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interviewC à vous (sur YouTube)· 10 avril 2026 15 min

Crise du carburant: à quand une baisse des prix ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

estime avoir gagné la bataille de l'opinion sur un Etat qui serait profiteur de la crise. Comme l'écrivait Antonio Gramsci...

Le match entre court et long terme...

Avant-goût de la prochaine présidentielle. - M.Bouhafsi: M.Barnier, depuis 42 jours et le début de cette guerre, le gouvernement dose les mesures en tenant compte des contraintes budgétaires.

S.Lecornu se livre à un exercice d'équilibriste pour éviter une crise sociale? - M.Barnier: Je crois qu'il a fait un constat lucide.

Il a proposé des mesures utiles. Il faut dire la vérité à ceux qui nous écoutent: il n'y a plus d'argent. J'ai essayé de le dire quand j'étais Premier ministre.

Madame Le Pen, de manière opportuniste, à l'époque, comme monsieur Mélenchon et monsieur Hollande, qui ont mis leur pouce ensemble pour me faire tomber, n'étaient pas dans le même état d'esprit. Tant mieux pour notre pays d'avoir un peu de stabilité. Toutes les mesures annoncées sont utiles.

J'ai publié un projet de programme. Il y a un plan d'électrification. Il est nécessaire que quand on gouverne ce pays, on dise aux Français qu'ils vont faire un effort quand ils en font un.

Pourquoi on fait cet effort? Pour réduire les dettes sur le dos de nos enfants. Ce n'est pas bien qu'on accumule jusqu'à 3200 milliards de dettes.

Qui va payer? Nos enfants et nos petits-enfants. - M.Bouhafsi: Vous aviez une note du Trésor tous les jours sur votre bureau? - M.Barnier: J'ai eu une note dès mon premier jour de la Banque de France et du Trésor: "Vous devez réduire d'un point le déficit budgétaire." On ne l'a pas suffisamment fait depuis que je suis parti.

Il est important de dire aux Français qu'ils font des efforts, à condition qu'on leur dise le sens de ces efforts. Le Premier ministre a raison en parlant d'un plan d'électrification. Je regrette, à propos du nucléaire, dont tout le monde se réjouit, qu'on ait perdu 4 années au début du quinquennat de monsieur Macron, en ayant laissé tomber Fessenheim. - Y.Goosz: Vous auriez dit la même chose que S.Lecornu? - M.Barnier: J'aurais redit la même chose.

J'ai publié un programme dans les 5 ans dans lequel je propose un plan d'électrification. Il faut relever la ligne d'horizon. Pourquoi on fait des efforts?

Pour ne pas surcharger nos enfants et inscrire dans la durée l'intérêt général. - M.Bouhafsi: S.Lecornu s'est adressé aux Français avec une volonté: faire baisser la dépendance aux hydrocarbures de 60 à 40 % d'ici 2030.

Est-ce que c'est vraiment l'urgence quand les Français font des arbitrages quotidiens pour faire le plein? - M.Barnier: Un ancien Premier ministre de gauche, que j'ai toujours respecté, P.Mendès France, a dit: "Ne jamais sacrifier l'avenir au présent." Quand on gouverne, même 3 mois, il faut inscrire ce qu'on fait dans la durée.

Je pense qu'on doit prévoir, ne pas sacrifier l'avenir au présent. Si on faisait du court terme en subventionnant l'essence à tout-va alors qu'on n'a pas d'argent...

On subventionne les producteurs de pétrole, d'abord. On ne prépare pas l'avenir. - M.Bouhafsi: Quand vous revenez dans votre Savoie chérie et que vous discutez avec les Français, vous sentez cette tension?

Les Français ne sont pas dans la rue, mais il y a cette crainte de voir un embrasement. On a tous en tête le souvenir des "gilets jaunes". Les Français sont inquiets et épuisés. - M.Barnier: Raison de plus pour avoir le courage de leur dire la vérité, de faire.

Ce sera l'enjeu de la présidentielle dans un an. Les Français sont inquiets. Il faut maintenir l'idée d'avoir des mesures ciblées pour les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs routiers, les assistantes maternelles... - A.Bégot: Pour les infirmières libérales, les aides à domicile... - M.Barnier: Il faut des mesures ciblées pour aider les gens à passer le cap.

Il y a moins d'inquiétude si on a du respect pour ceux qui gouvernent et qu'on a le sentiment qu'ils disent la vérité. - M.Bouhafsi: Les distributeurs jouent le jeu? - M.Barnier: Il y a des contrôles dans plusieurs centaines de stations-services.

J'espère que tous ont le sens de l'intérêt général pour ne pas faire des effets d'aubaine à leur profit. - M.Bouhafsi: Vous appelez à une multiplication de ces contrôles.

S.Lecornu disait que les répercussions à la baisse devraient se voir entre la fin du week-end et le début de semaine prochaine. - M.Barnier: Je fais confiance au patriotisme de ces grandes entreprises, dont certaines font beaucoup de profits.

Une idée a été donnée par un jeune député LR il y a quelques jours. Il a proposé qu'une partie des surplus de taxes qu'encaisse l'Etat soit utilisée pour l'électrification, pour donner des primes de 7000 euros par voiture électrique à ceux qui n'ont pas les moyens d'en avoir. - M.Bouhafsi: Je ne sais pas si vous avez écouté M.-E.Leclerc à la radio ce matin.

Il pense qu'on ne reviendra pas aux prix d'avant-guerre. Il avance que l'intérêt de ceux qui ont fait cette guerre est qu'on ne retrouve pas le niveau d'avant. Vous partagez cette analyse? - M.Barnier: Raison de plus pour être moins dépendants.

Il n'y a pas que le conflit au Proche-Orient. Il y a aussi le conflit en Ukraine, dont nous devons tirer des leçons en étant moins dépendants du gaz russe, du pétrole russe, des engrais russes. On doit tirer les leçons et faire que notre pays et l'Europe soient moins dépendants. - E.Eméyé: Il y a encore des partis politiques qui font des propositions.

Le RN réclame une baisse de la TVA. LFI voudrait un blocage des prix. Il y a des Français qui sont sensibles à ça.

Vous le martelez: l'Etat n'a plus d'argent. - M.Barnier: J'ai déjà constaté, quand je suis tombé il y a un an et demi, par la conjonction de ces partis populistes, simplificateurs, nationalistes. - E.Eméyé: C'est de la démagogie? - M.Barnier: Oui.

Le général de Gaulle disait qu'il fallait combattre la démagogie par la démocratie. Il faut aider quand on le peut, mais ne pas raconter l'histoire. C'est une responsabilité de ceux qui prétendent diriger l'Etat. - M.Bouhafsi: Vous êtes ancien ministre des Affaires étrangères.

Le monde a le regard tourné vers le Moyen-Orient. Un cessez-le-feu est en place depuis mercredi entre Etats-Unis et Iran. Des négociations de paix vont avoir lieu demain au Pakistan.

Vous comprenez la politique de D.Trump? - M.Barnier: Non.

Qui peut la comprendre? Elle est tellement erratique. Elle change tellement souvent...

Cette guerre n'est pas la nôtre. Elle a été déclenchée. Il faut maintenant en limiter les effets.

Quels étaient les buts de guerre du président Trump? On n'a pas su si c'était changer le régime, ce qui ne paraît pas être le cas. Et ce régime paraît être plus résilient avec ce double étage, avec les Gardiens de la révolution et ceux qui sont en dessous et qui font régner la terreur, les bassidjis, notamment.

Etait-ce de détruire les sites nucléaires? Détruire les sites de lancement de missiles? On n'a jamais su les buts de monsieur Nétanyahou et du président Trump. - Y.Goosz: Maintenant, c'est rouvrir le détroit d'Ormuz. - M.Barnier: C'est une conséquence qui n'a pas été anticipée.

La menace mise en oeuvre par l'Iran, qui contrôle une grande partie de la rive du détroit d'Ormuz...

Rouvrir et sans payer de péage, si je puis me permettre. J'aimerais dire un mot du Liban. En même temps qu'il y a ce cessez-le-feu, cette trêve de 15 jours, on a continué à bombarder le Liban et à tuer des centaines de personnes.

Il faut que le cessez-le-feu s'applique au Liban. J'espère que les pourparlers qui vont être engagés entre le président libanais, le Premier ministre libanais et le président israélien pourront permettre ce cessez-le-feu. - Y.Goosz: Le mois dernier, A.Juppé était sur ce plateau et jugeait disproportionnée l'action d'Israël au Liban.

Vous êtes d'accord avec lui? - M.Barnier: J'ai toujours dit et pensé que la sécurité d'Israël n'était pas négociable.

Quand on a vu le drame de l'attentat terroriste du 7 octobre, on peut comprendre la volonté d'Israël d'éradiquer tous ceux qui veulent le détruire. C'est ça, l'objectif. Dans la Constitution de l'Iran, il y a toujours cette intention de détruire Israël.

Ce n'est pas négociable pour nous. On peut comprendre le souci...

Voilà pourquoi il faut des négociations avec le gouvernement libanais. Je le connais bien. Je connais bien ce pays.

J'ai un attachement pour ce pays, comme tous les Français. C'est avec le gouvernement libanais qu'on peut démilitariser le Hezbollah. - Y.Goosz: La France est impuissante? - M.Barnier: Non.

Elle peut agir. Elle est solidaire. L'Europe n'est pas impuissante non plus. - M.Bouhafsi: Estimez-vous que l'action du gouvernement israélien au Liban est disproportionnée? - M.Barnier: Bien sûr que quand vous voyez des centaines de civils tués, que des centaines de milliers de Libanais doivent migrer, comment dire que c'est proportionné?

Tant que le Hezbollah ne sera pas éradiqué, démilitarisé, il y aura une menace pour Israël. - M.Bouhafsi: Dans ce contexte tendu on se prépare à la présidentielle de 2027. - M.Barnier: Ca ne m'a pas échappé. - M.Bouhafsi: Vous avez lancé une plateforme programmatique.

Vous voulez restaurer l'autorité républicaine. Vous proposez un référendum sur l'immigration. C'est un programme qui peut être encore enrichi? - M.Barnier: Ce n'est pas un acte de candidature.

Les Français en ont ras-le-bol et ne comprennent pas cette course de chevaux et d'ego. Que nous ont dit les Français en votant il y a 15 jours? "Mettez-vous d'accord et occupez-vous de nos problèmes." C'est ce que j'essaie de dire.

Ce n'est pas le sujet de choisir le candidat le mieux placé pour représenter une union sincère de la droite républicaine et du centre. - Y.Goosz: Vous l'appeliez comme ça, ce socle commun. - M.Barnier: J'ai eu l'honneur d'essayer de construire ce socle et de le cultiver.

C'est ce que je fais en donnant la priorité aux débats d'idées par rapport aux débats de personnes. On veut une France fière de sa langue, de ses sportifs, de ses usines, de son agriculture, une France solide et forte. Nous avons plein d'atouts.

Nous plaidons, avec ce petit document que tout le monde peut lire, il est sur un site, Bâtir ensemble 2027. Chacun peut porter sa proposition, sa critique. Ce document sera actualisé chaque mois.

J'espère que le candidat que nous choisirons pour représenter la droite et le centre pourra le porter. - M.Bouhafsi: J'insiste sur cette question de personnes.

Vous parlez de socle commun. Il va d'où à où? De S.Knafo à E.Philippe? - M.Barnier: C'est le socle commun que j'ai eu l'honneur d'animer quand j'étais Premier ministre.

Ce sont les partis dont Renaissance, qui soutiennent le président de la République, de monsieur E.Philippe, Reconquête!, le parti centriste... - M.Bouhafsi: Horizons. - M.Barnier: Horizons, pardon. - A.Bégot: Lapsus... - M.Barnier: C'est un lapsus. - Y.Goosz: Reconquête!, pas question? - M.Barnier: Non.

Vous avez le MoDem, les centristes, et LR. - A.Bégot: Vous voulez mettre le quoi avant le qui.

Mais il y a déjà des candidatures officielles à droite et au centre. E.Philippe, B.Retailleau, D.Lisnard.

D'autres se préparent, comme G.Attal. Comment vous pouvez éviter la bataille de personnes pour arriver à ce que vous voulez faire? - M.Barnier: Il est légitime que chacun, dans sa formation politique...

Horizons pour E.Philippe, Renaissance pour G.Attal, B.Retailleau est candidat pour LR...

Chaque famille politique essaye de faire valoir son idéal, ses propositions. Il faut que tout le monde se mette d'accord. - A.Bégot: Comment? - M.Barnier: Nous verrons bien.

Peut-être à travers un conclave. - A.Bégot: Vous allez vous enfermer? - Y.Goosz: On ne sort pas tant qu'on ne s'est pas mis d'accord?

Ca peut durer des jours. - M.Barnier: Je ne peux pas dire comment ça se passera.

Si on ne travaille maintenant sur un projet concret, ce sera plus difficile. J'observe que la leçon que nous avons reçue des municipales, c'est que partout en France, y compris dans les plus petites communes, on a gagné quand on était unis, le centre et la droite, beaucoup de communes. On n'a pas toujours gagné quand on était unis, mais on a toujours perdu quand on était désunis. - M.Bouhafsi: J'ai l'impression que vous visez quelqu'un, B.Retailleau.

Vous lui dites quoi, à lui à qui on donne dans tous les sondages entre 8 et 10 % d'intentions de vote? Le mieux placé est E.Philippe. - M.Barnier: Vous êtes marrant, si je puis dire.

Vous voulez me ramener à ces questions de personnes. - Y.Goosz: C'est votre parti. - M.Barnier: Je regrette la procédure engagée.

Il y a un sentiment de...

On verra bien. B.Retailleau a des légitimités autant que d'autres candidats pour se présenter.

Je propose de travailler sur le fond. C'est ce qu'attendent les Français.