Budget, Shein, primaire à droite: l'interview de Xavier Bertrand en intégralité
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Bonjour Xavier Bertrand, vous êtes le président de la région Hauts-de-France, vous êtes l'auteur aussi de Rien n'est jamais écrit, et vous revenez très en arrière aussi sur tout votre parcours, et puis vous vous projetez aussi sur l'avant. On va vous poser, je vais vous poser un certain nombre de questions, notamment sur votre candidature, est-ce que vous serez candidat pour la France, pour la présidentielle, pour la primaire ? Il y a des nouveaux échelons qui sont en train de se dessiner. La question que je voudrais vous poser d'abord c'est celle de Chine. Chine, la question de l'industrie, la question du commerce, la question aussi de la légalité et des normes.
Le gouvernement a lancé une procédure de suspension de la plateforme, est-ce qu'il faut aller plus loin, est-ce qu'il faut interdire ?
Le gouvernement a bien fait, je l'avais demandé déjà depuis plusieurs mois, je l'ai redemandé dès qu'on a eu connaissance de ce scandale avec ces poupées de la honte, et il a bien fait de suspendre, et je souhaite qu'on aille plus loin sur Chine. Voilà, c'est aussi simple que cela.
Ça veut dire quoi plus loin ?
C'est-à-dire qu'on interdise.
Qu'on interdise Chine en France.
Mais pourquoi ? Point barre. Attendez, quand je dis cela, je sais qu'il y a des gens qui nous regardent, et qui disent, ouais il est gentil lui, mais gentil Bertrand, mais enfin nous on achète et c'est pas cher. J'allais venir. Il y a aussi très clairement des producteurs, il y a des enseignes qui aujourd'hui sont des enseignes françaises, qui emploient des gens en France et qui proposent, qui n'ont pas forcément, qui proposent des produits vraiment très accessibles, on peut faire de la pub. Allez-y, allez-y.
Quihabit par exemple, vous pouvez vous habiller chez Quihabit pour vraiment pas cher, sauf que ce sont des emplois en France, des gens qui payent des impôts en France, et surtout, surtout, qui respectent les normes sociales, qui font pas travailler des enfants à l'autre bout du monde. C'est pas parce que c'est à l'autre bout du monde qu'on doit fermer les yeux.
Mais vous avez vu le monde qu'il y avait devant le BHV hier, vous avez vu ces films d'attente. Et vous avez vu la pub du BHV ? Vous avez entendu sans doute aussi à mon micro un certain nombre d'auditeurs, qui hier, je pense à Ève, Ève qui est assistante maternelle à domicile dans le Vaucluse, qui m'a appelée hier et qui m'a laissée entendre que Chine l'avait quasiment sauvée, parce qu'elle dit avant je ne pouvais même pas m'acheter de pantalon, elle avait besoin aussi de taille XL, XXL, elle dit il y a que Chine qui pouvait le faire, Samir qui est VTC à Rennes, qui me dit moi j'achète tout sur Chine, il y a une hypocrisie à nous faire la morale. Qu'est-ce que vous leur dites à eux ?
C'est pas de faire la morale, c'est de bien comprendre aussi derrière. C'est que je comprends pour eux, notamment ça a été toute la question du textile, pas seulement dans les Hauts-de-France, mais en France, qui a disparu parce qu'on a eu la concurrence des Turcs à une époque, des Chinois. Qu'est-ce qui s'est passé derrière ? Du chômage en plus, parce qu'il y a eu des emplois en moins. Et regardez aussi si on va plus loin. Je sais que les habitudes de commerce ont changé, surtout sur des plus jeunes générations que moi. Mais derrière, regardez nos centres-villes, qui sont en train de se vider.
Tout simplement parce qu'on a pris des habitudes par Internet, ça c'est une chose, mais des habitudes par Internet où on fait venir des produits...
C'est la faute des consommateurs ?
On fait venir des produits de très loin. On ne respecte pas les normes environnementales. Ça coûte effectivement un fric fou pour faire venir ces produits, c'est ça aussi la vérité, parce qu'eux derrière là-bas, ils ne respectent rien. C'est normal que ce soit moins cher.
On fait quoi, Xavier Bertrand ?
Un, on permet déjà de ne plus avoir... On interdit qu'on ait accès... Mais attendez, les armes de poids.
Mais on interdit aussi, t'émus, on interdit...
Tous ceux qui ne respectent pas les normes. Et puis il y a aussi autre chose. C'est un cheval, une alouette, parce que les contrôles, notamment de la DGCCRF, la concurrence et la répression des fraudes, ça tombe toujours sur la tête des Français. Et quand c'est des groupes qui viennent de très loin, alors là, les contrôles, ils n'ont rien à voir.
Là, en l'occurrence, ça a été le cas. Sur les poupées, il y a eu une enquête de la DGCCRF.
On peut se poser un instant, ça fait des mois. Et je le dis très clairement, parce que les industriels, chez moi, mais pas seulement, m'avaient saisi, où on a sollicité les différents ministres. Là, il y a aussi un autre point qu'il faut voir, parce qu'on n'en parle pas.
Ça fait des mois, vous voulez dire, et tout d'un coup, il y a quelque chose qui sort ?
Oui, parce que je pense que l'affaire des poupées a été le déclic. Heureusement, quand même, on parle de quoi ? On parle de pédo ? Enfin, diriez-vous. Enfin. Mais il y a quand même un point. Il y a peut-être enfin, mais ça montre aussi que le politique sert à quelque chose. C'est parce que, moi, je n'ai pas été le seul à le faire. Vous avez Antoine Vermorel, notamment, député, qui l'a fait. Et puis, il y a des ministres qui ont réagi. Je suis sûr, sûr et certain, que les services à Bercy leur ont dit « Non, il ne faut pas suspendre. Non, il ne faut pas interdire, parce que ça va être compliqué. » Et c'est ça, le rôle du politique.
On est toujours à taper sur le politique, mais quand le politique prend ses responsabilités, on est capable de prendre des décisions qui impactent et qui changent la vie des gens. Vous pensez que ça aurait dû être fait beaucoup plus tôt ? Oui, je le pense, mais en attendant, mieux vaut tard que jamais. Et ça montre que ça sert à quelque chose, les élus. Il y a ceux qui râlent beaucoup, il y a ceux qui font la leçon. Tiens, encore hier soir, face à vous. Quelqu'un qui nous fait des grands discours de généralité.
Vous pensez à Jordan Bardella ? Bien sûr. On a été sur BFM TV, notre invité face à BFM.
Oui, il en a parlé hier pour la première fois. Il ne s'était pas ému de la situation depuis bien longtemps. Il faut bien le savoir. Il n'en avait pas parlé. Mais derrière, ce qui est en train de se passer, c'est que ça montre que la politique, ça sert à quelque chose quand les politiques prennent leurs responsabilités. Ça ne fait pas l'unanimité, mais c'est ça le rôle de la politique.
Vous avez aussi parlé, Xavier Bertrand, de la question des commerces de centre-ville. Ça, pour le coup, j'ai l'impression que ça fait 15 ans qu'on en parle, que les politiques aussi en parlent, mais que rien ne se fait.
Écoutez, venez voir aussi dans différentes villes, il y a des communes qui ont décidé de prendre en charge une partie du loyer pour avoir très clairement des commerces intéressants qui s'installent. Je n'ai pas envie, moi, qu'on ressemble aux États-Unis dans 10 ou 15 ans. Les centres-villes ne sont plus des centres-villes. Tout se passe dans des grands centres commerciaux. Et après, quand vous avez des centres-villes où il n'y a plus de vie, ce n'est pas la même vie. Si vous croyez aux villes moyennes comme moi, il faut réinvestir le commerce centre-ville. Il y a un très bon rapport qui a été fait par Frédéric Macaré, la maire de Saint-Quentin, avec aussi M.
Schellcher, le patron d'une enseigne qui est très connu, qui font des propositions précises et qui permettent aussi de montrer qu'il faut arrêter la naïveté et lutter contre les fraudes avec un certain nombre de commerces qui servent à blanchir de l'argent. Voilà. On le sait, on le dit, maintenant il est temps d'agir.
Xavier Bertrand, hier, parmi les témoignages que j'ai reçus, j'ai aussi eu le témoignage d'un restaurateur au centre de Grenoble, il se réjouissait de l'arrivée de Chine dans l'ancien galerie Lafayette de Grenoble, désormais BHV. Il disait, on a besoin d'enseignes comme Chine pour accueillir à nouveau une clientèle dans le centre-ville.
Bon, on continue à parler d'autres enseignes. Il n'y a pas que Chine au monde. Il n'y a pas que Chine dans la vie. Il y a aussi des enseignes, vous avez des Zara, vous avez des HCM, vous en avez d'autres, qui sont aussi des locomotives. Mais entre parenthèses, le BHV, j'ai entendu aussi mon responsable venir ici faire sa pub. Lui, ce qu'il cherche juste, c'est à faire du frigo en plus. On a le droit d'avoir de l'éthique quand même dans la vie. Regardez les galeries Lafayette. Les galeries Lafayette, on dit, bon, d'accord, ça peut être bien, mais nous, on arrête le partenariat avec le BHV.
Les galeries Lafayette qui avaient vendu à la fois à Frédéric Merlin d'un côté, à M. Ohaillon de l'autre, qui en a fait couler un certain nombre. Ils ont aussi peut-être une forme de responsabilité dans le choix de leur successeur.
Mais au bout d'un moment, quand il y a des décisions qui sont bonnes, on ne va pas continuer à pleurer en disant, ouais, mais derrière, dans le temps, ce n'était pas si génial. Au bout d'un moment, il faut reconnaître clairement ce qui est fait de bien. La suspension de Chine, pour commencer, l'interdiction derrière, c'est quelque chose d'important, même si en disant cela, j'ai des gens qui m'écoutent, il y a des gens qui me regardent, qui disent, il y a d'autres enseignes qui sont capables de proposer des prix abordables.
– La question du pouvoir d'achat et la question du budget, on est encore en plein dans la discussion du budget, c'est désormais la question de la sécurité sociale, et cette nuit, l'Assemblée nationale a adopté une nouvelle taxe, une hausse de la CSG sur les revenus du capital, et on pense notamment à la question de l'épargne salariale.
– Mais c'est des fous, mais c'est des fous, c'est des fous, attendez, c'est des fous. C'est quand même, et les filles et le Rassemblement national qui mènent le bal des fous, c'est quand même ça, eux le vrai, qu'est-ce qu'ils cherchent au final ? Ils cherchent à ce que ce budget ne soit pas adopté, ils cherchent à faire tomber M. Lecornu, ils cherchent à avoir une dissolution de l'Assemblée nationale, et ils cherchent à obtenir le départ du président de la République. Ils ne cherchent que ça, l'intérêt de la France, le bien des Français, ce n'est pas leur problème. Ils sont dans une course de vitesse, il faut que tout tombe, parce que M.
Mélenchon, lui, aujourd'hui, il voit bien qu'il est en fin de parcours. Mme Le Pen, il y a une course de vitesse avec le procès qui est arrivé, et puis M. Bardella qui monte en puissance. Il faut que ça tombe. L'intérêt de la France, ce n'est pas leur problème. – Il veut accélérer le calendrier politique, c'est leur seul objectif. – Mais bien évidemment, le budget, ça ne les intéresse pas. En attendant, moi je compte sur le Sénat pour remettre de l'ordre dans tout cela. Et je le dis aussi à ceux des députés qui ne sont ni LFI ni RN, regardons les choses en face. On ne peut plus être dans un pays où dès qu'il y a un problème, on est avec une taxe nouvelle.
Dès qu'il y a une difficulté, on lève un impôt. Il y a la baisse des dépenses, c'est la priorité.
– Qu'est-ce que vous dites aux députés LR ? Est-ce qu'il faut qu'ils le votent ? Est-ce qu'il ne faut pas qu'ils le votent sur le budget ?
– On verra, au final, quand le Sénat aura remis de l'ordre dans tout cela.
– Si à la fin, il y a toutes ces taxes, alors est-il votable à vos yeux ?
– Chacun, à la fin, prendra ses responsabilités. Mais on n'a pas à avoir comme boussole les deux extrêmes qui ne jouent en rien l'intérêt du pays. Je vais vous dire une chose, parce que, d'accord, je ne veux pas des recettes en plus, je ne veux pas d'impôts en plus. Donc, il faut des dépenses en moins. Prenez le domaine de la santé. Le domaine de la santé, vous avez un institut, qui fait référence à l'Institut Santé, le professeur Frédéric Bizarre, qui a fait des propositions très concrètes. 10 milliards d'euros de dépenses en moins l'an prochain, sans qu'il y ait de drame, et sans qu'on tape au porte-monnaie des Français, sans qu'on leur demande de payer plus.
Ce programme, il est applicable dès maintenant. Il propose 10 milliards d'euros d'économie, mais tenez-vous bien, il propose même d'en réinjecter 3 milliards dans le système de santé pour l'améliorer, la prévention. Mais pourquoi, aujourd'hui, tout ça n'est pas pris en compte ? Parce que, il y a une valse des ministres de la Santé, et qui, aujourd'hui, dirige, ce sont les services, et ce sont en plus les services de Bercy, qui imposent la politique de santé.
C'est la deuxième fois que vous laissez entendre que ce pays est en réalité gouverné par ces technocrates ?
Parce que les politiques, clairement, ne prennent pas leurs responsabilités. La responsabilité politique, elle ne se partage pas, elle ne se délègue pas, elle s'assume. Que ça plaise ou que ça ne plaise pas, le vrai sujet, c'est qu'il faut le faire avec justice. Je vais jusqu'au bout. Vous voulez un exemple concret ? Oui. Vous ne faites pas 100 euros d'économie, vous faites des milliards d'euros d'économie. Les médicaments. Aujourd'hui, la Cour des comptes a établi, dans un rapport, clairement, que vous avez jusqu'à 1,5 milliard de médicaments qui sont jetés chaque année, tout simplement à cause des conditionnements. Un ami me disait ce matin...
C'est-à-dire des conditionnements ?
C'est-à-dire la façon dont sont préparés les médicaments. Il a un ami qui, à la tête d'établissement de santé, il a décidé, lui, de se faire livrer en vrac les médicaments. Pourquoi ? Parce que quand ça arrive en boîte, il a quelqu'un qui ouvre les paquets, qui ouvre et qui prépare justement...
Et ça, ça fait économiser 1 milliard d'euros ?
Ah bah écoutez, ça fait plus que ça, parce que si vous avez justement... Dans les établissements de santé, c'est plus facile que dans les pharmacies. D'ailleurs, si certains pays délivrent à l'unité, c'est pas pour rien. Ensuite, les médicaments qui sont jetés. Et ça, c'est quelque chose qui compte plus que le seul prix des médicaments où on est en train de tuer nos pharmaciens, et notamment en milieu rural. Dernier point, les actes médicaux qui sont faits en double, c'est-à-dire ce que l'on appelle les actes redondants, les actes non pertinents. Ce sont des milliards d'euros. Qu'est-ce qu'on attend ?
Il vaut mieux demander l'avis des professionnels de santé pour réformer un système de santé en profondeur plutôt que de demander à des technocraches.
Sans avoir à faire payer davantage les malades.
Je viens de vous faire des propositions pour plusieurs milliards d'euros que je pourrais développer. C'est-à-dire qu'il y a des solutions qui existent, mais il faut arrêter cette obsession de l'impôt en plus. En fait, pour vous, il ne faut pas les impôts en plus,
il faut ces dépenses en moins. Autre question, la générosité de la France ou non. Vous l'avez peut-être entendu, le nouveau ministre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, qui dit que la France a été très généreuse et qui laisse entendre qu'elle n'en a plus les moyens. C'est ensuite Maud Bréjon qui a embrayé en disant que la politique du chèque s'était finie. C'était notamment à propos de la prime de Noël.
Et vous avez vu aussi les retraités américains qui ont accès à notre système. Mais c'est aussi ça qu'il faut regarder, les fraudes.
Donc pour vous, vous êtes d'accord avec cette phrase. La France a été trop généreuse.
Bien évidemment. Pourquoi ? Parce qu'en plus, qui est-ce qu'on aide jamais ? Ceux qui bossent. Je le dis dans mon livre. C'est que moi, parce que je suis issu des classes moyennes, parce que je porte un projet pour les classes moyennes. Aujourd'hui, c'est très simple en France. Vous bossez, vous n'êtes plus aidé. Les classes moyennes, trop riches pour être aidé, pas assez pour s'en sortir par soi-même. Si on n'aide pas ceux-là, on n'a rien compris. C'est un dans les Hauts-de-France. Elle est versée à tout le monde, quels que soient les revenus. Ça ne s'arrête pas à ceux qui travaillent. Ça veut dire que c'est possible. Mais il y a aussi autre chose qu'on a oublié de signaler tout à l'heure.
La lutte contre les fraudes. Olivier Henault, sénateur du Nord, est le rapporteur au Sénat de ce texte. Il nous montre bien aussi très clairement les gisements d'économie pour s'en prendre aux voleurs de la Sécu que sont les fraudeurs. Et l'intelligence artificielle va nous permettre d'être beaucoup plus efficaces.
Je vous repose la question, Xavier Bertrand, la suppression de la prime de Noël pour les foyers sans enfants. Est-ce que vous vous dites qu'il faut la supprimer ? Oui, bien sûr.
À 200 millions d'euros, ils n'ont pas de problème pour faire Noël. Parce que c'est quoi le sujet ? C'est que Noël, ce n'est pas seulement la prime pour le père Noël, pour les enfants. Non. C'est aussi pour, juste un petit plus, donner un petit peu un rayon de soleil dans une vie où il n'y en a pas beaucoup de rayons de soleil. Donc les 200 millions d'euros, qu'ils écoutent les parlementaires, on va trouver beaucoup plus que 200 millions d'euros.
Mais vous venez de dire, la France, en effet, a été trop généreuse. Il va falloir faire le ménage là-dedans. Et de l'autre côté, le ministre qui commence par cette prime de Noël qu'il voudrait supprimer, encore une fois, les 150 euros sur les célibataires sans enfants. Là, vous dites, non, ça n'en touche pas.
Dites donc, Pauline de Malherbe, je viens de vous mettre sur la table pour plusieurs milliards d'euros. Vous n'allez pas me dire que moi, je ne propose pas d'économie. Bien sûr. Celle-là, on la garde. Bien sûr. Mais quoi ? Parce qu'il y a aussi, c'est symbolique, quoi. Ce n'est pas seulement pour s'acheter des jouets. Clairement, c'est aussi le plus que ça représente. Donc, 200 millions d'euros, moi, vous savez, ils nous laissent une heure avec des parlementaires et des présidents de région, des élus locaux. On leur en trouve beaucoup plus. Si vous voulez que je continue pour vous dire comment on peut boucler un budget sans avoir le réflexe des impôts, je suis prêt à rester toute la matinée.
Et vous aurez le temps puisque vous serez sans doute candidat, on l'a bien compris, mais je voudrais savoir à quoi ? Parce qu'il y a cette idée de primaire qui se dessine. Est-ce que vous serez candidat à une primaire ou est-ce que vous serez candidat tout court ?
Moi, je me prépare à l'élection présidentielle sans refaire les erreurs du passé. Quand on connaîtra exactement ce que mon parti souhaite faire, je dirais ce que j'en pense. Mais j'aimerais bien savoir où en est mon parti, où en sont les Républicains. Et j'ai demandé, et je ne suis pas le seul, Jean-François Copé le fait également régulièrement, à ce que Bruno Retailleau nous précise clairement si chez LR, on est capable de dire ni LFI et ni RN. Parce qu'il y en a beaucoup chez LR qui savent dire ni LFI, ni LFI. Je combats les deux extrêmes. Les deux. Parce qu'ils ont une logique du bouc émissaire. Pour M. Mélenchon, bouc émissaire, c'est les riches.
Pour le Front National, il ne faut pas se raconter d'histoire, le bouc émissaire, c'est toujours les musulmans avec un amalgame nauséabond. Moi, je ne vous parle pas de rejet de l'un et de l'autre, je vous parle d'un projet pour les classes moyennes. Vous avez demandé à Bruno Retailleau de clarifier les choses. Parce qu'il divise et qu'il clive.
Vous a-t-il répondu ?
Pas encore, mais je continuerai, vous savez que je suis combatif, que j'ai pour habitude de me battre, je continuerai jusqu'au bout. Parce qu'avant de savoir qui portera les couleurs de LR, il faut savoir clairement quelle est la ligne politique de LR. LR, ce n'est pas une famille politique tout à fait comme les autres. Elle a été dirigée par Jacques Chirac, qui a toujours dit les extrêmes, jamais. dirigée par Nicolas Sarkozy, qui a toujours dit les extrêmes, jamais.
Il le dit un peu moins qu'avant quand même.
En tout cas, il n'est plus aujourd'hui en activité politique. La situation personnelle qu'il vit aujourd'hui, il a toujours dit.
On a bien vu qu'il a quand même commencé à dire que le RN, c'était dans l'arc républicain. Moi, je continue à les combattre
parce que je les connais. Je sais qu'on peut les combattre et qu'on peut les faire reculer. Le problème qu'il y a aujourd'hui à Pauline de Balherbe, c'est qu'il y en a beaucoup dans la trouille. Parce que comme le RN, comme M. Bardella commence à être haut dans les sondages, vous savez un peu quel est le réflexe ? Il ne faut pas les attaquer. Ils ont peut-être une tête de vainqueur. Mais ils n'ont pas du tout une tête de vainqueur. Et ceux qui ont peur, qu'ils ne fassent pas de politique, leur est un moment où il faut des gens d'expérience, clairement, mais des gens qui sont aussi pour ajouter. Mais il faudrait y aller
sur quelle bannière ? Je vous repose la question parce qu'elle ne vient pas seulement des Républicains qui en effet réfléchissent à cette question d'une primaire ou non. Elle vient aussi par exemple de Gérald Darmanin qui dit qu'il faudrait une primaire de tout le bloc central de Attal à Retailleau.
Moi, je suis là pour vous parler des Français, pas pour vous parler des autres. Et inviter Darmanin, demander lui qu'il est en tête.
Vous trouvez qu'eux, en fait, ne s'intéressent qu'aux règles, à la course, à la présidentielle ?
Visiblement, ça les passionne. Moi, ce que je vous dis dans ce livre, c'est ce que j'ai en moi, en tête, dans mes tripes et pourquoi justement je suis en train de me préparer pour faire au-delà de l'expérience que j'ai eue en tant que ministre, au-delà de l'expérience en tant que président de région, parce que je pense que l'on peut changer les choses et que rien n'est jamais écrit. Ni la victoire des extrêmes, ni le déclin de notre pays, ni le fait que les classes moyennes soient convaincues aujourd'hui que leurs enfants vivront moins bien qu'eux. Je veux un projet qui redonne de l'espoir.
L'angoisse à Oléron après le périple meurtrier d'un homme dont le profil est en train de se dessiner, un profil psychologique semble-t-il fragile, un marginal, il a crié à la Ouagbar. Le ministre de l'Intérieur parle d'une éventuelle autoradicalisation récente. Oui, je vous le confirme, disait-il à nos confrères de France Inter ce matin. Est-ce que ça a été déterminant ou non dans le passage à l'acte et quelle est la motivation de l'individu ? L'enquête est toujours ouverte mais il confirme qu'un certain nombre d'éléments montrant une autoradicalisation récente sont possibles. Comment vous réagissez ?
Vous êtes très précise, vous êtes très prudente dans votre expression. Et bien encore une fois, ça veut dire une chose, c'est que certains politiques seraient bien avisés de ne pas aller plus vite que les enquêteurs. Ça sera au procureur, ça sera éventuellement au parquet antiterroriste de se saisir. Ceci étant, quelle que soit la qualification de ce qui s'est passé à Oléron, c'est un drame avec des personnes qui sont encore entre la vie et la mort et notamment une jeune assistante parlementaire et pas seulement qui sont entre la vie et la mort. On doit penser à elle.
Mais pour le reste, quelle que soit la qualification, on sait que nous avons aujourd'hui, face à nous, un défi, sur lequel on ne doit pas faire preuve de naïveté ni baisser les yeux, c'est l'islamisme. C'est clairement toute cette forme de radicalisation et je n'ai pas besoin d'entendre les outrances des uns et des autres pour savoir ce que l'on doit faire comme je l'ai toujours fait dans ma région. Et ce combat-là, on doit le porter au niveau national et international.
Merci Xavier Bertrand. Rien n'est jamais écrit, jamais écrit. Vous l'avez publié aux éditions Robert Laffont et vous êtes le président de la région Hauts-de-France, président LR, même si vous attendez des clarifications sur le positionnement de votre parti. Merci.
Xavier Bertrand