Simone Veil et ses sœurs, l'exposition évènement - L’œil d’Églantine Éméyéo
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00D.TeboulFait
« Je lui dis que c'est son chignon. J'avais le souvenir de ce chignon... Il est très autoritaire, très formel. »
- 6:00S.VeilFait
« Nous n'avions presque plus de communication. Pour tous, il y avait la nécessité d'être très occupé. »
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J'ai trouvé ça formidable. Ce week-end, je raconte l'histoire d'Aragon et d'E.Triolet.
C'est une histoire incroyable. Elle a donné des poèmes extraordinaires. - M.Bouhafsi: On va revenir sur "Je suis drôle", 21e roman de D.Foenkinos, et sur "Les Histoires d'amour extraordinaires"de Sophie.
D'abord, L'OEil d'Eglantine. Vous avez choisi ce soir une exposition bouleversante, mais indispensable. - E.Eméyé: Il sera aussi question d'amour.
Dans vos livres, David, la grande histoire passe souvent par des histoires familiales. C'est ce que montre une exposition en ce moment au Mémorial de la Shoah. On y découvre le destin de 3 femmes liées par le sang et par l'histoire.
Dans la famille Jacob, il y a Madeleine, l'aînée, déportée avec sa soeur Simone et leur mère à Auschwitz puis à Bergen-Belsen, et la cadette, Denise, déportée à Ravensbruck pour des faits de Résistance. Vous aurez reconnu l'histoire de S.Veil. "Simone Veil, mes soeurs et moi", c'est le titre de cette magnifique exposition.
Je ne vous ai pas tout de suite parlé de S.Veil, car au-delà de la grande figure publique qu'on connaît, on découvre une fille, une soeur, une adolescente. D.Teboul a voulu raconter cette histoire pour une raison bien précise. - J'ai choisi de faire cette exposition pour qu'on découvre une famille française, juive, assimilée, républicaine, provinciale, qui va subir l'horreur des camps nazis.
Pour moi, c'était important de faire entrer dans le récit national non seulement la figure emblématique de S.Veil, mais l'ensemble des membres de cette famille. - M.Bouhafsi: Elle avait accepté de se livrer, S.Veil? - E.Eméyé: Il a fallu de la patience et une infinie délicatesse.
Au début, elle refuse. Elle accepte quelques minutes d'entretien et demande: "Qu'est-ce qui vous intéresse chez moi?" La réponse de D.Teboul va la surprendre. - Je lui dis que c'est son chignon.
J'avais le souvenir de ce chignon...
Il est très autoritaire, très formel. Il avait une autre histoire. A ma grande surprise, ça a déclenché une conversation très intime sur le statut des cheveux au camp.
C'est l'un des rares convois où les femmes n'ont pas été rasées. Ca a beaucoup aidé Simone au camp. - E.Eméyé: Une fois la confiance établie, Denise et Simone vont s'ouvrir et raconter leurs souvenirs.
Des correspondances, des journaux intimes et des récits...
Les 2 soeurs n'ont jamais cessé de s'écrire pendant la guerre et après. La force de l'exposition, c'est leur parole brute, fragile et incomplète. On peut s'aimer profondément sans jamais parvenir à tout se dire.
On peut parler de la déportation, mais parler de Birkenau, c'est autre chose. Une lettre en témoigne. La voici.
Elle n'a pas réussi à l'envoyer non plus. Survivre, c'est aussi revenir, apprendre à vivre avec ses souvenirs et avec les absences. Celle de leur mère, décédée à Bergen-Belsen, celle de leur père et de leur jeune frère, Jean, disparu en déportation, et celle de Madeleine, morte tragiquement dans un accident de voiture après la guerre.
Cette exposition demande du temps. Il y a des lettres à lire et à entendre, grâce aux voix de M.Foïs, I.Huppert et D.Reymond.
Dans ces fragments intimes, une histoire familiale devient peu à peu une mémoire nationale. On en sort avec humilité et la conscience que même après le pire, certaines choses résistent: le courage, l'amour et l'engagement. - S.Veil: Nous n'avions presque plus de communication.
Pour tous, il y avait la nécessité d'être très occupé. Sans ça, la vie aurait été insupportable. On est obligé d'aller de l'avant, de se lancer à corps perdu dans autre chose. - E.Eméyé: On comprend mieux l'un des premiers engagements de S.Veil: améliorer les conditions de détention des femmes du FLN.
C'est une exposition que je vous recommande. C'est jusqu'au 15 octobre 2026 au Mémorial de la Shoah, à Paris. Une bande dessinée raconte l'histoire des soeurs de la famille Jacob et ce livre formidable de l'exposition.
Je ne sais pas lequel j'offre à qui. Je vous laisse décider, Sophie et David. - S.Davant: Je veux bien le livre de l'exposition. - M.Bouhafsi: Merci beaucoup, Eglantine.
Ca donne envie d'y aller. Sophie voulait réagir. - S.Davant: Pour rester dans la thématique, je raconte ce week-end une histoire d'amour entre deux