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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 4 juin 2024 26 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & élections

"L'objectif de Bardella et Le Pen est de tuer Reconquête": l'interview intégrale d'Éric Zemmour

Au micro : Alain DuhamelSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:53OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous en pensez Alain ?

  • 3:27FerméeRéponse partielle

    C'est la dernière chance pour Reconquête ce scrutin ?

  • 4:50FerméeRéponse directe

    Si vous êtes en dessous de 5, c'est terminé, Reconquête, l'aventure politique pour vous, Éric Zemmour ?

  • 11:12OuverteRéponse directe

    Est-ce que justement les jeunes peuvent aller vers un jeune parti ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:09PrésentateurChiffre
    « En 2022, il a raté le second tour à 300 000 voix près. »
  • 2:17PrésentateurChiffre
    « 69% seulement, selon un sondage IFOP dans Le Pèlerin, des musulmans ont voté pour lui avec une participation de 54% des musulmans. »
  • 3:43InvitéChiffre
    « S'ils restent à la hauteur qui, en gros, leur est donnée en ce moment, c'est-à-dire 6%, donc s'ils ont une poignée de députés, une demi-douzaine, »
  • 5:05PrésentateurChiffre
    « Nous en aurons au minimum, effectivement, 5 ou 6. »
  • 7:50PrésentateurPromesse
    « M. Macron ne partira pas et M. Macron ne dissoudra pas l'Assemblée nationale. »
  • 11:37InvitéChiffre
    « 45% d'entre eux se disent tout à fait certains de se rendre aux urnes dimanche. »
  • 12:01InvitéChiffre
    « la liste RN arrive largement en tête avec 24%. »
  • 12:15InvitéChiffre
    « 5% des 18-24 ans envisagent de voter pour Renaissance dimanche, qu'en reconquête, à titre de comparaison, enregistre 7%. »
  • 12:32InvitéChiffre
    « la France insoumise, avec 21% d'intention de vote contre 13% des voix en 2019. »
  • 12:45InvitéChiffre
    « 8% d'intention de vote chez les 18-24 ans. Ils avaient recueilli 15% des suffrages en 2019, »
  • 13:08InvitéChiffre
    « 69% sont pour. »
  • 13:23InvitéChiffre
    « 62% des 18-24 ans interrogés sont pour, »
  • 13:46InvitéChiffre
    « 55% tout de même des 18-24 ans sont pour. »
  • 14:03InvitéChiffre
    « 51% des 18-24 ans, 1 sur 2 sont pour. »
  • 24:24PrésentateurChiffre
    « Mme de Mélonie a vu le taux d'arrivée à l'Ambédouza baisser de 70%. »

Temps de parole

  • Présentateur40 %
  • Invité34 %
  • Présentateur 212 %
  • Présentateur 311 %
  • Invité 22 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Donc avec Éric Zemmour, président de Reconquête, candidat aux élections européennes. Bonjour Éric Zemmour. Bonsoir. Bonjour Alain Duhamel. Bonjour. Bonjour Éric. Avant de parler des élections européennes, l'actualité du jour, c'est ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale. Et c'était attendu d'ailleurs. Ils avaient quasiment prévenu les Insoumis qu'ils reparleraient de la Palestine, qu'ils referaient un coup d'éclat, une action. Vous voyez, ils étaient habillés aujourd'hui aux couleurs du drapeau palestinien, aux couleurs palestiniennes, rouge, blanc, noir, vert.

Et au moment où de l'autre côté de l'hémicycle, on mettait les écharpes bleu, blanc, rouge, eh bien c'est le drapeau palestinien qui est de nouveau sorti par Mme Rachel Kéké. C'est en haut à gauche de l'écran. Voilà, suspension de séance derrière et les Insoumis ont prévenu. Ils remettront ça régulièrement pour faire avancer la cause palestinienne, obtenir un cessez-le-feu notamment. Qu'est-ce que vous en pensez Alain ?

0:54
Invité

Bon, que ça m'étonnerait que ce soit cette méthode qui fasse avancer les négociations et qui change quoi que ce soit. C'est de la théâtralisation, c'est de la gesticulation. Alors, qui ce soit la nupesse, costumée de telle façon que ça ressemble au drapeau palestinien, je dirais que je trouve que dans le genre c'est plutôt bien joué. En revanche, que Rachel Kéké ressorte un drapeau, etc., franchement, non seulement c'est inutile, mais c'est nuisible. Et c'est nuisible y compris au débat et y compris aux idées qu'il porte. Tout ça, ça a un effet non pas du tout sur la guerre, ni directement ni indirectement.

Mais en revanche, il y en a un sur la France qui est que ça creuse un peu plus des communautés les unes contre les autres, des familles politiques les unes contre les autres. Et je trouve qu'en ce moment, on n'a pas tellement besoin de ça.

1:49
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon a une stratégie claire, simple, qu'il poursuit avec opiniâtreté et obstination. Il veut arriver au second tour en 2027 grâce au vote arabo-musulman. Pour cela, il est prêt à tout. Il a en tête des chiffres très simples. En 2022, il a raté le second tour à 300 000 voix près. Or, 69% seulement, selon un sondage IFOP dans Le Pèlerin, des musulmans ont voté pour lui avec une participation de 54% des musulmans. Donc il se dit, c'est très simple, il faut qu'il y ait 80% des musulmans qui votent pour moi avec une participation de 80%. Il le dit lui-même d'ailleurs, dans la novlangue de LFI, il dit qu'il faut faire voter les quartiers populaires.

Quartiers populaires, dans la novlangue LFI, ça veut dire quartiers islamisés. Donc à partir de là, tout est bon et tout sera bon. Comme évidemment la population musulmane à travers le monde et de cœur avec les Palestiniens, qui sont une espèce d'incarnation fantasmatique de la douleur musulmane. Vous savez, le roi Hassan II du Maroc disait, la Palestine c'est l'aphrodisiaque des Arabes. Donc c'est une vieille histoire. Donc évidemment, Mélenchon joue là-dessus. Il joue, il est prêt à tout. Il est prêt à tout jusqu'à l'antisémitisme, comme on l'a vu, s'il doit flatter dans le sens du poil la rue arabe, comme on dit dans les pays arabo-musulmans.

Alors on verra si c'est payant aussi dès même les élections européennes. Parlons de ce scrutin, Valin Duhamel, et de la liste reconquête. C'est la dernière chance pour reconquête ce scrutin ?

3:35
Invité

Je ne dirais pas que c'est la dernière chance. S'ils n'atteignent pas 5%, c'est une grosse défaite, c'est évident. S'ils restent à la hauteur qui, en gros, leur est donnée en ce moment, c'est-à-dire 6%, donc s'ils ont une poignée de députés, une demi-douzaine, je dirais que ça, à côté du mammouth du Rassemblement national, il reste une gazelle, une gazelle assez pugnace. Mais ils continuent à avoir un rôle. Marine Le Pen, telle qu'elle est partie, je ne dis pas que ça se passera comme ça, mais telle qu'elle est partie, d'une part, elle est sûre de gagner les élections européennes.

D'autre part, elle sera en bonne position pour être au second tour, au minimum pour être au second tour de l'élection présidentielle. Mais l'élection présidentielle, ce n'est pas la proportionnelle comme les européennes. L'élection présidentielle, c'est un scrutin majoritaire. Et pour un scrutin majoritaire aux élections présidentielles, à ce moment-là, elle aura besoin d'alliés. Et moi, je prends le pari, si elle est au second tour, qu'elle tendra la main à la fois à Reconquête et aux Républicains. Je ne sais pas si les uns et les autres marcheront, mais je suis à peu près persuadé qu'elle le fera.

Mais ça veut dire que si vous êtes en dessous de 5, c'est terminé, Reconquête, l'aventure politique pour vous, Éric Zemmour ?

4:55
Présentateur

Écoutez, d'abord, nous ne serons pas en dessous de 5. Il n'y a aucune raison que l'aventure politique de Reconquête se termine. Vous savez, nous avons des convictions, nous avons des idées. Quand j'ai fondé ce parti il y a deux ans, on n'avait aucun élu. Donc là, je pense que nous en aurons. Nous en aurons au minimum, effectivement, 5 ou 6. Je pense peut-être plus. Ce sera un succès formidable, parce que c'est un parti qui n'a que deux ans d'existence. Ça, c'est une chose qu'il faut bien avoir en tête. Et ce n'est pas Alain Duhamel qui va me dire le contraire. Maintenant, évidemment, vous comparez tout de suite avec le Rassemblement national, ce qui est tout à fait légitime.

C'est normal, hein ? C'est tout à fait légitime. Je voudrais dire que deux choses. D'abord, contrairement à Alain Duhamel, moi je ne pense pas que Marine Le Pen demandera une alliance avec Reconquête ou avec LR. tout simplement parce qu'elle a déjà eu l'occasion de le faire en 2022, puisque j'avais appelé à voter pour elle sans condition et sans négociation, et qu'elle a balayé mon offrande. Et qu'elle s'est précipitée pour dire qu'elle voulait séduire les électeurs de M. Mélenchon et qu'elle voulait nommer comme ministre, non pas moi, mais M. Montebourg. Oui, mais elle a été battue. Elle a été battue, mais Marine Le Pen, vous savez, ne veut pas d'union des droites.

Elle le dit, elle le répète, et elle le dit, elle le répète. Donc, si vous voulez, attendez, attendez.

6:25
Invité

Mais comme vous le savez, elle change souvent d'avis.

6:27
Présentateur

Elle change souvent d'avis sur le fond. Mais sur l'union des droites, non, ça fait longtemps qu'elle le dit, tout simplement pour une raison simple, d'abord parce qu'elle ne veut pas de concurrence. Ah oui, mais... Tout son objectif aujourd'hui, vous avez bien compris que tout l'objectif de Bardella et de Marine Le Pen, c'est de tuer Reconquête. Car, vous savez, Marine Le Pen déteste les concurrences, parce que la concurrence, ça veut dire la rivalité. Et la rivalité, ça veut dire...

6:51
Invité

Bardella dit, il faut voter utile, il faut donc voter pour moi et non pas pour Reconquête.

6:56
Présentateur

Alors là, vous faites bien de me dire ça, parce que moi, je trouve que le vote Bardella est un vote deux fois inutile. Il est inutile en Europe, parce que les députés RN, ils peuvent être 20, 25, 30, 35, 40, ils sont dans un groupe ID qui est complètement ostracisé et avec qui personne ne veut s'allier. D'ailleurs, M. Bardella ne met jamais les pieds au Parlement européen. Vous savez qu'on le surnomme Bardella. Donc, si vous voulez, en Europe, on sait que les députés, ça fait deux fois que le RN gagne les élections européennes. En 2014, en 2019, qu'est-ce qui a changé ? Rien. Ni en Europe, ni en France.

Marine Le Pen a quand même été écrabouillée aux deux débats d'entre deux tours et elle a été battue. Maintenant, en France, M. Bardella prétend que s'il gagne, s'il fait un gros score, M. Macron va partir et qu'au minimum, il va dissoudre l'Assemblée nationale. Il ment. Non mais je tiens à le dire. Il ment. Il trompe les gens. M. Macron ne partira pas et M. Macron ne dissoudra pas l'Assemblée nationale. Donc, M. le vote pour Bardella est inutile. Deux fois inutile. En revanche, le vote pour Piquette et la liste de Mario Maréchal est utile en Europe. Parce que nous serons, nous, dans le groupe ECR, qui pourra s'allier avec la droite du PPE pour renverser la table dans le Parlement européen.

8:15
Invité

Alors, je crois qu'Éric Zemmour est en l'occurrence doublement en retard d'un train. À propos de Marine Le Pen, on est d'accord sur un point, elle change souvent d'avis. Si la situation se produit, c'est-à-dire si elle est la grand vainqueur des élections européennes, si elle est candidate à l'élection présidentielle, si elle est au second tour, je ne pense pas qu'elle reproduira la même chose que la dernière fois, ne serait-ce que parce qu'elle a été battue. Eh bien, moi, je pense qu'on va vous tromper. Mais non, mais ça, on verra bien. Mais bien sûr, on verra bien. Je pense qu'à ce moment-là, elle aura besoin réellement de donner le sentiment qu'elle veut fédérer autour d'elle.

Et pour fédérer autour d'elle, eh bien, il y a vous et il y a LR. Alors, il est très possible que ni LR ni vous ne disent oui, bien entendu. Mais je pense qu'elle fera ça. Et je le pense d'autant plus qu'elle a fait le contraire la dernière fois et que je sais que sur des problèmes de fond, et c'en est un, celui des alliances, au-delà des divergences idéologiques entre vous et elle, c'en est un. Bon, et je veux dire qu'on peut faire le même raisonnement dans à peu près tous les domaines.

Autrement dit, au Parlement européen, vous avez raison de dire que pour l'instant, son groupe est isolé, que vous, si vous avez vos députés, vous serez membre d'un groupe qui est plus puissant, avec le président du Conseil italien, Madame Meloni, etc. Il n'empêche, et d'ailleurs, ça serait étonnant que vous tombiez dans ce piège-là, il ne faut pas sous-estimer la dimension européenne de la poussée de l'extrême droite et des populistes. C'est vrai dans tous les pays. Et le rapport des forces au Parlement européen va bouger, bouger en gros dans votre sens et dans celui de Marine Le Pen, mais il va bouger.

Et il y aura évidemment une tentation de rapprochement, pas forcément de rapprochement d'exclusif, vous et eux, mais de rapprochement, peut-être s'ils le peuvent, avec le PPE, c'est-à-dire les conservateurs, la droite classique. Donc, il ne faut pas regarder le prochain Parlement européen comme le dernier. Ça ne se passera pas de la même façon. Si vous y êtes, vous serez plus puissant, il y aura forcément des alliances qui se formeront, des coalitions.

10:30
Présentateur

– Attendez, une phrase. Si j'avais cru que je vivrais assez vieux pour entendre Alain Duhamel en avocat de Marine Le Pen, je ne l'aurais pas cru. – Mais ça prouve à quel point Marine Le Pen s'est soumise au système dont Marine Le Pen est l'incarnation la plus brillante et la plus intelligente. Mais c'est logique. Tout cela est d'une logique et d'une cohérence implacable.

10:57
Invité

– Au-delà de l'ironie, l'idée de me faire en quoi que ce soit proche d'elle, tout le monde sait très bien que je suis exactement à l'opposé.

11:04
Présentateur

– Alors, permettez Éric Zemmour et Alain Duhamel, puisqu'on est sur les élections européennes et que vous ventiez aussi votre jeune parti, vous le disiez tout à l'heure. Alors, est-ce que justement les jeunes peuvent aller vers un jeune parti ? On a regardé un peu le vote des jeunes et c'est avec vous, François Gapillan, qu'on va précisément radiografer ça. Comment est-ce que votent les jeunes aujourd'hui ? – Alors, bonsoir à tous. Je me suis penché sur le vote des 18-24 ans précisément. Dans le dernier sondage Elab pour BFMTV et la tribune dimanche, 45% d'entre eux se disent tout à fait certains de se rendre aux urnes dimanche.

Lors du précédent scrutin européen, 32% des 18-24 ans avaient voté d'après le sondage jour de vote d'Elab, sachant qu'en 2019, à l'échelle européenne, les moins de 25 ans avaient été plus nombreux à voter qu'auparavant, plus 14 points tout de même d'après une étude commandée à l'époque par le Parlement européen. Mais pour qui votent ces jeunes ? Alors, quand on regarde les intentions de vote des 18-24 ans, dans le dernier sondage IFOP publié hier, la liste RN arrive largement en tête avec 24%. En 2019, elle n'avait recueilli que, entre guillemets, 12% des voix. La majorité, elle, dégringole. C'est peu de le dire, même s'il faut rester prudent, évidemment.

5% des 18-24 ans envisagent de voter pour Renaissance dimanche, qu'en reconquête, à titre de comparaison, enregistre 7%. Il y a 5 ans, l'AREM avait obtenu 20% des suffrages des jeunes électeurs, qui, juste après l'ERN, privilégient la France insoumise, avec 21% d'intention de vote contre 13% des voix en 2019. Intéressant aussi d'observer que le PS et Place publique, qui avaient fait 5% en 2019, chez les 18-24 ans, obtiennent 12% d'intention de vote chez cet électorat, toujours d'après IFOP. Sens inverse, si je puis dire, chez les écologistes, 8% d'intention de vote chez les 18-24 ans. Ils avaient recueilli 15% des suffrages en 2019, mais rien n'est joué, bien sûr.

Voyons, enfin, quel regard cette jeunesse porte sur certaines mesures proposées cette année par telle ou telle liste, d'après le dernier sondage Elab. Par exemple, la mise en place d'un mécanisme européen de taxation des super-profits. Chez les 18-24 ans, 69% sont pour. Chez les 65 ans et plus, 88% sont pour. L'arrêt des traités de libre-échange et la négociation de nouveaux accords qui respectent le principe de réciprocité. 62% des 18-24 ans interrogés sont pour, quand 82% des 65 ans et plus sont pour. L'instauration d'une double frontière à présent, autre mesure qui figure dans certains programmes.

Première frontière assurant le refoulement des bateaux de migrants, le renvoi des personnes dans leur pays de départ, et une seconde frontière nationale limitant la libre circulation dans l'espace Schengen aux seules ressortissants européens. 55% tout de même des 18-24 ans sont pour. 65 ans et plus, 75% pour. Dernière mesure figure au cœur de certains débats en ce moment. L'interdiction dans l'Union européenne de la vente de voitures neuves à moteur thermique, c'est-à-dire voiture essence diesel, en 2035. 51% des 18-24 ans, 1 sur 2 sont pour. Et 65 ans et plus, c'est 28% seulement. Alors vous allez bien sûr réagir à ces chiffres, mais je voudrais vous montrer une image avant de continuer.

Parce que l'électorat jeune aussi, on voit bien comment aujourd'hui il s'informe. Quels sont ses codes aussi ? Il passe beaucoup par les réseaux sociaux, il passe beaucoup par les plateformes, il passe beaucoup notamment par les comptes TikTok. TikTok et les responsables politiques l'ont compris, l'une des dernières aussi à bien l'avoir compris, c'est Marine Le Pen. Regardez, c'est un petit clin d'œil. C'était juste avant le dernier meeting de Jordan Bardella. Je ne sais pas si vous l'avez vu d'ailleurs, ça, Éric Zemmour et Alain Duhamel. On voit Jordan Bardella qui s'échauffe.

La salle d'Ouble de Paris est entièrement vide, mais il y a une personne qui fait la claque et ensuite, c'est mis sur les réseaux sociaux. Regardez.

14:47
Invité

Je suis très gêné à l'idée d'examiner mon truc dans une salle vide.

14:50
Présentateur

On est là ? Ok. Jordan !

14:54
Locuteur

Ok. Jordan !

14:56
Invité

Vous pourriez crier « Marion, Marion ! » et ensuite mettre la vidéo sur les réseaux sociaux. Ça se passe aussi bien entre vous que ça se passe bien entre Marine Le Pen et Jordan Bardella ?

15:13
Présentateur

Ah oui, oui, ça se passe même... Cachez votre enthousiasme. Comment ? Cachez votre enthousiasme, Éric. Je le sais, je regardais, je trouvais ça un peu ridicule, mais donc j'étais un peu... Décontenancé. Concentré, oui, décontenancé, exactement. Et tout va bien avec Marion Maréchal ? Écoutez, je suis venu chez vous il y a deux mois et j'ai été d'une franchise absolue. Je vous ai dit, on s'entend très bien, humainement. Un. Deux, sur le fond, on est d'accord sur tout et je pense que nous sommes le parti qui a le plus d'unités sur le fond.

Allez voir à LR où ce pauvre bel ami est le seul à penser ce qu'il pense, et je ne vous parle pas de la gauche, et même du Rassemblement National où ils disent tout et son contraire. Nous, nous pensons la même chose et nous disons la même chose. Mais, je vous l'avais dit, nous avons un désaccord stratégique qui est comment on affronte le Rassemblement National. Moi, je pense qu'il faut attaquer le Rassemblement National et qu'il faut dire exactement nos désaccords, les dire le plus haut et le plus fort possible pour que les gens entendent. Parce que les gens n'y croient pas.

Quand je leur dis, par exemple, que le Rassemblement National va donner le RSA aux étrangers, les gens n'y croient pas. Pourtant, c'est écrit noir sur blanc dans le programme de Marine Le Pen. Vous n'avez pas réglé ce désaccord stratégique ? Je note... Depuis deux mois, donc vous n'avez pas réglé ce... Mais c'est justement ce que j'allais vous dire. Je note que hier, par exemple, dans le Figaro, Marine Le Pen, Marion Maréchal, a donné... Ah ! Non mais, Marion Maréchal, dans le Figaro d'hier... C'est intéressant. C'était parce que j'ai vu Marine Le Pen. Marion Maréchal a donné nettement tous ces désaccords avec le Rassemblement National.

D'ailleurs, elle est partie du Rassemblement National parce qu'elle n'était pas d'accord et sur la ligne économique puisqu'elle trouve Marine Le Pen socialiste et parce qu'elle veut lutter contre le wokisme et pas Marine Le Pen et parce qu'elle pense que l'islam n'est pas compatible avec la République française et que le grand remplacement est une réalité, non pas une théorie complotiste.

17:15
Invité

Marion Maréchal, un jour, elle rejoindra sa tante. Écoutez, je pense que sur le fond, Éric Zemmour et Marion Maréchal Le Pen, c'est aussi proche que ça peut l'être. Aussi proche que deux personnes qui pensent par elles-mêmes peuvent l'être. Bon. Maintenant, Marion Maréchal Le Pen, comme elle le dit, c'est la famille d'abord. Et elle a, avec sa tante, des relations qui ont quand même été fluctuantes, pour ce qu'on en sait, mais qui aujourd'hui, apparemment, sont stabilisées. Bon. Donc, inévitablement, elle ne peut pas regarder Marine Le Pen comme Éric Zemmour regarde Marine Le Pen. Ça n'est pas possible.

Ça ne veut pas dire qu'il y aura des conséquences politiques à ça, mais la réalité, c'est qu'on n'en sait rien. Et moi, je voudrais revenir quand même d'un mot parce qu'on nous a montré toute une série de tableaux et puis on n'a pas eu l'occasion de dire un mot là-dessus. Sur le vote des jeunes. Oui, oui, non, mais quand même, parce qu'il y a eu pas mal de tableaux. Bon. Que j'ai regardé attentivement, que je connaissais d'ailleurs, mais enfin, j'ai trouvé que c'était impressionnant. Moi, j'en tire une conclusion alors vraiment très directe. C'est que ces élections européennes seront les élections les plus anti-européennes qu'on ait jamais connues.

Et que toutes les réponses allaient exactement dans un sens anti-européen. Et je dirais que ça, c'est une terre offerte aussi bien à Marine Le Pen qu'à Éric Zemmour.

18:42
Présentateur

Moi, je pense que ce n'est pas anti-européen. C'est anti-Union européenne. Et anti ce qu'a fait la Commission européenne depuis des années. La Commission européenne a pris le pouvoir en Europe et elle impose, on parle de fédéralisme, mais c'est bien au-delà, elle impose une sorte de jacobinisme. On n'en parle pas. Et elle centralise tous les pouvoirs et même parfois en sortant des traités. Il faut absolument remettre la Commission dans son lit et pour cela la supprimer et la remplacer par un secrétariat des États. Alors attendez, attendez. Non mais je vous propose un autre thème parce qu'on est obligé de faire très attention aux temps de parole. Alors attendez.

Je réponds quand même parce que... Oui, mais c'est parce qu'il y avait la question... Il y avait la question... D'accord, mais d'abord ne parlez pas comme ça. Nous on n'est pas décomptés. Si, par Alain Duhamel on est décomptés. Oui, oui.

19:33
Invité

Un secrétariat remplaçant la Commission, ça veut dire que tout se décide entre chefs d'État et de gouvernement de 27 pays. Alors déjà, même vous, vous vous rendez compte que dans un parti modeste comme le vôtre, ce n'est pas si facile de mettre 27 personnes d'accord et entre chefs d'État et de gouvernement, il n'y a aucune chance et on s'apercevra qu'avec la règle de l'unanimité qui reste valable dans beaucoup de domaines, ça ne peut pas marcher. Votre idée de la Commission... Alors l'idée... Dans ce cas-là, il faut faire comme

20:01
Présentateur

la commission de M. Balladur, que vous avez connue très bien. Que je connais toujours. Et moi aussi. Et que je l'ai toujours. Et qui proposait les cercles concentrés. Ça veut dire que d'ailleurs ça existe déjà. Tous les pays ne sont pas dans tout. Tous les pays ne sont pas dans l'euro. Tous les pays ne sont pas dans Chine-Dienne, etc.

20:17
Invité

Ce que vous êtes en train de proposer, c'est votre droit. Ce que vous êtes en train de proposer, c'est une désagrégation de tout ce qui arrive. Pas du tout.

20:23
Présentateur

Puisqu'on parle des propositions de reconquête, il y en a une à vous soumettre. Et on va faire le parallèle avec le Rassemblement National. C'est le contrôle de l'immigration. Le Rassemblement National, on propose la double frontière. du côté de reconquête. C'est la triple frontière, Alain Duhamel.

20:37
Invité

Oui, alors quand vous m'avez interrogé il y a quelques jours sur la double frontière de Marine Le Pen, je vous ai dit que je n'y croyais pas un instant. Et maintenant que vous m'interrogez sur la triple frontière, je vous dirai que je ne crois pas un instant que ça puisse marcher. Eh bien, vous avez tort. Je vais le dire. Attendez, attendez. Alain développe et vous répondez. Je vous en prie.

20:56
Présentateur

Vous n'êtes pas des comtés, donc je m'en moque.

21:00
Invité

D'abord, votre premier cercle, c'est qu'il faut que ceux qui viennent demandant le droit d'asile, etc. C'est moi qui n'explique, pas vous.

21:09
Présentateur

Parce que déjà que Jordan Bardella n'arrive pas à l'expliquer. Alors si en plus, je vous laisse vous l'expliquer, c'est moi qui l'expliquerai. Peut-être que j'arriverai mieux à l'expliquer que Jordan Bardella. C'est indéniable.

21:18
Invité

Bon, alors, donc je reprends. Votre premier cercle qui est, il faudrait que ceux qui demandent le droit d'asile le fassent dans leur pays d'origine. Vous savez très bien que ça ne marche pas, ça ne marche jamais. Et dès qu'on demande quelque chose de ce genre, c'est un échec total. On a une expérience de 50 ans là-dessus. Bon, votre deuxième cercle, c'est-à-dire stopper les gens dans les bateaux, d'une part, et d'autre part, élever des murs. Bon, c'est ça votre deuxième cercle. Je ne sais pas si on peut élever des murs en Europe comme on le voudrait, mais admettons.

En tout cas, stopper des bateaux, vous ne stopperez jamais des bateaux de gens qui sont prêts à mourir pour avoir une chance d'arriver en Europe. Vous n'y arriverez pas. Et d'ailleurs, quand Mme Mélanie, qui est votre partenaire, quand Mme Mélanie se faisait forte d'y réussir, depuis qu'elle est présidente du Conseil, elle y échoue. Elle n'empêche absolument pas les bateaux d'arriver. Quant à votre troisième cercle, c'est-à-dire de faire du contrôle aux frontières de la France, avec une file pour les Européens, membres de l'Union Européenne, c'est ça que je veux dire.

Et une file pour les autres, là, comme vous avez des lectures, même si vous avez des idées qui ne sont pas forcément les meilleures, mais vous avez des lectures qui sont souvent bonnes, c'est kafkéen. Ça veut dire qu'il y aura des encombrements gigantesques tous les jours, et ça ne marchera pas, parce que vous empilerez des milliers de voitures. J'ai très bien entendu.

22:43
Présentateur

Dans l'oreillette, on me dit que vous avez 70 secondes. Non, ce n'est pas possible. Je vous le dis. Attention, vous avez une repère de 5. Non, mais ce n'est pas sérieux. Mais ce n'est pas que ce soit pas sérieux, c'est le temps de parole qu'on doit vous accorder. Trois frontières. La première, chez eux. C'est-à-dire qu'on leur dira la France, c'est fini. On n'est plus soigné à l'œil, on n'est plus logé à l'œil, les enfants ne seront plus français parce qu'il n'y aura plus le droit du sol, etc. Et les gens seront renvoyés. Parce qu'aujourd'hui, c'est une industrie. Vous comprenez ? La famille, le clan, se cotisent pour envoyer le choisi en Europe qui va renvoyer l'argent à la Western Union.

Donc ça, il faudra leur dire que c'est fini. Et il faudra le faire en France. Et deuxièmement, je ne suis pas d'accord, personne n'a jamais fait expérimenter le droit d'asile déposé dans les ambassades. Mais c'est global, vous avez bien compris. Deuxième frontière. L'Europe. Il faut effectivement un blocus naval. Et c'est tout à fait possible. Quand Mme Mélanie a renoncé, c'est parce que M. Macron a refusé. Moi, je veux un blocus naval avec la marine française et la marine italienne, voire la marine anglaise. J'ai demandé à des spécialistes et à des marins. La technologie d'aujourd'hui permet de voir à la lunette, si j'ose m'exprimer ainsi, dès qu'un migrant met un pied dans l'eau.

Alors, vous n'allez pas me faire croire que la marine française et italienne ne peut pas bloquer au départ. Il n'y aura plus de départ. Deuxièmement, attendez, laissez-moi parler. Deuxièmement, il y a une chose de bien aujourd'hui faite par l'Union Européenne, c'est l'argent qu'elle donne aux pays comme la Tunisie ou l'Egypte pour arrêter eux-mêmes les migrants. Ça, ça marche très bien puisque Mme de Mélonie a vu le taux d'arrivée à l'Ambédouza baisser de 70%. Troisième frontière, la frontière physique. Vous avez tout à fait raison. Je rappelle que c'est exactement ce que vous faites au péage d'autoroute. Vous mettez... Et ça roule très vite. Et ça roule très vite.

Maintenant, je vais vous dire, M. Duhamel, je pense que les Français, entre des embouteillages et 200 coups de couteau par jour, choisiront les embouteillages. Merci, Éric Zemmour. Vous avez respecté votre temps. Merci à vous. Merci, Alain Duhamel. Mais j'aurais bien répondu. Allez, je vous laisse la conclusion. 30 secondes. Non, non, non. Je vous laisse 30 secondes de conclusion. Pas du tout. Non, il n'y a pas de parole. Il n'y a pas de parole.

25:01
Invité

Oui, mais c'est injuste. Allez, go. C'est injuste, mais il n'est pas candidat. Je fais une grande différence entre ce que propose globalement Éric Zemmour et ce que propose globalement Marine Le Pen. Mais en ce qui concerne l'arrêt aux frontières, je pense qu'il rêve et tant qu'il y aura un continent qui crèvera de faim comme c'est le cas de l'Afrique, il y aura des immigrés.

25:23
Présentateur

Merci, Éric Zemmour. Merci, Alain Duhamel. Et pas ceux qui crèvent de faim qui viennent. On va revenir maintenant à ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale avec notre prochain invité.