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ChroniqueLe Figaro (sur YouTube)· 12 mars 2015 6 minDivertissementCulture, médias & sport

Le Clash culture Figaro-L'Obs : Que vaut le nouveau roman de Jérôme Ferrari ?

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Que vaut le nouveau roman de Jérôme Ferrari ? C'est la question qui oppose Jean-Christophe Buisson du Figaro Magazine et Grégoire le Ménager de l'OPS. Jérôme Ferrari, il avait obtenu le prix concours en 2012.

Il avait rien publié depuis ma connaissance et là il publie un petit roman assez bref qui s'appelle Le principe et qui est un livre consacré à un sujet très très intéressant puisqu'il s'agit de l'histoire de Heisenberg. Eisenberg c'était ce scientifique allemand qui a eu le prix Nobel de physique en 32. 32, on lui a donné en 33 mais pour l'année 32.

Il a eu en 32 euh parce qu'il avait découvert quand même les principes de la de la de la physique quantique quantique ou ce qui n'est pas rien. Euh et le et qu'il a inventé ce principe d'incertitude qui veut, si j'ai bien compris, que on ne puisse jamais déterminer à la fois la vitesse et la position de particule. Voilà, c'est ça.

Je résume bien. Absolument. Euh je suis pas plus je pas plus je fais un bac scientifique tiens.

Non mais ça se voit tout de suite. Ça se voit tout de suite. Euh donc et là il s'intéresse à ce personnage.

Alors à la fois il essaie de nous expliquer ce que c'est que cette théorie qui est quand même assez difficile à conceptualiser et puis en même temps, il nous raconte la trajectoire historique de de ce scientifique et la manière dont il s'est compromis avec les nazis puisque il a été chargé à un moment donné de de fabriquer la bombe nucléaire pour les nazis. développement de sa théorie amène à réfléchir sur la fission nucléaire et donc en 1941, il se retrouve au 42, il se retrouve à diriger effectivement un laboratoire qui qui a pour projet de à la demande d'Albert Schppper de trouver la la bombe atomique que recherchent les Américains aussi avec des savants allemands qui ont qui ont qui ont quitté le pays. Et sa justification pour en finir avec le le tout petit côté historique de rester en Allemagne, c'est de dire comme ça je surveille les travaux et je vais les entraver.

Et donc c'est là-dessus que travaille d'ailleurs Jérôme Ferrari d'une certaine manière. C'est pas exactement ça que raconte Ferrari. Ferrari lui son son hypothèse parce que une des questions intéressantes qu' pose au livre c'est quand même celle-là celle de la compromission du scientifique avec le politique et cetera et avec l'histoire qui grand hache et avec toutes les questions morales que ça suppose.

Et Ferrari qui a qui a apparemment bien travaillé son sujet enfin vraiment il s'est énormément documenté pour écrire ce livre. Il nous dit que que Heisenberg voulait rester en Allemagne pour essayer de créer des ce qu'il appelait des îs de stabilité pour essayer de de de fixer des scientifiques de Huran en Allemagne au moment où tous les scientifiques juifs évidemment s'en allaient euh ou euh ou se faisait tout petit et euh et donc il voulait créer ses de stabilité pour pour plus tard pour l'avenir avec une espèce d'optimisme un peu ou on laissant entendre quand même que les travaux allaient aller à leur rythme mais ces adversaires lui ont reproché en disant pas du tout, il avait pas du tout l'intention d'entraver les travaux. S'il avait trouvé la la bombe nucléaire, il s'en il s'en serait servi.

En tout cas, voilà, c'est la base historique effectivement de du livre. Après, il y a le traitement qu'en fait Jérôme Ferrari. Alors, vous qui reprochez pardon à Sylvain Tesson de parler un peu de lui, j'imagine que vous n'avez pas beaucoup apprécié ce livre parce que il nous mélange son espèce d'oral de de faculté de physique avec une professeur dont il est vaguement amoureux avec ses réflexions historiques très pointues sur Heisenberg.

Euh, il nous raconte à la fin du livre son voyage dans un pays du golfe Persic. Il mélange tout ça. Il a il écrit de façon très étrange pendant les deux tiers du livre, il est au vocatif, il s'adresse à Heisenberg et puis un moment donné, il passe à troisème personne du singulier avec une narration classique et puis il revient au vocatif.

On voit pas très bien pour quelle raison il passe de l'un à l'autre, quel est l'élément déterminant qui fait ça. Et globalement, c'est un livre, moi j'ai trouvé stylistiquement, il y a des passages magnifiques notamment sur le sur le la bombe à Hiroshima Nagasaki. De très belles pages et en même temps un style parfois ampoulé, prétentieux, emphatique, des phrases interminables pour dire des choses assez banales.

Moi j'étais j'étais un petit peu déçu pour dire c'est toujours le risque que cour Ferrari. C'estàd que oui, il a une langue qui est qui est très très lyrique avec avec des longues périodes et et donc il est toujours à la limite de l'emphase. Quelque fois il il tombe du côté de il bascule du mauvais côté et puis quelquefois il atteint le point d'équilibre et c'est et c'est assez beau et assez réussi.

Et euh donc après on y est sensible ou on y est pas sensible, il y a une une musicalité de sa langue. Ah non, il y a un vrai style, ça je l'accore. Oui.

Puis une musicalité qui qui est quand même un peu un peu qui qui demande un petit effort, enfin qui demande d'être entendu et c'est vrai que si on l'aperçoit pas, on a un peu de mal à à s'y intéresser. Enfin, il est pas dans une narration au premier degré basique. Il il essaie de s'en change.

C'est ça. C'est troublant parce qu'il change de c'est pas si gênant que ça. C'est pas si gênant que ça la lecture.

Parce que il y a un moment donné le passage justement ils sont en angle quand il quand la guerre se termine tous ces braves physiciens qui ont travaillé pour le trè r sont quand même emmenés en Angleterre et on les c'est la partie formidable. Oui mais justement c'est une partie formidable et stylistiquement il est plus du tout dans cette phase, il est dans espèce de dialogue dans une description presque presque joyeuse de et et décalé parce qu'ils n'ont rien compris de de ils ne comprennent pas ce qu'ils font là, pourquoi on les arrête, qu'est-ce qu'ils ont fait de mal. Donc c'est c'est très bien raconté avec un petit peu d'humour d'ailleurs de distance.

Oui oui oui. Dès qu'il introduit des détails triviaux à l'intérieur de son style emphatique, c'est il dégonfle lui-même son propre style en fatigue et et ça ça devient assez assez efficace, assez irrésistible, assez drôle et et et quand même très intelligent quoi. Non non mais c'est un film un film pardon un livre assez ambitieux et parfois je trouve que le l'écriture n'est pas la hauteur de son ambition qui est réelle parce que objectivement même si vous-même avez fait des études de physique c'est quand même un sujet très compliqué et non non mais je trouve que il il vulgarise bien moi je croyais que vous étiez un grand critique littéraire en tout cas vos pères le considèrent ainsi mais je découvre que vous êtes aussi un grand scientifique donc ça ça me réjouit ça me rend fier de bavarder avec vous toutes les semaines peut-être arrêter là pour cette