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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 5 octobre 2024 8 min

Procès des assistants parlementaires européens du FN - reportage #cdanslair - 04/10/24

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Parmi eux, M.Le Pen, qui risque une peine de 10 ans d'inéligibilité. - Malgré les nuages qui planent au-dessus de sa tête et de son parti, M.Le Pen s'affiche sereine au 1er jour de son procès face à la nuée de journalistes. - M.Le Pen: Nous avons énormément d'arguments à développer pour défendre ce qui m'apparaît être la liberté parlementaire, qui est en cause dans cette affaire.

Je ne suis pas mécontente que nous ayons le temps pour les développer, puisque 2 mois sont prévus pour ce procès et pour démontrer que nous n'avons violé aucune règle. - Comme 26 autres personnes, l'ancienne patronne du parti d'extrême droite est jugée pour des soupçons de détournement de fonds au détriment du Parlement européen. Les assistants parlementaires payés par Bruxelles auraient en réalité travaillé pour le parti.

Un préjudice estimé à 4,5 millions d'euros et une défense bien rodée pour M.Le Pen. Des assistants comme T.Légier, garde du corps historique de la famille Le Pen, payé pendant 7 ans avec l'argent de Bruxelles.

A l'époque, c'est M.Schulz qui donne l'alerte. Pour cet eurodéputé porte-parole du RN, il s'agit d'une vengeance politique. - Le Parlement européen savait très bien ce que tout le monde faisait.

Ca a toujours été accepté. C'était de notoriété publique. Ca n'était pas illégal.

Le Parlement européen a décidé que c'était fini à un moment pour pouvoir nous poursuivre. Pourquoi? Parce qu'il voyait la mer monter.

Il devinait qu'on allait prendre du pouvoir. - Aux côtés de M.Le Pen au tribunal, des historiques du parti comme l'ancien trésorier W.de Saint-Just ou encore B.Gollnisch, ancien député européen FN. - B.Gollnisch: Il est exact que nous avons travaillé en pool.

On mettait en commun les ressources et les besoins pour assigner tel ou tel travail à tel ou tel assistant. Les assistants étaient employés par plusieurs députés sans que ça corresponde à un service exclusif. Ca n'est pas un délit pénal.

C'est une question d'organisation interne. - Mais pour l'accusation, certains assistants ne connaissaient même pas leurs eurodéputés. Pour l'avocat du Parlement européen, M.Le Pen, alors à la tête du parti, supervisait bien le système. - Elle avait la main sur la distribution, sur la gestion des enveloppes budgétaires.

On le voit notamment dans des échanges de mails où il est dit: "X ira sur Y." Il y a un partage, une gestion des fonds des assistants parlementaires par la direction nationale du RN. - M.Le Pen risque jusqu'à 10 ans d'emprisonnement, 1 million d'euros d'amende et une peine d'inéligibilité de 10 ans. - A.de Tarlé: Dans quel état d'esprit M.Le Pen aborde-t-elle ce procès? - C.Cornudet: Elle est très concentrée.

Elle dit qu'elle est sereine mais elle a l'air inquiète. Le dossier est lourd. Il y a eu un procès pour le MoDem, le parti de F.Bayrou.

C'était à peu près le même système, mais en plus petit. F.Bayrou a été relaxé, mais son parti a été lourdement sanctionné. - A.de Tarlé: F.Bayrou n'était pas député européen... - C.Cornudet: Contrairement à elle.

Il y a beaucoup de mails venant de M.Le Pen donnant des ordres en disant: "Toi, tu n'as le droit d'embaucher qu'une seule personne et tu nous donnes le reste de ton enveloppe." Ca a l'air accablant.

Sa défense, c'est de dire qu'ils sont dans l'opposition, à Bruxelles. Quand vous êtes dans l'opposition, vous n'êtes pas tous les 4 matins à rédiger des amendements pour améliorer les lois. Donc c'est normal pour un parti d'opposition de travailler avec le parti d'origine.

C'est ça, sa défense. On va voir si ça porte. - A.de Tarlé: M.Le Pen peut jouer de la victimisation en disant que le système veut les faire taire? - J.Wittenberg: Pour elle, c'est un procès politique.

Le FN, à l'époque, c'était le parti à abattre. Selon elle, le Parlement européen use de tous les stratagèmes et de toutes les incohérences pour l'abattre. Néanmoins, les chiffres sont là.

Plus de 4 millions d'euros ont été détournés. On parlait du procès des assistants du MoDem. Il était question de 293 000 euros.

Vous voyez la différence. Néanmoins, F.Bayrou a été relaxé en tant que président du MoDem, mais 8 permanents du parti ont été condamnés de 10 000 à 50 000 euros d'amende.

Il y a eu des peines. On peut penser que M.Le Pen et 26 autres prévenus risquent de véritables peines.

La principale peine, au-delà de l'amende et de l'emprisonnement potentiel, c'est l'inéligibilité. Elle ne pourrait pas se présenter à l'élection présidentielle. On imagine le choc politique que cela représenterait.

La victimisation à la manière d'un D.Trump... "On m'empêche.

C'est le peuple qu'on vient bâillonner et la justice n'a pas à se substituer au peuple." On a connu ça avec F.Fillon dans un temps plus court.

Il y avait des procédures judiciaires contre lui et il a pu se présenter à l'élection présidentielle de 2017. Ce procès basé sur des faits concrets, juridiques, prendrait une dimension très politique à quelques années de l'élection présidentielle. - A.de Tarlé: Question.

On a longtemps dit que les retraités rechignaient à voter pour le RN parce qu'il y a un côté distributif. C'est un parti qui veut renverser la table. - C.Cornudet: Et beaucoup pour l'épargne.

Ils avaient peur de la sortie de l'euro et de ce que ça provoquerait pour leur épargne. Dans les dernières élections, ils ont été plus nombreux à voter pour elle. Après, elle aura la possibilité de faire appel.

Sans doute qu'elle ne serait pas empêchée pour 2027. - A.de Tarlé: Quand on est à l'Elysée, ensuite, on a l'immunité. - C.Cornudet: Ses électeurs, c'est comme pour Trump: plus il est condamné, plus...

Ca pose aussi la question du financement des partis politiques. Si elle a mis en place tout ce système, c'est que le RN était au bord de la faillite car aucune banque française ne voulait lui prêter. Elle dit aussi que c'est cher payé pour un système qui l'a de fait exclue. - A.de Tarlé: Elle pourrait vouloir se venger du traitement infamant que lui ont imposé les banques? - J.Wittenberg: Elle avait prévenu E.Macron lors de leur duel.