Macron : une campagne en temps de guerre #cdanslair
Emmanuel Macron Au micro : Jérôme Fourquet, Cécile Cornudet, Fanny GuinochetSource d'origine 7 locuteursTranscription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 36 %Attaque 40 %Défensif 24 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 46 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:35OuverteRéponse partielle
Que pensez-vous de la prestation hier longue d'Emmanuel Macron ?
- 2:50OuverteRéponse directe
Cécile Candidé, sur la forme, est-ce qu'il y avait de l'enthousiasme ?
- 5:05OuverteRéponse directe
Fanny Guinoche, c'était long et parfois très technique
- 8:22OuverteRéponse directe
Jérôme Fourquet, on a un président très consensuel. Qui peut s'opposer à ça ?
- 12:43OuverteRéponse directe
Est-ce que Valérie Pécresse ou un autre de vos concurrents de droite pourrait faire partie d'un futur gouvernement d'Union nationale ?
- 15:17RelanceRéponse directe
Christophe Barbier, le procès en illégitimité, alors qu'il a été fait, et ça lui est revenu en boomerang, par Gérard Larcher en disant, au fond, s'il n'y a pas de débat, le président sera mal élu et il aura du mal à faire passer ces réformes.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14PrésentateurFait
« Emmanuel Macron a déroulé hier son programme avec de nombreuses mesures très détaillées, la retraite à 65 ans, le RSA sous condition ou encore le salaire au mérite dans l'éducation nationale. »
- 34:55Invité politiqueFait
« Les premières mesures que je prendrais vis-à-vis de la Russie, ce serait de réfléchir à la levée des sanctions, bien entendu, car j'ai toujours été opposée à ces sanctions, que je trouvais en même temps profondément injustes et tout à fait contre-productives. »
- 35:19PrésentateurFait
« Vous avez bénéficié il y a quelques années d'un prêt accordé par une banque russe que continue à rembourser l'ERN jusqu'en 2028. »
- 35:53Invité politiqueFait
« Autonomie constitutionnelle du Donbass, c'était un engagement de l'Ukraine qu'ils n'ont jamais respecté. »
- 38:50InvitéChiffre
« Rien que sur la façon de protéger les Français contre la hausse des prix du carburant et de l'énergie, on est à 30 milliards d'euros. »
- 41:29InvitéChiffre
« 200 brigades de gendarmerie ouvertes, 8 500 postes de magistrats, 50 000 embauches. »
- 4:49InvitéChiffre
« Il y a au moins une trentaine de mesures qu'il a proposées hier. »
- 41:29PrésentateurChiffre
« 200 brigades de gendarmerie ouvertes, 8 500 postes de magistrats, 50 000 embauches. »
- 45:40InvitéPromesse
« Il faut revaloriser les pensions de retraite et tous les revenus. »
- 45:50InvitéChiffre
« 2021 a été une année record des bénéfices des entreprises, les grosses. »
- 46:12InvitéPromesse
« Remise de 15 centimes par litre d'essence pour tous les Français. »
- 47:19InvitéChiffre
« L'inflation va causer une perte d'1,4% de pouvoir d'achat ce trimestre, selon l'INSEE. »
- 50:06PrésentateurChiffre
« 7% aux États-Unis, au plus haut depuis 40 ans. »
- 57:15PrésentateurChiffre
« On vient de rajouter 30 milliards de dépenses. »
- 58:15PrésentateurFait
« Emmanuel Macron veut augmenter le nombre de réservistes. »
- 59:43PrésentateurChiffre
« La Russie aurait perdu 250 chars en Ukraine, c'est le nombre de chars dont la France dispose. »
- 1:02:19InvitéFait
« Emmanuel Macron évoque du pragmatisme. Décaler l'âge, c'est ce qui rapporte le plus dans les caisses. »
- 1:02:27InvitéChiffre
« On perd 10 milliards d'euros, le régime des retraites aujourd'hui. »
- 1:03:21PrésentateurFait
« 65 ans pour partir à la retraite. »
- 1:03:44PrésentateurFait
« Si on donne du 60-40 en faveur d'Emmanuel Macron, une partie de l'électorat de gauche se sentira non obligée de voter. »
Temps de parole
- Présentateur60 %
- Invité17 %
- Invité 217 %
- Invité 33 %
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Bonsoir à toutes et à tous, 4 heures de conférence de presse, Emmanuel Macron a déroulé hier son programme avec de nombreuses mesures très détaillées, la retraite à 65 ans, le RSA sous condition ou encore le salaire au mérite dans l'éducation nationale. La droite crie au pillage et réclame un débat avant le premier tour. Mais cette campagne s'inscrit dans un contexte bien particulier avec la guerre en Ukraine. Emmanuel Macron a d'ailleurs dû terminer sa conférence de presse pour prendre au téléphone le premier ministre canadien Justin Trudeau. Un contexte bien particulier donc qui semble profiter au chef de l'État qui bondit au-delà des 30% dans les intentions de vote au premier tour.
C'est le sujet de cette émission de ce C dans l'air intitulé ce soir Emmanuel Macron, une campagne en temps de guerre. Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Christophe Barbier. Vous êtes éditorialiste politique et directeur de la rédaction de Franc-Tireur. Cécile Cornudet, éditorialiste politique aux Echos. À lire sur le site de votre journal votre dernier édito intitulé Macron, je n'ai pas changé. Fanny Guinochet, éditorialiste à France Info et à la Tribune, spécialiste des questions économiques et sociales. Et enfin Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l'Institut de sondage IFOP, auteur de La France sous nos yeux, c'est aux éditions du Seuil.
Merci de participer à cette émission en direct. Christophe Barbier, on commence avec vous avec une question très simple. Que pensez-vous de la prestation hier longue d'Emmanuel Macron ? Une prestation de candidat répondant à toutes les questions, alors que quand on est président, on peut accepter 4-5 questions et puis partir. De candidat qui voulait faire le tour des sujets, mais d'un candidat qui est insortant. Et donc obligé de s'inscrire dans une certaine forme de continuité. Il ne pouvait pas renier ce qu'il avait fait pendant 5 ans. Plus que candidat sortant, il est favori.
Quand on n'est pas favori, par exemple Nicolas Sarkozy en 2012, qui était en difficulté pour sa propre élection, d'ailleurs il a perdu. Vous êtes obligé de marquer la différence avec ce que vous avez fait. D'avoir l'effet monsieur plus. De mettre de la valeur ajoutée à ce que vous avez fait, parce que visiblement ça n'a pas convaincu vraiment les Français. Il est tellement favori depuis le surgissement de la guerre en Ukraine, qu'il n'a pas besoin de faire du Macron plus, plus, plus. Néanmoins, il doit montrer qu'il a compris les colères sociales, qu'il a compris les nouveaux défis économiques.
Donc il s'agit d'offrir non pas une rupture dans la continuité, comme on le dit souvent en politique, mais une simple correction dans la continuité. Ou un complément dans la continuité. Correction, ce qu'il nous propose sur les retraites ou sur le nucléaire, ce n'est pas du tout ce qu'on entendait en 2017. Complément dans la continuité, ce qu'il propose sur l'apprentissage, l'éducation, l'économie au sens large, c'est un peu plus la continuité avec juste un peu de rajout. Cécile Candidé, sur la forme, est-ce qu'il y avait de l'enthousiasme ? La une de Libération ce matin est assez amusante, c'est « il y pense en nous rasant ».
Et j'ajoute même lui-même, Marine Le Pen disait ce matin sur France Inter, on avait le sentiment qu'Emmanuel Macron se débarrassait d'une corvée.
Oui, je pense qu'il ne cherche pas à être autre chose que ce qu'il a. Il fait toujours trop long et il ennuie toujours un peu. Il met une heure pour répondre à chaque question et là, il n'a pas cherché à montrer un autre visage que ce qu'il était, par continuité, comme dit Christophe Barbier. Après, quel était l'enjeu ? L'enjeu était de casser cette petite musique qu'on entend, il ne mène pas campagne, il se défausse, il n'est pas courageux, il fuit le débat. Alors certes, il dit toujours non à des débats contre ses adversaires, mais il voulait mettre quand même des choses fortes dans la campagne pour que ça anime le débat.
Et de fait, depuis, tout le monde crie, enfin tout le monde, tous les opposants crient. Alors certes, il est dans la continuité, mais il n'innove pas. Ce n'est pas le grand transformateur qu'on avait en 2017. Mais il y a des choses très fortes et c'est des bombes sociales quasiment. Quand vous voyez la retraite à 65 ans, le RSA conditionné, la rémunération des profs, l'autonomie des universités, avec sans doute la possibilité d'augmenter les droits d'accès, il y a énormément de choses qui peuvent mettre la France à feu et à sang. Après, il y a tellement... C'est moins aseptisé qu'il n'y paraît, c'est ce que vous dites. Moi, je pense que c'est de la continuité, mais pas de la prudence.
Je pense qu'il y a quand même une grosse part de risque parce qu'il cherche un mandat, il cherche moins à conforter son élection parce que j'ai l'impression qu'il pense lui-même que c'est acquis, mais il ne veut pas, derrière, avoir, dès qu'il voudra faire une réforme, la France entière qui se soulève en disant qu'il n'en a jamais parlé, etc. Donc, il cherche le mandat, il cherche le contrat avec les Français pour quand même avoir des marges de manœuvre derrière. Et je trouve qu'il y a quand même beaucoup de choses. Il y a même tellement de choses que tout dépendra, qu'il ne peut pas tout faire, de tout ce qu'il a dit. Il y a au moins une trentaine de mesures qu'il a proposées hier.
Tout dépendra de la façon dont il les présente, il les priorise. Manifestement, la retraite, il veut le faire en premier. En revanche, l'école, par exemple, ça prendra beaucoup de temps parce qu'il veut mettre en œuvre une nouvelle méthode de concertation. Donc, il y a de tout. Mais il y a quand même beaucoup de choses et c'est quand même très riche.
Fanny Guinoche, c'était long et parfois c'était très technique à tel point qu'Emmanuel Macron a interpellé les journalistes pour dire, pour vous demander, dites-moi s'il y a quelque chose qui n'est pas clair. Il s'adressait à qui, à des espèces, par exemple vous-même, par moment, vous avez été surprise du détail dans lequel il est rentré quand il s'est fait une mesure sociale.
Oui, ça dépend du sujet. Mais effectivement, c'est l'ancien ministre de l'économie sur tout ce qui est des mesures économiques et sociales. Il les connaît parfaitement bien. Il a tous les chiffres en tête. Il sait précisément là où il y aura des freins. Et c'est vrai que ça pouvait paraître très technique, ce qui est aussi une façon de rassurer son auditoire.
Je maîtrise mes dossiers.
Je maîtrise mes dossiers. Regardez, je suis sur l'Ukraine, mais en même temps, je n'ai pas perdu le fil. Je suis capable de vous dire quel est le niveau de l'inflation, le problème du pouvoir d'achat des ménages, le taux de chômage. Il a beaucoup insisté sur le taux de chômage. Et là, c'est vrai que la continuité, il a envie d'aller un cran plus loin parce que c'est une des meilleures, une des plus belles victoires de son mandat. C'est d'avoir fait baisser le chômage là où et François Hollande et Nicolas Sarkozy ont eu du mal. Donc, c'est un des axes forts de son mandat, mais aussi de la proposition qu'il fait pour un second mandat, c'est le travail.
Le travail est effectivement, il emprunte de ce point de vue-là à la droite et notamment à Valérie Pécresse sur remettre, en finir avec l'assistana, remettre les gens dans une forme d'activité, pas forcément du travail, mais au moins de la formation pour les bénéficiaires du RSA. Le travail, le travailler plus longtemps. Alors, c'est vrai qu'il a une certaine habilité parce qu'il se déjuge vraiment sur la retraite. Il se déjuge. Il avait dit dès en 2017, je ne toucherai pas à l'âge. Et là, non seulement il touche à l'âge et en plus, il met le curseur assez loin. 65 ans en 10 ans, c'est quand même un rythme assez soutenu.
La volonté, c'est de faire rentrer évidemment de l'argent dans les caisses. Mais c'est vrai qu'il évoque une concertation sur la retraite. On se dit que la concertation, elle est pliée, qu'il n'y aura pas beaucoup de concertation. Parce que l'exemple qu'il a eu, on se souvient, c'était il y a longtemps, mais avec Jean-Paul Delevoye, une concertation pour passer d'un régime à un régime universel pour tout le monde, ça, c'est terminé.
Donc, comme Cécile Cornudet, vous dites que ça va être chaud, ces mesures.
Comme Cécile Cornudet le disait très justement, la retraite va être un des premiers dossiers. Parce que c'est son regret. C'est un des regrets de son mandat, de ne pas avoir fait cette réforme à terme. Donc, dans les 100 premiers jours, je pense que la retraite et les forces d'opposition en face, il sait aussi que les syndicats sont très affaiblis par la crise Covid, parce que ça a touché les collectifs de travail, parce que ça a remanié l'organisation du travail. Les syndicats qui n'étaient pas déjà très vaillants avant la crise, avant la pandémie, se retrouvent un peu en difficulté. Alors, il a donné quand même quelques... Il a distillé deux, trois petites choses pour la CFDT.
Premier syndicat de France, notamment sur le compte épargne, tant que les Français pourront prendre avec eux, ça sera une portabilité, vous changerez d'entreprise et vous garderez votre compte épargne-temps. Par exemple, ça a une grande volonté de la CFDT. Mais sinon, c'est vrai que je suis assez d'accord avec Cécile Cornudet, il a laissé, il a mis deux, trois bombes qui, socialement, vont faire réagir.
Mais sur la forme, Jérôme Fourquet, on a un président très consensuel. Écoutez son slogan, être plus fort et plus heureux tous ensemble. On ne peut pas faire plus. Qui peut s'opposer à ça ? Qui peut s'opposer à ce type de slogan ? C'est quoi ? C'est un président qui... Pas de faute, je suis en tête, pas de faute. Alors, sous question, on dit souvent, le plus grand risque, c'est de ne pas en prendre. Est-ce que... Est-ce que ce statut de favori, il n'est pas anxiogène pour Emmanuel Macron ? Alors, il prend quand même un certain nombre de risques. Encore une fois, imaginez, dans une autre campagne électorale, un candidat qui annonce la retraite à 65 ans.
Alors, même qu'il est sortant et qu'il a échoué sur la précédente réforme, ce n'est pas minime comme prise de risque. Alors, il est dans cette volonté de poursuivre le dépassement du vieux clivage gauche-droite. Et ça lui va très bien que différents candidats disent qu'il a été emprunté comme un coucou des mesures aux uns et aux autres en disant, en fait, le débat, il se fait en interne chez moi et on n'a plus besoin des formations politiques de l'ancien monde. On est passé à autre chose et ça me va très bien si je peux aller piocher ici ou là différentes mesures. Donc, c'est pour ça aussi que le catalogue était très fourni. Il y en a eu pour tout le monde.
Bien évidemment, la cible prioritaire, c'était l'électorat de droite. Et donc, on comprend bien que Valérie Pécresse soit montée tout de suite au créneau. Mais on a aussi certaines mesures pour la gauche. Quand on parle d'embaucher 50 000 aides-soignantes dans les EHPAD, de renforcer la fonction publique dans certains endroits, tout ça parle à vocation aussi à parler à la gauche. Il a évoqué une prochaine concertation citoyenne sur la fin de vie. Donc là aussi, c'est la nouvelle étape sociétale de ce nouveau quinquennat. On a eu sur la bioéthique la question de la PMA lors du précédent quinquennat qui s'achève. Donc là, ce serait la nouvelle ligne d'horizon.
Alors, sur son statut d'ultra-favori, certes, mais tout ça est en partie corrélé à la situation militaire en Ukraine, je pense. C'est-à-dire que si la situation se fige militairement, ce qui n'est pas impossible, il n'est pas évident que l'Ukraine continue d'occuper l'espace médiatique et politique encore pendant trois semaines. On voit déjà qu'on en parle un petit peu moins. Alors, tout ça est très aléatoire. Et Emmanuel Macron est monté jusqu'à 31,5% dans notre sondage IFOP. Il est ce soir à 29%.
Et donc, si, encore une fois, la question ukrainienne est un peu moins centrale, les préoccupations de pouvoir d'achat et les réformes sociales qui sont annoncées peuvent lui donner quand même un petit peu de fil à retordre, même si, encore une fois, il est largement favori. Alors, à trois semaines de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron a donc dévoilé hier son programme, une longue conférence de presse dans laquelle le président a promis des baisses d'impôts et le plein emploi. Un projet très critiqué, on l'a dit, par la plupart de ses adversaires qui estiment que la campagne est biaisée par cette guerre en Ukraine. Sujet de Thibault Gross et Erwan Illion. Bonjour messieurs, dames.
A seulement 24 jours du premier tour, Emmanuel Macron dévoile enfin son programme. Un candidat, toujours président.
Quatre heures de grande orale devant plus de 200 journalistes. Un catalogue de propositions. Et une tentative de revenir aux fondamentaux du macronisme. Avec un clin d'œil à gauche. Le RSA, la prime d'activité, les appels, les allocations familiales, tous ces dispositifs qui sont très segmentés, qui rendent notre système illisible, injuste. Nous allons les réformer, les simplifier pour mettre en place cette solidarité à la source. Et une main tendue à droite. Retraite à 65 ans ou obligation de consacrer 15 à 20 heures d'activité pour toucher le RSA.
Nous devons travailler plus. Et là-dessus, il y a deux leviers.
Le plein emploi, la réforme des retraites. Un en même temps revendiqué par le candidat. Je l'assume totalement, parce que je pense que fondamentalement, c'est ce pourquoi les Françaises et les Français m'avaient choisi il y a 5 ans. Je m'en fiche.
Royalement, totalement, présidentiellement.
Alors est-ce que Valérie Pécresse ou un autre de vos concurrents de droite pourrait faire partie d'un futur gouvernement d'Union nationale ?
Moi je n'exclus rien.
Une petite phrase qui n'a pas échappé à Éric Zemmour. Emmanuel Macron vient d'avouer que Valérie Pécresse était bien la candidate cachée du macronisme. A 20h02, le 10 avril, elle appellera à voter Emmanuel Macron en espérant un poste. La candidate des Républicains se défend et accuse le chef de l'État de copier ses propositions.
C'est un projet de contrefaçon. De contrefaçon, alors oui, M. Macron va faire la réforme des retraites jusqu'à 65 ans. Mais qui a eu le courage de le dire ? C'est nous. Aura-t-il le courage de le faire ? Ça, c'est une autre affaire.
Emmanuel Macron de droite ? Ce n'est pas la gauche qui dira le contraire. Le candidat communiste dénonce un projet de régression sociale.
Il demande à ceux qui touchent aujourd'hui le RSA de travailler pour 7 euros de l'heure. C'est même pas le niveau du SMIC. C'est un appauvrissement généralisé de la France. La dignité, c'est par le travail et par le salaire qu'on la conquiert. C'est ce qu'il dit ? La dignité, c'est quand... Mais vous travailleriez, vous, pour 7 euros de l'heure ?
Le président entre timidement dans une campagne qui peine toujours à passionner l'opinion. Une distance assumée par le principal intéressé.
Sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron se met en scène. L'image d'un chef de l'État dont l'agenda est accaparé par la guerre en Ukraine. Suite à capuche, mal rasé, une communication parfois moquée sur les réseaux sociaux. Mais dans les sondages, le président candidat creuse l'écart et affiche désormais plus de 10 points d'avance sur ses concurrents. Favori, au point de refuser de débattre avant le premier tour. L'opposition l'accuse de vouloir enjamber la campagne.
C'est la responsabilité d'Emmanuel Macron ? Alors, il a une responsabilité évidente. Il est si fébrile sur son bilan qu'il ne veut pas en débattre. Il nous faut un beau et grand débat démocratique pour tirer toutes les leçons de ces crises, pour savoir comment les uns et les autres veulent y répondre et que ce soit un vrai choix positif de société pour les cinq prochaines années. Dans les colonnes du Figaro, le président du Sénat, soutien de Valérie Pécresse, va même plus loin.
S'il n'y a pas de campagne, la question de la légitimité du gagnant se posera. Le président de la République veut être réélu sans jamais avoir été réellement candidat, sans campagne, sans débat, sans confrontation d'idées.
Hier, réponse sanglante du candidat Macron. Selon lui, un président du Sénat ne devrait pas dire ça.
Alors, question téléspectateur Christophe Barbier, c'est Frédéric dans le Vaucluse. Les propositions du candidat Macron dans leur ensemble constituent-elles un programme de droite ou de gauche ? Il penche à droite. Le Macron 2022 est plus à droite que le Macron 2017. Le est en même temps, qui était à l'époque social-libéral, est devenu franchement libéral-social. Notamment parce qu'Emmanuel Macron remplit des carences, remplit des manques dans son projet politique qui sont apparus au fur et à mesure de son quinquennat. Je pense à tout ce qui est sécuritaire, immigration, lutte contre le séparatisme.
C'était des demandes plutôt considérées comme droitières sur lesquelles sa réponse était faible. Il s'est affirmé de ce côté-là. Mais aussi parce que dans certains choix économiques et sociaux, il va plus loin du côté de la droite. Le choix du nucléaire est à la fois dicté par la conjoncture énergétique internationale, mais c'est quand même plutôt la droite qui était productiviste, plus les communistes, plutôt que la gauche qui se voulait pour une transition sans le nucléaire. De la même manière, ce qu'on a dit sur les retraites, c'est un choix comptable qui est un choix plutôt marqué à droite. Eric Wehrt devait avoir le sourire hier, puisqu'il a rejoint Emmanuel Macron.
Donc oui, on a l'impression d'un candidat qui est plus à droite qu'avant, mais dans une France qui est beaucoup plus à droite qu'avant. Et le résultat des sondages en est le témoignage. C'est la société qui a glissé vers la droite fortement depuis 5 ans et le président de la République a glissé un peu à l'unisson. Donc, Cécile Cornudé, la droite est fondée, comme elle l'a fait hier soir, à crier au pillage. On a entendu des voix de droite dire que ce n'est pas un programme, c'est un pillage.
Alors, moi, c'est un tout petit peu plus mesuré. Je pense qu'on a une impression de programme de droite parce que ce qui fait mal, c'est ce qui peut faire des mouvements sociaux, ce sont les propositions de droite. Après, il y a quand même pas mal de choses. Par exemple, il y a la planification écologique. Ça, c'est quelque chose qui est plutôt emprunté à Mélenchon. Sur les dépenses publiques, c'est vraiment du quoi qu'il en coûte prolongé. Et ça, d'ailleurs, Valérie Pécresse... Donc, il y a quand même des choses de gauche, mais c'est vrai que l'impression donnée là, c'est plutôt à droite. Et alors, pour Valérie Pécresse...
Est-ce que c'est habile d'avoir dit que Macron me pille le programme ?
Moi, je pense que c'est une énorme erreur. Et donc, on a vu le soir même, elle dit que c'est la photocopieuse. Ils ont mis sur les réseaux sociaux une photocopieuse en disant qu'ils nous prennent... Mais ça, ça veut dire quoi ? C'est presque un permis de voter pour ses électeurs. Et donc, depuis ce matin, elle a complètement changé de pied en disant qu'il m'a pris des choses, mais surtout, il y a beaucoup de choses qu'il n'y a pas, notamment l'immigration, la sécurité. Elle a changé de pied. En fait, elle est quand même un peu tombée dans le piège parce que c'est vrai qu'il ne se cache pas.
Là, par exemple, la petite phrase qu'il a répondue à la journaliste quand elle lui dit « Est-ce que vous prendrez Valérie Pécresse au gouvernement ? » Il dit « Sans doute, il ne la prendra pas. » Je pense qu'il n'y a aucune chance qu'il la prenne. Mais il préfère laisser penser qu'eux parce que c'est un piège pour elle. Et donc, c'est un piège parce qu'Éric Zemmour dit depuis le début, vous verrez, il la rejoindra, elle le rejoindra. Donc, voilà, il s'amuse de ces pièges dans lesquels LR, depuis le début, tombe les deux pieds dedans.
Et puis, elle a donné pour les électeurs de droite, « Bon, Macron, c'est la même chose. » Oui, alors le piège, il est armé des deux côtés, en fait. À la fois par Emmanuel Macron, mais aussi par Éric Zemmour, vous l'avez montré dans votre sujet, qui tout de suite a rebondi. Ça, comme si il y a une espèce d'entente tacite entre ces deux candidats pour dépouiller… Pour siphonner l'électorat LR. Par les deux côtés, l'électorat LR. Dans notre dernier sondage, Valérie Pécresse ne recueille plus que 41% des électeurs qui avaient voté pour François Fillon en 2017. Score de François Fillon à l'époque, qui était déjà un score, un étiage bas pour la droite.
Et donc là, aujourd'hui, il y en a plus d'un quart qui voterait pour Emmanuel Macron, et à peu près la même proportion pour Éric Zemmour. Et donc, cette espèce de ping-pong par-dessus la tête de Valérie Pécresse est parfaitement bien orchestrée. Et effectivement, les réactions de la candidate ne sont pas de nature à essayer de déjouer ce piège. – Christophe Barbier, le procès en illégitimité, alors qu'il a été fait, et ça lui est revenu en boomerang, par Gérard Larcher en disant, au fond, s'il n'y a pas de débat, le président sera mal élu et il aura du mal à faire passer ces réformes.
Il n'empêche, et Cécile Cornudet et Fanny Guinochet disaient, bon courage pour faire adopter la retraite à 65 ans, dans les 100 premiers jours, après une campagne qui aura été ce qu'elle a été avec peu de débat. – Une élection avec une faible campagne du fait des événements internationaux, peut-être aussi une faible participation, pas de suspense, ça ne vous facilite pas politiquement le travail. Et en effet, ça privera Emmanuel Macron, d'autant que c'est son deuxième mandat, d'un état de grâce. Il n'aura pas un blanc-seing consécutif à une sorte d'effet de souffle démocratique parce qu'il aura été élu triomphalement dans un combat flamboyant, certes.
Mais ce qu'a dit Gérard Larcher, c'est une contestation juridique, employant ce mot illégitime. – Il a fait l'erreur. – Vous pouvez avoir 80% d'abstention, faire vous-même 15% au premier tour, ce n'est pas un examen la présidentielle, où il s'agit de franchir un niveau. C'est un concours. Si vous avez 4 sur 20 et que tous les autres ont 3, vous avez gagné. Et donc c'est dénaturer l'élection présidentielle que de dire, en dessous d'un certain seuil, vous n'êtes pas légitime. D'autant que Jacques Chirac, un président qui a soutenu Gérard Larcher, a toujours fait des scores médiocres pour en 2002 être en dessous des 20%. Il a quand même été élu au deuxième tour avec 82%.
Est-ce que Jacques Chirac était illégitime en 2002, avec un Macron qui peut-être va faire 28% ? – Pourquoi a-t-il dit ça ? C'est une dérive trumpiste que de commencer à contester le résultat d'une élection présidentielle ? – Je pense qu'il y a trois tentations chez Gérard Larcher et chez ceux qui, à droite, nous font entendre ce petit bruit. Première tentation, en effet, si ce n'est une tentation trumpisme, du moins se mettre à l'unisson d'un écho dans la population qui est de contester la démocratie représentative. On l'a vu avec les gilets jaunes, les élections, ça ne sert plus à rien. C'est dans la rue, dans le rapport de force qu'on obtient des choses.
Regardez la Corse, regardez les gilets jaunes. Les urnes, c'est un simulacre. Et donc les politiques essayent de se teinter un peu de populisme pour ne pas perdre le contact avec ces gens-là. Il y a une deuxième tentation qui est la tentation de coller à Zemmour. C'est que Zemmour va aller chercher, comme Mélenchon l'avait fait en 2017, il va le dire après l'élection, les urnes, c'est rien, ce qui compte, c'est la rue, c'est les mouvements associatifs, c'est le pays réel face au pays légal, vieille antienne, morassienne. Et puis troisième tentation, chez Gérard Larcher, mais on la trouve aussi ailleurs. C'est l'idée de dire, non mais la bonne élection, c'est les législatives.
Parce qu'avec notre implantation locale, on a une petite chance, si la majorité se divise, si c'est un peu la pagaille, de faire un coup aux législatives et de mettre Emmanuel Macron en difficulté. Souvenir de la présidentielle 88, où Mitterrand est réélu très facilement, mais où il n'a qu'une majorité relative à l'Assemblée un mois plus tard. Fanny Guillocher ?
Juste pour compléter, c'est vrai que les mesures telles qu'il les a présentées, on parle de la retraite par exemple, avec cet âge à 65 ans, peuvent paraître explosives. Mais de l'autre côté, il ne faut pas oublier de dire qu'il y a des contreparties qui sont prévues. Par exemple, les 1100 euros de retraite minimum. J'ai trouvé hier qu'Emmanuel Macron insistait sur le côté quand même protecteur. Et ça, c'est très nouveau. Là, on voit que la crise est passée par rapport à...
D'ailleurs, il le dit, je n'ai pas compté le nombre de fois où il le dit dans sa conférence de presse, mais l'État qui protège, si on ne travaille plus, c'est pour préserver le modèle social dont il sait, auquel les Français sont très attachés. Donc, ça n'a rien à voir, par exemple, avec l'Emmanuel Macron de 2017 qui disait, on est la start-up nation, prenez votre risque, c'est l'individu qui compte, vous allez gérer votre parcours de carrière, votre parcours de vie et vous aurez la fortune au bout du compte. Pas du tout. Tout ça, c'est effacé. Aujourd'hui, l'État va protéger la souveraineté nationale.
Ça peut parler à des électeurs de gauche sur le fait de faire revenir un certain nombre d'industries pour ne plus être dépendants. Alors certes, il y a la guerre en Ukraine, ne plus être dépendants énergétiquement, mais aussi, on se souvient du médicament, des problèmes de dépendance sur tout ce qui est santé. Il promet de faire revenir des industries. Et effectivement, il promet, comme on a parlé de l'écologie, mais une sorte de planification sur l'industrie, sur le fait de créer des emplois. Donc c'est vrai que le positionnement, il est assez difficile pour ses adversaires parce que même un Fabien Roussel, même un Jean-Luc Mélenchon sur ce sujet-là se trouve un petit peu démuni.
Il n'empêche, sur la perception de ce programme, question de Luc en Haute-Savoie, Cécile Cornudet, où est passé le programme disruptif et révolutionnaire ? C'était le nom de son livre de 2017. Macron ne nous propose-t-il pas une vulgaire politique de droite ?
Alors, disruptif, c'est ultra-libéral. C'est vrai, je pense, comme Fanny, qu'il l'est beaucoup moins. Il est plus planificateur, il est plus étatiste. En revanche, il y a quand même des propositions originales. Par exemple, il veut faire des lois d'exception pour qu'on puisse contourner toutes les normes et toutes les procédures pour pouvoir aller plus vite quand il s'agit de construire des éoliennes, par exemple, ou des choses en matière écologique, et pour le logement. Donc, ça veut dire qu'il va faire voter une loi où on pourra dire « Bon, ben, toutes les contraintes, on enlève, on y va, on fonce. » Donc, ça, c'est assez original.
Il a une proposition sur Pôle emploi, qui va rebaptiser France Travail. France Travail, où, en fait, tout le travail va être déconcentré au niveau des départements pour faire travailler tous les acteurs ensemble, pour qu'ils puissent mieux prendre en charge individuellement chaque demandeur d'emploi pour l'aider à retrouver quelque chose. Donc, on sent quand même qu'il essaye de casser des schémas de réforme. Et puis, il y a toute une nouvelle méthode qui met en avant plus participative sur l'école et la santé, par exemple, il dit « On va pas faire comme on a beaucoup investi, on voit que ça change rien. On a mis beaucoup d'argent dans l'école, beaucoup dans la santé.
Et finalement, il y a toujours les mêmes rigidités. Donc, on va fixer des objectifs précis et puis demander sur le terrain aux gens de discuter et de bâtir des schémas qui pourront être différents d'une région à l'autre pour être plus… Voilà. Sur l'école, c'est assez révolutionnaire quand même ce qu'il veut faire. S'il donne plus d'autonomie aux établissements.
– Les enseignants au mérite.
– Alors, c'est moins du mérite qu'un contrat. C'est-à-dire, vous acceptez…
– De faire ça et je vous augmente.
– Et vous serez augmenté. – Donc, il y a quand même des tentatives de bousculer, par exemple, toutes ces choses dont je viens de parler, ça se retrouve dans aucun autre programme.
– Donc, Jérôme Fouquet, c'est vrai que quand on rentre dans le détail, on voit que ces réformes sont plus… ces mesures sont plus audacieuses qu'elles y paraissent. La réforme à 65 ans, on comprend bien les freins que ça pourrait provoquer. Pour rebondir sur ce que disait Christophe Barbier, il est en tête dans les sondages, il est favori pour l'élection présidentielle. Mais aurait-il derrière, en cas de victoire, une majorité à l'Assemblée nationale, pour gouverner par là ? Est-ce qu'il faut quoi ? Il faut des députés étiqueter la République en marche ? Enfin, qui soutiennent la République en marche ? – Étiqueter majorité… – Est-ce que ça le travaille, ça ? – Je pense que c'est… – Que deux ?
– Bien sûr. Alors, c'est incontournable d'avoir une majorité. Alors, ils ne seront pas forcément tous étiquetés la République en marche. Vous savez qu'il y avait déjà beaucoup de modems. Il y aura sans doute des gens qui seront étiquetés majorité présidentielle. On va voir ce que fera Horizon, par exemple, le parti d'Édouard Philippe. Il faut rappeler aux téléspectateurs que comme on a avancé le scrutin présidentiel de deux semaines par rapport au calendrier habituel, qu'on a laissé la date des législatives à peu près à la date habituelle, on a un intermède entre la présidentielle et les législatives qui sera de deux semaines plus longues. – On peut dire que ce n'est pas grand-chose.
Mais si on annonce d'ores et déjà que le projet de loi sur la réforme des retraites à 65 ans doit être présenté au Parlement à l'été prochain, ça veut dire qu'on rentre dans le vif du sujet dès l'élection présidentielle. Et donc comment tout ça se passe ? Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est que si jamais… – Il y a des rumeurs de dissolution immédiate de l'Assemblée nationale pour avancer les législatives ? – On verra. Si jamais Emmanuel Macron est réélu, c'est une première d'un président réélu hors période de cohabitation. Mais autre spécificité, avec la réforme de la Constitution, on ne peut plus faire plus que deux mandats de président.
Et donc à la minute même où il est réélu, la saison 3 commence en fait. – Ah, la suite. – Il y a les grandes manœuvres. Et donc tout ça, voilà. Alors on a entendu beaucoup, c'était notamment agité par la droite, des gens qui disaient « si Emmanuel Macron est élu, de toute façon, il y aura une cohabitation derrière ». Mais je ne vois pas d'où cette analyse tombe. Et ce n'est pas évident du tout qu'il n'ait pas de majorité, mais tout dépendra du climat politique et social qui prévaudra après la présidentielle, qui choisit comme Premier ministre, et de quel gage il donne, parce qu'encore une fois, à l'opinion publique sur cette question de la retraite à 65 ans.
Parce que si c'est juste, c'est déjà… C'est quelque chose, je ne le nie pas, mais si c'est juste dire, il n'y aura plus une retraite à moins de 1 000 euros, mais face à un recul à 65 ans, avec le tête-à-queue en disant « on ne fera pas de retraite, réforme paramétrique et on ne va pas toucher aux annuités », c'est quand même une rupture. Et toutes les enquêtes d'opinion sont constantes. – Contre ? – Sont pour. La seule catégorie qui est pour, c'est les gens qui sont déjà à la retraite. – Les retraites, ceux qui ne sont pas concernés. – Oui, ben si, ils sont concernés, parce que comme ça… – Oui, mais en tant que bénéficiaire, pas en tant que… – Voilà, en tant que bénéficiaire.
Et accessoirement, c'est un électorat qui continue, en partie, de rester fidèle à la droite, qui demeure l'objectif principal d'Emmanuel Macron. C'est aussi casser ce qui reste de l'électorat de droite. – Christophe Barbier, en cas de victoire d'Emmanuel Macron, est-ce qu'une bonne partie des LR ne va pas aller là où est le pouvoir, c'est-à-dire chez Emmanuel Macron ? – Ils ont déjà. – Oui, et justement, la rumeur d'ailleurs, alors je ne sais pas, c'est que Nicolas Sarkozy, dit-on, mais on ne sait pas si c'est vrai, on pourrait appeler à voter Macron dès dimanche. – Nicolas Sarkozy participe lundi, je crois, à une cérémonie… – Dimanche.
– Dimanche, c'est la cérémonie à Toulouse, mais lundi, je crois qu'il est aussi dans un colloque à Paris, donc ça va être un week-end mémoriel autour du 10e anniversaire des attentats de Mohamed Merah, autour des victimes, des familles des victimes, et dans une ambiance aussi sur tous les périls qui nous menacent. Je l'imagine mal, faire un coup politicard dans cette ambiance-là, ça serait assez malvenu. Que peut-il faire Nicolas Sarkozy ? Il a trois solutions. La première solution, c'est de dire, je suis républicain, je reste républicain, Pécresse, Pécresse, d'ailleurs je vais à ces meetings. On l'imagine mal, monter sur un bateau qui prend l'eau de toute part.
Il peut choisir complètement l'inverse et dire, j'appelle à voter Emmanuel Macron dès le premier tour, nous devons être nombreux à soutenir le président en place, parce que le monde est dangereux. Ça serait quand même un revirement qui serait mal compris par ceux qui lui restent extraordinairement fidèles, qui est ce cœur d'électorat LR. Ils ne sont pas tous passés chez Macron, ces électeurs, ils vivent encore dans le souvenir de Sarkozy.
Et il peut trouver le juste milieu en disant, moi, à titre personnel, je serais fidèle à ma famille politique au premier tour, mais je considère que l'unité de la nation appelle, dès le soir du premier tour, à un rassemblement sans faille autour de celui qui battra les extrêmes et qui dirigera le pays. Ça serait une manière de réagir, non pas en ancien chef de la droite, mais en ancien président de la République. Alors, est-ce qu'il saura trouver ce juste milieu avec son caractère, et surtout quand, dans les trois semaines qui restent ? Bon, à lui de choisir le scénario. En revanche, dès qu'Emmanuel Macron sera réélu, si c'est le cas, il a devant lui deux instruments possibles.
Le choix du premier ministre, je laisse Castex jusqu'aux législatives, il n'y a pas de raison de changer un premier ministre avant que le Parlement ne soit pas renouvelé, il n'y a pas de raison légale. Et puis le deuxième choix, c'est dissolution ou pas dissolution. Moi, je pense qu'une dissolution serait vraiment une erreur. D'abord parce qu'en 1997, Jacques Chirac a essayé, ça s'est retourné contre lui. Ça fait toujours magouille, ça gagne à peine deux semaines. Et puis surtout, on nous a dit pendant des semaines, le Parlement est suspendu, mais il peut être appelé n'importe quand pour parler Covid, s'il y a une reprise de l'épidémie, on l'oublie un peu.
Et puis pour débattre d'un éventuel engagement des forces françaises, si par hasard, les périls géopolitiques s'enflammaient. Si vous limogez l'Assemblée nationale, alors que vous dites j'aimerais la voir à ma main en cas de besoin, vous êtes dans la contradiction.
Cécile Grandidé ? Il y a un autre scénario pour Nicolas Sarkozy, qui ne dise rien et qui continue de diffuser des petites phrases malveillantes sur Valérie Pécresse, ce qu'il a fait au pire moment pour elle, au moment de son premier grand meeting au Zénith à Paris, je ne sais pas si vous vous souvenez, d'une série de phrases terribles disant qu'elle ne l'avait pas assez consultée, qu'elle faisait une mauvaise campagne, etc. Ce n'est pas très président, ça. Ce n'est pas très président, mais pour l'instant, c'est ce qui s'est passé. Je dirais, maintenant, le mal est fait. D'ailleurs, Valérie Pécresse ne l'attend plus.
Mais effectivement, je pense que l'enjeu d'Emmanuel Macron pour ses élections législatives, pour sa future majorité, c'est d'avoir la droite, d'avoir une partie de la droite. C'est pour ça qu'il tend des pièges à Valérie Pécresse. C'est pour ça qu'il y a une sorte d'alliance de fête avec Éric Zemmour pour piéger Valérie Pécresse. Comme ça, si elle n'est pas présente au second tour, ce qui serait la seconde fois pour ce grand parti de gouvernement qui était LR, ce serait à Rô sur LR, ils vont se prendre les morceaux.
Alors, depuis le début de la guerre, Emmanuel Macron s'affiche en chef de guerre et s'envole dans les sondages. A l'inverse, plusieurs candidats sont embarrassés par leurs anciennes déclarations bienveillantes à l'égard de Vladimir Poutine. Ainsi, Marine Le Pen, Éric Zemmour ou Jean-Luc Mélenchon communiquent surtout désormais sur leur volonté de ne pas s'aligner sur les décisions américaines. Sujet de Julien Lonnet et Christophe Roquet. Il est l'un des premiers à réagir à l'offensive militaire russe en Ukraine. Ce jour-là, Jean-Luc Mélenchon se trouve loin de la métropole et du Vieux Continent, en déplacement à La Réunion.
La Russie de M. Poutine prend l'initiative de provoquer un recul incroyable de l'histoire sur le Vieux Continent. L'attaque est là, visible, elle n'exprime rien d'autre à cet instant que la volonté de faire une démonstration de force et de la volonté de puissance du gouvernement de M. Poutine. Dès lors, le risque est immense d'un conflit généralisé.
Le chef de file des Insoumis condamne. Pourtant, quelques semaines plus tôt, alors que le conflit menaçait, Moscou n'était pas vraiment dans son viseur. Au contraire.
La Russie est un partenaire. Je ne suis pas d'accord pour qu'on en fasse un ennemi. Je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on ait trahi la parole qu'on avait donnée aux dirigeants russes
lorsqu'on leur avait dit que la fin du pacte de Varsovie et du bloc soviétique ne conduirait pas à la présence de l'OTAN jusqu'aux frontières de la Russie.
Jean-Luc Mélenchon dans l'embarras, donc, depuis l'offensive militaire russe en Ukraine. Lui défend sa position de non-aligné, notamment sur l'OTAN. Mais ses adversaires en profitent pour l'attaquer.
Je crois qu'il faut être assez clair sur les questions internationales. D'un côté, il y a ceux qui défendent les démocraties, et de l'autre côté, ceux qui continuent à être complaisants vis-à-vis de régimes dictatoriales. Vous dites aujourd'hui que Jean-Luc Mélenchon a mis des dictateurs ? Je dis qu'il est complaisant avec les dictateurs.
Marine Le Pen, elle aussi, est la cible de critique à cause d'une attitude jugée longtemps pro-russe. La candidate du Rassemblement national s'étant déjà affichée aux côtés de Vladimir Poutine, reçue par le maître du Kremlin en 2017, lors de la précédente campagne présidentielle. Elle avait alors apporté son soutien face aux sanctions européennes suite à l'annexion de la Crimée. Les premières mesures que je prendrais vis-à-vis de la Russie, ce serait de réfléchir à la levée des sanctions, bien entendu, car j'ai toujours été opposée à ces sanctions, que je trouvais en même temps profondément injustes et tout à fait contre-productives.
Les accointances d'hier seraient-elles encore valables aujourd'hui ? Question gênante pour Marine Le Pen. Vous avez bénéficié il y a quelques années d'un prêt accordé par une banque russe que continue à rembourser l'ERN jusqu'en 2028. Est-ce que vous avez été, d'une manière ou d'une autre, avec d'autres, vous n'étiez pas la seule, un relais de l'influence politique de manière petite en Europe ces dernières années ? Non mais en aucun cas. En revanche, j'ai été une des seules responsables... Vous êtes totalement indépendante par rapport au pouvoir russe. Bien sûr, j'ai été une des seules responsables politiques.
En revanche, j'ai essayé de conserver, encore une fois, une équidistance entre les États-Unis et la Russie. Et le simple fait de conserver cette équidistance entraîne ce type d'accusation. Dans la course à l'Elysée, la guerre change la donne et bouscule le camp souverainiste. Selon Nicolas Dupont-Aignan, c'est à l'Ukraine de faire les efforts pour parvenir à une solution pacifique. Autonomie constitutionnelle du Donbass, c'était un engagement de l'Ukraine qu'ils n'ont jamais respecté. C'est-à-dire permettre à cette petite région, ces deux petites régions, de vivre de manière autonome.
Ça n'a pas été accepté, ce que veulent les Russes, et parce qu'il y a des populations russes dans ces régions. Deuxième point, la neutralité de l'Ukraine, qui est la seule solution.
Là encore, c'est ce que veulent les Russes.
Oui, bien sûr. Dans les intentions de vote, cette période de guerre est favorable à Emmanuel Macron, 31% d'après le dernier sondage Elab. Parmi les pro-russes, le grand perdant s'appelle Éric Zemmour, désormais à 10,5%, en baisse depuis le début de l'offensive. Et puis, Cécile Cornudet, l'une des autres grandes victimes... Alors, est-ce que, justement, c'est la guerre en Ukraine ? C'est Valérie Pécresse qui se rapproche par le sous-vot de contrôle dangereusement des 10% et dont on se demande si elle ne va pas terminer sous les 10% ?
C'est un mystère, Valérie Pécresse, parce qu'elle ne peut pas être suspectée d'amitié poutinienne, contrairement à Marine Le Pen et Éric Zemmour. Or, c'est elle qui pâtit le plus manifestement de cette situation, sans doute parce que, dans un moment si dramatique, la stature présidentielle est quelque chose qui compte encore plus et que pour les candidats neufs qui n'avaient pas fait de campagne, n'avaient jamais fait de campagne, qui sont un peu plus récents dans le paysage, c'est plus difficile. Et puis, c'est son électorat qui est particulièrement sensible à ce qu'on appelle l'effet drapeau. On a peur.
Dans les moments où on a peur, on a tendance à se ranger derrière le chef qui mène le combat. À partir du moment où le chef ne fait pas trop de bêtises et gère bien la situation, c'est un réflexe qui est connu en politique. Et elle, c'est elle qui a l'électorat le plus âgé, celui qui a le plus peur et qui, donc, est le plus enclin à se mettre derrière Emmanuel Macron dans cette période.
Fanny Guinochet, la droite, autrefois, avait cette image de bonne gestionnaire. Les questions de déficit et de dette qui explosent, sous Emmanuel Macron, ça n'est absolument plus un sujet ou absolument plus un moteur pour l'électorat de droite de voter la droite traditionnelle, d'ailleurs, pour voter Pécresse.
D'ailleurs, on voit que c'est l'angle d'attaque qui reste à la droite. C'est de dire, ce programme n'est pas chiffré, attention, vous laissez filer les déficits. Mais la demande de protection aujourd'hui, après deux années de pandémie et une guerre qui éclate tout près de chez nous, c'est protéger nous. Je parle sous le contrôle de Jérôme Fourquet. Mais c'est vraiment protéger nous, quoi qu'il en coûte, quoi qu'il arrive. La question des déficits, elle viendra après. Donc, on le voit aujourd'hui, ne serait-ce que sur les mesures énoncées par Jean Castex, sur le plan de résilience qu'il a présenté, là, il y a deux jours, qui sont quand même des mesures de dépense budgétaire.
Vous n'avez pas eu beaucoup d'interlocuteurs, d'opposants politiques qui pouvaient venir en disant, attention, vous dépensez trop. Alors que les dépenses, elles sont considérables. Par exemple, rien que sur la façon de protéger les Français contre la hausse des prix du carburant et de l'énergie, on est à 30 milliards d'euros. 30 milliards d'euros, c'est le budget de l'intérieur. Ce n'est pas un petit budget. En six mois, c'est le calcul que fait Bruno Le Maire. Donc, la demande, c'est d'aider les Français à passer le cap de cette inflation parce que le pouvoir d'achat, tout le monde le ressent. Aujourd'hui, vous allez à la pompe, mais pas que. Vous avez l'alimentaire.
On est à un niveau d'inflation qu'on n'a pas connu depuis des années. Tout le monde le ressent. Et la demande de protection vis-à-vis de ça, elle est extrêmement forte.
Donc, Jérôme Fourquet, Emmanuel Macron, se dit qu'il y a un vivier, là, chez Valérie Pécresse. Il y a encore 10% de voix qu'on peut siphonner. Et les trois semaines peuvent être difficiles pour Valérie Pécresse, les trois semaines qui restent avant le premier tour ? Oui, bien sûr. Alors, je ne pense pas qu'il ait l'ambition de siphonner les 10 points, ou les 12 points, mais peut-être d'en prendre encore quelques-uns avec, encore une fois, cette alliance objective avec Éric Zemmour pour continuer de fracasser cet électorat de droite LR. Et ce qui guette éventuellement les Républicains, c'est de subir le même sort que ce qui avait été infligé au PS lors de la dernière élection présidentielle.
On commence dans certains milieux à droite à repenser au scénario catastrophe des élections européennes de 2019. François-Xavier Bellamy à 8%. 8%. Donc là, on n'est pas très loin. Et ça peut aller comme ça. Sur la question du quoi qu'il en coûte, la droite a toujours été assez ambitieuse dans ses discours. Mais ce qui a plombé aussi, c'est que Nicolas Sarkozy n'a pas tenu. Donc on a vu ça. Aujourd'hui, celui qui a Bercy, c'est Bruno Le Maire. Le Premier ministre, il vient aussi de LR. Le président de la commission des finances à l'Assemblée nationale, Éric Wörth, a rallié Emmanuel Macron.
Donc une des punchlines, comme on dit en bon français, de Valérie Pécresse, c'est Emmanuel Macron a cramé la caisse. Bon, mais celui qui tient les comptes rallie celui qui crame la caisse. Donc ce n'est pas forcément très lisible. Et puis, les Français, y compris une partie de ceux de droite, ont constaté que le politique, quand il voulait, était capable d'aller chercher l'argent. Comme s'il y avait une espèce de cagnotte magique. Et donc, le climat n'est absolument pas à la rigueur budgétaire. D'ailleurs, on est dans le programme d'Emmanuel Macron, dans la constance ou la suite de tout ce qui a été vendu aux Français, élection après élection.
C'est-à-dire, de nouvelles dépenses, de nouveaux engagements, de nouvelles promesses. 200 brigades de gendarmerie ouvertes, 8 500 postes de magistrats. 50 000 embauches. Et sans, comme on dit dans le jargon, le budget ne soit bouclé. Mais ce n'est pas un sujet. Ça n'a jamais été un sujet, en fait. Christophe Barbier, à l'inverse, est-ce qu'il y a un scénario qui permettrait à LR de rebondir et à Valérie Pécresse de reprendre espoir ? C'est très compliqué parce qu'il lui faudrait à la fois une baisse du président Macron, du président candidat, alors à savoir une situation en Ukraine qui se calme, puis des erreurs de campagne. Ce n'est pas simple parce que le président en fait un minimum.
Et puis de l'autre côté, il faudrait que les deux candidats de droite dure, notamment Éric Zemmour, mordent la poussière et lui rendent cette partie d'électorat Fillon 2017 qui est partie chez Zemmour. Éric Zemmour est en difficulté aujourd'hui, mais sur les thèmes sur lesquels il a aimanté cet électorat, immigration, identité, lutte contre l'islam, il n'y a pas de raison qu'il y ait un mieux-disant chez Valérie Pécresse. Donc c'est très très compliqué pour elle. Si elle échappe déjà au syndrome Bellamy, ça sera bien. Elle était la seule à pouvoir espérer, si elle se qualifiait pour le second tour, coaguler un tout sauf Macron.
Et dire à ces électeurs d'extrême droite, mais aussi à une partie de la gauche, bon, vous n'êtes pas d'accord avec tout ce que je propose, mais avec moi vous avez une chance de vous débarrasser de ce président. Les autres, ni Le Pen, ni Zemmour, ni Mélenchon, ne sont capables de coaguler le tout sauf Macron. Bon, maintenant elle est très très loin du second tour, du seuil de qualification Valérie Pécresse, et le souci pour elle et pour sa famille, c'est plutôt de savoir à quelle place elle se trouvera. Troisième, quatrième ou cinquième ? C'est ça qui va catalyser l'explosion de la droite que vous évoquiez tout à l'heure. Combien vont les frapper à la porte d'Edouard Philippe ?
Horizon, ouvre-nous, on a besoin d'un sas de décontamination pour réintégrer la majorité et avoir des places aux législatives. Et combien iront vers Zemmour Maréchal sur le thème ? Bon, ben face à Macron et à son grand centre-droit, centre-gauche, le seul avenir, c'est une droite nationale bien dure, mais avec Zemmour et Maréchal, elle est trop extrême, nous, nous allons la rendre présentable, nous allons la rendre crédible en termes de gouvernance. Est-ce qu'un Éric Ciotti fera ce chemin-là après le 10 avril ? Est-ce qu'un Laurent Wauquiez fera ce chemin-là après le 10 avril ?
Selon la manière dont Valérie Pécresse arrivera à sauver l'honneur et un score fort, cette dislocation de la droite se fera dès le 11 avril ou plus tard vers les législatives. Mais c'est vraiment la fin d'une famille politique. Comme en même temps, on a la fin du PS de Mitterrand, en dessous de 5%, c'est la fin. Nous vivons la fin réelle après le premier coup de semence de 2017 des deux grandes familles qui ont fait la Vème République, les gaullistes avec leurs alliés divers et variés et les socialistes socio-démocrates avec leurs alliés divers et variés.
Si on regarde les sondages d'intention de vote, le score des deux candidats représentant les deux familles historiques, Anne Hidalgo pour le PS et Valérie Pécresse, on est à 13-14%. Pour les deux grands partis de la 5e. Et si vous regardez ces scores sur les moins de 50 ans, on est sous les 10%. Donc cette France d'après, elle a déjà quelque part zappé. De grand parti. Et on revient sur ce que Emmanuel Macron disait dans son intervention. Je m'en fiche royalement, présidentiellement. C'est-à-dire qu'il a tourné la page, il considère que c'est un nouveau théâtre d'opérations qui est en train de se dessiner sous nos yeux.
Alors, une campagne en pleine guerre, pourtant le sujet de préoccupation numéro 1 des Français, ce n'est pas la guerre en Ukraine, c'est bien le pouvoir d'achat. Face à la flambée des prix, les candidats rivalisent donc de propositions pour améliorer les fins de mois des ménages. Tout comme l'exécutif qui a présenté cette semaine un plan de résilience pour contenir les prix de l'énergie. Sujet de Mathieu Lignot, Julien Perrault et Arnaud Faura. Quelques centaines de manifestants hier pour protester contre la vie chère.
Le prix de l'essence, les courses,
tout augmente finalement, sauf nos salaires.
C'est pour ça qu'on est là aujourd'hui. C'est une réalité qu'on soit dans le public, dans le privé. Dans nos écoles, on a des personnels qui sont dans des situations de précarité, qui sont obligés de faire des demandes d'aide sociale alors qu'ils ont un travail.
Difficile pourtant de mobiliser. Mais manifester en pleine campagne présidentielle, à quelques semaines de l'élection, c'est un moyen de pression pour les syndicats. Pour eux, il y a urgence.
Il faut revaloriser les pensions de retraite et tous les revenus.
2021 a été une année record des bénéfices des entreprises, les grosses. Une année record des dividendes versées aux actionnaires. Est-ce que cette année, on la met entre parenthèses ? Ou est-ce que le fruit du travail des salariés en 2021 revient dans la poche des salariés sous forme d'augmentation de salaire ?
La hausse des prix est aggravée par la guerre en Ukraine,
notamment celui du gaz et du carburant. Alors il y a deux jours, Jean Castex annonce son plan résilience, aide aux entreprises,
ou encore remise de 15 centimes par litre d'essence pour tous les Français. Cette question de la vie chère est essentielle pour tous les candidats à la présidentielle.
Un certain nombre de nos compatriotes qui souffrent, qui n'ont pas digéré le traitement qu'ils ont reçu dans les Gilets jaunes, qui reçoivent des salaires de misère, qui ne savent pas comment ils vont faire face dans les semaines qui viennent.
Et pour les candidats de l'extrême-gauche, le coupable, c'est Emmanuel Macron. Macron, c'est vraiment la continuité des politiques ultra-libérales, des politiques même réactionnaires. Nous, on voudrait faire entendre un autre programme de rupture avec le capitalisme, de partage des richesses, la retraite à 60 ans,
un revenu minimum à 1 800 euros, la diminution de temps de travail, en fait, tout l'inverse. Je pense que 2 000 euros pour vivre, oui, c'est ce qu'il faut. Voilà, c'est ce qu'il faut pour ne pas être dans l'angoisse permanente de se retrouver dans l'incapacité de remplir son frigo, de payer son loyer parce qu'on est trouvé malade, par exemple, ou parce qu'on a un accident de la vie, comme on dit.
La France va continuer de subir l'inflation. 4,5 % ce trimestre, selon l'INSEE. Dans cette boulangerie, c'est déjà une réalité. Impossible de se passer du four électrique. Et la facture augmente ces dernières semaines.
On parle de 4 500 euros par mois, à peu près, d'électricité. Alors, pour une petite boulangerie nationale, c'est énorme, en tout cas. Donc, automatiquement, dès qu'on prend une hausse, vous imaginez, sur 4 500 euros, si vous prenez 10 %, où c'est la petite 4 500 euros qui vienne en plus. Donc, c'est tout de suite important. La guerre en Ukraine et ses conséquences inquiètent aussi Rodolphe Bourguignon. Les cours du blé s'envolent. Et sa farine aussi. Donc, farine de blé, T65, farine de tradition. Alors, le boulanger s'est résigné. Il va devoir augmenter le prix de sa baguette. La baguette, c'est ce qu'il y a de plus rentable chez moi, quasiment.
Donc, automatiquement, si je commence à perdre la moitié de ma marge sur un produit que je vends en si grande quantité, ça met en péril l'entreprise. L'inflation va causer une perte d'1,4% de pouvoir d'achat ce trimestre, selon l'INSEE. Du jamais vu depuis 10 ans. Question téléspectateurs, Fanny Guinochet, quelles sont les propositions d'Emmanuel Macron pour augmenter le pouvoir d'achat des Français ? En fait, cette élection, elle va se jouer en partie sur l'inflation ?
Clairement. Le pouvoir d'achat, c'est le sujet principal de préoccupation des Français et il se mesure tous les jours. Il va se mesurer tous les jours encore plus parce que, comme on le voit très bien dans votre reportage, ça va être le prix de la baguette qui va augmenter de quelques centimes, ça va être le prix de la mutuelle qui va augmenter, ça va être le prix du carburant dont on est quand même à un baril de pétrole qui a plus de 100 euros, ce qu'on n'a pas vu depuis des années. Et ça se maintient. Il est même monté jusqu'à 120 euros et personne n'est capable de dire quand est-ce que ça va baisser. Donc, ça va se jouer sur des choses du quotidien.
Et d'ailleurs, quand vous discutez avec les distributeurs, les grandes enseignes, ils vous disent déjà que les Français ont fait des arbitrages depuis 15 jours. Nous avions à France Info cette semaine, Dominique Schellcher, qui est le patron du système U, qui disait, je le vois très clairement dans tous mes magasins, il y a des arbitrages, les Français n'achètent plus de viande de bœuf, donc ça a vraiment chuté. Ils se rabattent sur la volaille, mais la volaille est quand même chère parce qu'en plus, il y a une grippe aviaire. On le voit sur tous les achats plaisir, ils passent en deuxième, on ne les prend plus. Donc, il y a vraiment des arbitrages qui sont en train d'être faits.
Et ce qui est compliqué, c'est qu'aujourd'hui, toutes les prévisions des économistes, alors bien sûr, ça va dépendre de la durée du conflit en Ukraine, montrent que ça ne va pas s'arrêter. Qu'on est passé d'une inflation, on disait, c'est un pic, c'est dû à la reprise, à une inflation qui va s'installer sur cette année.
7% aux Etats-Unis, au plus haut depuis 40 ans.
Alors, c'est vrai que quand on regarde par rapport aux autres pays, on est protégé, mais à quel prix, on vient de le dire, c'est aussi parce que l'Etat met vraiment en cale-feutre, met des compensations. Là, j'apprenais cet après-midi que par exemple, les transporteurs routiers qui subissent de plein fouet la hausse des carburants ont obtenu des aides 400 millions qui ont été débloquées par le gouvernement. Là, parce que les routiers disaient que lundi, ils allaient bloquer un certain nombre de... En tout cas, ils menaçaient de bloquer le pays. Donc, vous voyez, c'est vraiment le sujet numéro un. Tous les candidats aujourd'hui disent qu'ils vont augmenter les salaires, notamment le SMIC.
En fait, le SMIC va être aussi augmenté parce qu'il y a un système de revalorisation. Bruno Le Maire le disait certainement d'ici l'été. Alors après, les...
Les retraites aussi ?
Les retraites.
Non, il faudra attendre l'année prochaine. Alors, les retraites,
il faudra attendre l'année prochaine. Donc, c'est vrai que les retraités...
Pendant un an, ils vont avoir la hausse des prix, les retraités, mais pas la hausse de leurs pensions.
Exactement. Donc, ça va poser des difficultés. Et puis, les entreprises, un certain nombre de Français vont se tourner vers leur patron en disant... Et d'ailleurs, ça a commencé. On voit des mouvements sociaux. À peine l'encre séchée des accords d'entreprises, des négociations salariales terminées, que vous avez les syndicats, les salariés qui disent mais attendez, on ne va pas y arriver. Il faut nous augmenter d'autant plus. Sauf que les entreprises, aujourd'hui, n'ont pas de visibilité. On le voyait très bien dans votre reportage et un certain nombre disent ben non, nous, on ne peut pas.
Sur les conséquences politiques de ce que vient de décrire Fanny Guinochet, Cécile Candidée, c'est qu'on a une Marine Le Pen qui monte énormément dans les sondages, qui est solidement ancrée en deuxième place, qui alors finalement a réussi à éviter la polémique sur Vladimir Poutine et qui surfe là sur les questions de pouvoir d'achat. Finalement, elle manœuvre bien, vous diriez, dans la dernière ligne droite ?
Oui, moi, je trouve que sa campagne est intéressante. Alors là, pour le coup, elle a de la chance d'avoir Éric Zemmour. Ce n'était pas du tout le cas à l'automne où il a vraiment mis en difficulté. Mais là, Éric Zemmour, si vous voulez, a joué un peu le rôle de paratonnerre. C'est-à-dire que c'est lui qui a pris toute la... Sur l'affaire Poutine ? Voilà. Elle aussi, elle était très proche de la Russie. Elle a été financée par des banques russes. Elle a rencontré Vladimir Poutine avant sa campagne. Et pourtant, c'est Éric Zemmour qui est en apathie parce qu'elle, très vite, elle a tourné Kazakh. Elle a dit, oh là là, elle a condamné l'invasion.
Elle s'est prononcée en faveur de l'accueil des réfugiés ukrainiens. Lui est resté plus dans sa cohérence. Il a été moins politique. Et donc, il a pris toute la foudre. Donc ça, c'est la première raison pour laquelle, à mon avis, elle s'en sort plutôt bien. Et l'autre raison, c'est qu'elle a eu du pif et elle est favorisée là par la situation de guerre et toutes les conséquences qu'on va avoir sur le pouvoir d'achat. Depuis le début, le pouvoir d'achat, c'est son seul sujet.
Même quand Éric Zemmour a débarqué dans la campagne en ne parlant que d'immigration, on a senti un petit moment de flottement chez Marine Le Pen parce qu'elle était prise sur sa propre droite et elle est revenue là-dessus. Elle n'a jamais lâché ce point-là. Et c'est vrai que là, aujourd'hui, elle est plutôt en train de creuser les cas avec Éric Zemmour. Et vis-à-vis d'Emmanuel Macron, à mon avis, c'est le seul domaine où là, il peut être en risque quand même parce que lui, dans son programme, il n'y a presque rien sur le pouvoir d'achat. Il y a des baisses d'impôts.
C'est en tant que président qu'il a répondu aux urgences, baissant le prix de l'essence, augmentant le point d'indice des fonctionnaires, des choses comme ça. Mais on sent bien qu'il est bousculé dans sa campagne. Il ne voulait pas faire une campagne sur le pouvoir d'achat. Il voulait être sur le plein emploi en disant du coup, ça donnera du pouvoir aux salariés pour mieux négocier les salaires, mais moi, je ne m'en occupe pas. Et en fait, il est percuté là-dessus. Donc s'il y a une zone de risque, pour lui, c'est sur ce sujet. Et effectivement, Marine Le Pen, elle, elle a plutôt bien joué la période.
Jean-Pourquet ? Ce qu'on voit, c'est qu'avec le surgissement du candidat Zemmour, l'électorat de Marine Le Pen qui est resté fidèle à Marine Le Pen, c'est sa base populaire. Et donc Marine Le Pen, depuis le début de la campagne, c'est son tropisme personnel, c'est de faire une des campagnes sociales, elle l'a toujours dit. Mais là, c'est plus justifié que jamais puisque c'est le noyau dur de son électorat qui est son carré de fidèle. Et donc elle est là-dessus. Si elle fait une bonne campagne, c'est qu'elle ne joue pas, elle est pleinement dans sa partie. Elle est en phase, en osmose avec son électorat.
Et elle est aussi en osmose avec son électorat parce qu'elle joue déjà le second tour en disant on va jouer la France d'en haut contre la France d'en bas. Et moi, je vais vous protéger. D'ailleurs, elle n'a pas tellement parlé en termes de critique sur le programme d'Emmanuel Macron sur les insuffisances en matière d'insécurité ou d'immigration. Elle a dit c'est très très détaillé sur tout ce qui est de mesures économiques libérales. En fait, c'est très très flou sur le social. Sous-entendu, on va avoir une politique ultra-libérale et moi, je vais vous protéger. Donc elle joue beaucoup là-dessus.
Et on voit que son électorat, en tout cas celui qui lui est resté fidèle, est assez en phase avec ses propositions. Allez, tout de suite, on revient à vos questions. Alors, Christophe Barbier, un mot sur Jean-Luc Mélenchon. Est-ce qu'il peut être la surprise ? Les intentions de vote de Jean-Luc Mélenchon ont-elles évolué depuis le début de la guerre en Ukraine ? Oui, et plutôt positivement pour lui, alors qu'il a été surpris en flagrant délit de Poutino Latry. Je pense que c'est dû à plusieurs explications. Une conjoncturelle. Christiane Taubira, acheté l'éponge juste avant, il y a eu un petit transfert de voix.
Une deuxième, liée à ce qu'on vient de dire, le pouvoir d'achat revient, la colère sociale est là. Il est le candidat de la colère sociale. Il l'est depuis plusieurs élections. Troisièmement, certes, il était fasciné par Poutine, il en a dit du bien, mais son électorat s'en fiche. D'abord, son électorat en partie est anti-Amérique, anti-atlantiste, donc il a apprécié que Jean-Luc Mélenchon ne résigne pas sa position, ne renie pas sa position anti-américaine. Ensuite, ils ont entendu Jean-Luc Mélenchon aduler Chavez, faire une oraison chunèbre à Fidel Castro absolument lunaire.
Ils ont plutôt applaudi et ils l'ont même vu à l'Assemblée voter plutôt pour les Chinois, en tout cas pas pour les Ouïghours. Donc vous voyez, cet électorat-là, il n'allait pas laisser tomber Jean-Luc Mélenchon parce qu'il avait été du côté de Poutine. Tout ça a fait un petit cocktail en y ajoutant un petit peu de vote utile à gauche. Alors il appelle ça le vote efficace. C'est quoi ? Pour sauver l'honneur de la gauche, votons Mélenchon ? Pour l'instant, ce n'est que ça. C'est donner l'impression que la gauche qui survit, c'est la gauche de la colère, de la contestation sociale, la gauche radicale Mélenchon.
Anti-capitalisme, anti-Vème République et puis flottante sur certaines valeurs républicaines comme la laïcité parce que là, il a pendant 5 ans alterné le chaud et le froid plutôt le froid. Alors ça va poser un énorme problème de reconstruction de la gauche après. Pour l'instant, ça ne permet pas à Jean-Luc Mélenchon ni d'atteindre le second tour ni même d'égaler son score de 2017. Une colle maintenant. C'est Dominique dans le Haut-Rhin qui, parmi tous les candidats à l'élection présidentielle, évoque le problème du remboursement de la dette publique française.
C'est plutôt Valérie Pécresse pour le coup. Mais ça ne prend pas. C'est ça la difficulté. C'est que dans cette campagne, la question de la dette, par exemple, quand on regarde en 2007, c'était François Bayrou, il parlait de la dette. Ça a intéressé tout le monde. C'était un vrai sujet. Qu'est-ce qu'on va transmettre à nos enfants ? On a fait des émissions. Vous avez fait des émissions sur ce sujet. C'est un vrai fardeau. Aujourd'hui, l'histoire de la dette et des déficits a explosé.
On vient de rajouter 30 milliards de dépenses.
Voilà. Mais il n'y a pas que la France. Pour le coup, quand on regarde, tous les autres pays ont changé leur logiciel. Même les Allemands qui étaient hyper à cheval sur leur budget, sur le fait de ne pas dépenser, aujourd'hui, ils disent « Ok, on ouvre les vannes, il y a la guerre, on a besoin du gaz, on ne sait plus comment faire et les 3%, on en reparlera. » Donc, c'est vrai que la crise Covid, la pandémie et maintenant la guerre en Ukraine font que ce sujet passe complètement sous le tapis. Alors, Emmanuel Macron...
Bon courage pour faire des économies par la suite.
Voilà. On a quand même un petit peu parlé. Soit disant, ce serait des réformes. Mais par exemple, le sujet, une façon de faire des économies tel que ça nous était présenté par un certain nombre de candidats, y compris par Emmanuel Macron, il y a 5 ans, c'était de diminuer le nombre de fonctionnaires, le nombre de faire. Là, cette proposition-là, plus personne n'en parle. Même Valérie Pécresse, oui, mais elle dit « Je supprime un certain nombre de fonctionnaires, mais elle rajoute quand même. J'en rajoute un certain nombre. » Après, le delta, effectivement, reste à la suppression, c'est 150 000.
Emmanuel Macron veut augmenter le nombre de réservistes. Prépare-t-il la France à un conflit ? Christophe Barbier, c'est vrai qu'on a supprimé le service militaire. On se rend compte qu'en Europe, il y a des guerres à l'ancienne avec quasiment des corps à corps et des gens qui doivent apprendre à manier les armes dans l'urgence. Il y a une véritable angoisse et on voit ce qui se passe en Ukraine. Maintenant, réfléchissons deux minutes. Qui peut se présenter sur les frontières du territoire français pour menacer de nous envahir ? Entre la Russie et nous, il y a quand même la Pologne, un certain nombre de pays plus petits et l'Allemagne.
Donc l'idée qu'une guerre terrestre arriverait jusqu'à nous, comme quand les Allemands nous attaquaient au XIXe ou XXe siècle, ça me semble assez fantasmagorique. Qu'on ait besoin de porter des soldats français sur des théâtres d'opérations extérieures pour protéger la France, comme on l'a fait au Mali, comme on l'a fait ailleurs, en Afghanistan, ça oui, ça reste une réalité géopolitique, mais c'est une réalité qui appelle l'armée de métiers, une armée d'experts, une armée de moyens technologiques et matériels très importants, donc beaucoup d'argent, mais les réservistes, on voit mal contre qui ils pourraient se battre.
L'idée que les chars de Poutine arrivent sans problème à traverser toute l'Europe jusqu'à nous, alors qu'on a un parapluie nucléaire qui est censé intervenir avant, ça me semble quand même relever un peu de la fantasmagorie. En revanche, réveiller le sentiment national en prônant la réserve ou une garde nationale ou des périodes à effectuer à la Suisse, pourquoi pas ? Oui, Jérôme Fouquet ? On a quand même le retour de la guerre de haute intensité, comme dirait le chef d'état-major des armées françaises en Europe, et vous voyez, on dit que la Russie aurait perdu 250 chars en Ukraine, c'est le nombre de chars dont la France dispose.
Donc on voit qu'on est quand même court et l'armée française est devenue un corps expéditionnaire, c'est-à-dire qu'on peut envoyer 7000 personnes au Mali, mais guerre plus. Et donc on voit bien que là, si, pas pour défendre le Rhin, mais défendre nos alliés de l'OTAN comme les traités nous y engagent, eh bien on a un corps de bataille qui est aujourd'hui considérablement restreint. Là où c'est compliqué, c'est comment faire des réservistes avec une armée de métiers qui serait le seul pourvoyeur de réservistes. C'est-à-dire qu'avant comme on est une armée de métiers qui est restreinte, faire des réservistes c'est compliqué. Mais tout ça nous remet dans une équation qui est compliquée.
On a pensé toucher les dividendes de la paix et on voit qu'aujourd'hui c'est beaucoup plus compliqué que ça. Donc Cécile, quand on se résume, on a les dépenses publiques les plus élevées du monde mais on a une armée en déshérence, un déso-pagnement aux abois et... On a la dissuasion nucléaire qui nous coûte cher. Et une éducation... Non mais c'est incroyable de voir que sur tous les grands trucs régaliens, l'armée, l'éducation nationale et la justice, on pourrait ajouter, on est démunis.
Et pourtant on a beaucoup investi. D'où l'idée d'essayer de trouver une autre méthode et d'autres leviers pour faire changer les organisations.
Les programmes des uns et des autres ne vont-ils pas être chamboulés par la guerre en Ukraine ? C'est Jean-Pierre dans le barin. Ils ont déjà changé. Ils sont même obsolètes dit François Hollande.
Ils ont déjà beaucoup changé mais c'est la deuxième... L'Ukraine, si vous voulez la guerre en Ukraine, c'est la deuxième couche après le Covid d'une remise en question totale de la mondialisation. Donc tout ce qui est souveraineté, réindustrialisation du pays et autonomie énergétique se sont devenus vraiment au premier plan. C'est une des raisons d'ailleurs je pense pour lesquelles Yannick Jadot est un petit peu en difficulté lui aussi. On n'a pas parlé de lui alors qu'on avait le sentiment qu'il avait un boulevard sur le climat. Mais la question nucléaire est redevenue tellement centrale. Emmanuel Macron a changé complètement de pied juste avant l'élection présidentielle là-dessus.
Et puis il y a effectivement Valérie Pécresse et Marine Le Pen aussi sur ce sujet. Que lui, voilà, il y a quand même ce dogme anti-nucléaire très fort dans le parti écologiste qui aujourd'hui le pénalise. Mais donc toutes ces questions si vous voulez de retour de la nation, des frontières et d'autonomie plus le pouvoir d'achat, c'est les deux grandes thématiques que tout le monde a réintégrées dans son programme.
Emmanuel Macron est-il en panne d'imagination pour aller piocher dans le programme des autres candidats ? Gérard, en Haute-Vienne.
Par exemple, sur la retraite, je ne sais pas si c'est une histoire d'imagination. Emmanuel Macron évoque du pragmatisme. Décaler l'âge, c'est ce qui rapporte le plus dans les caisses. C'est ce qui vous équilibre le régime. On perd 10 milliards d'euros, le régime des retraites aujourd'hui.
Et c'est un méa-coup-pas sur sa réforme précédente qui était trop complexe finalement ?
Clairement, la réforme précédente a été effacée par le Covid, mais clairement, c'était une ambition démesurée, une usine à gaz. Ça l'a soulagé ? Embourbé. Il ne l'abourra jamais, mais certainement. C'est passé en 49-3, en plein conflit. On était dans un conflit très dur contre cette réforme.
55 jours de grève.
Voilà, qu'on n'avait pas vu. Il faut se souvenir dans quel état d'hystérie était le pays. Tout ça, après les gilets jaunes. Effectivement, pour le coup, le Covid lui a rendu service parce que la réforme des retraites est passée complètement sous le tapis. Et ça lui permet de faire table rase et de dire, regardez, aujourd'hui, j'ai appris la leçon. Alors, quand même, de temps en temps, il dit, on faudra revenir à quelque chose d'un peu plus universel. Voilà, mais il va faire quelque chose de très simple, a priori. Et le décalage de l'âge, c'est ce qui rapporte de l'argent dans la caisse.
65 ans pour partir à la retraite. En cas de second tour, Le Pen-Macron. Emmanuel Macron pourra-t-il compter une nouvelle fois sur un front républicain ? Jérôme Fouquet, que feront les électeurs de gauche s'il y a Macron contre Le Pen ? Une partie continuera de jouer le jeu, même si une autre franche dit que cette fois c'est terminé. Tout dépendra aussi du score du premier tour et des projections du second tour. C'est-à-dire, si on donne du 60-40 en faveur d'Emmanuel Macron, une partie de l'électorat de gauche se sentira non obligée de voter. Si les scores sont plus serrés, on est aux alentours aujourd'hui de 57-43, peut-être qu'une... Les électeurs de gauche se déplacent.
Voilà, c'est la fin de cette émission. Merci beaucoup d'y avoir participé. Vous restez sur France 5, bien évidemment, puisqu'à suivre, c'est à vous avec Anne-Élisabeth Lemoyne. Bonsoir Anne-Élisabeth, au programme ce soir. Très bien.
Directement au peuple russe pour lui dire la vérité sur la guerre en Ukraine. Près de 10 minutes d'un discours vibrant pendant que Vladimir Poutine lui défie l'Occident en rassemblant plus de 100 000 personnes pour célébrer les 8 ans de l'annexion en Crimée. Une démonstration de force que l'on décrypte avec nos invités.
Allez, c'est tout de suite. C'est à vous, Anne-Élisabeth Lemoyne. Bonne soirée sur France 5.