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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 10 mars 2026 23 min

Prix des carburants, alliances avec LFI... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Olivier Faure

Bonjour Olivier Faure.

0:05
Présentateur

Bonjour Agathe Lambret, bonjour Paul Larouturou, bonjour à ceux qui nous écoutent.

0:08
Olivier Faure

Bonjour Paul, merci d'être avec nous sur France Info, Olivier Faure. Emmanuel Macron est sur tous les fronts, un jour après le début de la guerre au Moyen-Orient. Le président multiplie les échanges, les déplacements. À Chypre, puis sur le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée hier. Le chef de l'État qui qualifie la mobilisation de la marine française dans la région d'inédite. On l'écoute.

0:28
Invité

Il y a maintenant une semaine, la guerre a commencé dans la région. Et donc faire revenir le porte-avions avec l'ensemble des frégates qui l'accompagnent, c'est à la fois pour nous une évidence et ce qui va nous permettre d'agir. D'abord parce que nous avons des ressortissants dans la région. Néanmoins, nous pouvons être confrontés à des situations d'urgence et il est important de pouvoir opérer.

0:50
Olivier Faure

Le président est-il en train de nous engager dans la guerre, Olivier Faure ?

0:53
Présentateur

J'espère que non. Ce serait une folie de se lancer à la poursuite de Donald Trump et Benjamin Netanyahou, dont on comprend désormais que leur objectif n'est nullement la démocratie, la libération d'un peuple, le peuple iranien, mais qu'on est face à une gigantesque improvisation. Vous avez hier le Pentagone qui explique que la guerre sera longue, le président Trump qui explique qu'elle est bientôt finie. On a une forme d'inconnu sur les buts de guerre réels que poursuivraient les Etats-Unis et Israël.

Et je rappelle que cette guerre se mène sans aucun mandat et qu'elle est un précédent redoutable parce qu'elle permet de laisser penser que désormais, le droit international n'a plus sa place et que seul compte la force. J'ajoute que ça a aussi des conséquences dommageables sur un autre conflit, qui est le conflit entre la Russie et l'Ukraine, puisque je vois que les sanctions sont levées pour partie, pour l'instant, sur la Russie, qui va pouvoir, y compris, profiter de la guerre en Iran pour renflouer ses propres caisses, pour faire la guerre contre l'Ukraine.

Vous voyez qu'on est quand même dans une situation assez paradoxale et que nous n'avons rien à voir avec ce que sont Netanyahou et Trump aujourd'hui qui poursuivent une guerre qui est totalement illégale.

2:13
Olivier Faure

Ça veut dire que vous n'auriez pas envoyé le portail en Charles de Gaulle ?

2:16
Présentateur

Non, ça veut dire que je souhaite que la France reste à l'écart et que les actions qui soient menées soient exclusivement liées à la protection de nos ressortissants, de nos propres bases et de nos propres alliés. Parce que là, c'est dans la logique même de répondre aux traités que nous avons signés. Et c'est ce que dit le Président, Olivier Faure.

2:35
Olivier Faure

Le Président qui insiste, il dit que nous ne participons pas à un conflit en cours. Est-ce que vous pensez, aujourd'hui, on a entendu vous mis en garde, mais est-ce que la position de la France et celle d'Emmanuel Macron est équilibrée, selon vous ?

2:45
Présentateur

Le seul flou qui demeurait, c'était l'utilisation des bases françaises pour les actions dites défensives pour les Américains. Moi, je ne sais pas comment on sait ce que font les Américains. Je ne veux pas que les Américains puissent, à un moment quelconque, utiliser la position de la France pour considérer que, désormais, ils sont légitimes à agir parce que nous aurions nous-mêmes avalisé par notre silence ce qui est une opération, je le rappelle, est une opération illégale. Et donc, ça suppose que le Président français rappelle en permanence que nous sommes, nous, reliés aux droits internationaux et que nous ne considérons pas que ce conflit est un conflit qui est légitime.

3:23
Olivier Faure

Il ne le fait pas suffisamment pour vous ?

3:25
Présentateur

Je pense qu'il pourrait le faire davantage. Et demain, lorsque nous irons à Matignon, les ministres se rappelleront quelle est leur position.

3:34
Olivier Faure

Justement, Matignon et pas l'Élysée. Vous avez demandé à être reçu par le Président de la République. Pour finir, ce sera Sébastien Lecornu. Vous êtes satisfait de cette rencontre ?

3:42
Présentateur

Écoutez, je n'ai pas de problème avec le fait que ce soit Sébastien Lecornu qui reçoive. Ton niveau ? Il est Premier ministre. Et donc, qu'il soit là pour informer les représentants que nous sommes, qu'il soit là pour dire quelle est la position que la France tiendra au cours des prochains jours, qu'il fasse la clarté sur nos intentions, ça me paraît être une bonne chose. En tout cas, ça correspond à la demande que nous avons formulée, qui est d'avoir de la clarté.

4:09
Olivier Faure

Et un point régulier, vous voulez ? Vous voulez que chaque semaine, l'exécutive vous tiendra informer ?

4:13
Présentateur

Parce que nous ne pouvons pas... Je rappelle que si la France devait à un moment prendre le risque de s'engager dans un conflit, ça supposerait que le Parlement soit saisi. Et d'ailleurs, ça n'exclut pas la nécessité d'un débat au Parlement pour que les choses soient très claires pour les Françaises et les Français. Qu'est-ce que vous entendez ? Et que nous sachions exactement comment la France se positionne par rapport à Trump, par rapport à Netanyahou, mais aussi par rapport aux autres Européens, pour qu'on sache que nos bases sont claires. Je vois que tous les Européens ne le sont pas.

Je vois que Mertz, qui est allé faire sa génuflexion à la Maison-Blanche, est aujourd'hui dans une forme de complaisance coupable vis-à-vis de Trump. Moi, je ne veux pas que l'on puisse penser un seul instant que nous ne sommes plus souverains, que désormais les Etats-Unis décident pour nous, et que nous sommes dans une situation où nous sommes entraînés à l'institut de notre plein gré dans un conflit qui n'est pas celui que nous avons choisi.

5:05
Olivier Faure

On vous a répondu juste sur le débat parlementaire que vous réclamez. Vous avez eu une réponse ?

5:09
Présentateur

Pas encore, mais j'imagine que demain, le Premier ministre y répondra. Ça relève en l'occurrence de sa volonté à lui, plus que de celle du Président.

5:15
Olivier Faure

Autre question à laquelle l'exécutif doit répondre. La flambée des prix de l'essence, le Rassemblement National demande au gouvernement de baisser les taxes. LFI propose de bloquer les prix de l'énergie. D'abord, que propose le Parti Socialiste ?

5:29
Présentateur

Bon, d'abord, la première chose, c'est que nous avons une réserve stratégique qu'il faut utiliser pour permettre de faire tampon et d'éviter une hausse des prix, comme c'est le cas depuis plusieurs jours, et qui inquiète légitimement nos compatriotes qui se disent, écoutez, le problème, c'est que moi, j'ai besoin de ma voiture pour aller travailler, pour emmener mes enfants à l'école, pour aller faire des courses, bref, pour faire tout ce que ceux qui n'ont pas la possibilité d'avoir recours au transport collectif doivent faire. Le gouvernement ne l'exclut pas. Ne l'exclut pas, ça ne veut pas dire qu'il l'envisage complètement.

Et moi, je voudrais qu'il l'envisage et que cette réserve puisse servir comme elle a servi à d'autres époques pour permettre d'éviter cette flambée des prix. Ensuite, si le conflit devait durer, si nous ne pouvions pas utiliser simplement cette réserve stratégique pour faire tampon, eh bien, je suggère qu'il y ait une forme de chèque énergie comme il y a eu un chèque bois qui permettrait là de cibler les ménages les plus modestes qui ont besoin d'être accompagnés dans ce moment-là et de faire en sorte que nous puissions en fait les accompagner, les aider à supporter cette conversation du prix du plafond.

6:35
Olivier Faure

Est-ce qu'on a l'argent pour faire un chèque de plus ? Ce n'est pas un peu démagogique ?

6:40
Présentateur

Justement, ce que je propose là, c'est de faire en sorte que ce soit un chèque qui soit à destination des populations les plus vulnérables. Il ne s'agit pas d'en faire une mesure générale. Ce que vous évoquez, c'était le chèque énergie qui a été effectivement très coûteux, qui a coûté près de 70 milliards quand il a été mis en place pour quelques années. Mais, et là, nous n'en avons plus les moyens.

6:59
Olivier Faure

Vous voulez le conditionner au revenu, c'est ça ?

7:01
Présentateur

Bien sûr, le conditionner. Quel seuil ? Ça, il faut voir. C'est votre proposition ? Oui, d'accord. Mais enfin, moi, ce que je veux, c'est qu'on puisse envisager avec le gouvernement de prévoir un seuil à partir duquel on a un accompagnement qui permet aux gens de ne pas souffrir de cette hausse des prix. Par ailleurs, je pense que pour les emplois qui permettent le télétravail, il faudra aussi que les employeurs s'y mettent et suggèrent à certains de leurs employés de rester travailler chez eux. Comme du temps du Covid ? Pour éviter... Comme du temps du Covid. Ne ramenons pas ça au Covid. Ça n'a à peu près aucun rapport.

Mais la vérité, c'est que nous n'avons pas toujours besoin de nous déplacer. Et puis, dernier point aussi sur lequel il faudra réfléchir, c'est comment est-ce qu'on fait pour que dans les villes où des transports publics sont assurés, comment est-ce qu'on fait pour baisser les tarifs, pour les rendre parfois gratuits pour certaines populations aussi, et faire en sorte que le prix de la mobilité ne se répercute pas sur le pouvoir d'achat des Français qui sont déjà à l'os.

8:01
Olivier Faure

Donc vous demandez trois choses. Vous demandez un chèque, plus de télétravail, et le troisième point, pour être plus précis, je n'ai pas bien compris.

8:07
Présentateur

Tout simplement que sur les transports publics, on veille à ce qu'il y ait des tarifs qui soient accessibles, peut-être même la gratuité pour certaines parties de la population.

8:16
Olivier Faure

Donc c'est encore un chèque de l'État ?

8:17
Présentateur

En premier lieu... Non, là c'est en l'occurrence... Les collectivités ? Les collectivités, par exemple, pour l'île de France, mobilité. Mais ce que je dis, c'est que la première chose qui doit être envisagée, c'est d'abord d'utiliser la réserve stratégique. Pourquoi je dis ça ?

8:28
Olivier Faure

Et le blocage des prix qu'en propose la France insoumise ?

8:30
Présentateur

Le blocage des prix, il a quelque chose de séduisant dans le principe, mais le blocage des prix, il pose deux problèmes. Le premier problème, c'est que soit il est compensé, et donc en réalité, ce sont non pas... Tout à l'heure, j'ai écouté sur votre antenne ce que disait la représentante de l'industrie pétrolière. Elle-même n'y est pas opposée. Pourquoi ? Parce que si on bloque les prix, en fait, c'est l'État qui compense les éventuelles pertes à l'industrie pétrolière. Donc c'est l'État qui paye la différence. Donc c'est un manque à gagner pour l'État.

Si l'État ne compense pas, la réalité, c'est que les gens, les raffineurs qui alimentent notre pays, préfèreront vendre à des endroits où ils sont mieux rémunérés. Et dans ces cas-là, en fait, on risque la pénurie. Donc c'est là où il y a effectivement une solution qui boitent l'eau. C'est la raison pour laquelle je viens de vous faire des propositions qui me paraissent être...

9:22
Olivier Faure

Et on entend vos propositions, Olivier Faure. Fin février, Jean-Luc Mélenchon a ironisé sur le nom de Jeffrey Epstein, sous-entendant que les médias prononçaient Epstein et non Epstein pour cacher son identité juive. Il a ensuite écorché le nom de Raphaël Glucksmann qu'il a appelé Glucksmann. Réaction de l'intéressé.

9:40
Invité

On ne joue pas avec une salle sur des noms à consonance juive ou à consonance étrangère. Ce n'est pas la tradition de la République. Et donc en faisant cela, Jean-Luc Mélenchon confirme qu'il est devenu le Jean-Marie Le Pen de notre époque.

9:55
Olivier Faure

Jean-Luc Mélenchon est-il le Jean-Marie Le Pen de notre temps, comme le dit Raphaël Glucksmann ?

10:00
Présentateur

D'abord, revenir sur ce que Jean-Luc Mélenchon a dit. C'est un homme cultivé. C'est un homme qui connaît parfaitement l'histoire de France, qui connaît parfaitement aussi les mauvais jeux de mots qui ont pu être utilisés au cours de notre histoire politique. Et donc cette double saillie avait des relents antisémites évidents.

10:25
Olivier Faure

Une antisémite, Jean-Luc Mélenchon ?

10:27
Présentateur

Je ne sais pas ce qu'il est. Ce que je sais, c'est qu'il a aujourd'hui utilisé des procédés rhétoriques pour faire rire une salle sur des noms juifs. et il savait parfaitement ce qu'il faisait.

10:41
Olivier Faure

Comme Jean-Marie Le Pen à l'époque ou pas ? Est-ce que le parallèle avec Jean-Marie Le Pen est...

10:44
Présentateur

Je ne ferai pas de parallèle avec Jean-Marie Le Pen pour une raison qui est très simple, c'est que Jean-Marie Le Pen était un homme dont chacun connaît là aussi l'histoire, connaissait aussi les propositions, connaissait le danger de ce qu'il portait. Je ne mets pas sur un même plan la France insoumise et le Rassemblement national. Vous avez d'un côté des gens dont toute l'histoire rappelle qu'ils sont pour l'exclusion du parti de la population et vous avez la France insoumise qui, dans ses excès, dans ses outrances, dans parfois ses saillies, a caractère antisémite.

11:14
Olivier Faure

Oui, parce que ce n'est pas la première fois qu'elle est épinglée pour des ambiguïtés avec l'antisémité.

11:19
Présentateur

Et ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, ils sont à la fois une cause de division de la gauche, d'affaiblissement de la gauche et ils sont un danger parce qu'ils assignent à résidence une population dont ils pensent qu'elle pourrait être sensible à des arguments à caractère antisémite.

11:38
Olivier Faure

Vous parlez de l'électorat musulman.

11:40
Présentateur

Je pense que dans un moment comme celui-là, à la veille d'une élection municipale dont chacun a bien compris que LFI ne serait pas le moteur de la gauche et que la seule force qui est en mesure de barrer la route à la droite, à l'extrême droite, c'est le rassemblement des socialistes, des écologistes, des communistes, de l'après, de debout, de places publiques. Et donc, il y a là une évidence au fait que Jean-Luc Mélenchon, à 15 jours de premier tour, a cherché à mobiliser un électorat dont il pense qu'il se mobilise peu pour les élections municipales et donc il a commis une faute lourde qui est d'assigner à résidence une population qui n'est pas antisémite.

Je vis au milieu de Français qui sont de culture, d'origine ou qui sont musulmans pratiquants. Je vis avec eux et je vois bien quelle est leur réaction aujourd'hui.

Ils ne sont pas dans une forme, ils ne n'assimilent pas les Français juifs à ce qui se passe aujourd'hui en Cisjordanie, à Gaza, parce qu'ils savent très bien qu'il y a aujourd'hui y compris des Français juifs qui pensent des choses très différentes les uns des autres et qu'ils ne sont pas les commanditaires ou les soutiens de Netanyahou et donc il n'y a aucun parallèle à faire entre les uns et les autres et le faire serait au contraire arriver à amalgamer et donc à considérer que tous les juifs se ressemblent, que tous les juifs pensent de la même façon et qu'il y a la matière à une forme de haine, de légitimation de la haine qu'on aurait à leur endroit.

13:06
Invité

Avec Olivier Faure,

13:13
Olivier Faure

premier secrétaire du Parti Socialiste, on parlait à l'instant de Jean-Luc Mélenchon accusé d'antisémitisme par certains à gauche. Quelles conséquences, Paul ? Oui, comme dans la première partie de cette interview, le Bureau national du PS a dénoncé les propos antisémites intolérables de Jean-Luc Mélenchon. Conséquence, dites-vous, à la fois pas d'accord national avec LFI mais des accords là-au-court restent possibles. On va vous interroger sur cette rupture. Est-ce que vous jouez double jeu ? Mais d'abord, une question très précise. Dans combien de villes faites-vous alliance avec LFI dès le premier tour ?

13:42
Présentateur

Je n'en ai aucune idée.

13:44
Olivier Faure

Une soixantaine ?

13:45
Présentateur

C'est ce que Bruno Rotaillot annonce et sans doute...

13:50
Olivier Faure

Et les décomptes indépendants des journées.

13:51
Présentateur

Le journal opinion. Et sans doute est-ce vrai. Et ça vous pose pas de problème. Mais voyez-vous un double jeu ? Ce que je condamne, c'est les dérives d'un homme, de Jean-Luc Mélenchon qui aujourd'hui entraîne... Mais je vais finir. qui entraîne aujourd'hui à la fois ses militants, ses élus, ses sympathisants dans une forme de réprobation générale. Et donc, il y a là, effectivement, un sujet de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que tous les insoumis, est-ce que tous les candidats qui sont aujourd'hui candidats en France se rattachent à cette dérive ? Ils sont quand même

14:26
Olivier Faure

membres de ce parti, Olivier Faure.

14:28
Présentateur

Il n'y a pas de membres de ce parti, vous le savez très bien. Adhérer un parti dont le dirigeant

14:31
Olivier Faure

est Jean-Luc Mélenchon, c'est adhérer au discours de Jean-Luc Mélenchon. Vous espérez que les adhérents du Parti Socialiste, ils adhèrent à la ligne du Parti Socialiste ? C'est pas toujours le cas. C'est vrai au Parti Socialiste, mais à la France insoumise,

14:43
Présentateur

c'est pas pareil. On a le droit, y compris dans une formation politique, même si elle est dirigée de manière très autocratique, de se dissocier de son dirigeant. Et moi, ce que je souhaite, c'est que l'ensemble de ceux qui, aujourd'hui, ont suivi avec sincérité ce que la France insoumise a pu porter sur le terrain social, sur le terrain de la lutte contre la discrimination, contre le racisme, etc., puissent aujourd'hui dire clairement qu'ils se désolidarisent de Jean-Luc Mélenchon quand il tient des propos comme ceux qu'il a tenus. Qu'on ne peut pas être de ceux qui légitiment la violence. On ne peut pas être dans l'outranche, on ne peut pas être dans le mensonge.

15:17
Olivier Faure

Olivier Faure, vous avez une seule personne aujourd'hui, candidat insoumis avec lequel vous êtes allié, qui est venue vous voir et qui vous a dit gardez-moi parce que je me dissocie fermement de ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon ? Vous avez des exemples concrets de candidats qui vous l'ont dit ?

15:31
Présentateur

Moi, ce que je vous dis, c'est que d'abord, sur les listes que vous évoquez, ce sont des villes qui sont souvent des petites villes où les gens travaillent ensemble depuis toujours, qu'ils passent leur vie ensemble, qu'ils sont militants ensemble, qu'ils défendent le même projet communal et vous n'allez pas m'expliquer que parce que des gens partagent une même vision de la gauche, ils ne peuvent pas se rassembler. Donc,

15:49
Olivier Faure

vous n'avez personne qui est venu vous voir pour vous dire je me dis aussi de Jean-Luc Mélenchon ?

15:53
Présentateur

Mais j'entends, mais j'ai...

15:54
Olivier Faure

Est-ce que vous avez... Mais bien sûr ! Certains sont venus vous voir pour vous le dire ?

15:57
Présentateur

Mais bien sûr qu'il y a des gens gênés aujourd'hui à la France Insoumise. Et ils vous le disent ? Même la presse l'a évoqué, vous avez même dans son groupe parlementaire des gens qui disent trop, c'est trop, ça n'est plus possible, on ne peut pas continuer comme ça. Il s'est excusé

16:16
Olivier Faure

sur Raphaël Lux même ?

16:17
Présentateur

Oui, d'accord, mais ce que je dis là, c'est qu'il a bien compris lui-même que dans son propre mouvement, il y a des gens qui n'en peuvent plus. Et donc moi, ce que j'ai vu, y compris sur le terrain, j'étais toutes les semaines depuis au moins un mois, je suis tous les jours en campagne quelque part en France, je peux vous dire que je rencontre sur le terrain des gens qui distribuent des tracts pour les Insoumis, quand je les interroge et eux-mêmes viennent me dire c'est un problème. C'est un problème. Donc, ils savent qu'il y a aujourd'hui...

y compris parce que quand ils font du porte-à-porte aujourd'hui, il y a des portes qui se referment brutalement en leur disant non, on n'est jamais plus, on ne parlera plus avec vous, on n'est plus d'accord, on ne peut pas suivre...

16:54
Olivier Faure

C'est venu un repoussoir, et les filles ?

16:56
Présentateur

Qu'est-ce que je vous dis ? C'est vous qui le dites.

En fait, le problème, c'est qu'à la fois, il consolide un socle de gens qui se sont radicalisés autour de lui et en même temps, il a fait descendre le plafond et c'est la raison pour laquelle aujourd'hui, il reste un candidat de premier tour qui est un candidat valable, qui rassemble un socle qui est un socle non négligeable, mais il est le plus mauvais candidat de la gauche au second tour dans une élection présidentielle parce qu'il serait celui qui serait le plus absolument battu par l'extrême droite, ce serait non seulement une défaite pour les Français parce que nous aurions l'extrême droite qui serait au pouvoir, mais en plus, ce serait un chèque quasi blanc pour Jordan Bardella qui aurait là l'onction du suffrage unirsel parce que Jean-Luc Mélenchon, par ses outrances, par ses mensonges, par ses dérapages, et bien qu'est-ce qu'il fait ?

Il solidarise la droite et l'extrême droite. Vous lui avez dit directement ça ? Effectivement, une menace d'abord pour la gauche et ensuite pour la France.

17:50
Olivier Faure

Vous lui avez dit directement à quand remonte votre dernier contact personnel tous les deux ?

17:53
Présentateur

Ça fait très longtemps puisque nous ne nous sommes plus parlé depuis les violences urbaines qui ont suivi l'affaire Naël. C'est vous dire que ça fait près de trois ans.

18:03
Olivier Faure

Les penses ont rompu mais vous faites alliance au premier tour à Talence, à New York, à Saint-Malo ou à Montluçant. Vous comprenez cette incompréhension ce matin ?

18:09
Présentateur

Mais il n'y a aucune incompréhension à avoir. Je me répète.

18:13
Olivier Faure

Parce que vous ne voulez pas perdre les électeurs

18:15
Présentateur

mélenchonistes ? Je ne crois pas que les électrices et les électeurs de gauche soient irréconciliables. Là aussi, je fais part de ma propre expérience dans ma propre circonscription. Je vis avec des gens qui ont été insoumis et parfois ils ont été socialistes avant et qui sont passés de l'un à l'autre, de l'autre à l'un et que ça n'a pas et que tout simplement à un moment, ces gens-là, je leur demande de réfléchir et de dire il y a aujourd'hui une offre possible, une offre que porte le rassemblement de la gauche et des écologistes, qui est une offre qui n'est pas moins radicale que celle que pouvait porter la France insoumise.

Mais nous n'avons pas, nous, la violence, l'antisémitisme, nous n'avons pas tout ce que, aujourd'hui, qui crée un plafond de verre au-dessus de la France insoumise et qui la rend malheureusement infréquentable pour nombre de Françaises et de Français. C'est la raison pour laquelle, dimanche prochain, 15 mars, allez voter, mais allez voter pour une gauche qui peut gagner, une gauche qui peut faire barrage à la droite, qui peut faire barrage à l'extrême droite, qui peut permettre de changer vos villes. Tout le monde n'a pas

19:22
Olivier Faure

votre conception à gauche. Jérôme Guetsch, par exemple, député socialiste, dit mieux vaut perdre une élection que de perdre son âme. François Hollande dit il est hors de question qu'il y ait un accord avec LFI et il parle notamment du second tour. Il dit, il vous appelle à faire la clarté. Pas d'accord, pas d'alliance entre socialistes et LFI au second tour. Est-ce que, pour le second tour, vous êtes prêts à renoncer à tout accord, quitte à perdre une mairie ? Oui, mais parce que vous êtes attachés à vos valeurs.

19:52
Présentateur

Mais j'ai entendu, moi aussi, ce que disait Jérôme Guetsch, par exemple. Il a dit que s'il était confronté à un choix entre LFI et le RN, il choisirait LFI.

20:01
Olivier Faure

Alors ça, il l'a dit, mais après, il est venu sur France Info et il ne l'a pas redit. Il l'a pas dit.

20:04
Présentateur

Mais il l'a dit, donc c'est qu'il le pense. Moi, je crois à la sincérité des gens et je crois aussi à son propre parcours. Je sais d'où il vient et je sais quels ont été les points de rupture avec Jean-Luc Mélenchon particulièrement sur la question antisémite.

20:18
Olivier Faure

Mais alors, à Paris, à Marseille, comment vous faites si vous avez besoin des insoumis au second tour ? Est-ce que vous dites il n'y aura pas d'accord avec les insoumis même si on perd Marseille, Paris,

20:26
Présentateur

Nantes ? Mais d'abord, vous êtes en train de laisser penser qu'il y a des multiplications d'accords qui se créent partout. La réalité, c'est que vous savez très bien et vous avez entendu encore hier en meeting Jean-Luc Mélenchon et Sofia Chikirou qui ont réussi à taper sur le candidat socialiste qui est Emmanuel Grégoire qui a su rassembler la gauche et les écologistes et ils ont totalement épargné Rachid Odati. Mais ils ne vous ont pas épargné vous. C'est vous dire à quel point ils ont envie de faire l'accord avec le reste de la gauche. Je vais vous citer une citation. Leur objectif dans cette élection n'est pas de faire gagner la gauche.

Leur objectif est au contraire de faire en sorte qu'il y ait une forme de vide à gauche qui permette à Jean-Luc Mélenchon de se déployer dans l'élection présidentielle. Donc ne laissez pas penser à un seul instant que nous sommes à la veille d'accords partout en France. C'est faux ?

21:13
Olivier Faure

Un mot rapidement. Vous avez un autre désaccord avec LFI. Ce sont les liens de ce parti avec le mouvement Antifa La Jeune Garde, mouvement mis en cause dans la mort de Quentin de Ranck. Est-ce que Raphaël Arnaud, fondateur de La Jeune Garde et élu insoumis, peut rester député selon vous ?

21:30
Présentateur

Mais Agathe Lambret, j'entends que depuis dix minutes maintenant on parle de la France insoumise. Moi, ma vie ne tourne pas autour de la France insoumise. Non, ce que je vous dis c'est que ma vie ne tourne pas autour de la France insoumise.

21:40
Olivier Faure

Mais sur Quentin de Ranck, sur Raphaël Arnaud, parce que vous étiez à l'étranger, vous n'avez pas beaucoup parlé sur ce sujet. Je vais vous répondre

21:46
Présentateur

mais simplement vous dire qu'en fait on vient de commencer cette émission en parlant de la menace et la menace elle ne vient pas de la France insoumise. Elle vient de l'extrême droite dans le monde entier. Elle vient de l'extrême droite en Israël. Elle vient de l'extrême droite aux Etats-Unis. Elle vient de l'extrême droite en Hongrie, en Italie. En l'occurrence,

22:02
Olivier Faure

c'est Quentin de Ranck c'est un militant identitaire qui a été tué.

22:05
Présentateur

Mais ce que je vous dis c'est qu'à force de laisser penser que tout le problème en France et dans le monde surface insoumise vous donnez une importance à Jean-Luc Mélenchon qu'il n'a pas.

22:14
Olivier Faure

Mais donc répondez à la question parce qu'il faut le faire. Je vous réponds à la question.

22:17
Présentateur

Il y a une enquête qui est en cours et moi je respecte l'état de droit pour tout le monde y compris pour Raphaël Arnaud. Est-ce qu'il est commanditaire de cette opération ? Est-ce qu'il était au courant ? Est-ce qu'il ne doit pas démissionner ? Est-ce qu'il a un lien quelconque avec un mouvement qui était dissous ? Donc il ne doit pas démissionner ? Mais pour l'instant il y a une enquête.

22:34
Olivier Faure

Vous voulez dire que vous n'en savez rien ? Vous ne savez pas ?

22:36
Présentateur

Vous ne pouvez pas à chaque fois qu'il y a quelqu'un qui est incriminé sur quelques sujets que ce soit dire qu'il est présumé innocent et faire comme si Raphaël Arnaud lui était présumé coupable. Donc je vous dis il y a aujourd'hui une enquête qui est en cours. Si l'enquête détermine des responsabilités de la part de Raphaël Arnaud évidemment il devra démissionner. Mais je ne veux pas précéder la justice.

22:57
Olivier Faure

Ce sont ses assistants parlementaires.

22:59
Présentateur

Mais d'accord ce sont ses assistants parlementaires. Mais enfin je ne crois pas que vous ayez dans ces temps-ci demandé au RN de bien vouloir se retirer à sa nombre d'endroits quand ils avaient des gens qui étaient soit assistants parlementaires soit des gens qui sur leur liste On interroge régulièrement

23:14
Olivier Faure

le Rassemblement National. Merci beaucoup Olivier Faure d'avoir répondu aux questions de France Info.

23:18
Présentateur

C'est qu'il faut avoir les mêmes principes pour tout le monde autrement on n'est plus compris et surtout on n'est plus écoutés. Merci Olivier Faure Merci Paul Merci à vous.