Entretien avec Marine Le Pen 3/5
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Est-ce qu'on peut dire que vous êtes une mère plutôt stricte en ce qui concerne les sorties, l'usage d'Internet, la télévision ? Est-ce que vous pourriez nous donner un exemple récent d'un différent qui serait survenu avec l'art de vos enfants ?
Ah bah oui, il y en a tous les jours, j'en ai plein. J'ai plein d'exemples de différents avec mes enfants, il n'y a pas de souci. On t'entra d'un, quand même. Écoutez, je suis une mère attentive. J'essaye d'être attentive à, encore une fois, à leur inculquer des valeurs aussi. Parce que c'est vrai que cette société du court-termisme, où tout doit être obtenu tout de suite, et où on ne supporte pas la moindre frustration, on sent bien qu'on est quand même dans une société qui, de ce point de vue-là, a évolué, et que je trouve que c'est un des aspects dangereux de la société.
Donc, susciter la frustration chez un enfant, c'est terrible à dire, mais c'est aussi un moyen de lui apprendre que peut-être dans la vie, il n'obtiendra pas tout, tout de suite. Alors, j'essaye de mettre... Parfois, un peu de temps pour obtenir ce dont ils ont envie. Et puis, pour l'instant, j'ai dit non. Alors ça, ça a été un sujet de... J'ai dit non, par exemple, à Facebook. J'ai dit non à MSN. Parce que je pense que ces vecteurs, pour des enfants jeunes comme les miens, ne sont pas des vecteurs simples. Parce qu'un enfant ne connaît pas bien la différence entre ce qu'il peut rendre public et ce qui doit rester du privé. Un enfant, ça n'a pas cette notion-là. Ça n'a pas la notion du...
Quand même du mal, du mal qui peut lui arriver. Et par conséquent, si on n'est pas là pour les préserver de cela, eh bien, on peut effectivement avoir de mauvaises surprises. Donc, j'ai pensé qu'à 13 et 12 ans, Facebook, MSN, l'expression comme ça, la mise à disposition de leur vie privée, m'apparaissait extrêmement dangereux, tant qu'ils n'étaient pas plus construits qu'ils ne le sont.
Donc, ça râle. Ça râle. C'est un signe de santé, je crois.
C'est ça.
Est-ce que vous... En tant qu'activité de maire de famille et de femme politique, vous laissez quand même le temps, par exemple, de cuisiner ?
Je suis bien obligée, oui. De temps en temps, ça m'arrive quand même.
Mais pas des pâtes.
Ah oui, non, cuisiner, vraiment. Je ne suis pas une très bonne cuisinière. J'avoue, j'avoue franchement qu'il y a des domaines dans lesquels je suis plus performante que dans la cuisine. Mais j'aime ça. En revanche, c'est quelque chose que je fais quand je suis en vacances, quand je suis ici, par exemple. Je prends beaucoup de plaisir à cuisiner. Je fais extrêmement bien le phare breton, par exemple. Alors, il faut que vous le sachiez, je suis la reine du phare breton, que je décline. Le phare au pruneau, le phare aux pommes caramélisées, le phare au poire, etc., etc. J'aime beaucoup faire des pâtisseries.
Je suis moins douée, il faut dire, dans les plats et j'essaie de rester plutôt dans le classique. Mais bon, voilà, si vous voulez, j'avoue. Mais à coup de pas, je ne suis pas une grande cuisinière. Mais en revanche, j'aime beaucoup bien manger.
Une précision importante. On a beaucoup parlé de la Bretagne et c'était normal. On peut peut-être lui faire une petite infidélité. Est-ce qu'il y a d'autres endroits de France qui vous soient particulièrement chers, quitte à faire des jaloux ?
Ben, écoutez, il y a le Sud-Ouest, puisque j'ai passé aussi un certain nombre de vacances à Mimisan. Puisque ma mère était, la famille de ma mère était de Her-sur-Adour. Et donc, nous allions passer des vacances à Mimisan. Je me souviens encore de l'odeur de la papeterie. J'ai une grande papeterie à Mimisan et c'est une odeur extrêmement particulière. Et quand on arrivait à Mimisan, on savait qu'on y était arrivé avec cette odeur très particulière de la papeterie. Et puis maintenant, c'est vrai que je suis attachée à Perpignan puisque j'y ai acheté une maison à Perpignan à côté de Millat. C'est vrai que c'est également très beau. Mais j'allais dire ma patrie d'adoption.
Ma patrie d'adoption, c'est le Nord Pas-de-Calais. Parce que je trouve qu'il émane de ces territoires et notamment du bassin minier. Une telle humanité, une telle richesse est liée aussi d'abord à la richesse de l'histoire de ce bassin minier. À la richesse aussi de ses souffrances et de ses malheurs. Mais surtout à la richesse de sa population. Moi, j'ai bénéficié d'une adoption plénière.
Vous êtes plutôt bienvenue sur Asti, si je puis me permettre.
Oui, c'est vrai que j'ai bénéficié d'une adoption plénière, mais ce n'était pas absolument évident. Je n'avais pas de lien particulier avec le bassin minier et j'y ai été accueillie. Accueillie, je veux dire au vrai sens du terme. Accueillie et adoptée. Et de cela, c'est sûr que j'en garde de fait un lien affectif très fort.
À quitter la France cette fois-ci, est-ce qu'il y a un pays qui vous attire particulièrement ?
C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de pays dans lesquels je ne suis pas encore allée et où j'aimerais bien, objectivement, pouvoir me rendre. Je me suis assez souvent rendue en Espagne, ce qui, quand on habite à Milla, ce n'est pas particulièrement étonnant. Mais c'est vrai que j'aime beaucoup l'Espagne. J'ai beaucoup aimé la Turquie. J'ai fait deux longues croisières en Turquie. J'ai trouvé ce pays incroyablement beau et cette population incroyablement sympathique, gentille et hospitalière. Voilà, j'ai beaucoup aimé la Turquie. Je suis allée en Asie. J'ai découvert la Thaïlande.
C'est aussi un pays, il faut dire, où les gens sont charmants et accueillants, où il règne d'ailleurs un niveau de sécurité. Enfin, moi, je suis allée à Phuket, il règne un niveau de sécurité. Je peux vous dire qu'il ne règne pas en France. Ça, c'est au moins une certitude. Un peuple qui a su d'ailleurs se protéger. Par exemple, on ne peut pas devenir Thaïlandais, jamais. On est Thaïlandais ou on n'est pas Thaïlandais. Mais on ne le devient pas ni par mariage, ni par naturalisation. On ne peut pas devenir propriétaire d'une terre ou d'une maison quand on n'est pas Thaïlandais. On bénéficie d'un usufruit. Voilà, il y a des peuples qui protègent quand même leur patrimoine, leur identité.
On pourrait peut-être bien aller regarder un petit peu ce qui se passe ailleurs pour en tirer quelques leçons.
Sans doute. Mais on va faire un retour aux cocons familiales et bretons. Quand il pleut, ça arrive un peu en Bretagne, je crois. Comment meublez-vous plus exactement l'après-midi ?
Mais mille choses en Bretagne, c'est merveilleux. C'est l'endroit où il faut venir quand il pleut. C'est merveilleux. En Bretagne, on peut tout faire. Alors d'abord, on fait des crêpes, on fait des phares, etc. On va pêcher. Oui, on va pêcher. Évidemment, on va pêcher la crevette. On va pêcher des bigorneaux. On part sous la plage sous la pluie. On va chercher des coquillages. On fait des tableaux avec des coquillages. On les peint. Après, les enfants les vendent. Bon, ça, il ne faut pas le dire. Je le mets devant la maison. Moi, je me cache. Je dis que ce ne sont pas mes enfants. Il y a plein de choses à faire en Bretagne quand il pleut. Mais il ne pleut pas si souvent que ça.
Je dis ça parce que sinon, je vais me faire gronder. Mais admettons qu'il pleut.
Oui. Vous regardez certainement un DVD où vous faites du Monopoly avec les enfants. Oui, bien sûr. J'ai vu qu'il y avait un Monopoly en édition bretonne. Ça m'a beaucoup interpellé. Exactement.
Exactement. Et je peux vous dire que la trinité sur mer n'est pas donnée dans le Monopoly en l'occurrence. Oui, on a acheté le Monopoly breton. Ça amuse beaucoup les enfants. On fait des jeux de société. Et j'ai presque envie de dire que ces quelques jours de pluie, ça permet effectivement de revenir à des activités qu'on n'a pas l'occasion de faire. Qu'on n'a pas l'occasion de faire à d'autres moments. Et qui pourtant sont des fondamentaux dans leur genre. Oui, exactement. Ce sont des fondamentaux et dont on garde en général souvenir quand on est enfant assez longtemps.
Quel est votre livre de chevet en ce moment, Marine Le Pen ?
Je termine une saga interminable qui s'appelle « Les enfants de la Terre », qui est d'un auteur américain, qui est l'histoire de la préhistoire. Voilà. C'est un roman qui se déroule durant des années. C'est un roman qui se déroule durant la préhistoire. Je trouve ça passionnant parce qu'on apprend la manière dont les hommes ont exprimé leur génie. Les inventions les unes après les autres. C'est qu'ils mangeaient, comment ils se soignaient. Bon, ça n'en finit plus parce que je suis au cinquième, je suis à la première partie du cinquième tome. Mais il y avait donc le premier, le deuxième, le troisième, deux quatrièmes. Il y a deux cinquièmes et un sixième.
Vous voyez, donc j'ai encore un petit peu de temps devant moi. Donc voilà ce que je suis en train de terminer. Je termine en même temps, parce qu'il m'arrive souvent d'être sur deux livres en même temps. Je termine en même temps le livre de Monsieur Dumas qui s'appelle « Coups et blessures » sur l'histoire de sa vie, qui est assez intéressante sur le fonctionnement du pouvoir. Il raconte sa jeunesse. Il raconte la naissance de sa vocation. Il raconte bien entendu ses années aux côtés de François Mitterrand. Ce n'est pas inintéressant. Et la musique, Marine, ça compte pour vous un petit peu ? Ah oui. J'aime la musique parce que j'aime le chant en réalité.
On est très gaudois dans la famille pour ça. On aime beaucoup chanter et on chante beaucoup d'ailleurs. Et donc j'ai un amour particulier pour la chanson française, quelle qu'elle soit d'ailleurs, qu'elle soit ancienne. Nous avons un répertoire assez vaste. Et c'est vrai que rien n'est plus sympathique qu'une soirée passée à chanter jusqu'à 4 heures du matin. J'avoue que je ne connais rien de plus délicieux que ça en fait.
À part une partie de Monopoli breton.
Oui, mais je crois que je préfère chanter jusqu'à 4 heures du matin. Surtout quand c'est avec des gens qui ont aussi un joli répertoire. On s'échange des chansons. Et donc j'écoute de l'amour. Évidemment, j'essaie de me tenir au courant de ce qui se passe. Ce n'est pas toujours facile. Parce que mes enfants me regardent parfois avec des yeux gros comme des boules de biard en me disant « Mais comment ? Tu ne connais pas ? » « Rihanna, tu ne connais pas ? » Il y en a honnêtement que je ne connaissais pas. Alors j'essaie de me tenir au courant. Ne pas passer pour une espèce de vieil ringarde.
Oh mais il y a un charme à ça.
Mais en même temps, je m'aperçois qu'en réalité les jeunes dansent sur les musiques sur lesquelles nous dansions. C'est donc quelque part qu'il y a une continuité et qu'on ne renouvelle quand même pas de manière assez simple le genre.
Marine Le Pen