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interviewyoutube.com· 23 juillet 2022 26 min

Bilan du voyage en Corse : Entretien vidéo exclusif avec Gérald Darmanin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:11
Gérald Darmanin

Moi je parle directement à tous les français et je me rends à Limoges comme je me rends à Bonifacio. Donc indépendamment de la discussion que nous avons sur l'avenir de la Corse, questions économiques, questions institutionnelles, les questions d'urbanisme, je viens visiter les fonctionnaires du ministère de l'Intérieur, c'était le cas de la brigade de gendarmerie que j'ai faite hier, rencontrer les maires. Je suis le ministre en charge des collectivités locales, intéressé aux sapeurs-pompiers, puisqu'il y a une période de feu et donc je pense qu'il ne faut pas y voir de liens tout particuliers.

Après ça me permet évidemment de pouvoir dire ce que nous nous sommes dit hier, parce que ça me paraît important de prendre à témoin l'opinion publique Corse. J'ai souvent vu ces derniers temps qu'on parlait beaucoup au nom des Corses, sans jamais vraiment leur demander leur avis. Moi ça m'intéresse de savoir ce que pense le commerçant, ce que pense le policier, ce que pense le chef d'entreprise que j'ai vu hier, ce que vont penser les acteurs économiques de Bonifacio avec qui je vais déjeuner dans quelques instants. Et puis en même temps de pouvoir échanger évidemment dans un autre cadre moins institutionnel avec les élus.

1:23
Présentateur

D'abord j'ai trouvé des élus assez divisés.

1:25
Gérald Darmanin

Je n'ai pas trouvé du tout une collectivité exécutive qui était la chef de lance, si j'ose dire, d'un ensemble de groupes d'élus qui étaient contre l'État, qui ont dit au contraire. Il y en a qui avaient des divergences assez fortes. D'ailleurs si la réunion a duré aussi longtemps, vous le savez, c'est qu'il y a eu des divergences qui se sont exprimées. Puis après bien sûr avec le président Simeone, avec l'ensemble des élus, des parlementaires, j'ai proposé une méthode qui finalement a été acceptée. Et puis oui, l'État fait énormément en Corse. Elle a beaucoup aidé la Corse pendant la crise du Covid.

Elle a beaucoup aidé la Corse, me semble-t-il, depuis de très nombreuses années dans son aménagement. Après il y a des défauts, des maladresses, sans doute pas assez d'intervention ici ou là. Et puis il y a aussi des raisons de mieux travailler avec la collectivité locale, qui elle-même peut-être ne remplit pas totalement ses compétences. Je prends l'exemple des déchets. Ça m'est beaucoup revenu encore pendant ce déplacement, comme c'était même le cas des déplacements précédents. Il faut voir comment on aide la collectivité aussi à appliquer les compétences qu'elle a aujourd'hui.

2:32
Présentateur

Alors c'est pas tout à fait la même chose.

2:35
Gérald Darmanin

Il est vrai que la Corse a demandé, elle peut demander, à demander des dérogations du droit national par rapport à sa spécificité. C'est une montagne magnifique dans une mer magnifique. Et donc évidemment, sur plein de sujets, l'urbanisme, en l'occurrence les derniers, les copines-cars, l'essence, on peut demander des expérimentations. Et c'est vrai que l'État n'a pas été au rendez-vous pour répondre à ces demandes d'expérimentation. Il faut absolument que l'on change ça. Ça fait partie des maladresses qu'a pu faire le gouvernement de la République. D'ailleurs, dans une évolution institutionnelle, peut-être qu'on peut passer du stade « on doit demander » à du stade « on peut obtenir ».

Ça, c'est un point très important. Simplement, il faut faire attention aussi à comment on présente les choses. Ces demandes d'expérimentation n'ont rien à voir avec les compétences à 100% de la collectivité. Je reprends l'exemple des déchets. Les déchets, il n'y a pas besoin de demander quelque chose à l'État français. Il faut le faire. C'est pas normal que les Corses exportent une très grande partie de leurs déchets sur le continent. C'est tout à fait anormal. La Corse pourrait totalement trier, créer une filière économique autour des déchets.

3:35
Présentateur

Là, ça n'a rien à voir avec des demandes faites au gouvernement. Non. Alors d'abord, la Corse dans la République, c'est bien de le dire et de le répéter.

3:53
Gérald Darmanin

Parce qu'il y a parfois des silences qui méritent d'être explicités. Nous, nous engageons dans une Corse profondément française et profondément républicaine. Je suis malheureusement, je trouve, un peu seul à le dire. Et ça, c'est un peu dommage, parce que moi, je rencontre plein de gens, encore une fois depuis deux jours, qui me disent, voilà, on a envie d'avoir plus de liberté, parfois plus d'autonomie. C'est tout à fait vrai. Mais on est éminemment français. D'ailleurs, les maires sont très heureux en général de le recevoir. Ils viennent toujours en écharpe bleu-blanc-rouge. Ils sont très attachés, me semble-t-il, à cette continuité. Ce qu'il faut, c'est pas moins de France.

C'est plus de France, en Corse. Et puis, le deuxième sujet, c'est pas les différences d'égalité. Je n'ai pas dit ça. Vous vous investissez mes propos. J'ai dit, il ne faut pas deux types de citoyens sur le même sol. C'est très différent. Après, que la République organise, comme elle le fait parfois sur certains territoires ultramarins, comme elle devrait le faire aussi sur des régions sur le continent, bien évidemment, on est trop jacobins, des différenciations, bien sûr. C'est ce qu'il faudrait faire.

Il faudrait absolument que l'on puisse considérer que des territoires de montagne, des territoires de littoral, moi, chez moi, par exemple, des territoires industriels, puissent s'adapter des lois et des règlements pour prendre en compte un certain nombre de spécificités. Parce qu'on ne gère pas Bonifacio ou Ajaccio, comme on gère Tourcoing ou Paris. C'est tout à fait vrai. Et c'est ça qu'il faut qu'on puisse obtenir. Mais pour autant, on ne doit pas avoir deux types de citoyens. Avoir une reconnaissance de citoyenneté. Parce que c'est aussi parfois une revendication nationaliste forte. C'est une citoyenneté corse.

5:18
Présentateur

Il n'y a qu'un seul type de citoyen sur le territoire national. D'abord, nous sommes dans un système constitutionnel actuel.

5:31
Gérald Darmanin

Je rappelle que le président de la République avait proposé le changement pour mettre la Corse dans la Constitution. Et que le Sénat l'avait refusé. Donc, ce n'est pas nous qui avons empêché la Corse d'avoir une différenciation. C'est bien le Sénat de la République. Et c'est bien dommage. Ensuite, les parlementaires ont déposé leurs amendements. Bien évidemment, on pourra regarder comment on peut les aider à aller travailler pour la loi de finances, c'est-à-dire pour le budget, effectivement, à la fin de cette année. Mais il est tout à fait certain que si on veut atteindre des différenciations,

5:58
Présentateur

il va falloir faire des changements institutionnels. Moi, madame, j'ai toujours tenu le même discours.

6:10
Gérald Darmanin

D'abord, j'ai tenu mes promesses. Ce que personne, manifestement, n'avait fait avant moi. Ça a été reconnu par tous les élus, d'ailleurs. J'avais évoqué le fait qu'on rapprocherait les détenus. Nous l'avons fait. J'avais évoqué la transparence dans l'affaire Colonna. Elle se fera la semaine prochaine. Et j'avais évoqué qu'on se verrait très vite, qu'on ferait des réunions et je viendrais chaque mois en Corse. Je tiens ma promesse. Moi, je tiens mes engagements et je dis toujours la même chose.

Ce que j'ai dit lorsque j'ai évoqué le mot autonomie, c'est que nous allons étudier la possibilité de donner plus de liberté à la Corse dans sa gestion, parce que c'est nécessaire et parce que c'est utile, et que ça peut passer éventuellement par une autonomie. Maintenant, une autonomie, il faut bien comprendre ce que ça veut dire. Une autonomie, si je prends l'exemple du gouvernement de Nouvelle-Calédonie ou de Polynésie française, c'est une autonomie dans la République française, donc il n'y a pas de problème, ça existe déjà dans notre organe constitutionnel, ils gèrent leur caisse des retraites, ils gèrent leur sécurité sociale, ils gèrent leur assurance chômage.

Il n'y a pas la même fiscalité. Est-ce que c'est ce que les Corses, je ne parle pas simplement des élus, est-ce que c'est ce que les Corses veulent ? Est-ce que les Corses veulent que dans un territoire de 350 000 habitants, vous gériez vous-même votre assurance chômage, votre sécurité sociale, vos caisses des retraites, votre régime fiscal. Peut-être que c'est ce qu'il faut faire. Peut-être que c'est compliqué aussi, parce qu'il y a des déficits, il n'y a pas les mêmes avantages parfois qu'il y a sur le continent. Peut-être que c'est une partie et pas tout, parce qu'il y a plein de formes d'autonomie. L'autonomie, ça ne veut pas dire grand-chose en tant que telle.

L'autonomie de la Sardaigne n'est pas l'autonomie des Baléares, qui n'est pas l'autonomie des Canaries, qui n'est pas l'autonomie de la Nouvelle-Calédonie, qui n'est pas l'autonomie de la Polynésie française. Donc je pense qu'il faut ne pas être démagogique. Il faut parler à la raison des gens et pas simplement à leur passion. Et c'est ça, la politique. Et c'est pour ça qu'on va prendre le temps de discuter. Et c'est pour ça que je suis très heureux de répondre à vos questions et à chaque fois de venir en Corse pour expliciter. Parce que moi, personnellement, je n'ai pas d'avenir politique en Corse.

Je ne souhaite pas me présenter aux élections ici, ni aux élections municipales, ni aux élections législatives, ni aux élections territoriales. Je suis extrêmement neutre, finalement. J'essaie d'expliciter quelles sont les conséquences de choix que le gouvernement de la République est prêt à faire. Mais évidemment, il ne faut pas mentir aux gens. Il faut leur expliquer qu'avec cette autonomie, il doit y avoir plus de responsabilités. Gérer une caisse des retraites, gérer une caisse de sécurité sociale, gérer de la fiscalité, c'est bien sûr plus d'autonomie,

8:34
Présentateur

mais c'est bien sûr plus de responsabilités. Moi, je ne suis pas porte-parole du président de la République.

8:44
Gérald Darmanin

Il m'a donné un mandat pour pouvoir discuter avec les élus de Corse pendant un an. Je le tiens régulièrement au courant de mes déplacements et de mes échanges. Et puis, il va rencontrer lui-même les élus de Corse. Et il aura, j'en suis sûr, publiquement, l'occasion de s'exprimer. Il s'est déjà d'ailleurs exprimé. Il l'a fait dans plusieurs discours, pendant son quinquennat précédent, et puis il l'a fait très récemment, pendant sa campagne présidentielle. Aucun président de la République ne l'avait fait. Il avait lui-même tracé des lignes rouges, les deux que nous avons évoquées. La Corse dans la République,

9:12
Présentateur

pas de type de même citoyen, c'est le même seul. Non, mais il n'y a pas de censure de la France.

9:24
Gérald Darmanin

J'espère que c'est une plaisanterie. Il y a au contraire un pays, le gouvernement de la République, qui subventionne énormément. Il faut que les Corses le savent, le sage, pardon, qui subventionne énormément l'enseignement du Corse dans des écoles et des collèges et des lycées de la République. Et c'est quand même, je crois, un point très important d'écoute, de respect profond envers la langue Corse, qui est une magnifique langue, qui doit être vivante et qui doit pouvoir poursuivre son cheminement et son enrichissement, bien évidemment. Donc, nous payons, l'État français paye des enseignants dans des écoles pour pouvoir enseigner à la langue Corse. Alors, est-ce qu'on doit aller plus loin ?

C'est la question qu'on peut se poser, finalement, avec une revendication d'une partie de la société Corse et d'une partie des élus, qui n'est pas d'ailleurs une revendication de tous les élus et de toute la société Corse, vous le savez bien. Et donc, on peut être prêt à en discuter. C'est justement pour ça qu'on va avoir ces cycles de discussion très importants. On peut parler de l'enseignement à l'école élémentaire. On peut parler de la façon dont on peut utiliser, bien évidemment, une langue vivante qu'est la Corse pour après poursuivre ses études sur le continent.

Moi, j'ai rencontré une jeune fille hier lors d'un déjeuner avec des étudiants qui m'a dit, ben voilà, ma soeur, elle voulait faire un BTS sur le continent. Elle a fait LV2 Corse et dans le parcours sup, elle ne pouvait pas utiliser cette langue et donc, du coup, elle ne peut pas faire ses études. Ça, c'est une rupture d'égalité qui est inacceptable pour les Corses. Bien évidemment,

10:48
Présentateur

je le comprends très bien. C'est ça qu'il faut qu'on puisse corriger. Non, ce n'est pas du tout l'objet de la discussion

10:57
Gérald Darmanin

que j'ai pu avoir avec 12 jeunes qui ont été diplômés de cette école que géraient les institutions corse. Ils m'ont parlé de leur voyage à l'étranger, de leur envie de créer une entreprise, de leur difficulté de créer une entreprise en Corse, de leur difficulté de trouver un travail, de leur difficulté de trouver un logement. Parfois aussi, il leur a eu la difficulté en tant que Corse de se faire respecter dans leur identité et parfois la langue, vous avez raison, mais il n'y avait pas de colère.

Il y avait construisons ensemble des choses et ils étaient très attachés, me semble-t-il, à leur avenir dans la République française et en même temps en voulant rester sur leur île et se logeant alors qu'ils n'avaient pas forcément des moyens extraordinaires. Donc vous voyez, moi je pense que à chaque fois que je me déplace en Corse ou que je discute avec des Corses, ils sont sur des débats qui sont des débats que se posent finalement tous les Français. Comment je peux rester là où je suis ? Comment je peux vivre avec ma famille ? Comment je peux trouver un emploi, une formation ? Comment je peux trouver un logement ? Comment je peux me déplacer dans l'île ?

Une île qui connaît cette magnifique surface environnementale et en même temps qui a des difficultés de transport très importants. Il se pose des questions concrètes. Donc je n'ai pas senti de colère, j'ai senti des volontés d'avancer et de l'espoir

12:06
Présentateur

qu'on se mène d'accord. Oui, d'abord je rappelle

12:17
Gérald Darmanin

que je suis celui qui a obtenu le rapprochement des détenus de ces deux assassins du préfet Erignac à Bourgaux. C'est fait en quelques semaines. Cela a été fait quelques jours après ma venue ici au mois de mars. Le rapport de l'inspection générale de la justice commandé par le premier ministre Jean Castex sera rendu la semaine prochaine à Elisabeth Borne et qui va se charger de le communiquer d'abord à la justice. Il y a une information judiciaire qui est ouverte. Donc la famille d'Yvan Colonna aura accès évidemment à l'intégralité de ce rapport et puis publiquement la première ministre s'y était engagée.

Et puis troisièmement en ce qui concerne l'enquête parlementaire je respecte la séparation des pouvoirs. Ce n'est pas le gouvernement qui décide des enquêtes parlementaires bien au contraire c'est le Parlement qui les déclenche et le gouvernement n'a rien à cacher et bien sûr s'il y a une enquête parlementaire tout le monde répondra puisque de toute façon c'est l'ubligation constitutionnelle à toutes les questions des parlementaires. Donc il y a trois d'enquête. Je crois qu'il n'y a pas beaucoup d'endroits dans le monde où sur le même fait un fait ignoble l'assassinat également d'Yvan Colonna que j'ai moi-même qualifié de terroriste de terrorisme islamiste.

Un des premiers ça m'avait d'ailleurs été reproché au début et puis finalement c'est vu que le parquet anti-terroriste s'est saisi. Donc il y a un gros doute en effet que ce soit un vrai assassinat terroriste islamiste. Il y a une enquête administrative celle qui sera rendue publique la semaine prochaine à la première ministre. Il y a une enquête judiciaire puisque un juge d'instruction est saisi des parties civiles celle notamment de la famille Colonna a accès à toute l'information et peut-être en tout cas c'est pas moi de le juger mais ce sera un fait une enquête parlementaire sur le même fait. Donc il y aura évidemment toute la vérité elle sera connue

13:55
Présentateur

pour tous les corses et pour tous les français. Encore une fois quand on a une grande démocratie

14:12
Gérald Darmanin

moi je parle devant le portrait de monsieur Paoli une grande démocratie c'est que le pouvoir politique ne s'intéresse pas au pouvoir judiciaire et si le ministre de l'Intérieur commandez les juges et commandez les procureurs vous serez la première sans doute à m'expliquer que nous serions en dictature et vous auriez raison.

Voilà donc j'ai mes opinions personnelles mais je ne les donne jamais sur les affaires judiciaires quelles que soient ces affaires judiciaires ce qui relevait du gouvernement de la République et des ministres a été fait le rapprochement des détenus à la prison de Borgo en quelques semaines voilà dès que je m'en suis occupé ce qui relève de la justice du juge relève de la justice

14:45
Présentateur

et je n'ai pas de commentaire à faire. L'État il fait beaucoup de choses après il ne faut pas

14:56
Gérald Darmanin

qu'il y ait trop de porosité entre une certaine société corse et la voyoucratie et les bandes criminelles c'est ça la difficulté aussi que nous avons et vous le savez très bien et d'ailleurs je pense que c'est très important de dire qu'au moment où on va discuter d'un avenir institutionnel nouveau au moment où il y aura une possible autonomie elle ne peut pas aller de pair avec une accélération des bandes criminelles parce que ce serait donner aux bandes criminelles le pouvoir de cette autonomie et l'État au sens très large c'est-à-dire y compris les collectivités locales doivent prendre la mesure de ça des marchés publics frauduleux la spéculation foncière sur l'immobilier des secteurs économiques qui sont parfois très touchés par la criminalité organisée le blanchiment d'argent et désormais la drogue qui est de plus en plus présente il y a vous le savez bien des liens que l'on doit combattre et c'est une société qui doit accepter de combattre ces liens je vais beaucoup parler avec les élus le président Siméon est courageux il va organiser je crois au mois d'octobre une session spécifique sur ce sujet il est très important de comprendre qu'on ne peut pas aller davantage de compétences pour les collectivités locales et notamment pour les collectivités de Corse et en même temps laisser les bandes criminelles continuer à avancer parfois avec des liens avec l'étranger ça peut être le cœur d'Italie parfois avec des liens directement sur le continent à Marseille à Nice et ailleurs nous avons fait d'énormes affaires ces dernières semaines et ces derniers mois trois tentatives d'assassinat déjouées des centaines de kilos de drogue saisie au port de Marseille ou en Corse des dizaines d'arrestations il y a eu sept affaires de très grande ampleur qui ont été faites depuis le mois de février de cette année j'annonce ça au mois de février des renforces de mois de septembre pardon des renforcements très forts je l'ai dit de police judiciaire le garde des Sceaux d'ailleurs va mettre plus de magistrats en Corse et à Marseille pour renforcer la GIRS c'est-à-dire ceux qui s'occupent des affaires finalement criminelles en Corse mais c'est toute la société corse qui doit aussi

16:57
Présentateur

combattre cette vulocratie d'abord je parle français donc j'aimerais

17:08
Gérald Darmanin

qu'on respecte la langue française également voilà donc c'est des bandes criminelles en italien c'est-à-dire la mafia mais c'est pas la même chose nous sommes pas en Sicile ou en Sardaigne il faut pas mentir non plus aux gens c'est pas le même type de criminalité bien sûr il peut y avoir des règlements de compte bien sûr il y a la spéculation foncière parfois de la drogue et que vous savez dans le monde entier malheureusement les marchés publics la spéculation foncière et la drogue font partie de l'argent sale mais c'est pas tout à fait la même chose d'ailleurs c'est ce que disent très bien désormais les procureurs qui connaissent encore mieux le sujet que nous tous désormais il y a parfois des bandes criminelles moins fortes c'est le cas d'ailleurs dans le nord de l'île la brise de mer aujourd'hui elle est moins forte qu'il y a de nombreuses années vous le savez bien ça veut pas dire qu'elle n'existe plus mais elle est moins forte et il y a désormais une atomisation c'est le mot de la justice du trafic des gens qui sont pas forcément dans des clans ou dans des territoires comme c'était le cas il y a encore 10, 15 ou 20 ans en Corse donc je pense qu'il faut faire très attention à ça il faut faire très attention aux mots qu'on utilise donc d'abord moi je parle français mafia en français c'est bandes criminelles donc nous luttons contre les bandes criminelles les moyens de la justice et de la police sont très importants et moi je pense qu'il faut qu'on arrête de taper sur l'état vous savez parce que heureusement quelles que soient d'ailleurs les évolutions institutionnelles que l'état va garder la main sur le régalien sur la police sur la gendarmerie sur l'armée sur la justice parce que une société qui n'a pas un régalien qui peut intervenir faire des enquêtes éviter la porosité avec des milieux criminels c'est une société qui finalement gâche l'avenir de ses enfants et aujourd'hui ce qui est sûr et je suis tout à fait d'accord avec les associations il faut renforcer encore plus les moyens qu'on met pour la police et la gendarmerie c'est ce que j'ai annoncé

18:49
Présentateur

et tout le monde devrait s'en réjouir d'abord c'est intéressant

19:01
Gérald Darmanin

cet exemple parce que justement le lieu des pompiers des services d'incendie de secours c'est une compétence de la collectivité donc ces moyens c'est à monsieur Siméon et à la collectivité de les voter il y a une taxe affectée qui est versée à la collectivité elle n'est pas à 100% versée au service des pompiers c'est comme ça que ça fonctionne il y a une taxe qui est prélevée elle est versée à la collectivité et après elle est versée aux fameuses 10 aux anciens 10 et donc la gestion ça fait certaines années quand même maintenant que cette gestion elle est locale c'est une gestion de compétences de la collectivité donc vous voyez quand on a des compétences je pense que ce qui est important c'est pas demander d'autres moyens encore parce que ce qui est important c'est de gérer soi-même cette compétence là et c'est pour ça qu'il ne faut pas qu'on se méprendre qu'on se méprenne sur l'autonomie parce que si l'autonomie c'est récupérer les routes récupérer l'université je dis à peu près tous les sujets il n'y a pas d'arbitrage dans mes propos récupérer l'urbanisme récupérer tout ce qu'on peut récupérer quand on veut des compétences si quand on n'arrive pas forcément à le gérer comme on le souhaite on se retourne vers l'état français pour demander plus de moyens c'est pas l'autonomie c'est la dépendance donc d'abord voilà une compétence qui depuis très longtemps est une compétence de la collectivité auparavant des départements et qui manifestement l'état n'a pas à répondre à une demande de moyens supplémentaires puisque c'est une compétence désormais sexo sensu de cette collectivité alors ensuite il y a pour nationalement des questions qui se posent très particulièrement pour les feux de forêt et les feux de forêt on peut comprendre que la solidarité de la république la solidarité française nationale interviennent sur le continent en Corse et d'ailleurs en Outre-mer avec des moyens aériens nous avons nous la plus grande flotte européenne et la plus récente flotte européenne pour les feux de forêt nous avons prédisposé d'ailleurs vous le savez bien ici en Corse de très nombreux moyens aériens qui éteignent des feux de forêt tous les jours c'est ce que m'ont confirmé les pompiers qu'il faille le faire dans un cadre européen on est tout à fait d'accord d'ailleurs on est très étonné que les élus nationalistes de Corse n'aient pas su voter entre les deux tours entre une candidate très anti-européenne et totalement contraire à l'autonomie qu'est Marine Le Pen et le président de la république moi j'étais très blessé très choqué de ça de ce silence ou de ce non-entra quand on a en face de nous un choix entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron un choix européen un choix qui ne l'est pas pour parler exactement comme vous voilà après on a un peu de mal effectivement à donner des leçons parce que ça devient compliqué je m'en suis expliqué directement avec les élus bien évidemment ce qui ne m'empêche pas de discuter avec eux et de les respecter c'est d'ailleurs tellement vrai que vous savez bien que Mme Le Pen a été majoritaire ici c'est d'ailleurs un sujet de discussion politique très intéressant de savoir comment une population a pu voter pour Mme Le Pen en majorité qui est contre l'autonomie frontalement contre l'autonomie c'est celle qui m'a le plus attaquer parce que j'ai dit le mot autonomie alors que les élus disent que les Corses sont pour l'autonomie

22:00
Présentateur

c'est un paradoxe non je ne crois pas madame je crois que ça aurait été

22:11
Gérald Darmanin

le cas si jamais les élus aient pris leurs responsabilités malheureusement ils n'ont pas pu se choisir entre une candidate d'extrême droite qui était absolument contre toute forme d'autonomie anti-européenne et le président de la république et ça c'est je trouve que c'est un peu dommage c'est un manque de responsabilité politique

22:26
Présentateur

maintenant on fait tous des erreurs c'est pas très grave d'abord c'est souvent le cas sur tous les territoires

22:38
Gérald Darmanin

de la république puisque je suis le ministre des préfets et qu'en général quand on a un problème une commune le président de l'exécutif on discute avec le préfet ou les sous-préfets et le préfet dépend du ministre de l'intérieur donc de manière générale je suis informé de tous les demandes dans les territoires ensuite le souhait de la première ministre et du président de la république c'est que dans les discussions que nous avons qui ne sont pas qu'institutionnelles même si elles le sont aussi économiques culturelles sociales éducatives de santé il est normal que nous ayons une vision à 360 degrés ensuite parce que c'est président Simeone qu'il a demandé lui-même il a dit moi je veux un interlocuteur et pas 150 et je comprends d'ailleurs c'est plus d'efficacité collective mais ça n'empêche pas du tout que les ministres parlent directement à monsieur Simeone ou viennent en Corse évidemment sans mon autorisation sans mon imprimatur Bruno Le Maire est déjà venu plusieurs fois il y a de très nombreux ministres qui viennent parfois avec moi monsieur Béchut la ministre de l'environnement et de l'écologie viendra avec moi début septembre parler au maire de l'ensemble de Lille mais il faut être informé et ça me paraît normal pas simplement pour être informé mais aussi pour être l'avocat du territoire voilà il manquait peut-être sans doute une force politique plus grande pour faire entendre les dossiers corse à Paris il n'y a pas de ministres qui sont issus du territoire corse bon ben voilà si je peux rendre des services et si je peux aider au développement de cette magnifique île

23:56
Présentateur

j'en serais très heureux ben c'est pas moi de juger moi je suis pas un commentateur

24:10
Gérald Darmanin

politique c'est vous la commentatrice moi je suis un acteur un acteur il se regarde pas dans la glace tous les matins pour dire comment je suis et puis vous savez les gens que vous avez cités il y a des hommes d'état très importants vous n'avez pas cité le président Sarkozy ça peut être le cas de le président Sarkozy aussi mais c'était il y a longtemps le président Sarkozy a été mis en intérieur il y a 20 ans il n'y avait pas Twitter il n'y avait pas BFM il n'y avait pas nos téléphones qui nous filmaient il n'y avait pas la réaction internationale que nous connaissons et M. Pascua c'était encore il y a plus longtemps 1993 j'étais même pas au collège M.

Chevalet de Mange je n'avais pas le bac voilà donc tout ça c'est l'histoire l'histoire de la république française avec la Corse avec ses parts d'ombre et ses avancées ce qui m'intéresse moi c'est l'avenir voilà je crois que tout en respectant ce passé tout en comprenant les maladresses de part et d'autre tout en comprenant l'envie qu'on respecte profondément la culture corse et les corses moi ce qui m'intéresse c'est regarder l'avenir l'avenir ne peut pas être à la violence ça ne mène à rien ça ne mène qu'à plus de pleurs plus de drames plus de mauvaise réputation et pour finalement aboutir à quoi ? à quoi aura servi l'assassinat du préfet Rignac cet assassinat ignoble à quoi il aura servi ?

à quoi aura servi que ces assassins ensuite étaient en prison pendant tant d'années pour avoir leur famille moi j'étais très touché aussi d'avoir rencontré les familles des personnes qui sont détenues parce que voilà c'est aussi un drame des drames humains à quoi sera servi la violence ?

voilà ça ne sert à rien en revanche moi je respecte profondément le suffrage universel les corses ont élu par deux fois et à la fois extrêmement majoritairement le président Simeone qui a un discours autonomiste moi je respecte le président Simeone je respecte sa majorité je respecte les corses qui ont fait ce choix et je suis prêt à discuter de ce que veulent les corses démocratiquement élus voilà et donc avec beaucoup d'écoute je crois d'humilité mais aussi ferme sur les principes que je vous ai évoqués je suis très à l'écoute sans encore une fois avoir d'intérêt particulier ici je n'y ai ni maison ni volonté politique ni intérêt

26:13
Présentateur

moi je veux que les gens aillent le mieux possible je suis très à l'écoute