"Tous les Français ont les mêmes droits" veut rassurer Jean-Philippe Tanguy, député sortant RN
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France Inter. Législative 2024, Nicolas Demorand. Et avec Yael Gauze, nous recevons ce matin, dans le grand entretien, le député RN sortant de la quatrième circonscription de la Somme, ex-président délégué du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Question réaction, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Jean-Philippe Tanguy, bonjour. Bonjour messieurs. Et bienvenue, bienvenue à ce micro, au lendemain de la conférence de presse de Jordan Bardella qui détaillait hier le programme du RN pour ses législatives.
On va venir aux questions de retraite, de salaire, de politique étrangère, à la question des binationaux, mais un mot de réaction d'abord au propos du président de la République qui s'exprimait hier dans le podcast Génération Do It Yourself. Il a considéré que les extrêmes, et parmi eux votre famille politique, l'extrême droite, parce qu'elle renvoie les gens ou à une religion ou à une origine, divise et pousse à la guerre civile. Fin de citation. Guerre civile, le mot est très fort. Que répondez-vous au président de la République ?
Il y a un consensus depuis hier pour dire que c'est parfaitement irresponsable, et il n'y a pas que les responsables du RN qui le disent, ce qui me rassure sur notre démocratie et notre République. Tout ce que dit M. Macron est faux, il n'y a aucune mesure défendue par Marine Le Pen ni Jordan Bardella qui renvoie aux gens à leur religion ou leur origine présumée. Tout ça c'est n'importe quoi. Tous les Françaises et toutes les Français ont les mêmes droits, évidemment. Les étrangers qui sont en France en situation régulière et qui respectent nos lois seront parfaitement traités comme il se doit, c'est évident.
Et nous ferons rétablir l'ordre et appliquerons la loi pour les personnes qui ne respectent pas les lois de la République. C'est ce que veulent les Français. C'est ce que vous devrez vouloir tous les partis qui aspirent d'ailleurs à diriger la France. Faire respecter la loi, respecter nos valeurs et parler de guerre civile, c'est complètement surréaliste. Mais sans doute, M. Macron culpabilise-t-il par exemple des émeutes qui ont défiguré la France, nos villes l'année dernière et dont il n'a tiré aucune leçon.
Et pourtant, pour la question de l'origine, il en est question dans votre programme puisqu'elle a été abordée hier lors de la conférence de presse de Jordan Bardella avec la mesure concernant les Français ayant une double nationalité. Jordan Bardella veut les exclure de ce qu'il a appelé les postes les plus stratégiques de l'État. « Quels postes souhaitez-vous interdire aux binationaux ? »
Jordan Bardella a indiqué qu'il y aurait une liste, mais c'est une liste toute petite. Je trouve que ça prend des proportions dans l'ébat public. Et donc on parle bien de l'origine des mesures ? Non, ce n'est pas l'origine dans le sens où M. Macron voulait le dire. C'est la nationalité, mais par exemple, vous pouvez être franco-suisse et ça peut poser des problèmes sur un certain nombre de postes stratégiques si vous voulez lutter contre certains phénomènes qu'il y a pu avoir en Suisse de fraude fiscale. Par exemple, sur la fraude fiscale. Oui, vous pouvez avoir une double allégeance.
Le problème de la double nationalité, certains l'oublient, c'est par exemple, moi j'ai travaillé sur, vous savez, j'étais président de la commission sur les ingérences. Si vous avez une double nationalité, vous pouvez avoir une excuse entre guillemets pour rentrer dans un pays, pour revoir votre famille, pour revoir des proches. Et dans ce cas, des mouvements répétés et réguliers sont moins facilement contrôlables si vous n'avez aucune raison d'y aller et que vous avez ces mêmes mouvements répétés et réguliers dont il faudra se justifier. Mais pourquoi un Français serait-il forcément plus digne d'occuper l'attention ?
Le cas est revenu sur la Chine pendant cette commission sur les ingérences. Si vous êtes franco-chinois, vous pouvez potentiellement avoir une double allégeance. Que vous avez des mouvements réguliers en Chine, du fait de cette nationalité que vous pouvez expliquer par le fait d'aller voir votre famille, d'aller voir vos proches, bref, d'avoir, comment dire, des raisons objectives d'y aller. Le fait d'avoir des mouvements réguliers n'est pas interrogeable ou soupçonnable. Si vous êtes Français, que vous n'avez pas de proches, pas de familles, d'origine, ou vrai, que ce soit vrai d'ailleurs ou faux, pour justifier ces mouvements réguliers, ça interroge forcément les services.
Et ça concerne également les Européens, de pays membres de l'Union ?
Non, parce que là, constitutionnellement, ce serait totalement impossible. Du fait du traité de Maastricht et du traité de Lisbonne, constitutionnellement, il y a le droit communautaire, l'interdirait.
Alors, qu'est-ce que vous expliquez ce matin, vous l'avez peut-être entendu à 7h30, à Ibrahim, haut fonctionnaire franco-sénégalais, au micro de Claire Chaudière, qui dit, est-ce que je vais garder mon métier ?
Je ne sais pas qu'est-ce qu'il exerce comme métier, mais ce serait...
Un métier stratégique qui rentre dans la liste dont vous parliez.
La liste, à ma connaissance, n'a pas été publiée, mais ce serait une liste tout à fait réduite. En tout cas, moi, je tiens à rassurer ces et ceux qui nous écoutent, ça s'agirait d'un nombre de postes très limité. Ça ne correspond pas du tout à la quasi-totalité des personnes qui exercent un métier et qui sont binationaux.
Marine Le Pen a défendu en janvier dernier à l'Assemblée nationale un projet de loi référendaire sur l'immigration. Et dans ce projet de loi, on peut lire, je cite, « La loi pourra interdire l'accès à des emplois dans l'administration, des entreprises publiques et des personnes morales chargées d'une mission de service public, ça veut dire hôpitaux par exemple, universités, aux personnes qui possèdent la nationalité d'un autre État. » Fin de citation. La liste est donc beaucoup plus large que ce que vous venez de dire. Ben écoutez, je... Ou alors ce texte est caduque.
Oui, ce texte est caduque. La liste, ça a été redit plusieurs fois hier.
Ça, ça n'est plus la ligne du parti.
La liste serait extrêmement réduite et réservée vraiment à des domaines souverains qui pourraient poser question. Jean-Andre Bardella a donné hier l'exemple de la Russie. Oui, par exemple, quand vous avez des sanctions sur le régime russe, la possibilité d'aller sur le territoire russe aujourd'hui est extrêmement limitée. Une fois plus, si vous avez des raisons familiales, de vie personnelle qui justifient des mouvements en Russie, c'est plus facilement explicable au service que si vous n'en avez pas, ce qui devrait être expliqué immédiatement. Il n'y aura pas de ministre binationale dans le gouvernement éventuel de Jean-Andre Bardella ?
En dehors de la binationalité européenne, ça me paraît très compliqué pour les postes régaliens les plus exposés. Aujourd'hui, il y aurait quand même un ministre de la Défense franco-russe. Je pense que ça poserait problème.
Invité à notre micro pendant la dernière campagne présidentielle, Marine Le Pen, alors candidate, avait réaffirmé clairement sa volonté d'interdire totalement le port du voile dans l'espace public, expliquant qu'avec elle, il ne serait plus légal de porter un voile de ce type dans la rue, les commerces, les restaurants, les transports. Si vous arrivez au pouvoir dans dix jours, est-ce que vous l'appliquerez tout de suite ?
Non, elle ne sera pas appliquée tout de suite. Nous allons faire voter la loi de lutte contre l'islamisme, avec des mesures très fortes pour faire fermer les mosquées séparatistes, lutter contre l'obscurantisme islamiste à tous niveaux, et l'interdiction du voile sera une des dernières étapes dans cette lutte contre l'islamisme. Le calendrier, c'est quoi ? Le calendrier, il a été donné, c'est que nous allons appliquer les premières étapes de cette lutte sous le mandat de Jordan Bardella, Premier ministre, et si Marine Le Pen obtient la présidence, nous finirons l'application de ce programme. Même chose pour la Kippa ? Non, pas du tout.
Marine Le Pen avait dit les deux.
Oui, mais aujourd'hui, nous considérons le voile non pas comme un signe religieux, mais comme le signe de la doctrine islamiste, comme le porte-étendard depuis la révolution d'Iran, d'une doctrine qui fait du corps des femmes par nature impudique, par nature pécheresse, et c'est insupportable pour les valeurs de la République et pour les valeurs françaises de considérer que ce signe est tolérable et doit continuer à, comment dire, se répandre sur le territoire de la République contre les libertés des femmes et ensuite contre les libertés de tout le monde puisque ce n'est que la première étape, j'ai envie de dire, de la soumission psychologique et culturelle de nos libertés face à l'islamisme.
C'est pour après 2027, c'est ça ce que vous avez dit, ce que vous avez dit.
Absolument, aujourd'hui, excusez-moi, il faut quand même le dire, porter la Kippa aujourd'hui, c'est quasiment interdit de fait par les persécutions et les violences qui touchent les Français de confession juive.
Autre sujet à éclaircir Jean-Philippe Tanguy sur le cachère et le halal. Marine Le Pen s'est toujours prononcé contre l'abattage rituel des bêtes pour produire de la viande halal ou cachère. Là aussi, vous avez finalement changé d'avis. On pourra continuer à trouver du halal et du cachère dans les supermarchés français ?
Bon, sincèrement, là, c'est exactement la position de Marine Le Pen en 2022. Moi, j'étais son directeur de campagne adjoint. À savoir, la règle, c'est de rétablir l'étourdissement des animaux avant leur abattage, le respect de la dignité de la souffrance animale et des exceptions. Donc, pour le halal, on peut, de toute évidence, discuter avec le culte. Ça s'est fait dans plusieurs pays européens pour endormir, à l'étourdir d'une autre façon, les animaux. Et pour le cachère, il y aura une exception, puisque visiblement, les représentants du culte n'acceptent pas l'exception.
Et donc, il y aura des quotas d'importation pour la viande cachère ou des tout petits quotas d'abattage sans étourdissement, uniquement pour le cachère. Mais ça représente très peu de viande et de production de viande, puisqu'il y a 1% de Français de confession juive, et tous les Français de confession juive ne consomment pas du cachère régulièrement. Donc, ce sera une toute petite exception. Ce qui compte, avec l'étiquetage notamment et la traçabilité, c'est que les personnes qui ne veulent pas aujourd'hui consommer de la viande abattue sans étourdissement puissent le faire.
Aujourd'hui, il n'y a pas moyen, pour quelqu'un qui ne veut pas consommer de la viande qui a été abattue sans étourdissement, de le savoir. Et donc, la règle, à 99,5%, sera l'abattage avec étourdissement.
Venons-en, Jean-Philippe Tanguy, à votre programme économique. Vous avez peut-être écouté Dominique Seux tout à l'heure dans son édito. On a bien écouté Jordan Bardella hier. Il ne chiffre qu'une seule de vos promesses. C'est la baisse de TVA à 5,5 sur l'énergie et les carburants, 5,5%. 7 milliards d'euros, 12 milliards en année pleine, 17 milliards selon Bercy. Et le reste, pourquoi rien n'apparaît dans votre présentation ? C'est léger comme chiffrage de programmes de gouvernement ?
Je comprends votre question, mais l'essentiel de nos mesures, puisque ce sont les mêmes à 99%, ont été chiffrées à la présidentielle de 2022. Nous, on ne remet pas en cause l'équilibre général de ces mesures. Pourquoi ne pas redonner les chiffres, alors ? Parce qu'ils sont publics, ils existent. Il n'y a pas besoin de répéter ce qui existe. Le programme du nouveau Front Populaire a beaucoup changé, avec des estimations, Mme Rabot, Parti Socialiste, 106 milliards. M. Coquerel et les Insoumis, 250 milliards. Finalement, ils se sont mis d'accord sur 150 milliards. Tout ça valse un peu dans tous les sens. Mais vous, on ne sait pas, en fait. Mais si, on sait.
Tout ça a été affirmé à la présidentielle. Alors, combien ça va coûter ? Dites-nous, dites-nous le chiffrage.
Allez-y, ce matin, donnez les chiffres, alors.
Mais le chiffre est très simple. Nous sommes à l'équilibre. Donc, on ne va pas affirmer que ça va coûter, puisque nous, nous estimons que notre programme est à l'équilibre. Nous ne nous laissons pas filer le déficit, et nous respecterons la trajectoire de finances publiques, qui doit permettre aux Français de retrouver l'ordre dans les comptes publics, et de retrouver la confiance des marchés de nos partenaires européens, qui est complètement affaissé, après 50 ans de déficit public.
Pourquoi refaire un énième audit des comptes publics, si vous arrivez au pouvoir ?
Très lourdement suggéré par des personnalités qualifiées au sein de l'État, qui ne comprennent plus, des gens qui nous parlent et qui nous font confiance, moi, j'ai travaillé au dialogue de Bercy. Dialogue de Bercy, c'était la réunion du ministère des comptes publics, du ministère de l'économie, et de tous les parlementaires, Sénat et Assemblée nationale. Lors de ces réunions, j'ai systématiquement demandé, avec d'autres personnalités parlementaires, que Bercy ouvre les placards. Bon, à la fin, d'autres personnalités ont dit, il faut ouvrir le capot. On ne comprend plus la trajectoire des finances publiques françaises. Il y a eu 0,5 points de déficit caché entre décembre 2023 et mars 2024.
Aujourd'hui, on n'en parle pas beaucoup, c'est dommage, il y a déjà 184 milliards de déficit à mai 2024, et la trajectoire du budget n'est pas respectée. Aujourd'hui, par le gouvernement français, on ne comprend pas pourquoi la France est sur cette trajectoire. Donc, l'audit qui va être fait, c'est très important pour les comptes publics, pour les comptes de la sécurité sociale. Il y a une branche aujourd'hui qui n'est pas certifiée par la Cour des comptes, car elle n'est pas capable de retracer les recettes et les dépenses. Donc, la situation des comptes publics est dans une situation extrêmement grave, en partie parce que M. le maire et M.
Macron, visiblement, sont incapables d'assurer leur qualité et leur transparence.
Jean-Philippe Tanguy, sur les retraites, vous voulez, à l'automne, permettre aux Français qui ont commencé à travailler avant 20 ans, avec 40 annuités, de partir à 60 ans. Et pour les autres, à court terme, il n'y aura aucun changement, c'est bien ça ?
Si, déjà, l'abrogation de la loi de M. Macron refait passer l'âge pivot, puisque cette expression avait été popularisée à 62 ans, et non plus à 64 ans. Donc, on revient à la situation antérieure. Et la réforme qu'avait présentée Marine Le Pen, qui a réexpliqué hier Jordan Bardella à la conférence de presse, c'est une progressivité des droits pour ceux qui ont commencé à travailler entre 20 et 22 ans, entre une retraite, entre 60 et 62 ans, selon un nombre d'annuités qui progresse avec le temps.
42 annuités pour 62 ans,
et ça, ça coûte combien ? 9 milliards d'euros. À terme. À terme. Oui, quand la réforme est déployée. Et elle sera compensée par d'autres mesures, et notamment, en fait, la philosophie de la réforme des retraites de M. Bardella, c'est d'encourager les jeunes à rentrer plus tôt dans le monde du travail, à augmenter la population active, à augmenter la productivité de l'économie française, en sachant qu'ils pourront partir plus tôt et profiter de leur retraite.
C'est un changement aussi de philosophie par rapport à un certain nombre de métiers, de revaloriser les métiers manuels, les formations courtes et efficaces, rentrer sur le monde du travail et ne pas croire qu'avoir un Bac plus 5 qui ne vous ouvre pas de perspective professionnelle soit un but en soi. Ce qui compte, c'est que les gens trouvent une formation qui leur plaise, qui donnent accès à un travail immédiatement et qui permettent de faire une carrière.
Et Éric Ciotti est d'accord avec cette réforme des retraites ? Oui, vous savez, quand vous faites une alliance...
Il est d'accord pour 62 ans ? Quand vous faites une alliance, il l'a dit au MEDEF, quand vous faites une alliance, moi je l'ai connu quand j'étais avec M. Dupont-Aignan et qu'on a fait alliance avec Marine Le Pen en 2017, vous faites des compromis et vous avancez ensemble. Et M. Ciotti a pris acte du fait qu'une grande partie des Français, y compris des Français de droite sociale et populaire qui étaient avec le RPR, souhaiter une réforme des retraites qui valorise le travail des Françaises, des Français, mais soit plus juste et ne fasse pas peser tout le poids du système sur les plus faibles. Moi, il y a quelque chose qui me choque. Ce n'est pas ce qu'a dit Éric Ciotti la semaine dernière.
Il a dit qu'il ne pensait pas que cette réforme serait abrogée, la réforme Macron. Non, mais lui, il avait des convictions sur la réforme Macron. On fait une alliance, il reconnaît, il était à la conférence de presse hier de Jean-Denis. Donc, il se soumet à l'alliance. Mais ce n'est pas se soumettre. Pourquoi toujours des mots qui sont utilisés comme ça ? Vous ne les utilisez pas pour l'alliance de gauche ou pour l'alliance comme M. Béroud. Il y a des sujets importants dans toutes les alliances. Quand M. Béroud s'est rallié à M. Macron, personne n'a parlé de soumission. Il faut faire un accord, il faut faire des compromis.
Les Français d'ailleurs aspiraient aux compromis en élisant une assemblée où M. Macron était minoritaire en 2022. Il n'a pas tenu compte de cette volonté des Français de pousser les hommes et les femmes politiques aux compromis. Effectivement, il faut que la culture française politique change. Cette culture non démocratique qui consiste à faire croire que parce que vous avez gagné une élection en forte minorité relative ou même en majorité absolue, vous devez écraser vos adversaires, vous ne devez pas écouter les corps intermédiaires, les syndicats, le patronat, les branches professionnelles. Ça, c'est fini. Nous, on écoutera tout le monde.
On travaillera avec toutes les propositions constructives. On saura entendre qu'une critique peut être une alerte, que l'intérêt général dépasse les intérêts partisans. C'est vrai que si Jordan Bardella a une majorité absolue, ça va beaucoup changer dans la pratique du pouvoir, mais plus vers une version suisse et démocratique que les Français soutiennent qu'une version macroniste.
Jean-Philippe Tanguy, où sont passées la TVA à zéro sur les produits de première nécessité, l'exonération d'impôts sur le revenu pour les moins de 30 ans, le prêt à taux zéro de 100 000 euros pour accéder à la propriété ? Le programme du Rassemblement National donne parfois le sentiment de s'effacer au fur et à mesure qu'il est dévoilé. Ça, ce sont
nos adversaires politiques qui essaient de le faire croire hier. Jordan Bardella a remis toutes ces mesures dans sa calendrier. Elles sont toutes dans le programme et le document qu'a présenté Jordan Bardella hier. Par exemple, l'application d'une TVA à zéro pour cent pour les produits de première nécessité qui est très efficace. J'ai encore lu un rapport de la Banque Centrale Espagnole qui l'a appliqué avec un retour de quasiment 100%. Pareil pour la Banque Centrale du Portugal sera appliqué.
Pas d'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans, c'est encore d'actualité ?
Oui, c'est encore d'actualité, même si c'est moins urgent socialement que la baisse de la TVA sur le produit de première nécessité. C'est une mesure importante pour garder les talents, oui, mais ça se conçoit dans une réforme fiscale générale qui n'augmente pas les impôts mais rééquilibre l'effort fiscal, protéger les classes populaires et surtout les classes moyennes qui ont l'impression de toujours payer et d'avoir droit à rien et que les personnes qui ont été beaucoup protégées par M. Macron contribuent sans doute davantage à l'effort fiscal de la nation.
Vous, l'URN et l'Europe, Jean-Philippe Tanguy, vous voulez une baisse de la contribution de la France au budget européen de 2 à 3 milliards d'euros mais le budget de l'UE en est engagé jusqu'en 2027. Est-ce que vous estimez que nous ne sommes plus tenus de le respecter ?
Mais tout est négociable. Vous savez, l'année dernière, il y a eu une hausse du budget européen des engagements des pays pour honorer nos engagements vers l'Ukraine. Le budget européen n'est pas avoué à toujours augmenter.
Mais si nous donnons moins, nous recevrons moins. Non, quand on demande une baisse,
je comprends votre question, je vais y répondre. On pense que c'est un budget constant. Nous voudrions que l'Union européenne abandonne un certain nombre de programmes et de dépenses inutiles et donc à partir du moment où ces dépenses inutiles sont abrogées, on pourra récupérer de l'argent. Mais par exemple, je ne pense pas que l'Union européenne doit avoir une représentation internationale qui doit verser ce qu'on appelle les programmes IPA, c'est-à-dire c'est les programmes de pré-élargissement qui coûtent plusieurs dizaines de milliards sur les 7 ans qu'on doive verser de l'argent à la Turquie en échange de la question du contrôle de l'immigration, du chantage permanent.
Et donc nos agriculteurs toucheront moins de PAC alors ?
Non, et donc à la fin, l'Europe peut dépenser moins et mieux et continuer à verser la PAC. Vous savez très bien qu'on verse entre 22 et 26 milliards selon les années. On est les premiers bénéficiaires. Entre 8 et 12 milliards et il reste donc 10 milliards de marge en moyenne sur les 5 dernières années. On peut obtenir un rabais. J'ajoute et je finirai là-dessus pour la bonne information de ceux qui nous écoutent que tous les pays contributeurs ont un rabais. Ce n'était pas seulement le Royaume-Uni quand il était avec nous.
L'Allemagne, le Danemark, l'Autriche, la Suède et surtout les Pays-Bas ont un rabais considérable et la France est un peu le pigeon il faut bien dire des pays contributeurs et n'ont jamais obtenu de rabais. C'est inacceptable. Et je vous rappelle que du temps de Jacques Chirac où il y avait une PAC très puissante, la contribution nette de la France même au moment de l'élargissement était de 6 milliards d'euros.
On passe au standard d'Inter où nous attend Marc. Bonjour Marc et bienvenue. Oui, bonjour.
Vous nous appelez des Deux-Sèvres. Oui, je vous appelle à côté de Partenay, un petit village, Tenzet. Je me suis installé en agriculture biologique il y a peu de temps. Je voulais poser la question à M. Tanguy. Bonjour. Pourquoi voulez-vous ? Oui, vous m'entendez ? Oui, oui. D'accord. Donc je voulais vous demander pourquoi M. Tanguy voulez-vous privatiser France Inter, la première radio de France, donc une radio qui fait unanimité. Est-ce que c'est pour faire comme certains gouvernements d'Europe centrale ?
Merci Marc pour cette question. Jean-Philippe Tanguy vous répond. Bonjour Marc.
Non mais pas du tout. Au contraire. Nous ne voulons pas que l'État se mêle de la ligne et de l'organisation des médias en France. Nous considérons qu'une grande démocratie, un gouvernement républicain, ne doit pas avoir de médias publics. La tentation, comme vous le dites d'ailleurs, est trop grande de s'en mêler, de faire des nominations politiques, de faire des polémiques à chaque fois qu'on change la direction de Radio France ou de France Télévisions, polémiques qui ont lieu systématiquement d'ailleurs. Donc nous on pense qu'il est temps que les médias français s'émancipent totalement. Donc je ne vois pas le lien avec un régime...
Bon, notre auditeur parlait d'une dérive autoritaire, c'est bien le contraire. La liberté des médias sera parfaitement assurée. Donc vous laisseriez Vincent Bolloré racheter France Inter par exemple. Non mais pourquoi toujours dire tout de suite M. Bolloré ? Pour une raison simple, en France il y a un contrôle de la concurrence, on ne peut pas concentrer des activités économiques de manière exagérée et il y a une loi de liberté sur les médias. Peut-être d'ailleurs faut-il renforcer, moi je ne suis pas défavorable, la protection des journalistes, des rédactions et des sociétés de journalistes. Ça, ça peut tout à fait s'entendre.
Mais faire croire qu'il faut forcément une radio publique ou une télévision publique pour garantir la liberté des journalistes, c'est quand même une drôle de conception de la presse, ce n'est pas la norme dans les démocraties occidentales.
Vous prétendez être un rempart contre l'antisémitisme, Jean-Philippe Tanguy au RN, pourtant quand on regarde de plus près, il y a des candidats que vous avez investis qui posent question. Françoise Billot dans les Côtes d'Armor rend hommage sur sa page Facebook au Maréchal Pétain. Frédéric Bocaletti, député sortant, réinvesti dans le Var, ancien fondateur d'une librairie qui vendait des ouvrages d'extrême droite. À Paris, la candidat du RN Agnès Pajard a été investie malgré des positions anti-vax qui flirtent avec l'antisémitisme. Sophie Dumont, proche collaboratrice de Marine Le Pen qui suspecte le parti de Reconquête de recevoir des financements juifs.
Est-ce que vous êtes à l'aise avec tout ça, Jean-Philippe Tanguy ? Ce sont des candidats RN investis en 2024 ?
À chaque fois qu'il y a des problèmes qui sont relevés, il y a une procédure, soit d'exclusion, soit de sanction, soit de clarification, nous ne laissons jamais un problème sans solution. Donc tous les cas que vous avez cités auront une suite en commission des conflits et nous verrons si c'est avéré ou pas. L'élection c'est dimanche là ? Parfois il y a des emballements. Il y a pu avoir par exemple sur le candidat en Morbihan qui avait été accusé d'antisémitisme. En fait, il condamnait M. Forisson et le négationnisme. Il condamnait le régime de Pétain et tous les abrutis qui remettent en cause cette... Je ne vous parlais pas de celui-là de vous parler des autres.
Je vous donne un exemple d'emballement où parfois la société médiatique et nous-mêmes d'ailleurs parce que moi-même je me suis trompé et je m'en excuse peuvent s'emballer. Donc il y a une commission des conflits. On fera la lumière. Moi Sophie Dumont je travaille avec elle depuis deux ans. Je n'ai jamais entendu de près ou de loin un propos de ce genre. J'ajoute que nous, notre ligne est très claire. Malheureusement il peut y avoir des brebis galeuses. Dans ce cas nous les sanctionnons immédiatement. C'est toute la vie politique et vous la connaissez bien de Marine Le Pen sans aucune ambiguïté.
Ce n'est pas le cas d'un certain nombre d'adversaires qui laissent des candidatures soit traînées soit défendues de là de toute raison et surtout c'est les leaders notamment M. Mélenchon qui multiplient les provocations sur l'antisémitisme et les transgressions les plus insupportables.
Merci Jean-Philippe Tanguy député sortant de la Somme ex-président délégué du groupe RN à l'Assemblée nationale.
Jean-Philippe Tanguy