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interviewLCP (sur YouTube)· 25 mars 2026 50 min

Guerre au Moyen-Orient : Jean-Noël Barrot auditionné à l'Assemblée nationale - 24/03/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Monsieur le ministre, nous accueillons aujourd'hui dans un contexte international particulièrement inquiétant. Votre audition porte en effet sur les derniers développements de la situation au proches et au Moyen-Orient ainsi qu'en Iran suite au déclenchement des opérations américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février dernier également contre le Liban. euh d'où vous revenez puisque vous avez été au Liban le 19 et le 20 mars et donc bien évidemment euh on est très attentif et avoir quelques éléments sur votre déplacement au Liban.

Alors, le format est un tout petit peu particulier puisque monsieur le ministre, vous devez participer à 17h30 au conseil de défense et de sécurité nationale à l'Élysée. Et donc nous avons décidé de maintenir bien évidemment cette audition d'un format extrêmement court mais euh indispensable en tout cas puisque nous a pas pu traiter cette question-là du fait des municipales et de la pause de 3 semaines dans laquelle l'assemblée euh a été euh plongée en tout cas a dû a dû subir pendant 3 semaines. Et donc je vais pas être très long, je vais laisser la parole à monsieur le ministre et ensuite on entendra euh les représentants des groupes et monsieur le ministre vous représent vous répondrez à l'ensemble des interventions sur 2 minutes des portees-paroles des groupes.

Et juste avant euh de vous laisser la parole, je voudrais commencer par saluer le courage de nos soldats et honorer la mémoire de l'adjudent chef Arnaud Frion qui est tombé suite à un ciblage par drone au Kurdistan irakien. Monsieur le ministre, je vous laisse la parole. Président, merci beaucoup pour votre invitation.

Mesdames et messieurs de la commission des affaires étrangères, vous l'avez dit, le 28 février, les États-Unis d'Amérique qui Israël ont lancé des opérations militaires coordonnées contre l'Iran, sans but précisément défini et en dehors du droit international. Ces frappes ont ciblé le commandement politique et militaire iranien éliminant le guide suprême Alaméney, plusieurs de ses proches conseillers, le chef d'état-major des forces armées, le commandant chef des gardiens de la révolution, le ministre de la défense, le chef du renseignement. [grognement] Les frappes ont également ciblé des installations militaires et de sécurité, notamment les systèmes de défense antiaérien iranien, le siège et plusieurs bases du corps des gardiens de la révolution, le ministère du renseignement, des capacités balistiques ainsi que des casernes et des commissariats de police.

Les frappes ont aussi ciblé des infrastructures civiles et les installations du programme nucléaire iranien. La République islamique d'Iran porte la responsabilité première de cette situation. C'est la République islamique d'Iran qui a développé un programme nucléaire dangereux et des capacités balistiques inédites qui a armé et financé des groupes terroristes dans les pays voisins.

Le esbola au Liban, les outils au Yémen, les milit en Irak, qui a soutenu le Hamas et affirmé son objectif de détruire l'État d'Israël et qui en janvier 2026 a donné l'ordre de tirer sur son propre peuple réprimant dans le sang et avec une violence et une crunauté inédite une révolte populaire et pacifique. Depuis le 7 octobre 2023, le niveau de conflictualité entre Israël et l'Iran n'a cessé de s'élever. Plusieurs épisodes de confrontation militaire direct ont eu lieu en avril et en octobre 2024, puis en juin 2025 avec la guerre des 12 jours.

C'est dans ce contexte et faute d'avoir pu aboutir à un accord sur le nucléaire iranien que la conflagration en cours s'inscrit. En réaction aux frappes américaines et israéliennes, l'Iran a lancé dès le 28 février une série de représailles contre Israël. D'abord avec des salves de missiles et de drones visant l'ensemble du territoire.

Elles ont causé des de nombreux dégâts humains et matériels, une vingtaine de morts civiles et plus de 5000 blessés à ce jour contre les États-Unis avec des frappes visant les bases militaires et les emprises diplomatiques américaines dans les pays du Golfe et en Irak qui ont conduit au décès de six soldats américains contre les pays de la région ensuite avec la multiplication des frappes contre des installations énergétiques de l'Arabie Saoudite du Qatar, des Immirats Arabes unis et du Coit. La République islamique d'Iran mobilise aussi les groupes armées qui lui sont affidés en Irak pour mener des attaques contre des positions américaines mais également kurd iraakiennes. Hélas, nos forces déployées au Kurdistan d'Irak ont également été touchées et permettez-moi à mon tour de rendre un hommage au major Arnaud Frillon du 7e bataillon de chasseur alpin de Vars, mort pour la France lors d'une attaque dans la région d'Herbil le 13 mars dernier. [grognement] Nos militaires blessés, je souhaite un pr rétablissement et je veux redire que la France se tient à leur côté avec leurs proches.

J'ajoute qu'un état membre de l'Union européenne, Chypre, a été ciblé par une attaque de drone shahed dans la nuit du 1er au 2 mars sur la base britannique d'Acrotiier causant des dégâts matériels mineurs. Enfin, la République islamique d'Iran bloque également le D3 d'Ormouse. 21 navires commerciaux auraient été ciblés depuis le début du conflit dont 10 pétroliers.

Cette situation de blocage de facto du D3 d'Ormous a fait sensiblement monter les cours du pétrole brut qui a dépassé un temps les 115 dollars le baril. Cour des du gaz est également en forte hausse avec des exportations en provenance du Qatar qui restent bloqué. L'augmentation des prix de l'énergie touche directement des secteurs essentiels, la pêche, transport, l'agriculture.

C'est pourquoi, comme l'a indiqué le premier ministre, le gouvernement travaille avec les acteurs économiques pour soutenir nos entreprises et nos emplois. J'en viens au Liban qui connaît une dramatique escalade provoquée par la décision irresponsable et inadmissible du Esbola que nous avons condamné avec la plus grande fermeté de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël. Le Esbola a choisi de faire primer le soutien au régime de Tréran sur la stabilité et la sécurité du Liban, entraînant ce pays dans une guerre dont ne voulait ni ses autorités ni sa population. attaque auquel Israël a répliqué depuis plusieurs semaines maintenant, aggravant une situation qui était déjà extrêmement fragile puisque le Liban commençait à peine à se remettre de la guerre qu'il l'avait propulsé au bord du gouffre à l'automne 2024.

Je me suis arrendu à Beouh le 19 mars pour marquer le soutien et la solidarité de la France aux populations civiles. Première victime d'un conflit qui a déjà fait plus de 1000 morts et 1 million de déplacés à Beou. Après avoir livré la semaine dernière 60 tonnes de frais humanitaires, j'ai annoncé le doublement de notre aide avec une contribution s'élevant à 17 millions d'euros pour soutenir les efforts du haut commissariat au réfugiés de la Croix-Rouge qui peuvent s'en relâche pour protéger les populations civiles et appuyer les hôpitaux et les efforts d'ONG françaises et libanaises engagés dans l'appui au déplacé. [grognement] J'ai également salué les décisions courageuses des autorités libanaises déclarant illégales les actions armées du Esbola exigeant l'arrêt de ces opération et la remise de ces armes qui doivent être pleinement mises en œuvre.

Face à des attaques qui éprouvent durement la population civile israélienne notamment au nord du pays contraint de se réfugier plusieurs fois par jour dans des abris. Israël a le droit de se défendre. Mais comme je l'ai dit à mon homologue Guidé Honsar, ministre des affaires étrangères le 20 mars dernier à Jérusalem, les populations et les infrastructures civiles doivent être absolument préservé de ces opérations qui doivent être conforme au droit international et au droit international humanitaire.

Je lui ai également exprimé notre forte préoccupation quant à une opération terrestre de grande ampleur aux conséquences humanitaires lourdes et aux effets stratégiques très incertains. Pour sortir de la guerre, il faudra tôt ou tard négocier un accord comme nous le nous l'avions fait avec nos partenaires américains pour mettre fin au précédent conflit entre Israël et lebola en novembre 2024. L'exécutif libanais a marqué son ouverture inédite à des discussions directes et au plus haut niveau avec Israël.

C'est une opportunité historique que j'ai appelé mes interlocuteurs israéliens à saisir de pouvoir enclencher des discussions en vue d'un règlement durable qui doit marquer l'affermissement de la souveraineté libanaise, notamment du monopole des armes par l'État qui doit seul protéger l'ensemble des communautés au Liban. La définition d'un nouveau cadre pour les relations libano-israéliennes permettra de mettre un terme à l'état de guerre entre les deux pays, de délimiter une fois pour toutes les frontières terrestres et de tracer un chemin vers la paix et la sécurité partagée pour les deux pays. [grognement] Lors de mon déplacement la semaine dernière au Liban et en Israël, j'ai rappelé à tous mes interlocuteurs la disponibilité de la France à faciliter en lien avec les États-Unis de telles discussions.

Face à l'embrasement dans la région, la position de la cl de la France est claire depuis le premier jour. Première priorité, la sécurité des 400000 français résidents ou de passage dans la zone. Nous avons mis en place un dispositif d'urgence avec une cellule téléphonique qui a compté jusqu'à 50 répondants joignes sur 24 et 7 jours sur 7 et qui a complété les cellules de crise dans nos ambassades et consulat également pleinement mobilisé.

La très grande majorité des ressortissants français les plus vulnérables sont partis par des vols affraités ou commerciaux. Une vingtaine de vols ont été affrêtés par nos soins depuis le début de la guerre au profit de plus de 2000 ressortissants français et étrangers parmi les plus vulnérables. Par ailleurs, nos deux ressortissants, Jacques Paris et Cy Colleur se trouvent toujours en sécurité dans l'enceinte de l'ambassade de France à Teran et nous exigeons leur libération définitive et leur retour en France immédiat.

Notre deuxième priorité, c'est le soutien à nos partenaires frappés par le régime iranien de façon totalement injustifiable. trouve aujourd'hui en la France le partenaire le plus fiable et le plus solidaire. La mobilisation de nos moyens sur place, l'envoy l'envoi de matériel supplémentaires et le déploiement de nos capacités militaires en position défensive ont été très largement salués par les autorités, les médias et les réseaux sociaux dans toute la région.

Soutenons également notre partenaire Chipriote qui a été ciblé, je le disais, nous avons envoyé une frégate française, le lang d'OT et des moyens de défense antiérienne supplémentaire pour soutenir ce pays avec avec lequel nous avons un partenariat stratégique. Président de la République s'est rendu le 9 mars sur place avec le premier ministre grec pour marquer la solidarité de la France. C'est également rendu à bord du Charles de Gaulle positionné en Méditerranée orientale.

Troisème priorité, c'est le rétablissement de la liberté de circulation dans le D3 d'Ormous. des tr où transit 20 % du pétrole et du gaz mondial et dont la fermeture est porteuse de risque majeur pour l'économie mondiale. Travaillons à concevoir une mission internationale défensive pour sécuriser le trafic maritime comme nous l'avons fait en mer rouge avec l'opération européenne ASPES.

Les dirigeants européens et asiatiques ont marqué une intention similaire. Président de la République a également proposé un moratoire contre les frappes ciblant les infrastructures civiles qu'elles soient liées à l'eau ou à l'énergie qui a suscité l'approbation du président américain et d'un certain nombre de dirigeants européens. 4è priorité, c'est la stabilité régionale et internationale et notamment pour le Liban dont j'ai parlé tout à l'heure.

Programme nucléaire du régime iranien. Ce programme balistique et son soutien à des groupes terroristes armés dans toute la région constitue de longues dates un ensemble de défis et de menaces pour la région et pour nous-même. Le régime iranien doit donc se résoudre à des concessions majeures et un changement radical de posture permettant qu'émerge une solution politique durable facilitant la coexistence pacifique de l'Iran avec son environnement régional et permettant au peuple iranien de construire librement son [grognement] avenir.

Stabilité de la région passe aussi par la mise en œuvre du plan de paix pour Gaza qui a été présenté par les États-Unis d'Amérique qui a été endossé par le Conseil de sécurité des Nations- Unies. Accès humanitaire sans entrave, désarmement du Hamas, restauration d'un horizon politique fondé sur la solution à deux états. Il n'y a pas de sortie de crise de court terme évidente à la conflagration régionale en cours qui dure d'une certaine manière depuis le 7 octobre 2023.

Mais cela ne doit en aucun cas être un prétexte à l'inaction. La France ne pratique pas une diplomatie de l'attentisme et de la résignation. Au contraire, il est de notre responsabilité de travailler dès aujourd'hui à poser les jalons d'une solution politique durable qui mettent fin aux guerres dans lesquelles le proche et le Moyen-Orient sont depuis trop longtemps plongés.

C'est ce à quoi nous travaillons. Merci beaucoup monsieur le ministre. la parole à présent au porte-parole des des groupes.

J'ai expliqué la le format un contraint dans lequel nous sommes. Donc je demande d'être le plus concis précis possible sinon ministre n'aura pas le temps de répondre aux interpellations et quoi qu'il arrive à 2 minutes je couperai forcément le le micro. La parole pour l'instant à monsieur Michel Herbillon pour la droite républicaine.

Merci beaucoup monsieur le président, monsieur le ministre. Je vous remercie de votre présence devant notre commission. Depuis l'attaque massive lancée le 28 février dernier par les États-Unis et Israël contre la République islamique d'Iran, nous assistons à une mutation de ce conflit en une guerre régionale multifront.

Il s'agit par son ampleur et sa dangerosité du plus grand affrontement au Moyen-Orient depuis la guerre du Kipour en 1973. Face à cet embrasement, les buts de guerre de Washington demeurent incertains et nous ne pouvons que constater l'imprévisibilité des annonces du président Trump. Ce qui perturbe la lecture diplomatique de ce conflit.

Vous étiez il y a quelques jours au Liban et en Israël. À cette occasion, vous avez plaidé pour que les autorités libanaises mettent pleinement en œuvre leur décision, exigeant l'arrêt immédiat des opérations du Hzbola et la remise de leurs armes. Par ailleurs, vous avez appelé de vos vœux à l'ouverture de négociation à haut niveau entre les autorités libanaises et israéliennes.

Si l'exécutif libanais a marqué son ouverture à une telle démarche, l'annonce par Israël de sa volonté de s'emparer d'une zone de sécurité dans le sud du Liban met-elle en péril selon vous un éventuel début de discussion ? Enfin, concernant le détroit d'ormous par lequel transite habituellement 20 % de la production mondiale d'hydrocarbure et dont le blocage menace gravement l'ensemble de l'économie mondiale, vous avez indiqué que la France travaillait à une mission internationale défensive pour établir la liberté de circulation. Or, le Baraï a soumis un projet de résolution à l'ONU qui serait soutenu par les États-Unis et des pays du Golf et qui prennent le recours à la force pour protéger la navigation dans le D3.

Quelle est la position de la France à ce sujet ? Merci beaucoup monsieur le vice-président. La parole pour les écologistes et sociales à monsieur Jean-Louis Rumegas et puis ensuite madame M petit monsieur Bertouix et monsieur Laurent Mazori.

Monsieur Merci monsieur le président. Monsieur le ministre, le groupe écologiste et social salue les efforts de la France pour favoriser le dialogue et une solution politique. Néanmoins, l'oppositionnement français n'est pas clair.

Mettre en avant le droit d'Israël à se défendre face aux agressions iraniennes alors même qu'Israël et les États-Unis ont déclenché la guerre pourrait prêter à ironie si la situation n'était pas aussi tragique. Cet affrontement entre régimes extrémiste. D'un côté, la République islamique qui massacre son peuple propre peuple.

De l'autre un état génocidaire et béliqueux avec un allié d'extrême droite comme Donald Trump a un coup d'abord un coup humain. Les premières victimes d'une d'une guerre sont toujours les civils. Rappelons-le. 3000 morts en Iran, 1000 au Liban, vous l'avez dit vous-même, mais aussi 20 en Israël et 35 dans les pays du golfe.

Une asymétrie éclipsée d'ailleurs au nom de la défense de la liberté. mais qui peut croire un seul instant que le but de cette guerre est de libérer le peuple iranien. Ensuite, un coût économique évident avec la flambé des prix de l'énergie, on en a beaucoup parlé dans pendant les questions au gouvernement.

Et enfin, un coût environnemental catastrophique car les bombardements de sites pétroliers et gaziers auront des conséquences durables non seulement pour la région mais pour le monde entier. Alors, monsieur le ministre, si vos mots parlent de paix, il faut dire que la France organise la guerre. Le Wall Street journal l'a encore montré hier, la France et l'Europe sont complices en offrant leur base et leurs services de ravitaillement aux États-Unis.

Elle joue un rôle direct dans le conflit avec l'Iran. Cette guerre illégale n'est pas la nôtre. Vous l'avez dit, nous disposons d'un levier concret et pragmatique pour nous y opposer.

Les déclarations ne suffisent pas. Nous devons suivre l'exemple de l'Espagne et refuser que les avions américains stationnent et se ravitaillent grâce à des bases françaises, allemandes, italienne ou britannique. Alors, monsieur le ministre, la France et les pays européens vont-ils continuer les avions américains à utiliser leur bases et leurs et tout en prétendant être contre la guerre ?

Merci beaucoup. La parole pour les démocrates à madame Maitier. Merci monsieur le président.

Merci monsieur le ministre. Au mois de mai prochain, cela fera quatre longues années que Cécile Coler et Jacques Paris n'auront pas foulé le sol français. 4 années qui sont privés de leurs proches et de leur liberté.

Parti pour un simple voyage touristique en Iran. Nos deux compatriotes ont été arrêtés le 7 mai 2022 dans des circonstances qui ont immédiatement soulevé l'inquiétude. Ils ont été accusés d'espionnage, incarcérés dans la sinistre section 2029 de la prison des vines qui est réputé pour la dureté de son régime carcéral.

Une étape importante a été franchie le 4 novembre dernier avec leur sortie de prison. Toutefois, cette libération demeure incomplète puisque vous l'avez rappelé, ils sont toujours euh à l'heure actuelle euh à l'ambassade de France à Teran, mais avec l'interdiction formelle de quitter le territoire iranien. Alors, même s'ils ne sont plus incarcérés, ne sont donc pas libres pour autant.

Quelles sont les informations que vous avez les plus récentes les concernant ? Est-ce que vous avez pu échanger avec eux ? Dans quel état d'esprit se trouve-t-il ? et dans quelle mesure sous quelles conditions un retour prochain sur le territoire français peut-il être envisagé ?

Enfin, une petite question sur plutôt la capacité d'anticipation française face aux crises hybrides. Les crises, la crise au Moyen Orient aujourd'hui mêle diplomatie, cyber informationnelle, économie. Quels sont les outils d'anticipation en fait que la France euh possède pour détecter les signaux faibles et ne pas se trouver en réaction en fait face à ces crises ?

Je vous remercie. Merci beaucoup madame député. La parole pour Horizon et indépendant à monsieur Bertrand Bouix.

Merci monsieur le président. Monsieur le ministre, depuis quelques semaines, l'intensification du conflit autour de l'Iran fait peser de fortes inquiétudes sur la stabilité du golfe et en particulier sur la situation dans le D3 d'Ormous. On le sait, ce D3 est un point de passage absolument stratégique pour les flux énergétiques mondiaux.

Une part considérable du pétrole et du gaz qui alimente l'économie mondiale y transite chaque jour. Or aujourd'hui, les tensions dans la zone monte clairement d'un cran. Menace sur la navigation, incident en mer et un risque qui n'est plus théorique d'entrave voire de blocage du passage.

Ce qui nous inquiète au fond, ce sont les conséquences très concrètes que cela pourrait avoir chez nous. On voit déjà les marchés réagir avec une pression à la hausse sur les prix de l'énergie. Et si la situation devait s'aggraver encore plus, ce sont directement les coûts des carburants, les prix de l'énergie et plus largement notre économie qui pourrait être impactée.

Nous en sommes déjà les témoins. Cette nouvelle tension pose une question très directe de sécurité énergétique. Aussi, comment le gouvernement évalue-t-il aujourd'hui le risque sur le détroit d'ormous ?

Et surtout, sommes-nous réellement prêts à faire face en France et en Europe aux conséquences d'une dégradation brutale de la situation dans cette zone stratégique ? Merci. Merci beaucoup monsieur le député.

Donne la parole à présent à monsieur Jean-Paul Leco pour la gauche démocrate et républicaine. C'est à vous monsieur le député. La guerre au Moyen-Orient dure.

Elle dure depuis des semaines, depuis le 7 octobre, depuis bien avant cela. Pendant ce temps-là, des accords temporaires et fragiles sont trouvés, parfois forcés. En France, on entend nous allons agir.

Mais si vous aviez l'intention qu'il y ait un impact, l'objectif de reconstruire la paix, alors nous aurions sûrement des résultats. Qu'attendez-vous pour sanctionner chaque parti là où elle a violé le droit international ? Chez vous, deux poids de mesures.

Qu'attendez-vous pour condamner les dirigeants qui ordonnent la mort de civil israélien, américains, iraniens, comme pour les Russes ? Qu'attendez-vous pour apporter votre soutien indéfectible aux populations mortri ? Après la capture du président vénézuélien donné par Donald Trump, aucune sanction à son encontre alors qu'il avait violé la souveraineté d'un état.

Pour l'Iran, personne ne sait ce qu'il entend faire demain ou dans l'heure qui suit, lui non plus sûrement. Par contre, nous savons déjà quelle sera la prochaine proie. Cuba des pions qu'il veut faire tomber les uns après les autres.

Et pendant ce temps-là, vous ne dénoncez pas, vous ne sanctionnez pas, vous volez presque à son secours. Vous vous cachez derrière l'Europe pour ne pas assumer votre position. Je vais le répéter une année fois, mais la France est membre du Conseil de sécurité des Nations- Unies.

Pourquoi faire si ce n'est pour agir pour la paix ? Il y a encore quelques jours, vous réitriez votre soutien au nom de la France pour le mal nommé plan de paix et vous l'avez fait encore tout à l'heure, de Donald Trump pour Gaza. Ce plan n'a pas vocation à faire émerger un état palestinien comme notre engagement Nations- Unies en septembre dernier nous y oblige.

Mais il est bel et bien le prémiss de son board of peace du du néocolonialisme à l'état pur. C'est vrai qu'un ancien premier ministre français considère que la colonisation n'est pas un crime. Merci beaucoup monsieur le coque.

Je donner la parole à présent à monsieur Sébastien Chenu pour le RF national. Merci monsieur le président. Monsieur le ministre, c'est une question en forme d'appel euh que je viens vous poser au moment où le Moyen-Orient évidemment s'embrase en commençant d'abord par penser à la famille de l'adudent chef Frion.

Euh vous l'avez rappelé euh monsieur le ministre qui a péri euh simplement pour euh rappeler combien l'escalade euh du conflit va entraîner de façon mécanique des conséquences pour euh les ménages et les entreprises françaises, en particulier la fermeture du D3 euh euh d'Ormuse qui va bloquer euh le le trafic, en tous les cas les transports de 20 % des échanges mondiaux de pétrole brut. Euh tout ceci va avoir donc des impacts pour un impact ici en France pour les familles, pour les entreprises et il y a pas de fatalisme, j'allais dire euh énergétique. Et moi, je j'en appelle à vous euh pour vous demander quelle politique vous souhaitez mettre en œuvre concernant euh la baisse euh nécessaire euh des taxes sur les carburants, la nécessaire sortie des mécanismes euh du mécanisme européen de fixation des prix de l'énergie.

Euh je me rappelle qu'à une époque Bruno le maire l'avait évoqué et puis ça a disparu dans dans les limbes. Euh c'est à l'état de faire des efforts. C'est pas au français encore une fois de se serrer la ceinture.

C'est pas l'état de profiter euh de ce conflit financièrement parce que pour l'instant c'est ce qui se passe. L'État français euh profite finalement de de cette guerre et même j'ai entendu Ursula Vanderleyen appelé à la baisse des taxes sur l'énergie. C'est dire euh donc voilà certains pays montrent l'exemple.

L'Italie euh baisse des taxes sur le carburant 25 centimes. L'Autriche baisse des taxes de façon temporaire sur l'essence et sur le diesel. Le Portugal là aussi avec un système de baisse de taxe qui a été prolongé qui entraîne une baisse d'en 8 sur le gazoile et de 3 L 3 par litre évidemment à chaque fois sur l'essence.

Donc voilà, on n'est pas condamné à subir. Quelles sont vos implications ? Quelle est votre position ?

Quel est votre euh votre capacité à agir pour faire baisser les taxes, pour faire en sorte que les ménages et les entreprises françaises ne subisse pas les conséquences économiques que nous redoutons ? Merci monsieur le député. La parole pour ensemble pour la République madame Améia Lacraffi et puis nous entendrons madame Clémence Gueté, monsieur Pierre Priptiche et madame Sandra de la noix pour terminer.

Monsieur le ministre, le conflit auquel nous assistons depuis plusieurs semaines ne se contente plus de nous sidérer. Il nous interroge profondément. Il nous interroge parce que ces objectifs restent flous, parce que les justifications avancées ne sont pas pleinement convaincantes et parce que de part et d'autre, nous voyons bien qu'il existe des logiques d'escalade qui ne disent pas leur nom.

Don dans ce contexte, certaines prises de position internationale notamment américaine ajoutent davantage de confusion que de clarté. La France a fait le choix de ne pas s'engager dans cette guerre et c'est bien heureux. C'est une ligne que je soutiens.

Mais une question se pose désormais. Cette position est-elle encore audible ? Est-elle encore influente ?

Car pendant que nous cherchons à tenir une ligne d'équilibre, la réalité elle elle s'impose au Liban. Une fois encore, la population paye le prix fort et plus largement la région s'enfonce dans une dynamique de confrontation. Mais surtout, et c'est un point que nous ne pouvons plus éluder, pendant que l'attention se focalise sur ce conflit, une autre réalité progresse.

En 6 Jordanie, les violences augmentent, les attaques contre les civils palestiniens se multiplient. des colons armés armés par un ministre israélien agissent dans un climat d'impunité préoccupante. Et tout cela se déroule sans l'autorité d'un gouvernement israélien dont la ligne s'est considérement considérablement durcie alors que le chef d'étatmajor a dit que ces événements étaient inacceptables.

Nous ne pouvons pas défendre une position d'équilibre à l'international et rester silencieux sur ces dérives. Alors, monsieur le ministre, ma question est simple mais elle est exigante. La France a-t-elle encore les moyens de peser politiquement dans cette crise où est-elle condamné à accompagner les événements ?

Comment peut-elle soutenir ses alliés sans être entraînés dans une logique de guerre ? Comment peut-elle faire entendre une parole claire face aux violations que nous observons sur le terrain notamment en S-Jordanie ? Et surtout, comment peut-elle empêcher que la perspective d'un état de Palestine que nous portons de nos vœux depuis des années ne disparaisse définitivement derrière l'urgence ?

Merci beaucoup pour la France insoumise madame Clémence Gué. Merci monsieur le président. Monsieur le ministre depuis un mois les peuples du proche Orient sont pris dans le cycle infernal d'une guerre déclenchée illégalement par Donald Trump et ses alliés.

Le bilan est terrible, vous l'avez dit, plus de 3000 personnes sont mortes en Iran, plus d'un millier au Liban et des dizaines d'autres victimes partout dans la région. Cette escalade donne raison à l'alerte que nous avions lancé avec la France insoumise. Laisser l'impérialisme, les impérialismes, bafouer le droit international, c'est permettre à la loi du plus fort et au règne de la violence de triompher.

Depuis des mois, Donald Trump et Benjamin Netaniaou préparent la guerre généralisée. Le gouvernement États-unien kidnappe des présidents en exercice, à femme le peuple cubain bloqué par son armada, bombarde et menace tous les pays qu'il convoitent. Le gouvernement israélien commet un génocide sur les Gazaouis. colonise des territoires palestiniens, violent les accords de cesser le feu et envahit maintenant le Liban.

Et que fait la France par votre voix ? Celle du président Macron, elle laisse les avions États-Unis se poser sur ses bases militaires. Elle accepte l'ordre de Trump d'augmenter sa contribution à l'OTAN et soutient son plan de colonisation sur la Palestine.

Elle évite d'appeler au Cesser le feu quand elle s'adresse au monde. Elle condamne à raison la Russie qui viole la souveraineté ukrainienne mais reste muette face aux États-Unis et à Israël qui s'en prennent aux Iraniens et aux Libanais. Monsieur le ministre des affaires étrangères, les criminels de guerre ne sont pas plus ou moins coupables selon leur drapeau et votre depoid de mesure coûte cher aux français.

Le détroit d'Ormous est bloqué et de nombreuses infrastructures énergétiques sont détruites. Résultat, les prix du gaz et des carburants explosent. Et donc pourquoi n'avoir rien fait quand nous vous avons appelé à protéger les Français en bloquant les prix de l'essence, de l'énergie et bientôt des produits de première nécessité qui vont augmenter aussi.

Pourquoi vous entêtez-vous avec une économie de guerre quand nous pouvons défendre une économie de la paix pour enfin sortir des énergies fossiles et de la dépendance au pétrole ? L'Espagne, notre voisin, a condamné la guerre de monsieur Trump, gelé les loyers pour protéger ses habitants. Monsieur le ministre, deux questions.

Donc, allez-vous enfin agir clairement pour le respect du droit international partout et bloquer les prix pour protéger les Français. Merci beaucoup. La parole pour les socialistes apparentés à monsieur Pierre Priptiche.

Merci monsieur le président, monsieur le ministre. Mon intervention pourrait se résumer ainsi : l'attachement viscéral du groupe socialiste apparenté au respect du droit international. Aujourd'hui, gravement bafoué dans un conflit engagé, sans objectif clairement définis, sans information des Européens et en dehors de tout cadre multimatéral, sans cadre, sans boussoles où l'on apprend la suite par une succession de messages en lettre minuscule ou majuscule.

Monsieur le ministre, je souhaite vous interroger sur l'extension régionale du conflit et en particulier sur les impacts sur les États du Golf, Émirat arabe unis, Qatar, Barin et Arabie Saoudite. En effet, ils font face à une fragilisation de leur modèle de sécurité qui repose sur un engagement diplomatique stable dans la région et sur une alliance forte avec les États-Unis. Ce paris semble perdant.

La protection américaine n'est en effet pas au niveau espéré. et l'influence d'Israël sur les États-Unis se heurte et heurte directement leurs intérêts vitaux qui résident entre autres dans la stabilité de l'Iran. De plus, la guerre s'installant, le détroit d'ormous se transformant en une arme de guerre devenant l'épicentre de celle-ci, les pays du golf en pâtiront directement.

Dès lors, plusieurs questions. Anticipez-vous, monsieur le ministre, une implication directe ou indirecte des forces armées des pays du golf dans le conflit ? Devons-nous envisager une remilitarisation des États du golf ?

Enfin, dans ce cas de figure, quelle est la stratégie européenne ? Et deux trois éléments de terminologie, nous souhaiter connaître la position, votre position, la voix de la France, notamment comment la France qualifie-t-elle l'opération lancée par les États-Unis et Israël ? Comment qualifie-t-elle les opérations lancées par Israël au Liban ?

Comment la France agit-elle ? pour ne pas se laisser entraîner malgré elle par ses partenaires historiques qui via leurs dirigeants actuels contredisent toutes nos valeur commune. Très bien, merci beaucoup.

Je pense qu'on a fait le le tour des portees-paroles des groupes. Monsieur le ministre, je vous laisse la parole [grognement] et si dans euh à l'issue de votre réponse, il reste un petit peu de temps, je donner la parole à deux inscrits pour l'instant, éventuellement des rebonds en fonction du temps disponible. Merci président et merci à à toutes et à tous pour vos questions très précises en commençant par celle de Michel Herbillon.

Si nous exhortons aujourd'hui euh les autorités israéliennes à s'abstenir de cette opération terrestre euh qu'elles évoquent, alors qu'elle elles sont d'ors et déjà présentes euh sur une bande de quelques kilomètres euh au nord de leur frontière et donc euh euh au à l'intérieur du territoire libanais, c'est précisément parce que nous voyons pour Israël comme pour le Liban, une opportunité historique à saisir. les autorités libanaises ayant exprimé leur disposition à engager un dialogue au niveau gouvernemental. Il faut bien garder à l'esprit que des discussions avaient eu lieu.

Vous savez que même si la situation restait fragile, les choses avançaient au Liban. On s'apprêtait d'ailleurs à accueillir une conférence pour le renforcement des forces armées libanaises. Euh le Parlement libanais euh était saisi de la dernière loi bancaire permettant d'out de faire aboutir les réformes qui allaient permettre un financement international et sur le désarmement du du Esbola les euh les choses avancées dans la relation avec la Syrie et et le et Israël les deux voisins.

Là aussi, les choses avançaient puisqu'on avait eu à un niveau infragouvernemental la première discussion entre des représentants officiels du d'Israël et du Liban en 40 ans. Donc on a vraiment là une opportunité inédite et il faut pour ça que le gouvernement libanais confirme son intention d'aller jusqu'au bout du désertement du Esbola. Il faut que les autorités israéliennes s'abstiennent de toute incursion terrestre, s'abstiennent de toute frappe contre les infrastructures civiles, contre les zones d'enseignement peuplé et en particulier contre Beou.

Vous m'avez interrogé sur la résolution proposée par le Bahin en cours de discussion Conseil de sécurité des Nations-Unies. Voyons ce qu'il adviendra des des négociations qui se poursuivrent. Il n'est pas évident que le recours à la force au titre de le du chapitre 7 proposé par le Barrain suscite l'adhésion d'un nombre suffisant de de pays qu'il y a des Étatsmembres du conseil de sécurité y compris des États-membres permanents qui pourraient exprimer des réserves voire des oppositions les jours qui viennent nous le diront.

Jean-Louis Romégas, quand nous mettons en avant le droit d'Israël à se défendre, c'était pas contre l'Iran puisque c'est Israël et les États-Unis qui ont attaqué l'Iran en premier, mais c'est contre les attaques du Esbola. Et je vous le dis, ne pas reconnaître que c'est s'agissant du Liban, le esbola qui a déclenché le feu, le premier contre Israël, c'est méconnaître la, [grognement] je dirais, l'analyse qu'en font les Libanais eux-mêmes, y compris les membres de la communauté chite. Certes, tout le monde est conscient que le cesser le feu a était fragile, qu'il avait été violé par Israël.

Mais là, ce qui s'est produit, c'est c'est une une coordination des attaques du Esbola Excel de l'Iran sur Israël. Et c'est ainsi que c'est perçu au Liban dont une grande partie du peuple souhaite maintenant tourner la page. Considérant qu'après plus de 40 ans, le c'est à l'État et à l'état seul de disposer du monopole des armes.

Et puis vous parlez de complicité s'agissant de la France. Des avions militaires de soutien ont été accueillis sur des bases françaises. Ce sont pas des avions de combat. en aucun cas vocation à intervenir dans les opérations militaires en Iran et ça ne vaut en aucun cas participation de la France à ce conflit.

Mot m'interroger sur le le sort de nos deux compatriotes Cécile Colleur et Jacques Paris qui il est vrai le 4 novembre ont quitté leur lieu de détention pour gagner la l'ambassade de France où ils sont en sécurité depuis. J'aurais parlé il y a quelques jours, 10 jours après le début de la guerre et comme à chaque étape depuis leur sortie de prison, je l'ai trouvé admirable de courage et de résilience. C'est pas toujours le cas de nos compatriotes lorsqu'ils rentrent de captivité.

Euh et je veux une nouvelle fois rendre hommage aux équipes de l'ambassade qui qui sont présents à leur côté pour assurer leur sécurité dans un contexte extrêmement dégradé. Quel délai ? Bien. il y a pas de délai, c'est immédiat et et donc on poursuit avec nos interlocuteurs iranien le dialogue en en faisant valoir un argument très simple, c'est que il y a aucun aucune raison légitime de de les empêcher de de rentrer en France aujourd'hui.

Ensuite, vous m'interrogez sur le l'anticipation. [raclement de gorge] Bon, moi l'anticipation, je veux dire, je pense que cette cette escalade est dangereuse, elle est incontrôlée, elle est significative, mais au fond, elle ne fait que confirmer ce que nous savons déjà. Euh le défi géopolitique majeur de euh des années et sans doute des décennies qui viennent, c'est la rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine.

Rivalité qui va donner lieu à à un certain nombre euh de manifestations de conflictualité qui vont avoir des conséquences sur nous si nous ne sommes pas capables et le niveau national n'est sans doute pas suffisant pour y parvenir de bâtir à l'échelle européenne une forme d'indépendance. Nous ne parviendrons pas à prévenir, à empêcher toutes les guerres que les uns et les autres voudront déclencher. Mais nous devons nous protéger nous-mêmes, nos intérêts, nos partenaires, nos amis, les pays qui n'ont pas la force de l'Europe pour le faire contre les conséquences de ces guerres.

Et il me semble que ce que nous avons vu au Venezuela, comme ce que nous voyons aujourd'hui au Moy au Moyen et au Proche-Orient est est la traduction de cette rivalité croissante, même si euh ça n'est qu'une ça c'est une traduction indirecte, mais au fond c'est ça euh qui se produit et c'est pour ça que je disais tout à l'heure en réponse aux questions au gouvernement qui me semble que la France a montré l'exemple dans une guerre qui n'est pas la nôtre. Nous n'y mettons pas les pieds, mais en revanche, nous déployons nos capacités pour protéger les nôtres et pour protéger euh nos nos partenaires, ceux qui comptent sur nous parce que nous sommes liés par des accords de défense comme c'est le cas avec un certain nombre de euh de pays du golfe. Qu'est-ce que nous pouvons faire de mieux et de plus ?

Bah, je crois que c'est évident de toutes les remarques qui ont été les vôtres et je fais exactement les mêmes, c'est de réduire encore plus nos dépendances, dépendances énergétiques, dépendances technologique pour ne pas subir les conséquences de ces conflits qui vont qui vont pas aller en s en cette nuuant mais qui vont se multiplier à l'avenir. Donc défaisons-nous de toute dépendance aux énergies fossiles et nous serons désensibilisés aux conséquences des crises aux proches et au Moyen-Orient. Mais ce n'est pas la seule dépendance de laquelle nous devons nous libérer.

Euh Bertramb, sommes-nous prêts à une dégradation de la situation ? Bah, on doit tout faire pour l'éviter parce que même si c'est une escalade dangereuse, on on perçoit qu'il y a une forme de maîtrise des deux des deux côtés. C'est-à-dire que ça pourrait encore être beaucoup plus grave.

Et donc les messages que nous passons, c'est évidemment de ne pas aller plus loin tant les conséquences sont aujourd'hui désastreuses sur le pouvoir d'achat de nos compatriotes, sur l'approvisionnement d'un certain nombre de filières et pas uniquement les filières agricoles qui dépendent des engrais qui sont bloqués par les événements et et et le conflit dans la région, mais on peut il y a aussi d'autres secteurs qui qui le sont pour d'autres raisons. Et si nous voulons éviter euh [soupir] une catastrophe économique en plus d'une catastrophe sécuritaire, il nous faut pousser toutes les parties à à la des escalades. Et puis pour éviter de se retrouver une nouvelle fois dans cette situation, on a l'impression, chacun le ressent, que c'est pas notre conflit et pourtant on en subit les conséquences.

Et bien, il faut nous il faut nous détacher de ces de ces dépendances. Et je le redis, il y a des choses qu'on peut faire au niveau national, mais de toute évidence, c'est à l'échelle européenne qu'on pourra construire ces boucliers contre ou en tout cas se défaire de ces ces dépendances boucliers contre ces grands désordres du monde qui ne vont pas aller en en s'atténuant. Le meilleur service qu'on peut rendre à un monde qui se conflictualise avec deux superpuissances qui euh qui qui sont dans une sorte de course à la à la rivalité, bien c'est d'éviter que ce conflit se propage en ouvrant une troisème voie et seule l'Europe peut le faire à ce jour parce qu'elle est la coalition de nation la plus la plus avancée et la plus puissante du reste du monde si je puis dire.

Jean-Paul Leco sur le plan Trump. Alors, peut-être aurais-je dû euh euh le signifier plus clairement, mais le plan Trump, il a été endossé par une résolution du Conseil de sécurité 2803. Alors, soit vous n'êtes pas d'accord avec le texte de la résolution et dans ces cas-là, il faut le dire que la France aurait dû s'opposer à l'adoption de de ce texte.

Si nous ne l'avons pas fait, c'est parce que on peut en discuter, je pas descendre les points les uns après les autres. Toutes toutes nos revendications s'agissant de la Palestine se retrouve dans la résolution 2803. Je dis pas que si on l'avait écrite nous-même, on l'aurait écrite exactement de la même manière, mais on y retrouve toutes nos préoccupations.

Et donc soit on décide que ce cadre est le bon et dans ce cas-là, on le le mieux qu'on puisse faire, c'est qu'on c'est de marteler que c'est la mise en œuvre de cette résolution 2803 qui endosse ce plan qui est notre boussole. Soit on est en désaccord avec la résolution et et là c'est autre chose sur euh Cuba. Ah, on n'est pas on n'est pas tout à fait euh euh aligné avec les États-Unis.

C'est moins qu'on puisse dire puisqu'on s'est opposé systématiquement et chaque année à l'embargo parce qu'on a euh euh dépêché de l'aide humanitaire quand Cuba a été frappé par des catastrophes naturelles parce qu'on a ouvert des lignes de crédit pour que les les exportations puissent reprendre. Et parce qu'aujourd'hui euh on on appelle à ce que les le peuple cubain puisse accéder à à l'énergie, accéder au médicaments. D'ailleurs, je l'ai dit au secrétaire d'État américain l'autre jour, tout en appelant aussi dans mes échanges, plusieurs échanges avec le ministre cubain, à ce que le les autorités puissent procéder à l'ouverture démocratique, l'ouverture économique auquelle elles se sont engagées et puis qu'elles respectent un certain nombre d'engagements internationaux qu'elles ont prises devant nous.

Sébastien Chenu qui a soutenu Oursou Vanderleon. Les conséquences pour les ménages et les entreprises de cette [rires] pour les ménages et les entreprises sont considérables. Bon, je veux pas bon d'abord j'ai entendu certaines voix s'élever y compris en France pour dire "OK, c'est pas conforme au droit international mais peut-être que c'est pas si mal que les États-Unis et Israël aillent frapper l'Iran. 4 semaines plus tard, peut-être que le jugement a évolué sur ce point.

La deuxième des choses, c'est qu'évidemment tout ça a des conséquences majeures sur sur nous, sur les Françaises, sur les Français, leur pouvoir d'achat et peut-être pour certains leur emploi si toutefois ça devait se poursuivre. Je veux pas refaire la démonstration du premier ministre et des ministres des de l'économie et des finances et de l'énergie. Mais ce que j'ai compris moi quand je les ai écouté, c'est queil n'y a il y a pas de choc énergétique des duquel le finance publique soit sorties gagnante et donc il y a pas de cagnotte contrairement à ce que on pourrait penser.

Amélia Lacrafi qui connaît bien la région évidemment m'a interrogé sur plusieurs points. Je reviendrai sur les sujets relatifs à à la politique menée par le ministre des finances de du gouvernement israélien, monsieur Smotrich. Euh j'ai exprimé lorsque j'étais à Jérusalem il y a 2 jours euh nos préoccupations les plus fortes vis-à-vis de la politique qui est mené en 6-jordanie.

Mon interlocuteur israélien m'a assuré que des mesures de fermeté seraient prises à l'encontre de la plusieurs centaines de jeunes qui sèent la terreur en SJordanie en s'attaquant à des Palestiniens pour les intimider et les chasser de leur terre. Ça ne résoudera pas tout le problème puisque nous avons un certain nombre de désaccords assez profonds avec le gouvernement israélien actuel sur la politique de colonisation que nous continuerons euh d'exprimer. Et puis ce même ministre a aujourd'hui laissé entendre que la frontière euh sud du Liban serait désormais ou devrait être à l'issue de ce conflit euh la rivière l'Itanie.

Ce sont des propos que nous condamnons avec la la plus grande fermeté qui contreviennent à tous les grands principes qui ont tenté jusqu'à présent, sans tout à fait atteindre le succès, de résoudre problèmes de sécurité, de stabilité au Liban. Le Liban doit sortir de cette nouvelle crise avec son intégrité et sa souveraineté respectée dans ses frontières et avec un état fort disposant du monopole de la force légitime. Et puis nous n'abandonnons en aucun cas notre objectif manifesté dans la déclaration de New York qui se retrouve dans la dans la résolution 2803 d'un horizon politique celui des deux États reconnu et respecté dans le droit vivant côte à côte en paix et en sécurité et nous continuerons à nous mobiliser.

Madame Clémence Getté. Bon, [raclement de gorge] on a évidemment et c'est normal des désaccords sur la politique étrangère qui est menée, mais je dis attention au procès en depoid de mesure qui est fait à l'encontre de la France qui des honnêtement des cinq membres permanents du Conseil de sécurité est sans doute le seul qui reste à peu près fidèle à l'esprit des origines. Privilège exorbitant, responsabilité exorbitante.

Quel autre pays du monde s'est tenu au côté des curdes syriens du général Maslou pour que dans la dernière ligne droite, un accord puisse être trouvé avec les autorités de Damas ? Quel est le seul pays du monde qui aujourd'hui se tient au côté du Liban ? Quelle est la seule autorité gouvernementale à s'être déplacée à Beyrout depuis le début de cette guerre ?

Et s'agissant de la Palestine, on a un certain nombre de désaccords. Mais quel est le seul pays occidental à avoir pris comme partenaire l'Arabie Saoudite pour rassembler l'ensemble de la communauté internationale autour d'un texte qui réaffirme les grands principes auxquels nous croyons. Et vous nous dites que nous nous sommes dans le de poids de mesure.

Attention parce que dans vos interventions sur Gaza, jamais vous n'évoquez le le le 7 octobre, les 1200 victimes, les 50 Français qui sont décédés à cette occasion. Et sur l'Iran, à cet instant, je dis pas que vous l'avez jamais fait, mais euh régulièrement, vous vous faites euh vous faites abstraction de ce et ce qui n'a rien à voir avec la guerre, mais des plusieurs dizaines euh de milliers de de morts euh civiles dans la population iranienne euh qui a été réprimé dans le sang par le régime iranien. Donc euh Ah, je crois pas vous avoir entendu parler des révoltes pacifiques à l'instant dans votre question. monde bien bon [grognement] je dis simplement exprimons nos désaccords débattons mais n'affaiblissons pas l'image de la France qui peut toujours faire mieux mais qui de tous les membres permanents du conseil de sécurité aujourd'hui est sans le et celui qui est sans doute le plus exemplaire et qui fait [soupir] ou qui tente de faire honneur à la mission qui a été confiée par la communauté internationale il y a 50 ans.

Et puis enfin, Pierre Prix Bétiche en majuscule a parlé des impacts sur le golf, entrer sur le entrer dans le conflit. clairement nous dans les messages que nous adressons, nous les dissuadons de le faire puisque ça ça les ferait entrer dans dans l'escalade eux-mêmes. Et quant aux questions de sécurité, elles seront posées de manière très différente et on imagine que les pays du golfe vont se reposer de la question de leur sécurité et de leur partenariat de sécurité.

Et je le dis, il y a une opportunité pour la France et pour l'Europe puisque nous sommes vécus, nous sommes perçus aujourd'hui euh au cœur de cette crise comme les partenaires les plus fiables, les plus les plus réactifs puisque puisque puisque nous avons déployé nos capacités militaires là où ils en avaient besoin. Et puis vous avez vous avez dit "Comment la France ne se laisse pas entraîner bah se laisse pas entraîner tout court. Et elle dit euh non, je dis simplement que pour l'avenir, ça c'est dire non, c'est c'est une chose, mais si nous voulons durablement éviter de nous laisser entraîner dans des conflits que nous n'aurions pas choisi euh qui seraient déclenché par des superpuissances avec des buts imprécisément définis et à l'écart du droit international, alors on doit accélérer notre travail sur le l'autonomie stratégique et l'indépendance de la France et de l'Europe. parce que sinon on le voit bien, on sera rattrapé.

On sera rattrapé. Oui, l'idée, vous le savez, depuis 2 ans, on en a déjà parlé dans cette commission, on a une mission qui s'appelle Aspidas, une mission de l'Union européenne avec trois frégates à peu près qui sécurisent le passage des tanqueurs des portes conteneurs dans la mer rouge. cette mission alors qu'il y a pas la guerre mais il y a il y a il y a une forme de tension puisque il y a les les les un groupe terroristes les qui menace en permanence peut-être je frapperai peut-être je frapperai pas cette mission elle a permis de sécuriser le le passage de 600 navires depuis un ou 2 ans. [grognement] C'est la même idée sur laquelle nous travaillons. concevoir une mission internationale qui aura une vocation strictement défensive et qui une fois la la fin des hostilité atteinte permettra de sécuriser parce que ne vous y trompez pas c'est pas parce qu'un cess le feu aura été décrété en minuscule ou en majuscule que tout d'un coup le trafic maritime va reprendre étant donné le niveau de risque à moins que vous ayez avec cette coalition ou cette mission plus précisément qui aura une dimension sans doute diplomatique mais aussi militaire mais une position strictement défensive, vous aurez du mal à à obtenir une une fluidité retrouvée dans ce dans ce D3. [grognement] Ce que nous pensons, c'est qu'évidemment cette mission devra se déployer avec le le ou en ayant, je dirais déconflicté pour reprendre le jargon militaire avec les les États souverains sur le D3 d'Ormous, c'est-à-dire Oman et l'Iran.

Merci beaucoup monsieur le ministre. Cette je rappelle he cette audition été programmée avant que le président de la République n'organise à 17h30 un conseil de défense et de sécurité nationale et donc forcément ce format était un peu contraint mais merci beaucoup monsieur le ministre d'avoir répondu de façon très très précise et exhaustive à l'ensemble des interrogations qui ont été posées cet après-midi. Je vous libère et on vous retrouve bien sûr le plus vite possible.

Merci beaucoup. La séance est levée.