Guerre au Soudan : "On n'a rien fait. On a laissé faire"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Ali Badou, le 6-9. Et un grand entretien ce matin que nous avons voulu consacrer à un drame, un conflit, une catastrophe humanitaire qui se déroule en ce moment même au Soudan et dans un silence assourdissant. Il était important de s'y arrêter ce matin pour en comprendre les enjeux, pour essayer de comprendre comment peuvent se produire ces exécutions, ces pendaisons, ces tortures, ces safaris humains, ces viols qui ravagent le Soudan. Comment se comprend cette origine du conflit ? Chers auditeurs, pour nous interroger, poser vos questions au 01 45 24 7000 ou sur l'application Radio Français. Plusieurs invités dans le studio 511 de France Inter, Roland Marchal, bonjour.
Bonjour. Vous êtes chercheur à Sciences Po Paris, spécialiste de l'Afrique de l'Est et notamment du Soudan, Pierre Aski de France Inter, je ne vous présente pas. Bonjour Pierre. Bonjour Ali. Vous connaissez bien le Soudan, vous y étiez déjà en 1985 au moment de la famine et d'un premier coup d'État. Ahmad Gamal, bonjour. Bonjour. Vous êtes réfugié soudanais en France, fondateur du Média Sudfa, vous êtes journaliste et réalisateur et vous allez nous aider à comprendre ce qui se passe dans votre pays. Et nous serons dans un moment en ligne avec la directrice de Solidarité Internationale qui est dans le sud-ouest du Soudan, Caroline Bouvard.
Mais partons d'abord de ce qui se joue sur place, de cette guerre civile qui a commencé au moins en 2023, qui oppose l'armée et ce qu'on appelle les forces de soutien rapide, avec une armée dirigée par Abdel Fattah El Bouhran qui est régulièrement accusée de crime contre la population civile avec les forces de soutien rapide qui sont dirigées par celui qu'on nomme Emedi qui est l'homme le plus riche du pays grâce aux mines d'or qu'il contrôle. Qu'est-ce qui se joue autour de cette ville d'El Facher qui se situe au nord du Darfour, cette région du Soudan grande comme la France qui est tombée aux mains de ces forces de soutien rapide ?
Pourquoi est-ce qu'on assiste Roland Marshall lorsque l'on regarde le Soudan aujourd'hui ? Écoutez, on assiste d'abord à une transition contre une dictature qui a duré 30 ans, avec certaines connivences internationales fortes, notamment du côté occidental et du côté chinois, et à l'échec de cette transition civile et au retour des militaires. On assiste aussi à une lutte qui est basée sur des conflits qu'on n'a pas réglés.
On a eu en France comme ailleurs dans le monde occidental, notamment aux Etats-Unis, des hommes politiques qui ont écrasé une larme dans les années 2000 sur le génocide en cours, promettant que jamais plus cette fois-ci on allait vraiment s'intéresser au problème, le régler sur le fond. On n'a rien fait, on a fait tellement peu de choses, on s'est contenté d'une approche extrêmement réduite au niveau humanitaire, et puis on a donné le dossier au Qatar, qui n'a pas fait plus, et puis on a oublié. Et donc ce conflit ressurgit depuis quelques années. Ce n'est pas nouveau ce qui se passe aujourd'hui à El Facher. La bataille d'El Facher elle-même a duré plus de 16 mois.
Donc il a fallu quand même être à la fois sourd et aveugle pendant très longtemps pour ne pas se rendre compte de ce qui était en train de se passer. Il y a quand même deux camps de réfugiés, plus d'un million de personnes qui ont subi des bombardements, ont subi une violence, les viols, et ont dû fuir sans que réellement il y ait de mobilisation internationale. Aussi des déclarations, bien entendu, de tout le monde, parce que quand même on est respectable, mais rien sur le fond. Alors on va retourner justement à El Facher pour essayer de comprendre ce qui se passe.
Pierre, dans un instant on va parler des ingérences internationales et du rôle de puissances étrangères dans ce conflit qu'on peut dire oublié ou en tout cas très largement invisibilisé. Mais Ahmad Gamal, Nathaniel Raymond, qui est directeur d'un laboratoire de recherche humanitaire de l'université américaine de Yale, disait que ça lui faisait penser à ce qui se joue aujourd'hui au nord du Darfur, au Soudan, dans votre pays, aux premières heures du génocide au Rwanda. Est-ce que cette comparaison a un sens pour vous aujourd'hui ?
Je pense que c'est une comparaison qui est tout juste. Même j'allais dire que ce qui s'est passé au Soudan, c'est encore pire. Et pour faire un peu la chronologie de la génocide au Soudan qui a débuté dans les années 2000, et notamment avec le commencement de rébellion dans les régions de Darfur, le régime d'Omar al-Bachir a formé de ce qu'on appelle aujourd'hui les forces de soutien rapide.
Le précédent dictateur.
Le précédent dictateur. Malheureusement, il s'appelle le Genjawit. Et ça, il s'agit d'un groupe de milices composées du Soudanais, mais aussi du mercenaires étrangers, a pour l'objectif de faire étendre le fou de la révolution. Et ce qui s'est passé, en fait, dans les régions de Darfur, où il y a des villages qui ont été brûlés, il y a du génocide, il y a du nettoyage ethnique. Selon des rapports officiels qui sont sortis de Nations Unies, on parle de 3 millions de personnes qui sont morts dans le début des années 2000. Et depuis le début de cette guerre, ce n'est pas le premier massacre.
Ce qui s'est passé dans les villes de Fajir, on a assisté bien avant le massacre de la ville de Jilena, où il y a 15 000 personnes qui sont morts juste en l'espace d'une semaine. Et aussi, ce qui s'est passé dans les villes de Nihala, on parle d'au moins 5 personnes aussi qui ont été massacrées et tuées. Donc voilà, ce qui s'est passé aujourd'hui dans les villes de Fajir, il n'est pas inédite. C'est juste la continuité du massacre, en fait, qu'on l'assiste depuis il y a des années. Pierre ? Il faut quand même se replacer dans le contexte, c'est-à-dire qu'il y a eu effectivement la chute de cette dictature... D'Omar Al-Bachir ?
Oui, D'Omar Al-Bachir, dans une révolution qui a soulevé beaucoup d'espoir. Le Soudan, c'est un pays qui avait une société civile très structurée. On a vu, en 2018-2019, cet espoir incroyable avec des foules considérables... La jeunesse dans la rue ! Le rôle des femmes, il y avait cette icône qu'on a beaucoup célébrée à l'étranger, cette chanteuse, etc. Et lorsque il y a eu le coup d'État militaire contre cette transition dirigée par un homme qui était un haut fonctionnaire, qui venait du FMI, un économiste respecté, etc., on a laissé faire. Et c'est là que le verre de la violence a été réintroduit dans ce pays, après cette parenthèse enchantée qui a été assez sanglante.
Il y a eu beaucoup de répression aussi pendant cette période, mais il y a eu quand même une période d'espoir. Et cet espoir, il a été ruiné. Et c'est là que les ingérences étrangères commencent à venir de manière considérable et qu'on a fermé les yeux à un moment, il faut bien le dire, de détérioration complète du multilatéralisme et de toute la gestion internationale des conflits. C'est le moment où Poutine lance sa guerre en Ukraine, c'est l'année suivante, on a Gaza. Donc on est dans une période où la gestion collective des conflits dans le monde s'écroule. Mais on a aujourd'hui des ingérences qui sont flagrantes.
On a ces deux généraux, enfin ces deux chefs militaires, le chef d'état-major Al-Bourhan qui est à Khartoum, et... Qui est le président légal du pays pour le dire rapidement. Oui, légal c'est un grand mot, mais en tout cas en place. Et le dirigeant des... Et le dirigeant de ces forces de soutien rapide, Héméti, qui est un chef de guerre, qui était déjà accusé de génocide dans les années 2000 et 2010. Et on a les Émirats arabes unis qui soutiennent Héméti, qui lui fournissent des armes, qui lui fournissent des mercenaires colombiens. C'est ahurissant.
C'est ahurissant. Expliquez-nous pourquoi d'ailleurs ? Que viennent faire les Émirats arabes unis dans cette région du monde, dans ce pays qui est l'un des plus grands du pays africain, qui compte 46 millions d'habitants, qui fait plus de trois fois la superficie de la France ? Et que viennent faire des mercenaires colombiens
aux côtés de troupes armées ? Il faut remonter à la guerre au Yémen. Vous vous souvenez que les Émirats et l'Arabie saoudite avaient lancé une guerre contre le Yémen, contre les Houthis au Yémen. Et Héméti, ce chef de guerre soudanais, avait fourni des mercenaires pour se battre à la place des Émirats dans cette guerre au Yémen. Et c'est un retour de service que lui rendent aujourd'hui les Émirats en lui fournissant des drones chinois, des armes légères, etc. Et de l'autre côté, on a l'Égypte qui soutient le général Al-Bourhan.
Et donc, on a cette guerre qui a pris une dimension régionale sans qu'on puisse faire quoi que ce soit, sans que personne n'ose dire aux Émirats qu'il faut arrêter cette ingérence, ou à l'Égypte, parce qu'il y a des enjeux beaucoup plus larges et qu'on ferme les yeux sur le Soudan pour permettre la poursuite. Roland Marchal, dis-nous à comprendre ces enjeux.
Écoutez, il est quand même d'abord important de souligner que, du côté du général Burhan et des forces armées soudanaises, il y a d'autres acteurs. Il y a l'Iran, il y a la Russie, il y a l'Arabie saoudite qui a un rôle, disons, plus ambigu, mais quand même qui est là derrière. Il y a le Qatar, il y a la Turquie. Donc, on voit un peu, disons, un certain nombre de pays qui avaient des relations très bonnes avec l'ancien régime, qui veulent garder la main, comme le Qatar.
On a des pays comme l'Arabie saoudite qui ont changé, mais qui ont des lignes rouges concernant la participation des islamistes au nouveau pouvoir, mais qui, en même temps, sont très inquiets de voir les ambitions émiratis dans la mer rouge, et qui, du coup, jouent des cartes particulières. On a la Russie qui veut avoir une base sur la mer rouge et qui fait tout pour l'avoir, que ce soit aujourd'hui avec Burhan et peut-être demain avec Emeti, si le cours de la guerre s'inversait.
Et donc, il faut être effectivement très conscient du fait qu'il y a un effondrement, et pas seulement au Soudan, mais dans le camp de l'Afrique, d'un certain nombre de régulations internationales, largement liées au, disons, à l'affaiblissement de l'influence occidentale, au fait que les Chinois, qui sont un acteur prédominant, ne veulent pas jouer ce rôle, et puis, des puissances moyennes, les Émirats financiers, les Russes militaires et les Turcs militaires jouent des cartes parce qu'il y a des zones d'influence à déterminer.
Alors, dans un instant, on va rejoindre Caroline Bouvard qui est donc au Soudan, mais j'aimerais qu'on s'arrête sur ce moment important qui est la chute d'une ville et les massacres d'El Fasher, El Fasher au Soudan, avec un bilan humain absolument catastrophique. Il y a même des images satellites qui montrent l'étendue des massacres commises par les forces de soutien rapide depuis la prise de la ville. On est à l'ouest du pays. Le nombre de victimes ne cessent de s'alourdir de manière absolument dramatique. Ahmad Gamal, quelles sont les nouvelles que vous, vous avez du terrain, de ce qui se joue là-bas ?
Les nouvelles sont très peaux parce que la connexion où il y a plus d'internet depuis quelques jours. L'ensemble de la population qui a été dans les villes d'El Fasher au moment où la force de soutien rapide a attaqué la ville ont été tuées. la dernière déclaration de l'épargne de coordination du comité de résistance, la seule organisation qui nous informe de ce qui se passe sur le terrain. Elle parle que tous les patients qui ont été dans l'hôpital de El Fasher ont été massacrés et tués. Il n'y a plus personne aujourd'hui dans les villes.
On dit que les combattants ont bombardé le dernier hôpital de la ville. Ils sont entrés dans une maternité et ils ont exécuté les patients, le personnel médical, plus de 450 personnes.
Tout à fait, tout à fait. Mais aussi dans le même bilan, ils parlent de viols collectifs qui ont été commis juste à côté de la ville de El Fasher au moment où il y a des déplacés qui ont été en train de partir. Donc voilà, aujourd'hui, le bilan, c'est très très très difficile. Moi-même, je suis l'originaire de cette ville. J'arrive plus à joindre tous mes proches qui sont restés coincés et assisgés dans les villes. Et la seule organisation qui nous informe aujourd'hui, c'est le comité de résistance par les déclarations qui, eux-mêmes, en fait, ils n'arrivent pas à s'informer de ce qui se passe sur place.
Bonjour Caroline Bouvard.
Bonjour.
Merci infiniment d'être avec nous sur France Inter ce matin. Vous êtes en ce moment à Tawila, au Soudan. C'est une ville qui est à 60 kilomètres à l'ouest d'El Fasher et dont nous parlait Ahmad il y a un instant. C'est une zone, cette ville de Tawila, qui permet d'accueillir les personnes qui cherchent à fuir pour se mettre en sécurité. Décrivez-nous la situation sur place. C'est absolument sidérant. Il y a à peu près 800 000 déplacés à Tawila, la ville où vous êtes, et que vous essayez tant bien que mal d'aider.
Alors oui, en effet, il y a une estimation entre 750 et 800 000 personnes déplacées qui sont sur cette petite ville de Tawila. Alors, ils ne sont pas tous arrivés là ces derniers jours. Tawila est effectivement une zone considérée comme sécurisée pour les personnes de la région parce qu'elle fait partie d'une zone neutre en fait, au sein du conflit qui est tenue par un groupe, le SLA Abdullouaïd, qui a pour le moment réussi à garder sa neutralité entre les FSR et les forces régulières. Et donc, les populations du nord d'Arfour affluent à Tawila depuis déjà un certain temps.
On a plus de 200 000 personnes qui étaient arrivées entre fin 2024 et début 2025 et surtout, on a plus de 500 000 personnes qui sont arrivées à partir du mois d'avril dernier. Plus de 500 000 personnes depuis le mois
d'avril dernier ?
Plus d'un demi-million de personnes tout à fait depuis le mois d'avril dernier et qui sont arrivées sur cette zone soit de Zamzam ou de Camp Zamzam soit de El Facher. Par contre, actuellement, et c'est ce qui nous inquiète, on voit finalement très peu de personnes venir. Les chiffres officiels disaient qu'il restait environ 250 000 personnes à El Facher. Mais à ce jour, sur les dernières semaines, nous n'avons pu accueillir qu'environ 5 000, 6 000 personnes qui ont réussi à venir jusqu'ici. Donc, on est très inquiets de savoir où est la population d'El Facher aujourd'hui.
Oui, puisqu'il est question de massacre, il est question de safari humain, c'est-à-dire qu'on assassine, il y a des atrocités qui sont commises contre les civils qui essayent de fuir la ville d'Amad qui est avec nous en plateau et qui cherchent à tout prix à quitter ces lieux de violence. Quel est l'appel que vous lancez aujourd'hui, Caroline ?
Aujourd'hui, il y a deux choses essentielles, c'est premièrement, il faut que nous puissions avoir accès à ces populations. Donc, on sait que un certain nombre de personnes, aujourd'hui, au vu des nouvelles qu'on a de différents villages au nord de Tawila, il y a à peu près 10 ou 15 000 personnes au moins qui sont coincées sur les routes et dans ces petits villages. Mais on ne peut pas y accéder et elles ne peuvent pas bouger parce que les routes ne sont pas sécurisées. Donc, on a d'abord besoin d'une sécurisation de ces routes pour accéder à ces personnes, potentiellement accéder à El Facher également dans la foulée.
et puis parallèlement à ça, on a besoin de plus de soutien des différents gouvernements internationaux pour négocier diplomatiquement une issue à ce conflit et apporter plus d'aide humanitaire puisqu'aujourd'hui, le niveau d'aide humanitaire à Tawila est très largement en dessous de ce qui est nécessaire considérant le nombre de personnes qui sont présentes ici.
Merci infiniment, Caroline Bouvard, d'avoir été avec nous en direct depuis le Soudan et bon courage à vous et à vos équipes. Question que je vous pose à tous les trois messieurs, pourquoi est-ce que cette guerre a été invisibilisée ? Ahmad Gamal, c'est quelque chose qui vous touche profondément, vous ne comprenez pas qu'on en parle si peu ?
C'est vrai que c'est une question qu'on pose beaucoup en tant que Soudanais au point même en question sur notre valeur en tout cas en tant que d'être humain en fait, voilà, c'est notre vie comme en fait comme les vies des autres mais en tout cas de ce qu'on observe depuis ici, je pense qu'il y a cette croyance que le Soudan c'est un pays où il y a une guerre depuis toujours alors que ce n'est pas le cas. Le Soudan c'est un pays qui est révolutionnaire qui a connu trois révolutions et cette dernière révolution a fait rêver le Soudanais faire une transition démocratique.
Donc voilà, je pense que l'idée que le Soudan c'est un pays où il y a une guerre depuis toujours c'est une idée de normaliser cette guerre et pour dire qu'il ne faut pas s'inquiéter parce qu'il se battrait depuis toujours pour rien en fait alors que cette guerre qu'on est en train de l'assister au Soudan il ne s'agit pas d'une guerre du Soudanais c'est une guerre par la procuration et les chers messieurs
Et on l'a entendu d'ailleurs dans l'explication de Roland Marchal et Pierre Haski un mot Pierre sur l'invisibilisation de cette guerre comment l'expliquer ?
Je pense qu'il faut quand même voir qu'il y a deux autres conflits majeurs en même temps l'Ukraine et le Proche-Orient et que ces conflits ont pris le dessus en termes de visibilité en termes aussi de rapports avec l'Occident et donc avec les médias dans nos pays c'est un peu le triste sort du Soudan c'est qu'il n'y a pas de journalistes sur place il n'y a plus de journalistes sur place il y en avait beaucoup au moment de la révolution à Khartoum on avait des images de Khartoum tous les jours et ça a été un mouvement qui a été très suivi dans la presse occidentale et la réalisatrice Inmedeb avait fait un film absolument formidable sur la jeunesse soudanaise qui se révoltait il n'y a pas très longtemps mais on est aujourd'hui dans cette incapacité de couvrir sur place et les conflits du Proche-Orient et d'Ukraine ont pris le dessus avec cette dimension aussi supplémentaire c'est l'effondrement du droit international et quand le droit s'écroule ailleurs vous ne pouvez pas espérer qu'il soit respecté aussi plus au Darfour
Quelle est la bonne grille de lecture Roland Marshall et c'est malheureusement la fin de ce grand entretien mais la bonne grille de lecture on dit que c'est un conflit ethnique certains disent que c'est un conflit religieux avec des musulmans qui s'en prennent à des chrétiens il y a des nombres de lectures totalement contradictoires alors qu'au fond est-ce que c'est un conflit qui a les ressorts du pouvoir et de l'argent comme la plupart des conflits dans le monde Écoutez comme beaucoup de conflits qui se sont passés au Soudan ils posent des questions à court terme et à long terme à court terme c'est une transition qui s'est mal passée j'ai essayé d'expliquer auparavant à long terme c'est effectivement une certaine structure de l'état de la façon dont l'état soudanais est né et comment il fonctionne qui produit des périphéries avec des gens qui sont notamment au Darfour dans des statuts inférieurs en termes de citoyenneté et qui cherchent des moyens au Darfour et ailleurs de se révolter et souvent ça passe par les armes donc c'est toute la complexité de cette crise qui est à la fois une crise extrêmement soudanaise mais qui est aussi une crise qui peut durer et s'est militarisée à un niveau peu commun grâce à des états l'Egypte les Émirats Arabes Unis sont deux exemples mais comme j'en ai cité d'autres qui jouent un rôle extrêmement important dans le système d'alliance occidentale à l'heure actuelle Merci en tout cas infiniment à tous les trois d'avoir donné quelques clés de lecture pour essayer de comprendre ce qui se joue au Soudan Bonne journée messieurs à suivre la revue de presse Sous-titrage Société Radio-Canada
Sous-titrage Société Radio-Canada