Le RN drague les patrons : alliance contre nature ou nécessité stratégique ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est dans l'ambiance feutrée d'un prestigieux restaurant parisien que Marine Le Pen a dîné discrètement mardi dernier avec une quinzaine de grands patrons. Selon les révélations du Nouvels, la crème de la crème du CAC 40 était là, notamment l'homme le plus riche de France, Bernard Arnaud. Une rencontre qui tranche avec les diatribes antisystème et antipatronat de la chef de fil du rassemblement national ces dernières années, comme ce jour-là à Châurou où elle s'en prenait au dîner du siècle.
Un cercle mondin parisien. Le siècle cette association qui regroupe l'oligarchie politique, économique, culturelle et médiatique et se réunit une fois par an pour décider de l'avenir de notre pays en toute discrétion. Mais depuis le Rassemblement national a entrepris un travail de dédiabolisation économique.
Fini les projets de sortie de l'euro et de l'Union européenne, le RN n'ends même une posture pro business. À la manœuvre, Jordan Bardella a invité en août dernier à l'université d'été du MEDEF au même titre que les autres dirigeants de parti. Merci d'accueillir Bompard, Marine Tourelier, Fabien Roussell, Gabriel Atal, Bruno Retaillot et Jordane Bardella qui sont vos invités s'il vous plaît.
Le président du RN déjeunera avec le comité exécutif du MEDEF lundi prochain. Plus les sondages pour la présidentielle de 2027 lui sont favorables, plus l'URN devient fréquentable. J'ai envie de vous dire euh sans sans jugement politique, c'est logique qu'un chef d'entreprise ou les représentants du monde économique parlent avec le politique, quel que soit son bord.
Dans une tribune, le directeur général de la MAIF dénonce lui l'erreur tactique des patrons qui s'entretiennent avec le RN. Une erreur tactique parce que on voit bien ce dont les dirigeants du RN ont le plus besoin. C'est de crédibilité avec un programme économique qui est quand même relativement faible.
Et donc les patrons en question bah en réalité font la courte échelle au rassemblement national. Alors les milieux économiques font-ils vraiment la courte échelle au RN ? Le Rassemblement national a-t-il besoin des patrons pour arriver au pouvoir ?
Nos trois invités pour ce débat qui ont des tonnes de notes tous les trois. C'est impressionnant. Bernard Cohen Adad, bonsoir.
Vous êtes président de la confédération des petites et moyennes entreprises de Paris. Et selon vous, les représentants du Rassemblement national sont des interlocuteurs comme les autres. Ils ont des élus dans les différentes assemblées refusés de leur parler.
Ajoutez-vous, ne serait pas républicain, mais cela ne veut pas dire que l'on adhère à leur programme. À côté de vous, Erwan Lecker, bonsoir. Sociologue spécialiste de l'extrême droite.
Selon vous, il y a une convergence stratégique entre les grands patrons et le RN, mais ce n'est pas nouveau. Des rapprochements existaient déjà sous Jean-Marie Le Pen. Ceci dit, c'était à une moindre échelle qu'aujourd'hui.
Et à côté de vous, Aurore Malval, bonsoir. Grand reporter au service politique de l'hebdomadaire Marianne. Selon vous, si certains patrons parlent avec le RN, c'est parce qu'ils pensent qu'il peut accéder au pouvoir et qu'il faut l'éduquer d'une certaine manière.
Par ailleurs, ajoutez-vous, le RN développe désormais un discours très favorable aux entreprises. Et on démarre le débat Benjamin avec le club du jour. Oui, entreprise est cité, c'est son nom à un club privé de patron du CAC 40 trier sur le volet.
Il a été fondé par l'ancien patron d'Axa Claude BBR en 1984. C'est à l'initiative de cecle donc que Marine Le Pen a dîné la semaine dernière dans un restaurant chic de la capitale avec des chefs d'entreprise de Auran dont Bernard Arnaud patron de LVMH est l'un des hommes les plus riches au monde. Bernard Cohen Adad, si jamais vous aviez été invité à ce dîner, est-ce que vous y seriez allé ?
Écoutez, j'y seraiis allé parce que c'est dans un grand restaurant que je connais chez Drouan où on donne le prononcours. Donc c'est pas n'importe où. Et puis je crois que ça fait partie aussi je l'expliqué euh du débat républicain pour essayer d'entendre Marine Le Pen essayer de connaître ses propositions nouvelles sur nos entreprises et pas uniquement des effets d'annonce.
H et leur ce qui est un peu nouveau, ça a déjà existé he c'est rentre mais là ils assument c'estàd ils ne demandent pas ces chambres d'entreprise avoir dîner avec Marine Le Pen. C'est assumé. Oui, c'est ça qui est très nouveau, c'est que la stratégie traditionnelle, c'était d'envoyer des seconds couteaux de grandes entreprises dans les années 90, ELF, AXA et autres.
Envoyer plutôt les seconds couteaux, Renault, il y avait juste la Baron Bic et son et son mari qui s'affichait clairement dans les années 80. Là, c'est nouveau et sans doute c'est nouveau pour deux raisons. D'abord, le RN lui a besoin désormais d'apparaître, de de faire tomber la dernière chose qui l'empêcherait d'accéder au pouvoir.
La droite dit sur le plan économique, ils sont nuls, donc ils ne peuvent pas avoir le pouvoir. Ils essayent de démontrer que finalement ils ne le seraient plus. un peu comme ils essayent d'avoir des énarques à une époque.
Puis du côté des patrons, il y a quelque chose qui a changé aussi, c'est qu'il y a une nouvelle idéologie mondiale qui s'appelle les lumières sombres dans laquelle les PDG sont vu comme les futurs dirigeants du monde évoqué par Arnaud Miranda dans son essai du même absolument dans son essai révélateur sur le sujet et que je pense qu' un certain nombre de grands patrons français on les a vu hein Bernard Arnaud Boloré Terrain d'autres aussi sont touchés par cette idée selon laquelle peut-être qu'il pourrait prendre le pouvoir à travers des gens du RN or malval ça ne sent plus le soufre pour les patrons. Alors d'aller discuter avec euh les patrons du RM, quoi. À l'évidence non, puisque euh ce qui se passait autrefois dans en coulisse de façon très secrète, là on sait que ce genre de dîner euh l'information fuite et effectivement Marine Le Pen est ainsi reçu au même titre que d'autres patrons de parti euh dans ces dans ces scénacles.
Donc il y a quelque chose une transformation en fait à chaque fois on en reparlera mais les patrons voient aujourd'hui un plus grand danger dans la gauche et notamment dans la France insoumise que dans le fait de fréquenter le RNA. C'est particulièrement clair par rapport à leur propos, par rapport à la façon dont il voi le Rassemblement national et ses représentants. Bernard Coenada de l'apouvantail aujourd'hui c'est la France insoumise plutôt que le RN pour les chefs d'entreprise pour vous.
Mais déjà le rassemblement national c'est pas le Front National. Il y a une évolution programmatique entre Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen, Jordane Balardella. Et si vous regardez le programme économique, il y avait une dizaine de pourcentages dans leur programme économique sur l'économie.
Aujourd'hui, il y a près des de tiers de leur propositions qui sont sur l'économie. Je sais pas si c'est comment dirais-je le danger. En tous les cas ce qu'aiment les patrons en général qu'il soient petit, moyen grand, c'est la stabilité financière, la stabilité économique.
Et on peut le reconnaître en tous les cas que le danger économique pour le patronat aujourd'hui, il est d'une déstabilisation de l'économie qui viendrait pas de la gauche de gouvernement mais bien d'une certaine maîtresse gauche. Donc bien entendu de la France insoumise. C'est effectivement, je peux vous le dire parce que c'est ce que j'entends auprès de des entrepreneurs de tout bord. c'est que la stabilité aujourd'hui, elle ne vient pas euh comment dirais-je d'une gauche qui est sous tutelle du rassemble de de de LFI.
On l'a bien vu avec la avec le débat budgétaire où effectivement un certain nombre de d'enjeux étaient la réduction d'un certain nombre d'aides et aujourd'hui le Rassemblement national reste quand même et c'est pour ça que ce type de débat est important. Il y a une vraie évolution et l'enjeu de savoir jusqu'où ils vont dans leur agonnement économique vis-à-vis de l'économie de proximité, de l'internationalisation et aussi de notre outil de production. Erwin Lecker, certains de vos collègues sociologues ont fait remarquer qu'après la dissolution en 2024, des patrons ont dit il y a moins de danger avec le RN qu'avec NFP, le nouveau Front populaire.
Ça rejoint ce que vient de dire votre voisin. Oui. L'épouventail maintenant.
Certain vont même jusqu'à dire rappeler le le fameux slogan plutôt Hitler que le Front populaire. On a l'impression de se retrouver un peu dans cette configuration d'une certaine façon. Euh je rappelle que alors il y a un livre qui est paru en 2017, l'ordre du jour qui racontait sous une forme romancée les rencontres entre les patrons allemands et le pouvoir nazi.
Il y a les irresponsables de Johann Chaputo he qui raconte très bien cette période où en effet les grands patrons, l'économie des grands patrons de l'époque s'est dit "Mais en fait on va on va pas laisser les communistes ou les sociolo communistes prendre le pouvoir. On va plutôt instrumentaliser les nazis de l'époque qui étaient qui apparaissaient comme faible." J'ai envie de dire, c'est un peu à mon avis comme ça qu'il voit également Jordan Bardella aussi ou qu'ils ont vu Trump aux États-Unis et puis bah le pouvoir et les nazis et Trump et peut-être Bardéa et d'autres ne sont finalement pas si faibles que ça.
Donc oui, vous avez raison, on est dans un moment historiquement qui rappelle des choses un peu étranges du du point de vue des patrons. Mais je tiens à le dire, ça a beaucoup changé. Euh ce qui a été dit pour les PME, les les PME sont aujourd'hui même en train de ne plus de lire le le programme du Front National. devenu Rassemblement national mais qui a pas tant changé que ça.
Je rappelle que Jean-Marie Le Pen était bien plus ultralibéral parce qu'il était réganiste que Marine Le Pen et que aujourd'hui on revient à ce qu'a été le Front National au début, c'est-à-dire à droite, très proise et très proentreprise, je le disais avec la lumière sombre dans l'arrièrefond. On va revenir au au programme économique et vous voulez réagir Marb à ce que disait votre voisin Erwan Lecker ? Oui, en fait, on voit que pour le pour la dans le dans le patronat, il y a il y a aussi cette idée que le RN est en train de muer et qu'on peut le pousser dans le bon sens, qu'on peut le faire évoluer.
Alors que le programme de la gauche, en tout cas tel qu'il a été formalisé à la fois avec le Nouveau Front Populaire et même avant lui avec la DUPES qui était fortement imprégné aussi par la France insoumise par des mesures assez fortes, et bien le RN ce n'est pas ce n'est pas aussi construit. D'ailleurs, la doctrine économique du RN n'occupe pas non plus une place immense en fait dans le programme et même dans les ressorts du vote Rassemblement national. Alors on évoqué avec vous trois et avec Anna le budget le débat sur le budget 2026 c'est au mois d'octobre dernier et le RN avait présenté un contrebudget.
Vous nous le présentez. Oui ce contrebudget c'était l'occasion pour le RN de donner des gages de sérieux et de transparence aux milieux économiques notamment. Ils ont donc présenté une copie avec 36 milliards d'euros d'économie au total.
Au passage plus ambitieuses que les 30 milliards du gouvernement le Cornu. Mais ils ont proposé également une réduction du déficit de la dette publique et des intérêts de la dette. Et donc tout cela passe notamment par une forte réduction des dépenses jugées, je cite, inefficaces et inutiles sur l'immigration, sur la contribution de la France à l'Union européenne ou encore sur les subventions aux associations qui ne relèvent pas de l'intérêt général.
Et puis sur la partie recette, le RN a prévu entre autres de taxer les superdises. Ça a priori ça pourrait déplaire au grand patron. Mais dans le même temps, il a proposé des mesures pour relancer l'activité économique avec des réductions d'impôts pour les entreprises, suppression de la cotisation foncière, de la contribution sociale de solidarité et de la cotisation sur la valeur ajoutée.
Le tout à hauteur de 16 milliards d'euros. Puis pour parachever son rapprochement avec les entreprises, Jordan Bardella vient de recruter son nouveau conseiller spécial, François Durvi, ancien directeur du fond d'investissement de Pierre Édouard Sterrain. C'est lui qui est désormais chargé d'organiser les rencontres entre le RN, les grands patrons et les entreprises et puis de peaufiner le programme présidentiel.
Bernard Cohen Adad, ce genre de mesure, est-ce que ça parle au aux entreprises, au PME par exemple ? bien entendu que ça parle au PME parce que si vous faites bien attention, c'est pas un programme d'extrême droite. On l'a évoqué tout à l'heure Jean-Marie Le Pen en en 2002 dit euh je suis euh euh économiquement socialiste, je suis politiquement à droite, économiquement de droite, socialement de gauche gauche et de France.
Donc vous voyez, il y a vraiment une base sociale et d'ailleurs une partie de leur hectorat est extrêmement une base populaire, fragile, y compris de patrons de TP PME, des artisans, des commerçants, des indépendants. Aujourd'hui, ce que vise le rassemblement, qui est ce que je disais tout à l'heure, c'est sa génrification économique, c'est montré qu'il est crédible parce que les débats présidentiels à chaque fois Marine Pen a été défaut sur l'économie. Elle n'a pas été crédible sur l'économie.
On ne sait pas si Jordan Bardella, si c'est lui qui est le fameux candidat, sera à la hauteur du candidat qui sera en face. Donc cette génrification, elle passe par des méophortes et ce contrebudget, il y a quand même qu'un seul parti qui a fait un contrebudget et ce parti un parti qui aujourd'hui ne se réexclame pas d'extrême droite. Il a pris la place de la droite républicaine, c'est-à-dire l'élélection présidentielle.
C'est ça l'enjeu aujourd'hui. Oror Malval, en fait cette notabilisation que recherche le RN, il n'y avait un point d'achopement, c'était le soutien des patrons. Elle l'a.
Elle elle l'a en partie en tout cas. Elle elle doit elle veut le renforcer aujourd'hui. Elle les cajol.
Effectivement, quand Marine Le Pen était au pic, je dirais, de sa stratégie populiste, elle avait, on l'a entendu dans le reportage en entrée, des mots très durs sur l'oligarchie, sur ses faux patrons et cetera. Le discours s'est radouci. Je dirais le RN a toujours voulu marcher sur sur de jambes et effectivement pour conquérir ce nouvel électorat pour passer d'ailleurs il en partie la MU s'est fait en 2024 pour aussi pour les lors des élections législatives on a vu cette transformation et pour le MN en passant aussi de 20 à 30 % il a déjà conquis un électorat et un électorat beaucoup plus libéral auquel il s'adresse aussi avec ce mais ce qui se passe et qui vous semble vraiment intéressant c'est que les patrons veulent orienter ou tenter d'éduquer le RN sur un plan justement économique et social.
Oui, parce que c'est c'était ce qui avant le RN, c'était le repoussoir ultime avec en en matière d'économie avec notamment les questions européennes, la question du frexit, la question de la sortie de l'euro. D'ailleurs, on citait tout à l'heure lorsque Marine Le Pen trébuche lors des des débats présidentiels, c'est pour expliquer qu'on va sortir de l'euro mais sans en sortir et cetera. Et donc euh il voit bien un certain nombre de aussi bien des grands patrons d'ailleurs que des petits pour des motifs différents et d'ailleurs de façon différente.
On a des grands patrons qui se disent on peut les pousser vers nous à avoir un programme business friendly parce que le le RN n'a pas cédé. On parlait tout à l'heure des lumières sombres de toute la de comment la tech en fait américaine s'est mise en ordre de marche derrière Donald Trump avec cette cult enfin ce libertarisme et très prononcé. Ça ça a jamais été le DAD du RN, mais on voit aujourd'hui que le courant, je dirais, antinorme euh qui qui te double en fait antinorme antiassistana en fait réunit aussi les petits et les gros, les petites entreprises et les plus grandes.
Et là le RN peut avoir effectivement peut trouver son sillon en continuant à marcher un petit peu sur sur ces deux jambes, si je puis dire, en parlant à tout le monde. Leer, c'est vrai que le Marine Le Pen a renoncé au Frexit, elle reste dans l'euro et en même temps, elle vote, on va le voir, des mesures qui ne vont pas à l'encontre l'entreprise. Bien au contraire, rétablir l'ISF vote contre, alourdir l'impôt sur les sociétés contre, instaurer la taxe, la taxe Zucman contre, mais en même temps elle ne va pas vers la régularisation de sans papier comme on le voit en Italie ou en Espagne qui serait favorable quand même au grand patron.
Donc, elle fait elle reste quand même sur une ligne de crète. Oui, oui, j'aurais même tendance à dire que d'une certaine façon sur certains sujets le RN de Marine Le Pen s'est fait doubler à droite par certains grands patrons. Il faut pas le négliger.
C'estàd que quand on prend ce terrain Bolloré ou quelques autres plus à droite clairement et il considère Marine Le Pen comme une gauchiste, disons-le clairement. le milliardaire boloré et le milliardaire serrain qui se livre à une guerre culturelle tous les deux par ailleurs la considère comme une monsieur Durvi qui arrive il vient de chez monsieur Sterrain après avoir plombé monsieur Sterrain il va peut-être à nouveau euh faire travailler euh euh le Front national et le Rassemblement national donc première chose il y a ça a été dit deux jambes dans ce rassemblement national il y a Marine Le Pen comme il y avait son père et il y a Jordan Bardella comme il y avait maigré pour le dire très rapidement stratégique Bruno Mégré c'est l'alliance droite et on gagne grâce à ça il y a plusieurs électorats au fil du temps qui se sont agglomérés dans les 40 % qui aujourd'hui peuvent voter pour ce en 2024. Parmi ces électorats, il y a des gens très à droite qui vote en gros Zemour au premier tour et Le Pen au 2e.
C'est le premier électorat du Rassemblement national, celui de du Front National de Jean-Marie Le Pen. Mais il y a un électorat populaire et populiste au centre, au milieu, c'est-à-dire dans les années 90 2000 que Marine Le Pen ne veut pas perdre. Et c'est pour ça qu'elle dit "Je ne veux pas faire de mon parti un parti de droite extrême.
Elle veut pas perdre cet électorat parce qu'elle sait que des mesures qui seraient populaire voire populiste lui ramènent cet électorat." Donc en fait, ils font un paris simple qui est on doit garder cet électorat populaire et populiste qui ne lit pas les programmes et qui ne vote qu'en fonction du fait que on va se battre contre les ce qu'on va appeler les parasites. He c'est Michel Léer qui fait qui fait cette comparaison. les parasites du bas, les en gros les assisterés et les parasites du haut, c'est-à-dire les intellectuels, les méprisants, mais pas ceux qui gagnent de l'argent.
On aime beaucoup ceux qui gagnent de l'argent et c'est et c'est là que ça ça se joue, c'est-à-dire garder euh l'électorat populaire et populiste de Marine Le Pen. C'est pour ça qu'elle voyait très peu, voir jamais les grands patrons, et y ajouter celui qui manque aujourd'hui, c'est-à-dire l'électorat de droite, qui aime l'entreprise, qui aime les patrons. Et pour ça, en effet, il y a et les patrons doivent montrer que c'est bon, mais aussi il faut trouver ce nouvel électorat, c'està-dire si finir de siphonner la droite pour gagner.
C'était la stratégie maigré finalement c'est celle-là qui est en train de fois c'est Bruno Migré auquel vous vous référez Bernard Cohen Adadre la préférence nationale c'est pas un problème pour l'embauche en tout cas vu du point de vue des petites et moyennes entreprises l'immigration n'est pas un emploi par exemple donc vous voyez mais je crois que faut faire attention on confond le débat sur les valeurs, les grands principes et l'économie c'est pas du tout le même débat et cette drague et c'est important de de faire cette différence parce qu'on a tendance à tout mélanger, c'est tellement plus simple. Le débat sur les valeurs, sur les engagements, sur les grands principes, les idé au riblin, c'est quelque chose. Le débat sur l'économie, c'est autre chose.
Donc aujourd'hui, ça sera incarné par la même personne et par le même parti ici. Oui. Oui.
Mais justement, il mélange pour pouvoir récupérer beaucoup de beaucoup de dirigeants du Rassemblement national embauchent même des sans papiers dans le sud de la France. h juste pour qu'on fasse le débat sur les valeurs sur l'économie ça n'êche pas d'avoir des gens qu' on esclavagise dans le sud de la France quand ça nous pour aujourd'hui de rassemblemental vis-à-vis des grands patrons, c'est de draguer cet électorat pour montrer cette respectabilité. Le la le retour des grands patrons, c'est un effet de redon. fait comment on va faire pour limiter les dégâts si demain le Rassemblement national qui a quand même 143 députés aujourd'hui et à la tête d'un d'un gouvernement ou de la présidence de la République avec un programme qui pendant des années a été un programme non pas libéral mais dirigiste, c'est-à-dire qui contraint l'économie.
Donc vous voyez c'est ça l'enjeu aussi. Un peu moins de députés que vous avez dit 143 c'est plutôt une 120 et quelqu'un je crois. 143 c'est avec l'UDR.
Avec l'DR mais c'était avec l'UDR parce que c'est quand même compatible. Bien sûr. Alors, vous parliez des valeurs et de l'éthique.
Ça nous amène à notre archive qui date de 2011. Laurence Parizot, vous vous en souvenez tous, qui est alors patronne du MEDDEF, publie un piège bleu marine, un ouvrage dans lequel elle dit et redit tout le mal qu'elle pense de la présidente du Front National. regarder toute sa pensée est construite autour de l'idée qu'il y a un ennemi, un ennemi intérieur.
L'ennemi intérieur, c'est l'étranger que ça soit celui le français issu de l'immigration ou l'immigré étranger. Dites et vous dites que sur ce point-là, elle est dans la pure tradition xénophobe de l'extrême droite. Absolument.
Et même si elle donne parfois l'illusion de se démarquer des propos de son père ou de l'approche xénophobe, raciste, antisémite de son père, en réalité on remarque, on observe, on révèle qu'il n'y a pas de différence dans sa pensée et celle de son père ou de celle de des courants historiques de l'extrême droit. Hor Malval, une telle prise de position serait impossible aujourd'hui. On est on est bien loin sur le principe des valeurs justement.
En tout cas, elle correspond plus effectivement au discours public des patrons. D'ailleurs, je rappelle en entrée, on parlait de de ce de ce dîner. Bernard Arnaud avant signifiait qu'il ne voulait pas rencontrer le Rassemblement national et Marine Le Pen et il était évidemment enfin évidemment en tout cas c'est devenu donc une évidence.
Il était présent donc c'est vrai que ce discours n'a plus le poue. Alors on l'entend quand même chez justement le président de la MAIF. Oui, c'était tout l'objet de de son intervention.
Euh mais c'est ce n'est plus le discours majoritaire euh dans euh enfin chez les grands patrons et même d'ailleurs chez les plus petits. C'est-à-dire c'est tout le spectre. C'est parce que les grands patrons sont pragmatiques et parce que le RN n'a jamais été aussi prêt d'arriver au pouvoir.
Alors effectivement, il y a une lorsque on entend dire voilà les les grands patrons l'éduquent éduquent les représentants du Rassemblement national, c'est effectivement un pragmatisme chez eux. c'est de se dire le parti qui va arriver, qui a le plus de chance d'arriver au pouvoir, on va on va lui parler. Je pense aussi que ça correspond à ce que l'ensemble du champ politique et médiatique véhicule.
C'est-à-dire que le Rassemblement national aujourd'hui, vous avez beaucoup de responsables et notamment d'ailleurs à droite lorsque Bruno Retaillot d'ailleurs refuse le le la doctrine qui était qui avait en cours chez les Républicains de de faire ni c'est-à-dire ni l'extrême gauche ni l'extrême droite et qu' dit bien le rassemblement national est moins dangereux que la France insoumise enfin tout ça participe du même mouvement encore une fois de notabilisation qui vi à faire rentrer aussi le rassemblement national dans ce fameux arc républicain à géométrie variable Évidemment, bah les grands patrons courent derrière. Le cœur. Juste un petit élément, il y a quand même eu un sas de décompression qui s'appelle le sarcosisme.
Il faut pas l'oublier. Les années 2007 et suivante. Le sarcosisme attire tous les grands patrons dont Vincent Boloré et tous ceux qui étaient à ce dîner.
Et puis aujourd'hui Nicolas Sarkozi dit clairement que l'avenir de la France et de du pays, c'est avec Jordan Bardella pour des raisons qui euh ne seront peut-être pas tout à fait avouables pour tout le monde, mais il y a quand même de ce point de vue-là un sas euh sarcosiste qui s'est mis en place et qui fait qu'aujourd'hui, moi je répète, il y a un certain nombre de grands patrons qui en tout cas on nimagine pas en effet Laurence Pariso aujourd'hui au nom du MEDF s'exprimer comme elle l'avait fait à l'époque. Bernard Cohen Adad, vous êtes le président de la confédération des petites et moyennes entreprises de Paris. dans le cadre de la présidentielle dans un an, il y aura une sorte de mot d'ordre de suggestion.
Jamais chez nous, jamais. Mais en revanche, je voulais intervenir, enfin pardon, vous avant vous auriez peut-être appelé à voter contre aujourd'hui. Peut-être peut-être que ça pourrait individuellement sans aucun doute, mais nos organisations ne donnent jamais de mot d'ordre.
En revanche, ce qui est extrêmement intéressant, c'est Sarfo évoqué. Reconquête fait 19 % alors qu'elle n'est même pas encore candidate dans les intentions de vote des patrons à Paris. C'est extrêmement fort.
Donc c'est un édit, c'est pas uniquement le rassemblement national, c'est un certain nombre de valeurs économiques, une droitisation de la vie politique, il a plus de cordon sanitaire des vis-à-vis de la de l'extrême droite aujourd'hui. Merci à tous les trois d'être venus débattre ce soir.
Marine Le Pen