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interviewMichaël Delafosse, le podcast· 4 juin 2026 29 min

#8 Michaël Delafosse : Disparition d'Edgar Morin, réponses à vos questions

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bienvenue sur le podcast de Mickaël Delafosse. Chaque semaine, il abordera l'actualité. Voici votre nouvel épisode. Bonjour Monsieur le Maire. Bonjour. Alors ce podcast aura une résonance un peu particulière suite à la disparition d'Edgar Morin qui avait 104 ans. Pour beaucoup de Montpellierains, c'est un voisin familier, une présence lumineuse dans la cité. Pour le monde entier, il restera le passeur et le penseur de la complexité. Monsieur le Maire, en 2019, vous étiez président de Destin de Montpellier. Vous aviez initié un cycle de conférences et c'est à cette occasion que vous avez convié Edgar Morin sur la thématique « Faire fraternité ».

0:41
Michaël Delafosse

Avant de répondre à la question de la conférence, j'ai évidemment une pensée très émue en apprenant comme beaucoup de Français, mais au-delà, sur toute la planète, la disparition d'Edgar Morin. Il y a plein d'universités en Amérique latine qui portent son nom, de lieux où il a été distingué de son vivant. C'est un penseur universel. Et par l'intermédiaire de Nathalie Quentin, qui s'occupe de l'hôtel du Palais, place de la Canourgue, en 2017, j'avais fait sa rencontre à 7h30 du matin, je m'en souviens très bien, avec Sabah. Il regardait la ville et on avait discuté. Il prenait la décision de s'installer à Montpellier, habitant rue Jean-Jacques Rousseau, autre grand penseur.

Et il s'était énormément familiarisé avec la ville. Il aimait s'y déplacer. Il était très généreux avec tous les gens qu'il rencontrait, présence lumineuse. Et moi-même, je lui avais proposé de faire une conférence sur un thème qui est celui de la fraternité. La fraternité, c'est écrit sur les écoles, c'est écrit sur les mairies, mais comment on l'a fait, la fraternité ? C'était l'objet de notre échange et je l'avais organisé avec un ancien ministre, Jean-Claude Guesso, ministre communiste, homme de gauche. Et on l'avait fait ensemble à la faculté de Richter.

Ça avait été un moment extraordinaire, où je vous parle de mémoire, où Edgar Morin, à la fin, invitait à ce que Eros, l'amour, l'emporte sur Thanatos, la guerre. Et donc, au fond, il nous renvoyait à nos sentiments humains, à notre attitude au quotidien, à notre attitude face aux tensions du monde, parce que nous ne sommes, nous habitons qu'une seule planète. Certes, nous sommes d'innombrables peuples, mais une seule humanité. Et voilà, il avait tenu un propos qui avait renversé la salle au sens littéral du terme. Et dans cette conférence, il se trouve que je l'ai ramené en voiture. J'étais honteux parce que j'avais une vieille Picasso achetée d'occasion.

Et je l'avais transporté et il m'avait demandé de lui montrer un peu Montpellier, au-delà de l'écusson, au-delà de la fac de Richter. Et je lui avais dit « Est-ce que tu veux découvrir, ce tutoyer, des lieux de la mémoire de la Résistance ? » Et je l'ai amené de Richter, en haut de l'avenue de Lodev, où est entré le marquis de Birakeim. Et donc, il est descendu, il a touché la stèle très ému, et il m'a dit « Mais moi, je suis entré dans Paris, dans la Résistance. » Et il me racontait, le 24 août 1944, vécu par un jeune homme, il me parlait de la Neuves, qui étaient les républicains espagnols qui accompagnaient Leclerc dans l'entrée de Paris.

Et il m'a décrit sa peur, parce qu'il n'avait plus assez de munitions. Et là, d'un seul coup, vous êtes saisi par l'histoire. Moi, je l'enseigne, l'histoire. Vous enseignez avec des documents, mais là, un témoin direct, il avait 17-18 ans, dans Paris. Vous savez qu'il se ponctue par l'arrivée du général de Gaulle, Paris martyrisé, Paris outragé, mais Paris libéré, libéré par son peuple, figure du peuple de Paris, Edgar Morin. Et donc, il remonte dans la voiture, et je lui dis « Mais est-ce que tu veux voir d'autres ? » Il était curieux, il avait 95 ans, 96 ans, il était très âgé. Et il me dit « Oui, je l'amène au pied des arceaux, où il y a la croix de Lorraine.

» Et il touche, il dit « Les gens qui ont fait ça devaient être très inspirés par le général de Gaulle. » Je lui dis « Sans doute, il y a plusieurs interprétations sur cette croix de Lorraine. » Et puis je lui dis « Mais tu sais, à Montpellier, il y a la photo historique de Jean Moulin, quand il entre au Panthéon, qui est dans l'imaginaire national. » Et alors là, on se gare aux arceaux et on monte voir la photo. Je vous lis ce souvenir parce que c'est un cadeau unique qui m'a été fait. Et je n'étais pas à l'époque mère, mais voilà, vous rencontrez l'histoire, quand vous avez eu la chance de rencontrer Edgar Morin. Des gens de ma génération ont entendu des récits de résistants.

Et je me souviens, ça me revient, quand les cloches de la cathédrale de Paris résonnent, eh bien, il n'y avait plus besoin de prendre les armes, m'a-t-il dit. Paris était libéré. Voilà, donc de la conférence préférée Eros à Thanatos, à ces moments très intimes, voilà, moi, ma rencontre avec Edgar Morin, avant d'être maire, comme homme de gauche qui a rencontré un monument, je pèse mes mots, un monument de la pensée, qui est un personnage incroyable.

5:52
Présentateur

Merci pour ce moment que vous partagez avec nous. J'imagine que cette rencontre-là vient reste gravée, vient bouger des choses en nous, ou conforter des choses en nous, sur, justement, je voulais qu'on parle un peu des racines de l'engagement, ou de vos engagements. Vous avez évoqué dans l'Agora des savoirs, vous avez écrit que la pensée d'Edgar Morin, c'est un rempart vital face à la bêtise et au nivellement par le bas. L'une de ses grandes leçons, c'est que tout est lié. On ne peut pas gérer une ville uniquement par les chiffres, il faut donc faire aussi avec le cœur. Ma question, c'est la suivante, c'est concrètement, dans vos arbitrages quotidiens, M.

le maire, comment cette méthode Morin vous permet de faire cohabiter les deux ?

6:40
Michaël Delafosse

Question complexe. Ce qui est très intéressant avec la pensée d'Edgar Morin, c'est qu'il voulait casser les silos académiques, la sociologie, la philosophie, l'histoire. Non. Et donc, il écrit six ouvrages sur la pensée complexe, invitant aussi dans l'éducation à adopter ce mouvement. Et je pense que c'est une posture, parce que souvent, ce qu'on appelle les silos dans nos propres administrations, ça ne nous permet pas de régler les problèmes. Donc, il faut toujours décloisonner les approches plus horizontales de confiance dans l'autre. Parfois, on se rassure quand on se met dans son silo. Mais ça, c'est un sujet de gestion des administrations. Non, votre question, elle est forte.

Vous savez, quand on prend des décisions, on pense aux gens. Moi, je ne peux pas tout régler. Personne ne peut tout régler. Mais on peut toujours essayer de se dire, quand on fait des choses, on se dit, mais quelles conséquences ça peut avoir pour les gens ? Je vous ai souvent pris cet exemple. Mais moi, je le prends souvent. La gratuite des transports, il y a toujours des gens qui vous expliquent, qui c'est, qui payent ? Enfin, moi, ce que je sais, c'est qu'il y a des gens qui n'ont pas beaucoup d'argent. Pourtant, ils travaillent. Pourtant, ils ont travaillé toute leur vie. Ils aspirent à élever leurs enfants. Certains sont dans l'épreuve. Ça, c'est prendre des décisions avec du cœur.

C'est ce week-end, on a couru la Montpellier-Rennes. C'est d'une banalité évitante. C'est la 17e édition. C'est quand même bien d'être ensemble dans la joie, de voir ses sourires, de voir ce coureur de 90 ans, M. O'Doul, personnage incroyable, et de voir plein de babies, de jeunes, courir plus vite que moi. Mais d'être dans la course, de voir ces gens en équipe. Edgar Morin, c'était une invitation à... Enfin, à un moment, quand on le voyait, à 101 ans, 102 ans, il restait pétillant du regard. Il aimait la vie. Il nous invitait à vivre. Et moi, la vie, elle est complexe aussi. On fait des arbitrages tout le temps. On a de la frustration. On a de la déception.

Mais ce n'est pas penser tout le temps des jugements catégoriques. C'est accepter l'erreur. Accepter qu'on ne fait pas tout bien. Donc moi, quand je prends des décisions, on essaie de se dire, voilà, qu'est-ce qui peut faire du bien aux gens ? Comment on peut faire juste ? Voilà, c'est... En tout cas, il faut toujours l'avoir à l'esprit. Sinon, qu'est-ce qu'on devient ? On devient cynique. Sinon, on est là parce qu'on est là pour soi. Je ne suis pas là pour moi. C'est un grand honneur pour moi. Grande fierté d'être le maire. Mais je suis le maire parce que je veux être utile. Je vais essayer d'apporter. Je vais essayer de servir. Je vais essayer de...

Voilà, de me dire ce qu'on fait, ça change les choses en bien. Je parlais des arceaux tout à l'heure. C'est vrai que supprimer un parking, ce n'est pas une décision simple parce qu'il y a des gens qui ont des habitudes. Mais quand d'un seul coup, votre espace public, il devient un grand espace de jeu pour les ados, pour les parents avec leurs enfants, pour les grands-parents, et que d'un seul coup, les enfants, ils jouent dans la fontaine parce qu'il fait chaud. Et que le bruit, c'est les rires, c'est les discussions, c'est les gens qui... Voilà, et ça, c'est bien. Puis parfois, on doit aussi affronter des épreuves. Malheureusement, les sujets de sécurité sont là.

Mais quand on les appréhende, on doit se dire qu'il faut qu'on pense aux gens parce que les gens, ils n'ont pas à vivre dans la peur. Nous, notre rôle, c'est de conjurer les peurs.

10:19
Présentateur

Vous parlez de la vie. On va y revenir avec cette troisième question. Mais on a quand même tous des images très fortes d'Edgar Morin à Montpellier. On a Les Centons à l'Opéra avec Paco Ibanez, qu'il a appelé son frère. L'avenue à la Mosson, où il est venu rencontrer les enfants et les jeunes ados. Pour lui, vivre, ça n'était pas survivre. C'était cultiver la part poétique de la vie. Donc c'est l'amour, c'est l'émerveillement.

10:51
Michaël Delafosse

Et rose plutôt que Thanatos.

10:54
Présentateur

Je voulais vous demander quel devoir d'action il vous laisse aujourd'hui et comment est-ce qu'on continue à Montpellier à faire la place à ce qu'il appelait l'espéré ?

11:04
Michaël Delafosse

Moi, ce que je retiens d'Edgar Morin, au-delà d'innombrables souvenirs, d'abord, c'est vrai qu'on avait voulu lui rendre hommage en fêtant ses 100 ans à la comédie. Bon, on s'attendait à faire une soirée de deux heures, ça a duré quatre. Il a chanté, il a dansé avec Paco Ibianes. C'était très fort. Et tous ceux qui étaient dans cette salle de l'opéra-comédie s'en souviennent. C'était très, très, très puissant. D'ailleurs, j'ai mis en hommage sur Facebook quelques vidéos de ça et je vois qu'elle est partagée et j'invite ceux qui écouteront ce podcast à les regarder parce que c'est lumineux. Edgar Morin, il a invité à faire des oasis de fraternité. Il disait, mais le monde va mal.

Le monde va très mal. L'intelligence artificielle avec les gens de la tech qui veulent s'accaparer de tous les pouvoirs. Le retour, hélas, dramatique de la guerre en Ukraine, au détroit d'Ormuz où des gens veulent empêcher la solution à deux États entre Israéliens et Palestiniens qui est le seul chemin viable. Et il nous invitait à faire des oasis de fraternité. Moi, je trouve cette image très forte des oasis de fraternité. Vous savez, un oasis, qu'est-ce que c'est ? Tout le monde a lu Tintin, les Mirages. Tout le monde a vu peut-être des films ou d'un seul coup, on voit de l'eau. Les oasis de fraternité, c'est de l'eau, de l'ombre, des arbres. Et c'est un oasis.

Eh bien, la fraternité, il faut que chacun d'entre nous on essaye de la cultiver. Moi, ce que je constate à Montpellier, c'est que cette semaine, dans le quartier Carnot, dans le quartier de la Méditerranée, il y a eu des fêtes. Il y a des gens qui ont fait des oasis de fraternité. Quand je vois les bancs sur la place de la Comédie, sur l'esplanade, je me dis, les gens regardent, les gens se parlent. C'est de la fraternité. Je vais même vous raconter une anecdote. Quand on a décidé de rénover la place de la Comédie, moi, j'avais promis de mettre des arbres pour faire de l'ombre, pour essayer de rafraîchir.

En plus, des fontaines, qui vont d'ailleurs se remettre en service cette semaine, la porte d'eau. Henri Bava, qui est l'urbaniste, qui nous a aidé à penser ce projet, m'a dit, monsieur le maire, ce serait bien de mettre un grand banc. Qu'est-ce qu'on ne m'avait pas dit ici, dans ce bureau-là ? On m'a dit, ah non, il ne faut pas mettre de banc, il y aura des malheureux, ce sera dur en termes de sécurité. Mais je dis, mais on va faire un banc. On va mettre ce grand banc. Parce que c'est généreux, un banc. Un banc, c'est un endroit où, quand on est vulnérable, une personne âgée, on s'assoit. Quand on est jeune, on se pose. Quand on est amoureux, on s'embrasse. Et donc, on a mis ce grand banc.

Et c'est souvent à cette invitation d'oasis, de fraternité que je pensais, quand je me suis dit, on va faire ce grand banc. Et ce grand banc, je vais là encore vous raconter une anecdote. Quand en 2024, il est installé, et qu'il y a les arbres qui sont posés, qui vont grandir, il leur faudra 10 ans pour atteindre les 15, 16 mètres, et faire l'ombre attendue, mais on s'aime pour l'avenir. Il y a plein de gens qui me disaient, ah, monsieur le maire, bravo ce que vous avez fait sur la colonie. Et je leur ai dit, vous avez vu, il y a les arbres. Il dit, ah non, non, non, non, non. Nous, ce qu'on adore, c'est le banc. Alors, il y a une dame, je lui dis, pourquoi ?

Elle me dit, parce que je ne suis pas obligé de payer pour m'asseoir, c'est bien. Ah, ce banc, il est sympa. Puis un jour, il y a une dame, elle me dit, monsieur le maire, c'est génial ce que vous avez fait sur la colonie. Je lui dis, vous avez vu, il y a les arbres. Elle me dit, non, moi, j'adore le banc. Cette dame, elle a 70 ans. Et je lui dis, mais alors pourquoi vous aimez le banc ? Parce que je drague, monsieur le maire. Eh bien, et rose plutôt que thanatos. Et qu'en fait, à Montpellier, quand on est sur la place de la comédie, terrasse des cafés, sur le banc, sur les bancs de l'esplanade, c'est un petit oasis de fraternité.

Les enfants qui jouent, les gens qui se promènent, les gens qui regardent, les gens qui contemplent la vie. Ça montre qu'on peut être ensemble. Et parfois, on entend parler plein de langues étrangères qui rappellent que Montpellier est une ville monde avec ses étudiants étrangers, avec les gens, les touristes qui viennent d'ailleurs, les gens qui viennent d'ailleurs, les réfugiés que notre ville se doit de savoir accueillir. C'est très fort. Et la ville est belle. Et donc, elle est belle à la fois par les façades de la comédie, l'aménagement de la comédie, l'aménagement de la comédie, mais aussi parce que les gens sont beaux. Voilà. Et ça, c'est...

Chacun peut cultiver un petit oasis de fraternité. Alors, le programme d'Edgar Morin, voilà, à ceux qui veulent les forces du repli, nous, on peut cultiver des oasis de fraternité. Je vois déjà débarquer les commentaires en disant, « Monsieur le maire, aménagez-nous la place là, on voudrait faire ça. » Puis, je vois quelques ronchons qui disent, « Il a une vision d'idéal. » Mais moi, j'ai une vision d'idéal. Parce qu'en fait, Victor Hugo, il dit, « L'idéal, l'utopie, c'est la réalité de demain. » Si on ne croit pas en un monde meilleur, on devient cynique, désabusé, désenchanté. Et croyez-moi, ça, c'est le carburant des forces autoritaires.

Donc, à Montpellier, portons cette fraternité comme oasis, cette convivialité aussi, qui est celle du Midi, qui est celle de la Méditerranée, qui nous est chère. Voilà. Quelques leçons d'Edgar Morin. Merci. Il me permet de me livrer un peu. Parce que c'est quelqu'un qui a beaucoup compté. Je sais que tous les habitants de la place de la Cano veulent lui rendre hommage. On le fera. Et puis, vous avez fait référence. Moi, j'y suis pour rien. C'est le formidable Nourdine Barra qui l'a un jour invité. Et il a fait une agora dans le quartier de la Païade. Mais c'était incroyable. On en parle encore.

Les gens se souviennent de cette rencontre entre Edgar Morin, devant les Halles des Quatre Saisons, et Nourdine Barra. Mais c'est extraordinaire. C'est bien une ville où le penseur, le plus grand penseur, vient dans la cité discuter avec les gens. Ça s'est déjà produit dans l'histoire. Socrate se promenait dans les rues d'Athènes et discutait avec les gens. Ils faisaient accoucher des idées nouvelles. Ils pratiquaient ce qu'on appelait la maïotique. Moi, ça me va bien de pouvoir comparer Montpellier, ville des arts et de la culture, à la grande cité grecque du 5e siècle.

17:37
Présentateur

Merci, M. le mal.

17:38
Michaël Delafosse

Merci.

17:39
Présentateur

On va passer aux questions des autres.

17:41
Michaël Delafosse

Aux questions, j'imagine, nombreuses. Tout à fait. Sur beaucoup de sujets.

17:45
Présentateur

Aussi divers que des chiffres et du cœur. Nous avons Diamant Style, qui demande quand est-ce que le zoo sera par un sanctuaire qui sauve les animaux et pas les exploite.

17:58
Michaël Delafosse

OK. C'est un des débats qui a lieu beaucoup sur les parcs zoologiques. Et je veux le dire, on va conserver un zoo, le zoo du Lunaret, qui est le fruit de la donation d'Henri Lunaret en 1913 à la ville de Montpellier. Le zoo, il a été créé par Marcel Gallet sous la municipalité de François Delmas. Il y a eu beaucoup d'aménagements qui ont été faits. Et donc, le zoo, il va faire l'objet de travaux importants pour préserver le bien-être animal, pour que les espèces qui sont présentes dans le zoo correspondent aux températures auxquelles elles sont habituées. Tout ça est très réglementé. Ça va être aussi un lieu refuge d'animaux qui ont été exploités dans les cirques et que nous allons recevoir.

Et donc, ça permet aussi aux jeunes Montpellierains, Montpellieraines, aux habitants, de comprendre la diversité du vivant. Et donc, le zoo, c'est un lieu de promenade, un lieu d'agrément, mais c'est aussi un lieu de culture scientifique pour comprendre les enjeux autour des espèces. Et donc, nous agissons de manière très respectueuse de la réglementation avec des questionnements aujourd'hui sur le bien-être animal. Prochainement, il va y avoir de grands chantiers, justement, pour renforcer le bien-être animal et permettre à tout un chacun de pouvoir le visiter dans de bonnes conditions.

Des fois, je reçois des lettres à la mairie sur le thème « Monsieur le maire, on va au zoo et on ne peut pas voir les animaux ». Non, en fait, les animaux ont droit aussi. C'est la convention de Washington qui pose cela et que nous appliquons. Ils ne sont pas obligés d'être mis tout le temps en visibilité. Et donc, ils ont des espaces où ils peuvent être à la mairie. Et c'est la grande différence entre un zoo public, celui de Montpellier, qui est un service public, et il faut que nous en soyons très fiers, et un zoo de type privé, comme à Beauval, où quand vous vous promenez, je porte moi-même une contribution au débat.

Tout le monde ne sera peut-être pas d'accord avec moi, mais c'est une forme de disneylandisation des animaux. Et quand on arrive dans certains endroits, on perçoit la douleur que ressentent les animaux. Par contre, je ne suis pas favorable à fermer les parcs zoologiques parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens à qui ça permet aussi de comprendre notre rapport avec le vivant. Et je veux en profiter pour saluer les équipes du zoo, du Lunaret, et indiquer à tout le monde que notre cave, c'est de garder un zoo, mais de renforcer notre engagement en faveur du bien-être animal.

Nous construisons actuellement un hôpital de la faune sauvage juste à côté du zoo où nos vétérinaires du zoo soigneront les animaux type les oiseaux qui auraient pu être blessés et qui, s'ils n'étaient pas soignés, mourraient après une agonie sur nos routes. Et donc, c'est une manière aussi de réparer, de soigner une partie de la faune qui a besoin de nous. Je mesure bien à travers cette question. Il y a beaucoup de débats qui viennent. Je veux en partager. Moi-même, j'ai changé d'avis sur ces sujets. Il fut un temps, je disais « Ouais, il faut une super collection du zoo, il faudrait des pandas. » Non, non, non.

Il faut le faire dans le respect du bien-être animal et qu'on puisse travailler sur notre relation entre homme et nature pour retrouver une harmonie. Voilà. Donc, c'est un chemin. Donc, on garde notre zoo mais de manière différente.

21:32
Présentateur

Justement, il y a...

21:32
Michaël Delafosse

Donc, les girafes, le rhinocéros, enfin, je... Voilà. les zèbres parce que ça, ça correspond au climat mais vous ne verrez pas d'ours polaire. Vous ne verrez pas des choses qui ne peuvent pas s'accommoder au milieu méditerranéen.

21:49
Présentateur

Nous avons Arthur qui demande « Quel est l'avancement des nouvelles folies montpellierennes ? »

21:55
Michaël Delafosse

C'est une très bonne question. L'architecture contemporaine est très importante à Montpellier. On sait combien l'arbre blanc est devenu iconique à Montpellier. Place Dalida à côté de la rue du Grand Saint-Jean. Polyfolie se construit. C'est d'ailleurs une petite contrainte chantier rue du Grand Saint-Jean. Les galets ne devraient pas trop tarder à partir. Et deux projets ont pris du retard en raison de la conjoncture économique. La crise du logement est passée par là. Montpellier n'a pas... Ça a été moins dur qu'ailleurs. Mais nous comptons bien poursuivre cette ambition en faveur de l'architecture contemporaine. Je crois qu'il y a 15 jours nous en avions parlé.

Donc, j'aurai l'occasion de m'exprimer un peu plus sur ce sujet d'ici quelques semaines.

22:45
Présentateur

Nous avons Axel Marc qui voulait vous remercier pour le podcast et qui a une question qui... sur le triangle. Il demande à quand une vraie transformation, rénovation du triangle et une réhabilitation avec un beau projet urbanistique d'une tour qui pourrait répondre à la tour triangle qui pourrait avoir lieu en lieu et place de l'ancienne mairie.

23:14
Michaël Delafosse

Je vois bien Axel Marc est un Montpellier. Il va y avoir un projet et je vais le présenter d'ici quelques semaines. Je voudrais profiter de cette question pour inviter à la réflexion. Antigone, Consul de Mer, Richeter, Port-Mariane et ses berges du Laisse réappropriées. Voilà ce qu'on appelle la ville nouvelle. 50 000 habitants dans cette partie-là. Et de l'autre côté, le centre historique, l'écusson, médiéval. Et pour aller de l'un à l'autre, il faut passer par le centre commercial, le Polygone. Très bien. Le Polygone, c'est une formidable locomotive commerciale. par les escalators.

Alors quand vous êtes parent avec Poussette, une personne âgée ou que vous avez envie de flâner et regarder les beaux bâtiments de la ville, vous n'y êtes pas. Et donc, si vous observez bien, la fin des travaux de l'esplanade se termine par des marches. Ces marches annoncent non pas les marches du Festival de Cannes, mais annoncent le chemin pour travailler à la connexion Esplanade-Antigone. Et donc, c'est tout le réaménagement de ce qu'on appelle la ZAC Beaufil.

Et donc, j'aurai l'occasion d'en parler parce qu'en partenariat avec le Polygone, on pourrait imaginer d'épaissir sur le côté droit si vous allez vers Antigone, peut-être faire une émergence de tours qui pourraient être de logement, ça serait parfait, et de travailler pour avoir une lisibilité piétonne, un nouvel espace public. Parce que nous, Montpellierens et Montpellierennes, il faut qu'on soigne ce problème. On ne peut pas aller de la ville contemporaine à la ville ancienne en passant exclusivement par deux escalators.

Les gens qui passent par Duguay-Clin le long de la tramway se mettent en danger, ça crée d'ailleurs de l'insécurité pour nos conducteurs de tram, et quand vous relongez rue des États du Languedoc, c'est galère. Et donc là, il y a un enjeu urbain très important. Très important. Et cette question, merci de la poser. La citadelle ne doit plus être un obstacle, il faut la mettre en valeur patrimonialement. La voie de chemin de fer, il faut qu'on la surmonte, et là, il faut qu'on corrige un urbanisme qui date des années 70.

Et si Georges Frèche ou Raymond Dugrand ou Ricardo Beaufil étaient là, ils seraient en train de s'adresser à nous en disant mais il faut traiter ce sujet parce que dès le début de leur mandat, ils avaient cela en tête. Donc j'aurai l'occasion d'en parler et si Axel Marc veut m'envoyer ses coordonnées, je serais heureux de pouvoir échanger avec lui directement sur ce point parce que c'est un enjeu majeur et je compte bien le mener dans le cadre de ce mandat. J'ai indiqué très clairement dans mon document de campagne que nous travaillerons sur un nouvel axe Esplanade Antigone et donc nous allons avancer. L'invitation est passée. Voilà.

Et puis surtout j'invite tout le monde à suivre ce grand projet urbain qui est majeur pour la ville.

26:35
Présentateur

Vous souhaitez prendre une dernière question ?

26:37
Michaël Delafosse

Oui, avec plaisir.

26:39
Présentateur

À quand un menu végan dans toutes les cantines ?

26:43
Michaël Delafosse

Depuis 2022, il existe une option végétarienne dans les cantines de Montpellier qui a été impulsée avec Marie Massard qui est élue à la restauration scolaire et donc j'invite à aller sur le site et pouvoir cocher. L'idée, c'est de ne pas imposer, c'est de donner de la liberté. Voilà, il y a des enfants qui ont d'autres habitudes alimentaires et il faut y être attentif. L'occasion de répondre à beaucoup de petits Montpellier et de petites Montpellier qui me disent souvent « Monsieur le maire, il n'y a pas assez de steak frites ».

Eh bien non, on travaille sur les cinq légumes par jour, fruits et légumes par jour, on varie, on est le pays de la gastronomie, la France et les équipes de la cuisine centrale et de nos cuisinés travaillent beaucoup pour varier l'offre alimentaire pour à la fois les apports nutritifs mais aussi pour participer à l'éducation au goût. Allez, une dernière.

27:39
Présentateur

Les fermetures administratives vont-elles s'amplifier massivement ?

27:43
Michaël Delafosse

Massivement, c'est dur de faire plus. Parce que nous y allons de manière face à ceux qui sont contrevenants de la loi. Vente de protoxyde d'azote, ouverture tardive, voilà. Et donc, les services instruisent, la préfète décide. Et je veux saluer l'action. Mais je vois à travers ce sujet la question des épiceries de nuit sur lesquelles je me suis abondamment exprimé la semaine dernière qui pose des soucis. Donc nous, nous travaillons, continuons le travail, on ne relâche pas nos efforts. je sais que c'est difficile, je rappelle que je demande aussi un changement de la loi, mais j'invite aussi ces contrevenants à se mettre en conformité. Ça éviterait les problèmes.

28:28
Présentateur

Merci, M. le maire.

28:31
Michaël Delafosse

Merci à vous.

28:32
Présentateur

À la semaine prochaine.

28:33
Michaël Delafosse

À la semaine prochaine. Sous-titrage Société Radio-Canada