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interviewRassemblement National· 28 février 2025 6 min

Aleksandar Nikolic : "Bruno Retailleau a un double discours !" (TF1)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Alexandre Darnicolé, qu'on parlera dans un instant de la colère de ce maire qu'on voyait à l'instant dans le journal. Mais d'abord cette annonce de François Bayrou ce matin dans le Figaro. Il nous dit qu'en cas de blocage sur les retraites, le référendum est une issue. Qu'est-ce que vous répondez ? Banco, Chiche, allons au référendum ?

0:13
Aleksandar Nikolic

C'est ce qu'on demande. Mais vous savez, Emmanuel Macron déjà disait en 2017 qu'il voulait des référendums, on les attend toujours. Il a dit lors de ses voeux en décembre dernier qu'il allait mettre en place des référendums, on n'en a toujours pas. En réalité, M. Bayrou, je pense, essaie de gagner du temps. J'espère qu'il ira jusqu'au bout. On a envie de lui faire confiance. Mais vous savez, Clémenceau disait, quand on veut enterrer un problème, on crée une commission. De Gaulle disait que ce n'est pas en créant des comités théodules ou Gustave qu'on règle un problème. C'est en ayant une vision ou en consultant les... Mais en faisant un référendum, on réglerait le problème ?

Là, il avait créé ce conclave sur les retraites pour gagner du temps. De toute évidence, à un moment, on ne peut pas mettre tout le monde d'accord et donc ça ne marche pas. Donc demandons aux Français, effectivement, de se positionner avec un vrai débat sur les conséquences de la réforme des retraites.

0:59
Présentateur

Hier, le syndicat Force Ouvrière a déjà claqué la porte, justement, des discussions de ce fameux conclave. Il dénonce une mascarade. Ils ont eu raison de partir ? Pour vous, il n'y a pas de discussion possible ?

1:06
Aleksandar Nikolic

C'est ce que je vous dis. En fait, ça ne peut pas marcher, en fait, quand vous avez des positions aussi divergentes. C'est qu'on a une année d'avance. Évidemment. Et c'est ce qu'on avait dit, d'ailleurs, au moment où il avait annoncé à la fois des commissions, des conclaves sur beaucoup de sujets. Il faut, à un moment, soit déterminer une vision, soit consulter les Français. C'est comme ça que, normalement, on fait de la politique. C'est par cette vision-là où, justement, quand on pense que c'est un sujet qui peut faire débat dans l'opinion publique et où c'est important pour les orientations du pays de consulter les Français.

1:35
Présentateur

Alors, venons donc à la colère de ce maire qu'on voyait à l'instant dans le journal, qui menace d'une grève de la faim. Ça se passe à Lure, 8000 habitants, en Haute-Saône. Ce qui est en cause, c'est l'assignation à résidence d'un homme en attendant son expulsion du territoire. Il est fiché S. C'est le frère de l'un des tueurs du Pataclan. Il a été déchut de sa nationalité française par Gérald Darmanin en 2023. Est-ce que vous soutenez le combat de ce maire socialiste ?

1:58
Aleksandar Nikolic

On soutient surtout le fait que, quand on a une OQTF, on doit être expulsé. Et on souligne encore une fois notre faiblesse dans les rapports de force avec les pays d'origine. C'est ce qui fait que... Parce que là, en l'occurrence, et l'Algérie et le Maroc ont refusé de délivrer des laissés passés. Oui, malgré une augmentation du nombre de visas accordés, par exemple. Puisque dans le rapport de force, systématiquement, pour essayer d'obtenir plus d'OQTF exécutés, on accorde toujours plus. Par exemple, avec l'Algérie, on augmentait de 19% les visas à 250 000.

2:29
Présentateur

Mais vous avez le sentiment que le rapport de force, Alexandre Dernicolique, fonctionne ? Mais écoutez, cette semaine a dit, on va réexaminer les accords. Hier, l'Algérie a répondu, nous rejetons catégoriquement les ultimatums et les menaces. On n'a pas avancé d'un pouce, en l'occurrence.

2:40
Aleksandar Nikolic

Je pense que le temps de la réflexion, il est révolu. Je veux dire, on est face à un pays, enfin, pardon, un gouvernement qui a des déclarations hostiles régulièrement envers le gouvernement algérien. Le gouvernement algérien, en l'occurrence. Et nous, on ne met pas une pression réelle sur, par exemple, les transferts d'argent. On pourrait taxer beaucoup plus les transferts d'argent qui représentent une part importante du PIB algérien. On pourrait arrêter ou menacer l'aide de développement. Et je parlais de l'augmentation du nombre de visas. Mais changeons le rapport de force, faisons en sorte, et disons, non, il n'y aura plus de visas tant que vous ne reprenez pas les...

Allons au bout de la logique. Si on fait tout ce que vous dites, si on va au bout des sanctions... Ce cas, il est symbolique à lui. Oui, mais précisément, allons au bout de la logique. Alors, lui-même était membre de l'État islamique. Il a été condamné à 9 ans, il a été relâché au bout de 6 ans. Vous dites, il a signé à résidence. Il était d'abord dans un cas, et ensuite, il a été libéré.

3:35
Présentateur

C'est pour ça que je vous pose la question, allons au bout de la logique. Si on fait ce que vous dites, si on va jusqu'à même rompre les relations avec l'Algérie, par quel miracle ils reprendront leurs ressortissants ? C'est-à-dire qu'en fait, on assumera de dire, on rompt avec l'Algérie, et on n'aura plus aucune possibilité demain que l'Algérie accepte de reprendre ses individus sous OQTF.

3:53
Aleksandar Nikolic

Mais en fait, quand je dis qu'il faut changer le rapport de force, moi, je suis convaincu que l'Algérie cèdera. En fait, eux pensent à... Ah oui, mais convaincu, c'est un espoir. Mais non, ce n'est pas un espoir. Aujourd'hui, ça ne marche pas. Je vous disais, pour péniblement monter à 9% d'exécution des OQTF, et même pas ceux qui sont considérés les plus dangereux, comme on le demandait, on a augmenté considérablement les visas. Mais si ça ne marche pas, vous en faites quoi des OQTF ? Mais ça marchera. C'est un peu la méthode couée, ça. Quand M.

Trump, par exemple, dit à la Colombie qu'ils doivent reprendre leurs clandestins, sinon les droits de douane vont augmenter de 25%, mais dans la nuit, ça a été réglé. À un moment, on est face à un gouvernement qui comprend ce rapport de force. Je n'ai pas dit que c'était un modèle, je dis que très souvent dans les négociations internationales, oui, quand on s'impose en mettant la pression sur des choses qui peuvent entraîner des difficultés pour les pays d'origine, en général, ils cèdent, oui.

4:50
Présentateur

Je voudrais juste vous entendre sur un point très précis. Le RN s'est dit également inquiet de la délivrance de visas aux imams qui viennent en France le temps du Ramadan. Bruno Retailleur a répondu, il dit qu'ils viennent et ils repartent à l'issue du Ramadan. Où est le problème alors ?

5:04
Aleksandar Nikolic

Mais parce qu'on considère, nous, qu'il peut y avoir des imams français, peut-être même par exemple sur la ligne Shalgoumi, vous savez, une ligne plus moderne.

5:12
Présentateur

Aujourd'hui, il n'y a pas assez d'imams pour que les fidèles musulmans puissent célébrer le Ramadan dans de bonnes conditions.

5:16
Aleksandar Nikolic

Non, mais c'est... On tient une position de force en disant, attention, vous allez voir ce que vous allez voir, et on n'arrive pas à expulser justement les influenceurs algériens qui ont des déclarations hostiles à la France. Vous reconnaissez qu'on peut faire venir des imams et qu'ils repartent ? La première des décisions, c'est de les faire venir. Il y a des doubles discours. Je reviens juste sur le cas de l'Urbe. Vous savez que Bruno Retailleau, notre député, ça avait été dit dans le sujet d'Ingération, avait été interrogé au Salon de l'Agriculture par notre député. Monsieur Retailleau a dit, c'est réglé dans la journée. Non, c'était un mensonge encore une fois.

Et en fait, il y a toujours ce double discours. Mais ça n'a pas été réglé. Il y a toujours ce double discours. Et là, en l'occurrence, la première des décisions, parce qu'ils disent, le gouvernement dit, il va y avoir un moment de réflexion sur les accords par rapport à l'Algérie, par exemple, ou autre. La première des décisions très concrètes, c'est d'accueillir des imams algériens. Merci beaucoup, Adrien Jeanne. Merci, Alexander Nikolic.