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InterviewRadio France (sur Site radio)· 30 juin 2026 7 minComplaisantActualité / polémiqueSantéTravail & emploi

"C'est toute une machine qui se met en place", le directeur de l'hôpital de Pau fait le point sur le plan blanc

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:42OuverteRéponse directe

    Comment vous vivez ça, vous, en tant que directeur ? Il y a quand même vos personnels qui sont en détresse en ce moment.

  • 2:14FerméeRéponse directe

    Pourquoi vous ne l'avez pas déclenché avant ?

  • 3:00FerméeRéponse partielle

    D'ailleurs, vous allez en rappeler combien ?

  • 4:15OuverteRéponse partielle

    Et combien d'interventions vous pensez qu'il faudra déprogrammer pour faire face à la situation ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes inquiet ?

  • 6:17FerméeRéponse directe

    Vous avez fait passer les entretiens pour des sages-femmes de Navarre qui vont rejoindre l'hôpital. Combien ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:04PrésentateurChiffre
    « C'est plus de 1 000 appels par jour, samedi et dimanche. »
  • 2:06PrésentateurFait
    « On a déclenché le plan blanc immédiatement en début d'après-midi. »
  • 2:19PrésentateurFait
    « On ne le déclenche pas, le plan blanc. Vous savez, il faut réunir un certain nombre d'acteurs. »
  • 3:02PrésentateurFait
    « Pour l'instant, il n'y en a pas qui ont été rappelés. »
  • 3:17PrésentateurFait
    « Nous avons ouvert une aile d'hospitalisation également hier soir. »
  • 3:23PrésentateurFait
    « Alors, quand je vous dis qu'aucun personnel a été rappelé, c'est de manière massive. »
  • 4:44PrésentateurFait
    « On ne reporte que ce qui est reportable, ce qui est non urgent. »
  • 6:23PrésentateurChiffre
    « On a vu une dizaine de sages-femmes dernièrement, puisque c'était une dizaine de candidatures. »
  • 6:29PrésentateurChiffre
    « On devrait en retenir à peu près cinq ou six. »

Temps de parole

  • Présentateur76 %
  • Présentateur 221 %
  • Invité3 %

4,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

C'est Berne Bigorre, premier sur l'actu locale. L'invité d'ici matin, l'hôpital de Pau a déclenché son plan blanc. On va voir ça avec votre invité, Shannon Marigny, le directeur de l'hôpital. Bonjour Julien Rossignol. Bonjour. On va voir ce qu'implique ce plan blanc, pourquoi on en est arrivé là. Je vous propose d'abord qu'on écoute une infirmière qui travaille aux urgences. Une grosse lassitude, vraiment.

0:23
Invité

Il y a des fois où on n'a même pas le temps d'aller faire pipi, on se dit quand est-ce que la journée va se terminer. J'ai plusieurs collègues qui me disent parfois, mais vraiment, il faut qu'on aille travailler ailleurs. On n'est pas satisfait de la prise en charge. On a des patients, on ne travaille pas du tout dans des conditions optimum à cause de ça.

0:36
Présentateur

Il y a aussi des soignants qui parlent de carnage ce week-end aux urgences, avec un afflux de patients à cause de la canicule. Comment vous vivez ça, vous, en tant que directeur ? Il y a quand même vos personnels qui sont en détresse en ce moment. Il y a certains qui veulent partir. Oui, c'est très difficile. On a vécu un week-end, en effet, très compliqué, à la fois sur le front du SAMU, de la régulation du centre 15, avec un afflux d'appels qui a été impressionnant. Le médecin régulateur me disait qu'il avait, en 35 ans de carrière, jamais vu ça, tout simplement. C'est plus de 1 000 appels par jour, samedi et dimanche.

C'est un nombre d'appels qui est à peu près le même que pendant les fêtes de Bayonne, vous voyez, pour vous situer, alors qu'on est dans le Berne. Ça ne vous a pas échappé. Et ensuite, on a eu un afflux très, très important de patients au niveau des urgences. C'était plutôt calme avant. C'est-à-dire qu'on avait un flux assez classique la semaine précédente pendant la phase de canicule. Mais on le sait, la cinétique des hospitalisations vient 3, 4, 5 jours après. Donc, on s'attendait à ça, mais pas à ce moment-là et pas avec autant d'intensité.

Et effectivement, le personnel souffre parce qu'il y a des files d'attente, parce qu'effectivement, les prises en charge sont extrêmement, extrêmement ralenties. Je remercie d'ailleurs la polyclime de Navarre qui nous a pris pas mal de patients à ce moment-là au niveau de ces urgences. Je remercie l'Assum, les médecins libéraux qui sont venus nous renforcer au niveau de la régulation médicale par rapport au SAS, le service d'accès aux soins. Donc, tout le monde a été mobilisé. Et c'est pour ça que dès lundi matin, le directeur s'est déplacé, le directeur de garde s'est déplacé dimanche pour voir un petit peu la situation.

On a réuni une cellule de crise hier matin et on a déclenché le plan blanc immédiatement en début d'après-midi. Oui, le plan blanc qui permet donc de rappeler des soignants qui sont en congé de déprogrammer des opérations. Pourquoi vous ne l'avez pas déclenché avant ? Il y a des soignants qui le réclamaient depuis samedi. Alors, on ne le déclenche pas, le plan blanc. Vous savez, il faut réunir un certain nombre d'acteurs. Il n'y a pas que les urgences parce qu'effectivement, le plan blanc, c'est pour protéger d'abord les urgences, les professionnels médicaux et les professionnels en médicaux.

Mais il faut réunir toute la communauté médicale parce que finalement, le plan blanc, c'est un plan de mobilisation général. Et ce n'est pas possible ce week-end ? Alors, tout est possible, bien sûr. Mais il faut savoir que pendant un week-end, la machine médicale, tout le monde n'est pas là par définition. Les urgentistes, eux, sont là. Mais il faut réunir, je le répète, les services d'hospitalisation, l'encadrement. Donc, c'est un gros mouvement, le plan blanc. Ce n'est pas simplement venir à l'hôpital un samedi soir et déclencher le plan blanc. C'est toute une machine qui se met en place, à la fois de rappel de personnel, vous l'avez dit. D'ailleurs, vous allez en rappeler combien ?

Alors, pour l'instant, il n'y en a pas qui ont été rappelés. Mais on ne s'interdit pas de rappeler. On ne s'interdit pas de déprogrammer un certain nombre d'activités, que ce soit d'activités médicales ou chirurgicales. Nous avons ouvert une aile d'hospitalisation également hier soir. Donc, nous avons actuellement dedans trois patients pour soulager encore une fois les urgences. Alors, quand je vous dis qu'aucun personnel a été rappelé, c'est de manière massive. C'est-à-dire que nous rappelons, nous renforçons régulièrement les urgences ou un certain nombre de services d'hospitalisation quand il y a un afflux important de patients.

Mais ça, on le fait de manière, malheureusement, assez souvent. Là, je parlais d'un afflux massif, c'est-à-dire, en effet, un rappel important de personnel. Disons que l'idée, c'est de s'armer. C'est s'armer parce que la canicule, on le sait, n'est pas complètement terminée, même si entre hier et aujourd'hui, c'était peut-être un peu plus calme. On voit les phénomènes météorologiques. On voit aussi le Tour de France qui arrive. On voit un certain nombre de choses qui se présentent. La polyclinique de Navarre, on est extrêmement vigilants à leur situation parce que, quelquefois, on a vécu des épisodes de fermeture perlés les semaines précédentes.

Donc, voilà, on est dans un environnement sanitaire pour lequel il faut être extrêmement vigilants. Et nous le sommes. Et c'est aussi ça, la traduction de ce plan blanc. Et combien d'interventions vous pensez qu'il faudra déprogrammer pour faire face à la situation ? Alors, c'est très compliqué d'anticiper. On parle toujours, vous savez, d'anticipation, d'anticipation. Mais c'est très compliqué d'anticiper. Là, quand on déclenche un plan blanc, on vit au jour le jour, très clairement. On fait des points, d'ailleurs, tous les matins avec l'ensemble des acteurs internes de l'hôpital.

Je vous disais, la machinerie est lourde parce qu'on rencontre aussi des gériatres, on rencontre aussi des médecins. C'est vraiment tous les secteurs d'hospitalisation. Donc, on le fait de manière extrêmement précise. Bien sûr, on ne reporte que ce qui est reportable, ce qui est non urgent, à la fois sur le volet médical et chirurgical, parce que souvent, on pense au chirurgical. Mais il y a aussi le volet médical, des hospitalisations qu'on peut décaler. Mais on le fait avec parcimonie parce qu'on le sait, généralement, on ne se fait pas hospitaliser pour le plaisir. Donc, voilà, c'est important. Honnêtement, Julien Rossignol, est-ce que vous êtes inquiet ?

Il y a une canicule qui a duré dix jours, c'est que le début de l'été. Des soignants qui sont en souffrance, on l'a entendu. La clinique Marzé qui va fermer d'ici quelques jours ou semaines. La maternité Navarre qui est toujours fermée, qui le sera de toute façon définitivement en septembre. Il y a de quoi être inquiet, là, quand même, à Pau. Alors, moi, je ne suis pas de nature inquiète. Il ne faut pas m'inviter pour disperser de l'inquiétude. Non, moi, je suis prudent et j'essaye d'anticiper. Voilà, et j'essaye d'armer l'hôpital pour faire face, comme je l'avais pu le dire la dernière fois. Alors, on m'a dit que j'étais trop optimiste sur la maternité.

Mais oui, mais en attendant, il faut qu'on fasse face. Parce que nous, vous parlez de la situation de Navarre, nous, nous la subissons. Et moi, mon rôle, c'est quoi ? Ce n'est pas de commenter. Il y a suffisamment de commentateurs dans la sphère médiatique, politique ou autre. Moi, je suis là pour agir et pour essayer de trouver des solutions. Donc, moi, mon rôle, c'est vraiment de faire en sorte que la situation se passe bien, que les gens soient bien pris en charge à l'hôpital de Pau. Là, on est dans une situation de plan blanc parce que ça le nécessite. Mais voilà, c'est plutôt ça, mon rôle. Donc, non, pas d'inquiétude. Je comprends l'appréhension d'un certain nombre de professionnels.

Ça, c'est naturel. Mais pour ma part, non, pas d'inquiétude. Plutôt d'être combatif et, je le répète, s'armer pour affronter ce qui peut suivre par la suite. Et un dernier mot sur la maternité Navarre. Vous avez fait passer les entretiens pour des sages-femmes de Navarre qui vont rejoindre l'hôpital. Combien ? Oui, absolument. On a vu une dizaine de sages-femmes dernièrement, puisque c'était une dizaine de candidatures. On devrait en retenir à peu près cinq ou six. Bon, voilà. On attend de voir l'étiage qui sera le bon. Et puis la suite, parce que j'ai constaté, comme vous, que la maternité était toujours fermée, faute de conditions techniques satisfaisantes pour fonctionner.

Donc, là aussi, nous regardons ça avec attention. Merci beaucoup, Julien Rossignol, directeur de l'hôpital de Pau. Donc, on a parlé de ce plan blanc et puis de la fermeture de la maternité Navarre, toujours fermée actuellement. Merci beaucoup. Merci.