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interviewRMC — Face à Face· 29 avril 2026 18 min

Face à Face : Sébastien Chenu - 29/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Sébastien Chenu

Vous écoutez RMC. RMC jusqu'à 9h.

0:06
Présentateur

Apolline Matin. Face à face.

0:12
Sébastien Chenu

8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chelieu.

0:17
Présentateur

Bonjour Madame.

0:17
Sébastien Chenu

Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin. Vous êtes, je le rappelle, vice-président du RN, député du Nord et vice-président de l'Assemblée Nationale. Beaucoup de sujets à aborder ce matin, mais je le disais, ces résultats de Total qui viennent à l'instant de tomber. Des résultats du premier trimestre avec un bénéfice net en très très forte hausse. 5,4 milliards de dollars, soit plus d'un milliard de dollars de profit en plus sur un an. En partie grâce à la crise au Moyen-Orient et un cours du brut, on le sait, qui ne cesse d'augmenter.

Est-ce que vous considérez, au vu de ces chiffres ce matin, Sébastien Chenu, que Total fait aussi partie de ces profiteurs de guerre que vous dénoncez ?

0:56
Présentateur

Ceux qui font du profit sont les marchés financiers. En réalité, plus que les pétroliers, encore davantage, ce sont les marchés qui, avec les fluctuations du pétrole, aujourd'hui, sont eux les profiteurs de cette crise-là.

1:09
Sébastien Chenu

Et de fait, fait profiter...

1:11
Présentateur

Et de façon, j'allais dire, en seconde main, les pétroliers eux-mêmes. Mais sur les pétroliers, il y a une capacité à pouvoir faire bouger un certain nombre de lignes. Mais sur les marchés financiers, on voit bien que ce sont les premiers qui en profitent. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut, en fait, des mesures qui soient structurelles. Sinon, évidemment, les choses sont très déséquilibrées. Les consommateurs payent ces augmentations à la pompe. Et puis, se retrouvent sans compensation ou sans possibilité de pouvoir remplir leur voiture de carburant d'une façon...

1:40
Sébastien Chenu

Et on connaît ces mesures structurelles de la part du RN. Vous le réclamez depuis de nombreuses semaines. La baisse de la TVA, ça, on va en parler. Mais quand vous voyez ces chiffres, encore une fois, avec un patron de Total, Patrick Pouyanné, qui, encore ces derniers jours, a alerté sur les risques de pénurie. Un gouvernement qui le tense en disant, en gros, vous sortez un peu de votre rôle. Est-ce que vous dites, finalement, peut-être qu'un geste patriotique de la part de Total est à venir ? Quand on voit, encore une fois, des chiffres très impressionnants ?

2:07
Présentateur

Non, mais on peut contrôler des marges ou on peut, évidemment, le faire sur un temps, j'allais dire, relativement court. Parce qu'attention, si on le fait sur un temps beaucoup trop long, on importe le pétrole, on aura des effets pervers sur les importations. Donc, on peut demander, effectivement, un geste patriotique à un moment aux pétroliers. On peut, évidemment, avoir quelques obligations sur le déstockage, notamment du pétrole au bénéfice du marché intérieur, à un prix qui soit acceptable. C'est-à-dire, pas le prix du marché, mais le prix du stockage du pétrole lorsqu'ils l'ont acheté. Ça, on peut le faire.

Mais attention, comme on importe beaucoup de pétrole, à ne pas se retrouver dans des difficultés, évidemment, d'approvisionnement. C'est la raison pour laquelle, nous, on pense que ce sont des mesures structurelles qu'il faut initier pour le pays. Mesures structurelles qui sont sincèrement initiées par tous les autres pays européens, avec différentes formes.

2:55
Sébastien Chenu

Certains y sont revenus, et avec un coût pour nos finances publiques. Aujourd'hui, le gouvernement le dit, que nous ne pouvons pas assumer. La baisse de la TVA que vous prenez, c'est 12 milliards d'euros par an.

3:05
Présentateur

Aujourd'hui, Sébastien Lecornu dit que ce n'est pas possible.

3:08
Sébastien Chenu

Juste sur la mesure structurelle, juste s'arrêter sur Total. Raffineur, industriel, ça c'est une partie de son métier, j'ai envie de dire entre guillemets, mais aussi distributeur. Il a pris des mesures, il y a quelques semaines, en plafonnant les prix. Est-ce que finalement, quand vous voyez, encore une fois, pardonnez-moi, j'y reviens, sur ses super profits, il s'est acheté une bonne conduite ?

3:26
Présentateur

Oui, mais je veux dire, ce qu'il fait, c'est du bricolage. La réalité, par exemple, voyez-vous, une mesure qui aurait été une mesure à longue échéance, ce serait un investissement sur le raffinage. On a très peu de raffinerie en France. On aurait des investissements sur le raffinage, et sur les raffineries, ça, ce serait des mesures structurelles à longue échéance. Ce qu'il fait, c'est du bricolage, en réalité, M. Lecornu. Mais surtout, il n'a pas d'idée, il laisse les Français à l'abandon.

3:49
Sébastien Chenu

Mais vous ne répondez pas à ma question, juste sur ce qu'a fait Total, il y a quelques semaines. Les distributeurs, à la pompe, on l'a vu, dans leur station, Probablement, c'est un prix d'appel, tout à fait. C'est un prix d'appel ?

3:58
Présentateur

C'est un prix d'appel, donc de toute façon, évidemment...

4:00
Sébastien Chenu

Peut-être anticipant de très bons résultats, et en disant, regardez, on a fait ce geste-là.

4:03
Présentateur

Évidemment, nous ne sommes dupes de rien. Mais derrière, c'est à l'État, aujourd'hui, de prendre des mesures structurelles. Les pétroliers, de toute façon, c'est un prix d'appel pour les supermarchés, c'est un prix d'appel pour les grandes surfaces que celui de l'essence. Donc de toute façon, on sait très bien tout ça. Mais l'État, lui, doit prendre des mesures structurelles au bénéfice des Français. Les pétroliers, ils ne travaillent pas au bénéfice des Français.

4:24
Sébastien Chenu

Vous ne croyez pas, Sébastien Lecornu, quand il dit « nos finances publiques ne permettent pas, notamment, d'adopter la mesure que vous prenez, cette baisse de la TVA à 5,5 environ, pour un coût important. Vous n'êtes pas tout à fait d'accord sur les chiffres. » Hier, à l'Assemblée, vous étiez sans doute dans ses rangs, il y a eu cette question d'un de vos députés. La réponse du ministre de l'Économie, qui a parlé de misérabilisme de votre part, d'exagération, de contre-vérité totale, en disant, en gros, à votre député, travailler un peu, considérant que cette mesure est totalement inapplicable.

4:56
Présentateur

Roland Lescure parle de misérabilisme lorsque nos députés, c'était Édouard Jordan, nouveau député de l'Aude, qui a succédé, celui qui est maintenant maire de Carcassonne, Christophe Arthès, lui a parlé, effectivement, de notre proposition de baisser la TVA. Le ministre de l'Économie dit « si vous faites du misérabilisme, enfin, sincèrement, les Français qui bossent, qui ont besoin de leur voiture, qui remplissent leur réservoir tous les jours pour aller travailler, ce n'est pas du misérabilisme, c'est la vie réelle. » Alors, je veux bien qu'en Macronie, on regarde tout ça de haut avec beaucoup de mépris, mais nous, on essaie de trouver des idées concrètes pour faire avancer les choses.

5:25
Sébastien Chenu

Ce qu'on vous reproche sur cette mesure de la baisse de la TVA, c'est que ça concernerait des millions, tous les Français. Et on pointe du doigt par ces Français pas modestes, justement, qui peuvent se payer un 4x4, un SUV, et qui vont en week-end à la campagne.

5:39
Présentateur

Il y a une minorité de Français qui se payent un 4x4 ou un SUV qu'on ne va pas prendre une mesure, qui touche une immense majorité des Français qui, eux, roulent avec des voitures beaucoup plus modestes. À un moment, cet argument, il est ridicule.

5:50
Sébastien Chenu

On peut vous opposer aussi, Sébastien Chenu, le fait qu'on ne peut pas décider seul. La France devrait demander l'accord des pays européens. Elle ne peut pas fonctionner.

5:57
Présentateur

Non, mais, Juvien, on a déjà passé, ça a déjà été effectué, les baisses de TVA ont déjà été effectuées dans l'Union Européenne, ça s'est déjà fait. Il y a un certain nombre de pays qui l'ont déjà fait. Donc, il faut arrêter de nous dire que ce n'est pas possible. Moi, ce que je vois, c'est un gouvernement qui est impuissant, qui a zéro idée. La dernière idée qu'il a eue, c'était sincèrement faire un prêt aux entreprises pour payer leur essence. Je ne sais pas si on peut faire plus ridicule en matière de logique économique un prêt qui va être remboursé avec des intérêts. Donc, en fait, les entreprises vont payer des intérêts pour se payer de l'essence.

6:26
Sébastien Chenu

Mais des aides ciblées aussi, près de 3 millions de travailleurs modestes.

6:29
Présentateur

Ça, ça coûte très cher d'ailleurs. Ça, ça coûte très cher des aides ciblées et ça ne résout rien. Est-ce qu'on va se dire que dans notre pays, on peut avoir des mesures structurelles à court, moyen, long terme, comme nous les proposons ? Nous, ça fait longtemps qu'on propose cette baisse de la TVA. Ce n'est pas sorti avec la crise actuelle au Moyen-Orient. C'était déjà dans le programme de Marine Le Pen en 2022. Baisse de la TVA, baisse de la TICPE. Ça veut dire qu'en fait, en réalité, nous, on propose une mesure qui, dans le temps, puisse être amortie aussi. Vous dites que ça coûte très cher. Ça coûte 1 milliard d'euros par mois, c'est-à-dire 12 milliards d'euros par an à peu près.

En effet, ça a été chiffré. C'est-à-dire, c'est une mesure...

7:01
Sébastien Chenu

Et par des instituts et par le gouvernement.

7:03
Présentateur

C'est une mesure qui est tout à fait possible, acceptable, entendable, supportable par l'État, à condition, évidemment, que l'État fasse des économies ailleurs. Or, moi, je vois dans le projet de budget que nous avons commencé à étudier en début de semaine à l'Assemblée nationale, il y a encore une hausse, 0,2% des dépenses. Donc, évidemment, tant que le gouvernement ne baisse pas la dépense publique ailleurs, eh bien, ça ne peut pas profiter aux Français.

7:26
Sébastien Chenu

Donc, à ceux qui vous disent démagogie, impossibilisme, de mettre en place, vous dites, faites des économies ailleurs ?

7:32
Présentateur

Ce sont des choix à faire. Nous, on considère qu'il y a des choix à faire en matière d'économie ailleurs, que ce soit l'Union Européenne, que ce soit les médicales d'État, que ce soit les agences d'État, que ce soit les aides sociales. On a déjà proposé dans un plan d'économie des milliards d'euros d'économie. Et bénéficier à qui ? Aux classes populaires, aux Français qui ont besoin de leur voiture ?

7:52
Sébastien Chenu

Et ce sera sans doute l'objet, évidemment, de votre programme pour la présidentielle, Sébastien Genu, j'y viens, parce que la présidentielle 2027, vous avez cette petite formule, tout le monde y pense. Cette expression est peut-être encore un peu plus vraie dans votre parti. Quand on voit notamment les déclarations de Marine Le Pen, votre patronne hier à nos confrères de l'AFP, elle sait déjà qui elle veut affronter. Et je dois dire personnellement que j'ai été un peu surprise par ces déclarations. Elle le dit, je souhaite un second tour face au bloc central. Elle va même un peu plus loin s'ils arrivent à avoir un candidat commun.

Dans cette configuration, Édouard Philippe a un certain nombre de qualités mathématiques. Je la cite. C'est de l'adoubement ou de la pure stratégie politique ? Qu'est-ce qu'elle cherche à faire en désignant Édouard Philippe ?

8:31
Présentateur

Marine Le Pen a toujours cette forme de sincérité qu'on peut lui reconnaître. C'est-à-dire qu'elle dit, je préfère gagner sur le choix que sur le rejet. Face à Jean-Luc Mélenchon, ce serait une élection qui se construirait sur le rejet. Le rejet de Jean-Luc Mélenchon. L'homme de la violence, l'homme de l'antisémitisme, l'homme qui fait peur, l'homme qui ruinerait le pays. Donc, ce serait une élection sur le rejet. Expérimenter des candidats du bloc central, ce serait une élection de choix. Vous savez, Édouard Philippe, c'est un peu...

8:58
Sébastien Chenu

Mais une élection beaucoup plus compliquée aussi. Vous comprenez mon étonnement et ma surprise. C'est-à-dire que les derniers sondages, notamment quand Jordan Bardella est testé, Jordan Bardella est défait

9:08
Présentateur

face à Édouard Philippe. Ce n'est pas la difficulté qui nous fait peur. Ce sondage un an avant la présidentielle. Ce n'est pas la difficulté qui nous fait peur en ce qui nous concerne. Moi, je pense qu'Édouard Philippe, c'est le fiasco avec l'air sérieux. Si vous voulez, c'est l'air sérieux de l'ancien Premier ministre, mais dont le fiasco, dont le bilan est un fiasco total. Baisse de la croissance, hausse de la CSG, les 80 km heure, les gilets jaunes, la retraite à 60 ans.

9:29
Sébastien Chenu

Donc, vous ne dites même pas peur face à Édouard Philippe, même s'il est le sondage qui vous donne perdant face au second tour, face à lui ?

9:36
Présentateur

Aucune peur, mais surtout la capacité pour les Français de choisir réellement deux programmes qui soient très différents. Deux programmes de société et puis effectivement, la capacité pour les Français de juger un homme qui a déjà un bilan. Édouard Philippe, on l'a vu, on l'a vu aller en Algérie, ne rien demander à Théboune les deux fois où il l'a rencontré. Donc, c'est quoi ?

9:56
Sébastien Chenu

C'est plus excitant ? Juste, je vais vous poser la question. C'est quoi ? C'est plus clair. Stratégie politique aussi ? C'est plus clair. Est-ce qu'il y a une forme de baiser de la mort, en fait ? On a envie de dire.

10:03
Présentateur

Non, mais c'est plus clair parce que derrière, il faut aussi avoir une majorité pour gouverner et nous, nous pensons que lorsque les choix sont clairs, lorsque les Français s'expriment dans la clarté, pas dans le bidouillage, on se souvient, les bidouillages du bloc central pour gagner lors de la dissolution, eh bien, ensuite, c'est plus, non pas facile, c'est jamais facile de mener une politique, mais c'est plus clair, c'est plus transparent pour les Français de savoir où on va. Au moins, il n'y a pas tromperie sur la marchandise lorsque vous avez le choix entre Édouard Philippe et Marine Le Pen.

On sait ce que chacun propose, alors qu'avec Jean-Luc Mélenchon, c'est automatiquement, tout de suite, le rejet directement. Et trop facile,

10:37
Sébastien Chenu

et trop facile du coup. Trop facile, rien n'est jamais facile en politique. Le parti, votre parti se met en ordre de bataille. Vous confirmez l'information du Figaro, vous avez trouvé vos nouveaux locaux pour la campagne, votre nouveau siège de fête.

10:48
Présentateur

Oui, on est en train de s'organiser, que ce soit des locaux, que ce soit un programme présidentiel, que ce soit eu de nouvelles propositions aussi, en plus de celles que nous portons depuis longtemps, non seulement lors des élections, mais aussi à l'Assemblée nationale. Que ce soit aussi un prêtre

11:03
Sébastien Chenu

auprès des banques qui semble toujours aussi compliqué à contracter pour le parti Rassemblement National. Oui. Il y a un problème démocratique de votre point de vue ?

11:11
Présentateur

C'est le moins qu'on puisse dire. J'entendais d'ailleurs le président de la Fédération Française des banques ce matin qui disait que c'est quand même un problème, effectivement, que les banques ne prêtent pas au Rassemblement National.

11:21
Sébastien Chenu

Mais vous semblez ne pas être le seul parti concerné par cette difficulté. Eh bien,

11:24
Présentateur

c'est un problème aussi, si c'est le cas pour les autres. La démocratie, ça a un coût. Je rappelle qu'Emmanuel Macron avait indiqué qu'il ferait, qu'il créerait la Banque de la Démocratie. Évidemment, encore une promesse enterrée. Ça n'est pas allé au bout,

11:35
Sébastien Chenu

en effet.

11:36
Présentateur

Mais qui peut accepter que le premier parti de France, en nombre d'adhérents, en nombre de parlementaires, en score aux dernières élections, en sondage aux prochaines élections, ne puisse pas se financer, être financé ? Sincèrement, c'est totalement indécent dans une démocratie comme la France.

11:51
Sébastien Chenu

Mais vous pensez qu'un an avant l'élection, vos sentiments, prédictions disent que vous pourrez un jour signer avec une banque française ou vous allez devoir vous tourner vers des banques étrangères ?

12:00
Présentateur

Aujourd'hui, nous faisons le tour des banques françaises. C'est la priorité. Et nous espérons bien qu'une banque française contribuera au jeu démocratique. Mais d'ailleurs, moi je dis à M. Philippe, à M. Attal, qui se gargarisent toujours de grands mots, de grandes déclarations sur la démocratie, c'est à eux de demander aux banques françaises de financer tous les candidats aux élections présidentielles.

12:19
Sébastien Chenu

Qu'ils pèsent aussi avec vous pour obtenir ces...

12:21
Présentateur

Mais c'est leur boulot, c'est eux qui ont la main d'ailleurs, qui ont la relation avec toutes ces banques.

12:25
Sébastien Chenu

Le message est passé.

12:26
Présentateur

Attal et Philippe, c'est les deux faces d'une même pièce. La face gauche, la face droite, c'est les mêmes en réalité. D'un côté, c'est le fiasco d'Orphilip, d'autre côté, c'est Oliver Twist. Mais c'est les mêmes en réalité.

12:36
Sébastien Chenu

À vous, c'est Oliver Twist. Pour Marine Le Pen, hier, c'était Cosette. À chacun son expression du matin. Marine Le Pen, qui hier aussi, à nos confrères de l'AFP, tacle violemment Bruno Retailleau, candidat déclaré Les Républicains à la présidentielle. Ce sera le Zemmour de 2027. M. Plus, son pari pour le patron des Républicains qui va se radicaliser. Un bilan à bouvaux juste pathétique. Franchement, c'est quoi de tirer ce tel portrait ? Vous y voyez une menace ou pas du tout ? Non, mais M. Retailleau,

13:09
Présentateur

c'est surtout une illusion. Quand il a été aux responsabilités, comme ils disent souvent, comme ministre de l'Intérieur, son bilan, effectivement, est pathétique. Et surtout, il a validé les logiques macronistes, notamment les hausses d'impôts. Je vous rappelle que lorsqu'il était ministre du gouvernement, il y avait 30 milliards de hausses d'impôts dans le budget. Donc, si vous voulez, c'est la crédibilité ramenée à zéro. Donc, effectivement, M. Retailleau, il va devoir brasser du vent pour essayer d'exister. Donc, non seulement, il ne nous fait pas peur, mais c'est le vote inutile par excellence, le vote Bruno Retailleau.

Nous vous disons à ses électeurs, votez directement pour le candidat du Rassemblement National.

13:40
Sébastien Chenu

Justement, parce que vous partagez un certain nombre de diagnostics, notamment vis-à-vis de notre relation avec l'Algérie. Ces propos du président de la République qui y ont fait réagir, d'ailleurs, il s'est senti directement visé, l'ancien ministre de l'Intérieur. C'est Maboul qui veulent se fâcher avec l'Algérie. Ces propos vous ont choqué de la part du chef de l'État ?

13:58
Présentateur

Oui, parce qu'en fait, le chef de l'État dénonce souvent des postures ou des positions de ses adversaires, mais lui, il s'exprime désormais comme Donald Trump. On connaissait son mépris, sa capacité à insulter ses adversaires politiques. Et aujourd'hui, d'ailleurs, il y a la forme qui est choquante, l'expression du président de la République... Il y a insulte et insulte.

14:18
Sébastien Chenu

Maboul, ce n'est pas non plus...

14:20
Présentateur

L'expression du président de la République ne convient pas à son statut. Mais surtout, sur le fond, on peut ouvrir ce débat. Est-ce que des médecins étrangers doivent pouvoir effectivement passer un diplôme, un contrôle, une validation dans l'ordre des médecins pour exercer en France ? Nous, nous pensons que oui.

14:33
Sébastien Chenu

Vous pensez que oui, mais vous dites aussi qu'on a besoin de ces médecins étrangers hors Union européenne pour venir travailler sur notre sol.

14:39
Présentateur

Non, on a surtout besoin de fabriquer des médecins en France. C'est-à-dire que depuis des années, on nous dit qu'il y a des secteurs en tension. Le monde médical en fait partie. Et depuis des années, on demande à des gens venus du bout du monde de venir exercer ici. Fabriquons des médecins en France et nous n'aurons plus ce genre de problème. D'ailleurs, je vous le dis, ces pays dont nous importons des médecins finiront par nous en vouloir de leur prendre quelque part leur cerveau, leur énergie, etc. Fabriquons des médecins. Ici, ça va faire 10 ans qu'Emmanuel Macron

15:10
Sébastien Chenu

est le président de la République.

15:11
Présentateur

On ne forme toujours pas 10 000 médecins par an.

15:14
Sébastien Chenu

Là-dessus, Sébastien Chenu, sur ce diagnostic, vous le partagez avec l'ancien ministre de l'Intérieur. Mais force de déconstater qu'à Beauvau, sa stratégie du bras de fer avec l'Algérie n'a pas fonctionné. Et on apprend dans le même temps que Laurent Nunez, son remplaçant, a réussi à renouer un dialogue avec l'Algérie. On apprend aussi que les expulsions de la France vers l'Algérie ont redémarré ces dernières semaines. Certes, prudemment et pas dans un nombre significatif, mais il y a eu de nouvelles expulsions et des laissés-passés consulaires délivrés par l'Algérie.

15:43
Présentateur

Combien de laissés-passés consulaires depuis le mois de janvier ? Combien de laissés-passés consulaires ont été délivrés depuis le mois de janvier ? Pour le moment, le chiffre n'est pas rendu public. Parce que ce chiffre, vous le dites, madame, il est ridicule.

15:52
Sébastien Chenu

Oui, mais entre zéro et peut-être ridicule ce que vous considérez comme ridicule. Mais ridicule, madame. Ça a repris. Est-ce que ce n'est pas finalement la technique qui fonctionne ?

16:00
Présentateur

C'est de l'ordre du symbolique. C'est ridicule. La réalité, c'est que lorsque Boilem Sansa l'est libéré, c'est parce que c'est l'Allemagne, la diplomatie allemande qui a fait pression et qui parle. La réalité, c'est que Bruno Retailleux, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, il a manqué tous les arbitrages sur l'Algérie. Il n'a pas été soutenu une seule fois. Il n'y a pas de bras de fer avec l'Algérie. On le sait. Emmanuel Macron, à travers son expression, nous dit...

16:21
Sébastien Chenu

Il faut couper toutes nos relations. Vous savez qu'en fait, c'est impossible.

16:24
Présentateur

Il ne s'agit pas de couper. Il s'agit d'avoir un bras de fer. C'est-à-dire que si vous ne reprenez pas vos ressortissants qui sont des délinquants, vous n'aurez pas de visa. Ça, c'est la première des choses. Jamais ce bras de fer n'a été tenté. Emmanuel Macron nous le dit. Il ne le tentera pas.

16:38
Sébastien Chenu

Sébastien Juni, on arrive à la dernière minute de cet entretien. Une question sur ce rapport. Charles à l'oncle, très, très discuté, très, très commenté. Après quatre mois de travaux sous tension, les députés de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement, le financement de l'audiovisuel public va pouvoir être rendu public autour du 4 mai, je crois. Vous félicitez de cette nouvelle et par ailleurs, est-ce que vous considérez que ce qui a déjà été rendu public, fuité dans la presse, comme on dit, va suffisamment loin ou pas ?

17:07
Présentateur

D'abord, ce qui est important, c'est de voir qu'enfin, ce rapport peut être édité, présenté, rendu public. J'ai vu que la gauche voulait absolument l'empêcher, voulait le censurer. Ce sont quand même des drôles de pratiques à gauche que d'imaginer que le service public leur appartient et d'empêcher et que la lumière soit faite et que les Français...

17:23
Sébastien Chenu

Ça aurait été un scandale qui n'est pas...

17:25
Présentateur

Ça aurait été un scandale total. Parce que pourquoi ? On parle de problèmes de neutralité, on parle de problèmes de conflits d'intérêts, on parle de problèmes de gabegie financière, il faut que tout soit sur la table. Quand je vois d'ailleurs que de l'autre côté, vous avez les dirigeants de France Télévisions qui sont prêts à faire des procès à des humoristes, je veux dire... Oui, quand on voit les propos, en l'occurrence, de l'humoriste Patrick Sébastien à l'encontre de Delphine Ernaud, on peut comprendre que ça démarche.

17:47
Sébastien Chenu

Franchement, c'est pas vraiment très élégant.

17:49
Présentateur

Je ne suis pas vraiment jamais une phase de procès à des humoristes. Mais vous voulez aller plus loin.

17:52
Sébastien Chenu

Vous avez lancé une pétition pour privatiser le service public. Ça, ça fait partie de la seconde étape.

17:56
Présentateur

C'est un autre débat. Je veux dire, les tâches supérieures. D'abord, il y a un certain nombre de préconisations. On va les découvrir, moi je ne les connais pas, mais qui sont peut-être des préconisations anti-pantouflage, des préconisations qui permettraient d'assainir les finances publiques de France Télévisions. Il faut aller vers cela. puis ensuite, nous irons vers une privatisation partielle. C'est ce que nous proposons.

18:13
Sébastien Chenu

Si vous arrivez, évidemment, pouvoir Sébastien Chenu. Merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin. Il est 8h47 sur RMC et BFN TV.