Nicolas Sarkozy condamné: l’affaire libyenne expliquée en 15 minutes
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« Est-ce que de l'argent a été versé ? Oui. Par qui ? Par les autorités libiennes, notamment Mohammad Kaddafi. À qui ? À Nicolas Sarkozy et Claude Gua. »
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Si c'était une série, on dirait le scénario est invraisemblable. Est-ce que de l'argent a été versé ? Oui.
Par qui ? Par les autorités libiennes, notamment Mohammad Kaddafi. À qui ?
À Nicolas Sarkozy et Claude Gua. Jamais en France on a jugé un ancien président pour avoir conclu un pacte de corruption présumé avec une dictature comme celle de Mohamar Kaddafi. Ça n'est jamais arrivé dans l'histoire.
Ce qui est certain, c'est que de l'argent libers versé en France. La question est de savoir est-ce que cet argent a servi à financer la campagne électorale de Nicolas Sarkozy ? C'est à la justice d'y répondre.
Un dictateur, des terroristes, des valises d'argent liquide et un ancien président français, c'est peut-être le plus gros scandale de la 5e République. Nicolas Sarkozi, jugé au côté de 11 autres personnes, connaîtra dans quelques jours la décision du tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire du présumé financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Après 12 ans d'enquête judiciaire, c'est un dossier complexe aux nombreux rebondissements et composé de plusieurs personnages sulfureux que l'on va vous expliquer en 15 minutes.
Au début de l'année 2011, on reçoit à Mediaapart un un mail de d'une personne qu'on qu'on ne connaît pas et qui nous dit "Bah, j'ai peut-être quelque chose sur quelqu'un qui vous intéresse. Ce quelqu'un sait Zataked et ce quelque chose ce sont l'intégralité de ces archives numériques. Zatedin est l'un des principaux intermédiaires présumés dans cette affaire.
Après avoir grandi dans la bourgeoisie libanaise, il arrive en France dans les années 1980 où il devient le directeur général de la station de ski Isola 2000. Il se lie alors d'amitié avec des personnalités politiques comme François Léotard qui deviendra en 1993 le ministre de la défense d'Edouard Baladur. Et au début des années 90 dans l'avion, il va croiser un un vieux copain de de fac lui est devenu vendeur d'armes.
Et donc d'un côté, il a son copain qui vend des armes et de l'autre il a une bonne connaissance à lui qui devient le ministre de la défense. C'est comme ça que Zakiedin devient ce qu'on appelle intermédiaire notamment dans les dans les marchés d'armement. Nous, on commence à écrire sur l'affaire libienne en juillet 2011 et dès juillet 2011, on fait un article à Médiapar dont le titre est SarkoZi géant de point le grand soupçon libien.
Le chemin se faisant, nous arrivons à mettre la main sur un document qui a échappé, si j'ose dire, au bombardement de la la guerre en Libie. Et ce document, c'est un document qui est daté de la fin de l'année 2006 et qui est un accord de financement politique et administratif, si j'ose dire, de la part du gouvernement libyen et de son principal dirigeant, le dictateur Mohamar Kaddafi pour soutenir à concurrence de 50 millions d'euros les ambitions présidentielles de Nicolas Sarkozi. Ça veut pas dire que 50 millions ont été versés, mais ça veut dire que il y avait un accord pour pour cela.
Mais revenons d'abord un peu en arrière. À la fin des années 1960, la Libye est dirigée par le dictateur Muhamar Kaddafi et le pays commet de nombreux attentats terroristes notamment contre des intérêts français. En 1989, la Libye de Kaddafi fait exploser un avion français, le décès 10 de la compagnie UTA qui effectue un vol entre Brazaville au Congo et Paris.
L'attentat tue 170 personnes dont 54 français. 10 ans plus tard, un procès pour terrorisme se tient et le beau-frère de Kaddafi, Abdallah Senusi, alors chef des services secrets libitaire de l'attentat, est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en son absence. Après les attentats du 11 septembre 2001, la Libye change de stratégie et tente de normaliser ses relations avec les pays occidentaux.
C'est dans ce contexte que les premières rencontres ont lieu entre les proches de Nicolas Sarkozi, alors ministre de l'intérieur et ceux de Mohamar Kaddafi grâce à l'action de Ziad Takedin. Zi Takedin dit que ces déplacements doivent revêtir un caractère secret avec la dictature nibyenne, notamment pour, je cite une de ces notes, parler du sujet important. Le point de contact de Zakidin au sein du régime Kaddafi, c'est le numéro 2 du régime Hamdala Senusi et qui est connu de six ministres mémoires en France.
Zatakedin organise la rencontre secrète dans le dos de l'ambassade de France en Libye entre Claude Guéant, directeur de cabinet du ministre de l'intérieur avec le terroriste libien Abdallah Sinosi. Et cette rencontre va se reproduire quelques semaines plus tard avec Brissortefeu et c'est là que d'après l'accusation, d'après le parquet national financier se nou les premières discussions de ce qui va devenir pour le parquet un pacte de corruption. Ce pacte, c'est d'obtenir de la dictature libyenne un éventuel soutien financier à l'approche de la campagne présidentiel de 2007.
Et en contrepartie, c'est ce que soutient le parquet national financier, que la France, si Nicolas Sarkozy arrive au pouvoir, euh permett à la Libye de revenir dans le concert des nations, euh lui offre du nucléaire euh civil et surtout surtout essae de revoir la situation pénale d'Abdallah Soui. Vous voulez nous dire que jamais à aucun moment vous n'avez essayé vous-même ou proche de faire sauter son mandat d'arrêt international ? Madame, d'abord c'est impossible.
Lorsque Kaddafi est tombé, j'ai envoyé moi-même président de la République, vous m'entendez, un magistrat pour parler avec le nouveau chef du gouvernement libyen avec une lettre de moi demandant à ce que monsieur Senoui soit déféré devant les tribunaux français. Donc ces allégations ne reposent sur rien. Elles sont contredites par les éléments factuels que j'ai apporté. [Musique] Selon les informations de Mediaapart, un circuit complexe a été mis en place pour transférer l'argent notamment via un compte lié à Zad Takedin.
L'homme d'affaires franco-libanais aurait également remis de l'argent en espèce dans des valises de cash à Nicolas Sarkozy et Claude Guéan entre 2005 et 2007 directement au ministère de l'intérieur. On va découvrir que une société dans les paradis fiscaux de de Ziatakidin va récupérer de la part de la de la Libye 6 millions d'euros dont une partie est est versée précisément par les services d'Abdala Senousi. Une partie de ces fonds va avec des rebonds bancaires et ça c'est un élément très important de cette affaire va atterrir sur le compte au Bahamas d'un français qui est un intime de Nicolas Sarkozy qui s'appelle Thierry Gobert.
La somme est à peu près de de un demi million d'euros. 440000 € sur lesquels Thierry Gobert a été dans l'incapacité absolue de donner la moindre explication, la moindre justification économique. Par ailleurs, l'argent reçu par Ziatimement retiré, bah pas intégralement puisqu'il en a gardé une partie pour lui, mais une autre partie a été massivement retirée en espèce dans la périodicité de la campagne présidentielle.
Au terme de leur enquête, les les policiers anticorruption et les juges instruction ont découvert qu'il y avait bien eu du cash non déclaré qui avait circuler pendant la campagne présidentielle euh et sur lequel le trésorier de la campagne et Eric Wert qui est l'un des prévenus de cette affaire a donné des explications qui ont peu convaincu l'accusation et peu convaincu les juges d'instruction. a dit que c'était des dons qui avaient été envoyés anonymement par des militants. Claude Guant avait le temps de la campagne présidentiel ouvert dans une grande banque française, une chambre forte, si grande qu'un homme pouvait y rentrer ou une femme debout.
Euh et il a pour expliquer la raison de ce de ce coffre fort, il a dit que c'était pour y entreposer des discours, notamment des discours qu'avait prononcé Nicolas Sarkozi en juillet 2007. Nicolas SarkoZi réalise sa première visite en tant que président de la République en Libye. 6 mois plus tard, c'est autour de Mohamar Kaddafi de venir en France pour une visite d'état de 6 jours qui va choquer l'opinion.
Le dirigeant libyen plante sa tente dans les jardins de l'Élysée et déambule dans les rues de Paris à travers les sites touristiques comme ici au musée du Louvre. Mais en 2011, la lune de miel entre les deux dirigeants prend fin à la faveur des prints arabes qui touchent une partie du Moyen-Orient et du Maghreb. Des gigantesques manifestations ont lieu en Libye et sont violemment réprimées par le régime de Kaddafi.
Nicolas SarkoZ prend le parti des rebelles et est le premier chef d'état à reconnaître le Conseil national de transition libre. Dans la foulée, le fils de Mohamad Kaddafi accuse Nicolas Sarkozi d'avoir touché de l'argent libyen pour sa campagne présidentielle de 2007. Mais ces accusations venant du fils d'un dictateur aux abois ne sont alors pas prises au sérieux en France.
Le 20 octobre 2011, le convoi de Mohamar Kaddafi est bombardé par l'OTAN. Alors qu'il tente de fuir, le dictateur est capturé par les rebelles. Lyché, il finit par être tué par balle dans des circonstances qui restent encore floues.
Au milieu des décombres de la guerre, sous les gravas, un document issu des archives des services secrets de Kaddafi est retrouvé. Le 28 avril 2012, Mediaapart révèle cette note qui évoque la somme de 50 millions d'euros versé pour la campagne de Nicolas Sarkozy. Cette note est signée par Mousakusa, le directeur des services secrets extérieurs, l'équivalent de la DGS libienne.
Elle est destinée à Béchir Salé, le directeur de cabinet de Mohamar Kaddafi. On a publié cet article dans un calendrier compliqué pour un journal parce que on était dans l'entre de tour de l'élection présidentielle de 2012. On s'est dit que ne pas le publier, le retenir parce qu'il y avait une élection présidentielle aurait été un un crime journalistique.
Et Nicolas Sarkozy pour se défendre de de cette publication qui le mettait en difficulté comme Brisortefeu nous a accusé d'avoir publié un faux document. Il y a eu le faux document de Médiapart. Plus personne ne m'en parle.
Le faux document il y aura eu soit-disant un virement de 50 millions dont on a jamais retrouvé trace. Alors maintenant, on en parle plus pour 4 jours d'interrogatoire. On m'a même pas posé une question.
C'était le grand sujet de ma campagne présidentielle 2012. Ce dossier n'est truffé que de faux. Une enquête a été ouverte à la demande de Nicolas Sarkozy et après près de 4 ans d'investigation, la justice a a débouté Nicolas Sarkozy a donné raison à Médiapart que ce soit au terme de l'enquête, devant la cour d'appel puis jusque devant la cour de cassation. et Nicolas SarkoZi a même dû nous verser de de l'argent.
J'ai toujours l'échec de de Nicolas Sarkozi et de Brisortefeu que je n'ai pas enquêté dans mon bureau. Dans les dossiers de corruption, il est très rare qu'il y ait des preuves matérielles directes de financement. Euh en général, les versements d'argent sont toujours occultes, mais pour la justice, le simple fait qu'il y ait une promesse euh de corruption, qu'elle qu'elle soit exécutée au final ou non ne compte pas, l'infraction est constituée.
Les juges d'instruction décident d'enquêter pour corruption, financement illégal de campagne, pour détournement de fonds publics. Les chefs d'accusation dès le début sont très graves. En 2013, Ziat Takedin est l'invité de BFMTV et RMC.
Il affirme que de l'argent a été versé par la Libye à Nicolas Sarkozy et Claude Guce que de l'argent a été versé. Oui. Par qui ?
Par les autorités libiennes, notamment Mohammad Kaddafi. À qui ? À Nicolas Sarkozy et Claude Gua.
Directement. Directement comment ? À part des transferts bancaires et par du cash.
Combien ? Ça dépasse comme je dis ça dépasse des montants parce que c'est souvent des formes différentes. Mataquedine ne s'incrimine pas et il faut attendre novembre 2016 pour qu'il déclare à Médiapart avoir fourni des valises de billets à Nicolas Sarkozy et Claude Guéan.
Un autre intermédiaire est arrêté en 2018, Alexandre Joury. Rival de Takedine et proche de Béchir Salé. Il est accusé d'avoir vendu l'une de ces villas à un fond liben géré par le directeur de cabinet de Mo.
Marc Kaddafi. Il est aussi accusé d'avoir participé à l'exfiltration de Bachir Salé de la Libye vers la France. Lorsqu'on apprend que Nicolas Sarkozy est en garde à vue, on est en mars 2018.
C'est un coup de tonner politique médiatique. La garde à vue va durer 25h sur 2 jours. Le premier jour, l'interrogatoire est de 8h à 23h.
Il reprend le lendemain matin des 8h. Trois enquêteurs vont se succéder pour interroger Nicolas Sarkozy qui va être décrit pendant cette garde à vue comme étant imperturbable. ni en pied à pied les accusations qui lui sont faites.
Plus de 200 questions vont lui être posées et reposées, mais Nicolas Sarkozy ne va pas lâcher un pouce à l'accusation. À la fin de sa garde à vue, euh il est décidé que Nicolas Sarkozy euh doit être déféré, présenté donc au juge d'instruction en charge du dossier à ce moment-là, Serge Tourner, qui va décider de mettre en examen le président pour des faits pour des chefs d'accusation qui sont là encore très graves. On parle de recell de détournement de fonds publics, corruption passive, financement de campagne électorale illégale et d'association de malfaiteurs. n'était jamais arrivé qu'un président, un ancien président de la République soit mis en examen pour ces chefs-là.
Alors que l'instruction de cette affaire se poursuit, en novembre 2020, Zat Takedin revient sur sa version initiale. Monsieur Sarkozi n'a pas eu un financement libien pour la campagne présidentielle, ni monsieur Kaddafi ne pouvait le faire parce qu'il le faisait jamais. et je l'ai dit haut et fort.
Or, ce juge tourner a bien voulu tourner ça à sa manière et me faire dire des propos qui sont totalement contraires au propos que j'ai dit ou j'ai toujours dit il y a pas eu de financement de campagne présidentielle de monsieur Sarkozy. Jamais. Cette rétractation est une fausse rétractation.
Une nouvelle enquête judiciaire a permis de de découvrir que en fait le témoignage de de Zad Takedin n'était pas spontané, n'était pas sincère, mais qu'il avait été le fruit de tractation qui avait été engagé notamment par un personnage que connaît bien le couple Sarkozy comme le couple Macron qui s'appelle Michel Marchand, surnommé Nimi Marchand qui est une femme d'affaires, une communiquante bien connue des cercles du pouvoir français qui et celle qui avec un arréopage de de protagonistes haut en couleur va contre des promesses de versement de fond organiser orchestrer la fausse rétractation de de Zatakin dans la presse française. À partir de janvier 2025, Nicolas Sarkozi et 11 autres prévenus sont jugés au tribunal de Paris. Après un procès hors norme qui a duré 3 mois, le parquet a requis 7 ans de prison, 300000 € d'amende et 5 ans d'inéligibilité contre l'ancien président de la République.
Nicolas Sarkozy avait parlé d'un réquisitoire politique, un réquisitoire violent. Son entourage l'avait décrit comme ulcéré mais pas abattu. Il avait publié un communiqué sur Facebook, sur les réseaux sociaux où il disait qu'il gardait toute confiance en la justice malgré ses réquisitions extrêmement lourdes.
Nicolas Sarkozy ainsi que les 11 autres prévenus connaîtront leur jugement ce 25 septembre 2025. Ils sont pour l'heure toujours présumé innocents. On parle souvent d'un dossier tentaculaire.
C'est vrai qu'il a duré 10 ans. Pour autant l'intrigue pourrait se résumer ainsi. Est-ce que la dictature de Mohamar Kaddafi a versé de l'argent pour financer la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en échange de contrepartie financière, de contrepartie diplomatiques, de contrepartie économique ?
En clair, est-ce que la démocratie française a un jour été achetée par une dictature, dictature sanguinaire ? C'est à cette question que la justice doit répondre. [Musique]