Bloquons tout, Sébastien Lecornu, LFI... L'interview en intégralité de Jean-Philippe Tanguy
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Ce mouvement s'est mis en échec tout seul malheureusement à partir du moment où Jean-Luc Mélenchon et un certain nombre de syndicats très à gauche ont voulu le récupérer et ne pas laisser une colère populaire sans doute légitime s'exprimer. Donc en fait c'est la preuve paradoxale que les insoumis ne représentent pas la colère insoumise qu'ils prétendent incarner. Moi j'en tire comme conclusion parce qu'on voit tout le tapage qui a été fait, je ne vais pas raconter les coulisses. Mais enfin bon, depuis le milieu de cet été, j'ai toute la presse parisienne qui m'appelait sans cesse pour avoir des réactions au 10 septembre. Qu'est-ce que ça va être énorme ?
Je rappelle qu'au Rassemblement Rational vous avez pris vos distances avec le mouvement qui a été très très vite récupéré par Jean-Luc Mélenchon. Vous avez été dénoncé en quelque sorte.
C'est dans l'autre sens. C'est dans l'autre sens, on a pris nos distances à partir du moment où Jean-Luc Mélenchon a voulu l'infiltrer, le récupérer.
Oui parce qu'il s'est positionné en premier.
Oui parce que voilà, on voit le résultat, ça n'a pas marché, c'est un échec. C'est-à-dire que jamais ce gouvernement n'a été aussi impopulaire et je pense que c'est le gouvernement le plus impopulaire de la Sacrée République. La mobilisation sociale n'a pas donné grand-chose et on va surtout parler des violences, des 500 interpellations. C'est quand même beaucoup parce que sur 200 000 manifestations, ça fait quand même 0,25% des gens. Je ne sais pas si on se rend compte.
Il y a rarement 65 millions de personnes dans la rue. Et là en l'occurrence, c'est un peu plus que ce qu'a annoncé le renseignement. Le renseignement tablait sur une mobilisation aux alentours de 100 000 personnes. Et finalement, ils ont été surpris de l'ampleur, notamment, me disait-on, avec cette jeunesse qu'ils n'avaient pas attendue.
Excusez-moi, on a parlé des renseignements à toute la une des médias en disant « Oui, les renseignements sont très inquiets, la France va être bloquée de partout. On ne bloque pas la France avec 100 000 personnes. » Voilà, donc tout ça, c'était n'importe quoi.
Pardon, mais ce n'est pas anode, 200 000 personnes, c'est plus que ce qui était prévu, ce que disait Alexandre Aconse.
La France n'était pas bloquée, M. Tanguy. Oui, mais quand même dans ce mouvement, puisqu'il y a eu quelques sondages qui ont été faits, il y avait quand même une partie des électeurs, des sympathisants du Rassemblement national, qui soutenaient ce mouvement. Donc, il y a aussi une partie de cette base qui est proche de vous.
Ah, mais je ne dis pas l'inverse. Moi, j'étais encore sur votre antenne lundi matin, et moi, j'ai dit que je comprenais, je soutenais la colère populaire, mais que je les invitais aussi à ne pas s'associer aux insoumis. Donc, visiblement, l'électorat populaire, les classes moyennes et populaires, qui étaient aux Gilets jaunes, cette fois, ne sont pas sortis dans la rue, parce qu'ils ont bien vu que tout ça a été complètement encadré par les contraintes gauches. Pour vous, c'était une manifestation d'insoumis ?
– Mais dès ce matin, ça a commencé avec des blocages de lycées dans les deux secteurs les plus bobos gauchisés de Paris, à savoir Hélène Boucher dans le Nord et les gros fils de bourgeois du 3e, 4e arrondissement, ces pauvres petits qui, vraiment, sont persécutés et vivent dans un enfer. Vraiment, je les plains, vraiment, les pauvres petits bébés. – Donc, vous ne croyez pas ? – Vraiment, ils sont vraiment au bout du rouleau. Vraiment, les enfants de la bourgeoisie du centre de Paris sont au bout du rouleau. Je comprends que, vraiment, ils aient besoin de bloquer leur lycée largement subventionné dans lequel ils ont tous les privilèges de France.
– Donc, vous dites, pardonnez-moi, on comprenne bien, Jean-Philippe Tanguy,
vous nous dites, ce mouvement, il ne l'a pas pris. C'est un échec.
– Oui, c'est un échec, mais je crois, sincèrement, que c'est la faute de l'extrême-gauche. Écoutez, j'ai fait carte sur table, ça fait deux semaines que je le dis, que la gauche va rendre ce mouvement en échec.
– Donc, c'est un mouvement d'extrême-gauche et de bobos, si je résume votre pensée.
– Vous avez vu qui était visible sur les images à 80% ? Et qui s'est emparé de ce mouvement ? – À Paris, en tout cas.
– Dans le reste de la France, ce n'est pas forcément vrai, mais à Paris, oui.
– À Paris, c'était complètement caricatural. M. Bompard, déjà à 5h du mat, était avec les syndicalistes pour expliquer que c'est lui qui a récupéré le mouvement. Bon, voilà, il a voulu récupérer le mouvement, ils l'ont tué.
– Ce n'est pas le début de quelque chose pour vous ?
– Je ne sais pas, ce sera le début de quelque chose. Si les gens s'insèrent dans ce mouvement, ils existent, se débarrassent de tous ces gens qui n'ont rien à faire dans ce mouvement.
– Est-ce que vous allez soutenir, par exemple, la manifestation, la mobilisation le 18 ?
– Mais nous, on ne soutient jamais de manifestation, parce que je ne vais pas faire le contraire, maintenant, de ce que je vous ai dit il y a cinq minutes. Les citoyens français, les forces syndicales, elles n'ont pas besoin des partis politiques pour se mobiliser si elles veulent le faire. Le succès des Gilets jaunes, et moi l'admiration que j'avais pour ce mouvement, c'est un mouvement purement citoyen, parti des cahiers de doléances, d'une colère populaire contre la surtaxation.
– Que vous avez clairement soutenu, pour le coup ?
– Mais soutenu de l'extérieur. D'ailleurs, à l'époque, moi j'étais encore avec M. Dupont-Aignan, on avait à peu près la même position que Marine Le Pen et Jordan Bardella sur les Gilets jaunes. On nous accusait de vouloir le récupérer. Et puis après, on nous a dit, vous l'avez récupéré. Enfin, c'était tout et ce contraire. C'est-à-dire qu'au début du mouvement, on disait, ah vraiment, le RN est debout la France, ils n'ont pas compris ce qui se passe, ils ne sont pas avec le mouvement. Mais après, on nous a dit, maintenant, vous le récupérez. De toute façon, on a toujours accusé de tout, le contraire de tout.
Nous, on a une ligne constante qui est, on laisse les mouvements citoyens et les mouvements syndicaux tranquilles. D'ailleurs, ça nous est reproché, parce qu'à la manifestation des retraites, quand on ne se mêle pas au cortège, on dit, on ne soutient pas la réforme des retraites. Enfin, on est toujours accusé de tout et de son contraire.
– Mais c'est vrai que le RN est un parti qui n'investit pas la rue. Ça ne fait pas partie des stratégies politiques du RN, en tous les cas, moins que des partis comme la France Insoumise ou autre, ou le Parti Socialiste, plutôt à gauche. C'est une culture de gauche, d'ailleurs, globalement. Pourtant, vous avez dans votre électorat une bonne partie de gens qui se reconnaissent dans ces combats-là, et même parfois, même dans ces formes de combat politique, de manifestation politique, investir la rue plutôt que de mettre le bulletin dans l'urne.
D'ailleurs, il y a une bonne partie, je sais que le RN, comme d'autres partis, essayent d'aller chercher aussi les abstentionnistes qui recourent aussi à la rue plutôt qu'à l'urne. D'une part, qu'est-ce que vous dites à ces gens-là qui, plutôt que de voter, vont dans la rue ? Et d'autre part, pourquoi ne pas investir davantage la rue en tant que parti qui pourrait avoir un bon vivier politique au sein des rues ?
Moi, je leur dis que c'est les respecter. Et sincèrement, moi, je n'ai jamais eu de reproche là-dessus, en tout cas dans la somme. Moi, il se trouve que mon suppléant a présidé un syndicat ouvrier pendant 30 ans, à la tête de toute la Picardie. Il a distancié, depuis qu'il fait de la politique, il ne se mêle plus des luttes syndicales. Pourtant, il a toujours été syndicaliste, syndicaliste ouvrier, dans de grandes usines industrielles en bordure d'Amiens. Donc pour moi, il faut respecter les deux. C'est quand même la charte d'Amiens, c'est quand même la tradition française du syndicalisme d'un côté, de la politique de l'autre.
Et on voit bien que quand les syndicalistes, d'ailleurs, font de la politique, beaucoup d'ouvriers, de salariés se détournent d'eux. Je ne crois pas que le rôle d'un syndicat, que ce soit de parler de Gaza, le drapeau palestinien, du combat des trans ou je ne sais quoi. Et on ne parle pas beaucoup des conditions de travail, parce que le problème de la France, quand même, si on parle vraiment des conditions de travail des salariés, c'est quand même des salaires très bas, la semi-cartisation du monde du travail, des accidents du travail en France qui sont anormalement élevés, des conditions de travail difficiles.
Cet été, par exemple, on a quand même eu un gamin qui faisait du BTP, je crois, dans le Poitou-Charente, qui est mort, enseveli par du béton à très haute température, parce que les conditions de travail ne sont pas respectées. Et je n'ai pas entendu beaucoup, si vous voulez, la CGT et compagnie, parler des conditions de travail des ouvriers. Moi, dans ma circonscription, il m'arrive de visiter des usines. Parfois, je pense qu'il y aurait un combat à mener sur les conditions de travail.
Sur les revendications, ces revendications, pourtant, la fin de mois, notamment, qu'on entendait d'ailleurs déjà en 2018, c'est quand même beaucoup revenu, ces gens qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, etc. Ils étaient présents aujourd'hui.
C'est la première des raisons, la première motivation des gens qui soutiennent le mouvement du 10 septembre. Oui, absolument. Avant la contestation de la figure du président de la République. Donc, on voit bien que le pouvoir d'achat reste quand même assez central. Comme souvent dans ces mouvements, le mouvement des Gilets jaunes, c'était devenu aussi un mouvement qui tournait beaucoup autour du pouvoir d'achat. Il y avait aussi des questions de carburant, mais ça revenait un peu au même.
Mais il y avait des drapeaux de la Palestine aussi. Aujourd'hui, c'est la convergence des luttes et classiques à gauche. Ce que je veux dire, c'est que ce n'était pas spectaculairement voyant, la revendication du pouvoir d'achat. Aujourd'hui, c'est devenu un mouvement
qui était très éléphique quand même.
Ce qui m'intrigue, moi, j'en ai déjà parlé sur ce plateau, c'est le mot colère. Depuis une heure, là, à peine une heure, 14 fois on l'a prononcé sur le plateau, et vous, vous l'avez prononcé 4 fois. Alors, j'ai tenu la statistique. Le mot colère est devenu le mot clé de tout le dialogue social aujourd'hui. Alors, depuis 3-4 jours, ça m'intrigue, ça. Alors, j'ai interrogé deux psychiatres, un pédopsychiatre et un psychiatre, pour me dire ce que ça signifie, la colère. Il me dit, la colère, c'est très simple, c'est une demande de protection. Point final. Ce n'est pas une demande de revendication précise sur quelque chose.
On se fait en colère contre quelqu'un, pour quelque chose, souvent chez les jeunes. D'ailleurs, il y a beaucoup de jeunes aujourd'hui. Chez les ados aussi. Et c'est une demande de protection. Est-ce que ça ne rejoint pas, finalement, une culture globale de ce pays qui a une addiction à la protection de l'État ?
Mais alors, justement, c'est là que les questions sur le pouvoir d'achat...
Ça se nourrit, tout ça.
Il y avait un vrai melting pot intellectuel au départ du mouvement, puisque c'était en réaction au projet de loi Bayrou, au budget de François Bayrou. Mais certains, au tout départ, disaient... Ça débarque sur les jours fériés. Oui, mais disaient, ce que nous voulons protéger, c'est principalement notre salaire, notre argent, le salaire des actifs, et notamment vouloir baisser les taxes, les impôts, les contributions, etc., pour que l'actif puisse récupérer le fruit de son travail. C'était une revendication de départ de ce mouvement-là. Sauf que derrière, ça a complètement dérivé. Et vous le dites, effectivement, maintenant, ce n'est pas la protection du salaire de l'actif qui a été demandé.
C'est la protection par l'État des plus précaires, etc., et davantage d'aide, et davantage de soutenir.
Et si on se réfère aux Gilets jaunes... C'était l'inverse. C'était l'inverse, mais ça a été payant, les Gilets jaunes. La colère des Gilets jaunes a été payante. Vous savez combien ? On coûtait les Gilets jaunes à l'État. 12 milliards, en gros. Donc je comprends qu'on puisse manifester pour autre chose qu'une revendication de jours fériés ou de revendication. Est-ce que le mot colère a ce sens-là ?
Mais moi, je ne crois pas. Moi, je crois que la colère, c'est que les institutions aujourd'hui ne répondent pas aux aspirations du monde du travail et qu'il y a un moment, quand vous n'êtes pas entendus... Et ces aspirations, c'est la protection ? Vous savez, moi, je pense que les... Non, mais les gens, déjà, ils ne veulent pas être protégés, ils veulent vivre librement de leur travail. Ils veulent être libres ! On leur refuse ce premier droit. Vous avez dit la solution des Gilets jaunes. Ils ont créé la prime d'activité. Moi, je crois que les gens, ils voulaient avoir un meilleur salaire, un salaire digne, et pas avoir un ticket, un petit billet de l'État.
Ils voulaient payer une prise d'énergie qui était juste sans taxe, pas avoir un chèque d'énergie. Donc, si vous voulez, cette espèce de maladie mentale des élites françaises qui consiste à prendre de l'argent aux gens et leur rendre une autre poche pour essayer de les tenir en laisse. Ils leur demandent des merci, ensuite. Pour essayer de les tenir en laisse. Une fois qu'on essaie de les tenir en laisse, ne pas comprendre pourquoi ils ne veulent pas être tenus en laisse.
C'est le modèle français ?
Non, ce n'est pas le modèle français. C'est le modèle... Non, je ne crois pas. Non, je ne crois pas. C'est une phase de grande liciteuse,
un modèle extrêmement redistributif.
Moi, je pense que c'est le modèle de gens qui ont perdu le pouvoir sur les grands équilibres du monde, sur la mondialisation, sur l'Europe, et qui, en fait, pour s'inventer un pouvoir qu'ils n'ont pas, font ces espèces de machines folles qui consistent à... Je vous prends d'une main droite, pardon, je vous rends d'une main gauche et je ne comprends pas que vous ne voulez pas me mordre la main. Moi, je comprends que ce soit normal dans ce cas-là, parce que moi-même, je le ressens alors que je suis très, très, très, très, très privilégié. Je suis un peu... Effectivement, il y a de la colère. Mais vous savez, moi, le début de mon engagement politique, c'est le mépris du référendum de 2005.
Quand vous méprisez les gens qui s'expriment, il y a de la colère.
Donc, il y a de la colère. Là-dessus, vous êtes d'accord ? Même si aujourd'hui, vous dites que c'était un échec. Est-ce que vous craignez que ça dure dans les prochains jours ? On a entendu la CGT dire qu'il faudrait essayer de se mobiliser deux jours par semaine, il y a le 18. Est-ce qu'on part pour une longue séquence de manifestations, de mobilisations, de colère, justement ?
Sincèrement, moi, je ne sais pas.
Vous êtes élu de la Somme, vous le sentez, ça, non ? Qu'est-ce qu'on vous dit ?
Je ressens des gens qui voudraient effectivement s'exprimer, mais qui ne le font pas pour une raison simple. C'est que les jours de grève, c'est des jours pas payés. Et qu'aujourd'hui, les Françaises et les Français, ils n'ont pas les moyens de s'offrir des jours pas payés. Ça n'existe pas. Donc, il y a quelques professions qui ont un peu la chance d'avoir des caisses de grève ou quelques réserves. Mais vous êtes salarié d'une entreprise industrielle dans le vide de 50 salariés. Il n'y a pas de caisse de grève et vous avez déjà du mal à jouer le domaine.
Sauf que les Gilets jaunes, c'était le samedi, par exemple. Exactement. Et là, c'était un mercredi.
Il y avait beaucoup de petits patrons. Mais concrètement, oui, vous avez raison. Beaucoup d'artisans, beaucoup de petits patrons, de retraités aussi. Il y avait une vraie convergence de la France qui travaille ou qui a travaillé ou qui connaît le monde du travail. Et aussi, les Gilets jaunes, à la fin, ils avaient du mal parce qu'il fallait monter à Paris. Et monter à Paris, le plein, le péage, l'usure de la voiture, c'est un week-end à 150 euros. Et puis, vous ne les avez pas. Donc, vous le faites une fois, deux fois. Et puis, à un moment, vous ne pouvez plus sacrifier ça.
Et même quand vous êtes dans le Vimeu, chez moi, ou dans les zones industrielles à côté d'Amiens, vous montez à Amiens, c'est 50 euros. Il faut pouvoir les sortir.
Aujourd'hui, d'ailleurs, c'était très localisé, Matt. On dit du côté de la police. Les gens ont vraiment manifesté ou participé à des actions dans un périmètre proche de chez eux et ne se sont pas forcément déplacés dans des grandes villes aux alentours. Ils ont noté, d'ailleurs, des actions dans des petites communes avec pas forcément beaucoup de personnes. Mais maintenant, avec les réseaux sociaux, on peut avoir une résonance médiatique. Il suffit de filmer, de le poster sur les réseaux pour exister, même si les médias ne sont pas à cet endroit-là pour en rendre compte. La nomination... Est-ce que c'est vrai
que la banlieue n'est pas descendue ?
Alors, effectivement, on m'a dit que la banlieue n'était pas particulièrement visible dans ces manifestations. Après, c'est difficile de dire la banlieue, mais des habitants des quartiers pas forcément n'ont été visibles dans ces manifestations.
Non, juste pour répondre à votre question, pour savoir si c'est le début d'un grand mouvement, ça va quand même dépendre énormément de ce qui va se passer au niveau du gouvernement. Qu'est-ce que va décider Sébastien Lecornu qui va être nommé au ministère du Travail et de l'Économie pour savoir quelle réforme des retraites ? Est-ce qu'il va y avoir une remise en cause ? Est-ce qu'il va y avoir une suspension ? Est-ce qu'il va y avoir une abrogation ? Qu'est-ce qui va se passer en termes de justice fiscale ? Ça va dépendre énormément de ce qui va être décidé dans les prochains jours.
Alors justement, Sébastien Lecornu qui était visé lui aussi dans ces manifestations, les manifestants qui, en gros, disaient qu'on a mis un macroniste pur jus et que ça ne changeait rien. Et donc, il était visé lui et Emmanuel Macron. Alors, il y a eu une sorte de calendrier qui se sont percutés. Il a été nommé aujourd'hui au poste de Premier ministre. Je voulais entendre votre avis sur son discours, le discours qu'il a tenu. Il a fait ce constat. Il est d'accord qu'en France, il y a une fracture entre les politiques et la vie réelle, la vie des Français. On écoute le nouveau Premier ministre.
La deuxième des choses, c'est dire aux Françaises et aux Français qu'on va y arriver. Parce qu'au fond, vous venez de le dire, il n'y a pas de chemin impossible. Il faut qu'on arrive à mettre fin, au fond, à ce double décalage. Le décalage entre la situation politique et le décalage avec ce qu'attendent légitimement nos concitoyens et nos concitoyens pour leur vie quotidienne, pour la situation économique et sociale, leur sécurité. Bref, ce pourquoi, évidemment, nous sommes missionnés. Et ce décalage entre la vie politique du pays et la vie réelle devient préoccupante et pas que pour celles et ceux qui gouvernent, pardonnez-moi, mais pour l'ensemble de la classe politique.
Vous êtes d'accord avec ce constat ?
Je pense que tout le monde est d'accord. Si vous voulez, il y a une transmission de relais entre deux marathoniens de l'enfonçage de Porte Ouverte. Mais ça alimente la colère. Ça alimente la colère. Mais c'est important qu'il le souligne dedans dans le contexte. Ça s'adresse à tous les politiques. Je n'ai pas dit que ça ne s'adressait pas à tous les politiques. J'ai dit que moi, j'ai été très privilégié. J'essaie au moins dans la limite de mes mesures d'en avoir conscience. Parce que ça fait partie, pardon,
des revendications de ce qu'on entend les manifestants qui sentent qu'il y a une déconnexion par rapport à leurs élus. Et vous êtes directement concerné.
Bien sûr qu'on est concerné. Mais pourquoi est-ce que vous croyez qu'on demande une dissolution ? Vous savez, moi, à mes dissolutions, je retourne devant les électeurs. Personne n'est sûr d'être élu. C'est que les élections, c'est pour ça que je parlais du référendum, la politique, c'est fait pour désamorcer les conflits, c'est fait pour désamorcer les tensions, c'est fait pour que tout le monde s'exprime. C'est pour ça d'ailleurs aussi qu'on est pour la proportionnelle, pour que tout le monde soit reconnu. En fait, aujourd'hui, les élections sont retournées contre leur sens primaire.
Parce qu'en fait, il y a des gens qui s'expriment et ils font le contraire de ce que vous voulez dire les gens. M. Macron a perdu les européennes. Qu'est-ce qu'il dit ? On continue. M. Macron, l'ensemble de la classe politique, on en a parlé dix fois ici. M. Macron, il y a un moment, moi je veux bien tout, mais les européennes, la liste. M. Macron, les européennes, on est d'accord. M. Macron, c'est ça dont je parle.
M. Macron, je croyais que vous parliez
des législatives européennes, bien sûr. M. Macron, il y a une leçon, au lieu d'en tirer une leçon, dire bon, j'ai compris, on va changer au moins un peu le chemin de la construction européenne, que la France est quand même pays fondateur, deuxième pilier de l'Europe, ah ben non, je fais une dissolution, puis c'est comme si on n'avait rien entendu. Et ça fait un an, et on continue. Et le Mercosur, et on augmente la contribution de la France à l'Union européenne.
Simplement parce que la voix de la France n'est plus tellement entendue au sein de l'Union européenne. Elle est affaiblie, la voix de la France.
M. Macron n'a pas envie de la faire entendre puisqu'il est d'accord avec la construction européenne et ce qu'elle a été faite.
Donc hop, on met de côté et on fait comme si... Il était contre le Mercosur, finalement le Mercosur a vraiment été...
Vous le savez très bien, M. Vrillon, vous savez très bien que M. Macron a été pour le Mercosur, puis quand il a vu que ça bardait un peu, il a dit qu'il était contre, et là, il n'est même pas d'accord pour soutenir la Pologne pour les clauses de sauvegarde plus dures que celles que nous propose Vendelayen. Il est favorable au Mercosur.
Sur l'action du Mercosur, c'est que la France est isolée et c'est ça la vérité. Il n'y a qu'à plus payer. Il y a 27 pays. Sur les droits de l'homme aussi. Il dit !
Au-delà du Mercosur, Mme Valérie Ayet, aujourd'hui au Parlement européen, prenait une Europe plus fédérale dans son discours, c'est cité aujourd'hui. Valérie Ayet qui fait 14% contre le camp du Rassemblement national qui faisait 30 ou plus à l'époque, effectivement, là, le message n'a pas été franchement entendu par le camp macronien, notamment par Valérie Ayet qui va prenait pour une Europe plus fédérale au Parlement européen alors qu'elle fait moins de moitié moins que le camp du Rassemblement national.
Il n'en reste pas moins que les tentatives de mise en minorité au Parlement européen n'ont pas fonctionné non plus. Oui, non, ça c'est certain. Il y a aussi... On n'est pas sûr le Parlement européen, il y a d'autres formations politiques.
Sébastien Lecornu qui promet qu'il y aura des ruptures tant sur la méthode que sur le fond. On sait qu'au Rassemblement national, vous l'appréciez quand même, Sébastien Lecornu. Est-ce que vous n'avez pas, au fond, envie de lui donner une chance ?
Non, mais moi, je veux bien qu'on fasse vivre des légendes urbaines, mais c'est pas qu'on apprécie Sébastien Lecornu. C'est qu'il nous a dit bonjour. Vous avez dîné avec lui, non ? Moi, je n'ai pas spécialement dîné avec lui, mais il se trouve que j'ai rencontré M. Lecornu il y a 10 ans pendant les élections européennes où il avait autorisé son adjointe à être sur ma liste souverainiste, si vous voulez tout savoir. Donc, je n'ai pas de conflit. Non, mais je n'ai pas de conflit personnel avec M. Lecornu. Mais je n'ai pas non plus d'atome crochu, si vous voulez. M. Lecornu, par exemple, il était en charge de la fermeture de la centrale de Fessenheim.
Il y a des archives un peu compromettantes où on nous explique que oui, c'est un peu stupide, mais on va quand même le faire parce qu'il faut le faire. Bon, ça nous a fait très cher.
Mais ça, c'était le début du mandat quand M. Macron n'était pas clair. Non, mais je ne dis pas que ce n'est pas grave. Je pense que c'était une erreur. Mais il a pensé qu'il fallait poursuivre l'œuvre de François Hollande au début du mandat et il a changé lors du discours de Belfort. Non, mais tout va très bien. Non, mais je ne dis pas que tout va très bien, mais j'essaie de réexpliquer un peu les spectateurs. Ils ne sont pas forcément au courant.
Vous avez raison, monsieur. Excusez-moi, c'est vrai que moi, c'est un sujet qui me tient à cœur. Mais moi, je trouve que si vous voulez, qu'on y reste pour sa politique, quand on aspire à diriger la France et quand on se regarde dans un miroir et qu'on se dit c'est vrai que j'ai quand même soutenu la fermeture de 14 réacteurs nucléaires en 2017 et puis après, en 2022, j'ai soutenu le maintien de 12 réacteurs. C'est-à-dire que quand on est capable en seulement 5 ans de dire tout et son contraire sur le pilier de la souveraineté énergétique française et une de nos principales industries exportatrices, je pense que dans ce cas-là, en fait, on n'est pas légitime pour être Premier ministre.
Moi, je peux vous dire... Non, non, je vais vous dire en vidéo si un jour, je me trompe d'un truc aussi énorme... Pas dans votre part. Donc, donc, donc, donc... Par exemple, vous avez une solution
d'accord. Vous avez une solution sur l'euro, par exemple,
contre l'euro, contre l'euro. Aujourd'hui, je ne vois pas... Vous avez changé d'avis. Vous avez quand même beaucoup... Vous avez changé d'avis. Ah non, mais moi, je ne vais pas me dire...
Écoutez, BFM Business, moi, je n'ai aucune difficulté à venir expliquer notre position sur l'euro dans la longue distance. Moi, j'en ai souvent parlé
avec Marine Le Pen. Moi aussi. Je vais vous dire, ici même. Oui. Honnêtement, maintenant, c'est plus vrai. Mais pendant longtemps, quand même, elles étaient contre l'euro puisqu'elles voulaient même créer une monnaie qui était amarrée à l'euro. Enfin, il y avait tout un système extrêmement compliqué. Maintenant, ce n'est plus le carrément. C'est pas trop grave. J'ai eu beaucoup de mal à expliquer dans l'entour de votre pays.
La politique monétaire, c'est très compliqué. Mais moi, un jour... On est d'accord. Vous savez, moi, je vois la chance à défier à BFM TV. Si un jour, on a vraiment une spéciale politique monétaire de 3 heures, je veux bien faire les 3 heures. Je doute que je l'aurai de mon vivant. Mais vous savez, c'est tout simple. Si vous avez un clou... Le monsieur économique du Rassemblement National. Je vais vous expliquer le changement de position du Rassemblement National sur un clou. Si la première année, vous avez un clou qui vous rende juste un petit peu au bout de la peau, vous pouvez l'enlever sans trop de douleur.
Si au bout de 15 ans, malheureusement, le clou, il est au bout de votre main, vous ne pouvez plus l'enlever.
C'est comme Emmanuel Macron avec le nucléaire. C'est lui qui nous a planté un gros clou. Et que l'opinion publique...
Il a bien mis un clou avec le nucléaire. Et que l'opinion publique
avait quand même beaucoup évolué.
Les Français n'ont jamais été dupes sur le nucléaire.
Donc, en tout cas, vous dites qu'il n'est pas légitime Sébastien Lecornu
au poste de Premier ministre. Ah non, moi, je pense qu'à sa place, moi, j'aurais changé d'opinion sur un sujet aussi important. Je me cacherais dans un trou.
Oui. Même si on vient de vous montrer que vous avez fait la même chose au Rassemblement National. Ah non, non. Je crois qu'on est de la réponse à la question de Charles qui nous regarde. Le Rassemblement National, peut-il s'associer à Sébastien Lecornu ?
Non, je ne pense pas. Mais, écoutez, tout est toujours possible. Peut-être que M. Lecornu va faire une réunion. Il va expliquer que M. Macron s'est trompé sur sa politique d'inclusivité fiscale, qui s'est trompé, qui l'a menti sur la réindustrialisation de la France, qui s'est trompé sur les 500 000 immigrés légaux qu'il fait rentrer par an, sur l'exécution des OQTF.
Mais qu'est-ce que c'est possible pour vous ?
Non, parce qu'il a dit
qu'il veut changer de méthode, il veut de la rupture. Il y aura une rupture.
Mais il ne changera rien.
Oui, mais supposons, on peut faire un rêve. L'un des quatre points de votre lettre. Supposons, sur quoi vous pourriez discuter avec Sébastien Lecornu ?
Sur le contrôle strict On peut discuter de la contribution de l'Union Européenne, puisque, soi-disant, je vous rappelle qu'on ne pouvait pas la baisser, c'était le Frexit direct. Et là, ils ont réussi à le baisser de 1 milliard. Ce qui est la vérité d'hier n'est plus la vérité d'aujourd'hui. Sur la merveilleure, sur la fraude, maintenant ils sont tous d'accord avec nous, sur la réforme territoriale, l'inefficacité de la dépense sur la formation professionnelle, l'inefficacité de la dépense dans la politique du logement. On peut discuter de beaucoup de choses. Visiblement,
le point qui est sur la table, c'est de faire un geste
pour plus de justice fiscale.
Est-ce que c'est un point qui pourrait vous amener, vous, à ne pas le censurer ?
Mais nous, on est pour une justice fiscale qui permette de baisser les impôts, c'est-à-dire augmenter les prélèvements sur les plus favorisés pour baisser la TVA, sur l'énergie, sur les biens de première nécessité, sur les impôts de production pour les entrepreneurs. Mais ce n'est pas ça qu'on nous proposera. Mais si on nous propose, on peut discuter. Mais je doute que ce soit ça qu'on nous propose. On nous proposera une nouvelle taxe pour nourrir le tonneau des danaïdes de la dépense publique. Comme l'année dernière.
On sait d'ailleurs, Bruno, je dis là-dessus juste un mot. On sait qu'il a vu les personnalités de son camp aujourd'hui.
Aujourd'hui, il a commencé par lui.
On en sait un peu plus sur les coulisses. Les jours fériés, par exemple, il dit que ça, ça sera à priori supprimé. Les jours fériés,
son ami, le ministre Gérald Darmanin, qui est aussi un ami de Sébastien Lecornu, n'a pas fait mystère que les deux jours fériés, ils allaient lui faire un sort. à cette mesure. Il faut sauter les points crispants. C'est quand même une mesure qui avait déclenché sans doute la mesure assez symbolique, mais aussi qui a beaucoup d'importance pour les gens. Sans doute, c'est ça qui a mis un peu le feu aux poudres. Et son plan est devenu assez vite inaudible. Rassemblement national, les insommiers étaient tombés là-dessus. Et c'est vrai que dans les partis macronistes, beaucoup étaient contre. Il y a ça.
Mais je pense que Sébastien Lecornu, aujourd'hui, il a surtout cherché à resserrer les rangs de ce bloc central. Il faut quand même voir que François Bayrou, le bloc central, est sorti en piteux état. Il n'a pas fait le plein des voix au lundi. Il manque beaucoup de voix. Le 13 du côté des LR, il en a même manqué au Parti 1, au Parti Renaissance. Et puis donc, avant d'aller essayer de négocier, de voir les marges de manœuvre qu'il a avec Jean-Philippe Tanguy et ses amis, avec les socialistes, le petit groupe plus haut aussi qui est important. Parce qu'au fond... Il a complètement fait défaut
lors du vote de conférence.
Alors, totalement contre François Bayrou. Donc, il a cherché, je pense, aujourd'hui, un peu à resserrer les rangs avant d'aller voir les autres.
Alors, on est avec Christine qui nous écoute, je crois, depuis le début de l'émission. Vous êtes retraitée, vous habitez à Bourges. Merci d'être avec nous. Est-ce que vous êtes d'accord avec... Bonsoir à vous.
Est-ce que vous êtes d'accord avec... Est-ce que vous êtes d'accord avec... Je n'habite pas à Bourges, excusez-moi. J'habite à Saint-Satur et je suis allée manifester à Bourges. Ah, très bien. Merci pour cette précision.
Racontez-nous, pourquoi vous êtes allée manifester ?
Alors, j'ai plus de 70 ans. Nous sommes allées avec un petit groupe à Bourges parce que moi, je n'en peux plus. C'est la première fois de ma vie à bientôt 71 ans que je ne supporte plus un président comme Macron. Ça fait huit ans qu'on subit son mépris. La précarité, moi, je ne sais pas si... Vous savez, tout à l'heure, j'étais un peu excédée d'entendre les investissements, enfin, l'ancien patron du MEDEF, etc., ce discours. Moi, je survis avec 1180 euros de retraite et je ne peux plus se mépris vis-à-vis des... Comme il disait, dans les gares, les gens qui se croisent ne sont rien. Il a tout fait au début pour les riches, c'est-à-dire tout de suite, il a supprimé l'ISF.
Par contre, pour la taxe d'habitation, il a mis un certain nombre d'années. Pour les Gilets jaunes, après, nous avons eu droit au débat. On a rempli des cahiers de doléances, on ne sait pas ce que c'est devenu. Pardon, je vous arrête un instant sur les Gilets jaunes,
il a quand même mis 10 milliards d'euros sur la table,
ce n'est pas rien. Oui, alors, 8 milliards multipliés, divisés par le nombre de Français, je peux vous dire que ça ne fait pas grand-chose sur le compte en branle. Nous avons eu droit au 23-49-3 de Borne pour la réforme des retraites, en bafouant toutes les institutions, même l'année dernière aux législatives, il y a eu un groupe qui est arrivé en tête, qui est la gauche. Voilà. Et moi, c'est vrai que je... C'est pour ça que je suis allée manifester. Peu de temps, je suis restée une petite heure à Bourges, mais je n'en... On n'en peut plus. On n'arrive plus à se chauffer, à se soigner, à se nourrir dignement depuis que Macron est au pouvoir.
Et le cornu, c'est le clown de Macron, comme l'était Attal. Ce n'est pas possible. Moi, je... Tout va pour les milliardaires. L'invasion, l'optimisation fiscale. Est-ce que... Tiens, M. Tanguy, est-ce qu'il ferait quelque chose pour l'optimisation fiscale, pour l'évasion fiscale ? Est-ce qu'il remettrait l'ISF ? Est-ce qu'il taxerait... Alors, je vais faire une énumération, M. Tanguy. Est-ce que vous allez taxer les riches, sanctionner les évaluées fiscales ? Pourquoi... Autre question. Pourquoi vous stigmatisez sans cesse les immigrés ? C'est insupportable. Pourquoi vous stigmatisez sans cesse Jean-Luc Mélenchon ?
Alors, moi, je vais vous dire, à Bourges, il y avait LFI, il y avait Sud solidaire, et je suis ravie... Alors, moi, je fais partie de ce courant politique, et moi, je suis ravie que plus on a du monde, de la gauche, même s'il y a des gros problèmes avec M. Mélenchon parfois, nous, ce qu'on veut, c'est la démission de Macron. On ne veut plus de la Macronie. Alors, attendez, on va laisser répondre
Jean-Philippe Tanguy sur... Excusez-moi ! Non, non, non, non, mais c'est intéressant sur les demandes précises que vous avez formulées. Que ferait le Rassemblement national ?
Christine n'a pas à s'excuser, ces questions ont été très claires. Donc, effectivement, nous rétablirons l'ISF, l'impôt sur la fortune financière contre les superdividendes, les surdividendes, pardon, les surprofits, les surrachats d'actions. L'année dernière, il y a eu 21 milliards d'euros de rachats d'actions. C'est une forme de spéculation et de distribution de dividendes fantômes qui détruit de la valeur au lieu d'en créer. Donc, on est pour la taxation. L'ISF, on rétablirait le montant de l'ISF qui avait été supprimé par Macron et dont Christine a parlé au début de son intervention, 4 milliards.
Contre l'exil fiscal, on ferait l'exil taxe, qui taxe effectivement les personnes qui choisissent de quitter notre pays. Et je suis quand même l'un des principaux animateurs de la lutte contre les parasites fiscaux au sein de l'Union européenne puisque, par exemple, l'Irlande est devenue une colonie de parasites fiscales américains qui nous piquent chaque année plusieurs dizaines de milliards d'euros au niveau de l'Union européenne, plusieurs milliards d'euros pour la France. Et chaque année, nous proposons et nous soutenons d'ailleurs des dispositifs Christine de Gauche.
Vous pouvez vérifier, on vote beaucoup d'amendements qui parfois viennent de la gauche, notamment du Parti communiste parce qu'ils avaient fait un rapport assez intéressant sur la lutte contre l'exil fiscal à l'époque avec Nicolas Dupont-Aignan et depuis 10 ans, on essaie de mettre en place ces dispositifs.
Elle vous dit aussi pourquoi vous stigmatisez systématiquement les immigrés ?
Mais on ne stigmatise pas les immigrés, on stigmatise le phénomène de l'immigration massive incontrôlée tel que le faisaient d'ailleurs les communistes jusqu'aux années 80. Savoir que quand nous avons 6 millions de chômeurs, Christine, on ne peut pas accueillir par an 500 000 personnes qui n'ont pas de qualification et qui ne correspondent pas à des besoins dans notre pays.
Et par ailleurs, les immigrés qualifiés qui rentrent, et vous le savez madame, souvent, par exemple les médecins qui viennent d'Algérie ou d'Afrique subsaharienne, par exemple le Sénégal, le président du Sénégal demande à la France de ne pas arrêter de prendre les médecins sénégalais parce qu'il n'y a plus de médecins sénégalais avant. Donc on ne stigmatise personne, mais ça a un coût pour la France et ça a un coût pour les pays qui perdent leurs migrants. Donc je crois que personne n'est heureux avec l'immigration à contrôler.
Une question quand même. Pardon, pardon. Non, non, Christine, juste un instant. Pardon, je vous donne le micro. Moi, je veux bien débattre avec Christine. Juste pour bien comprendre. Parce que vous avez pointé du doigt Emmanuel Macron qui est méprisant pour reprendre vos mots, qui ne fait rien pour les Français, entre guillemets, lambda, qui ne fait qu'aider les riches. On a deux économistes avec nous en plateau. Est-ce que c'est vraiment le cas ? Est-ce qu'il n'a rien fait pour le pouvoir d'achat des classes moyennes ?
Je vais me faire tuer, mais le premier quinquennat a été assez positif pour la reprise de la croissance économique, de l'emploi, de l'investissement et de l'activité. On ne peut pas reprocher à Emmanuel Macron d'avoir poursuivi d'ailleurs la politique qui avait été entamée par François Hollande. Donc concrètement,
c'est suppression de la taxe d'habitation.
Mais nous sommes encore aujourd'hui, et je ne sais pas si M. Tanguy n'est sans doute pas d'accord avec ça, nous sommes encore aujourd'hui le pays de l'OCDE le plus prélevé, le plus fiscalisé et le plus dépensier.
Tout à fait, c'est pour ça que les baisses d'impôts... C'est bien pour ça qu'il faut... C'est un peu contradictoire, s'il y a eu des baisses d'impôts, il ne devrait plus être le pays le plus fiscalisé. Il y a quand même des mesures qui ont été prises.
Il y a quand même des mesures qui ont été prises, madame, c'est-à-dire que lorsqu'on regarde la suppression de la taxe d'habitation, je suis d'accord, ça n'a pas été dès le premier jour, mais enfin, c'est venu quand même ensuite, et surtout pour ceux qui gagnaient le moins, qui avaient l'impôt sur le revenu le plus faible, la taxe sur l'audiovisuel aussi, le chômage a beaucoup baissé, donc ça, ça profite à tout le monde, ça a profité aux jeunes, ça a profité aux gens qui avaient des rémunérations les plus basses, notamment grâce à des exonérations fiscales, si on parle de l'exonération fiscale au niveau du SMIC, voire un petit peu plus, donc il y a quand même des choses qui ont été faites, et puis il ne faut pas oublier quand même la période du Covid, où là quand même, là, tout a été gelé, et c'est l'État qui a tout financé, et en plus qui a financé ensuite après, le chèque énergie, ça a coûté quand même énormément d'argent, peut-être une centaine de milliards, donc on ne peut pas dire que rien n'a été fait, il y a des choses qui n'ont pas été faites, mais il y a des choses qui ont été faites.
Christine ? Excusez-moi,
mais je ne sais pas si vous avez entendu, est-ce que vous pourriez vivre avec 1180 euros ? Je vais vous parler aussi des enseignants, parce que dans ma famille, il y a des enseignants. Moi, j'aimerais savoir l'indice des enseignants et je l'ai. Au niveau des AESH qui s'occupent des AP, ça fait 20 ans qu'elles gagnent 800 euros par mois. pourquoi le RN a été contre la scolarisation des handicapés dans les écoles ? Il n'y a pas de moyens dans les secteurs médico-socials, il n'y a pas de moyens financiers dans les secteurs médico-socials, dans les écoles.
Voilà, tout, je ne comprends pas, vous dites, je reviens à Macron, vous dites qu'il a fait des choses, vous, est-ce que vous, je suppose que vous allez faire votre course, là je suis très pragmatique, très terre-à-terre, vous allez dans les supermarchés, vous allez faire vos courses, est-ce que vous vous rendez compte combien il faut remplir le caddie pour avoir 50 euros ?
Voilà, et moi je suis, je vais vous dire une chose, je suis un ancien travailleur social, j'ai travaillé au temps de l'ANPE, je me suis retrouvée cliente à l'ANPE, et voilà, et je suis une assistée, effectivement, j'ai 200 euros par an pour mon fuel, et quand j'entends du matin au soir, je ne veux pas vous stigmatiser BFM, mais entre autres sur d'autres, chez vos concurrents, où il y en a assez de l'assistanat, il y en a assez de l'assistanat, donc ça veut dire qu'est-ce qu'il me reste ?
Je vais me jeter dans la Loire qui est notre fleuve dans le Cher et dans la Nièvre, voilà, je suis aidée, les chômeurs, moi j'ai travaillé à l'ANPE, ce qu'a fait Borne et qu'a continué Barnier, etc., c'est un véritable massacre pour les chômeurs, un véritable massacre. Il y a plus de 10 millions de pauvres avec Macron, est-ce que c'est normal ? Un mot là-dessus,
alors peut-être arrêtons-nous là-dessus pour essayer de comprendre, je profite de la présence à nouveau d'Edwige Chevrillon. Excusez-moi, je traite... Non, non, mais c'est intéressant parce que c'est les préoccupations des personnes aussi qui manifestaient aujourd'hui. Tout à fait. Les prix restent chers, c'est ce que dit Madame, c'est ce que dit Christine. Pourtant, la flambée inflationniste, elle est derrière nous. Oui, mais elle est restée. Elle était de 0,9%
en 2020. Mais les prix n'ont pas baissé. Les prix n'ont pas baissé. Ça reste cher. Dominique Schellcher, le patron de System U, le disait lorsque j'ai interviewé il y a peu de temps, il dit que le problème c'est que les prix ne sont pas revenus avant, à 2019. Donc les prix restent élevés et Madame a tout à fait raison. Mais même si aujourd'hui, l'inflation, elle a baissé, elle est en dessous d'un pour cent. Donc les prix restent chers. Oui, c'est indéniable. On a une question
de Nicolas. J'aimerais savoir qui sont tous ces manifestants libres de leur temps un mercredi ? Certainement pas la classe moyenne qui bosse.
C'est pas pour rien qu'il s'appelle Nicolas à mon avis.
Oui, votre référence à
le mouvement Nicolas qui paie. Mais qui était d'ailleurs au départ à l'origine du mouvement mais qui a décrété lorsque la date est tombée un 10 septembre et qu'ils ont vu que c'était un mercredi, ils ont dit qu'on ne pourra pas y participer.
Ils ont vu aussi que M. Mélenchon souhaitait de la manifestation. Je suis désolé de dépercer à Christine encore mais je suis désolé, ça a joué un rôle là-dedans. Il faudrait dire à Christine que sur les prix élevés, c'est pour ça qu'on voulait baisser la TVA et peut vérifier, les députés insoumis ont systématiquement voté contre les baisses de TVA. Systématiquement.
Mais la vraie question que posait Christine, si elle me permet tout à l'heure, c'était de savoir pourquoi les services publics en France valent si cher ? Pourquoi on a ce problème à la santé ? Pourquoi on a ce problème à l'éducation ? Pourquoi ça ne fonctionne pas alors que nous sommes le pays où les dépenses publiques et sociales sont, je le répète, une fois de plus, les plus élevées d'Europe ? C'est ça le problème. C'est un problème souvent de management, c'est un problème d'organisation et c'est un problème où il faudra avoir le courage.
Mais là, ça fait partie peut-être des ruptures dont n'a pas parlé encore le nouveau Premier ministre, mais auquel il pense, mais des ruptures dans l'organisation même de l'État et des administrations parce que c'est un vrai problème. Pourquoi ça marche dans le privé et ça ne marche pas dans le public ?
Merci beaucoup Christine Jean-Bruyde pour vous remercier. Juste une dernière question, vous allez continuer à manifester ces prochains jours ?
Oui, tant que mon physique, mon corps, j'y vais, j'y vais. Même si M. Lecornu n'a pas encore présenté son budget, on connaît les réponses, on les connaît. Donc je continuerai tant que je peux. Merci beaucoup,
merci Christine
d'avoir témoigné
sur notre antenne. La suite, ça va être quoi Jean-Philippe Tanguy ? Est-ce que vous n'êtes pas un peu hors-jeu finalement dans ces discussions ? Puisqu'on sait que Sébastien Lecornu va vouloir discuter avec la gauche. Il espère obtenir...
Il va recevoir tout le monde.
Il va recevoir tout le monde.
Marine Le Pen et Jordan Bardella dans les prochains jours, c'est sûr et certain.
Mais il va faire des pas vers la gauche plutôt, Bruno Jeudy.
Il va jauger. On a plutôt le sentiment qu'il va essayer de trouver une solution pour... Il cherche un accord de non-censure en fait. Donc oui, il y a peut-être plus de chances que ça marche du côté de la gauche. Mais je pense que... Sébastien Lecornu qui va discuter avec tout le monde. Donc il va voir quand même s'il ne peut pas aussi envoyer des signaux de l'autre côté. Mais c'est vrai que c'est plutôt aujourd'hui et il va plutôt tenter du côté du parti socialiste qui ne réclame pas la dissolution. Les socialistes sont dans une attitude un peu différente. Ils n'ont pas envie de la dissolution
contre un bon rassemblement national. Ni le rassemblement national.
Quand on est des sociotraites, c'est un peu compliqué de se faire élire dans des terres socialistes. Vous savez, mais moi je vous dis, on n'est jamais hors jeu, madame, pour répondre à votre question parce qu'en fait, quand vous êtes la première force politique, non pas parce que les gens sont pour nous, parce qu'ils sont pour nous, parce qu'on a un logo rassemblement national, mais parce qu'en fait on porte les préoccupations d'une majorité de Français sur le pouvoir d'achat. Christine dit « Le caddie est trop cher », il n'y a aucune autre force politique qui veut baisser les dépenses contraintes à part le rassemblement national. Tout le monde peut le vérifier.
Et à l'époque, on s'est glosé de nous, on ne comprenait rien. En 2022, on a dit que Marine Le Pen n'avait pas compris le pays et qu'elle allait éliminer la vie politique. Et puis finalement, une fois de plus, le programme sur le pouvoir d'achat contre les dépenses contraintes était au centre de la vie politique. Elle l'est toujours puisque ça correspond à la réalité que les gens vivent tout simplement.
Sur l'énergie, beaucoup on a entendu parce que quand on explique aux gens que c'est la faute de la petite mamie qui fait son plein pour aller acheter sa baguette, que la terre est détruite alors que vous avez des stars d'Hollywood qui partent en yacht tout l'été et qui font dix fois pire et qui font des sommets dans le monde entier en avion tout en expliquant aux gens qu'il faudrait quand même qu'ils arrêtent de prendre leur diesel. Les gens n'en peuvent plus. Ils veulent qu'on puisse proposer une politique environnementale qui ne soit pas une politique de sacrifice. Et c'est ce qu'on a gagné avec la suspension de la politique, la programmation de l'énergie.
Vous allez empêcher les stars d'aller se marier à Venise ? Non, mais peut-être qu'on les empêchera de faire leur propagande sur un service public qui sera privatisé pour raconter des conneries. C'est une autre affaire. Par contre, ce sera fait, ça.
Et vous continuez à appeler à la dissolution ?
Oui, parce que c'est la seule solution. Mais de toute façon, c'est inéluctable parce que M. Lecornu, il peut être sans doute très sympathique, mais il n'a pas d'oxygène, il n'a pas de marge de manœuvre. Parce que si les socialistes font un accord avec M. Lecornu, c'est qu'ils auront définitivement... Lui, il dit qu'il y a une petite fenêtre. Oui, bah... C'est le trou de fourmis de France. Il disait l'inverse. S'il a accepté la mission, c'est qu'il pense qu'il l'a.
Mais moi, je pense qu'il n'a pas cette fenêtre parce que si les socialistes acceptent de faire un deal avec les LR, ça veut dire qu'ils auront complètement trahi le programme, il faut dire, totalement mensonger sur lequel ils se sont fait lire. D'ailleurs, ils avaient commencé avant de reculer. Et donc, ça n'a plus de sens. C'est-à-dire qu'en fait, sans le programme des Insoumis, les socialistes, c'est 2% à la présidentielle. Ils ont réussi à reprendre de l'air parce qu'ils ont fait croire qu'ils avaient le même programme que M. Mélenchon. Moi, je n'aime pas M. Mélenchon, mais j'essaie d'être honnête.
Moi, quand j'ai débattu, d'ailleurs sur ce plateau ici, pendant les élections législatives, je débattais, quand je débattais avec M. Brun, des personnalités du Parti socialiste, je ne débattais pas avec le programme de François Hollande qui était caché en Corrèze. Je débattais avec le programme de Jean-Luc Mélenchon qui était repeint en rose ou en vert selon les personnalités qu'on avait. Mais le programme du Parti socialiste, en France, il fait 2%. Il ne fait pas 20% comme aux dernières élections.
Jean-Philippe Tanguy