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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 10 juin 2024 32 min

Législatives anticipées : "Nous pouvons l'emporter", estime François Ruffin

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0:01
Présentateur

France Inter, Nicolas Demorand, édition spéciale. Et c'est la suite de cette matinale spéciale au lendemain du coup de tonnerre des élections européennes et de l'annonce de la dissolution de l'Assemblée Nationale. Dans les minutes à venir, trois invités au micro de France Inter. 8h45, François Ruffin, député insoumis à NUPES de la Somme. 8h35, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste. Et tout de suite, Stéphane Séjourné, que je salue. Bonjour, bienvenue. Bonjour à vous deux. Vous êtes à la fois ministre des Affaires étrangères et patron du parti Renaissance, le parti présidentiel.

Racontez-nous, pour commencer, à quel moment avez-vous appris que le président de la République allait dissoudre l'Assemblée Nationale ? Avez-vous été surpris, voire sidéré, comme tout le monde, puisque cette hypothèse avait été rejetée fermement tout au long de la campagne ?

1:02
Invité politique

Bon, d'abord, j'étais avec le président de la République quand il a pris sa décision. Et je tiens à le dire ici aussi à vos auditeurs, c'est d'abord une démarche qui est sincère. Au moment où 40% des électeurs aux élections européennes ont fait le choix d'une liste d'extrême droite, où on ne peut pas dire que l'Assemblée Nationale fonctionne bien maintenant depuis deux ans, que le gouvernement et la France, le pays, font face aussi à un certain nombre d'enjeux historiques. La position de la France dans les grandes crises à l'international, vous l'avez dit, je suis ministre des Affaires étrangères, les enjeux économiques, les enjeux climatiques...

Mais il n'en était pas question dans la campagne, il n'en était pas question. Et le président a fait le choix en conscience, et je pense que c'est toujours bien de revenir devant les électeurs pour clarifier la ligne politique, et surtout poser la question d'un choix historique de qui va gouverner le pays jusqu'à 2027. Je crois que le président de la République...

1:57
Présentateur

Il remet son mandat en jeu, d'une certaine manière, c'est ça ?

2:00
Invité politique

Non, en conscience, convoque des élections législatives pour pouvoir clarifier un certain nombre de points. J'ai évoqué les enjeux auxquels on doit faire face au niveau international et au niveau national. Et donc c'est une nouvelle élection qui commence aujourd'hui, une élection législative sur des enjeux nationaux et internationaux également, sur lesquels la majorité présidentielle aura des choses à dire, projet contre projet.

2:24
Présentateur

Pardon, mais on n'a jamais vu un président dissoudre un parlement national sur une élection européenne ? Quel rapport ?

2:31
Invité politique

Je vous le dis, je pense que c'est une élection de clarification. Et donc, pour lever des blocages, on a vécu des dissolutions de confort. Ce n'est pas une dissolution de confort. Aujourd'hui, le schéma électoral français montre que 40% des électeurs qui se sont déplacés ont choisi une liste d'extrême droite. Et donc, vous cédez la demande de Jordan Bardella ? La majorité est relative au Parlement, à l'Assemblée nationale. Encore une fois, la NUPES et notamment LFI a créé des conditions de la bordélisation de cette Assemblée. Attendez, on parle de vous d'abord.

3:06
Présentateur

Est-ce que c'est le RN qui fixe l'agenda politique désormais en France ?

3:09
Invité politique

Pas du tout. C'est le président de la République qui a choisi en conscience. Et donc, c'est un agenda de clarté, de décision. Vous savez, je vous le dis, de plus en plus de démocratie bascule à peu près partout dans le monde. Et on a la chance en France de pouvoir élire nos dirigeants et clarifier les lignes politiques. C'est prévu par nos textes et notre Constitution. Et au moment où les démocraties dans le monde deviennent minoritaires, je pense qu'on doit se féliciter que le président de la République prenne cet engagement et nous propose et permette aussi aux Français de s'exprimer sur la ligne politique du pays.

Ce sera le cas dans les prochains scrutins et dans cette campagne qui démarre aujourd'hui.

3:50
Présentateur

Mais vous aviez dit que ces Européennes étaient les plus importantes de l'histoire. Et en réalité, on s'aperçoit donc, après leurs résultats, qu'elles avaient un enjeu national, c'est ça ?

4:01
Invité politique

Il y a une donne politique. Et cette donne politique, je viens de le dire. Il y a des enjeux importants et il y a une clarification à faire. Cette clarification va être menée. Je souhaite qu'on s'inscrive dans un choix de projet politique pour le pays. Et ça nous permet aussi, à un moment donné, de relégitimer des gens qui gouverneront le pays. Et je souhaite que cette campagne, y compris, soit menée par ma famille politique, avec ses alliés. On est plusieurs formations politiques. Et on y va pour gagner, je le dis. On y va pour gagner. J'entends un esprit de défaite derrière. Mais c'est une nouvelle élection qui commence avec d'autres enjeux.

Et j'aimerais bien qu'on pose les questions très franches sur les questions économiques. Quelle politique économique pour nos pays ? La réponse sur le dérèglement climatique. La réponse également sur les grands enjeux du monde. Nous avons tous des réponses différentes.

4:53
Présentateur

Dans la presse, il y a un mot ce matin qu'on lit. C'est le mot de poker. Et la métaphore de faire tapis. Bref, du jeu de hasard. Est-ce que le président de la République fait un pari en allant à la dissolution de l'Assemblée nationale ?

5:10
Invité politique

Non, je crois que c'est un pari de confiance. Confiance envers les Français. Et donc, les Français doivent décider de la ligne économique, politique, géopolitique, internationale de la France. Et donc, on a besoin de stabilité. On voit depuis deux ans que l'Assemblée nationale ne fonctionne pas bien. Et le résultat d'hier est un coup de tonnerre aussi dans la vie politique. Il faut le prendre conscience. Et je l'ai dit, nous l'admettons, les résultats sont mauvais à cette élection européenne. Maintenant, nous avons un projet. Nous partirons sur des orientations politiques. Et je souhaite que le bloc central puisse être conforté, légitimé.

Parce que je pense que depuis le début de ce mandat, nous avons des idées à mettre en place. Et surtout, à faire progresser le pays sur le volet économique et social.

6:01
Présentateur

Parlons de ce bloc. Le parti que vous dirigez, Renaissance, entre donc en campagne. Vous-même, vous serez candidat aux législatives ?

6:06
Invité politique

Oui, probablement. Vous quittez le ministère du Quai d'Orsay ? C'est une élection importante. Non, non, le gouvernement reste en place, reste en responsabilité. Mais comme tout responsable politique, au moment où il faut prendre ses responsabilités, je prendrai les miennes sur une législative.

6:22
Présentateur

Alors, et vous avez expliqué à l'AFP hier soir que vous ne mettriez pas de candidat Renaissance ou Horizon au Modem devant des candidats issus des républicains, des écologistes, des socialistes, qui seraient dans l'arc républicain. Expliquez-nous. Il n'y aura pas de candidat de votre camp face à des sortants ?

6:40
Invité politique

Je ne veux pas qu'on rentre dans une logique de 4ème République et de jeu d'appareil. Nous sommes dans la 5ème. C'est vous qui avez ouvert ce débat ? On se met dans une logique de projet. Et donc, tous ceux qui veulent s'inscrire dans cette logique de projet sont les bienvenus. Qu'est-ce qu'un arc républicain ? Puisque la définition a changé tout au long du caractéristique. Mais par définition, le projet que nous porterons dans cette élection sera dans le champ républicain. Donc, tous les députés sortants qui souhaitent s'investir dans ce projet, il y aura une discussion avec les partenaires de la majorité.

Mais également, je souhaite qu'on puisse avoir une discussion avec des gens raisonnables à qui on peut travailler. Et dans ce cadre-là, oui, nous donnerons les investitures à ceux qui partagent ce projet. Et donc, chaque candidat qui se dit en désaccord avec ce projet aura évidemment un candidat en face aux élections législatives.

7:30
Présentateur

Stéphane Séjourné, Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, vient d'entrer dans ce studio. Bonjour Olivier Faure. Il aura un candidat en face de lui ? En Seine-et-Marne ?

7:42
Invité politique

C'est à lui de voir. Nous ouvrons à tout le monde. Moi, je ne veux pas qu'on soit dans une logique d'exclusion. La majorité présidentielle a toujours été dans une logique de dépassement politique. On a des enjeux très forts. L'extrême droite est très forte dans les sondages. Et maintenant, dans cette élection européenne, nous le constatons également. Je souhaite que tous ceux qui veulent partager un projet républicain peuvent s'allier.

8:08
Présentateur

Mais c'est qui ? Donnez-nous des noms qu'on voit à peu près l'idée.

8:12
Invité politique

On a travaillé avec des gens raisonnables à droite, des gens raisonnables à gauche. Et donc, c'est à eux de répondre à cette question. Encore une fois, on travaillera dans une optique de pouvoir avoir une majorité, une stabilité à l'Assemblée nationale. Et on partage certaines convictions avec Olivier Faure. On a des désaccords également. Qui est en face de vous ?

8:34
Présentateur

Et qui aimerait vous répondre, Olivier Faure, pour le Parti Socialiste. Est-ce que vous êtes prêts ? Puisque vous êtes raisonnable à faire alliance, à entrer en campagne pour faire face au RN les 30 juin et 7 juillet prochains ?

8:47
Invité

Je ne sais pas qui doit déterminer, qui détient la raison. Moi, ce que je vois, c'est que depuis hier soir, il y a eu un vote sanction comme jamais. Un parti au pouvoir qui est dépassé de plus de la moitié par son principal opposant qui est d'extrême droite. Et donc, maintenant, vouloir nous expliquer qu'il faudrait venir au secours de la majorité pour pouvoir en faire face à l'extrême droite alors que c'est le Président qui a seul décidé de cette dissolution. Je me pince. Vraiment, je me pince. La réalité, c'est que ça n'est pas par des accords d'appareil minables que nous arriverons à quoi que ce soit.

La seule chose à laquelle nous puissions arriver, et ce que je souhaite pour la gauche, c'est que nous puissions répondre là où le Président n'a pas su répondre. Depuis 7 ans, à quoi fait-il face ? Aux Gilets jaunes ? A des gens qui manifestent sur la réforme des retraites ? A des gens qui, aujourd'hui, refusent la réforme de l'assurance chômage ? Voilà les sujets sur lesquels nous devons, évidemment, avancer et donc renoncer à la réforme des retraites, renoncer à la réforme de l'assurance chômage, renoncer à la loi immigration, et peut-être qu'à ce moment-là, vous entendrez une oreille se tendre vers vous.

Mais ça n'est pas en nous expliquant qu'il va falloir maintenant adhérer au projet de la majorité que nous allons vous suivre.

9:59
Présentateur

Stéphane Séjourné, vous répond sur ce point ?

10:02
Invité politique

Je pense qu'on a un besoin de clarification et de clarté politique. La clarté, c'est ce que je vous propose maintenant. La clarté politique, c'est aussi de rejoindre un projet gouvernemental, puisque c'est ça les élections législatives. Et encore une fois, la majorité, mon parti politique, l'ensemble des partis qui constituent cette coalition du centre, ouvriront. C'est l'ADN du dépassement. Est-ce que vous y croyez vraiment ? Oui, j'y crois. Et je vais vous dire, j'entends l'esprit de défaite à gauche depuis maintenant 24 heures. Mais c'est quoi l'esprit de défaite ? C'est vous la défaite ! Mais c'est vous la défaite ! Ruffin, qui nous explique que l'ERN a déjà gagné cette élection.

N'importe quoi ! De toute façon, l'ERN sera majoritaire dans l'hélicycle. Et bien non, je pense qu'on est en capacité aujourd'hui de proposer un certain nombre de choses. Moi, je ne veux pas que Jean-Philippe Tanguy gère l'épargne des Français. Je ne veux pas que Jordan Bardella accueille au niveau des JO les délégations internationales. Je ne veux pas que ce soit Marine Le Pen qui négocie avec Poutine demain. Et donc, oui, on va se battre. Et on va se battre sur cette élection législative avec tous ceux qui veulent se battre. Et donc, notre ADN, c'est d'ouvrir et de permettre à tous ceux qui se reconnaissent dans un projet qui peut associer largement, avoir une cohérence politique.

parce que c'est important d'avoir de la clarté politique, de pouvoir se reconnaître là-dedans et d'avancer.

11:24
Présentateur

Et donc, ce sera sans vous, Olivier.

11:25
Invité politique

Mais la réalité, c'est quoi ?

11:26
Invité

La réalité, c'est que depuis hier, on a un RN qui n'est plus seulement aux portes du pouvoir qui a mis un pied dans la porte. Et on a un pouvoir actuel qui s'est totalement disqualifié puisqu'il n'est plus qu'à 15% et qu'il n'est plus en mesure de faire barrage alors que le président a été élu et réélu précisément pour faire barrage. Mais comme les Français ont préféré l'original à la copie après la loi immigration, ils ont choisi hier de porter au plus haut l'extrême droite. Et donc, aujourd'hui, qui peut faire barrage à l'extrême droite ? Il n'y a plus que la gauche. C'est la gauche qui est à 30%. Ce n'est pas le parti de M. Séjournais qui est à 14%. C'est là où ça ne colle plus.

Mais vous êtes à combien, Olivier Faure ? Mais nous, nous sommes à 14. On est exactement à un demi-point de vous. 13,8, précisément. Oui, 13,8. Et donc, nous avons aujourd'hui une gauche qui existe dans ce pays qui fait plus de 30%. Il n'y a que la gauche qui puisse aujourd'hui interrompre ce que l'on finit par croire inéluctable via la victoire du RN.

12:24
Invité politique

Je suis incapable aujourd'hui de citer une proposition qui soit de la nupesse. Et qu'est-ce que vous allez défendre aux élections législatives ? Mais je vais vous le dire.

12:35
Invité

Avec LFI. Par exemple, le taxe et les chiffres à profit, vous avez refusé. Nous avons tous proposé de faire en sorte aujourd'hui que la bifurcation écologique puisse être financée par ceux qui ont éhontément profité de toutes les crises géopolitiques comme sanitaires. Est-ce que vous avez, vous, un seul instant, pensé à cela ? Non. Vous nous avez servi à cette théorie du ruissellement qui n'a jamais fonctionné nulle part. Et donc, effectivement, oui, je crois qu'il y a aujourd'hui besoin d'aller chercher l'argent là où il se trouve.

C'est-à-dire pas dans la poche des Français, dans leur immense majorité, mais dans celle de ceux qui ont aujourd'hui les moyens de nous aider à faire face à ce défi climatique.

13:13
Présentateur

aujourd'hui, vous devriez, vous devriez aussi clarifier votre camp. Merci Stéphane. Stéphane Séjourné, ministre des Affaires étrangères et patron, donc, du Parti Renaissance. Merci d'avoir été à notre micro et d'avoir accepté le principe de ce dialogue impromptu avec Olivier Faure, qui continue sur ces mots du Président de la République qui dit avoir confiance en notre démocratie. Il veut que la parole soit donnée au peuple souverain. Cela vaut mieux que tous les arrangements, toutes les solutions précaires. ces mots-là d'hier soir, comment les avez-vous reçus ?

13:50
Invité

J'ai du mal à les comprendre parce que ce qu'on entend ce matin, c'est M. Séjourné qui essaye de faire de la tambouille. Et donc, en réalité, il n'y a aucune clarté dans ce qu'ils définissent. Et le chef de l'État qui a conduit, en réalité, le pays à ce que l'extra-noite est à ce niveau-là, devrait quand même se poser quelques questions. Le problème, c'est qu'il n'a pas voulu répondre à toutes les crises qui se sont, en fait, enfin, les mots ne sont pas de moi, ils sont de Laurent Berger. Quand il parlait de crise démocratique l'an passé, au moment de la réforme des retraites, c'est à ce moment-là qu'il fallait répondre.

C'est à ce moment-là qu'il fallait faire en sorte de ne pas laisser le champ libre à une extrême droite qu'il a présentée lui-même comme la seule alternative. Et donc, à force de dire que vous avez le choix entre nous et l'extrême droite, les Français ont fini par choisir l'extrême droite.

14:34
Présentateur

Mais Olivier Faure, parlons aussi de votre camp. Vous parlez d'un bloc de gauche dans une campagne européenne où on a vu les Insoumis vous critiquer sévèrement, les têtes de liste s'écharpées. Êtes-vous prêt à dire ce matin, on oublie tout, on recommence avec la NUPES de 2022 ?

14:47
Invité

Non, je ne dis pas qu'on fait comme si rien ne s'était passé. Il s'est passé des événements dans cette campagne des élections européennes.

14:53
Présentateur

Le 7 octobre, par exemple, qualifié au nom de Hamas d'organisation terroriste, par exemple ?

14:58
Invité

Oui, entre autres. Mais ce que je dis maintenant, c'est que moi j'appelle ce matin à ce que nous puissions constituer un front populaire avec des gens qui se respectent, des gens qui sont prêts aussi à faire fonctionner la démocratie en leur sein. Parce que si nous devons gouverner demain, ça ne se fera pas en étant simplement les supplétifs de qui que ce soit. Aujourd'hui, il y a un rapport de force qui est né de l'élection européenne, qui est un rééquilibrage profond entre les différentes forces à gauche et il faut en tenir compte.

Moi, je ne demande pas à qui que ce soit de s'aligner sur ce que je suis, mais je ne m'alignerai pas sur ce que dit aujourd'hui, par exemple, Jean-Luc Mélenchon. Nous avons aujourd'hui nécessité de réfléchir.

15:41
Présentateur

Donc, ce ne sera pas derrière son drapeau,

15:43
Invité

l'union de la gauche. Il n'y aura pas d'alignement sur qui... Voilà, il faut faire les choses totalement différemment. Il faut, je pense, construire quelque chose de neuf et ce front populaire auquel ont appelé d'ores et déjà les communistes, François Ruffin, est pour moi la formule qui permet de faire face ensemble aux risques d'extrême droite. L'union, l'union, l'union,

16:07
Présentateur

l'union, on a entendu, mais il y a déjà deux ans, je me souviens du programme de la NUPES qui contenait 33 déjà nuances et divergences. Comment vous tranchez les questions du nucléaire pour ou contre, le commandement de l'OTAN, on en sort, on y reste, les livraisons d'armes à l'Ukraine, la notion de violence policière, tout ça, c'est des choses qui ne vous séparent, socialistes, écologistes, communistes, insoumis ?

16:28
Invité

D'abord, si nous gagnons l'élection législative, nous allons gouverner pendant deux ans. Ensuite, ce sera l'élection présidentielle qui rebattra les cartes.

16:39
Présentateur

Et vous refaites un programme commun pour le 30 juin alors ?

16:41
Invité

Et donc, nous devons nous accorder sur 10, 15 priorités. Vous voyez bien qu'en deux ans, on ne forge pas une politique qui permette de tout entreprendre. Donc, il faut établir des priorités. Est-ce que nous sommes capables de nous mettre d'accord sur ces priorités ? Est-ce que nous sommes capables d'avoir les points qui permettent de faire accord entre nous ? Moi, je crois que oui. Je crois que c'est possible si on en a la volonté. S'il n'y a pas derrière, toujours, la volonté d'être dans la surenchère et de chercher par ses propres marqueurs à, finalement, faire dérailler le train. Nous n'avons pas le temps. Il est minuit, moins 5.

Et donc, nous devons maintenant faire en sorte que l'extrême droite ne puisse pas être la force qui accueille. Est-ce que Raphaël Glucksmann de mener le combat à gauche ? Mais je crois que c'est pas comme ça qu'il faut poser les questions. Il faut que Raphaël Glucksmann joue son rôle dans ce rassemblement. Mais je ne veux pas qu'on commence par la question de l'incarnation. Je veux qu'on commence par la question du projet, la question de ce qu'on fait ensemble. Et comme François Ruffin est entré dans le studio et que François, hier, a appelé aussi à un front populaire, je crois que la formule, elle est là.

Comment est-ce qu'on fait pour que des forces qui ont des différences, qui ont des sensibilités singulières, puissent s'accorder sur des priorités et faire en sorte que nous puissions tout simplement répondre à l'urgence et faire que pendant deux ans, nous puissions être en mesure d'adopter les rupes nécessaires sur la réforme des retraites, sur la réforme de l'assurance chômage, répondre aux gilets jaunes, faire en sorte que nous puissions, sur la question du travail, ne pas aller vers l'assurance chômage qui soit à nouveau sacrifiée, mais être en mesure de proposer un autre avenir. Il y a les idées, puis il y a,

18:25
Présentateur

vous le savez, Olivier Faure, les gens qui les portent, qui à Matignon, dans le camp de la gauche que vous décrivez ce matin ? Mais vous voyez, vous ramenez toujours tout. Non, je ne ramène pas toujours tout, vous le savez très bien. Ce que je vous dis,

18:39
Invité

c'est que si nous sommes majoritaires, pour susciter des votes, on verra, mais si nous sommes majoritaires, nous aurons de toute façon un groupe parlementaire qui sera majoritaire dans la majorité. Et ce sera à lui d'envoyer son candidat à Matignon. Maintenant, peut-être qu'on arrivera à faire mieux dans les prochaines heures ou dans les prochains jours, mais à ce stade, vous comprendrez que je ne puisse pas répondre à cette question-là.

19:04
Présentateur

François Ruffin, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro d'Inter. Je rappelle que vous êtes député LFI NUPES de la Somme. Vous avez entendu quelques mots d'Olivier Faure. À l'instant, le travail est possible avec lui ?

19:19
Auditeur

Oui. Moi, je viens pour gagner. Je viens pour dire il n'y a pas de fatalité, nous pouvons l'emporter. La crise de 29, elle a débouché sur le nazisme en Allemagne, mais elle a débouché sur le front populaire en France. Il n'y a pas de fatalité, nous pouvons l'emporter. Hier, j'appelais un front populaire et Olivier Faure pour le Parti Socialiste, il répond ce matin positivement. Fabien Roussel il a répondu positivement dès hier soir. Marie Tondelier pour Les Verts, il a répondu elle aussi, tout comme Génération. Et Jean-Luc Mélenchon ? On n'a pas de réponse de Manuel Bompard. Maintenant que les choses soient claires, les insoumis sont les bienvenus dans ce front populaire.

On ne va pas tracer des lignes de manière sectaire. Ce n'est pas ça le sujet. Et on vient pour dire qu'on peut gagner et qu'on peut faire gagner les gens. Je crois que des mesures communes, on en a déjà un paquet ensemble. Si on dit que sur le terrain de la fiscalité, taxation des dividendes, que les petits payent petits, que les gros payent gros, ça c'est commun à la gauche et c'est de l'ordre dans le pays de l'évidence. Si on dit indexation des salaires sur l'inflation, c'est de l'ordre de l'évidence. Si on dit référendum d'initiative citoyenne comme mesure démocratique, c'est de l'ordre de l'évidence.

Si on dit fin des contrôles d'identité sans qu'il y ait de délit constaté côté policier, c'est de l'ordre de l'évidence. Si on dit reconnaissance de la Palestine comme État sur le plan diplomatique, de l'évidence. Donc il y a un certain nombre aujourd'hui d'évidence qui sont partagées à gauche. Maintenant la question c'est est-ce qu'on veut se rassembler ? Est-ce qu'on veut gagner ensemble ? Ou est-ce qu'on veut perdre ?

20:47
Présentateur

Vous répondez quoi à cette question puisque vous dites même les insoumis sont bienvenus ? Vous répondez quoi François Ruffin à la question que vous venez de poser ?

20:53
Auditeur

Je dis qu'il faut gagner ensemble. Je dis que maintenant vous avez quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat disait Louis Aragon pendant la deuxième guerre mondiale. Eh bien aujourd'hui on est dans cette situation-là. Il ne s'agit pas de faire l'étalage de nos rancœurs. Il faut les jeter à la rivière. On n'est pas là pour revenir éternellement sur le passé. On est là pour se tourner vers l'avenir. On pensait qu'on allait avoir trois ans. Trois ans pour donner une issue au pays. Lui offrir un débouché. Et finalement on a trois semaines. D'accord ? Eh bien de cette urgence faisons-en une chance. Faisons-en une chance parce que le pays a besoin d'un débouché.

Je le dis aujourd'hui il y a une place pour les syndicats d'en se déboucher. Pour des syndicats qui ont l'an dernier une, deux, trois, quatre, cinq fois rassemblé un, deux, trois millions de personnes dans le pays. Les syndicats qui sont un modèle et un espoir parce que depuis l'an dernier les syndicats ils ont dit nous nous sommes unis malgré nos divergences malgré nos différences nous sommes unis. Pourquoi ? Parce qu'ils ont conscience de la gravité du moment. Moi je viens ici à votre micro en ayant conscience de la gravité du moment et en disant si on veut gagner on peut l'emporter il n'y a pas de fatalité.

21:58
Présentateur

C'est l'acte 1 de l'union de la gauche Olivier Faure en direct sur Inter ?

22:02
Invité

Moi je partage tout ce que vient de dire François Ruffin et je partage même ce qu'il vient de dire à l'instant et qui est très important. Ce que nous devons faire aujourd'hui ce n'est pas simplement un rassemblement d'appareils il faut aller au-delà il faut qu'la société civile organise le monde syndical associatif les ONG que tous ces gens qui partagent avec nous une vision du monde puissent être associés à ce qui doit être un mouvement qui emporte l'adhésion et qui permettent d'éviter le pire et ça c'est possible parce qu'il faut jouer la gagne on est les seuls à pouvoir aujourd'hui l'emporter le 7 juin Et on oublie

22:38
Présentateur

les uns comme les autres la campagne européenne qui a été rude quand même et à prendre

22:43
Invité

les deux listes On n'oublie rien simplement ce que j'observe c'est que même pendant la campagne des européennes je soutenais Raphaël Guessman de toutes mes forces et François Ruffin soutenait Manon Aubry j'observe que François et Raphaël ont su dialoguer et trouver le ton par exemple leurs échanges épistolaires mais en actant bien sûr mais attendez on n'est pas exactement identiques Juste un mot pour rappeler l'échange épistolaire de janvier Olivier Faure entre François Ruffin

23:10
Auditeur

Excusez-moi mais je pense qu'on n'en est vraiment plus à l'échange épistolaire de janvier Luxman hors sol déconnecté sans ancrage

23:14
Présentateur

Bah oui mais c'est récent quand même

23:16
Auditeur

Là on est dans une situation de gravité il y a urgence d'accord donc voilà qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui la question c'est qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui je le dis moi je préfère gagner ensemble que perdre au divisé et je pense qu'il y a une situation de gravité que toute la gauche aujourd'hui donc c'est une opportunité finalement cette dissolution

23:31
Présentateur

c'est une opportunité finalement cette dissolution

23:33
Auditeur

vous savez on a un président de la république qui est frappé d'hubris dans une démesure totale

23:39
Présentateur

vous l'avez traité de taré oui bah oui

23:41
Auditeur

parce que comme je suis sur France Inter je ne dis pas taré je dis hubris vous voyez je m'adapte à mon public donc mais voilà la vérité c'est que voilà avec un melon énorme il joue notre pays à la roulette russe oui à la roulette russe sauf que cette fois ici il y a 5 balles dans le barillet ok et nous on est là pour éviter que ça pète voilà parce que nous on ne veut pas un pays qui se déchire on ne veut pas le déchirement national on veut se rassembler on veut se demander comment on peut faire ensemble comment on peut faire ensemble la transition écologique comment on peut faire ensemble que les gens ils aient le sentiment pas seulement le sentiment qu'ils soient respectés dans leur travail on vient porter ça ce que ne porte pas du tout le rassemblement national aujourd'hui donc on est dans ce moment de gravité donc les petites questions de popole de tambouille les calculs et les machins pour moi c'est dehors alors on oublie ça

24:26
Présentateur

mais vous allez vous réunir quand, comment, à quelle heure dans quel lieu

24:28
Auditeur

dès aujourd'hui je pense qu'il faut que tous ceux qui le veulent j'ai dit Marine Tondelier j'ai dit Génération j'ai dit évidemment Olivier Faure qui est en face de moi j'ai dit Fabien Roussel pour le parti communiste et j'espère Manuel Bompard il faut qu'ils se réunissent et qu'on se propulse on se propulse pour redonner de l'énergie du désir de la joie de l'espérance et se dire qu'à la fin on peut gagner vous savez en 97 quand Jacques Chirac fait sa dissolution la gauche elle part à 31% à l'arrivée elle en a 55 hier on était à 32% donc on peut faire 56

25:00
Présentateur

et quelle place pour Jean-Luc Mélenchon Olivier Faure

25:04
Invité

mais c'est pardon de vous le dire Nicolas Demorand c'est pénible de le ramener systématiquement à Jean-Luc Mélenchon on vient de vous dire l'un comme l'autre que nous avions un désir puissant qui est celui de faire réussir la gauche parce que nous ne voulons pas tenter l'aventure avec l'extrême droite dans quelques semaines et donc ce que vient de dire François et ce que je partage c'est qu'aujourd'hui il y a une volonté qui est déjà exprimée par nombre d'acteurs à gauche il faut l'élargir à ceux qui le voudront c'est la FI c'est aussi la société civile organisée faire en sorte que toutes celles et ceux qui aujourd'hui sont prêts à rejoindre ce qu'on appelle un front populaire puisse le faire et puisse se retrouver avec c'est une opportunité que nous n'avons pas souhaitée mais maintenant qu'elle est là qu'est-ce qu'on en fait est-ce qu'on se résigne est-ce qu'on considère que finalement c'est inéluctable l'extrême droite doit arriver au pouvoir ou est-ce qu'au contraire on considère que la gauche est encore la seule qui peut arriver à stopper cette arrivée et donc nous allons le faire nous allons nous battre comme des chiens et nous n'allons rien lâcher nous allons nous battre pendant plusieurs semaines pour faire valoir ce que peut être un programme de gauche pendant les deux années qu'il nous reste avant la fin du quinquennat et être en mesure de véritablement répondre aux questions que se posent les gens et je le dis pas seulement aux électeurs de gauche je le dis aussi pour les électeurs du RN je le dis aussi parce qu'il faut aussi parler à ces 40% de gens qui se sentent abandonnés et qui ne peuvent pas être lâchés et en leur disant que finalement il serait des non il faut leur parler il faut leur dire qu'aujourd'hui sur le pouvoir d'achat sur la démocratie sur la question écologique nous allons leur proposer des choses qui vont permettre de retrouver l'espoir pour eux-mêmes pour leurs enfants

26:48
Présentateur

on va passer au standard inter on nous attend Julien bonjour Julien bienvenue oui bonjour on vous écoute

26:56
Auditeur

oui voilà moi je voulais signaler à la gauche que si elle part des Unis et qu'elle ne part pas sur le programme de la NUPES qui m'a permis de voter aux dernières élections pour la NUPES je voterai FN donc voilà maintenant normalement ça suffit donc soit je vote FN on va au chaos et on verra ce qui se passe après soit ils partent unis et dans ce cas là je voterai FN je voterai sûrement à gauche

27:18
Présentateur

merci merci pour cette question qui veut y répondre François Rouch

27:22
Auditeur

je veux rassurer cet auditeur nous partirons unis nous partirons unis et sur des bases qui sont claires avec des mesures qui sont communes et qu'on mettra en place en 6 mois

27:30
Présentateur

Olivier Faure

27:32
Auditeur

idem que alors les et de toute façon je veux dire j'entends dans cet auditeur ne jamais faire le choix du chaos d'accord ne jamais faire le choix du chaos pour notre pays ne jamais faire le choix d'une force qui viendra trier les français sur leurs origines selon leur couleur de peau jamais faire ce choix là ne jamais faire ce choix du chaos

27:53
Présentateur

Christine sur l'application d'Inter impossible de voter à gauche avec la France insoumise vous ne pouvez pas Olivier Faure esquiver indéfiniment cette question vous savez qu'une partie du vote qui s'est porté sur Raphaël Glucksmann est un vote qui s'est détourné de Jean-Luc Mélenchon que dites-vous aux électeurs qui ont voté hier dans cet état d'esprit

28:17
Invité

voyez clair il ne s'agit pas d'être dans les roues de Jean-Luc Mélenchon il ne s'agit pas d'être dans une forme de de caution à qui que ce soit la réalité c'est qu'il faut faire neuf et il faut faire un ensemble qui soit un ensemble démocratique où nous puissions ensemble décider et il ne s'agit pas de devenir les supplétifs de Jean-Luc Mélenchon mais je le dis aussi à cette dame à Christine c'est du bien entendu qu'il n'est pas imaginable non plus de laisser l'extrême droite l'emporter on ne peut pas au nom du fait qu'il y a dans cette coalition des gens qui ne sont pas forcément ceux que nous avons nous-mêmes souhaités pour l'élection européenne on ne peut pas dire qu'à cause de ça on va renoncer à casser le pouvoir et renoncer et surtout donner la place à l'extrême droite ce qui serait le drame absolu

29:10
Présentateur

Jean-Marc est au standard et nous appelle de sa voix bonjour bienvenue

29:15
Auditeur

oui bonjour bonjour à tous merci de prendre mon appel je vous en prie donc un peu comme le premier auditeur donc j'ai soutenu la NUPES quand elle était un peu dynamique il y a quelques mois voilà et dès hier soir à entendre aussi bien Toussaint le parti socialiste les uns les autres tirer la couverture à eux en disant que ce seraient eux qui mèneraient la lutte voilà moi je sens qu'ils partent déjà bien divisés voilà et que M. Ruffin a eu raison d'être dynamique comme il l'était je sens que M.

Fort est un peu plus circonspect voilà ils ont été aux affaires maintenant moi je me demande comment ils peuvent imaginer qu'ils vont gagner si à peine la ligne de départ ouverte depuis hier soir et la dissolution comment ils espèrent gagner vraiment bien compris

30:10
Présentateur

bien compris Jean-Marc bien compris François Ruffin n'a jamais été aux affaires d'Odorique du tout vous voulez répondre François Ruffin

30:17
Auditeur

je sens chez vos auditeurs de la résignation de l'abattement et c'est le premier adversaire que nous avons à combattre mais je suis convaincu que les mêmes auditeurs parce qu'on va se mettre en dynamique parce qu'on va y aller pour gagner non seulement ils vont venir voter pour la gauche demain pour moi déjà c'est un miracle que hier la gauche fasse 32% c'est un miracle c'est un miracle quand on a passé des semaines et des mois à s'injurier à s'insulter à se déchirer à donner un spectacle qui était quand même pas flamboyant loin de loin de loin de là

30:47
Présentateur

en additionnant des divisions

30:48
Auditeur

mais on arrive quand même à 32% ces électeurs là je veux les remercier je veux les féliciter je veux les applaudir et donc on part de ce socle là on est déjà à 32% on est déjà à 32% on peut s'appuyer sur ce socle pour monter plus haut pour faire mieux c'est une évidence et pour terminer je le dis à 55-56% en étant un peu optimiste mais on n'a pas besoin de ça vous savez on n'a pas besoin de ça aujourd'hui pour gagner dans un pays qui est foncièrement divisé aujourd'hui en trois blocs

31:16
Présentateur

merci à tous les deux François Ruffin Olivier Faure on vous laisse sortir bras dessus bras dessous de ce studio manifestement

31:24
Auditeur

on sera bras dessus bras dessous avec toute la gauche et je pense qu'on sera bras dessus bras dessous avec des millions de personnes dans la rue et j'espère que les syndicats ils vont appeler à une grande marche pour le Front Populaire c'est à eux de lancer cette initiative parce qu'ils sont un modèle et un espoir pour nous

31:35
Présentateur

bien entendu François Ruffin le message est passé françois Ruffin

31:40
Locuteur

françois Ruffin