Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLa Cité du Vin· 2 février 2026 78 min

Grand Entretien avec Alain Juppé

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Euh bonsoir et et bienvenue à toutes et à tous. Mélanie Paris qui a l'habitude d'introduire ses grands entretiens m'a m'a gentiment cédé la place ce soir car il s'agit pour moi d'une soirée toute particulière. Tout d'abord, la C du vin a 10 ans et donc nous fêtons cette année ce bel anniversaire.

Nous sommes réunis ce soir pour donc assister au premier grand entretien de cette année anniversaire. Ensuite, parce que nous accueillons ce soir une personnalité hors du commun, une de celles qui réveille et métamorphose la ville dont on leur confie la clé. Bien sûr, c'est de Bordeaux dont je parle, mais aussi une de celles qui change une vie lorsque votre chemin croise le leur.

Et là, c'est de moi que je parle. Il y a quelques années, en 1998, Sylvicaz me présentait Alain Jupé 2008 me présenter Alain Jupé. Je suis je suis perturbé, excusez-moi.

Et pourtant, je l'ai écrit tout à l'heure, j'étais pas voilà euh Alain Jupé qui quelques semaines plus tard me confiait la direction d'un projet qui lui était particulièrement cher, créé dans sa ville, dans ce quartier des Bassins à flot, à réinventer, celle dont nous célébrons les 10 ans aujourd'hui, la cité du vin. Enfin, merci monsieur et pour tout cela et pour cette très belle tranche de vie. Enfin, je place cette soirée sous le signe de la fidélité, de la bienveillance, à l'image de la relation que la cité du vin entretient avec celui qui depuis l'origine euh présente à nos côtés ce très beau cycle des grands entretiens de l'asti du vin. mon ami Jérôme Baudouin.

Je profite du fait qu'il ne soit pas encore là sur scène à mes côtés pour conseiller à celles et ceux qui ne l'ont pas encore fait la lecture de son livre. Il est écrit avec le cœur et il fait beaucoup de bien à l'âme. Mesdames et messieurs, je vous remercie d'accueillir Jérôme Baudoin.

Tu es fou. Euh alors là, je suis vraiment très intimidé du coup parce que je m'attendais pas du tout à ça. Euh euh merci Philippe.

Bon, on va essayer d'être professionnel. Bonsoir. Bon, vous l'avez compris, ce soir, on reçoit quelqu'un de d'exceptionnel, de particulier, un homme qui a été quand même premier ministre, qui a été maire de Bordeaux de 1995 à 2019, qui a chamboulé la ville, qui l'a transformé, qui l'a embelléli et qui est à l'initiative du lieu où on est ce soir qui est de la cité du vin.

Et et je pense que ce soir vous allez on va aller à la rencontre d'un homme, une facette de lui que vous ne connaissez certainement pas. Et on va parler de convivialité, on va parler de vin évidemment, on va parler de Bordeaux et on va parler d'humanité. Et je vous demande d'accueillir vraiment chaleureusement monsieur Alain Jupé.

Alors cher Alain, qu'est-ce que ça vous fait d'arriver dans la cité du vin de la revoir 10 ans après ? Dès que je mets le pied à Bordeaux, je descends du quai et pratiquement qu à qu je prends trembour. Exactement.

J'ai un petit pincement au cœur. Je ressens une émotion que j'ai parfois du mal à dissimuler puisqu'il paraît que je suis quelqu'un de très froid. Pas du tout.

Donc c'est l'émotion parce que j'ai consacré un quart de siècle de ma vie à cette ville avec Isabelle d'ailleurs qui est là. Euh je crois que on y a fait des choses, des choses pas mal et donc ça me fait toujours chaud au cœur d'y revenir. Le plus beau compliment qui m'a été fait, il m'a été fait par un professeur d'université qui était spécialiste de l'histoire de l'art, le professeur Coué.

Un jour, je le croise sur les quincones, il me dit "Oui, on parle beaucoup du ravallement des façades, tout ça." Non, c'est pas ça. Ce que vous avez fait de bien, c'est que vous avez rendu fierté de leur ville aux Bordelais et au Bordelais.

Ba, ça m'a marqué. Je m'en sois encore. C'est magnifique ça.

Et je pense que les gens ce soir sont fiers de leur ville et de la ville que vous l'avez offert. Et je l'ai pas inventé, elle a toujours été belle. Elle avait un peu vieilli.

Voilà, est un peu fatiguée. Vous êtes originaire de Montmarsan. Euh vous avez été le maire de Bordeaux donc à deux reprises en de 1995 à 2019.

Comment ce lien avec Bordeaux est né dès votre enfance ? Je suis Aquin, je suis landais et j'ai vécu toute mon enfance et mon adolescence à Bordeaux. Ma famille paternelle était bordelaise.

Mon mon grand-père et ma grand-mère habitait Bordeaux Ruturen autant que je me souvienne. J'avais également une tente à Pessac Lalouette, une autre Arcachon. Donc voyez, c'était un lien que j'avais que j'avais avec cette ville et sa région immédiate.

Et alors quand j'étais gamin, voilà, avant de la rentrée des classes, on venait faire des courses à Bordeaux à Moran, pas terrible. Euh et je me souviens, il y avait un magasin de vêtements sur la place de la comédie qui s'appelait chez Mod qui a existait longtemps. Et donc ma mère m'a amené chez Mod pour acheter un petit blazer et cetera.

À l'époque, on allait à l'époco euh en blazer, pas Ouais. en Jean. Et comment vous l'enfant de Montmarsan, comment vous voyez Bordeaux ?

Euh bon, j'ai aimé Monorson parce que j'y avais eu une enfance heureuse dans une famille qui nous cocounait, ma sœur et moi. Euh voilà, on vivait bien une famille de une petite bourgeoisie confortable. Euh mais on s'enduyait comme des ramorsas à Barçant.

J'ai écrit quelque part que c'était sans doute la petite ville la plus ennuyeuse que j'ai jamais connu depuis ça a changé bien sûr. Donc voilà, Bordeaux c'était pour moi la grande ville, c'était l'animation, c'était déjà les embouteillages peut-être voilà et puis les commerces voilà la vie, la vraie vie. Après comme je vous l'ai dit, j'ai je crois un jour j'ai basculé directement de mon marin à Paris.

J'ai chanté l'étape université à Bordeaux. Et euh et déjà à cette époque-là, donc vous avez vos grands-parents, quelle place a le vin dans votre famille ? Est-ce que on en bois ?

Est-ce que votre père est amateur de vin ? Est-ce que est-ce qu'il vous fait découvrir le vin ? Comment ça se passe ?

Mon père avait été joueur de rugby au stade Bordela puis ensuite au stade de Bontois. Euh ensuite, il se occupait des propriétés familiales. Il partait souvent le matin sur son tracteur.

C'était un type costaud. Et alors la table ça comptait. Je suis pas sûr qu'il fut vraiment gourmé mais il était gourmand donc ça comptait beaucoup. et qui dit la table dit le vin naturellement.

Donc il avait une petite cave pas extraordinairement diversifié mais c'était du Bordeaux quasi exclusivement bien sûr. Et quand j'étais gamin et que j'attrapais un gros rum ou une grippe pas tout gamin quand même vers 13 14 ans, j'avais droit à un petit verre de vin pour me redonner de l'énergie. Ça donne du sang paraît-il.

C'était ma première expérience du vin de Bordeaux très modéré. Bon après euh est-ce que c'est votre première ivresse ? Vous l'avez connu avec du vin de Bordeaux ou avec autre chose ?

Là vous là vous êtes vache quand même. Vous allez vous allez m'amener à raconter un souvenir dont je suis pas très fier mais bon. J'ai 17 ans, peut-être un peu moins.

Oui 17 ans. Je suis hypocagneux. J'ai un très bon copain avec qui je voyage.

On part en voyage, on traverse la France, la Belgique, l'Allemagne de l'Est. C'était la fin de l'année. Noël ou le ou le jour de l'anemagne de l'Est était derrière le ritau de fer.

Naturellement, on traverse la Pologne, on arrive un press Litovsk en Russie et là on est invité, c'était des amis de mon copain par un couple dans un restaurant sur la Moscova. Il fait quand même très froid. il fait très froid donc il faut se réchauffer et en Russie il y a une manière de se réchauffer qui est incontournable c'est la vodka et donc j'avoue humblement que j'ai porté des tosts au camarade Kchof puisque c'était lui qui était au pouvoir à ce moment-là immédiatement après au général de Gaulle à l'amitié entre l'Union Soviétique et la France je n'avais jamais bu une goutte de vodka de ma vie et donc au milieu du repas j'ai filé sous la table en coma éthylique et je me suis réveillé le lendemain dans la baignoire de l'hôtel C'était la première et la seule fois, je le précise.

C'était pas du vin de Bordeaux, c'était de la vodka. Et euh et votre rap du coup, vous avez c'est la seule fois où vous perdez le contrôle de votre corps mais après Ouais, c'est la seule c'est la seule fois, je compr Mais en revanche avec le vin, c'est la convivialité. Oui.

Euh j'aime le vin bien sûr. C'est c'est d'abord du plaisir pour moi. Après comme maire de Bordeaux, c'est devenu un autre enjeu économique et cetera.

Mais voilà, j'éprouve un vrai plaisir euh à boire du vin. J'ai diminué, je sais pas si j'ai raison avec l'âge un peu ma consommation, mais il y a des moments où ça me manque. Et alors, le premier verre de vin, quand je n'en ai pas bu depuis 3 jours.

Ah ! un bien-être qui diffuse dans tout le corps. J'adore ça.

C'est Et vous avez une préférence ? Ah, écoutez, c'est Bordeaux ou j'ai lu ce livre dont je vous recommande la lecture qui est formidable. On sait tout sur le vin, son histoire depuis l'Égypte et l'antiquité, sa géographie à travers la France et à travers le monde.

Les sépages, j'ai découvert qu'il y avait 10000 sépages existant encore au monde. Euh les méthodes cultur, enfin bon voilà, je fais l'article de de ce livre qui est pas béné, je le fais. Pourquoi je disais ça d'ailleurs ?

Je ne sais j'ai perdu j'ai perdu un peu un peu le fil. Oui, pour vous dire que que le vin compte pour moi aussi ce qui m'a touché dans ce livre c'est quand vous dites il y a entre les gens du vin, les hommes du vin et la vigne, le vulticulteur et la vigne une relation intime. C'est celle qui est qui transparaît tout au long de votre livre cette espèce de d'engagement des gens du vin comme je les appelle parfois dans ce qui n'est pas un métier qui est une passion, un art et une passion.

Une passion. Et euh quand vous devenez maire en 1995 de Bordeaux euh alors vous êtes premier ministre euh Oui, ça je le ferai plus maintenant. Vous aviez été à propose pas je précise tout de suite que je ne suis pas candidat aux élections municipales de l'année prochaine enfin de l'année prochaine de cette année.

Et euh et vous étiez adjoint au maire de de Paris. Quelle motivation vous a poussé à venir en en terre Girondine ? J'ai commencé ma vie politique un peu tard.

Certains de mes amies ont commencé à 20 ans en militant dans les partis politiques ou dans des syndicats. Moi, j'ai attendu un peu longtemps et c'est un peu le hasard. 76, j'ai commencé ma carrière professionnelle à l'inspection des finances.

Donc, je bosse au ministère des finances. Et puis un beau jour, le directeur de cabinet du premier ministre qui s'appelait Jacques Chirac à l'époque, le premier ministre me dit "Est-ce que ça vous intéresserait d'entrer au cabinet de Jacques Chirac quand on est jeune au fonctionnaire ? Bon, en principe, on n'hésite pas.

Par hypocrisie, j'ai dit je vous demande un temps de réflexion. Enfin, j'ai tout réfléchi. Et donc, c'est ça qui m'a embarqué dans la vie politique que je n'ai pas quitté.

Après, Chirac me dit "Bon, c'est bien si vous voulez faire de la politique, il faut aller sur le terrain. Il faut vous présenter aux prochaines élections législatives qui devaient avoir lieu en 78 ou en 76, je me souviens plus bien. Je me dis où est-ce que je vais aller chez moi et donc je me présente dans les landes dans la première circonscription des landes la forêt densité de population un habitant au kilomè carr je prenais des lignes droites sur des dizaines de kilomètres j'arrivais dans un village réunion publique d'Alain Jupé quatre personnes le ber sur la tête je me tournais vers mon suppléant le docteur André Mirtin qui était le maire parentiste et je lui disais on a fait un bid c'est la moitié du corps électoral me disait-il.

Voilà, j'ai pas été élu euh parce que c'était une circonscription très socialiste, c'est que j'avais encore l'étiquette du du haut fonctionnaire parisien qui qui débarquait, qui se faisait parachuter. Voilà un peu comment les choses se sont arrivées, mais je me sentais profondément euh landais et aquin naturellement et déjà pour moi Chaban, c'était le duc d'Aquiten. Et oui, c'est ça.

Je vous ai parlé de Bordeaux où on voulait faire des courses, mais comme je m'intéressais à la politique, je voyais quand même cette euh personnalité un peu hors du commun là aussi qui qui dominait toute la vie politique locale. Donc voilà pourquoi et c'est lui qui vient vous chercher. Je j'étais sans doute promis à à venir ici.

Alors entre-temps, je suis passé un peu par Paris puisque après les landes, Cherac m'a demandé de me présenter à Paris où j'ai été élu pendant 12 ans. député du 18e arrondissement. Et oui, le 18e arrondissement c'est la place du tertre.

Exactement. J'avais comme administré Dalida Nokemé, Michel Morgan et cetera et puis en bas, il y avait la Gutte d'Or, 50 nationalités différentes. Au milieu le marché au voleurs, c'est ça.

Euh qui fonctionnait avec la bénédiction de la police. On allait chercher le jour JP +1 ce qu'on vous avait volé la veille. Voilà, c'était une très belle expérience.

Voilà. Et puis euh un beau jour de 93 dans une manifestation dont je ne me souviens plus très bien, je suis assis à côté de Chabon, on se connaissait bien sûr et il me dit "Chers camarades, est-ce que Bordeaux vous intéresse Camarade, je précise tout de suite, c'est pas qu'on était adhérent au Parti communiste, c'est parce qu'on était tous les deux inspecteurs des finances et que donc entre inspecteur des finances, on s'appelle camarade. Et je lui réponds oui.

Je lui dis oui après tout euh parce que j'avais envie de voler de mes propres ailes. Chirak voulait que je lui succède à la mairie de Paris. Ah oui en 95, c'était avant les élections présidentielles.

Et je me disais s'il est pas élu, il restera. C'est ça. S'il est élu, il me fera le même coup que la dernière fois.

C'est-à-dire qu'au dernier moment, il me disait "Mais il faudrait peut-être que vous laissiez la place à Tibérie pour une fois." Et donc, je me suis dit je vais essayer de voler de mes propres ailes. Et je dis "Oui à Chavang quand il me demande si Bordeaux m'intéresse." Alors après ça c'est enclenché.

J'étais à l'époque ministre des des affaires étrangères et je suis invité par la chambre de commerce à inaugurer la foire internationale de Bordeaux euh qui avait lieu au parc des expositions. Euh bon, je viens, il y a du monde, il y a de la presse et il y a un journaliste de Sud-Ouest que je ne connaissais pas, que j'ai appris à connaître après qui est devenu un ami qui s'appelle Alain Ribé qui me tente qui vient vers moi et qui me dit "I paraît que Bordeaux vous intéresse." Je dis oui oui le lendemain à la une de Sud-Ouest, je payé candidat au municipal.

Bon, ça n'a pas très bien. Et voilà comment ça s'est enclenché. Et euh comment euh comment vous vous avez appréhendé le monde du vin en devenant jeune mère de Bordeaux ?

Comment Comment ça se passe ? Vous débarquez à Bordeaux, vous ne connaissez pas le microcosme bordele encore ? Non, pas du tout.

Bon, mes grands-parents dont j'ai parlé n'étaient pas du tout introduits dans la société bordelaise et certainement pas dans le monde du vin. Mon grand-père était chemineau mais pas ingénieur de la SNC, enfin cheminot de base. Donc et pour ma mère les Chartron et c'était la bourgeoisie lointaine.

C'était quelque chose d'integnable, d'impénétrable bien entendu. Euh voilà, donc je débarque là. Et comment voulez-vous faire autrement quand vous êtes maire de Bordeaux que de ne pas immédiatement vous intéresser au vin ?

Bien sûr, c'est ça. D'abord, je voyais les, j'allais dire les congrégations. Non, c'est pas les congrégations, c'est des euh dites-moi les interprofessions avec leur bannière, venir à la mairie, me saluer.

Donc c'était formidable. Et tout de suite, j'ai mesuré d'abord la chance qu'à Bordeaux de porter le nom de son vignoble est ponible ou l'inverse, je sais pas comment il faut dire. Ce qui lui vaut un rayonnement international mondial. quand j'étais ministre des affaires étrangeurs ou après même premier ministre, je disais je parlais de Bordeaux.

Voilà, c'est une des villes au monde qui est le plus connu grâce à son ville. Donc j'ai bien pris conscience tout de suite qu'être maire de Bordeaux, c'était aussi une chance, une chance et et un atout à développer. Et je me suis rendu compte assez vite que curieusement, il se passait rien dans la ville autour du vin.

C'est ça. C'est bon. Qu'est-ce qu'il y avait ?

Il y avait un petit musée du vin très bien tenu. Je crois que c'était les calvés qui tenaient ça. Il y avait bon des fêtes dans les châteaux, le mai musical mais dans la ville elle-même, il n'y avait pas de manifestation populaire qui permettent à la population de se retrouver autour autour du vin.

D'où ma première idée a été de dire on va créer un événement dans Bordeaux et c'est la fête du vin en 98. Oui, je lance la première fête du vin. Euh, je dois dire que les gens du vin ont pas ont pas trépigné, on passe de joie ou de Il y en a un qui me dit "Mais les bordelets viendront jamais sur les quai pour boire un verre de vin." J'ai persévéré.

Finalement, les véticulteurs ont joué le jeu à fond. Ils sont venus sur les quai. C'est une des c'est une des fêtes les plus populaires et très rapidement la foule est venue aussi.

Euh et euh ce qu'il y avait de de très réussi dans cette dans cette fête des vin, c'était le contact entre les visiteurs et les viticulteurs. Ils étaient là sur leur stand, ils jouaient le jeu, ils parlaient de leur vin, ils échangeaient avec les gens qui se contentaient pas de boire un coup. Je disais toujours à à Bordeaux, on ne picole pas, on déguste.

Il y avait d'ailleurs une école du vin au milieu de la fête du vin où on essayait d'apprendre un peu la la dégustation. Et ce qui m'a fait plaisir, c'est que pendant toutes les années où cette fête a eu lieu, elle continue, je crois, il y a jamais eu de débordement. Non, jamais débordement parce que à Bordeaux, on ne picole pas, on déguste.

Et pour donner à cette fête alors tout son caractère vraiment populaire, j'avais décidé de faire un feu d'artifice tous les soirs. J'adore les feux d'artifice, je sais, ça coûte pas très très très cher et surtout ça amène tout le monde sur lesquêtes. Toutes les générations, les grands-pères et les grands-mères arrivaient avec leurs pliant pour s'asseoir desqu les gamins avaient la permission de minuit pour aller et et c'était des moments de convivialité, de chaleur humaine tout à fait exceptionnel.

Et quelles sont les personnalités qui vont vous guider, vous aiguiller dans le monde du vin ? Bon, j'hésite toujours à citer des noms parce que euh je je peur de l'oublier. Euh naturellement, moi, j'ai toujours eu une une espèce de de d'admiration et de sensibilité pour Jean-François MX.

Je trouve que c'est un homme qui a une épaisseur humaine tout à fait exceptionnelle. Euh voilà, mais il y en a il y en a beaucoup d'autres. Je vois Sylvie Case là.

Voilà. Sylvie, je pense je pense à Jean-Michel aussi, la famille Caz Poyac et cetera. Euh j'ai eu aussi une relation assez sympathique et amicale avec Philippine de Rotchild.

Et oui, une petite anecdote là encore, j'arrive à Bordeaux donc tout ça, j'ai une secrétaire, je m'installe et un jour ma secrétaire me dit "La baronne de Rothchill vous a demandé au téléphone Je dis oui ben écoutez je suis occupé, on la rappellera demain. Quand je l'appelais, elle me dit moi on me rappelle tout de suite quand j'appelle hein. Non ne recommencez pasin.

Et alors donc je me suis rendu compte qu'il fallait être très réactif et après on a eu une relation extrêmement chaleureuse et sympathique. Enfin bon, j'en oublie beaucoup hein. L'ureton.

Je voudrais avoir une un mot particulier ce soir quand même pour quelqu'un pour qui j'avais aussi beaucoup de de d'amitié presque de l'affection que Daniel Gatti un homme d'une gentillesse d'une qualité exceptionnelle avec son épouse Florence et je pense bien à elle ce soir qui est décédé hier. Oui puisqu'il est décédé hier. Et comment je vouublier aussi ?

Oui, je veux dire je viens de l'oublier. C'est terrible. J'avais beaucoup mais je crois qu'il est là.

Moi j'ai j'ai un projecteur dans l'œil, c'est pour ça que je vois pas bien. J'ai beaucoup aimé travailler avec Bernard Farge qui a été un président du conseil interprofessionnel de Bordeaux tout à fait remarquable. Il est là.

Oui, c'est ça. Il est à côté de ma femme et je trouve que il apporte dans ce monde du vin une espèce de modestie et en même temps d'énergie qui est tout à fait exceptionnelle et efficace. H et comment tous ces gens-là, toutes ces personnalités vous est-ce qu'ils vous ont permis de voir le vin autrement entre l'image que vous en aviez au départ ?

Est-ce que Oui, bien sûr. D'abord, j'ai découvert des tas de choses que je ne connaissais pas. Je vous ai dit que mon père avait une petite cave, bon mais modeste, hein.

Les grands cru, il était pas très fréquent. Un de mes premiers moments vraiment choc. Euh, j'arrivais tout juste, c'était euh octobre presque ou septembre, temps de l'avendange et je suis reçu par Alexandre de l'Ursalus dans le vignob d'Ikem.

Ça c'est en 95. Oui, en 95. Et il nous offre dans le vigoble au soleil couchant un verre d'EM.

Quel millésime ! Inoubliable ! Est-ce que vous vous souvenez du millésime ?

Non. Ah si si, je dis une bêtise. C'est un 45. 45.

Exactement. Il avait eu cette délicatesse. Euh oui, je l'avoue, je suis né en 1945.

Et c'est euh c'est un plus un de vos plus beaux souvenirs de dégustation de de moments de dégustation. Oui, il y en a eu d'autres. Il y en a eu d'autres.

Je souvent aller dans les propriétés mais j'adorais les fêtes de la fleur. Ce sont des moments exceptionnels de beauté, de d'élégance de euh donc j'essayais de toutes les faire. Je me préparais avant pour faire un petit discours en anglais parce qu'il y avait beaucoup de de d'invités de langue anglaise.

Euh voilà. Puis j'ai eu plein d'expériences effectivement de de dégustation qui m'ont laissé des des souvenirs très marqués. Un soir, un jour, oui, un soir, c'était d'un dîner.

J'ai organisé un dîner avec quelqu'un pour lequel vous êtes dans votre livre Sèvre Michot, je pense à Robert Parker. Oui. Donc critiquer un peu l'influence sur l'évolution des vin de Bordeaux.

Et j'avais organisé une soirée avec lui. On avait quelques amis autour de la table. Euh Isabelle était là et c'était une dégustation, je crois que c'était une verticale, c'était un margaot sur plusieurs millésimes et euh moi j'avais posé la règle dès le départ je ne déguste pas, je ne fais pas de reconnaissance à l'aveugle.

Voilà. Et euh bon, ça s'est passé comme ça. Et pourquoi j'en parle ?

Parce que Robert Parker s'est planté planté une fois. Ah ! Et sur ce vin là, qui avait trouvé le bon mélésim ?

Isabelle. Voilà. À mon avis, c'était un hasard pur et simple.

Pardon mon amour. Tous les féministes, ça y est, m'ont cloué au pilorie. C'est dur de trouver un millésim.

Donc c'est bravo, bravo de l'avoir trouvé surtout face à Parquable. Le comment vous partez à au Québec en 2004, je crois. Est-ce que le fait de prendre du recul, d'être à Québec, ça va vous changer votre regard sur la ville ?

Forcément, d'abord, je suis parti volontairement, mais pas totalement volontairement, hein. Donc, j'avais des condamnés euh quelques années de d'inéibilité, à une année d'inibilité et donc j'ai démissionné de mon poste maire et je suis parti parce que j'avais envie de prendre l'air. Voilà.

Et on a vécu à à Montréal, puisqu'on habitait à Montréal, ce que ma femme qualifie comme la plus belle année de notre vie. C'est vrai qu'on a été extrêmement heureux à Montréal. Euh oui, on a eu 25 années.

Les plus heureuses c'était à Bordeaux mais là c'était l'année la plus heureuse. Euh pourquoi ? Parce que voilà, on était en famille, il y avait ma femme, nos deux filles et une étudiante bordelaise.

Donc j'avais quatre femmes à la maison et moi tout seul. C'était formidable. Les Québécois sont des gens adorables, bienveillants, calmes, américains d'une certaine façon, mais amoureux de la France aussi parce qu'ils ont pour nous des sentiments partagés.

Ils nous reprochent de les avoir trahi, de les avoir abandonné, ce qui est vrai. Et en même temps, ils ont tous des racines plus ou moins françaises. Et donc pour eux, la gastronomie française, le vin de France, c'est quelque chose de très important.

Vous savez que là-bas, il y a un monopole d'État, enfin province SAQ, la société des alcools du Québec qui a le monopole d'importation et de commercialisation. On veut quelques quelques exceptions et donc j'allais souvent à la SAQ faire mes provisions et déguster avec les amis. Alors, est-ce que ça a changé mon regard sur Bordeaux ?

Euh oui, forcément parce que tout simplement même si on était très heureux, j'avais envie de revenir. Ah oui, la ville m'a manqué. Voilà.

Et est-ce que c'est à partir de ce moment-là que vous imaginez la cité du vin ? Enfin en tout cas le projet d'une d'une cité dédiée au vin aux civilisations du vin ? Comme je vous l'ai dit, j'avais été frappé par le fait qu'il y avait pas d'événement majeur populaire qui concerne pas simplement euh la viticulture, les viticulteurs ou les ou les négociants, mais le peuple de Bordeauto tout entier, d'où la la fête du vin.

Et je me disais qu'il n'y avait pas non plus euh de de monument dans la ville qui soit consacré au vin. Donc, vous connaissez la beauté architecturale de Bordeaux, classé dans le patrimoine mondial de l'UNESCO. Donc c'est une ville absolument euh magnifique sur le plan patrimonial et architectural.

Mais voilà, il me semble qu' semblait qu'il manquait quelque chose et donc j'ai lancé l'idée de construire une cité du vin. Je ne sais plus ce qui m'a inspiré comme modèle étranger, mais il doit y en avoir ici ou là. Euh et donc on s'est lancé dans cette aventure.

Ça a été une aventure parce que ça a duré des années. Euh bon et là j'ai été accompagné par des gens formidables. Comment est accueilli au départ quand vous lancez votre projet le l'idée par la filière ?

Est-ce que vous avez sentiment d'être entendu tout de suite ou Bernard ? Est-ce que je peux dire la vérité ? Là encore, comme pour la fête du vin, ça pas été l'enthousiasme spontané.

Les grands crus me disaient "On a pas besoin de ça pour faire notre pub. Peut-être qu'aujourd'hui euh et puis les petits viticulteurs me disaient nous on tire le diable par la queue un peu. Donc on aimerait que vous consacriez cet argent peut-être à autre chose." Bon mais ça n'a pas duré.

Ça n'a pas duré et si ça marchait c'est parce qu'il y a une équipe formidable qui s'est constituée. Vous l'avez évoqué tout à l'heure et je voudrais ici à mon tour rendre hommage à Philippe Massol qui sous la houlette de Sylvie, du prince Robert de Luxembourg aussi qui s'est beaucoup engagé dans dans l'affaire de Jean-François Mek et de quelques autres. C'est cette équipe-là qui tout de suite a adhéré au projet et il a consacré énormément d'énergie de patience parce qu'il a d'abord fallu chercher le lieu.

Tout à fait. Euh moi, je m'étais très rapidement euh fixé sur euh euh ce site ici parce que les bassins à flot étaient encore une friche à l'époque hein, plus ou moins abandonné mais j'avais un grand projet de mise en valeur des bassins flot qui a été d'ailleurs réalisé. Vous avez vu la transformation complète de ce quartier et puis j'avais aussi en tête le franchissement de la Garonne puisque c'était un des dossiers que j'avais pris à Brascor en arrivant.

Bordeaux a vécu pendant 2000 ans sans pont. Et oui, j'étais à Lyon il y a pas longtemps. C'est pas mal Lyon aussi.

Une jolie ville. Une jolie ville. Vous voulez vous y présenter ?

Non non. Je vais vous faire une petite confidence là. J'étais dîner chez Léon de Lyon.

Vous connaissez ? Vous êtes Lonéis ? Vous m'avez dit ?

J'ai découvert que c'était aujourd'hui la propriété de Laurent Gérard. Oui. L'humoriste.

L'humoriste oui. Et ça m'a rappelé un souvenir. J'ai tout compris. souvenir un peu un peu peu difficile.

Ça se passe à la pâtie noire de Bordeaux. Laurent Gérard vient faire un spectacle en tant qu'humoriste et je suis là dans les tribunes et j'écoute le spectacle. Et à un moment donné, Laurent Gérard dit, "Je comprends pas les bordelais, ils ont élu Alain Jupé.

Pourquoi est-ce qu'ils ont mis un glaçon dans leur verre ?" Bon, j'ai applaudi. J'ai applaudis mais maintenant j'ai compris.

Gérard est lyonnais. C'est pour ça qu'il comprenait pas les bordelet. Donc je sais pas pourquoi j'ai fait cette dégression par Bordeaux par Lyon veut dire.

Euh oui, donc ça a été euh une aventure. Donc le site Oui, c'est ça. Je je je fais le lien avec le pont.

Donc je disais que j'évoquais Lyon parce que Lyon a 35 pont je crois dans la vie. Chose comme ça. Bordeaux 1 ex jusque dans les années 1960.

Oui. Euh le pont de pierre qui a été construit à l'initiative de Napoléon après plus rien jusqu'à ce que Chaban arrive. Et alors là, ça a été le pont d'Aquitaine, le pont, le pont Saint-Jean, le pont de la rocade, le pont François Mterrand et cetera.

Et donc, je me disais qu'il fallait vraiment doter la ville de nouveaux ponts. Chabban avait eu avant de partir une idée de faire un pont au Quincon. C'était le projet de Dominique Per.

Euh j'avais hésité et puis je me suis rendu compte que si on faisait un pont bouquin con, on allait amener toute la circulation automobile au cœur de la ville. Et oui. Alors que je préférer au contraire faire des ponts qui la dévi un peu sur euh la périphérie.

Alors ça a été une longue histoire. Est-ce qu'il fallait un tunnel ? Est-ce qu'il fallait un pont ?

Bon bref, je fais l'histoire brève. On a finalement décidé de faire le pont au droit de la rue euh ça y est. Lucien Fort Lucien Fort.

Lucien Fort. Voilà. Merci.

Je commence à voir un début d'Alzheimer des longs propres, rue Lucien propre et Lucien fort et et donc je me suis dit là il va y avoir un nœud extraordinaire entre les bassins à flot qui vont être rénovés, le pont qui va remettre cet aspect cette partie de la ville au cœur de la ville. Tout à fait. Quand j'avais déplacé Capsance dans Hangar qui était au cœur de ville dans le hangar qui a été construit à cet endroitlà, le directeur de Capsence m'avait dit "Pourquoi vous nous exilez en dehors de Bordeaux ?" Ravait compte Bordeaux c'était le c'était à la place de la bourse point bar et je me suis dit non dans quelques années ce sera le plein cœur de Bordeaux et c'est le plein cœur de Bordeaux.

Voilà pourquoi on a choisi ce site. Après, il a fallu euh choisir une équipe d'architecte bien sûr, il y a eu un concours euh et j'ai été séduit avec le jury par cette forme extrêmement originale euh qui ne plaît pas à tout le monde mais qui est au moins quelque chose qu'on oublie pas hein. Euh sur le plan technique, ça était la galère absolue.

Oui, les architectes, c'était Nicolas de Mesière et Anclande, si je me souviens bien, avec Philippe Massol s'exclamit de temps en temps. les ronds et les carrés parce que tout était rond. Il fallait notamment faire des plaques de verre ou des plaques de métal qui enrobaient la la carafe puisque c'était une carafe qui était circulaire qui n'était pas plan et alors ça a été quelque chose de très compliqué mais ils y sont arrivés.

Le budget un peu dérapé pas beaucoup. Voilà. Euh quand on voit le Musem à côté qui a coûté beaucoup plus cher euh et donc euh les choses ont ont ainsi abouti et surtout moi ce qui me fait chaud au cœur quand je suis ici c'est que c'est un succès incroyable extraordinaire.

Vous avez dit, je crois 3 millions et demi de visiteurs depuis la création, 400000 par an, y compris euh avant et après le Covid. Cité à résister au Covid. Évidemment, il y avait pas de monde mais comme ils avaient bien géré et qu'ils avaient des réserves, ils ont pu tenir le choc et donc continuer ensuite.

Donc je voudrais qu'on applaudissent Sylvicaz, Philippe Massol et tous ceux qui animent la cité du vin parce que il le mérite. Depuis 2009, ils sont la cheville ouvrière de cette ce bâtiment et ce lieu culturel qui est devenu un bâtiment phare de l'architecture bordelaise et de c'est un monument de Bordeaux. Oui, je vois bien.

Moi, je vis à Paris maintenant, mais mes amis parviens, on va aller à Bordeaux. Est-ce qu'on peut visiter la cité du vin ? C'est toujours la question qui me vient.

Alors, j'appelle Philippe Massol. Bon, qu'il soit bien accueilli. Le Il y a un endroit, il y a un autre événement dans Bordeaux qui a été pendant 40 ans un phare au niveau de l'économie du vin, c'était Vinexpo.

Qu'est-ce que ça a apporté Vinexpo à la ville de Bordeaux pendant toutes ces années ? Toutes les années, vous étiez là. J'inaugurais Vine Expo.

Oui. Souvent tous les ans avec un invité d'honneur. C'était en général un ministre qui venait inaugurer Vinexpo.

Je trouvais ça formidable hein. Le monde entier était là. Et oui, et tous les viticulteurs bordelais étaient là mais pas uniquement les bordelais.

C'était une manifestation ouverte sur le monde. Comme je reviens à la cité du vin aussi, c'est comme la cité. Au début, je voulais l'appeler la cité décivilisation du vin pour montrer que c'était pas simplement une cité dédiée au vin de Bordeaux.

Et d'ailleurs, quand vous le savez, quand on monte au dernier étage, on peut déguster tous les vins, tous les vins du monde ou presque. Et et donc Vinexpo c'était ça, c'était un rayonnement international exceptionnel et puis c'était des affaires, c'était aussi et ça concrétisait le fait que Bordeaux était capitale mondial du jeu. Absolument.

Absolument. Euh et bon euh une décision a été prise euh que je peux comprendre euh on critiquait un peu le les conditions d'accueil de Vinexpo. On me disait "Ah mais c'est mal climatisé euh les étrangers qui viennent là, ils sont habitués à des pal à des parts des expositions luxueux où tout fonctionne.

On a rénové le par des expositions. On a complètement rénové, on l'a climatisé et cetera et Vinexpo est parti. Bon, c'est un choix qui a été fait par la chambre de commerce et les responsables.

Je vous cache pas que rétrospectivement, je le regrette. Je pense que Mais vous étiez opposé à l'époque d'ailleurs à la vous étiez opposé d'ailleurs dans ce choix. Oui, mais c'est pas moi qui décidait, c'est pas moi qui payais.

Alors voilà, donc c'est les organisateurs qui ont décidé. Ils avaient des arguments hein. Ils m'ont dit "Si on veut contrebalancer la concurrence de ce salon qui a en Allemagne j'ai oublié le nom.

Euh oui. Euh il faut aller à Paris parce que c'est là que les professionnels du monde entier viendront. Ils viendront pas à Bordeaux.

Je disais si. Euh Bordeaux un atou qui n'a pas Paris. C'est les châteaux, c'est le Vignobles, c'est bien sûr.

Et si vous permettez à tous ceux qui viennent euh participer à Vine Expo d'aller passer une soirée dans un château pour un dîner sympathique, ça ils l'auront pas à part des expositions porte Versailles hein. Donc voilà mais j'ai pas j'ai pas convaincu et Vine Expo est parti. Mais bon, c'est un peu dommage.

C'est comme ça. Euh quand on est premier ministre, al vous a en 95, vous êtes premier ministre. Quelques années auparavant, il y a une loi qui passe qui est la loi Evain en 91.

Comment quelle posture on doit avoir quand on est à la fois premier ministre, maire d'une ville d'une région viticole et je pense des vignerons qui viennent vous voir vous parler de cette cette loi. Comment ça se passe ? On est assez entre deux chaises, hein.

C'est un peu compliqué. Euh bon, c'est toujours pareil, il faut trouver un point d'équilibre, hein. Euh moi, une des vertus que je prône y compris dans dans mes livres et peut-être aussi dans ma vie, c'est la vertu de modération.

Pas uniquement pour construire le vin de façon générale dans la vie. Ce qui est assez m assez insupportable, c'est la montée aux extrêmes. Monter ce que écrit quelque part, le plus facile, c'est de monter aux extrêmes.

Ce qu'il y a de plus difficile, c'est de réfléchir, de peser le pour, le contre, de faire jouer le doute méthodique et donc de laisser la nuit passer avant de prendre une décision. C'est ça la modération. C'est pas la molesse, c'est pas l'absence de décision.

C'est comme disaient les Grecs, rien de trop. le sens de la mesure. C'est vrai pour la consommation du vin.

Je pense que la prohibition, personne n'y pense en France quand même sérieusement, ça serait une abération d'abord parce que ça marche pas, on l'a vu aux États-Unis et ensuite parce que le vin, la vitulture est inhérente à notre identité. C'est notre terroir. Ce sont des hommes et des femmes dont on a dit tout à l'heure qu'il vivaient charnellement le métier qu'ils exercent.

C'est un rayonnement exceptionnel pour la France. à l'étranger. Euh c'est aussi euh quelque chose qui a une signification culturelle, vous lit beaucoup dans votre livre et même spirituel hein.

Le vin, le sang, bon, la France a des racines chrétiennes, qu'on le veille ou non, soit croyant ou qu'on soit pas croyant, on a des racines chrétiennes et prenez et buvez-en tous. Voilà, c'est quelque chose aussi qui est en arrière-plan dans l'approche que nous avons du vin. Donc pour moi, il est absolument inenvisageable queon s'engage en France dans dans une politique de lutte contre la conservation du vin.

Cela dit, il y a les excès. Il y a évidemment les méfet d'alcoolisme et donc il faut trouver un point d'équilibre entre les deux. Euh je pense qu'on l'a trouvé finalement sur la publicité, enfin je parle sous le contrôle des professionnels qui sont là, il y a quand même des marges de manœuvre.

Non encore je pense. Enfin je sais écoutez moi je lis de temps en temps le supplément hebdomadaire du monde il est entièrement constitué de publicité pour le vin à toutes les pages. Il y a le champagne, il y a toutes sortes de vins aussi.

Donc voilà, je pense que euh les Français d'ailleurs n'accepteraient pas euh qu'on aille vers des mesures euh répressives. Et le quand on voit l'Espagne qui euh qui a prôné le vin comme produit culturel espagnol avec le roi qui le le qui le qui le soutient, est-ce que c'est envisageable en France de de voir des politiques ? Bon, Macron a un peu défendu le vin en tant que chef d'étidents de la République qui bouvaient pas qui buvaient pas une goutte de vin.

Euh bien mais mais mais on le fit. Il y en a qui buvaient de la bière. Ah oui, ce que j'ai beaucoup apprécié dans votre livre parce que ça ça m'a ça dissipé une idée fausse que j'avais en tête.

On en parlera peut-être. Je pensais que la consommation de bière était passée devant la consommation de vin en France. Ça dépend des années hein.

Ça dépend des années si j'ai bien compris. évez que ça n'est pas le progrès de la bière qui explique les difficultés de la viticulture aujourd'hui. C'est d'autres raisons.

Donc euh voilà. Donc je je pense effectivement que mais dans les ambassades françaises, j'étais ministre d'affaires étrangères à deux reprises, on sert du vin de France. Et oui, j'avais même donné des instructions, ça j'aurais dû être poursuivi pour présal d'intérêt pour que on privilégiait le vin de Bordeaux dans les caves des ambassades.

Et euh aujourd'hui, quel quel comment vous voyez la crise que traverse le monde du vin et notamment Bordeaux ? Est-ce que vous avez encore des liens qui vous éclairent, qui vous qui vous permettent d'être resté de rester attentif à cette situation ? J'y reste attentif.

Bon, j'ai un peu tourné la page de de ma présence à Bordeaux, je le reconnais volontiers, mais il y a d'excellents livres qui m'ont permis de réfléchir à cette crise divin, n'est-ce pas ? J'y reviens. Elle est là.

C'est vrai. Euh ce qui m'a frappé aussi dans votre livre, c'est quand vous parlez du dépérissement des sols. Ça, je n'avais pas bien conscience parce que on a tellement utilisé parfois de produits phytosanitaires que les sols perdent de leur richesse bactérienne.

J'ai découvert il y a pas longtemps, mais il y a il y a un livre là-dessus, un roman, je crois, l'importance du verre de terre, du verre de terre dans dans le sol. Donc il y a ça et puis il y a la crise économique indépendamment du des périssements de des sols. Pourquoi ?

Comment est-ce qu'on analyse ? J'ai parlé de la bière, vous dites que c'est pas la vraie raison. Euh l'autre raison, elle est cela je crois assez forte, c'est euh la difficulté de l'exportation, hein, les facci de monsieur Trump.

Je vais me garder qualifier ce personnage parce que je risquerai d'être interdit de séjour aux États-Unis. J'ai pas envie d'y aller mais le Québec n'est pas encore pas encore. Euh donc voilà, il y a difficulté à l'exportation avec quand même un petit je sais pas ce qu'on pense les les spécialistes ici ou les ou les gens du vin un petit coin de ciel bleu avec l'accord de libre échange qui vient d'être conclu avec l'Inde.

Avec l'Inde puis Mercosour si ça se débloque. Voilà Mercosour aussi 1ARD 500000 habitants. Bon tous ne sont pas riches mais enfin il y a une classe moyenne qui a les moyennes consommées.

Est-ce qu'ils aiment le vin ? Voilà, c'est un défi, il va falloir leur faire aimer, leur faire connaître, leur faire aimer. Et voilà, donc il y a des possibilités.

Et puis alors ce qui m'a frappé le plus dans votre analyse et ça, moi je ne sais pas quelle est la réponse à ça, c'est l'évolution des goûts. C'est que et qui frappe particulièrement Bordeaux. Euh une certaine standardisation des vins de Bordeaux sous l'influence de du du grand dégustateur qu'on a évoqué tout à l'heure a conduit à faire ce que vous appelez des vins très taniques, très boisés qui ne correspondent pas forcément au goût de la jeune génération qui préfère des vins plus légers, plus fruités et cetera.

Il y a eu cette espèce d'épidémie parce que c'était une maladie du rosé hein. Voilà. Voilà.

Alors le rosé le rosé le rosé chez les femmes en bas. Vous vous n'avez pas l'air d'être très fan du rosé parce que parce que les femmes pensent que le rosé c'est pas du c'est pas de l'alcool, c'est une source de grenadine extrêmement agréable et très rafraîchissante. Donc on a eu la mode du rosé et Bordeaux s'est mis à faire du rosé aussi.

Bon euh voilà, les goûts évoluent et comment est-ce qu'on va en tenir compte euh pour continuer à rester dans dans l'excellence hein bordeaux bouge c'est bordau bouge bordeau bouge bien sûr franchement bah j'ai découvert aussi en vous lisant que le vignoble bordelet était le premier vignoble bioance de France euh j'ai compris ce que c'était en vous lisant je suis pas sûr de pouvoir l'expliquer la biodynamie aussi voilà voilà à peu près. Donc voilà, et comme les goûts évoluent, il faut que le produit évolue. Et moi je fais confiance à cette profession qui a toujours su faire preuve de d'adaptabilité de de sens de l'innovation, le sens du commerce aussi.

Bordeaux est le plus moderne des vignobles et très attaché à son à ses progrès, à son évolution et on le voit au quotidien. Oui, mais le le j'avais préparé cet entretien, j'ai des fiches là, je m'étais fait je m'étais fait des trucs là pour faire deux ou trois citations pour vous montrer à quel point les grands bordelais se sont intéressés au vin. Vous connaissez les trois m à Bordeaux ?

Bah oui. Montgesque et Moriac. Montage.

Moriac et Montescueux entre les deux. Alors, je voulais lire un texte de Montagne, ben je le trouve délicieux et on peut pas le le résumer. Les désagréments de la vieillesse qui appelle soutien et réparation pourrait avoir raison avec raison éveillé en moi l'envie de boire.

Car c'est ainsi le dernier plaisir dans le cours des ans. La chaleur naturelle gagne d'abord les pieds. Ça, j'ai pas compris.

Elle correspond à l'enfance. C'est peut-être parce que les enfants apprennent à marcher de là. Alors là, ça devient savoureux.

Elle monte jusqu'au milieu du corps où elle produit selon moi, c'est montagne qui boire, elle pas moi, les seuls véritables plaisirs que procurent les corps, les les seules voluptetés, les autres voluptés ne sont en rien comparables. Et puis sur la fin, comme une vapeur qui monte et s'exale avec l'âge, elle parvient au gosier où elle fait ses derniers sa dernière pause. Voilà, c'est beau ça.

C'est magnifique. Donc le plaisir il il remonte et il finit dans le plaisir du vin. Voilà.

Et puis bon Montessque a été aussi un grand envon. Quand quand Boria, j'ai retenu une de ces phrases qui montre qu'on est un peu chauvin à Bordeaux quand même de temps en temps. Il dit "Hier soir, on avait servi du Bourgogne à la maison.

D'habitude nous buvons du vin." Ça c'est très bordolet comme esprit hein. Oui, je sais.

Vous fat Bourgogne. Vous parlez du 1000 feuilles bourguignon et cetera. Ah mais j'ai j'ai connu un un négociant Bourguignon qui venait à Vinexpo et qui ne qui refusait de dire Bordeaux.

Donc il dit "Oui oui, je viens en Girande. Je viens en Girande." Il voulait pas avoir le mot Bordeaux dans la bouche.

Bon mais voyez, on a rendu la par avec Morioc. Et euh est-ce que euh alors attendez, est-ce que je En fait, on on fait des digressions mais parmi les ma faute. C'est de ma faute.

C'est le plaisir de la conversation. Parmi tous les cru que vous avez pu déguster, il y en a-t-il un particulièrement qui vous a ému ou qui vous a procuré une sensation particulière ? On a parlé d'Ikem 45 tout à l'heure avec Alexandre Lursalus, mais est-ce qu'il y en a eu d'autres ?

Moi, j'ai un excellent auteur auquel je vais me référer qui j'ai toujours refusé de dire quel était mon vin préféré. C'est dans ce livre. Voilà.

Donc je vous piège à votre propre votre propre réponse. Non, d'abord je crois que choisir c'est exclure d'une certaine manière et euh bon euh en plus je veux pas euh vexer ce que je ne je ne citerai pas. Et puis après, c'est vrai, moi je suis assez euh ouvert à toutes sortes d'expériences.

Bon, j'aime la rive droite, la rive gauche, les vins de Bordeaux, mais d'autres vins aussi bien sûr et des vins étrangers. Donc je veux pas me fixer particulièrement sur quelque chose. Sauf que effectivement euh j'ai parlé de sane et dickem parce qu'il paraît que ça se vend plus les vins licoureux.

Oui. Et c'est quand même formidable. C'est le c'est un vin magique sur un foie gras.

Oui. Des landes he parce que c'est le seul le seul foie gras. Voilà.

Ou même sur un rock fort. Délicieux. Ça c'est très très bon.

Et euh alors là, ça va être pas en rapport avec le vin mais avec Bordeaux. Est-ce que vous avez un souvenir particulier, enfin une émotion particulière que vous avez eu à Bordeaux tout à l'heure ? Vous vous avez dit, vous aviez vu l'historien Place des CCons qui vous avait dit que vous avez redonné votre sa fierté au peuple bordelais avec le ravalement des façades et le renouveau de Bordeaux.

Est-ce qu'il y a un souvenir qui vous a particulièrement ému ? Écoutez, en en 24 ans euh avec une petite année d'interruption, euh j'ai vécu tellement de moments euh magnifique, fort, difficile, douloureux et cetera. Euh donc c'est très difficile de euh de choisir véritablement.

Le jour où j'ai appris que Bordeaux était classé dans le patrimoine mondial de l'UNESCO, ça m'a fait plaisir. Je me souviens de tout ça. On s'était battu, c'était en 2006, je crois, en 2007.

Euh voilà. Puis il y a eu d'autres d'autres moments forts, d'autres d'autres moments pénibles, des moments douloureux. J'ai perdu un directeur de cabinet qui s'est suicidé sans que je vois venir les choses.

Voilà. Euh plus récemment euh quand j'ai appris la disparition de Nicolas Floriant m'a fait un choc aussi. Alors j'étais plus j'étais plus ici, j'étais plus mère mais ça m'a fait un choc.

Je signale d'ailleurs que demain on baptisera à la place Gambetta du nom de de Nicolas Floriant. Voilà, il y a des souvenirs euh formidables, des souvenirs euh un peu plus douloureux euh mais je crois que les les les heureux l'emporte très largement sur les douloureux. Tant mieux.

Très beau souvenir mais vouz dire que je je ramène tout ça peut-être à des satisfactions politique mais ma dernière élection c'était en 2000 14 Isabelle euh 2014 je suis dans le bureau de mon directeur de cabinet et j'attends les résultats et les résultats depuis 1995 n'arrivaient jamais avant qu'on les ait à la télévision. Je ne sais pas comment on se débrouillait mais la mairie ne savait pas faire. Alors, je regardais sur les ordinateurs euh les poches de bulletin de vote arrivaient progressivement et je voyais comment puis tout d'un coup, je vois jupé 59 60 61 62 %.

Alors là, je suis descendu grand escalier d'Amérie. Il y avait mes fans en face qui m'ont accueilli en hurlant de joie. Ça battait fort dans le cœur.

Ah, j'imagine. Merci infiniment Alain pour cette cet entretien qui était, je le disais tout à l'heure, d'une grande humanité et je Merci de m'avoir fait parler et compris de m'avoir fait dire des choses que j'aurais pas dû approuer. Merci à vous.

Merci. Alors maintenant, on va passer aux questions dans le public. Euh donc je suppose qu'il y a quelques questions.

Vous n'z pas nous laisser comme ça dans le silence et l'introspection. Et puis il doit y avoir des questions aussi sur euh le les gens qui peuvent nous suivre sur Zoom peuvent aussi poser des questions. Les les questions arrivent là et avant le de répondre aux questions, le problème c'est que j'ai ces projecteurs dans les yeux et que je vois pas la salle.

Non non non, ils vont les éteindre. Vous m'avez assez vu. Donc moi j'aimerais bien vous voir maintenant.

Est-ce qu'on peut allumer la salle et baisser les projecteurs ? Parfait. C'est beaucoup mieux qu'on a dans la figure parce qu'on ne voit rien en fait.

Et avant après la la les questions réponses, on va passer à une dégustation d'un vin que monsieur Alain Jupé a choisi qui est le domaine Perançon 2019, la cuvée l'inattendue qui est un homédoc et que vous aurez l'occasion de découvrir tout à l'heure sous forme d'un verre de l'amitié. Voilà. Donc maintenant, nous passons aux questions.

Vous allez avoir un micro en forme de cube en mousse et donc vous levez la main pour poser les questions et on va on va vous l'envoyer, on va vous le lancer. Alors allez-y. Où est-ce qu'il y a une question ?

Il y a pas de question, c'est fou. Vous êtes tous timides. On a tout dit.

On a tout dit. C'est ça. Alors bah écoutez, s'il y a pas de question euh c'est la première fois que ça arrive en 10 ans.

J'avais préparé des antissèches comme je vous l'ai dit et je m'attendais à ce qu'on me demande de commenter un vin. Alors voilà ce que j'aurais dit. Nous sommes sur une gamme florale assez étendue et complexe où nous distinguons bien le tiul, le jasmin, la capucine, l'angélique, la cassière, la camomille, le mililo avec des touches de pivoine sèche et peut-être même de fleurs de tuya.

Quant aux arômes secondaires et tertières, ils sont présents avec des notes assez franches de liti de mangue, de figes, de pamplemousse. À quoi nous ajouterons la pomme caramélisée et la compote de pruneaux avec un soupçon de cannelle et un rien de muscade. Alors là, je vous rassure, ce n'est pas de moi, c'est de Bernard Pivot dans son dictionnaire amoureux amoureux du vin. qui conclut en disant "Ce n'est plus du vin, c'est chez Fauchon".

Alors, j'ai une question tiens qui tombe directement là. Pouvez-vous nous évoquer la construction de l'auditorium à Bordeaux ? Alors, je pense pas que c'est cet auditorium là, mais c'est l'auditorium de là, on est plus à côté, on est plus dans le vin là.

Euh oui, moi vous savez, je j'aime beaucoup la musique. Je pense que l'Opéra de Paris, de Bordeaux, pardon, est aussi un des fleurons de notre ville. On a l'un des plus beaux théâtres de France avec le théâtre de Victor Louis, mais la salle est petite.

Voilà. Et donc, on jouait souvent avec notre orchestre dans le palais des sports sur le cours Victor Hugo qui était fait pour faire des concerts comme ici pour faire du patinage. Les ben à hordure passait pendant le la date en général de la symphonie à côté du bâtiment.

Et donc je me suis dit qu'il fallait doter la ville de Bordeaux d'un salle de concert digne de ce nom avec une acoustique aussi parfaite que possible. Et donc il s'est trouvé que le cinéma Gomon qui était court est parti a fermé. Il est parti d'ailleurs à Talence je crois.

Et donc un investisseur qu'on connaît à Bordeaux qui monsieur Oyon a racheté ce bâtiment et il a fait une opération immobilière et à l'intérieur de cette opération il y avait un volume disponible qui convenait pour faire un auditorium. Et donc je me suis dit tiens c'est l'occasion en plein centre-ville pas très loin de l'opéra d'ailleurs, de nous doter d'une salle de concert digne de ce nom. La ville a négocié l'achat du volume et nous avons fait un contrat avec un achat a prix forfaitaire non révisable.

Ah oui, l'affaire a pris beaucoup de temps parce qu'il y a eu des problèmes de constructibilité à côté et cetera. Euh et donc le temps a passé et au bout de 4 ou 5 ans, le promoteur vient me dire "Je vais bouffer la grenouille, il faudrait revoir le prix." Je dis "Pas question, c'est un prix forfaitaire et non réalisable." Et donc on a fait un auditorium pour pas très cher.

J'étais très j'étais très content une acoustique extraordinaire. Cela dit, il est magnifique. Et d'ailleurs, vous voyez que il y a des concerts, je crois que c'est Radio Classique qui organise régulièrement des concerts.

Il a une acoustique absolument parfaite. Il a une jauge d'à peu près 1000 à 12 personnes, ce qui est tout à fait bien pour Bordeaux. Donc c'est une très belle réalisation.

On a fait plein de ch Ouais. Je vois qu'il y a des musiques des amateurs de musique qui vont souvent. Et alors, est-ce qu'il y a des questions dans la salle maintenant ?

Parce que est-ce que vous êtes vous avez il y a des choses qu'on a faites aussi là. J'en profite là au max hein parce que pour faire faut chauffer la salle pour faire ma pubelais ne savent pas. Je pense on a un muséum d'histoire naturelle à Bordeaux au jardin public qui est un qui a des collections magnifiques.

Il avait énormément vieilli. On l'a entièrement rénové grâce à la compréhension de sa directrice Nathalie Mémoire qui a subi pendant des années des travaux. On a déménagé complètement les collections et aujourd'hui il est réinstallé.

C'est un lieu magnifique très très pédagogique et je vous invite à le visiter, c'est extraordinaire. Je vous invite à le visiter si vous le connaissez pas. Jordin public.

Alors, est-ce qu'on a des questions ? Ah, allez-y. C'est la première fois que je parle dans un cube, donc Ah oui, c'est original.

Un cube. Un cube. Un cube.

Bonsoir à vous et merci pour cette conférence dialogue qui s'est très bien déroulé et je voulais juste parler d'un truc que vous parlez de Bordeaux il y a 10 ans, mais Bordeaux pour vous dans 10 ans ça serait quoi ? Avant de partir, j'avais lancé une opération avec la métropole qui s'appelait Bordeaux 2050 et on avait essayer de faire réfléchir la population bordelaise à ce qu'elle attendait pour les années à venir. Euh, on avait mis en place toutes sortes de moyens.

Il y avait un bus qui sillonnait les villes de la communauté urbaine et qui organisait des rencontres. On avait un site internet, on avait même fait un escape game, des conférences multiples pendant plusieurs mois et on était arrivé à à faire parler près de 15000 habitants de l'agglomération, ce qui était considérable. C'était Michel la rue Charlu qui avait organisé cette manifestation et après on en a fait une esporte de synthèse avec un petit bouquin très bien fait.

J'en ai gardé deux ou trois idées. La première, vous allez encore dire que j'exagère, mais enfin bon, ça on a demandé à la population de l'agglomération, est-ce que vous êtes content d'habiter ici ? Et deuxièmement, est-ce que vous pensez qu'on y vit mieux qu'il y a 10 ans ?

Ta de trop de réponses positives, 80 %. J'étais content. Et ensuite la deuxième le se qui se dégageait de ce cette enquête est très approfondie, c'était pas simplement un sondage he euh qu'est-ce que vous attendez donc ?

Et là ce qui ressortait c'est la nature. La nature en ville, la nature en ville. Euh c'était un peu à fond salé en sens inverse.

C'était pas la ville à la campagne, mais c'était la campagne dans la ville. Il y avait ce besoin de la population qui avait un peu l'impression quand même que la ville s'était tellement développée, hein. J'avais lancer avec Vincent Feltes, était son vice-président où il était le mien selon les périodes, cet objectif de Bordeaux millionnaire, la ville millionnaire.

C'est pas ça que les Bordelais attendaient. Il commençai à trouver que voilà ça se densifiait trop, que il y avait trop de tourisme, l'hypertourisme, les Parisiens qui arrivaient. Donc, il y avait cette volonté de calmer un peu le jeu et de développer davantage euh des formes d'urbanisme donnant pas plus de place à la verdure.

Encore que je voudrais rappeler que j'ai planté beaucoup d'arbres sur lesqu hein. Je sais pas si vous vous souvenez des quais il y a il y a 20 ans, c'était soit un parking, soit des en garant ruine et des grilles rouillées et aujourd'hui c'est devenu un lieu totalement arbourré. Voilà, il y avait cette exigence.

Donc alors là, je vais dire une bêtise mais je vais quand même la dire. Si je m'étais représenté, j'aurais fait une campagne écologique. Je dis au passage que pendant je vais faire un peu de politique, mais j'ai jamais compris pourquoi l'écologie était à gauche.

Il y a aucune raison que les gens de droite ne défendent pas la nature. Je sais. Est-ce qu'on a une autre question ?

Ah, bonsoir à vous. Merci beaucoup pour la qualité de de cette conférence. J'avais une question sur le présent de Bordeaux.

Vous avez évoqué à l'instant le futur pendant la conférence le passé. Mais aujourd'hui pour vous Bordeaux, qu'est-ce que vous pensez de Bordeaux aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'elle est devenu ?

Alors là, j'ai dans ma poche des jokers. Comme vous le savez, je suis membre du Conseil constitutionnel et j'ai prêté serban devant le président de la République de respecter la neutralité et l'impartialité. Donc je ne vais pas me plonger dans dans l'arène politique ni locale ni nationale.

Désolé, je je précise quand même que je n'en pense pas moi. Est-ce qu'il y a d'autres questions ? Ah, quelqu'un tout en haut.

Ah, c'était une dame. Oui. Bonsoir.

Euh, votre départ a quand même surpris tout le monde quand vous êtes parti pour le Conseil constitutionnel en plein mandat. Il il y a eu un moment de flottement important quand même avant l'arrivée de Nicolas Floriant. Vous pouvez nous Il a couru le bruit que c'était tous les problèmes qu'il y avait avec EUR Atlantique, les jeunes dans la Garonne et euh on n'a pas compris certains d'entre nous.

D'abord, c'était pas en milieu de mandat, il restait 1 an. Il y avait de toute façon des élections municipales en 2020 donc je suis parti 1 an avant. toutes les raisons que vous avez évoqué, je ne suis pas en difficulté tout ça, c'est du pipot.

J'avais décidé depuis bien longtemps de ne pas me représenter en 2020 pour une raison très simple, c'est que je ne voulais pas faire le mandat de trop. Jacques Chamandelmas a été super maire de Bordeaux. Il a fait des choses magnifiques dans cette ville. 48 ans de mandat, 10 ans de trop. il était fatigué, il était malade.

La ville s'était elle-même baptisée la belle endormie et elle avait réellement décliné. Et donc je ne voulais pas me retrouver dans la même situation et j'avais donc décidé de décrocher en 2020. J'avais préparé ma succession.

Il se trouve que c'est vrai tout d'un coup en février 2019, c'est-à-dire pratiquement 1 an avant les élections municipales, je reçois un coup de téléphone du président de l'Assemblée nationale que je ne connaissais pas personnellement. Richard Ferrand, je connaissais en tant que responsable politique, bien sûr et président de l'assemblée, mais je n'avais aucun lien particulier avec lui qui me dit voilà, j'ai l'intention de vous nommer au Conseil constitutionnel, est-ce que ça vous intéresse ? Euh bon, je lui ai demandé un temps de réflexion.

Il me dit il faut me répondre avant ce soir 18h. Euh j'ai consulté autour de moi, y compris Isabelle. Tiens, ce soir, elle ne proteste pas.

En général, elle précise que je n'ai consulté personne, que je me suis enfermé dans mon bureau et que je me suis mis à réfléchir et je me suis dit voilà euh j'arrêterai l'année prochaine, là j'ai cette opportunité, ça m'intéresse parce que c'est c'est un un mandat enfin une mission qui est importante et on voit bien aujourd'hui qu'elle est peut-être plus importante que je ne le pensais encore. Donc j'ai accepté. Alors, quand vous dites qu'il y a une période de flottement, pas vraiment parce que ma succession s'est passée de façon assez fluide, si je puis dire, le conseil ma majorité municipale s'est réunie, je lui ai je lui ai demandé qui souhaitez-vous pour assumer la succession et ils ont choisi Nicolas Floriant qui avait été pendant très longtemps au mois de juin, qui connaissait parfaitement l'administration municipale et la ville de Bordeaux et qui était un garçon euh de grande qualité et donc qui est devenu maire par élection au sein du conseil municipal.

Voilà. Alors, ce qui n'a pas marché, c'est la suite. La suite, c'est les élections municipales de 2020 en plein Covid.

Je vous le rappelle quand même. Les deux tours ont été décalés d'un mois parce que on ne savait pas très bien si les gens pouvaient aller voter ou pas. Je ferai pas de commentaire sur la manière dont la campagne électorale s'est déroulé, mais enfin le résultat, est-ce que vous savez, il était pas complètement conforme à mes vœux, vous en doutez.

Mais c'est ainsi, il y a eu 63 % d'abstention. dans cette élection. Donc voilà, euh je connais très bien Pierre Hermic, il a été je lui ai dit quand il a été élu, j'ai du mal à vous féliciter parce que vous m'avez quand même emmerdé une fois par mois pendant 24 ans.

Donc c'était mon opposant au conseil municipal. C'est un avocat volubil, il parlait beaucoup. Et quand je lui disais maître, le règlement intérieur prévoit que vous avez la périole pour 5 minutes.

Ah mais c'est ah c'est bien vous ça. Vous êtes un dictateur très autoritaire. Alors je m'écrasais, je le laissais parler.

Voilà. Donc je porterai pas de jugement sur ce qu'il fait depuis. Ça c'est à vous d'en déuger.

Mais bon voilà depuis nos relations se sont normalisées et j'ai évidemment tourné la page. Voilà. Je ne sais pas si je vous ai trahi.

Je ne pense pas. Je pense que j'étais jusqu'au bout de ces des engagements que j'avais pris à 1 an près et je pensais que la ville était prête à à poursuivre sur cette lancée. Vous en avez décidé autrement.

Voilà. Alors, il y a une dernière question. Je dis au passage une petite une petite vacherie quand même.

Ce que j'aime beaucoup les mes concitoyens et mes électeurs. Ah ouais. J'ai dit "Vous étiez où là le jour ?" "Ah, on était au fer ce jour-là.

Alors, j'ai j'ai une dernière question qui n'est qui n'a absolument rien à voir avec les élections qui est une question technique. Pour quelle raison la scénographie de la cité du vin a été aménagée de cette façon ? Pensez-vous qu'elle représente suffisamment le vignoble bordela ?

J'ai oublié de le signaler tout à l'heure. Euh la cité du vin, elle doit évoluer euh tout simplement pour rester attractive. Je vous ai dit, c'était 400 visiteurs par an, des visiteurs qui viennent de 180 pays différents.

Donc c'est un lieu très fréquenté par les étrangers, les mais aussi il y a beaucoup de région d'aux, beaucoup de bordelais, beaucoup d'Aquitains, beaucoup de français de la région. Et donc si on veut qu'il revienne, qu'il y ait une revisite au bout de quelques années, il faut bien que on renouvelle aussi la la scénographie. Et donc quand Philippe Massol euh a eu l'intention de de renouveler cette scénographie en 2023, si je me souviens bien, j'ai pensé que c'était une très bonne idée et d'après ce que je sais c'est que la nouvelle scéographie est très appréciée et que quand les gens après la visite mettent leur opinion, ces opinions sont souvent très favorables.

Voilà, je pense que effectivement, j'y suis revenu bien sûr, j'ai regardé ça et et je trouve que c'est très très bien fait, que ça a renouvelé dans un sens peut-être plus simple, plus accessible. On explique mieux aussi comment on fait le vin parce que la plupart des gens qui qui viennent là, qu'est-ce que c'est que la fermentation molctique ? C'est pas c'est pas très facile.

Et là, je crois que c'est c'est assez bien expliqué. Donc voilà, je trouve que c'est plutôt une une belle une belle évolution. Une dernière question éventuellement.

Ah là, il y a un monsieur là. On en a plusieurs. Ah, une là et une autre dernière et ce sera fini.

Alors, le centre puis la gauche. Voilà. Voilà.

Bonsoir. J'avais une question avec la crise actuelle aujourd'hui du vin. Si vous avez une une comment une une phrase à faire passer à la génération des 20 30 ans pour boire du vin et monsieur Boudin peut répondre aussi hein.

Voilà. pas si vous avez bien entendu. J'ai entendu bah mon message ét en deux mots modération d'abord je commence par là bien entendu et et ensuite essayer de comprendre ce qu'il y a derrière ou dans un verre de vin.

C'est une histoire, c'est une mémoire. Ce sont des hommes et des femmes qui se sont consacrés à élaborer ce qui n'est pas un jus de fruits ou je ne sais quelle boisson un peu médiocre. C'est porteur véritablement d'une d'une identité.

Ça fait partie un peu de ce qu'est la France aujourd'hui ou ce qu'elle a été tout au long de son histoire. Donc quand vous buvez du vin, euh pensez un peu à tout ça et surtout c'est bon le plaisir, le plaisir d'abord donc modération et plaisir. Moi je ne sais pas ce que je vais je peux je peux dire.

En tout cas euh ce qui me rassure quelque part c'est que les salons que je fais les que je vois il y a énormément de jeunes et il y en a beaucoup plus qu'il y a 10 ans. Euh donc ça c'est plutôt encourageant. Et ce sont des jeunes justement qui sont des jeunes consommateurs qui sont amateurs, impliqués, curieux et euh et qui ne goûtent pas le vin par hasard.

Et ça, je trouve ça formidable, c'est-à-dire de goûter en pleine conscience, de savoir exactement ce qu'est ce produit et de garder cette curiosité. Donc, soyez curieux et et goûtez le vin, buvez-le consciemment et c'est la meilleure chose qui puisse arriver au vin. Voilà.

Derère question et la dernière question voilà un monsieur d'ailleurs, je ferais remarquer qu'il y a beaucoup de jeunes quand même dans la salle. Monsieur le maire, bonsoir. Avant tout merci pour ce dialogue.

C'est non sans une certaine émotion que je m'adresse à vous parce que bah vous représentez vous représentez quelque chose pour moi très honnêtement. Et donc ma question est la suivante : pendant toutes ces années à la tête de la mairie de Bordeaux, quel regard vous avez porté sur les évolutions de la décentralisation, l'affirmation de nouveaux échelons ? Est-ce que dans votre travail ça ça représenta de nouvelles opportunités, de nouveaux défis au service de la filière viticole ou d'autres domaines, l'affirmation des régions, des métropoles ?

En quoi cela vous a marqué ? Mon expérience personnelle, bon n'est peut-être pas tout à fait transposable parce que c'est vrai que quand vous êtes premier ministre, que vous avez été premier ministre, quand vous demandez au préfet de faire quelque chose, voilà, il se bouge en général. Donc donc je n'ai pas eu le sentiment d'être vraiment paralysé par une sorte de tutelle parisienne qui aurait empêché mes initiatives de de prospérer.

Alors c'est pas vrai peut-être pour pour tous les maires en particulier pour les maires des des des petites des petites villes. Je voudrais peut-être déborder un peu de de mon cas personnel pour vous rendre attentif à une chose, c'est qu'aujourd'hui notre démocratie est en danger et que la démocratie représentative est en crise. D'abord, on vote plus, en particulier les jeunes générations.

Le taux d'abstention ne cesse de monter parce qu'on se dit que ça sert à rien d'aller voter, que les hommes politiques sont menteurs et ou inefficaces. Les grands partis politiques qui ont alterné au pouvoir depuis 1958 ne sont pas en grande forme. C'est le moins qu'on puisse dire et ainsi de suite.

Et puis les principes fondamentaux de la démocratie sont aujourd'hui aussi un peu perdu de vue. Un jour devant une assistance de d'étudiants en sciences économique, en science en droit pardon et en sciences politique, un jeune me dit "Mais comment pouvez-vous justifier que le conseil élection constitutionnel puisse annuler une loi votée par le parlement Je dis mon vieux, il faut reprendre à la base les études hein, il faut lire Montes que quiconque a du pouvoir est porté à abuser du pouvoir. Il faut donc que par la nature des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.

On ferait bien d'envoyer Montessieux à Washington en ce moment. Voilà. Euh voilà.

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le législateur peut faire n'importe quoi au sommet à la Constitution et la loi doit respecter la Constitution. et il faut que quelqu'un vérifie que la loi respecte la constitution.

C'est l'état de droit et c'est le Conseil constitutionnel. Voilà les les principes démocratiques qui sont aujourd'ui un peu perdu de vue. Alors, comment est-ce qu'on peut essayer de de régénérer cette démocratie ?

Parce que comme le disait Winson Jurchill, c'est le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres. Il y a plusieurs façons. Il faut redonner la parole aux citoyens.

Il faut peut-être faire fonctionner le référendum qui est un peu en désude. Et j'en viens à votre question, l'une des solutions, l'une des réponses, c'est la décentralisation. Pourquoi ?

Parce que les seuls élus qui restent à peu près appréciés dans l'opinion générale, ce sont les ma on vous demande ce que vous pensez du député, du sénateur et cetera. C'est quasiment seulement les maires qui arrivent au-dessus de 50 %. Pourquoi ?

Parce que d'abord ils sont proches des gens. Ils sont même tellement proches aujourd'hui que ça devient dangereux. Et d'autre part, ce sont des réalisateurs.

Ils font des choses, hein. Ils se contentent pas d'annoncer des choses. Quand vous êtes ministre, m'est arrivé, vous lancez un projet de loi, la loi peut être votée, mais avant que les décrets d'application ne soient pris, vous êtes viré du gouvernement.

Et en ce moment, ça va très vite, de plus en plus vite. Euh donc quand vous êtes maire, vous voyez le résultat de vos efforts. J'ai vu euh l'inauguration de la cité du vin, j'ai vu l'inauguration du ponchelass et ainsi de suite.

Bon voilà, donc vous êtes des des bâtisseurs et des réalisateurs et c'est la raison pour laquelle il faut rapprocher le plus possible le niveau de décision de cet échelon de décision qui sont les les élus locaux. D'où la décentralisation. Alors, c'est pas vraiment le sujet de cette rencontre.

Je vais pas vous ennuyer avec les idées qu'on peut avoir dans ce domaine. Simplement, soyez attentifs. Le prés le Premier ministre annoncé une proposition de loi, un projet de loi important pour aller un coup plus loin dans la décentralisation de façon à donner au aux collectivités territoriales davantage de compétences, davantage de moyens, davantage de liberté et davantage de réalisation. le tout dans un dialogue peut-être renforcé avec l'échelon local de l'État qui s'appelle le préfet.

Donc c'est cette idée d'avoir un couple préfet maire qui fasse avancer les dossiers sans que tout remonde est obligatoirement à Paris. Donc voilà ce que je peux vous dire sur la décentralisation. Je pense que c'est une voie qu'il faut maintenant pousser un petit peu plus loin avec.

Moi j'ai toujours la facheuse habitude de poser le pour et le contre. On dit qu'il faut donner un pouvoir réglementaire aux régions par exemple. Pourquoi pas ?

Ça veut dire quoi ? Que la règle de droit pourrait demain ne pas être la même à Strasbourg et à Bordeaux, à Marseille et à Lille, à Nant et qu'est-ce qu'il y a à l'est ? Lyon par exemple.

Voilà. Or, les Français ont une passion pour l'égalité. Tokville a même écrit "Les Français aiment tellement l'égalité qu'il la recherchent dans la liberté mais qu'ils sont prêts à la à la trouver aussi dans la servitude." Donc voilà la décentralisation.

OK. Tout en respectant cette sensibilité des Français à une forme d'égalité entre les territoires et les citoyens. Pardon ?

Ben là, on s on est parti très loin de Bordeaux du vin surtout si on buvait un peu maintenant. On va y aller. Merci infiniment à tous pour la qualité de votre écoute.

Merci A. Alors ce soir, exceptionnellement pour déguster, nous allons passer par le bas de de la salle et non pas par le haut. Donc on va passer par le hall.

Et euh je remercie infiniment toute l'équipe technique de l'auditorium du de la cité de Philippe et toute son équipe. Et on se retrouve pour le prochain grand entretien le 17 mars avec Marie- Thérèse Bartelm et son fils Antoine des Alsaciens qui vont nous parler du domaine Alberman, de la biodynamie et surtout de la transmission. Qu'est-ce que c'est que de reprendre un domaine après ses parents ?

Et ben vous entendrez Antoine et Marie- Thérèse en parler avec passion. Je vous remercie infiniment et une très belle soirée, une très bonne dégustation.