[Direct Facebook] Nicolas Dupont-Aignan : "En Marche bloque le débat sur les retraites !"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir à tous. Si tous les Français pouvaient assister au débat auquel je participe dans l'hémicycle maintenant depuis des dizaines d'heures, eh bien ils seraient effarés, consternés de l'état de notre démocratie. Il faut bien comprendre ce qui se passe. Le gouvernement, comme je vous l'ai déjà dit, propose un projet de loi alors même qu'il y a des trous partout dans ce projet, puisque 29 éléments de ce projet seront décidés par ordonnance ensuite par le gouvernement tout seul dans son coin par décret. Donc déjà, on est en train d'examiner un gruyère. Mais sur les dispositions que nous allons examiner, dont nous discutons dans l'hémicycle, les parlementaires ont proposé des amendements.
Qu'est-ce qu'un amendement ? C'est une modification du texte pour l'améliorer. Eh bien, le gouvernement a décidé deux choses. D'abord, il ne répond pas aux questions. Il accuse l'opposition d'obstruction, mais il ne répond à aucune question. Et comme je ne suis pas quelqu'un, comment dire, qui joue de la politique politicienne, ça ne m'intéresse pas, moi, je me limite à poser des questions concrètes. Et depuis hier soir, je demande au gouvernement, combien va coûter aux Français, c'est-à-dire au régime général, la création d'un régime spécial pour les 300 000 plus hauts de revenus de France, qui ne cotiseront plus au régime général.
Nous savons par les journaux que le chiffre est estimé entre 4 et 5 milliards par an. Et sur 20 ans, ça fera entre 70 et 100 milliards. C'est considérable. On creuse un immense déficit parce qu'on veut favoriser le transfert des retraites des plus riches vers les fonds de pension américains. Eh bien, le gouvernement refuse de répondre. Vous pouvez reprendre les vidéos. J'ai posé la question 10 fois, 15 fois. Il refuse de répondre. Et après, il accuse l'opposition d'obstruction. On croit rêver. Mais il n'y a pas que cela.
Cet après-midi, vous en entendrez peut-être parler dans les médias, le président de l'Assemblée nationale, qui n'est pas du tout impartial dans cette affaire, a décidé de supprimer des milliers d'amendements de l'opposition, c'est-à-dire des modifications de texte qui donnent lieu à un débat, donc à un dialogue d'autorité. Il a décidé tout seul. Et l'ensemble des présidents de groupes d'opposition, les républicains, la France insoumise, les socialistes, les communistes, donc il n'y a pas que la gauche, je dirais, de Mélenchon, l'ensemble des présidents de groupes, l'ensemble des parlementaires qui n'appartiennent pas en marche, se sont étonnés.
Si ça se passait à la Douma russe, la presse française dirait qu'on n'est plus en démocratie. Si ça se passait au Congrès américain, tout le monde dirait que Trump est un salaud. C'est incroyable ce qui se passe. Si je me bats aujourd'hui ici, jour et nuit, c'est parce que ce qui est en cause, ce n'est pas seulement les retraites, c'est la démocratie. Est-ce qu'on est encore dans un pays démocratique ?
On ne l'est plus tellement en termes médiatiques, et là, pour la première fois, sans doute depuis 1958, un président de l'Assemblée nationale fait un coup de force parce qu'en vérité, il faut que vous compreniez que le gouvernement veut accomplir son crime contre les retraites dans la discrétion et que plus la discussion s'éternise ici, plus les Français vont quand même être au courant. Au courant de ce qu'est ce régime de retraite prévu et ça ne concerne pas les retraités, il faut être honnête, ça concerne la jeunesse. Et moi, je pense à tous ceux qui sont nés après 1975, à tous les jeunes. Les jeunes ont le droit d'avoir une belle retraite.
On n'a pas le droit de condamner la jeunesse qui déjà galère au début de sa carrière dans des stages mal rémunérés, a souvent le premier emploi à 30 ans, premier CDI. On n'a pas le droit de les conduire à une retraite de misère. Voilà pourquoi je continuerai à me battre et je vous donnerai des nouvelles, je l'espère, tous les soirs en direct de l'Assemblée nationale. Ce qui se passe est grave, il ne faut pas se résigner. Et moi, je vous dis qu'un pouvoir qui a peur du Parlement, qui a peur de l'opinion, qui a peur de la rue, est un pouvoir finissant.
Et je veux vous donner rendez-vous bientôt aux élections car je suis convaincu qu'à force de tirer sur la corde, à force de mépriser les gens, à force de les bafouer, le peuple français réagira et nous serons en mesure de redresser le pays. Bonne soirée à vous tous et je dois repartir dans l'hémicycle parce que je vais me faire engueuler. A tout à l'heure, à demain, pardon.
Nicolas Dupont-Aignan