Gouvernement Lecornu : le PS va-t-il censurer ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On suspend jusqu'en 2027 mais je veux qu'en 2027, le pouvoir, quel qu'il soit, s'il doit revenir sur la réforme des retraites, passe par le Parlement. Il faut un respect à chaque étape du Parlement. - A.-E.Lemoine: Ce matin, J.Bardella accusait le PS de mener des négociations secrètes. - J.Bardella: Vous vous rendez compte du cynisme dans lequel on se trouve aujourd'hui?
De la part de monsieur Macron et de ses amis, et de la part du PS, qui magouille depuis plusieurs jours dans les couloirs de Matignon pour essayer de se faire acheter et ne pas voter la censure dans quelques jours. - Vous doutez de la détermination du PS? - J.Bardella: Oui, je pense qu'une partie des socialistes dans notre pays sont prêts à se corrompre et à se faire acheter.
Je ne sais pas pourquoi, peut-être pour quelques subventions aux municipales... - A.-E.Lemoine: On vous accuse de magouilles, prêts à être corrompus, achetés... - O.Faure: C'est un expert qui parle, en matière de corruption, de magouilles.
Moi, je n'ai jamais été condamné par la justice. Je crois que son parti l'est assez largement. Sa présidente de groupe fait l'objet d'une condamnation.
Il sait de quoi il parle. En ce qui me concerne, je vous ai dit clairement... - A.-E.Lemoine: Il veut dire que vous seriez prêts à tout pour éviter une dissolution et de nouvelles législatives... - P.Cohen: A ses yeux, vous êtes dégagistes. - O.Faure: Vous pourrez le vérifier vous-même.
Je vous ai donné les critères. Ils sont publics, transparents. Demain, en fonction de ce que dit le Premier ministre, vous pourrez en déduire la position des socialistes.
Il n'y a là aucune manoeuvre ni aucun traquenard. Au contraire, je tiens à ce que nous puissions rétablir aux yeux des Français un minimum de logique et qu'ils comprennent ce que chacun, à chaque étape, propose. où chacun est.
Je voudrais que J.Bardella nous dise ce qu'il pense de la taxation des ultrariches. Il a fait amende honorable auprès du Medef et il fait sa génuflexion chaque jour...
On verra à ce moment-là dans l'Hémicycle qui est prêt à prendre sur les milliardaires et ceux qui préfèrent prendre sur les chômeurs, les malades, les apprentis, les étudiants, comme c'est le cas dans le budget qui sera présenté au Parlement. - P.Lescure: B.Retailleau a donc quitté le ministère de l'Intérieur.
Il est remplacé par L.Nunez. Le Premier ministre avait donné pour consigne de proscrire la presse et les invités lors des passations de pouvoir.
Mais B.Retailleau s'en est affranchi en décidant de faire ses adieux à la place Beauvau, en présence des médias. Il en a profité pour revenir sur la crise de la parole publique. - B.Retailleau: Je me suis efforcé, dans cette responsabilité politique qui était la mienne, d'agir sur le réel mais aussi de rétablir le sens et la vérité des mots.
Parce que je pense que la crise de la démocratie, c'est aussi la crise de la parole publique. Quand les mots n'ont plus de sens, quand on veut travestir leur sens, quand on veut euphémiser leur portée ou la travestir...
J'ai voulu redonner toute la puissance à ces mots-là. - P.Lescure: On ne va pas faire la liste de vos différences Et de vos divergences avec B.Retailleau.
Mais est-ce que vous le rejoigniez sur la crise de la démocratie qui serait aussi une crise de la parole publique? - O.Faure: Oui, sur ce constat, on peut être d'accord.
Malheureusement, la semaine écoulée, pour ne pas dire l'année, a été terrible. Je crains qu'à force de contorsions, on finisse par nourrir le populisme dans notre pays et que, malheureusement, les vendeurs d'illusions au RN soient aujourd'hui les mieux placés pour être le réceptacle. Le combat de ma vie, c'est le combat contre cette forme de démagogie mortifère, qui conduit ensuite à d'autres dérives sur l'Etat de droit, sur les étrangers, sur toute une série de libertés publiques qui peuvent être remises en cause demain.
C'est la raison pour laquelle je me battrai jusqu'au bout pour empêcher l'extrême droite d'arriver un jour au pouvoir. B.Retailleau a fait un choix curieux cette semaine.
Il a expliqué dans le Tarn-et-Garonne, au 2e tour de l'élection partielle, qu'il ne donnait pas de vraie consigne. Mais il donnait malgré tout une consigne, qu'il ne fallait pas voter pour le PS face à l'extrême droite. C'est un vrai changement de cap des Républicains.
J'ai entendu aussi L.Wauquiez expliquer que la droite, ça allait de G.Darmanin à la vice-présidente du parti d'E.Zemmour. - A.-E.Lemoine: Le gouvernement Lecornu a été nommé hier à 22h.
Vous avez posté sur les réseaux sociaux un laconique "no comment". - E.Tran Nguyen: C'est une version moins politique, suivant le Premier ministre, qui a voulu des personnalités dépourvues d'ambition personnelle, avec moins d'ego et qui n'auraient qu'un seul but: traverser la crise et donner un budget à la France.
Résultat, ce sont des visages qui ont été pour certains découverts pour la première fois hier. - Vous connaissez cette personne? - Pas du tout. - Absolument pas. - J'ai vu que dans le nouveau gouvernement, il y a un ancien président de la SNCF, je crois... - Tout ce qui n'est pas cloisonné dans des partis, pourquoi pas? - Je crois qu'ils vont agir autrement.
Ils ont une autre vision. - J'ai trop peur des conflits d'intérêts. - Je ne suis pas sûre que ça change beaucoup. - E.Tran Nguyen: Des gens qui viennent du terrain, c'est plutôt un avantage, à en croire les réactions des Français qu'on a interrogés. ...
Le fait de venir de la société civile est-il une garantie? Il y a quand même quelques réserves qui ont été émises, comme celle-ci. ...
On va regarder d'un peu plus près. Il y a déjà 2 chefs d'entreprise, notamment J.-P.Farandou, ancien patron de la SNCF, nommé au ministère du Travail.
Il pourrait se retrouver en première ligne de la réforme des retraites. Il l'a fait à son échelle, au sein de l'entreprise ferroviaire. L'autre patron, habitué des médias, c'est S.Papin, qui obtient le ministère des Petites et Moyennes entreprises, de l'Artisanat et du Commerce.
Il a été le PDG de Système U. Il a aussi travaillé avec E.Macron, chargé d'une mission de suivi de répartition de la valeur dans l'agroalimentaire lors du premier mandat du président.
C'est peut-être d'ailleurs le dénominateur commun de ces nouveaux entrants. M.Barbut, à la Transition écologique, ancienne présidente de l'ONG WWF, qui conseille E.Macron sur le climat depuis 2020.
Tout comme E.Geffray, ex-directeur général de l'enseignement scolaire, qui devient ministre de l'Education. Il était passé par le cabinet de F.Bayrou en 2017.
Il a géré plusieurs gros dossiers, comme la réforme du bac avec J.-M.Blanquer et la mise en place des groupes de niveaux dans le cadre du choc des savoirs porté par G.Attal.
Donc, pas si apolitique que cela. En même temps, la politique, c'est un métier. En allant chercher des personnalités du terrain, ne sommes-nous pas en train de désavouer la fonction du politique?
C'est ce que pensent J.Guedj et J.-F.Copé. - J.Guedj: J'ai cette petite gêne de me dire que le politique est à ce point désavoué, discrédité.
Quand le banc initial est défaillant, alors on va chercher des personnalités qui font don de leur personne, il faut le saluer... - J.-F.Copé: La politique, c'est un métier.
Il faut connaître les finances publiques, le droit public, le fonctionnement de l'administration. Il faut apprendre à décider. Ce serait bien, maintenant qu'on a fait le solde complet des inexpérimentés, de remettre des gens dont c'est le métier. - E.Tran Nguyen: Déjà, on peut être d'accord, mais quel est votre avis? - O.Faure: Je pense que le talent n'est pas l'exclusivité des politiques.
Ca se saurait. Avoir recours à des gens qui ont une expérience en dehors de la politique, ça me paraît très bien. Ca aurait pu être dans le monde associatif, syndical, patronal...
Beaucoup de gens ont des choses à dire. La société civile, ça ne veut pas dire apolitique. Ca ne veut pas dire que ces gens ne connaissent pas l'administration, le droit public...
Heureusement, il n'y a pas un seul parcours. Mais je ne veux pas commenter un gouvernement dont j'ai le sentiment, en réalité, qu'il a été vraisemblablement très cornaqué par le président de la République. Pendant 3 heures, il a discuté avec le Premier ministre.
Ca prouve que ça ne devait pas être forcément la copie initiale présentée. - P.Cohen: C'est quoi, la copie initiale?
Celle de la semaine précédente? - O.Faure: Je ne sais pas.
Elle portait certainement aussi la marque du président de la République...
Dans les 2 cas, il a certainement mis sa main. Le point commun de tous ces gens, c'est un lien direct et personnel avec le président de la République. Ca laisse penser qu'il va tenir la corde serrée.
Ce que j'attends maintenant, ce n'est pas de les juger sur la base d'un casting. Ce que je souhaite, c'est qu'on les juge aux actes et à la politique qui sera conduite. Je sais que des gens ont commenté en disant que c'était horrible,
Olivier Faure