Retraites : Macron est-il déjà en train de saboter Lecornu ?
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Vous vous souvenez quand Macron a affirmé que Lecornu aurait les mains libres pour gouverner ? Et bien c'est à peu près aussi crédible que quand il dit que les Français sont libres de manifester. Ça suppose souvent d'accepter de se prendre des coups de bâton et des grenades dans les pieds. Et Sébastien Lecornu est en train de faire l'expérience de la liberté à la sauce Macron sur la question des retraites. Bonjour et bienvenue dans le récap. Nous sommes le mercredi 22 octobre et hier Emmanuel Macron a remis les mains dans la politique nationale. Il ne lui a suffi que d'une seule petite phrase pour semer le trouble ou plutôt la confusion au sujet de la réforme des retraites. On l'écoute.
Le Premier ministre a fait un choix pour apaiser le débat actuel qui a consisté à proposer le décalage d'une échéance. Je le dis ici parce que ça n'est ni l'abrogation ni la suspension, c'est le décalage d'une échéance qui est la prochaine échéance, celle des 63 ans au 1er janvier 2027, qu'il a décalé au 1er janvier 2028 avec un financement par des économies.
Et voilà que Jupiter et sa pensée complexe propulsent la France dans un débat sémantique dont lui seul a le secret. Il n'y a pas d'abrogation de la réforme des retraites, ça on l'avait bien compris. Mais alors, suspension ou décalage ? Toute la question est là. Le Premier ministre Sébastien Lecornu parle lui de suspension. C'était le cas dès son discours de politique générale le 14 octobre dernier devant l'Assemblée nationale.
Je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu'à l'élection présidentielle.
Et c'est précisément grâce à cette déclaration que Sébastien Lecornu a sauvé sa peau, ou du moins gagné un sursis, en s'assurant le soutien des socialistes. On le rappelle, la semaine passée, il ne manquait que 18 voix pour que la motion de censure des insoumis fasse tomber le gouvernement. Autant dire que le fil est mince. D'ailleurs, Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, ne manque pas de le rappeler plusieurs reprises, en matraquant que la censure peut tomber à tout moment. Et dans ce contexte, pour le moins tendu, le débat sémantique de Macron tombe comme une grenade découpillée sur le bureau de Matignon.
Le président de la République s'est donc invité dans ce jeu d'équilibre précaire, comme un chien dans un jeu de quille. Avec sa prise de parole hier, alors qu'il était en déplacement en Slovénie, il a semé le doute, déstabilisé les socialistes, et surtout pris de court le cornu, à qui il avait pourtant promis la carte blanche. Mais le premier ministre a tenu sa ligne, quitte à contredire son propre président dans la même journée. Quelques heures après la sortie de Macron, le cornu s'est exprimé devant l'Assemblée nationale.
Il a annoncé avoir saisi le Conseil d'État d'une lettre rectificative, destinée donc à inscrire noir sur blanc la suspension de la réforme des retraites dans le budget de la sécurité sociale, le fameux PLFSS, même si celui-ci devait être adopté par ordonnance. Une procédure, par ailleurs, jamais utilisée jusqu'ici pour un budget. Alors c'est une tentative désespérée de garder la main et de prouver sa bonne foi au PS. Mais le décor est parfois trompeur. Le débat parlementaire reste imprévisible. La gauche menace de rejeter le budget du gouvernement. Le Sénat, dominé par la droite, est peu enclin à défendre la suspension de la réforme.
Et la commission mixte paritaire pourrait purement et simplement la faire disparaître du texte final. Dans ce cas, le gouvernement n'aura d'autre choix que de recourir aux ordonnances, reprenant le budget initial point par point, sans aucune garantie que la suspension y survive. Le tout se joue dans un calendrier très serré. 70 jours maximum de débats avant que le gouvernement ne doive activer ce dispositif inédit. La lettre rectificative apparaît donc comme une tentative de sécuriser la promesse faite au PS. Mais elle ne dissipe pas le doute. Le cornu anticipe-t-il l'échec des négociations et prépare-t-il à l'avance un passage en force ?
Ni Matignon ni le ministère des Relations avec le Parlement n'ont répondu à cette question. L'hypothèse des ordonnances est néanmoins jugée science-fictionnelle par les constitutionnalistes. Mais elle fait déjà enrager les oppositions. De la gauche au Rassemblement national, tout le monde promet une motion de censure si jamais cette manœuvre voyait le jour. Reste que la petite phrase d'Emmanuel Macron a résonné comme un coup de tonnerre dans l'hémicycle. En off, les députés Renaissance s'arrachent les cheveux et ne comprennent plus où les emmène le chef de l'État. L'un d'entre eux se questionne, mais pourquoi parle-t-il des retraites ? Il veut faire capoter l'accord avec le PS.
Alors, invité ce matin de France Info, Maude Bréjon, la porte-parole du gouvernement, a tenté d'éteindre l'incendie et de convaincre qu'il n'y a pas de contradiction au sommet de l'État sans vraiment y parvenir.
Quand vous, porte-parole du gouvernement, vous avez un doute sur des éléments de langage comme ça, vous demandez à qui ? Confirmation. Vous demandez à l'Élysée ou vous demandez à Matignon. C'est qui le patron ? On travaille en bonne intelligence. Moi, je suis porte-parole du gouvernement de Sébastien Lecornu. D'accord, donc vous demandez à Sébastien Lecornu. Et donc, pour tous ces éléments techniques sur la façon dont vont être rédigés les textes, je discute avec Matignon. Mais en fait, encore une fois... Donc le patron, c'est Lecornu. Moi, je ne rentre pas dans ce débat. Aujourd'hui, il y a une constitution.
Le rapport entre un président de la République et un Premier ministre, ce n'est pas une affaire de cour. C'est la Constitution. C'est la Constitution qui le définit. Et donc Sébastien Lecornu... Le Premier ministre conduit et détermine la politique de la France. C'est ce que dit la Constitution. Et je pense qu'on a d'ailleurs vu dans les concessions qu'il a pu faire récemment, et notamment sur la question des retraites, qu'il était libre de ses décisions. Non mais, Monde Bréjon, vous minimisez vos propos. Non, pardonnez-moi.
C'est rare, depuis sept ans, j'ai rarement entendu une ministre dire quand il y a un différent, c'est la Constitution qui s'applique et c'est le Premier ministre qui conduit et dirige la politique de la nation. C'est très bien. Je vois bien.
En Macronie, c'est assez nouveau. Nos reporters Lisa Lapp et Lisa Noyal sont allés tendre leur micro à l'Assemblée nationale ce matin pour tenter d'y voir plus clair. Chez LFI, on considère que le président de la République n'a fait que confirmer l'arnaque en cours autour de la réforme des retraites. On écoute le député Éric Coquerel.
Emmanuel Macron qui revient sur les promesses de Sébastien Lecourneur en disant que ce n'est ni une suspension ni d'abrogation de la réforme des retraites. Qu'est-ce que ça vous évoque ? Déjà, il explique ce que nous disons depuis le début. C'est un simple décalage. Ça ne remet pas en question la réforme des retraites. Ils n'ont pas envie de remettre en question la réforme des retraites. Donc finalement, pour un décalage de trois mois, si on enregistre le fait que pour faire passer cette mesure, il faudrait que le PLFSS, qui est un musée des erreurs sociales, soit voté, c'est le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est un coût très cher.
Voilà, parce que ce budget, je vous rappelle, prend aux retraités, prend aux assurés sociaux, prend aux minima sociaux de manière dramatique. Bon, ça, c'est le premier constat. Donc j'allais dire que sa déclaration casse un peu l'espèce d'ambiance qui voulait penser qu'il y avait une très grosse conquête sociale à travers cet amendement, qui justifierait peut-être de voter le PLFSS. Ce n'est pas le cas. Il faut le dire et le redire. Voilà où on en est aujourd'hui.
Alors, le son de cloche est similaire du côté des députés Génération. Benjamin Lucas, le porte-parole du groupe écologiste et social, estime que les macronistes sont arc-boutés sur leur bilan et leur héritage, et donc qu'ils ne lâcheront rien.
Sur Emmanuel Macron, qui dit qu'il n'y aura ni de suspension, ni d'abrogation de la réforme des retraites, est-ce que vous êtes surpris ? Non, pas surpris. Emmanuel Macron rassure le patronat, rassure le MEDEF. Ensuite, son collaborateur Sébastien Lecornu essaye de nous embrouiller ici à l'Assemblée nationale, mais les macronistes sont arc-boutés sur leur bilan, leur héritage, et nous, il faut qu'on se batte pour l'abrogation de cette réforme des retraites.
OPS, Philippe Brun veut croire au rapport de force parlementaire. Il prédit qu'à l'Assemblée, le budget sortira méconnaissable du texte proposé par le gouvernement. Quant au duel lexical entre Macron et Lecornu, il y voit le symptôme d'un exécutif qui se fissure.
Il essaie par tous les moyens d'exister encore, et d'essayer de rattraper les décisions de son Premier ministre qu'il ne partage pas à l'évidence. Aujourd'hui, même Macron a un nouvel ennemi, c'est Sébastien Lecornu, qui est en train, effectivement, de détricoter une partie de son bilan. Et je comprends qu'il résiste. Vous faites encore confiance à M. Lecornu pour qu'il y ait une vraie suspension de la réforme des retraites ? Ce n'est pas une question de confiance. Il y a une situation politique qui fait que s'il n'y a pas de suspension, il sera immédiatement censuré. Que si nous déposons son censure, il est immédiatement censuré.
Donc ce n'est pas de son intérêt que de ne pas tenir sa parole. Ça veut dire que même si le PLFSS ne vous satisfait pas, vous êtes obligé de le voter pour voter la suspension de la réforme des retraites ou pas ? Le PLFSS, de toute façon, nous satisfera. Je rappelle qu'il n'y a pas de majorité pour la désindexation des retraites. Le RN est contre, nous sommes contre. Il n'y a pas de majorité pour les franchises médicales. Le RN est contre, nous sommes contre. Il n'y a pas de majorité non plus pour les dérembourses de médicaments. Le RN est contre, nous sommes contre. Pas de majorité non plus pour la fiscalisation des affections de longue durée.
On vient de les supprimer en commission des finances. Pas de majorité non plus pour supprimer l'abattement de 10% sur les retraités. On vient de les supprimer aussi en commission des finances. Bref, le PLFSS qui sortira de l'Assemblée sera complètement différent de celui du gouvernement. Et donc, ce sera un nouveau budget qui sera rééquilibré en faveur des classes populaires et des classes moyennes.
Nos reporters ont également interrogé ce matin le député socialiste Jérôme Gage. A l'image de son collègue, il balaye la querelle sémantique entre suspension et décalage. Pour lui, peu importe le terme, la réforme ne reviendra pas avant la prochaine présidentielle. Et ce sont les électeurs qui trancheront dans les urnes.
Emmanuel Macron estime que ça ne s'appelle pas suspension, mais ça s'appelle, je ne sais pas ce qu'il a dit, décalage, etc. Je ne vais pas faire l'exégèse de la sémantique. Le résultat est le même. Pendant deux années, avec la présidentielle au milieu, la réforme des retraites arrête de s'appliquer. Et donc, en creux, ça dit, puisque dans le même temps, il y a une conférence sur le travail et les retraites qui est convoquée pour préparer le débat de la présidentielle, ça dit en gros que la réforme borne ne survivra pas à l'élection présidentielle. Et là, les gens auront, puisqu'on a parlé d'une réparation démocratique, ils auront le choix.
S'ils veulent une réforme plus dure, ils voteront à droite. Et s'ils veulent une réforme plus juste, ils voteront à gauche. Mais donc, ça veut dire que la réforme borne, en réalité, c'est fini. Donc, je pourrais, moi aussi, fanfaronner en disant, de fait, c'est une abrogation de la réforme puisqu'elle arrête de s'appliquer et qu'on nous dit qu'il y en aura une nouvelle qui s'appliquera. Maintenant, ce qu'il faut, c'est qu'on s'assure que la nouvelle soit juste.
Donc, ça vous force à signer le PLFSS ? Parce que pour l'instant, il n'y a rien de fait.
Non, ça ne force à rien du tout.
Parce que si, pour l'instant, il n'y a pas de suspension ou de décalage tant que ce n'est pas signé dans le PLFSS ?
Oui, mais ça les force en sens inverse, pour reprendre votre terme, puisqu'il s'est engagé à ce qu'il y ait une suspension de la réforme, à ce que le PLFSS soit votable ou, en tous les cas, soit défendable. Voilà, donc, et c'est le dur dans lequel on rentre en ce moment, qui est de savoir, dans le PLFSS. C'est les débats qu'on va avoir en commission à partir de lundi matin, parce que ça a été décalé, et puis dans l'hémicycle, c'est sur les mesures qui posent problème dans ce PLFSS, puisqu'ils nous ont dit que c'était un PLFSS qui avait vocation à bouger. Très bien, et que c'était les parlementaires qui décideront.
On va voir à quel point on atterrit, et donc c'est à la fin de la foire qu'on comptera les bouses.
Alors, on l'a compris, les socialistes restent persuadés d'avoir trouvé la bonne formule, tenir bon, garder la pression et forcer Matignon à suivre leur tempo. Mais pendant ce temps, la fronde monte à droite. Pour Bruno Retailleau, président des Républicains, le budget du gouvernement est invotable en l'État. Il dénonce le signal envoyé par la suspension de la réforme des retraites, qu'il juge évidemment terrible. Et il se félicite d'avoir quitté le gouvernement, refusant d'assister à ce qu'il décrit comme un mélange de laxisme budgétaire et de renoncement régalien.
Sur l'avenir politique, Retailleau prévient, le retour aux urnes s'imposera via une dissolution, une démission ou un référendum, tout en refusant de rejoindre le cœur de ceux qui réclament la démission immédiate d'Emmanuel Macron. Et justement, le président, avec sa sortie en Slovénie, joue à la roulette russe politique, utilisant ses phrases pour semer la confusion plutôt que pour clarifier sa ligne. Il fragilise son propre gouvernement, alors même qu'il avait promis carte blanche à son premier ministre. Emmanuel Macron n'apparaît donc plus comme un chef d'État, mais comme un fauteur de troubles, semant le doute dans son propre camp et laissant le pays à la merci de ses crises d'égo.
Dans ce climat, chaque mot du président devient une mine, chaque décision une bombe à retardement et l'exécutif avance sur un fil, suspendu entre calcul politique et survie parlementaire. On poursuit avec un point sur l'éducation. Le nouveau ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a analysé la situation de l'école en France et il la trouve extrêmement inquiétante. Ce sont ses mots. Sur France Inter, ce matin, il a évoqué les inégalités sociales et scolaires de santé psychique et physique des élèves, qu'il dit définir comme ses trois priorités. Dès le primaire, les enfants d'origine sociale défavorisée obtiennent en moyenne de moins bons résultats que les enfants de cadres.
On retrouve ces écarts au collège et il détermine l'orientation de fin de troisième. Selon les chiffres du ministère, 41% des enfants ayant des parents cadres ont de bons résultats en français contre 6% des enfants d'inactifs et 10% des enfants d'ouvriers à l'entrée en sixième. Si le ministre n'a pas détaillé les moyens envisagés pour remédier à ces inégalités persistantes, il dit vouloir travailler sur la qualité pédagogique du service public de l'enseignement et se concentrer sur les 15% des collèges qui concentrent 40% des grandes difficultés scolaires. A première vue, le projet de loi Finance 2026, présenté en Conseil des ministres mardi 14 octobre, semble plutôt généreux pour l'école.
Le budget de l'éducation nationale devrait augmenter de 200 millions d'euros par rapport au précédent. Cependant, une plongée dans les lignes budgétaires de Bercy révèle que ces annonces sont en trompe-l'œil. Pour couvrir ces besoins, l'éducation nationale, pourtant en carence chronique depuis des années, va supprimer près de 4000 postes. Le ministère, quant à lui, justifie ces suppressions par l'effondrement démographique, ce à quoi plusieurs syndicats rétorquent qu'il faut justement profiter de la baisse démographique pour alléger les classes, souvent surchargées.
Interrogé sur les rémunérations des enseignants, le ministre de l'éducation nationale affirme que son ministère va continuer à faire des efforts, notamment sur les 25 premières années de carrière où la progression est très faible. Direction l'Amérique latine maintenant où la Gen Z, la jeune génération, continue de faire trembler les pouvoirs autoritaires et conservateurs. Au Pérou, la tension est à son comble. Hier, le 21 octobre, le président par intérim, José Géry, a annoncé par un message télévisé l'état d'urgence à Lima et dans le port de Kayao, qui prendra effet ce mercredi 22 octobre à minuit et ce pour 30 jours.
L'armée pourra patrouiller dans les rues et certaines libertés, comme celles de Réunion, seront restreintes. Officiellement, l'objectif est de lutter contre la vague de violences et d'extorsions attribuées aux crimes organisés qui frappent régulièrement notamment les chauffeurs de bus et les populations les plus vulnérables. Depuis plusieurs semaines, la jeunesse et les classes populaires descendent massivement dans la rue pour dénoncer la corruption, les inégalités et la dérive autoritaire du pouvoir. Le point culminant de ce mouvement social a été la destitution de la présidente de droite, Dina Boluarté, le 10 octobre dernier.
Elle s'est accaparée, le pouvoir, en 2022, par un coup d'État institutionnel provoquant déjà à l'époque d'intenses soulèvements, durement réprimées. Élie vice-présidente sous l'étiquette marxiste, elle avait promis des réformes progressistes, mais sa présidence a rapidement basculé vers le conservatisme et l'autoritarisme, marqués par plusieurs scandales de corruption et une répression violente des mobilisations. Pour la remplacer, le chef du Parlement, José Géry, accusé de viol et d'enrichissement illicite, a été nommé président par intérim, une nomination qui n'a évidemment pas calmé la colère populaire. La répression des manifestations a été particulièrement sanglante.
Plus d'une centaine de blessés, un manifestant de 32 ans tué par balle et une jeune femme de 27 ans dans le coma après un tir policier dans la tête. En Colombie maintenant, les tensions avec les États-Unis atteignent un niveau inédit. Lundi, Bogota a annoncé une menace d'invasion de la part de Washington et rappelé son ambassadeur pour consultation après les propos de Donald Trump qui a menacé d'intervenir militairement si la Colombie n'arrêtait pas immédiatement la production de drogue tout en suspendant une partie des aides financières américaines.
Les relations entre les deux pays historiquement alliés sont au plus bas depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et l'élection en 2022 du président de gauche, Gustavo Petro. Washington a révoqué le statut de la Colombie comme partenaire dans la lutte anti-drogue et Bogota a répondu en suspendant ses achats d'armes aux États-Unis. Il y a cinq jours, des affrontements ont eu lieu devant l'ambassade des États-Unis, symbole de l'impérialisme et du gouvernement Trump.
Les manifestants ont dénoncé la complicité des États-Unis dans le génocide du peuple palestinien et les menaces répétées contre l'Amérique latine, de plus en plus agressives, notamment vers le Mexique, le Panama ou le Venezuela. Plusieurs policiers ont été blessés par des explosifs et certains manifestants munis d'arcs et de flèches ont également infligé des blessures aux forces de police. Gustavo Petro, de son côté, a dénoncé la politique anti-drogue américaine qu'il juge responsable d'un million de morts en Amérique latine et qu'il considère comme un prétexte pour contrôler la région, notamment pour obtenir le pétrole bon marché du Venezuela.
On reste sur l'international et une question se pose. La rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump va-t-elle avoir lieu ? La Russie a affirmé ce matin que les préparatifs en vue d'une entrevue entre les deux présidents se poursuivent. Contrairement à ce qu'avait annoncé Donald Trump hier, le président américain avait martelé qu'il ne voulait pas perdre de temps avec son homologue russe alors qu'une rencontre était censée avoir lieu dans les prochains jours à Budapest. Ce nouvel espoir d'un possible accord de cesser le feu possiblement tué dans l'œuf intervient alors qu'en Ukraine, plusieurs raids aériens russes ont tué six personnes dont deux enfants dans la nuit de mardi à mercredi.
Selon les services d'urgence ukrainiens, ces frappes ont principalement visé des infrastructures énergétiques mais aussi de nombreux bâtiments résidentiels. L'annulation potentielle de cette rencontre entre Trump et Poutine est aussi une grande déception pour le président hongrois Viktor Orban. Le leader d'ultra-droite comptait bien sur l'idée d'un sommet de paix dans la capitale hongroise pour embrasser son rôle fantasmé d'émissaire de la paix dénigrant par la même occasion l'Union Européenne. Depuis l'annonce d'un report, sa diplomatie s'active donc à sauver la rencontre. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap.
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