Macron au Maroc : réconciliation en vue ? Le point de vue de Pierre Vermeren
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L'objectif c'est de relancer la relation franco-marocaine après trois ans de crise entre Paris et Rabat.
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Ça se réchauffe en réalité depuis juillet dernier à propos d'une certaine phrase du Président de la République sur le Sahara occidental. De quoi s'agit-il exactement ?
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Est-ce que, Pierre Vermeuren, est-ce qu'on avait vraiment le choix de rester fâchés entre la France et le Maroc ? L'un et l'autre, ils ont besoin l'un de l'autre, non ?
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Actuel. Est-ce que, Pierre Vermeuren, est-ce qu'on avait vraiment le choix de rester fâchés entre la France et le Maroc ? L'un et l'autre, ils ont besoin l'un de l'autre, non ?
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Mais là, clairement, Emmanuel Macron mise, finalement, plus sur Abba que sur Alger.
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Alors, Emmanuel Macron, le président, est parti avec neuf ministres, une délégation aussi importante de chefs d'entreprise, et puis un invité surprise, qui n'était pas sur la liste officielle, c'est Yacine Bellatar, qui est au Maroc, invité par le président de la République, sur le sol marocain, un invité qui fait polémique.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« D'abord bonjour Anne-Emmanuel, merci de votre invitation. Oui vous êtes généreuse, trois ans de brouille c'est il faudrait dire dix ans plutôt en réalité. »
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« Alors le Sahara occidental n'est pas à l'origine de la brouille, c'est une ancienne colonie espagnole qui se trouvait à l'époque coloniale au sud du Maroc, »
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« le président Sarkozy en avril 2007, avant de... 2012, pardon, avant de quitter le pouvoir, »
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« Lui aussi ? »
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« puisqu'il a déclaré que désormais la base de discussion pour la France, ce serait le Maroc, le Sahara, dans le cadre d'une souveraineté marocaine. »
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« La France a besoin d'avoir des relations apaisées et régulières avec ses partenaires d'Afrique du Nord et d'Afrique de l'Ouest, disons, »
- 3:50Invité politiqueFait
« notamment des échanges économiques. »
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« La fête du trône, c'est-à-dire les 25 ans de règne du roi Mohamed VI. »
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« mais manifestement, il a fait un choix, puisque le Maroc était très demandeur, »
- 5:32Invité politiqueFait
« mais il soumettait à condition cette reconnaissance, à demi-mot, de la souveraineté marocaine sur le Sahara, »
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« qu'il est repris de justice. »
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« que Yacine Bellatar a été condamné en septembre 2023 à quatre mois de prison avec sursis pour menaces de mort et de crimes visant plusieurs personnalités du monde du spectacle, »
- 8:19Invité politiqueFait
« le président Macron ne s'était pas rendu au Maroc depuis 2018. »
- 9:03Invité politiqueFait
« Ils se sont battus froids à propos de l'affaire Pegasus, »
- 9:28Invité politiqueFait
« au refus marocain d'une assistance à la suite du tremblement de terre marocain en septembre, il y a exactement un an, septembre 2023. »
- 11:50Invité politiqueChiffre
« la réduction par deux des visas. »
- 12:00Invité politiqueFait
« En réalité, on est revenu à un niveau normal, »
- 12:39Invité politiqueFait
« réclame davantage de reprises d'OQTF, notamment, »
- 15:32Invité politiqueFait
« on sait simplement qu'il a été très malade, »
- 15:44PrésentateurFait
« Il souffre d'un dérèglement du système immunitaire. »
- 16:20Invité politiqueFait
« mais enfin maintenant son fils est en âge de régner, »
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Bonjour Pierre Vermeuren, vous êtes spécialiste du Maghreb et vous êtes aujourd'hui avec nous, vous allez nous éclairer sur cette visite d'Etat de trois jours du Président de la République. L'objectif c'est de relancer la relation franco-marocaine après trois ans de crise entre Paris et Rabat. Ça se réchauffe en réalité depuis juillet dernier à propos d'une certaine phrase du Président de la République sur le Sahara occidental. De quoi s'agit-il exactement ?
D'abord bonjour Anne-Emmanuel, merci de votre invitation. Oui vous êtes généreuse, trois ans de brouille c'est il faudrait dire dix ans plutôt en réalité. Alors le Sahara occidental n'est pas à l'origine de la brouille, c'est une ancienne colonie espagnole qui se trouvait à l'époque coloniale au sud du Maroc, elle s'y trouve toujours bien sûr, qui a été récupérée en quelque sorte revendiquée et puis occupée par le Maroc en grande partie en 1975. Et depuis cette période, ce territoire fait l'objet d'un contentieux devant l'ONU qui a une mission sur place depuis près de 50 ans.
Enfin pas près de 50 ans parce que dans un premier temps vous avez eu la guerre entre le Maroc et l'Algérie par le représentant sur place des Sahraouis qui s'appelle le Front Polisario. Et donc le Front Polisario soutenu par l'Algérie a mené une guerre au Maroc pendant très longtemps, pendant presque 20 ans. Et depuis la fin des années 70, on est dans une forme de ni guerre ni paix. Le dossier est toujours sur la table au Conseil de sécurité de l'ONU. Le secrétaire général de l'ONU a nommé un représentant spécial qui a longuement changé.
Donc on est dans une relation très conflictuelle à ce sujet entre le Maroc et l'Algérie puisque l'Algérie réclame un référendum alors que le Maroc considère que c'est un territoire désormais sous sa souveraineté et qu'il faut en finir. Mais les choses ne sont pas si simples parce que pour l'ONU, pour l'Algérie, c'est un territoire en cours de décolonisation. Voilà, donc le Maroc axe l'essentiel de sa diplomatie autour de cette question puisque le roi Hassan II avait même lié le sort de la monarchie marocaine à ce territoire. Donc on comprend pourquoi la monarchie est très active.
La diplomatie marocaine passe l'essentiel de son temps à essayer de régler ce dossier ou en tout cas à faire reconnaître par le maximum de pays le Sahara occidental comme sous souveraineté marocaine. Et c'est ce que le président Macron, c'est pas nouveau d'ailleurs pour la France, le président Sarkozy, je refais un petit aparté, le président Sarkozy en avril 2007, avant de... 2012, pardon, avant de quitter le pouvoir, avait... Lui aussi ? Ils ont reconnu le plan de large autonomie au Sahara soumis par le Maroc. Donc la France, c'est dans sa tradition de soutenir le Maroc dans ce conflit.
Mais le président Macron, disons après une longue parenthèse, vient de remettre sur la table ce soutien français puisqu'il a déclaré que désormais la base de discussion pour la France, ce serait le Maroc, le Sahara, dans le cadre d'une souveraineté marocaine. Et cela a déclenché le voyage d'aujourd'hui et le processus de réconciliation en cours.
Actuel. Est-ce que, Pierre Vermeuren, est-ce qu'on avait vraiment le choix de rester fâchés entre la France et le Maroc ? L'un et l'autre, ils ont besoin l'un de l'autre, non ?
Oui, ils ont besoin l'un de l'autre. La France a besoin d'avoir des relations apaisées et régulières avec ses partenaires d'Afrique du Nord et d'Afrique de l'Ouest, disons, pays avec lesquels elle a des relations fortes dans le cadre de la francophonie, dans le cadre de l'immigration, dans le cadre des échanges de toute nature, notamment des échanges économiques. Et le Maroc a été un relais d'influence important, puisque, vous le savez, les relations avec l'Algérie sont souvent compliquées, notamment depuis 25 ans. Et donc, dans ce cadre, effectivement, avoir des relations difficiles avec l'Algérie et en plus être fâché avec le Maroc, ce n'est pas tenable à long terme.
D'où cette volonté de réconciliation qui est à l'œuvre, et d'où cette lettre, le changement de pied du président Macron, qui, après 7 ans, sans véritablement prévenir, sans couférir, a envoyé cette lettre le 30 juillet, à l'occasion des 25 ans de... La fête du trône, c'est-à-dire les 25 ans de règne du roi Mohamed VI. Et c'est une volonté partagée, d'ailleurs, d'avoir cette bonne relation par les deux États.
Mais il y a toujours, évidemment, au milieu l'Algérie, puisque le Maroc a des relations exécrables, pour ne pas dire qu'il n'a plus aucune relation, pratiquement, avec ce pays, alors que la France, elle, est obligée, bien sûr, d'avoir des relations avec ses deux voisins du Sud, mais ce sont des relations assez différentes par leur nature, parce que ça rend pas à la colonisation, évidemment, et à ces différentes procédures.
Mais là, clairement, Emmanuel Macron mise, finalement, plus sur Abba que sur Alger.
– C'est clair, après avoir voulu une réconciliation avec l'Algérie, qui n'a pas vraiment abouti, en fait, il a beaucoup fait de gestes en direction de ce pays, sans avoir été pied de retour. Alors, il ne nous a pas expliqué pourquoi il a fait ce changement de pied politique, mais manifestement, il a fait un choix, puisque le Maroc était très demandeur, mais il soumettait à condition cette reconnaissance, à demi-mot, de la souveraineté marocaine sur le Sahara, et donc c'est ce qu'il a fait, le président Macron, cet été.
– Alors, Emmanuel Macron, le président, est parti avec neuf ministres, une délégation aussi importante de chefs d'entreprise, et puis un invité surprise, qui n'était pas sur la liste officielle, c'est Yacine Bellatar, qui est au Maroc, invité par le président de la République, sur le sol marocain, un invité qui fait polémique.
– Oui, je n'ai pas grand-chose à dire sur cette affaire, c'est un peu surprenant, puisqu'il n'apparaissait pas, si vous voulez, dans la liste initiale des invités du président, qui est parti avec une très grosse délégation, très étonnante d'ailleurs à certains égards, mais c'est un autre sujet, et ils ont rajouté hier huit noms, quand la présence de Yacine Bellatar a été, je ne sais pas, je crois que c'était devant le palais, a été vue par des journalistes français, qui l'ont vue, alors c'est assez étonnant, parce qu'on sait qu'il a eu maille à partir avec la justice, qu'il est repris de justice.
– Pardon de vous interdire, Pierre, je vais rappeler effectivement pour les téléspectateurs, que Yacine Bellatar a été condamné en septembre 2023 à quatre mois de prison avec sursis pour menaces de mort et de crimes visant plusieurs personnalités du monde du spectacle, et au préalable, il avait été choisi par Emmanuel Macron pour être membre du conseil présidentiel des villes. Voilà pour resituer un peu qui il est et ce qu'il a fait aux côtés à un moment d'Emmanuel Macron.
– Voilà, on peut dire que c'est quelqu'un qui est assez proche du président, dont on ne connaît pas très bien la nature des relations, mais on sait que le président est fidèle en amitié et on le redécouvre ici. Cela étant dit, c'est un franco-marocain et donc il ne fait aucun doute qu'il a aussi des relations assez, dont on ne connaît pas la nature, mais des relations qui existent avec le Maroc. On sait à quel point l'appareil d'État marocain et le palais en particulier sont très attentifs aux personnalités de l'immigration qui ont réussi. Donc voilà, on peut penser que est-ce que c'est le président français qui l'a invité ? Est-ce que c'est le roi du Maroc ?
En réalité, on ne sait pas, mais on est obligé de voir sa présence.
– Quelles sont les relations entre le roi Mohamed VI et Emmanuel Macron ? Est-ce que ce sont deux hommes qui s'entendent bien, qui ont une relation fluide ?
– Non, précisément non. Alors ça va peut-être changer à partir de ces jours, mais on peut dire qu'ils ont des relations assez rares d'abord, puisque le président Macron ne s'était pas rendu au Maroc depuis 2018. Ils se sont vus de temps à autre, mais assez rarement. Souvent le roi du Maroc venait en séjour en France où il a passé beaucoup de temps sans se rendre d'ailleurs à l'Élysée. Voilà, ils ne sont pas amis. Et c'est intéressant parce que ce sont des… Le roi du Maroc, il a véritablement des amis proches, notamment dans des pays africains ou au Moyen-Orient, et notamment chez, par exemple, certains émirs du Golfe, je pense à l'émir des Émirats arabes unis, au roi même.
Mais oui, il n'y a pas de proximité véritable avec le président Macron. On sait même qu'ils se sont… Je ne sais pas quelle expression il faut employer. Ils se sont battus froids à propos de l'affaire Pegasus, puisqu'il y a eu un coup de téléphone houleux entre eux, l'un des deux ayant raccroché au nez de l'autre, puisque le président Macron n'a pas du tout apprécié d'être écouté par les services de renseignement marocain. Et le roi du Maroc a démenti cette information. Donc on en était resté là. Et c'était ces relations houleuses qui ont présidé finalement au refus marocain d'une assistance à la suite du tremblement de terre marocain en septembre, il y a exactement un an, septembre 2023.
On était à l'acmé de la crise. Mais disons que depuis ce qui se passe au Moyen-Orient, depuis le 7 octobre, pour des raisons diverses, les deux pays ont eu un intérêt à renouer et à se rapprocher.
Emmanuel Macron s'exprime actuellement devant le Parlement marocain. Quels sont les mots qui sont attendus par le Maroc ?
Le Maroc est très attaché au fait de démontrer, de montrer qu'il a une relation spéciale, exceptionnelle avec la France. Et il est très attaché aussi au fait de montrer qu'il est un des meilleurs partenaires, si ce n'est le meilleur, de l'Union européenne, en dehors de l'Europe évidemment. Cela à la fois parce qu'il a des prétentions et des ambitions diplomatiques tout à fait fortes, mais aussi parce qu'il lui faut absolument se distinguer de l'Algérie. Et c'est vrai que l'Algérie, d'abord, elle avait une relation plus que spéciale avec la France, puisqu'elle appartenait au territoire national à l'époque coloniale.
Dans les années 60-70, elle a eu une diplomatie tout à fait flamboyante dans le camp de l'Est plutôt, ou en tout cas dans la tête des pays du Tiers-Monde. Et le Maroc, à l'époque, a rongé son frein. Et on peut dire que depuis, c'était l'ambition de Hassan II, on se rappelle que le Maroc avait été le premier pays à présenter sa candidature à la CE, à l'époque, la Communauté économique européenne. Le Maroc est très attaché de rattraper ce retard et d'apparaître comme le meilleur partenaire. Donc si le président Macron, dans son discours, adresse de tels mots et de tels messages, évidemment, ce sera parfaitement reçu à Rabat.
Je dirais 5 sur 5, puisque c'est ce qu'il veut l'entendre et c'est ce qu'il désire.
Paris devrait revenir, bien sûr, sur la question épineuse des visas. Ils avaient été divisés par deux, c'est ça, en 2021. Et puis sur l'immigration, bien sûr, le nouveau gouvernement veut contraindre le Maroc à reprendre ses ressortissants qui sont en situation irrégulière. C'est un des gros dossiers qui est sur la table, c'est bien ça ?
Oui, il y en a beaucoup. Rassurez-vous, ils ne sont pas tous sur la table. Il y en a sous la table aussi. Non, non, le dossier des visas, vous savez, ça n'a duré que neuf mois la réduction par deux des visas. En réalité, on est revenu à un niveau normal, même si peut-être les Marocains en réclament davantage. Il faut préciser que ces visas, ce sont moins des visas de tourisme que des visas de visite pour les familles marocaines, pour les étudiants, pour les gens qui viennent se faire soigner, pour les gens qui ont de la famille en France, pour les hommes d'affaires, pour les gens qui viennent aussi se détendre, mais un tourisme, disons, assez luxueux.
Voilà, donc, cette affaire de visa, elle est réglée. Et en contrepartie, effectivement, la France, on le sait, à travers les déclarations du ministre Retailleau, mais aussi manifestement reprise par le président de la République, réclame davantage de reprises d'OQTF, notamment, et une fluidité des renvois pour les personnes indésirables en France et qui sont des ressortissants d'origine marocaine. Je n'ai pas de doute que les choses vont s'accélérer. Là aussi, ce sera une manière pour le Maroc de se distinguer de l'Algérie et de montrer qu'il est un partenaire fiable. Mais pourquoi est-ce que ça n'était pas le cas jusque-là ?
Ça n'était pas le cas parce que, justement, on était dans une période de brouille et que tous les rouages de la coopération, les uns après les autres, avaient été mis en veilleuse. Et donc, maintenant, il faut reprendre la coopération judiciaire, la coopération policière, la coopération culturelle, etc.
À quoi vous allez être attentif lors de cette visite d'État, Pierre Vermeuren ? Vous êtes un grand spécialiste de la question du Maghreb et de la question marocaine.
Moi, je crois que, si vous voulez, il n'y aura pas vraiment de surprise. Je pense que le président Macron, même s'il n'a pas expliqué son acte, c'est un acte réfléchi. C'est un acte réfléchi. Tous les réseaux, d'ailleurs, on le voit à travers sa délégation, sa délégation, outre les hommes d'affaires, en grand nombre d'ailleurs, outre les ministres en grand nombre aussi, ce qui sera évidemment interprété très positivement à Rabat, il a emmené avec lui toutes les gloires, je dirais les vieilles gloires et les jeunes gloires de ce qu'on appelle les milieux pro-marocains de Paris.
C'est-à-dire qu'il y a un puissant lobby, d'ailleurs très ancien, qui concerne aussi bien la gauche que la droite, aussi bien les milieux du showbiz que les milieux journalistiques, culturels, intellectuels, etc. Et donc, c'est la preuve, si vous voulez, de cette délégation qui est un peu à la prévère, parce qu'elle comporte des gens qui sont extraordinairement différents les uns des autres, beaucoup de franco-marocains, mais aussi, de manière plus étonnante, beaucoup de pieds noirs d'origine algérienne, beaucoup de gens qui sont aussi dans le champ des relations maghrébines en général, pas seulement avec le Maroc.
Et le fait d'emmener toute cette délégation très hétéroclite, très impressionnante, ça veut dire qu'on reprend quelque chose de très classique, avec des rapports franco-marocains très denses, parfois très étranges, voire incestueux, mais en tout cas, la volonté de s'inscrire dans une certaine tradition qui avait porté même à son zénith le président Chirac et que le président Sarkozy avait repris très fortement entre 2002 et 2007.
– Très brièvement, que sait-on de…
– Pardon, excusez-moi, entre 2007 et 2012, décidément, je veux vieillir.
– Très brièvement, et ce sera ma dernière question, que sait-on de l'état de santé du roi Mohamed VI ?
– Écoutez, on ne sait rien de précis, on sait simplement qu'il a été très malade, qu'il a beaucoup changé physiquement.
– Il souffre d'un dérèglement du système immunitaire.
– Absolument, c'est une maladie de système, donc si vous voulez, on ne sait qu'une partie de la vérité, mais on sait effectivement cet aspect, comme vous dites, cette maladie a été depuis longtemps présentée par différentes sources, c'est une maladie à évolution lente, mais enfin on voit qu'il est présent, il est debout et il accueille le roi.
Il n'est pas exclu d'ailleurs que lui-même, ça ne vous a pas échappé, qu'il est systématiquement entouré de son frère et de son fils, ce n'est pas nouveau, mais enfin maintenant son fils est en âge de régner, la succession se fera un jour, dont on ne sait évidemment pas l'échéance, mais il n'est pas exclu qu'il voulait absolument lui-même réconcilier la France et le Maroc pour ne pas laisser à son fils cette relation un peu, disons, en déshérence. Donc on ne peut pas l'exclure. Après, si vous voulez, le secret médical étant ce qu'il est, on n'en sait pas plus.
– Merci Pierre Vermeuren d'avoir été à…