Informations sur les entreprises : "On permet aux gens de juger une entreprise assez facilement", souligne le PDG de Société.com
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« Aujourd'hui, on a 2500 abonnés sur les deux offres. »
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France Info Bonsoir à toutes et à tous, c'est le patron du site internet Société.com qui est avec nous ce soir, site pionnier de l'information légale, administrative et financière sur les entreprises créé en 99 depuis 26 ans. Il a quand même pas mal changé. Bonsoir Guillaume Berthaud.
Bonsoir Camille.
Vous avez 10 millions d'utilisateurs actifs par mois, 22 millions de visites. Qui sont vos utilisateurs ? Des particuliers, des professionnels ? Pourquoi on se connecte chez vous ?
Alors, déjà en termes de typologie, c'est un petit peu tout le monde parce qu'il y a quasiment 30% aujourd'hui des Français qui passent sur Société.com au moins une fois par mois. Et on vient s'y connecter quand on veut apprendre quelque chose sur une entreprise, quand on veut trouver de la donnée lisible, gratuite et qui va permettre de juger l'existence, la santé financière d'une entreprise pour travailler avec elle ou faire affaire.
Alors, vous dites données lisibles, gratuites, mais vous avez des offres payantes aussi. Une offre plus, une offre pro, 16,90€, 39,90€ par mois. Qu'est-ce que vous proposez ?
Alors, toute la partie gratuite, en fait, pour pouvoir alimenter le business model, il est assez simple, pour pouvoir alimenter toute cette partie gratuite, entretenir cette donnée, croiser des datas pour pouvoir toujours la certifier. Il y a une partie qui est payante. La partie qui est payante, c'est une partie qui va être plus proactive. Vous allez pouvoir surveiller, en grande partie, surveiller des entreprises. Donc, vous allez mettre, par exemple, votre portefeuille client en surveillance et vous allez recevoir des alertes quand les entreprises changent de mandataire sociale, quand les entreprises bougent, déménagent, ou même quand elles vont passer en procédure de sauvegarde.
Ça va vous permettre d'anticiper un peu les mouvements de l'entreprise en face.
Vous avez combien d'abonnés ?
Aujourd'hui, on a 2500 abonnés sur les deux offres. En tout ? En tout, tout à fait. Et ensuite, on a des offres réservées aux plus grandes entreprises, qui vont avoir des offres d'API, où là, en fait, on va garantir aux grosses entreprises, qui sont des gros utilisateurs de cette data certifiée de société.com, d'avoir directement chez eux de la data, depuis les tuyaux de base. Donc, vous allez avoir la même fraîcheur que les utilisateurs vont trouver sur société.com, chez vous.
Mais ces données que vous agrégez, que vous proposez parfois gratuitement, parfois de façon payante, elles viennent d'où ? Comment vous avez la certitude que tout est fiable et surtout que tout est actualisé ?
Alors, depuis la loi Macron, en 2015, énorme boom, en fait, des sources, des registres de data, particulièrement côté B2B. Il y a aujourd'hui 60 000 jeux de données sur data.gouv. Il y en a une dizaine de milliers qui sont dédiés au B2B. Et donc, nous, notre but, évidemment, c'est de prendre des datas officielles, de prendre aussi des datas privées et de venir recroiser. C'est un petit peu comme vous faites dans les médias. En gros, une information, quand elle a été recroisée plusieurs fois et qu'elle arrive de plusieurs sources différentes, on enlève quand même un petit peu le risque que la data soit mauvaise ou erronée.
Et aujourd'hui, toutes ces datas gratuites de l'open data, elles sont parfois contradictoires. Et nous, on fait ça depuis 25 ans. Et donc, on sait aujourd'hui croiser les datas de manière à transmettre toujours une data certifiée à l'utilisateur final.
Et comment on fait si on ne veut pas simplement être sur votre site ? Je vois que parfois, il y a des dates de naissance. Si on vous dit, ben non, moi, je ne veux pas apparaître là. Alors, il y a deux types de données.
Je comprends très bien. Il y a deux types de données. En gros, la première partie, c'est de la data qui doit être transparente. Parce qu'aujourd'hui, quand on est, par exemple, créateur d'une entreprise, je vais prendre l'exemple, une SAS, on doit avoir la date de création de l'entreprise, on est dans les statuts, on est actionnaire ou pas, etc. Tout ça, c'est de la transparence. Ça fait partie de la transparence de l'économie. Hyper important pour faire des affaires. Ensuite, si vous êtes auto-entrepreneur et qu'à votre nom, votre adresse personnelle, vous pouvez faire supprimer ces informations-là. Comment ? En passant directement par les registres officiels.
Donc, par l'INSEE, par l'INPI, par Infogreffe. Selon d'où viennent nos sources, vous pouvez demander à ces registres-là de supprimer. Alors, souvent, c'est une anonymisation partielle de la data. Vous enlevez, par exemple, votre nom, votre prénom, votre adresse, si elle est personnelle, votre date de naissance, etc.
Quand vous avez commencé il y a 25 ans, vous étiez pionnier, vous étiez seul. Aujourd'hui, vous êtes plus nombreux. Il y a des sites comme Papers, Infogreffe, Infonet. Comment vous pouvez, aujourd'hui, vous démarquer dans un monde où il y a en plus les moteurs d'intelligence artificielle qui arrivent ? Comment vous pouvez faire la différence ?
Alors, aujourd'hui, en fait, la vraie différence qui se passe, tout le monde va chercher ces datas aux mêmes endroits. Et en fait, il y a beaucoup de gens qui vont se permettre de faire juste des passe-plats d'une data qu'ils ont prise sur un registre officiel gratuit et vont le diffuser directement aux utilisateurs. Nous, c'est ce qu'on disait tout à l'heure. Nous, on vient certifier cette data-là en la croisant parmi plein de sources de données et ensuite en la diffusant de manière la plus facile possible pour qu'elle soit structurée et exploitable. Typiquement, aujourd'hui, il y a une explosion des verticales B2B boostées à l'intelligence artificielle.
Business à business.
Exactement. Ils vont parler. Et en fait, ces agents IA vont venir chercher de l'information. Si cette information, elle n'est pas structurée, elle n'est pas certifiée, déjà qu'on a du mal à tracer ce que racontent les agents IA. Si on est dans un monde B2B, un agent IA B2B qui va vous donner une information, je dis n'importe quoi, sur du contentieux, sur du notariat, sur du recouvrement, par exemple, il faut qu'il ait pu se sourcer sur une data qui est certifiée, officielle, et qui est passée par une API qui a pu être vérifiée.
Double question, Guillaume Berthaud. Votre chiffre d'affaires actuel et votre objectif peut-être à plus long terme ?
Notre chiffre d'affaires actuel, 5 millions de retis d'affaires et notre objectif à plus long terme, c'est de doubler dans les deux années qui arrivent en venant agréger, en fait, de nouvelles verticales. Il va y avoir... Nous, ce qu'on a constaté quand on a repris l'indépendance de Société.com il y a 4-5 ans, c'est qu'il y avait, en gros, une explosion des verticales boostées par des agents liés et qu'il nous fallait devenir le raffineur de cette data pour fournir de la data structurée, interopérable.
C'est simplement, quand vous dites verticale, vous le dites beaucoup pour que nos auditeurs comprennent bien.
Verticale, c'est une typologie de client adressée. Par exemple, vous faites du recouvrement, vous allez avoir besoin de prendre les délais de paiement, récupérer des factures et à un moment, vous allez avoir besoin d'informations liées, par exemple, à un sirène sur une entreprise, un dirigeant.
Vous lancez deux nouvelles données gratuites, de simulation d'impact extra-financier d'une entreprise, sociale, fiscale, territoriale, d'impact carbone aussi, pour un peu plus de 700 000 entreprises qui n'en ont pas réalisé. Alors, même question, comment vous faites ça ? Comment vous faites pour que ça soit fiable ?
Alors, aujourd'hui, le but, c'est de prendre toutes les datas qui sont disponibles au public, donc des datas ouvertes à tous, grâce à toutes les lois open data qui sont passées, et c'est de venir les confronter à des datas qu'on peut avoir, nous, sur les comptes, par exemple, partiellement confidentiels ou confidentiels des entreprises, ou les comptes publics, et venir regarder, par exemple, si un euro d'impôt payé par telle entreprise dans tel territoire crée plus de valeur qu'un euro qui n'est pas payé, par exemple, fiscalement en France, ou qui a un impact territorial plus faible vu que le territoire a une employabilité un peu moindre. Je prends un exemple très simple.
Si vous payez un euro d'impôt en Bretagne versus un euro d'impôt que vous avez payé en Ile-de-France, ça n'a pas du tout le même impact sur la région. Ce sont des régions qui sont déjà soit très employables, soit un peu moins. Et si vous les payez en plus à l'étranger, alors là, pour le coup, votre score extra-financier...
Et les entreprises, pour qui vous faites ça, elles en pensent quoi ? Vous ne le faites pas pour elles,
vous le faites pour des clients qui vont vous demander... Non, aujourd'hui, c'est toujours le même but. Comme à la genèse par Xavier Niel en 1999, quand c'était d'avoir de la data lisible, gratuite et accessible à tous, là, c'est la même chose, c'est avoir de la data extra-financière, lisible, gratuite et accessible à tous. Pour qu'elle soit gratuite, il faut qu'elle soit sourcée gratuitement, donc on prend des registres officiels. Et aujourd'hui, c'est de commencer à donner une première marche aux entrepreneurs pour essayer de comprendre comment juger une entreprise sur ses datas extra-financières.
Inoua, juste une petite minute, vous allez proposer de nouveaux services avec des experts métiers, création d'entreprise, ouvrir un compte bancaire, gérer ma comptabilité, modifier mon entreprise, gérer mon bilan carbone. Aujourd'hui, dans un environnement plus concurrentiel, il faut faire ça ?
Exactement. En fait, aujourd'hui, le seul fait d'accompagner, on va dire, les entrepreneurs qui viennent sur notre site pour essayer de juger une entreprise à sa solidité financière, son existence, aujourd'hui, on va même plus loin avec l'extra-financier. Et demain, l'accompagner peut-être à créer une filiale, une deuxième entreprise, ouvrir un compte bancaire, continuer ses affaires. En fait, on essaye de simplifier le monde des affaires pour tous les entrepreneurs ou les gens qui veulent devenir entrepreneurs et qui nous consultent tous les jours.
Il y a une demande de la part de vos utilisateurs ?
Il y a une très forte demande. Aujourd'hui, l'entrepreneuriat, elle vend en poupe. Il y a une très forte demande pour essayer de mieux comprendre, mieux appréhender, en fait, tout cet écosystème qui peut faire un peu peur. Et le but de société, c'était le même à l'époque de Xavier Nel. C'est vraiment d'essayer de... Qu'il a créé en 99. Qu'il a créé en 99, exactement. C'était de permettre aux gens de juger une entreprise assez facilement au regard soit de ses résultats financiers, soit de son existence, soit de sa durabilité extra-financière, etc.
Et ce sera mis en place quand, ça ?
Alors, à partir de tous les mois à venir, on a commencé là, aujourd'hui, avec la création d'entreprise et on va continuer, comme je disais, avec les comptes bancaires, les bilans carbone, etc. Et ça implique des recrutements, ça ? Pas pour l'instant. Pour l'instant, on reste, en fait, sur notre équipe actuelle, équipe qui bosse avec nous depuis une vingtaine d'années, qui connaît hyper bien la data financière. Et plus on va ouvrir de verticales, donc de typologie de clients et de typologie de métiers, et plus on recrutera.
Merci beaucoup, Guillaume Berthaud, PDG de Société.com. Vous êtes ce soir l'invité éco de France Info. Sous-titrage Société.com.