L'interview politique de Jean-Pierre Raffarin
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Je crois que vous êtes même représentant spécial du ministère des Affaires étrangères en Chine, c'est bien ça Jean-Pierre Raffarin ? Absolument, bonjour à vous et bonjour à tous. Bonjour à vous, merci d'être sur LCI, auteur de Chine, le grand paradoxe, c'est votre ouvrage le plus récent consacré à ce pays, c'est chez Michel Laffont.
La Chine, d'où vient le coronavirus qui provoque cette catastrophe de santé publique ? On ignore jusqu'où elle va aller, quand est-ce qu'elle va s'arrêter, en attendant, est-ce qu'elle vous fait peur cette épidémie à vous ? Non, j'avais connu Steldu-Sras, je pense d'abord qu'il faut toujours avoir du sang froid dans ce genre de circonstances, c'est que la peur en toutes circonstances est mauvaise conseillère, quand je vois des déclarations qui sont des déclarations de panique, je dis, regardons les choses de panique, au fond, pour 80% des cas, cette épidémie est bénigne, pour 15% des cas, elle est grave, et pour 5% elle est critique, donc déjà il faut avoir les proportions, 80% dans les cas, c'est bénin, donc mesurons quand même que les choses sont maîtrisables.
Pour le moment, on a le sentiment qu'on a atteint le pic en Chine. Soyons très prudents, parce que comme il y a eu des mouvements de population très importants, il peut y avoir des rebonds dans d'autres foyers. Mais vous dites ce matin, vos informations, c'est confirmé officiellement, on a connu le pic de l'épidémie.
On a le sentiment aujourd'hui d'avoir atteint le pic. Mais soyons très prudents, parce que les rebonds ne sont pas impossibles, notamment dans d'autres régions, où il pourrait y avoir des foyers de départ, à la suite des mutations de population pour le Nouvel An chinois. Donc soyons très prudents.
Mais disons qu'il est clair que dans cette guerre contre le virus, le système chinois, qui est un système en fait militaire, très hiérarchique, est un système qui est très autoritaire et qui donne un certain nombre de résultats, parce que cette gestion-là, c'est une gestion d'autorité. Je pense qu'on aura des problèmes par la suite, parce que comment sortir de cette situation un peu militarisée de la société ? Là, ce sera sans doute difficile pour la société chinoise.
Il y aura sans doute des tensions. Mais pour le moment, on peut considérer que les choses dans la situation interne à la Chine vont plutôt dans la bonne direction. D'accord.
Alors, on va revenir sur la Chine, mais un mot. D'abord de la France, puisque les Français se réveillent ce matin avec ce qui peut apparaître comme des informations un peu contradictoires. Est-ce que le gouvernement français en fait suffisamment ?
J'ai vraiment le sentiment. Est-ce que vous avez une confiance totale ? Je l'ai écouté à plusieurs reprises.
Je trouve que d'abord, il a le sang-froid. Je pense qu'il a travaillé sur les deux sujets qui sont principaux. C'est l'accueil en cas d'épidémie massive, d'accueil hospitalier.
Ça, ce sont les ARS, les agences de santé régionales, qui doivent mettre en place leur plan. J'ai l'impression que cette mesure-là est dans, elle aussi, la bonne direction. Et puis, l'autre sujet, qui sont les commandes de matériel, notamment d'équipements médicaux et de masques, là aussi, les choses semblent avancer.
Néanmoins, est-ce que par principe de précaution, comme par exemple le demande Éric Ciotti, qui peut être concerné quand même de façon particulière, puisqu'il est élu d'un département qui est frontalier avec l'Italie. Donc voilà, il demande des inquiétudes. Il dit, voilà, est-ce qu'il ne faudrait pas par principe de précaution remettre les contrôles aux frontières ?
C'est ce que demande le Rassemblement national. Écoutez, tous les spécialistes, alors je vois bien qu'il y a beaucoup de gens qui font de la politique, les mêmes qui, il y a deux mois ou six mois, demandaient des lignes aériennes entre Nice et Shanghai. Aujourd'hui...
On parlait d'Éric Ciotti, là. Voilà, d'un certain nombre de gens qui, aujourd'hui, perdent un peu leur sang-froid. Gardons-le vraiment en raison.
Gardez, il faut aujourd'hui...
Et cette situation fait qu'il faut quand même écouter les experts, que ce soit les experts de la mobilité ou les experts scientifiques, médicaux. Tout le monde dit que ça ne servirait à rien, que la mesure ne serait pas efficace de faire, aujourd'hui, une barrière des frontières. On pourrait passer par la Suisse, il y a des mouvements qui pourraient s'organiser.
Donc tout ceci serait inefficace. Donc je pense que...
Donc ça, non. Ça, je pense que c'est...
Partout, les spécialistes, aujourd'hui, rejetés. D'accord. Éric Ciotti...
Il faut faire confiance à ceux qui travaillent sur la question, quand même. Vous parliez de l'ARS tout à l'heure, l'Agence Réonale de Santé. Éric Ciotti, il y a aussi, il n'y a pas suffisamment de matériel, il n'y a pas suffisamment de tests à disposition.
Ils sont en train d'en commander, la mobilisation est engagée, il y a un plan qui se met en place, et donc il est clair que, pour le moment, nous sommes en cours de mobilisation, mais je trouve que...
Il n'y a pas de retard pour vous. Il n'y a pas de retard. Compte tenu de l'ampleur de l'épidémie, aujourd'hui, dans notre pays, soyons raisonnables, gardons un peu de bon sens.
On n'est pas aujourd'hui face à une vague qui déferle. On a quelques cas, il faut les maîtriser. L'épidémie est à nos portes, a dit Olivier Véran, le ministre de la Santé.
L'épidémie est potentiellement à nos portes, mais nous sommes quand même sur quelques cas. On n'est pas là dans un problème de santé massif aujourd'hui. Nous avons le temps de préparer les choses.
Mais par exemple, pardon Jean-Pierre Raffarin, 3000 supporters qui arrivent de Turin ce soir pour un match de Ligue des champions. Est-ce qu'on ne fait pas passer les intérêts économiques liés à une telle rencontre de football, ce soir à Lyon, avant un principe de précaution qui éviterait cet afflux massif d'Italiens ? Certes, Turin n'est pas dans une région concernée directement.
Voilà, Turin n'est pas directement concerné. Et puis, évitons...
Ces mouvements de panique seraient extrêmement dangereux. Si on crée une panique aujourd'hui, vous voyez les Français, dès qu'on annonce qu'il va y avoir une grève dans une raffinerie, ils vont faire la queue aux pompes à essence. Donc, si on crée une psychose dans le pays, on va aggraver la situation.
Donc, faisons face avec rationalisme à cette situation. Et soyons aujourd'hui très engagés pour nous préparer. Mais, regardons les choses avec sang-froid. 80% des cas sont des cas très bénins.
Donc, on doit mesurer les choses quand même avec responsabilité. Et quand Marine Le Pen, pour finir, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan disent « On ment aux Français », on ne dit pas la vérité, je crois textuellement leur mot. Bon, est-ce que c'est un...
D'abord, est-ce qu'ils ont raison ? Ou est-ce que c'est un réflexe pavlovien d'instrumentalisation ? C'est complètement pavlovien, c'est systématique.
Je pense très franchement que la situation est évidemment difficile dans le monde entier. Chaque gouvernement a un grand nombre de difficultés à surmonter. Je pense que notre gouvernement est raisonnablement bien mobilisé.
Il ne faut pas s'affoler sur cette question. On a affronté des situations plus difficiles. Vous iriez en Chine, vous, aujourd'hui ?
Il y a des circonstances, il y a des endroits. Oui, bien sûr, on peut aller en Chine. Vous iriez en Chine ?
Parce qu'on se rappelle qu'en 2003, vous aviez été le seul représentant étranger, je crois, à aller en Chine au moment du SRAS. Aujourd'hui, en 2020, on est le 26 février. Vous iriez en Chine, Jean-Pierre Raffin ?
Je n'aurais pas de problème à aller en Chine. Si j'avais un devoir d'État, aujourd'hui, les devoirs d'État s'imposent. Et si j'avais un devoir d'État, je n'hésiterais pas à faire les choses.
C'est quand même très important de montrer la solidarité. Et je vois bien que tous ces gens extrémistes qui rappellent les frontières comme étant la solution à tout problème politique, est-ce que les frontières arrêtent les problèmes climatiques ? Est-ce que les frontières arrêtent le virus ?
Moi, ce qui me frappe aujourd'hui, c'est qu'on a une démagogie qui appelle toujours la frontière, alors que tous nos problèmes reposent sur la coopération internationale. C'est la coopération qui est la solution. C'est de travailler avec les centres scientifiques chinois.
C'est de renforcer le multilatéralisme de santé et l'OMS. C'est la coopération qui peut nous aider. Ce n'est pas de nous enfermer chacun dans nos problèmes.
Est-ce qu'il y a un risque de racisme anti-chinois ? Bien sûr. Bien sûr.
Et je trouve que j'ai vu des Chinois dans la rue avec des pancartes « Je ne suis pas un virus ». Je pense qu'il faut faire très attention. Et de ce point de vue-là, soyons extrêmement vigilants.
Parce que si on devait avoir des contaminations avec l'Afrique, si on devait avoir un certain nombre d'autres sujets, on verrait que les tensions pourraient être très vives. Et donc soyons très vigilants. Et surtout gardons le sang-froid.
Gardons un peu de sens des responsabilités. On s'arrête quand même un peu sur la Chine. Vous connaissez ce pays très bien.
Les internautes chinois parlent d'un Tchernobyl chinois pour pointer du doigt le manque de prise en compte au départ, la responsabilité du pouvoir central dans la propagation du virus. Ils ont sous-traité la question au départ. Vous l'admettez ?
Bien sûr. Mais si vous voulez, ce que je vois, c'est que tous les spécialistes français d'ailleurs reconnaissent que pour le SRAS, ils avaient mis des mois à reconnaître. Là, ils ont mis trois semaines.
Et donc on est dans une situation où il y a une mobilisation très puissante en Chine. Et donc je crois que la Chine, on peut...
Ils sont plus bons, pardon. Alors, deux choses. On peut mettre sous contrôle la population qu'à prendre les décisions.
Écoutez, vous avez vu la vitesse à laquelle il crée des hôpitaux. Je voudrais voir quels sont les autres pays capables de faire la même chose. Donc soyons quand même extraordinairement prudents sur ces questions.
Premièrement, on peut critiquer si j'ai une pique. On critique si je dis que le système autoritaire n'est pas le nôtre. Moi, je n'adhère pas à l'organisation politique de la Chine.
Mais là, aujourd'hui, le plus important, c'est quand même de faire preuve de compassion vis-à-vis du peuple chinois qui souffre. La solidarité, ça compte en matière internationale et pour l'équilibre du monde. Et donc il y a aujourd'hui un peuple qui souffre.
On peut discuter le communisme. Je discute le communisme. Je discute cette organisation.
Mais là, il y a quand même un peuple qui souffre, qui est enfermé aujourd'hui. D'accord. Mais ce peuple, est-ce qu'il est en droit ?
Est-ce qu'il est justifié que ce peuple critique son premier secrétaire, son chef, le grand timonier, Xi Jinping ? Est-ce que Xi Jinping va être déstabilisé ? D'abord, ça, personnellement, je ne le crois pas.
Je crois qu'on a fait beaucoup de paris sur la faiblesse des régimes politiques. Moi, je pense que ce n'est pas sur le terrain d'autorité que Xi Jinping...
Vous savez, à l'épreuve du coronavirus, il y a de l'autorité, il y a de l'organisation. Je connais beaucoup de pays où il n'y aura pas autorité et où il n'y aura pas organisation. C'est justement la verticalité du pouvoir qui a créé les problèmes.
Donc, à mon avis, si Xi Jinping a un jour des problèmes, ce sera des problèmes sur les libertés, ce sera des problèmes sur un certain nombre de questions, mais ce ne sera pas sur les problèmes d'autorité. Parce que s'il y a un régime qui est autoritaire, c'est bien celui-là. Et aujourd'hui, dans la crise, pour construire...
Mais vous savez, avec notre système, on veut faire un théâtre d'auditorium dans la ville de Poitiers, il nous faut 10 ans. Quand eux, ils veulent faire un hôpital, il leur faut 10 jours. Donc, vous voyez que le système d'autorité...
On peut contester...
Oui, mais quand on a besoin d'hôpital, on peut le faire. Donc, ce n'est pas sur la question de l'autorité et de cette organisation militaire que je n'approuve pas, mais que je constate, cette organisation militaire, dans le cadre de la guerre contre le virus, ils ont déclenché la guerre contre le virus. Donc, ils font la guerre, ils ont une organisation militaire.
De ce point de vue-là, leur système est très vertical. Et donc, de ce point de vue-là, je ne suis pas sûr que pour la guerre, ça soit trop. Nous verrons pour la suite.
Moi, mon inquiétude, c'est comment ils sortiront de ce système de militaires quand il faudra reprendre une organisation dont le peuple chinois a besoin, c'est-à-dire une organisation aussi de liberté, d'initiative et d'innovation. Parce que si le peuple chinois, en 32 ans, est devenu la première économie du monde en part de marché mondial, avec le pouvoir d'achat comme point de comparaison, si elle est devenue la première, c'est qu'ils ont beaucoup fait d'efforts et qu'ils sont innovants et qu'ils ont besoin de liberté. Exactement.
Jean-Pierre Raffarin, on dit beaucoup que les Chinois acceptent le jou, le contrôle de leurs existences par le pouvoir, à condition que les conditions économiques favorisent leur bien-être. En gros, il y a une espèce de contrat. Aujourd'hui, la Chine, elle va, comme le reste du monde, subir une crise économique.
Est-ce que ce contrat ne risque pas, du coup, d'être rompu ? Écoutez, on verra bien. Je pense que la Chine, c'est très compliqué à analyser.
Et que ces idées-là, que je vois répandues souvent dans la presse, sont des idées générales qui ne me paraissent pas forcément très pratiques. Vous prenez une seule région comme le Sichuan, c'est plus grand que l'Allemagne. Donc, ils ont des grands pays comme région.
Donc, il faut différencier la Chine du Nord, la Chine du Sud. Donc, je pense que c'est beaucoup plus compliqué qu'on ait dit. Je trouve qu'en France, on ne connaît pas la Chine.
Vous avez cité mon livre tout à l'heure. Si j'ai fait un livre, c'est parce que je crois qu'il faut faire de la pédagogie sur la Chine. Non pas pour adhérer au système chinois, mais pour mieux le comprendre et pour ne pas se laisser abuser par des raisonnements qui sont des raisonnements biaisés.
Il y aura un avant et un après en Chine, le coronavirus, dont on dit que c'est la crise la plus importante depuis Tiananmen. Depuis 1949, a dit même. Depuis 1949.
Depuis la création de la République. Donc, c'est bien sûr qu'il y aura des conséquences importantes, mais des conséquences importantes partout dans le monde. On parlait du SRAS.
Le trafic aérien de la Chine, c'était 3% au moment du SRAS. Aujourd'hui, c'est 23%. Toutes les compagnies aériennes sont frappées aujourd'hui par l'absence de...
Il y a des milliards de manques à gagner le coronavirus. Aujourd'hui, nous sommes dans des économies interdépendantes. Il y a des gens qui découvrent le rôle de la Chine aujourd'hui.
Mais depuis 2014, elle est la première économie mondiale. Donc, quand elle est à l'arrêt, il est évident que nous avons un certain nombre de problèmes. Mais vous savez, aujourd'hui, je ne suis pas sûr que le coronavirus aura plus d'impact que la guerre commerciale avec les États-Unis, qui a un impact considérable.
Donc, le coronavirus, aujourd'hui, cache derrière une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine qui est très dense et qui pose problème, notamment à l'économie européenne. Et que la question importante, c'est le réveil de l'Europe. D'accord.
Si on établit une hiérarchie des conséquences entre les deux, vous dites que le bras de fer entre Trump et Xi Jinping est plus important que le coronavirus. Je pense parce que le coronavirus, avec des plans de relance, si les choses se calment dans les mois qui viennent, au point de vue épidémie, ils peuvent avoir une relance économique très rapide. Il y aura une reprise.
Il n'est pas sûr qu'il y ait un impact économique majeur dans la durée. En revanche, ce qui se passe aujourd'hui sur non seulement la guerre commerciale, mais la guerre technologique, là, il peut y avoir des conséquences durables et dont l'Europe peut être victime. Jean-Pierre Raffarin, vous avez entendu vos oreilles sifflées hier à l'Assemblée nationale en France, à Paris.
C'était dans l'hémicycle. Il était question du 49.3.
Écoutez, il répondait, le Premier ministre, au président du groupe, M. Abad, président du groupe LR. J'ai le souvenir précis, M. le Président Abad, de Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, utilisant le 49.3 exactement pour faire en sorte que le débat puisse avancer et qu'il ne soit pas stérilisé.
Alors, bien sûr, c'est le débat sur la réforme des retraites. Ce que vous avez fait, Édouard Philippe, Premier ministre, s'apprête à le faire. C'est comparable ou il vous utilise pour justifier le retour ?
C'est évidemment comparin. Il y a des dizaines de textes sociaux qui ont fait l'objet du 49.3 dans notre vie parlementaire.
La Constitution prévoit cette initiative. Elle la prévoit quand on a des problèmes avec sa majorité, certes, mais aussi quand on a à faire face à l'obstruction. Rien de neuf sous le soleil ?
Mais rien de neuf. Vous savez, on parle de 40 000 amendements. Moi, j'ai vu des textes avec 100 000 amendements.
Donc, relax. Qu'est-ce qu'on est en train de nous faire croire qu'on vit quelque chose d'exceptionnel ? Combien de fois la droite a fait obstruction ?
Combien de fois la gauche a fait obstruction ? Je me souviens moi-même d'avoir fait des discours de plusieurs heures pour pouvoir gagner du temps. Parce que régulièrement, et souvent d'ailleurs au mois de mars, il y a des élections.
Et régulièrement, l'opposition souhaite que le texte ne soit pas voté avant les élections. Et régulièrement, l'exécutif souhaite que le texte soit voté pour les élections. Et donc, c'est un sujet extrêmement classique.
On nous présente ça comme une nouveauté. Rien de neuf. Sous le soleil, le 49.3 est une procédure constitutionnelle, admise par les Français par référendum.
Elle est donc l'expression de la démocratie. Avec toute cette dramatisation autour, vous dites que c'est de la mousse. C'est de la mousse de l'opposition.
C'est un débat parlementaire classique. C'est le travail d'obstruction que fait l'opposition. Là, ils sont particulièrement...
Vous ne le trouvez pas quand même particulièrement puissant, ce travail d'obstruction ? Vous avez vu la qualité des amendements. Ce sont des amendements de syntaxe.
Ce sont des amendements, visiblement, pour retarder les débats. Et quand on parle de violence institutionnelle, être violent, c'est être contre le droit. Le 49.3, c'est le droit.
Qu'est-ce que dans une démocratie, aujourd'hui, que de respecter le bien commun ? C'est de respecter le droit. Le droit, c'est le 49.3.
On respecte le droit, on ne respecte pas le droit. Et la violence, elle est du côté de celui qui ne respecte pas le droit. Le plus tard possible, a dit le Premier ministre, mais inévitable.
Je pense qu'il est sage. Emmanuel Macron veut un premier vote avant les municipales, donc pour vous, ça n'est pas un entêtement ? Non, mais c'est clair qu'il a besoin d'aller vite sur ce texte.
C'est qu'aujourd'hui, il y a un débat au Sénat. Il y a des clarifications apportées sur ce texte. Rien n'est parfait.
Le Conseil d'État a dit qu'il y avait des choses qu'il fallait clarifier. Donc, il va falloir les clarifier pour la lecture au Sénat. Puis, on a la conférence de financement.
Donc, tout ceci doit être organisé. Donc, il faut vraiment aller plus vite, évidemment. Quelques questions brèves, Jean-Pierre Raffarin.
Il reste deux ans pour Emmanuel Macron. D'abord, il doit remanier assez rapidement pour relancer son quinquennat, après les municipales ? Je pense qu'il faudra relancer après les municipales.
Mais ça, le remaniement, c'est sa liberté. Je ne sais pas si c'est une priorité. Vous le soutenez toujours ?
Écoutez, je ne suis pas engagé dans une vie partisane. Mais je pense qu'aujourd'hui, il n'est pas de l'intérêt de la France d'affaiblir l'exécutif de notre pays dans la crise que nous connaissons. Les municipales, demain, nous serons à Perpignan pour cette interview politique.
Perpignan, parce que Louis Alliot, son élection pourrait se préciser. Il est face à un LR. Il est bien positionné, le candidat du Rassemblement national, à ce stade.
Il faut un front républicain sans état d'âme, si jamais c'était le cas. Bien sûr, moi je reste toujours...
Qu'est-ce que vous dites à Christian Jacob ? Je dis clairement que je pense qu'il ne faut pas avoir de compromission avec le Front national. C'est un peu ça notre héritage chiracien.
Et Christian Jacob est très sensible à cet engagement chiracien. Donc je pense qu'il faut respecter nos convictions. Moi je respecte mes convictions.
Je suis dans une commune, je vais voter pour le candidat de droite. Vous votez où ? Je vote dans une commune qui s'appelle Châté-Layon.
Je vais voter pour le centre droit et la droite. Donc chacun a ses convictions, mais jamais de compromission avec le Front national. Donc aucun état d'âme.
Et vous dites à Christian Jacob, c'est indispensable. Je pense que c'est une fidélité que nous devons à notre ligne politique. Si j'étais à la place d'Emmanuel Macron, la France irait mieux.
Ça peut sembler prétentieux de le dire, mais c'est vrai. Qui a dit cela ? Ça je ne sais pas, mais il y en a beaucoup qui pourraient le penser à l'Assemblée national.
Ségolène Royal dans l'Express. Elle est capable de beaucoup de choses, et donc je ne suis pas surpris. Donc je pense que c'est une forme de chimère que Mme Royal s'est mise en tête déjà depuis longtemps, de penser qu'elle pouvait réussir pour la France.
Ce qu'elle a fait en Poitou-Charente ne l'indique pas vraiment pour être performante à ce niveau-là de l'État. Merci beaucoup Jean-Pierre Raffarin d'avoir été ce matin notre invité sur LCI.
Jean-Pierre Raffarin