jeunes, fragiles, de pratiques qui sont celles d'un autre temps. On a peut-être un petit problème là d'injonction contradictoire qui nous fait tourner très vite tel le hamster dans sa cage en rond et nous permet peut-être pas d'avancer. Donc j'aimerais bien avoir une réflexion.
On n'est pas sur des questions très précises pour l'instant, mais une réflexion sur ce fait de société.
Qui veut commencer par répondre ? Madame Adelaire ?
Je crois que vous avez tout à fait raison et que c'est un des grands problèmes que nous traversons aujourd'hui. C'est-à-dire que nous avons notamment grâce et encore mille merci à MeToo plusieurs jeunes générations maintenant de filles qui ont pris conscience qu'elles étaient des sujets à part entière de notre société, que leur corps leur appartenait, que leur intimité leur appartenait, et que toute agression était absolument insupportable et que d'autre part, il y a une espèce de solidarité, de perception vitale de leur être sujet et non plus objet à l'intérieur de la société.
Et en même temps, si j'ose dire, en même temps, il y a un mouvement économico-socialo-médiaire mercantile, je ne sais pas très quel terme utiliser, comme vous l'avez dit, c'est un nœud, en tout cas, il y a quelque chose qui allie à la fois les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, les représentations imaginaires, et notre histoire des mentalités dans le rapport entre les sexes. Et de ce côté-là, il y a une choséification du corps des femmes qui est présentée comme étant une sorte de modèle structurel archaïque.
Et là, je voudrais citer une anthropologue que j'admire énormément, qui s'appelait Françoise Héritier, qui était professeure au Collège de France, qui a succédé au Claude Lévi-Strauss, qui a été beaucoup plus loin que Claude Lévi-Strauss sur sa théorie de la prohibition de l'inceste et notamment sur le rapport masculin-féminin. Elle a écrit deux gros volumes qui s'appellent Féminin-masculin 1 et 2. Et à l'intérieur de sa problématique d'anthropologue, elle dit que la différence sexuelle continue à structurer nos sociétés. Je ne parle même pas du nom Occident.
Je parle de notre société occidentale là aujourd'hui pour dire que les nouvelles technologies, la vitesse de la propagation des informations, la sexualisation des corps des jeunes filles de plus en plus tôt, le désir elle-même des jeunes filles véhiculées soit par leurs frères ou leurs petits amis ou leurs les personnes les plus proches. C'est de ressembler pour pouvoir séduire à ce qui est proposé dans ces réseaux sociaux.
Et dans ces réseaux sociaux, ce qui est présenté comme étant la panacée d'une sexualité épanouie et même conquérante, c'est-à-dire que la dialectique est à ce point vénéneuse qu'on va pouvoir faire croire à des jeunes filles qu'elles sont maîtresses de leur sort et de leur image en disant qu'elles veulent être comme ça, c'est la bimbo girl, c'est la fille impubère, c'est celle qui a une taille de guêpe, qui a des grosses fesses, qui a une grosse poitrine, etc. et qui ressemble très étrangement au modèle les plus archaïques des déesses de la fertilité dont nous parlait François Zéritier.
Donc il y a une conjonction, un nœud pour reprendre votre expression qui est extrêmement compliquée à dénouer mais en tout cas je ne vois pas comment il pourrait être dénoué autrement que par l'augmentation de la prise de conscience des jeunes filles, d'une éducation de plus en plus en amont y compris à l'école primaire et peut-être même à l'école maternelle et que cette prise de conscience passe évidemment par une émancipation et une certitude que les filles sont des sujets à part entière de notre société.
Merci. Alors Madame Baquet peut-être ma question va s'adresser en priorité à vous. Moi j'ai été très frappée, j'ai revu les valseuses il n'y a pas si longtemps que ça et je suis très frappée de l'image que cela donne de la culture du viol mais alors vraiment et donc en cela c'est au-delà du plateau de tournage qu'il a rendu complice de son comportement les personnes c'est la société dans son ensemble puisque finalement il a été valorisé dans un rôle dans lequel il était en tous les cas border à tout le moins avec les violences sexuelles.
Moi j'ai aussi été très frappée puisque je suis tombée encore par hasard sur un éléphant ça trompe énormément ou pareil et alors que ça n'était pas Depardieu c'était Rochefort pour le coup pareil dès qu'une femme passait il y avait cette idée qu'elle était à disposition et qu'on pouvait s'en servir comme tout.
Donc ça c'est ma première question c'est pensez-vous que les représentations des femmes aujourd'hui dans l'industrie alors à la fois de télé-réalité mais aussi de cinéma a véritablement changé c'est-à-dire est-ce qu'on a changé là-dessus et l'autre question que je me pose c'est je trouve que nous ne parlons pas suffisamment dans cette commission de l'affaire Johnny Depp Amber Heard qui a quand même été un moment extrêmement important de la fabrication d'un réseau masculin masculiniste et qui a j'avais lu ça était même un préalable à l'apparition du masculinisme politique qui se révèle aujourd'hui dans l'élection de Trump et donc la question que j'ai envie de vous poser qui est aussi une question large c'est que pensez-vous de la situation en France par rapport à la situation aux Etats-Unis et dans l'image autant que dans les comportements y a-t-il quelque chose qui est en train de changer ?
Moi je suis pas ultra optimiste à vrai dire mais je suis assez d'accord avec Laure on le voit bien dans nos reportages mais vous devez le voir dans vos circonscriptions il y a une catégorie de jeunes filles qui a complètement intégré l'égalité l'émancipation MeToo et oui ce sont nos enfants et puis et puis il y a les autres dans d'autres milieux sociaux ce n'est pas du tout la même chose donc on le voit bien et ce que nous voyons sur les réseaux sociaux ou dans des émissions de télé-réalité n'est que la représentation exacerbée et évidemment très spectaculaire mais de ce qui existe partout ailleurs donc donc ça c'est vrai MeToo n'est pas et à la fois une immense révolution dont on se félicite bien sûr mais elle ne s'est pas installée dans toutes les strates de la société non pas encore donc ça c'est ça me paraît assez évident et j'imagine que vous le voyez vous-même
ce n'est pas qu'une question de strates sociales parce que tout le mouvement des des trades wives enfin des femmes traditionnelles je ne sais pas comment on peut le dire en français traverse les classes sociales c'est-à-dire ce n'est pas qu'une question de c'est c'est une question de politisation d'un sujet quoi en fait non mais
bien sûr vous avez tout à fait raison mais on a voulu croire qu'il y avait une question de génération c'est-à-dire que les jeunes filles qui d'un coup étaient beaucoup plus ça y est elles s'affirmaient beaucoup plus beaucoup plus fortes face aux jeunes hommes aux jeunes hommes qui eux-mêmes avaient changé mais ce n'est pas du tout une question de génération donc je pense que c'est souvent une question sociale parce que c'est une question de pouvoir encore une fois bien sûr donc donc c'est ça qui est très frappant et dans les reportages en tout cas c'est très évident
Madame Villanova peut-être sur la télé-réalité est-ce qu'elle véhicule aujourd'hui encore ?
En fait il y a deux sortes de télé-réalité aujourd'hui d'un côté vous avez ce qui est fait par TF1 et en deux molles la Star Academy et Secret Story donc des retours d'émissions dites emblématiques qui sont diffusées tous les jours donc un retour à la télé-réalité d'enfermement et en deux molles qui étaient aux manettes du loft je le rappelle a pris le contre-pied total de ce qu'il faisait avant donc les candidats doivent signer une charte avant de participer le casting est complètement différent il est beaucoup plus inclusif on a des personnes racisées ce qui n'était pas le cas en télé-réalité en général la culture du clash parce que c'est un des motifs qui revient tout le temps dans ces émissions le clash est interdit il y a un entretien avec un psychiatre un psychologue et un médecin en amont ce qui n'est pas fait sachant que dans la télé-réalité qu'on voit sur la TNT il y a un entretien avec un psy mais ce psy est payé par la boîte de production et l'entretien dure très peu de temps et c'est pas dans l'intérêt du psy de dire à la boîte de production que tel ou tel candidat est fragile et ça se voit parce que c'est assez amusant il y a une séquence qui circule beaucoup sur les réseaux depuis hier de la Star Academy où on voit trois jeunes filles qui imitent le mascu toxique et qui se mettent en scène et donc on voit que voilà ça c'est une télé-réalité peut-être plus inclusive et qui reflète peut-être une génération une partie d'une génération et de l'autre côté il y a Frenchy Shore qui est une émission de télé-réalité ultra trash qui est produite par A Production donc qui était aux manettes des anges alors c'est une télé-réalité qui est moins de 18 ans qui est diffusée sur MTV et Paramount Plus et où les candidates qui sont présentées comme consentantes et ayant une sexualité heureuse qui change passent leur temps à pratiquer des fellations sur d'autres candidats donc on est excusez-moi on est vraiment sur deux pôles complètement opposés et de l'autre côté il y a une nouvelle télé-réalité qui arrive là sur W9 en décembre qui s'appelle The Cerveau et qui là capitalise sur le mépris de classe l'idée c'est de faire des tests de culture générale de faire passer des tests de culture générale à des candidats emblématiques de ce milieu là et la bande-annonce le trailer de cette émission là reprend toutes les fautes de français qu'ont fait les candidats donc ça ça commence le 5 décembre sur W9 donc en fait la télé-réalité elle se renouvelle en permanence elle est peut-être moins sexiste qu'auparavant pourquoi ?
parce que les médias s'en sont enfin emparés c'était un far west absolu et comme je dis c'était un angle mort donc vraiment il y a des séquences qu'on revoit aujourd'hui mais hallucinantes où des candidats décrivent à l'écran des je pense aux ch'tis par exemple il y a une candidate qui explique qu'un candidat est venu se frotter à elle je cite pendant la nuit aucun média ça n'en paraît ça on était en 2011 là maintenant ils sont surveillés donc ils font un peu plus attention en revanche c'est un milieu tellement opaque moi même j'ai eu beaucoup de mal à parler aux techniciens aux caméramans voilà c'est un milieu même un peu consanguin où tout le monde se connait où personne n'ose parler donc ils sont surveillés mais il y a quand même une loi du silence qui persiste énormément dans ces boîtes de production là et chez ces géants comme Banidjel donc c'est pour ça que c'est amusant de voir que madame Alexia Laroche-Joubert produit une série sur sa propre télé-réalité alors que pas mal de ces productions ont été visées par des enquêtes justement au sujet de violences sexistes et sexuelles
merci il y avait monsieur Amir Chahy qui avait demandé la parole et après monsieur Balanon
merci bonjour mesdames j'avais deux questions deux questions et demie en tant que journaliste si si on essaye d'avoir un peu de de recul je ne sais pas mais sur ce qui a été MeToo c'est aussi un changement de philosophie une révolution comme on l'a appelé qui dans la pratique journalistique a sans doute eu des effets puisque c'est aussi une philosophie ou une éthique du témoignage qui a changé complètement et en tout cas elle m'a semblé du fait de la libération de la parole et donc le recueil de témoignages ont sans doute réinterrogé la profession la façon dont la parole était recueillie la façon dont elle a été rendue publique et restituée est-ce que vous avez sur ce changement de pratique des réflexions déjà sur ce que MeToo a fait bouger dans les pratiques professionnelles sur l'ontologie du métier en fait d'une certaine façon question liée dans les rédactions en plus il y a des supports très différents c'est des cultures journalistiques qui sont différentes aussi selon ce support est-ce qu'on sent depuis un plus grand intérêt non pas seulement la restitution de la parole mais à l'enquête approfondie dans des milieux encore inexplorés au-delà de celui qui nous concerne aujourd'hui c'est-à-dire le milieu du cinéma de la mode etc.
et enfin autre question c'est sans rentrer dans le débat sur la séparation de l'oeuvre et de l'homme ou sur les cultures de l'effacement une question qui est plus liée au rapport aux hommes illustres qui sont illustres aussi sans doute par leur talent etc.
mais parce qu'on en parle que la critique journalistique en particulier spécialisée souvent en font état de quelle façon le regard y compris contemporain c'est-à-dire immédiat sur des hommes illustres du moment change dans le travail journalistique et dans l'approche qui est celle en général pas géographique mais qui ne se centre que sur la le versant artistique et créatif de la personne dont on parle et de quelle façon maintenant ça reformule les questionnements journalistiques avant y compris de traiter une oeuvre
Merci monsieur Balanon Allez-y répondez parce que je suis en train de préparer la question Allez-y répond
Alors je peux vous répondre parce que c'est un grand sujet de débat au monde évidemment sur les témoignages alors nous ne prenons pas quel que soit le sujet un témoignage pour argent comptant jamais Donc nous recueillons les témoignages des femmes qui viennent relater des affaires d'agression sexuelle ou de viol mais systématiquement on les recoupe avec est-ce qu'elles en ont parlé à d'autres est-ce qu'il y a d'autres témoignages semblables évidemment on interroge aussi la personne mise en cause donc comme je sais que c'est un débat et que c'est un sujet de discussion que j'ai eu notamment avec Caroline Fourest le je te crois ce n'est pas journalistique donc je comprends très bien je comprends très bien le slogan militant bien sûr mais ce n'est pas journalistique donc quel que soit le sujet que ce soit MeToo auquel le monde adhère ou que ce soit n'importe quel autre sujet il n'y a pas de je te crois donc nous recueillons évidemment les témoignages et nous les recoupons nous les mettons en relief et nous interrogeons les personnes mises en cause donc nous n'avons pas changé les choses ce qui a changé c'est que les affaires MeToo sont un peu particulières mais à vrai dire pour avoir couvert je dis ça sans les gros faits d'hiver aussi c'est difficile donc quand vous avez des personnes traumatisées blessées quand elles ont été agressées ou qu'elles ont perdu quelqu'un c'est très difficile de manier ces témoignages et il faut avoir un peu de connaissance en la matière donc c'est pour ça qu'au journal en revanche en l'occurrence les personnes qui suivent les affaires MeToo sont relativement spécialisées de fait depuis quelques années sur les affaires MeToo on a un groupe alors après ça peut changer mais il y a un petit groupe qui s'occupe particulièrement des affaires MeToo sur les personnages connus c'est aussi une des questions pour les journalistes car est-ce qu'on ne s'intéresse qu'aux personnages connus ou est-ce qu'on s'intéresse aux autres et évidemment c'est une question que nous avons nous aussi parce qu'on le voit bien les affaires qui ont été les plus emblématiques touchent des personnalités connues donc c'est un problème parce que ça ne reflète pas forcément tout ce qui se passe dans la société donc et ce n'est pas parce que ça touche un grand acteur que tout le cinéma est comme ça et ce n'est pas parce que c'est le cinéma que ça ne se passe pas dans d'autres milieux donc évidemment que c'est un sujet pour nous je dois dire que les affaires MeToo ont plus facilement si je puis dire explosé dans des milieux dont les personnalités étaient connues encore que je suis obligée de reconnaître que souvent c'est parce qu'ils arrivent en fin de carrière que les langues se délient je le regrette mais c'est comme ça c'est vrai que c'est plus facile que d'avoir tout d'un coup des témoignages de vendeuses d'un hypermarché qui raconterait ce qui se passe avec le directeur de l'hypermarché là c'est beaucoup plus difficile évidemment les femmes sont beaucoup moins libres de leur parole elles y risquent beaucoup plus souvent en tout cas elles y risquent beaucoup donc c'est une question que nous avons toujours à l'esprit et malheureusement je dois dire que pour l'heure on n'a pas réussi à faire des vrais on fait de temps en temps très ponctuellement mais on n'a pas réussi à faire ce que nous ce que nous faisons dans le milieu du cinéma par exemple à faire dans d'autres milieux moins exposés médiatiquement donc ça c'est vrai et votre dernière question était sur oui le fait de de ne plus regarder de c'est ça
est-ce que la critique était maintenant forcément imprégnée de ce de ce presque prérequis de devoir vérifier ou en tout cas de s'interroger sur ou pas du tout on essayait de de quelle façon ça avait impacté votre votre le journalisme tout simplement et le journalisme critique en particulier alors
je dois à l'honnêteté de dire que les services culture n'ont pas du tout fait ces enquêtes c'est ceux des enquêtes qui sont qui sont faites par les enquêteurs par les les services d'investigation ou les services société alors c'est pas lié forcément à le souci de protéger des sources c'est plutôt que les critiques font de la critique et ils font assez peu d'enquêtes je le regrette personnellement et d'ailleurs le journal le regrette on voudrait qu'il y ait beaucoup plus d'enquêtes sur le milieu culture sans que ce soit forcément des enquêtes mitou mais des enquêtes tout court donc ça c'est c'est plutôt une espèce de tradition journalistique qui fait que effectivement dans le service culture souvent les gens font de la critique littéraire cinématographique théâtrale et ils font très peu d'enquêtes c'est dommage c'est vraiment dommage et je pense que on essaye de former d'ailleurs une nouvelle génération qui sera capable de faire les deux et très souvent quand on a enquêté dans le alors je fais quand même une exception parce que moi j'ai fait un livre sur Depardieu avec un critique cinématographique Samuel Blumenfeld qui est critique mais justement il n'est pas seulement critique c'est un enquêteur et depuis toujours il a fait des enquêtes il faisait des enquêtes pas sur MeToo mais il faisait des enquêtes sur les grands cinéastes donc il avait l'habitude d'enquêter mais je dois dire qu'il était un peu le seul de son profil mais je pense que ça ça va changer dans les dans les rédactions je pense que les rédactions ont compris que il faut pouvoir enquêter sur tous les sujets y compris la culture
je vous avoue qu'il y a une différence quand même entre ce qu'on entend et ce qu'on lit en fait sur le domaine de la culture c'est-à-dire qu'il y a encore à explorer je pense pour des journalistes d'investigation mais je suis certaine que vous le faites monsieur Balanon
sur les critiques avant de poser mes questions j'ai relu quelques critiques d'une autre époque sur certains films qui aujourd'hui sont fortement critiqués ça pose question sur les époques la critique d'une fille de 15 ans c'est terrible la critique de votre journal le monde voilà c'est terrible et sur la critique on voit bien que en particulier sur les cahiers du cinéma qui étaient la critique ultime l'entre-soi enfin certains étaient en même temps réalisateurs en même temps critiques avec voilà d'ailleurs on aimerait bien peut-être approfondir un peu ce sujet sur les questions que j'ai moi j'ai une première question sur parce que ce que vous venez de nous dire madame Villanova sur ce nouveau programme à venir assez terrifiant qui m'a l'air d'être la petite boutique des horreurs je voulais savoir le contrôle a priori et a posteriori qu'a l'ARCOM sur ces sujets sachant que de ce que vous venez de me dire quand même j'ai l'impression qu'on va être dans un programme avec un caractère discriminant les discriminations sont sanctionnées et je crois que l'ARCOM a un droit de regard sur les discriminations vous faites signe que non donc voilà cette question puis j'en ai d'autres après tout de suite après importantes je crois
c'est bon déjà je dois vous avouer que c'est la deuxième saison et que j'avais vu les deux premiers épisodes de la saison 1 et qu'à l'époque je regrette j'ai mis un thé dans Telerama à ce programme parce que dans les deux premiers épisodes pour une fois on voit des jeunes femmes qui ont une sexualité épanouie et assumée sauf que très vite au bout de l'épisode 3 on voit que tout part en cacahuète excusez-moi l'expression donc c'est la deuxième saison ah The Cerveau très bien je pensais que vous parliez de Frenchy Shore parce que Frenchy Shore on ne peut rien faire parce que c'est Paramount et MTV et que c'est je pense qu'il n'y aura rien à faire parce que je vois pas comment c'est discriminant et en même temps ils ont pris des candidats masculins donc c'est pas c'est pas uniquement sexiste c'est classiste en fait ce programme et je ne sais pas comment ça va comment ça peut être contrôlé et comment ça peut être remis en cause en toute sincérité d'autant que les participants ont de la bouteille c'est des candidats qui ont fait ça depuis 10 ans et qui du coup je pense eux-mêmes ont envie d'exploiter ce filon et ont assez d'humour pour jouer par exemple au niveau des jeunes femmes les ravissantes idiotes donc j'ai hâte de voir ce qui peut être fait mais pour l'instant je ne vois pas ce qui peut être fait en termes de contrôle
sur l'ARCOM juste pardon un complément mais les standards de l'ARCOM en matière de discrimination ont l'air quand même d'être assez lâches je témoigne pour le coup de quelque chose qui me concerne mais qui on m'avait traité de Greta Thunberg ménopausée et où j'avais reçu la réponse de l'ARCOM me disant que ça n'était pas sexiste ce qui quand même pose un sujet sur quels sont les critères au nom desquels ils estiment la discrimination parce qu'il y a vraiment un sujet là-dessus mais nous les recevrons et évidemment nous leur poserons la question
compréhension sur cette non-condamnation dans les 24 critères de discrimination il y en a au moins 3 qui correspondaient à ce que vous venez de dire le sexe peut-être que ménopausée n'était pas le sexe l'état de santé et l'âge voilà bon c'est les 24 critères définis par la loi sur la discrimination moi je voulais revenir sur sur cette culture qui est parfois de l'omerta tout le monde sait et puis parfois personne n'a su et vous avez décrit un type de schéma qui est le schéma habituel de quelqu'un qui a vous l'avez dit avec ces termes qui est puissant et admiré et je veux faire le lien avec une autre personne qui était puissante et admirée dans le monde de la télévision où pour le coup tout le monde semble tomber des nus et semble dire que rien ne se savait alors moi j'ai juste une question pourquoi on le savait tous même nous c'est vrai parce que quand on voit les valseuses on savait que c'était enfin on savait sauf qu'on ne voyait pas mais comment c'est possible pour Depardieu d'un côté et PPDA de l'autre comment c'est possible que tout le monde savait pour Depardieu en n'ayant rien dit même effet même cause personne n'a rien dit parce que sur PPDA parce que visiblement personne ne savait de ce qu'on nous dit vous voyez ce que je veux dire c'est quand même il y a un double il y a quelque chose qui me paraît assez étonnant là sur ces deux comparaisons
tout le monde savait ça veut rien dire moi je me fie toujours de ce mot là parce que enfin de cette expression parce que tout le monde voyait le comportement de Depardieu tout le monde ne mettait pas les bons mots sur le comportement de Depardieu c'était ça le problème c'est à dire que tout le monde voyait que Depardieu mettait la main aux fesses hommes et femmes confondus mettait les mains dans la culotte mais personne n'appelait ça agression sexuelle c'est ça le problème c'est que à partir du moment où ce n'est pas formulé où tout le monde rit ou lui-même rit parfois la victime rit parce qu'elle est prise de court parce qu'elle est parce qu'elle voilà donc personne ne met le mot agression donc les gens savent sans savoir si vous voulez tout le monde savait ça ne veut pas dire grand chose et pour Poivre d'Arvor je ne suis pas dans le milieu de la télévision mais j'ai enquêté sur Poivre d'Arvor j'ai bien vu aussi ce qui tout le monde voyait la jeune femme appelée dans le bureau de Poivre d'Arvor et traversait toute la rédaction tout le monde se regardait d'un air entendu mais personne ne savait ce qui se passait dans le bureau les gens sous-entendaient on pensait que on pensait quoi il y avait mille choses qui étaient dites elle voulait coucher pour réussir il allait la draguer jamais les mots d'agression ne sont dits c'est ça le problème c'est à dire que vous avez des quantités d'euphémisation de ce qui se passe donc les gens ne savent pas vraiment en tout cas ce n'est jamais dit et pour Poivre pour Poivre d'Arvor puisque j'ai fait l'enquête aussi après c'était il passait pour un dragueur et on faisait pas la différence entre le mec qui faisait le joli coeur devant une femme et le type qui sautait sur la jeune stagiaire dans son bureau sans que ça soit vu par personne quand même donc c'est ça le tout le monde savait il est en fait assez faux quand vous penchez vraiment sur les cas très concrets en tout cas je le vois bien c'est souvent comme ça dans les dans les Camitou mais même dans d'autres cas le tout le monde savait ça ne veut pas dire grand chose moi je me méfie toujours
Madame Adler
j'ai ajouté quelque chose en tant qu'historienne historienne des mentalités c'est que quand Raphaël dit tout le monde savait ça ne veut pas dire grand chose tout le monde ne comprenait pas on est dans un bain de société avec des représentations sociales psychiques des définitions amoureuses qui sont véhiculées à notre insu et pour reprendre l'histoire de Depardieu quand il était plus jeune tout le monde savait qui draguait les filles il le faisait au vu et au su de tout le monde mais tout le monde y compris les filles y compris moi on se marrait parce qu'on voyait qu'il était complètement saoul au festival de Cannes et on savait dans quel restaurant il allait terminer la nuit mais ça nous faisait rigoler on ne comprenait même pas ce qui était en train de se passer donc moi je ne voudrais pas exonérer notre responsabilité ma responsabilité et aussi la nôtre de quelque chose qui se passait qui dégradait le statut de la femme mais auquel sans enthousiasme mais sans volonté intérieure de lucidité nous adhérions consciemment semi-consciemment voire même inconsciemment
Et pensez-vous que là maintenant on n'y adhère plus ?
En ce qui me concerne oui et la génération de mes enfants aussi mais je voudrais rejoindre et prolonger ce qu'a dit Raphaël tout à l'heure qui me paraît très important quand elle a dit nos enfants oui nos classes sociales oui mais pour les autres pour les autres c'est ça le vrai problème
Oui je ne suis pas sûre que ça soit les classes sociales je pense que l'éducation
est la seule possibilité d'atteindre tout le monde en tout cas
Non non attendez parce que là il y a embouteillage
Il y a beaucoup de questions Non mais juste une remarque c'est un effet que je n'ai pas d'éléments chiffrés qui me permettent d'étayer ce que je dis là simplement comme on sait que dans les violences conjugales il n'y a pas forcément de distinction entre les classes sociales par peut-être prolongement de la pensée peut-être rapide je me suis dit que dans les VSS c'était pareil
Monsieur Balanant et Madame Melchior
Oui ça va enfin sujet que vous avez sur lequel vous avez une réflexion Madame Le Radler et que je trouve intéressante et qui est un sujet qui est un sujet qui dépasse la question du cinéma mais qui peut nous permettre peut-être d'avancer c'est la question du consentement et sur ce sujet on a des réflexions de législateurs sur est-ce qu'il faut élargir la définition du viol au consentement comment on le fait c'est un sujet en tout cas sur lequel avec d'autres collègues on a travaillé depuis un moment et sur lequel on va devoir être amené à travailler et moi je voulais avoir votre avis là-dessus d'ailleurs à toutes les trois parce que vous êtes toutes les trois avec des parcours et des vies différentes mais j'aimerais bien avoir cette idée sachant que vous dites je vais vous citer parce que j'ai lu ce que vous avez écrit et que j'ai trouvé assez intéressant alors attendez pour que ça soit pas trop long je vais prendre à ce niveau là oui c'est oui non c'est non oui mais le non est plus difficile à prononcer que le oui et ce oui ne signifie pas forcément un assentiment une adhésion l'expression d'un désir la réciprocité du désir la volonté de continuer l'échange on ne peut pas on ne peut on ne peut donc se réfugier dans cette notion de consentement adopté dans la plupart des pays européens pour définir le fait que le viol est un axe sexuel auquel la victime n'a pas consenti et en contrepoint vous proposiez de lutter contre l'inégalité entre les deux sexes qui se perpétue alors qu'elle devrait être posée comme cause principale des violences c'est un résumé évidemment plus long le combat pour l'égalité et pour la reconnaissance du consentement ne peuvent-ils être menés simultanément alors qu'un nombre croissant de militantes des droits des femmes demande l'inscription de la notion de consentement alors c'est très partagé d'ailleurs chez les militantes persistez-vous dans cette analyse ou votre point de vue a-t-il évolué et je veux bien avoir le sujet du consentement vos trois témoignages sur ces sujets qui sont évidemment je pense pour chacun et chacune d'entre nous des sentiments en cours de construction parce que c'est un sujet très difficile surtout quand on veut réécrire la loi sur cette question-là
Madame Melchior d'abord pardon si ça vous embête pas Madame Melchior si vous pouviez oui c'est pas forcément
son même sujet merci de votre présence oui moi il se trouve que j'ai travaillé sur le MeToo des armées et donc c'est grâce et je voulais rendre grâce aux médias parce que c'est vrai qu'en tant que parlementaire on a été plusieurs à toquer à la porte du ministère des armées à dire on a des retours et en fait c'est la c'est la puissance médiatique en fait la présence dans les médias qui a fait qu'on a pu déclencher une mission donnée par le du ministre des armées et qui a abouti qui a été très bien menée avec des préconisations qui sont en place et qu'on continue à suivre et je voulais savoir au niveau justement de la presse ou de la radio ou d'autres médias comment vous allez parce que vous êtes emparé des sujets il y a eu des articles dans Le Monde dans Paris Match et c'était partie du même livre est-ce que vous allez continuer à investiguer à suivre ces sujets parce que je pense qu'on a besoin aussi que les victimes soient accompagnées dans le sens où elles puissent voir aussi que quelque chose bouge et puis nous on s'aperçoit qu'en tant que parlementaires même s'il y a des enquêtes des missions forcément ça ne les atteint pas forcément elles ne savent pas forcément ce qui est arrivé après leur témoignage
Merci qui souhaite répondre à ces deux questions ?
Alors très rapidement d'abord c'est une affaire très compliquée intellectuellement psychiquement amoureusement j'ai eu la chance de faire de la philosophie et de travailler sur cette notion de consentement sans revenir à Montaigne et à la Boétie au consentement volontaire à la servitude volontaire etc.
Je voudrais souligner qu'un travail remarquable d'une philosophe qui s'appelle Jeune Giffres avait été publié il y a une bonne quinzaine d'années sur cette notion de consentement où elle essayait d'articuler une réflexion philosophique qui ne passait pas forcément par la différence sexuelle qui passait par la notion de soumission par la notion d'apparente soumission et qui se déployait aussi dans une perception d'un féminisme conquérant dont elle fait partie Aujourd'hui le consentement est très discuté et vous le savez mieux que quiconque par les différentes législations européennes mon enquête a porté sur beaucoup de femmes avec qui j'ai parlé de différentes générations de cette notion consentement des jeunes femmes des femmes d'une quarantaine d'années des femmes assez âgées et c'est très intéressant d'entendre ce qui d'ailleurs est assez difficile que cette notion de consentement ne revêt pas la même signification selon la génération des femmes plus on est âgé plus cette notion de consentement paraît quelque chose presque de superfétatoire quelque chose qui fait partie d'une domination sexuelle qui a été vécue je parle des très vieilles dames qui en parlent comme ça qui elles se sont mariées elles ont vécu cette absence de consentement pendant très longtemps elles n'ont jamais compris que c'était une absence de consentement et aujourd'hui elles se réveillent en se disant mais qu'est-ce que j'ai fait de ma vie de ma vie sexuelle de mon indépendance sexuelle de ma sexualité qui aurait pu s'accomplir etc.
quand on arrive à des jeunes générations beaucoup plus averties et des jeunes filles beaucoup plus militantes on arrive à une notion de problématique à l'inverse c'est-à-dire est-ce que là je consens ? est-ce que quand ils me caressent le dos à 6h du matin et que je ne suis pas encore réveillée est-ce que là je consens ? quelles sont les épreuves limites de ce consentement ?
et après de nombreuses discussions avec pas mal de jeunes filles encore une fois je m'en excuse c'est un travail subjectif ce n'est pas un travail scientifique mais je pense qu'il y a beaucoup de gens qui travaillent scientifiquement et après aussi avoir parlé avec beaucoup d'avocates dont deux d'entre elles ont des positions d'ailleurs assez proches l'une s'appelle Laure Hennich et l'autre s'appelle Marie Dosé la judiciarisation du rapport amoureux dans l'esprit le corps et le coeur et la franchise de ces jeunes filles qui ont peur d'être dans l'amour et en même temps de ne pas être dans le consentement est une vraie question à laquelle je ne sais pas répondre en tout cas il y a quelque chose qui forme une grille du rapport amoureux est-ce que c'est bien parce que ça permet de protéger les jeunes filles de tout abus ou alors est-ce que c'est tellement prenant que ça empêche la possibilité du rapport de l'égalité femmes-hommes dans le rapport amoureux c'est une question c'est une question à laquelle je ne sais pas répondre mais que je trouve importante pour notre société aujourd'hui et pour ces jeunes femmes
permettez juste que je pose ici les mots que m'a dit hier Elsa Faucillon ma collègue qui je rend hommage aujourd'hui qui dit mais en fait on ne consent pas à un rapport sexuel on est d'accord on a envie d'un rapport sexuel mais on ne consent pas le terme même de consentir est en soi un sujet un sujet de questionnement philosophique pour les relations aujourd'hui mais enfin je vous propose de ne pas entrer là-dedans moi j'avais une question complémentaire qui est avez-vous vu des affaires qui avaient fait l'objet de débuts d'enquête et qui ne sont pas sorties et si oui pourquoi qu'est-ce qui aujourd'hui est un obstacle à l'enquête journalistique dans le mouvement MeToo je vais le dire comme ça et puis on se heurte évidemment beaucoup à la question de l'entre-soi des réseaux de loyauté et ça je voulais vous interroger Madame Adelaire puisque vous avez été au CNC et dans les jurys du CNC et en fait là se noue quelque chose de très important puisque c'est la subvention et particulièrement pour les premiers films etc avez-vous été témoin de ces loyautés est-ce que vous les avez senties est-ce que vous au contraire vous avez senti une vigilance particulière pour qu'elle n'ait pas lieu etc là-dessus je pense que sur les enquêtes qu'est-ce qui empêche la manifestation de la vérité d'une certaine manière et puis la deuxième chose sur le CNC
alors sur les enquêtes je vais laisser Raphaël poursuivre et dire ce qu'elle fait tous les jours sur la présidence du CNC pour la commission à laquelle j'ai eu la chance parce que ça a été une très grande chance d'appartenir puisque c'était les premiers films nous avions un jury et nous délibérions le président peut imposer sa propre loi et moi j'avais imposé la transparence la main levée les débats publics etc j'ai vu au cours des 4 années de présidence une ou deux tentatives d'entre-soi au plus haut niveau qui ont été balayées par la majorité des membres de la commission c'est quand même maintenant que le temps a un peu passé je dirais que c'est quand même c'est quand même une épreuve cette histoire de commission parce que vous avez beaucoup de gens qui veulent faire des premiers films qui sont soumis à des à des pressions et à des nécessités à des obligations de faire un premier jet qui est lu par la commission un deuxième jet qui répond aux demandes de la commission un troisième un quatrième un cinquième ou un sixième généralement c'est au sixième ou au septième que la commission reçoit personnellement les candidates et les candidats et puisqu'il n'y a toujours pas de nouveau président du CNC d'ailleurs je n'en comprends pas les raisons pourtant il y a beaucoup de candidates mais je pense qu'effectivement le changement de président du CNC devrait permettre une possibilité moins sexualisée si j'ose dire de mise à l'épreuve des candidates et des candidats parce que vous y allez avec votre corps avec votre apparence avec votre votre parole mais qui dit que parce que vous êtes que vous n'avez pas les mots pour le dire que vous êtes extrêmement timide que c'est super intimidant de voir tous ces 11 ou 12 personnes de la commission qui dit qu'on n'est pas en train de rater quelqu'un parce que justement cette personne est très maladroite il y a un côté visuel sexuel presque qui peut être à mon avis est à est à discuter en tout cas à l'intérieur de la commission
merci madame baquet vous vouliez sur les
oui est-ce qu'on abandonne des enquêtes ça arrive pas tant que ça à vrai dire mais oui ça peut arriver par absence de preuves ou par doute sur la véracité parce qu'on réussit pas à avoir d'autres témoignages oui ça peut arriver mais pas seulement dans les affaires MeToo dans toutes les affaires on reçoit aussi des gens qui arrivent avec des gros dossiers obsessionnels et puis qui bon sont pas très convaincants donc on vérifie enfin c'est vraiment la vérification habituelle de toutes les enquêtes encore une fois on ne on n'a pas une méthodologie d'enquête différente sur MeToo et sur les autres il y a une façon d'écouter évidemment les victimes mais quelqu'un dont l'enfant a été assassiné vous savez vous l'écoutez avec la même l'essai de délicatesse et d'empathie que quelqu'un qui a été victime d'un agresseur sexuel donc on fait très attention à ça de façon générale donc je peux pas dire qu'il y a eu beaucoup d'enquêtes qui a été vraiment abandonnées mais quand il y en a c'est essentiellement pour cette raison là
Villanova vous voulez peut-être compléter
oui moi j'ai commencé à travailler en tant que journaliste en 2018 donc juste après MeToo et donc je suis pigiste donc je suis dans un rapport économique différent de Madame Baquet dans le sens où il faut que moi je vends des sujets et quand ils se font pas ils se font pas et je ne suis pas payée donc moi ça m'est arrivé de me lancer dans des enquêtes qui n'ont pas qui n'ont pas abouti mais je voulais revenir sur votre question monsieur précédente j'ai travaillé avec Mediapart donc vous allez recevoir sur justement un candidat de télé-réalité je pense que de plus en plus et dans la majorité des rédactions il y a des telles critiques qui sont faites sur la justice médiatique qu'on se doit d'être encore plus implacable qu'avant et chez Mediapart je me suis retrouvée pour appuyer vraiment les témoignages à échanger avec des amis des victimes à demander des captures d'écran de texto enfin voilà c'était une enquête harassante aussi parce que on fait notre travail mais ça nous touche aussi beaucoup mais voilà j'ai vraiment l'impression que même si c'était le cas avant et j'en doute pas particulièrement sur les affaires MeToo et particulièrement chez Mediapart il y a cette volonté d'être d'autant plus implacable avec par exemple cette boîte noire qui est proposée à la fin de l'article où vous avez certaines pièces qui prouvent la véracité de l'enquête et moi si j'ai dû abandonner certaines enquêtes MeToo c'est parce que justement il n'y avait pas assez de témoignages complémentaires c'était trop flou et il y a surtout l'affaire de la plainte en fait je sais que certains médias ne veulent pas d'enquête sur des violences sexuelles s'il n'y a pas eu plainte s'il n'y a pas l'appui d'une plainte
plainte dont on nous a dit ici dans cette commission qui a été encore plus difficile peut-être qu'ailleurs en raison du statut d'intermittence etc. Monsieur Absolument
je pense que c'est un point très très important nous sommes tous enfin je pense que dans les rédactions de journaux vous n'êtes pas intermittent mais nous on est tous des intermittents au bout de je crois que j'ai 52 ans de Radio France je suis toujours intermittente donc cette précarité est aussi une vraie problématique de fragilisation des rapports à l'intérieur de l'entreprise il est anormal que tous mes camarades quel que soit leur sexe d'ailleurs mais c'est encore plus difficile pour les filles après un certain nombre d'années soient toujours des intermittents du spectacle donc nous signons un contrat chaque année un CDD et à partir de la fin du mois d'avril jusqu'à la période de la mi-mai tout le monde tremble parce qu'on ne sait pas et c'est à la c'est à la c'est la directrice ou le directeur qui choisit sans argumenter auprès de son PDG la possibilité ou non de renouveler ou pas un contrat et hélas j'ai beaucoup de camarades qui se sont retrouvés dans des situations terriblement difficiles beaucoup plus de camarades filles que de camarades garçons d'ailleurs comme par hasard et où voilà
monsieur Balanant
merci tout à l'heure madame Baquet vous nous avez dit que vous n'étiez pas si optimiste voilà sur l'évolution de oui oui non non mais voilà il y a les choses changent on en est conscient je crois qu'on vient de le démontrer moi j'aimerais maintenant justement essayer de voir avec vous quels pourraient être les leviers d'action et qu'est-ce que vous vous avez pu voir comme qu'est-ce que vous pouvez avoir comme idée par exemple tout à l'heure vous nous avez dit que certains réalisateurs qui étaient qui avaient une certaine autorité et surtout une certaine volonté de travailler dans un esprit d'empathie de sympathie de respect de la vie en société en réalité pouvaient parfaitement quel que soit le talent quelle que soit l'équipe réussir à tenir son plateau donc comment on forme ces réalisateurs à être dans cette optique là et réalisateur et d'ailleurs producteur parce qu'on sait que c'est on l'a vu on l'a suffisamment démontré c'est le producteur qui a la responsabilité pénale civile code du travail donc quelles seraient les pistes est-ce que vous pensez que les leviers de formation sont pas suffisamment mis en route est-ce que vous est-ce que vous voyez d'autres dispositifs qui pourraient faciliter l'amélioration de toutes ces situations dans chacun de vos domaines et dans chacun des domaines de compétences que vous avez parce que je crois qu'il y a des leviers certainement et je crois que votre expérience peut nous être utile sur la définition de ces leviers
la peur du scandale est un très bon levier là on le voit bien sur le milieu du cinéma c'est très clair l'idée que qu'un tournage puisse être mis en cause qu'un metteur en scène ou un acteur puisse tout d'un coup être mis en cause et donc compromettre la fabrication d'un film c'est un puissant levier et donc on le voit bien je pense que les équipes sont complètement aujourd'hui au fait de ça ils font très attention on l'a vu encore récemment il y a des acteurs ou même des metteurs en scène qui ont pu sauter en cours de tournage donc ça c'est ça c'est quand même nouveau bien sûr la formation l'éducation alors le CNC le fait d'ailleurs mais bien sûr ça c'est très important je pense aussi que la solidarité la solidarité entre entre acteurs ou enfin je veux dire acteurs au sens ceux qui sont sur le tournage est un élément mais je la mettrai presque en dernier parce que hélas la précarité évidemment pèse sur la solidarité que les gens peuvent avoir entre eux mais je pense que aujourd'hui c'est quand même un objet qui peut compromettre la carrière d'un film ou d'une pièce de théâtre enfin bon donc ça change beaucoup de choses et je pense que la presse là-dessus a joué un grand rôle tout de même on le voit bien
j'avais une question pour Télérama vous qui travaillez pour Télérama Madame Ilanova Télérama a été secoué par des affaires relatives à des VHSS des violences de harcèlement ou de sexistes ou sexuels qu'est-ce que ça dit de la rédaction aujourd'hui est-ce qu'il y a une vigilance particulière deuxième question sur les gender editors qui commencent à un peu se mettre en place est-ce que vous pensez que c'est utile et enfin pour les personnes dont vous avez eu des témoignages pour lesquelles vous avez eu des témoignages ou pour lesquelles vous avez su qu'elles avaient été victimes de comportements en dehors de la loi est-ce que les syndicats ont été un appui est-ce que les CHSCT ont été un appui est-ce que en fait est-ce que le fonctionnement normal d'un collectif de travail a fonctionné pour ces personnes
moi je suis pigiste donc c'est compliqué de vous répondre d'autant que alors je suis pas dans les rédactions je travaille à Radio France en revanche à mi-temps je suis à France Inter et à Mouv mais pour Télérama alors moi j'ai fait mes stages au moment de MeToo et on m'avait dit de pas approcher tel rédacteur voilà en fait on m'avait dit voilà il va te proposer d'aller au ciné il faudra que tu dises non donc c'est juste ça enfin même si c'est énorme mais ça touche dans toutes les rédactions où j'ai travaillé parce que là on parle de la presse nationale il faut aussi parler de la presse quotidienne régionale j'ai été à Sud-Ouest c'était pareil il y avait quelqu'un il fallait pas aller dans son bureau toute seule quand on était une jeune femme mais c'était complètement normalisé maintenant c'est vrai qu'à Radio France en particulier Laure en parlait je sens que c'est beaucoup plus surveillé moins normalisé mais à nouveau moi je suis en CDDU donc je suis intermittente en dénonçant en parlant du comportement inapproprié d'un collègue qui lui est CDD je prends le risque de ne pas avoir mon contrat renouvelé donc non il y a toujours cette précarité favorise quand même cette omerta il faut complètement le rappeler même s'il y a des bonnes évolutions et pour Télérama c'est vrai que moi j'avais un peu écumé les rédactions pour mes stages comme les unrocs etc oui il y avait des profils à éviter maintenant je suis sincèrement persuadée que les audits qu'il y a eu ont aidé et que maintenant les jeunes femmes qui font leur stage se sentent enfin en tout cas j'espère et je le constate plus en sécurité
les gender editors ça non je sais pas vraie question non bon d'accord ok très bien tu voulais poser une question
non non c'est enfin je j'ai entendu j'ai entendu madame Baquet sur les éventuelles pistes je voulais savoir si soit madame Laura Adler soit madame Constance Villanova vous aviez des préconisations que vous pourriez nous faire qui pourraient être utiles et qu'on pourrait comment dire approfondir dans notre réflexion
décidément oui déjà je pense que en télé-réalité donc les émissions de télé-réalité sont des émissions très peu chères à produire parce que ce ne sont pas des comédiens le décor ne change pas donc c'est quand même un sacré jackpot pour les boîtes de production de produire ce genre d'émissions et tout va très vite parce qu'il faut produire de plus en plus vite donc les castings se vont très rapidement et les profils des candidats ne sont pas vraiment vérifiés donc la moindre des choses déjà c'est de vérifier le casier judiciaire c'est pas souvent fait et surtout de enfin c'est demandé mais c'est quand même très très flou à chaque fois et surtout il faut selon moi qu'un entretien enfin ce que fait ce que fait en deux molles un entretien avec un psychiatre un psychologue et un médecin soit obligatoire et que ces instances soient indépendantes de la boîte de production et que ces entretiens ne durent pas 10 minutes parce qu'on est face à des jeunes gens qui veulent à tout prix faire de la télé donc c'est aussi facile en 10 minutes de se dire prêt et pas vulnérable l'autre chose il y a des jeunes experts en ce moment qui militent pour qu'il y ait des coordinateurs et coordinatrices d'intimité sur ces tournages donc c'est ce qu'on voit particulièrement à Hollywood qui se fait un peu en France il y a eu pas mal de sujets parce que regrouper une quinzaine de personnes de 20 à 30 ans dans une maison avec un peu d'alcool ça peut donner lieu et ça donne lieu à des baisers ou plus donc il y a des jeunes femmes qui sont en train d'être formées et je pense que c'est quelque chose qu'il faudrait imposer et puis je pense sincèrement qu'il faudrait faire une audite de ces boîtes de production du grand producteur jusqu'au cadreur jusqu'au caméraman parce qu'il y a énormément de rumeurs de choses qui se savent les gens qui filment les gens qui montent ces émissions n'osent pas parler parce que tout le monde se connait moi quand j'ai voulu leur parler je les avais ajoutés sur LinkedIn et ils ont refusé parce qu'ils avaient peur que leur boîte de prod voit qu'ils étaient amis avec une journaliste sur LinkedIn donc on en est à ce niveau de paranoïa je pense sincèrement qu'il faut essayer de parler à tous ces gens et de faire une audite et enfin il y a des concepts qui sont complètement surannés et qu'il faut absolument arrêter comme les émissions de dating qui vont favoriser la rivalité féminine où des jeunes hommes se voient présenter un harem de jeunes filles enfin il faut que ça s'arrête c'est à part contre voilà
bien merci beaucoup pour vos témoignages il y a peut-être un mot une chose qu'on n'aurait pas abordé que vous souhaitiez aborder dans cette commission
non moi je voudrais redire que c'est l'éducation qui me paraît absolument le fondement pour un autre rapport entre les sexes et ce dès le plus jeune âge
merci ce sera entendu et nous transmettrons donc à la ministre de l'éducation nationale pour que les cours d'éducation sexuelle puissent être mis en place merci beaucoup à vous trois merci pour votre travail merci pour votre temps et nous vous tiendrons à informer des suites de cette commission merci
merci merci